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Russie: Moscou annonce la fin des manœuvres militaires près de l’Ukraine

décembre 25, 2021
Un soldat russe.

Un soldat de l’armée russe participe à des exercices sur un champ de tir. Photo: Associated Press

Plus de 10 000 militaires russes sont rentrés dans leurs bases après des exercices d’un mois dans le sud de la Russie, notamment près de la frontière ukrainienne au cœur de vives tensions, a indiqué samedi Moscou.

Le ministère russe de la Défense a affirmé que ces manœuvres d’entraînement au combat avaient eu lieu sur plusieurs terrains militaires dans les régions russes de Volgograd, de Rostov, de Krasnodar, et de Crimée annexée, des zones à proximité immédiate de l’Ukraine.

Le ministère précise que des exercices ont également eu lieu dans des territoires russes plus éloignés de la frontière ukrainienne, dans les régions de Stavoropol, d’Astrakhan, du Caucase nord, mais aussi en Arménie, en Abkhazie et en Ossétie du Sud.

Dans son communiqué, l’armée russe ne précise pas dans quelles bases ces troupes ont été redéployées.

Afin d’assurer un état d’alerte élevé pendant les fêtes de fin d’année sur les sites militaires du district militaire Sud, des unités de garde, des renforts et des forces seront affectés pour faire face à d’éventuelles situations d’urgence, a-t-elle ajouté.

Une réponse à l’Occident?

Depuis plus d’un mois, la Russie est accusée par les Occidentaux d’avoir massé des dizaines de milliers de soldats près de la frontière ukrainienne, en vue d’une possible intervention militaire contre Kiev.

Moscou nie toute intention belliqueuse et affirme être menacée par des provocations de Kiev et de l’Organisation du traité de l’Atlantique nordOTAN, et exige que l’Alliance s’engage à ne pas s’élargir en ex-Union des républiques socialistes soviétiquesURSS. Ces demandes doivent être abordées lors de négociations russo-américaines en janvier.

Les relations entre Kiev et Moscou sont déjà très tendues depuis l’annexion en 2014 par la Russie de la péninsule ukrainienne de Crimée et le début d’une guerre entre les troupes ukrainiennes et des séparatistes prorusses dans l’Est.

Dans une interview vendredi avec l’Agence France-PresseAFP, le secrétaire du Conseil de sécurité national ukrainien, Oleksiy Danilov, a toutefois minimisé le risque d’une escalade imminente.

Selon lui, le nombre de soldats russes autour de l’Ukraine n’a que légèrement augmenté, de 93 000 en octobre à environ 104 000 actuellement.

Par Le Point avec AFP

Pourquoi la Russie masse-t-elle des troupes à la frontière ukrainienne?

décembre 11, 2021
Un soldat portant une arme

Les soldats ukrainiens en alerte dans le Donbass. Photo: AFP via Getty Images / Anatoli Stepanov

Le déploiement de 100 000 soldats russes à la frontière ukrainienne inquiète les capitales occidentales. Même si le Kremlin nie projeter une invasion et affirme répondre plutôt aux activités croissantes de l’Organisation du traité de l’Atlantique Nord (OTAN), les risques d’une escalade ne peuvent être écartés.

À quoi s’attendre au cours des prochaines semaines? Et quels sont les objectifs de Vladimir Poutine? Les réponses de Marie Dumoulin, directrice du programme Europe élargie au Conseil européen pour les relations internationales (ECFR).

Qu’arrive-t-il à la frontière de la Russie et de l’Ukraine et pourquoi en parle-t-on maintenant?

La crise, en réalité, dure depuis 2014, mais elle était un peu sortie des radars du grand public parce que c’était un conflit de basse intensité. Cependant, les combats n’ont jamais cessé dans le Donbass. Le changement, au cours des dernières semaines et des derniers mois, puisque ça a commencé au printemps, c’est le renforcement des capacités militaires russes aux frontières de l’Ukraine. Ce renforcement, on le constate, il y a des images. Ce qu’on ne sait pas, c’est la finalité recherchée. Est-ce qu’il s’agit effectivement de préparer une offensive? Et s’il s’agit d’une offensive, alors quel serait son objectif?

« Est-ce qu’il s’agit simplement de renforcer la pression ou plutôt d’envoyer un signal à l’Ukraine, aux pays occidentaux, aux États-Unis? Il y a beaucoup d’hypothèses possibles. »— Une citation de  Marie Dumoulin, chercheuse au Conseil européen pour les relations internationales.

Quel est l’objectif des Russes?

Dans cette nouvelle phase, on a l’impression que les Russes cherchent à tester les réactions des pays occidentaux. Est-ce qu’il y a unité ou est-ce que ça suscite des divisions? Quel type de réaction vont-ils adopter dans l’hypothèse d’une offensive? Est-ce qu’on se limitera à des sanctions ou est-ce qu’on peut aller plus loin?

Ensuite, c’est de faire pression sur l’Ukraine dans deux buts :

1. Empêcher que les Ukrainiens n’aient une posture plus assertive dans le Donbass [territoire contrôlé par les séparatistes prorusses dans l’est de l’Ukraine]. Les Russes leur signalent très clairement que, s’ils font quoi que ce soit dans le Donbass, ils vont se faire tomber dessus.

2. La faire changer de politique et notamment l’amener à mettre en œuvre les accords de Minsk [accords de cessez-le-feu de 2015] selon la lecture des Russes, c’est-à-dire obliger l’Ukraine à négocier directement avec les séparatistes et à faire des concessions sur d’autres sujets, tels que l’Organisation du traité de l’Atlantique nordOTAN.

Enfin, l’idée était sans doute aussi d’établir un dialogue avec les Américains sur l’architecture de sécurité européenne; l’Ukraine et son statut vis-à-vis de l’Organisation du traité de l’Atlantique nordOTAN étant un élément de cette problématique. Mais ce n’est pas le seul, et c’est d’ailleurs la raison pour laquelle Poutine voulait parler directement à Joe Biden. De ce point de vue, l’objectif est accompli, puisqu’il y a eu un premier contact. Les deux chefs d’État ont convenu qu’il y aurait une poursuite des discussions sur la crise actuelle entre leurs équipes.

Le président russe, assis au bout d'une longue table, regarde un écran placé à distance sur lequel on voit Joe Biden.

Lors de la vidéoconférence, Joe Biden a menacé Vladimir Poutine de « fortes sanctions » économiques s’il envahissait l’Ukraine, tandis que le président russe a exigé des garanties sur un gel de l’expansion de l’OTAN. Photo : Reuters/Sputnik

Vladimir Poutine a donc obtenu ce qu’il souhaitait en ayant une rencontre avec le président Biden?

Un de ses objectifs était de pouvoir parler directement au président Biden sur ces sujets qui, jusqu’à présent, étaient plutôt traités avec la chancelière allemande, Angela Merkel, et le président français, Emmanuel Macron. Là, les Russes ont très clairement signalé qu’ils ne voulaient plus parler aux Européens, mais qu’ils souhaitaient s’adresser directement aux Américains. On peut considérer que le contact du 7 décembre, c’est le début de ce processus.

Ensuite, ce contact a permis à Joe Biden de rappeler les fondamentaux de la position américaine, soit le soutien à la souveraineté et à l’intégrité territoriale de l’Ukraine, et de signaler à Vladimir Poutine que, dans le cas d’une offensive militaire contre l’Ukraine, il y aurait des conséquences très sérieuses pour la Russie. Donc, cela a permis aux deux côtés de passer des messages.

Les États-Unis envisagent-ils d’envoyer des troupes américaines en Ukraine?

Je ne crois pas qu’il en soit question. Il y a des troupes américaines en Europe, mais dans des pays de l’OTAN; et l’Ukraine n’étant pas membre de l’OTAN, la question ne se pose pas dans les mêmes termes. Les conséquences sérieuses sont effectivement des sanctions, mais des sanctions économiques vigoureuses qui feraient vraiment mal à l’économie russe.

Il n’est pas exclu, par ailleurs, qu’il y ait une augmentation de l’assistance militaire à l’Ukraine de la part d’un certain nombre de pays, dont le Canada, qui en a déjà fait pas mal, notamment en termes de formation, au cours des dernières années.

Le Royaume-Uni et la Turquie pourraient y participer aussi. Cela renforcerait les capacités militaires ukrainiennes, ce qui augmenterait le coût d’une action militaire russe. Cela dit, même avec de l’assistance militaire, on n’amènera pas les forces armées ukrainiennes au niveau des forces armées russes; c’est plutôt un soutien politique et symbolique.

En habit de combat, Volodymyr Zelensky marche dans un boisé enneigé avec des soldats.

Le président ukrainien Volodymyr Zelensky a visité le 6 décembre la ligne de front à Donetsk, dans le Donbass. Photo: Via Reuters

La question à laquelle on n’a pas vraiment de réponse, c’est le prix que les Russes sont prêts à payer pour atteindre leurs objectifs en Ukraine, même si on n’a pas de certitude non plus sur ces objectifs. Leur but ultime est de conserver une influence sur l’Ukraine et d’éviter qu’elle se rapproche davantage des pays occidentaux et de l’Organisation du traité de l’Atlantique nordOTAN; mais est-ce que ça passe par le maintien d’un conflit de basse intensité dans le Donbass ou est-ce que ça passe par d’autres vecteurs, notamment des forces prorusses en Ukraine et peut-être même au sein des institutions ukrainiennes? C’est sans doute un moyen qui est envisagé par les Russes.

Je ne suis pas certaine qu’une offensive militaire de grande ampleur leur permettrait de parvenir à leur objectif, parce que ça viendrait plutôt renforcer la cohésion des Ukrainiens autour de leur indépendance.

De plus, cela aurait un coût considérable, à la fois économique, militaire et sans doute politique aussi en Russie même, parce que le fait de lancer une offensive militaire contre un peuple qui est considéré comme un peuple frère par les Russes, ça ne sera pas sans conséquence politique en Russie.

Y a-t-il un coût pour la Russie de maintenir cette pression à la frontière à long terme?

Oui et non. Parce que ces forces existent de toute façon et que leur déploiement sur le territoire russe dépend de la manière dont la Russie définit ses propres priorités stratégiques et dont elle perçoit les menaces.

Si ce qu’elle perçoit comme une plus grande menace, c’est son flanc occidental, ou si elle estime que, pour préserver ses intérêts stratégiques, il faut que ces forces-là soient stationnées de manière durable aux frontières avec l’Ukraine, alors, ça fait sens de les maintenir là. Il n’est pas exclu que, dans quelques mois ou quelques semaines, il y ait un retrait progressif [comme ça s’est fait au printemps] sans pour autant qu’on revienne au niveau antérieur.

Il est possible également qu’on soit dans une deuxième étape, où la Russie consolide son dispositif militaire aux frontières de l’Ukraine et s’entraîne à déployer rapidement un dispositif important dans cette région. Et puis, d’ici quelques semaines, elle pourra diminuer un peu ce dispositif, mais sans revenir au niveau antérieur pour que, petit à petit, le seuil où les Occidentaux réagissent soit de plus en plus élevé.

« On va, en quelque sorte, s’habituer à ce qu’il y ait des Russes à la frontière de l’Ukraine. »— Une citation de  Marie Dumoulin, chercheuse au Conseil européen pour les relations internationales.

N’y a-t-il pas, du côté de Vladimir Poutine, un calcul en disant : puisqu’on ne fait plus affaire avec Donald Trump, qui était assez imprévisible et aurait pu réagir de façon extrême, mais plutôt avec un Joe Biden beaucoup plus prudent, c’est le moment d’en profiter?

Cela rentre certainement dans les calculs russes, mais plutôt parce qu’ils perçoivent le président Biden comme quelqu’un avec qui ils peuvent parler. Paradoxalement, Donald Trump était plus malléable, en quelque sorte. Le président Poutine sait que s’il parvient à s’entendre avec M. Biden sur quelque chose, ce ne sera pas remis en cause dès le lendemain.

Donc, oui, il y a cet élément personnel, et il y a aussi peut-être la perception d’une Amérique qui, se tournant davantage vers la Chine, se détourne un peu de l’Europe et serait prête, peut-être, à accepter un accord avec la Russie pour se débarrasser du problème, en quelque sorte.

Il y a peut-être aussi la perception d’une fragilisation des alliances autour des États-Unis. Ce qui s’est passé en Afghanistan a évidemment laissé des traces, tout comme l’épisode AUKUS [un partenariat conclu en secret entre les États-Unis, le Royaume-Uni et l’Australie pour contrer la Chine] et la réaction française.

Les Russes se disent peut-être que c’est le moment d’essayer de jouer sur d’éventuelles divisions. Par ailleurs, il n’est pas exclu qu’ils pensent que le temps joue en leur défaveur, puisqu’à mesure que l’Ukraine renforce ses capacités militaires, le coût d’une pression effective par la Russie sera de plus en plus élevé.

Avec Radio-Canada par Ximena Sampson, propos édités par souci de clarté et de concision.

Les boîtes noires du Boeing abattu en Iran seront envoyées en Ukraine

janvier 18, 2020

Les deux boîtes noires du Boeing d’Ukraine Airlines abattu par un missile le 8 janvier près de Téhéran seront envoyées en Ukraine, rapporte samedi l’agence de presse iranienne Tasnim.

Les autorités iraniennes sont également d’accord pour que des experts français, canadien et américain examinent les données contenues dans ces enregistreurs, ajoute l’agence.

L’Iran dit avoir abattu par erreur cet avion de ligne ukrainien à bord duquel se trouvaient 176 personnes, toutes décédées.

«Grâce au savoir-faire de pays comme la France, le Canada et l’Amérique, nous essaierons de lire (l’enregistreur de données) à Kiev», a déclaré à l’agence Tasnim le directeur des enquêtes accident de l’Organisation de l’aviation civile iranienne, Hassan Rezaifar. «Si cette tentative échoue, la boîte noire sera envoyée en France», a-t-il ajouté.

Les deux enregistreurs de voix et de données ne seront pas décodés en Iran, a encore déclaré Hassan Rezaifar.

Consensus

Un porte-parole du Bureau d’enquêtes et analyses (BEA) français a indiqué que les discussions étaient toujours en cours entre l’Iran, l’Ukraine, la France, le Canada et les Etats-Unis.

«On ne nous a pas demandé officiellement de nous occuper des boites d’enregistrement», a-t-il dit.

Le premier ministre canadien Justin Trudeau, dont le pays comptait 57 ressortissants à bord, avait demandé vendredi à l’Iran d’envoyer les enregistreurs de vol en France.

«L’Iran n’a pas le niveau d’expertise technique ni surtout les équipements nécessaires pour être en mesure d’analyser rapidement ces boîtes noires endommagées», a dit Justin Trudeau. «Il y a un début de consensus sur le fait que (…) (la France) serait le bon endroit où envoyer ces boîtes noires afin d’en tirer des informations exactes de manière rapide et c’est ce que nous encourageons les autorités iraniennes à accepter», a-t-il ajouté.

Par Le Figaro avec Reuters

Ukraine : Macron et Merkel saluent la libération d’échange de prisonniers

décembre 29, 2019

Dimanche a eu lieu l’échange de 200 prisonniers entre Kiev et les séparatistes pro-russes de l’est de l’Ukraine.

Un prisonnier, Ivan Katyshev, retrouvant sa mère Lyudmila.
Un prisonnier, Ivan Katyshev, retrouvant sa mère Lyudmila. GENYA SAVILOV / AFP

Emmanuel Macron et Angela Merkel ont salué dimanche 29 décembre la libération et l’échange de prisonniers intervenus dans l’est de l’Ukraine entre forces gouvernementales ukrainiennes et séparatistes pro-russes. Il s’agit d’environ 200 personnes.

Les images de l’échange de prisonniers entre séparatistes pro-russes et ukrainiens
Un important échange de prisonniers entre Kiev et les séparatistes pro-russes de l’est de l’Ukraine a eu lieu le dimanche 29 décembre, a annoncé la présidence ukrainienne.

«Ce développement est conforme à l’engagement pris le 9 décembre dernier, lors du sommet de Paris en format ‘Normandie’, de faciliter la libération et l’échange de personnes faites prisonnières dans le cadre du conflit d’ici la fin de l’année», ont souligné Emmanuel Macron et Angela Merkel dans un communiqué.

Cet accord sur les prisonniers avait été conclu le 10 décembre dernier par le dirigeant russe Vladimir Poutine et le président ukrainien Volodimir Zelenski lors d’une réunion placée sous l’égide de Macron et Merkel. Conformément aux décisions du sommet de Paris, (la décision) doit désormais s’accompagner de la mise en œuvre totale et intégrale du cessez-le-feu, ainsi que le Groupe de Contact Trilatéral l’a réaffirmé le 18 décembre.

Plus tôt, le président russe Vladimir Poutine et la chancelière allemande ont jugé «positif l’échange de détenus».

La présidence ukrainienne a indiqué que 76 de ses ressortissants avaient ainsi retrouvé leurs foyers, cinq ans après le début du conflit. Les séparatistes des républiques autoproclamées de Donetsk et Lougansk ont dit pour leur part aux agences russes s’être vues respectivement remettre 61 et 63 personnes.

Les forces de Kiev combattent les séparatistes dans la région du Donbass, dans l’est de l’Ukraine depuis 2014. Ce conflit a fait plus de 13.000 morts et des combats sporadiques se poursuivent malgré un accord de cessez-le-feu.

Par Le Figaro avec Reuters

États-Unis/ Destitution Trump : les principales déclarations de Gordon Sondland

novembre 20, 2019

Auditionné mercredi par le Congrès, l’ambassadeur américain pour l’Union européenne a affirmé avoir suivi les ordres du président dans le dossier ukrainien.

L’ambassadeur américain pour l’Union européenne, Gordon Sondland, a assuré mercredi devant le Congrès avoir suivi les «ordres» de Donald Trump dans le dossier ukrainien, admettant que le président américain avait conditionné une invitation à la Maison –Blanche pour Volodymyr Zelensky à des enquêtes sur les démocrates. Voici ses principales déclarations:

  • Sur Rudy Giuliani, l’avocat de Trump

– «Le ministre (de l’Energie Rick) Perry, l’ambassadeur (en Ukraine Kurt) Volker et moi avons travaillé avec M. Rudy Giuliani sur le dossier ukrainien à la demande expresse du président des Etats-Unis. Nous ne voulions pas (mais) nous avons suivi les ordres du président».

– «Même si nous n’étions pas d’accord sur la nécessité d’impliquer M. Giuliani, à l’époque nous ne croyions pas que son rôle était déplacé».

– «M. Giuliani exprimait les souhaits du président des Etats-Unis et nous savions que ces enquêtes étaient importantes pour le président».

Trump a bien conditionné une invitation de Zelensky à des enquêtes sur les démocrates

L’ambassadeur américain auprès de l’Union européenne, Gordon Sondland, déclare au Congrès avoir suivi les « ordres » de Donald Trump dans le dossier ukrainien, selon son témoignage dans l’enquête en destitution contre le président républicain.

  • Donnant-donnant

– «Les demandes de M. Giuliani constituaient un donnant-donnant pour organiser une visite du président Zelensky à la Maison-Blanche».

– «Y a-t-il eu un “donnant-donnant”?. S’agissant de la demande d’un appel à la Maison-Blanche et d’une rencontre à la Maison-Blanche, la réponse est oui».

– «Au début, la requête était très générale concernant une enquête sur la corruption (en Ukraine). Au fur et à mesure, des points plus précis ont été ajoutés au menu, dont (la compagnie gazière ayant employé le fils de l’ex-vice-président Joe Biden, NDLR) Burisma et l’ingérence dans l’élection de 2016, le Comité national démocrate, et pendant ce temps il devenait de plus en plus difficile de garantir une rencontre à la Maison-Blanche parce que des conditions supplémentaires étaient ajoutées».

– «Je n’ai jamais entendu quelqu’un dire que les enquêtes devaient être ouvertes ou conclues, la seule chose que j’ai entendu de M. Giuliani est qu’elles devaient être annoncées publiquement d’une certaine façon et cette façon changeait régulièrement».

  • Suspension de l’aide militaire

– «J’étais totalement opposé à toute suspension de l’aide» militaire à l’Ukraine.

– «En l’absence d’explication crédible pour sa suspension, je suis parvenu à la conclusion que la reprise de l’aide sécuritaire n’interviendrait pas tant qu’il n’y aurait pas une déclaration publique de l’Ukraine s’engageant à mener les enquêtes».

– «Le président Trump ne m’a jamais dit directement que l’aide était conditionnée (à l’annonce d’enquêtes). L’aide était ma déduction personnelle basée sur le principe que deux plus deux font quatre (…) C’était clair pour tout le monde qu’il y avait un lien».

– (Lors d’une échange téléphonique avec M. Trump) «Je crois que je lui ai posé une question ouverte. “Que voulez-vous de l’Ukraine?” C’était une conversation très courte et brusque. Il était de mauvaise humeur. Et il a dit “Je ne veux rien, rien, je ne veux pas de donnant-donnant. Dites à Zelensky de faire ce qu’il faut”, ou quelque chose comme ça».

  • Diplomatie parallèle

– «L’Ukraine faisait partie de mon portefeuille depuis mes débuts comme ambassadeur américain. Toute allégation que j’ai “forcé” l’entrée dans les relations avec l’Ukraine est tout simplement fausse».

– «La suggestion que nous étions engagés dans une diplomatie irrégulière ou louche est absolument fausse».

– «Nous avons tenu les dirigeants du département d’Etat et les autres au courant de ce que nous faisions. Le département d’Etat soutenait totalement notre implication dans les affaires ukrainiennes, et savait qu’un engagement (de l’Ukraine) à lancer des enquêtes était un de nos objectifs».

Interrogé sur le fait qu’il aurait dit à M. Trump «le président Zelensky est à vos pieds» en utilisant la formule nettement plus vulgaire «he loves your ass» (littéralement «il aime votre cul»): «Quand on communique le président Trump et moi, il y a beaucoup de gros mots».

Le Figaro.r avec AFP

États-Unis/Destitution de Trump: premières auditions publiques au Congrès le 13 novembre

novembre 6, 2019

 

Les premières auditions publiques de témoins dans l’enquête en vue de destituer Donald Trump démarreront la semaine prochaine avec des diplomates, ont annoncé mercredi les démocrates qui soupçonnent le président américain d’avoir abusé de ses pouvoirs dans l’affaire ukrainienne.

Avec ces auditions retransmises à la télévision, l’enquête pour constituer un dossier d’accusation («impeachment») contre Trump au Congrès entrera dans une nouvelle phase. Ces diplomates pourraient offrir des témoignages publics embarrassants après avoir déjà été entendus à huis clos lors d’auditions-fleuves par les commissions qui mènent l’enquête à la Chambre des représentants. «Ces auditions publiques seront l’occasion pour les Américains de jauger les témoins par eux-mêmes, de décider de la crédibilité des témoins mais aussi de découvrir les informations de première main sur les méfaits du président», a déclaré à des journalistes le chef démocrate de la commission du Renseignement, Adam Schiff.

Dénonçant une «mascarade», la Maison Blanche refuse de coopérer à l’enquête et met en doute la crédibilité des témoins, dont plusieurs sont des diplomates de carrière. Les auditions débuteront le 13 novembre avec William Taylor, chargé d’affaires américain à Kiev, et George Kent, un haut responsable du département d’Etat spécialiste de l’Ukraine. Les parlementaires entendront ensuite le 15 novembre l’ex-ambassadrice des Etats-Unis à Kiev, Marie Yovanovitch, que Trump avait critiquée lors de l’appel à son homologue ukrainien Volodymyr Zelensky au coeur du dossier.

Les démocrates ont commencé à publier les comptes-rendus des premiers entretiens à huis clos. Celui de William Taylor est attendu mercredi. Lors de son audition, le 11 octobre, Marie Yovanovitch avait indiqué s’être sentie menacée en découvrant le contenu de l’appel entre Donald Trump et le président ukrainien. Lors de cet échange téléphonique, le 25 juillet, Trump avait demandé à Zelensky d’enquêter sur un de ses rivaux démocrates, Joe Biden, et son fils Hunter. Convaincus de tenir, avec cette demande, la preuve d’un «abus de pouvoir», les démocrates se sont engagés sur la voie périlleuse d’une enquête pour «impeachment» à la Chambre, où ils sont majoritaires. Les républicains détiennent la majorité au Sénat.

Au cours du même appel, Trump avait critiqué Marie Yovanovitch alors qu’elle avait été rappelée à Washington. «Il va lui arriver des choses», avait-il déclaré.

Par Le Figaro.fr avec AFP

États-Unis: Un proche de Trump admet avoir conditionné l’aide à l’Ukraine à une enquête sur Biden

novembre 5, 2019

 

L’ambassadeur américain auprès de l’UE a admis avoir conditionné une aide militaire destinée à l’Ukraine à l’ouverture d’une enquête sur l’un des rivaux démocrates du président, Joe Biden.

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L’ambassadeur Donald Sondland arrive au Capitole le 17 octobre dernier pour témoigner devant le Congrés. Olivier Douliery / AFP

L’ambassadeur américain auprès de l’Union européenne a admis avoir conditionné une aide militaire destinée à l’Ukraine à l’ouverture d’une enquête sur l’un des rivaux démocrates de Donald Trump, Joe Biden, dans un témoignage révélé mardi 5 novembre aux parlementaires qui mènent l’enquête pour destituer le président américain.

Selon son témoignage, l’ambassadeur Gordon Sondland, longtemps proche allié de Donald Trump, a déclaré aux élus avoir expliqué à un proche conseiller du président ukrainien Volodomyr Zelensky que cette enveloppe d’aide militaire ne serait «sans doute» pas débloquée tant que l’Ukraine n’annoncerait pas publiquement qu’elle allait enquêter sur les affaires des Biden dans le pays. «J’ai présumé que la suspension de l’aide avait été liée à une déclaration suggérée (par des proches de Donald Trump) contre la corruption» et qui mentionnerait l’entreprise employant Hunter Biden, le fils de Joe Biden, a-t-il déclaré le 17 octobre.

ParLe Figaro.fr avec AFP

États-Unis: Trump a bien demandé au président ukrainien d’enquêter sur Biden

septembre 25, 2019

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Donald Trump durant la 74e session de l’Assemblée générale de l’ONU SAUL LOEB / AFP

La transcription de l’appel passé entre les deux chefs d’État confirme que le président américain a demandé une enquête sur son rival démocrate.

La Maison-Blanche a publié la transcription de l’appel entre Donald Trump et le président ukrainien, mercredi 25 septembre. Celle-ci a permis d’établir que le président américain a bien demandé à son homologue d’enquêter sur le démocrate Joe Biden, le favori pour l’investiture démocrate en vue de la prochaine présidentielle.

Donald Trump a demandé à son homologue ukrainien Volodimir Zelenski lors d’un appel téléphonique en juillet de déterminer si l’ancien vice-président Joe Biden avait mis fin à une enquête sur une entreprise où travaillait son fils, selon un résumé de l’appel publié par le département de la Justice.

«On parle beaucoup du fils de Biden, du fait que Biden a arrêté la procédure, et beaucoup de gens veulent savoir, ce serait donc formidable si vous pouviez faire quelque chose avec le procureur général», a déclaré le président américain selon ce résumé. «Biden s’est vanté d’avoir arrêté l’accusation, alors si vous pouviez vous renseigner (…) Tout ça me semble horrible», a-t-il ajouté.

Une enquête ouverte par la Chambre des représentants

Mardi, la Chambre américaine des représentants, à majorité démocrate, avait ouvert une enquête pour «impeachment» à l’encontre de Donald Trump, première étape d’une procédure de destitution contre le président des États-Unis, qu’elle accuse d’abus de pouvoir. La Chambre examine si Donald Trump a cherché à obtenir l’aide de l’Ukraine pour obtenir des informations susceptibles de nuire à Joe Biden. «Le président doit rendre des comptes. Personne n’est au-dessus de la loi», avait déclaré la présidente de la Chambre des représentants, Nancy Pelosi.

Au cœur de toute l’affaire, il y a une conversation téléphonique organisée cet été entre les dirigeants ukrainien et américain. Un mystérieux lanceur d’alerte, membre des services de renseignement américains, a fait peu après un signalement auprès de sa hiérarchie pour sonner l’alarme sur cet appel. Les démocrates, confortés par plusieurs fuites dans la presse, soupçonnent Donald Trump d’avoir tenté de pousser le président Zelensky à enquêter sur la famille Biden, en utilisant notamment une aide militaire comme moyen de pression.

Par Le Figaro.fr avec AFP

Ukraine: passé à tabac, un journaliste succombe à ses blessures

juin 20, 2019

 

Un journaliste et militant anticorruption tabassé par des inconnus en mai dans le centre de l’Ukraine a succombé jeudi à ses blessures, a annoncé la police qui enquête sur un possible lien entre l’attaque et ses activités professionnelles.

Violemment pris à partie le 4 mai dans la ville de Tcherkassy, Vadym Komarov, journaliste et militant, avait été grièvement blessé à la tête et restait depuis dans le coma. Il est décédé à l’hôpital, a indiqué dans une vidéo le chef de la police nationale, Vadym Kniazev. Les enquêteurs étudient trois hypothèses dont la première serait un crime lié aux activités journalistiques de la victime, a précisé à l’AFP le porte-parole du ministère de l’Intérieur, Artem Chevtchenko.

Les deux autres hypothèses sont celles d’un crime crapuleux et d’un conflit personnel, a-t-il précisé. Depuis mai, la police a interrogé plus de 1300 personnes, mais les assaillants n’ont toujours pas été identifiés, selon Kniazev. Selon la presse locale, Komarov, qui travaillait notamment sur la corruption et le crime organisé dans sa ville, avait déjà été victime d’attaques ces dernières années. L’organisation Reporters Sans Frontières s’est dite «choquée» par sa mort.

«Nous exigeons de la police une enquête rapide et de trouver les coupables», a écrit sur Facebook Oksana Romaniouk, directrice de l’ONG ukrainienne IMI (Institut of mass information) spécialisée dans la défense des droits des médias. Les journalistes disposent d’une liberté de parole relative en Ukraine, qui dispose d’un paysage médiatique pluraliste, mais la sécurité reste une préoccupation : les attaques contres les professionnels de l’information ne sont pas rares et les enquêtes souvent n’aboutissent pas. Parmi les derniers cas les plus retentissants figure l’assassinat d’un journaliste russo-bélarusse chevronné, Pavel Cheremet, tué en juillet 2016 à Kiev, où il habitait, par l’explosion d’une bombe placée dans sa voiture. Son meurtre n’a toujours pas été élucidé.

En 2000, Guéorgui Gongadzé, fondateur du site d’informations respecté Ukraïnska Pravda, avait lui été enlevé puis retrouvé décapité dans une forêt de la région de Kiev. Cette affaire avait provoqué une vague de manifestations et éclaboussé jusqu’au président du pays à l’époque, Leonid Koutchma, mais ses commanditaires n’ont jamais été retrouvés. L’Ukraine, une ex-république soviétique, figure à la 102e place sur 180 au classement mondial de la liberté de la presse 2019 établi par l’organisation Reporters sans frontières.

Par Le Figaro.fr avec AFP

Trois enfants tués par une mine dans l’Est séparatiste de l’Ukraine

septembre 30, 2018

Kiev – Trois enfants ont été tués et un autre blessé dimanche par l’explosion d’une mine dans l’Est séparatiste de l’Ukraine, territoire frappé par la guerre depuis 2014 et l’un des plus couverts en engins explosifs au monde.

L’accident s’est produit dans la ville industrielle de Gorlivka, 30 kilomètres au nord du bastion des rebelles de Donestk, a précisé à l’AFP un haut responsable séparatiste, Edouard Bassourine.

L’enfant blessé a été hospitalisé, a-t-il ajouté.

« J’ai été projeté sur le côté et je suis tombé. Un éclat est arrivé dans ma main, il a frôlé ma tête. Heureusement, il ne m’a pas tué », a déclaré à l’AFP Dmitri, 10 ans, qui a survécu à l’explosion.

Selon le maire de Gorlivka, Ivan Prikhodko, interrogé par l’AFP, les enfants étaient « allés se promener dans la zone de contact » entre les bélligérants, où « il y a une grande concentration de munitions ».

« Il s’agit quasiment d’une zone tampon. Comme l’a expliqué l’enfant ayant survécu, ils y avaient trouvé une maison abandonnée et étaient juste à la recherche d’aventures », a-t-il précisé.

« Nous sommes confrontés en permanence (au problème des mines) et je pense que ce sera comme ça pour un bon moment », a ajouté le maire.

Selon un rapport de l’ONU publié fin 2017, 220.000 enfants courent un grand risque d’être touchés par des mines et d’autres armes explosives dans l’est de l’Ukraine, en proie à un conflit entre séparatistes prorusses et forces gouvernementales qui a fait plus de 10.000 morts depuis 2014.

Des accords de paix signés en 2015 à Minsk ont permis une réduction considérable des violences mais des zones entières restent tapissées de mines antipersonnelles et de munitions non explosées, y compris parfois près des écoles et des terrains de jeu.

L’UNICEF avait exhorté fin 2017 les belligérants à autoriser le lancement d’activités de déminage et de remise en état des infrastructures.

Romandie.com avec(©AFP / 30 septembre 2018 15h25)