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Ukraine : salve de missiles russes après l’annonce d’envoi de chars occidentaux

janvier 26, 2023
Un homme aidant une femme à sortir d'un cratère après un bombardement russe dans la région de Kiev.

Selon les autorités ukrainiennes, la Russie a tiré jeudi 55 missiles aux abords de Kiev. Photo: Getty Images/Roman Pilipey

L’Ukraine a été la cible jeudi de nouveaux bombardements russes d’ampleur, qui ont fait au moins 11 morts et 11 blessés et provoqué des pannes de courant, au lendemain de la décision des Occidentaux de livrer des chars lourds à l’armée ukrainienne.

Mercredi, le président ukrainien Volodymyr Zelensky avait appelé à fournir ces blindés le plus vite possible, son ministère de la Défense prévenant que les troupes russes, en supériorité numériqueintensifiaient les combats dans l’est de l’Ukraine.

À Bakhmout, à l’épicentre des affrontements dans l’est de l’Ukraine, Lisa, une médecin, regrettait jeudi matin auprès de l’AFP les tergiversations occidentales sur les chars, estimant que le feu vert aurait dû être donné plus tôt et pour une plus grande quantité de ces matériels.

Mais, bien sûr, nous sommes très reconnaissants de ce que nous avons obtenu, ajoutait-elle.

Dans l’immédiat, 11 personnes ont été blessées et, malheureusement, 11 autres sont décédées, a déclaré à la télévision le porte-parole des secours ukrainiens, Oleksandre Khorounejy, selon qui les dégâts les plus importants sont dans la région de Kiev. Un précédent bilan local faisait état d’un mort et de deux blessés dans la capitale, selon son maire, Vitali Klitschko.

Plusieurs dizaines de missiles

Un lance-missiles fait feu durant des exercices en Crimée.

Les salves de missiles tirés sur des infrastructures électriques névralgiques pendant l’hiver sont devenues la principale stratégie du Kremlin en attendant les offensives du printemps. Photo: via Reuters/Ministère de la Défense de la Russie

Selon le commandant en chef des forces armées ukrainiennes, le général Valery Zaloujny, la Russie a tiré jeudi 55 missiles sur l’Ukraine et 47 ont été détruits, dont 20 aux abords de Kiev.

L’Ukraine a également dit avoir abattu dans la nuit 24 drones explosifs Shahed, de fabrication iranienne. Un premier bilan a fait état d’un mort et de deux blessés dans la capitale, selon son maire, Vitali Klitschko.

Des coupures d’électricité d’urgence ont été imposées à Kiev et dans d’autres régions après que des sites énergétiques ont été touchés, la Russie essayant de causer une défaillance systémique du réseau national, selon le ministre de l’Énergie, Guerman Galouchtchenko.

La situation reste maîtrisée, a assuré le premier ministre Denys Chmygal.

À Odessa (sud-ouest), malgré des difficultés, le courant était rétabli en milieu de journée dans les hôpitaux et les autres infrastructures essentielles de la ville, a annoncé la compagnie d’électricité privée DTEK.

Les frappes près de cette grande ville portuaire ont eu lieu peu avant que la cheffe de la diplomatie française, Catherine Colonna, n’y arrive dans la matinée pour discuter avec son homologue ukrainien, Dmytro Kouleba.

Après une série de revers militaires sur le terrain à la fin de l’été et à l’automne, le Kremlin a commencé en octobre à régulièrement frapper les transformateurs et les centrales électriques de l’Ukraine, plongeant à chaque fois des millions de civils dans le noir et le froid.

En attendant les chars occidentaux

Des chars d'assaut embarqués sur un train.

Les États-Unis ont promis cette semaine 31 chars d’assaut Abrams aux Ukrainiens. Photo: AFP/Petras Malukas

Cette nouvelle vague de bombardements intervient au lendemain du feu vert de Washington et de Berlin au transfert de dizaines de chars lourds à Kiev, une décision inédite en 11 mois de guerre. L’Allemagne compte livrer fin mars ou début avril les premiers Leopard 2 promis.

Volodymyr Zelensky, selon lequel il s’agit d’une étape importante pour la victoire finale, a remercié ses alliés. Mais il a relevé que la clé du succès était désormais la vitesse et le volume des livraisons, Kiev demandant des centaines de blindés pour entamer la reconquête des territoires sous occupation dans l’est et le sud.

Le président ukrainien a aussi réclamé des avions de combat et des missiles de longue portée, autant d’armes que les Occidentaux refusent jusqu’ici de fournir, de peur de provoquer une escalade militaire.

Engagement direct dans le conflit

D’ores et déjà, le Kremlin considère que la livraison de chars est la preuve de l’engagement direct dans le conflit des Occidentaux. Et nous voyons que [cet engagement] grandit, a relevé jeudi face à la presse le porte-parole de la présidence russe, Dmitri Peskov.

Pour l’Ukraine, l’obtention d’armements est vitale pour reprendre les territoires dont la Russie revendique l’annexion. D’autant que, dans l’est, les combats s’intensifient, a relevé mercredi soir la vice-ministre ukrainienne de la Défense, Ganna Maliar.

Un char d'assaut dans l'eau.

Une douzaine de pays possèdent des chars d’assaut de type Leopard-2, fabriqués en Allemagne. Photo : Getty Images/Sean Gallup

Nous ne sommes pas en guerre avec la Russie et aucun de nos partenaires ne l’est, a répliqué la porte-parole du ministère français des Affaires étrangères, Anne-Claire Legendre. La livraison d’équipements militaires dans le cadre de l’exercice de sa légitime défense ne constitue pas une co-belligérance, a-t-elle soutenu face à la presse.

Cette mise au point intervient également après une déclaration maladroite de la ministre allemande des Affaires étrangères, Annalena Baerbock, qui, alors que son pays a été très critiqué pour ses atermoiements, avait dit mercredi : Nous combattons dans une guerre contre la Russie et non entre nous.

Pour l’heure, dans l’est, les combats s’intensifient, a souligné mercredi soir Ganna Maliar.

Les forces russes y sont en supériorité numérique, a-t-elle noté, citant la zone de Bakhmout, dont les troupes de Moscou tentent de s’emparer depuis plusieurs mois, mais aussi celle autour de Vougledar, une localité au sud-ouest de Donetsk.

Un homme marche près d'un pylône électrique.

Les infrastructures électriques ukrainiennes sont les cibles prioritaires des missiles et drones russes en plein hiver. Photo : Getty Images/Spencer Platt

Par ailleurs, l’Ukraine a admis mercredi avoir dû abandonner Soledar – au nord-est de Bakhmout –, dont les Russes revendiquaient la prise depuis une semaine.

Selon un sergent, qui répond au nom de guerre d’Alkorla bataille a été rude, car les Ukrainiens étaient moins nombreux.

Nous tirons, encore et encore, mais, après cinq minutes, une nouvelle vague de 20 ennemis nous arrive dessus, dit-il. Leur nombre est énorme. Ils utilisent leurs soldats comme de la chair à canon.

Selon l’Institute for the Study of War, la Russie semble multiplier les offensives sur la ligne de front pour disperser les forces ukrainiennes afin de créer les conditions d’une opération offensive décisive.

Avec Radio-Canada par Agence France-Presse

Chars Leopard en Ukraine : l’Allemagne prendra une décision « très bientôt »

janvier 24, 2023
Deux chars d'assaut de type Leopard 2

L’acquisition de chars de type Leopard 2 représenterait pour Kiev un gain significatif susceptible de l’aider dans sa guerre contre l’envahisseur russe. (Photo d’archives) Photo: Reuters/Ints Kalnins

Varsovie a officiellement demandé à Berlin la permission d’envoyer 14 chars Leopard 2 à Kiev, une manœuvre qui, selon Moscou, n’augure « rien de bon » pour la suite.

Le dépôt de la requête a été confirmé mardi par le ministre polonais de la Défense. L’Allemagne a déjà reçu notre demande d’accepter le transfert de chars Leopard 2 à l’Ukraine, a indiqué Mariusz Blaszczak sur Twitter, invitant du même coup Berlin à se joindre à la coalition de pays prêts à livrer de tels blindés au gouvernement Zelensky.

La Pologne espère maintenant une réponse rapide, a-t-il ajouté, dans un point de presse subséquent.

Une compensation financière sera demandée à l’Union européenne. Il s’agira là d’un autre test de bonne volonté, a déclaré pour sa part le premier ministre polonais Mateusz Morawiecki.

Mariusz Blaszczak sous la neige.

Le ministre polonais de la Défense, Mariusz Blaszczak, apparaît résolu dans sa volonté de livrer à Kiev des chars d’assaut construits en Allemagne, avec ou sans l’assentiment de Berlin. Photo: AP/Michael Probst

Berlin a de son côté confirmé la réception de la demande de Varsovie. Celle-ci sera étudiée avec l’urgence requise, conformément à la procédure prévue, a déclaré un porte-parole du gouvernement.

Le nouveau ministre allemand de la Défense, Boris Pistorius, a également assuré que la décision arriverait très bientôt.

En attendant, les pays alliés qui possèdent des chars Leopard peuvent déjà commencer à former des militaires ukrainiens en vue de leur utilisation, a-t-il indiqué mardi lors d’une conférence de presse aux côtés du secrétaire général de l’OTAN, Jens Stoltenberg.

D’autres pays attendent la décision de Berlin

Officiellement, les accords conclus sur la vente de chars allemands interdisent l’exportation de ceux-ci vers un pays tiers. Varsovie assure toutefois être en pourparlers avec une quinzaine de pays pour décréter l’abandon unilatéral de cette clause.

En tout, une vingtaine de pays utilisent ces blindés tant convoités, dont l’Australie, les Pays-Bas, la Suède, le Danemark, la Finlande et la Norvège.

Le Canada, pour sa part, possède 82 chars Leopard 2, entreposés à Edmonton, Montréal et Gagetown. Justin Trudeau a déjà fait savoir que certains d’entre eux pourraient être envoyés en Ukraine.

Sa ministre des Affaires étrangères, Mélanie Joly, a également confirmé lundi avoir eu plusieurs conversations [sur ce sujet] avec des représentants du gouvernement allemand.

C’est très important que l’on s’entende entre alliés, et c’est pour cela que les conversations vont continuer, a-t-elle déclaré en point de presse, soulignant que le Canada avait déjà envoyé 200 véhicules blindés en Ukraine en plus d’acquérir pour elle un nouveau système de défense antiaérien.

Mélanie Joly en point de presse.

L’Allemagne doit-elle autoriser l’envoi de chars Leopard 2 en Ukraine? La question fait ces jours-ci l’objet de tractations diplomatiques, confirme la ministre canadienne des Affaires étrangères Mélanie Joly. Photo: Radio-Canada/Nick Iwanyshyn

En entrevue à D’abord l’info, sur ICI RDI, le colonel à la retraite Pierre St-Cyr a toutefois expliqué qu’il serait plus logique pour Ottawa de se concentrer sur sa mission de formation Unifier que d’envoyer en Ukraine des engins pouvant peser jusqu’à 60 tonnes chacun, ce qui représenterait selon lui un véritable casse-tête logistique.

Ce serait plus avantageux de prendre des chars qui sont déjà en Europe, comme [ceux] des Polonais, des Finlandais, et éventuellement, si l’Allemagne se décide, des chars allemands, a-t-il soutenu, mardi.

Berlin a en sa possession quelque 320 blindés de type Leopard 2, a confirmé mardi un porte-parole du ministère de la Défense au réseau CNN.

Le gouvernement Scholz divisé

La pression monte pour Berlin, alors que le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov, a déclaré mardi que la livraison de chars Leopard 2 à Kiev laisserait une trace indélébile et n’apporterait rien de bon à la relation [russo-allemande].

La Pologne, de son côté, a prévenu lundi qu’elle serait prête à se passer de l’aval de l’Allemagne si celle-ci continuait à souffler le chaud et le froid – une « indécision » décriée par l’Ukraine. Kiev réclame 300 chars de combat de la part de ses alliés occidentaux.

Pressé de toute part, le gouvernement de coalition au pouvoir à Berlin apparaît divisé sur cette question.

Dimanche, la cheffe de la diplomatie allemande, Annalena Baerbock (écologiste), a indiqué que son pays ne s’opposerait pas à la requête polonaise, alors que le chancelier Olaf Scholz (social-démocrate) ne s’est pas encore prononcé.

Jeudi dernier, le ministre de la Défense, Boris Pistorius, avait également déclaré que la décision serait prise « dans les prochaines heures  ». Cinq jours plus tard, rien n’a bougé.

Boris Pistorius en point de presse.

Le ministre allemand de la Défense Boris Pistorius a accédé à ses nouvelles fonctions jeudi dernier. Il rencontrait mardi le secrétaire général de l’OTAN, Jens Stoltenberg. Photo: Reuters/Annegret Hilse

Selon des analystes, Berlin s’entête à bloquer l’envoi des blindés de combat réclamés par Kiev par crainte d’une escalade militaire avec Moscou.

Cette hésitation au sujet du Leopard 2 n’a toutefois pas empêché les pays alliés d’annoncer vendredi de nouvelles livraisons d’armes substantielles à l’Ukraine.

Des médias comme le Wall Street Journal et l’agence Reuters rapportaient en outre mardi que Washington pourrait autoriser l’envoi de chars Abrams à Kiev, ce qui ne manquerait pas d’accentuer la pression sur Berlin.

Par Radio-Canada avec les informations de Agence France-Presse, Reuters et CNN

Livraison de chars à l’Ukraine : Varsovie prête à se passer de l’aval de Berlin

janvier 23, 2023

L’accès à de tels engins représenterait un gain considérable pour Kiev et ses soldats.

Un char d'assaut ouvrant le feu.

Varsovie pourrait faire don de 14 chars d’assaut Leopard à Kiev. Photo: Reuters/Kacper Pempel

La Pologne a prévenu lundi qu’elle était prête à se passer de l’aval de Berlin, qui n’a « pas encore » pris de décision sur la livraison de chars Leopard de fabrication allemande à l’Ukraine, laquelle les réclame avec insistance.

Le gouvernement allemand apparaît divisé sur la question. Jusqu’ici réticent à se prononcer, le chancelier Olaf Scholtz, à qui il appartient au final de trancher, se retrouve lundi sous une pression toujours plus forte, après que la cheffe de la diplomatie Annalena Baerbock a jugé dimanche soir que l’Allemagne était disposée à autoriser Varsovie à fournir ces blindés à Kiev.

En vertu de la législation allemande, un pays possédant des armements allemands doit demander l’autorisation de Berlin pour les transférer à un pays tiers.

Nous allons demander un tel accord, mais c’est une question secondaire, a réagi lundi le premier ministre polonais Mateusz Morawiecki devant des journalistes.

« Même si nous n’obtenons pas leur accord [des Allemands], nous donnerons nos chars à l’Ukraine dans le cadre d’une petite coalition, même si l’Allemagne n’en fait pas partie. »— Une citation de  Mateusz Morawiecki, premier ministre de la Pologne

La Pologne, prête à livrer 14 Leopard à Kiev, est en discussions avec une quinzaine d’États à ce sujet. Le chef du gouvernement polonais a aussi estimé lundi que l’Allemagne disposait en tout de plus de 350 Leopard en exploitation et d’environ 200 autres en stock.

De nombreuses armées européennes possèdent des Leopard, un avantage considérable, car cela pourrait faciliter l’accès aux munitions et aux pièces de rechange et simplifier la maintenance, exigeante pour ce type de matériel.

Nous avons besoin de chars d’assaut – pas de 10 ou 20, mais de plusieurs centaines, a exhorté sur Telegram, peu avant les déclarations polonaises, le chef de cabinet de la présidence ukrainienne Andriï Lermak.

Aujourd’hui, chaque char en état de combattre doit se retrouver sur notre front. Car ceci n’est pas seulement le front ukrainien. Ceci est le champ de bataille où la civilisation affronte les marais de l’arriération et de la barbarie, a ajouté M. Lermak, à un moment où les Russes sont à l’offensive, dans l’est de l’Ukraine notamment.

Le gouvernement allemand divisé?

Dimanche soir, Annalena Baerbock a dit que l’Allemagne était prête à autoriser la Pologne à envoyer ces chars. Si on nous posait la question, nous ne nous opposerions pas, a dit la ministre écologiste, qui gouverne en coalition avec les sociaux-démocrates d’Olaf Scholz et les libéraux. Mais, pour l’instant, la question n’a pas été posée par Varsovie.

Lundi, Steffen Hebestreit, le porte-parole du chancelier allemand, a reprécisé sa position au cours d’une conférence de presse : le gouvernement fédéral n’exclut pas que des chars Leopard soient livrés, il n’a pas encore décidé s’il allait le faire maintenant.

Après la récente décision de livrer des véhicules blindés prise par l’Allemagne, les États-Unis et la France, la question est de savoir si nous devrions faire tout de suite un pas qualitatif et fournir aussi des chars de combat. Et il y a certains pays qui estiment qu’il faut le faire, d’autres sont plus sceptiques ou réservés, a-t-il souligné.

Les chars lourds allemands Leopard 2 sont susceptibles d’avoir un impact significatif pour les forces ukrainiennes face au rouleau compresseur des troupes russes.

J’ai bien compris à quel point ces chars sont importants, nous en sommes pleinement conscients, a assuré Mme Baerbock.

Le chancellier allemand Olaf Scholz et le président français Emmanuel Macron en point de presse.

Le chancelier Olaf Scholz apparaît hésitant à permettre à ses alliés d’envoyer en Ukraine des chars d’assaut construits en Allemagne. Photo: Reuters/Benoit Tessier

De nouveau interrogé sur les livraisons de chars, dimanche à Paris, au cours d’une conférence de presse aux côtés du président français Emmanuel Macron, Olaf Scholz s’était montré évasif, répétant la nécessité d’agir en concertation avec les alliés de l’Ukraine.

La crainte d’une escalade militaire avec Moscou et les réticences de Berlin à assumer un leadership dans le camp occidental conduisent l’Allemagne, selon des analystes, à hésiter sur l’envoi de ces armes.

À l’occasion d’une réunion vendredi sur la base américaine de Ramstein en Allemagne, les alliés occidentaux de l’Ukraine avaient repoussé toute décision sur le sujet, suscitant l’irritation de Kiev qui a critiqué leur « indécision ».

Sur le terrain, un des principaux chefs des séparatistes de l’est de l’Ukraine, Denis Pouchiline, s’est affiché à Soledar, une localité dont Moscou a revendiqué la prise il y a plus d’une semaine.

S’exprimant lundi à la télévision russe, M. Pouchiline a confirmé que la ville était détruite.

Selon l’armée russe, la conquête de cette cité est une étape en vue d’encercler Bakhmout, que Moscou cherche à conquérir depuis l’été et où les deux camps sont engagés dans une féroce bataille. Selon M. Pouchiline, les combats s’y intensifient et les troupes russes avancent.

L’Ukraine n’a jusqu’à présent pas reconnu officiellement la perte de Soledar, affirmant continuer de combattre dans sa partie occidentale. Lundi encore, l’administration régionale relevait des hostilités actives près de Bakhmout et Soledar, sans autres détails.

Les séparatistes prorusses ont aussi annoncé s’être emparés de deux villages proches, Krasnopolivka et Dvouretchié.

Sur le front diplomatique, l’Estonie va expulser l’ambassadeur de Russie, une mesure de réciprocité après une décision similaire prise quelques heures auparavant par Moscou à l’égard de l’ambassadeur estonien.

Russes et Occidentaux ont multiplié les expulsions de diplomates ces dernières années, et plus encore depuis que les Russes ont lancé leur offensive contre l’Ukraine le 24 février 2022. Mais c’est la première fois que des ambassadeurs sont renvoyés dans leur pays depuis le début de la guerre.

Avec Radio-Canada par Agence France-Presse

L’Ukraine pleure le ministre de l’Intérieur et ses collègues

janvier 21, 2023
L'Ukraine pleure le ministre de l'Interieur et ses collegues
L’Ukraine pleure le ministre de l’Intérieur et ses collègues© AFP/Sergei SUPINSKY

Sept cercueils des victimes d’un crash d’hélicoptère, parmi elles le ministre de l’Intérieur ukrainien, ont été posés soigneusement samedi dans le hall d’un bâtiment du centre de Kiev par des militaires en tenue de cérémonie au son d’une trompette, tandis que le pays entier leur rendait hommage.

Des citoyens vêtus de noir s’étaient pressés auparavant place Maïdan, une rose à la main, pour dire adieu au ministre de l’Intérieur ukrainien Denys Monastyrsky et ses collègues, tués dans l’accident d’un Super Puma EC-225 (Airbus Helicopters) qui s’est écrasé mercredi matin à Brovary, près de Kiev.

« Ils n’avaient pas été brisés par la guerre et ils ne permettaient pas que d’autres qu’eux le soient », a déclaré le responsable de la cérémonie en s’adressant à des centaines de personnes dont des membres du gouvernement.

C’était Denys Monastyrsky qui avait appelé le président ukrainien Volodymyr Zelensky le 24 février dernier pour lui annoncer que le pays venait d’être envahi par la Russie, a rappelé le responsable.

C’était lui aussi qui avait organisé la distribution d’armes alors que les forces russes approchaient de la capitale, a-t-il souligné.

« Gloire à l’Ukraine ! », a lancé le responsable, les centaines de participants à la cérémonie répondant en écho: « Gloire à nos héros ! »

Le président Zelensky et sa femme Olena Zelenska étaient arrivés à la cérémonie vêtus de noir, portant des bouquets de fleurs, pour réconforter les familles des victimes.

« Nous devons aller de l’avant »

Les membres des familles des victimes se tenaient devant les cercueils enveloppés dans des drapeaux ukrainiens, jaune et bleu, auprès de portraits des tués dans l’accident. Plusieurs d’entre eux pleuraient.

« L’Ukraine perd chaque jour ses meilleurs fils et filles », a déclaré sur les réseaux sociaux Volodymyr Zelensky à l’issue de la cérémonie.

Il avait qualifié la peine des Ukrainiens d' »indicible » après le crash qui avait touché une école maternelle et dans lequel avaient péri outre le ministre de l’Intérieur, son adjoint Ievgueni Ienine et le secrétaire d’Etat à l’Intérieur Youriï Loubkovytch, parmi d’autres.

Les responsables ukrainiens, comme le Premier ministre Denys Chmygal sur Telegram, ont qualifié de « grande perte » la mort de Denys Monastyrsky, 42 ans, un ancien avocat qui avait rallié le parti de Volodymyr Zelensky avant d’être nommé à l’Intérieur en 2021.

Parmi les victimes se trouvait également un photographe, Mykola Anatsky, 34 ans, qui se rendait avec le ministre de l’Intérieur vers la ligne de front.

« Kolya était un garçon extrêmement aimable et intelligent. Il aurait pu faire encore beaucoup pour l’Ukraine », a dit son ancienne maîtresse d’école, Lioudmila Zakharenko, 53 ans, racontant que le photographe avait une fille encore bébé.

« Ça fait peur car les meilleurs s’en vont », a-t-elle ajouté, essuyant quelques larmes.

Un officier des services de renseignement, Ilya Samoïlenko, prisonnier des Russes après la chute de Marioupol et échangé depuis, a estimé que la perte de ces responsables était « énorme ».

« Nous sommes en guerre. Les personnes responsables du renforcement et de l’organisation de nos défenses ont une importance critique », a rappelé auprès de l’AFP ce vétéran qui a perdu un oeil et un bras dans la défense de Marioupol au printemps.

« Nous pouvons prendre deux jours et faire notre deuil », a ajouté M. Samoïlenko à la fin de la cérémonie. « Mais nous devons continuer. Nous devons aller de l’avant ».

Dehors, des drapeaux ukrainiens et européens en berne flottaient au vent, tandis que les routes d’accès au centre étaient bloquées par des obstacles anti-char et que des forces de sécurité patrouillaient dans les rues adjacentes désertes.

Par le Point avec AFP

Ukraine : les États-Unis tablent sur une contre-offensive ukrainienne au printemps

janvier 20, 2023

Le secrétaire américain à la Défense Lloyd Austin a estimé que les alliés peuvent faire « plus » pour aider l’Ukraine face à l’invasion russe.

Volodymyr Zelensky demande notamment aux pays occidentaux de fournir des chars et des missiles longue portee.
Volodymyr Zelensky demande notamment aux pays occidentaux de fournir des chars et des missiles longue portée.© Philippe de Poulpiquet / MAXPPP / PHOTOPQR/LE PARISIEN/MAXPPP

Les États-Unis s’attendent à une contre-offensive de l’Ukraine au printemps, a déclaré vendredi le secrétaire américain à la Défense Lloyd Austin, soulignant qu’il s’agissait pour les alliés d’aider Kiev à s’y préparer. « Nous avons ici une fenêtre d’opportunité entre maintenant et le printemps… dès qu’ils commencent leur opération, leur contre-offensive », a-t-il déclaré aux journalistes lors d’une réunion des alliés de l’Ukraine en Allemagne. « Ce n’est pas une longue période et nous devons réunir les bonnes capacités », a-t-il ajouté.

Interrogé sur l’allié allemand et son refus, à ce stade, de donner un feu vert à la livraison de tanks Leopard 2, Lloyd Austin a assuré que l’Allemagne est un « allié fiable » malgré ses réticences à livrer des tanks à l’Ukraine, mais « nous pouvons tous faire plus » pour aider Kiev. « Ils sont fiables et ils l’ont été pendant très longtemps et je crois sincèrement qu’ils continueront à être un allié fiable dans le futur », a répondu à la presse le secrétaire américain à la Défense.

L’armée russe « très difficile » à expulser

Il sera « très difficile » de déloger d’ici à la fin de l’année l’armée russe du territoire ukrainien, a affirmé le chef d’état-major américain, lors d’une conférence de presse sur la base américaine de Ramstein, en Allemagne. « D’un point de vue militaire, je maintiens encore qu’il sera très très difficile d’expulser les forces russes de toutes les zones d’Ukraine occupées », a déclaré le général Mark Milley, chef d’état-major américain, lors d’une réunion des alliés sur le soutien militaire à Kiev.

Par Le Point avec AFP

Ukraine : le bilan grimpe à Dnipro, Moscou jure de « brûler » les chars occidentaux

janvier 16, 2023
Des secouristes transportent un sac noir.

Des secouristes transportent le corps d’un homme tué dans la frappe survenue samedi contre un immeuble résidentiel à Dnipro, en Ukraine. Photo: AP/Evgeniy Maloletta

Le bilan d’une frappe russe sur un immeuble résidentiel de Dnipro, en Ukraine, a grimpé lundi à 40 morts, devenant l’un des plus élevés depuis le début de la guerre et risquant encore de s’alourdir.

Vladimir Poutine a de son côté dénoncé les livraisons croissantes d’armes occidentales à l’Ukraine, le Kremlin jurant que les chars promis à Kiev brûleront sur le champ de bataille.

Moscou a par ailleurs démenti, comme toujours dans ce cas de figure, avoir été responsable du carnage à Dnipro, en rejetant la faute sur les Ukrainiens. Le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov, a ainsi évoqué une tragédie pouvant être due à un tir de la défense antiaérienne ukrainienne.

À l’inverse, la présidence suédoise de l’Union européenne a dénoncé un crime de guerre russe.

À la recherche de survivants

Lundi, presque 48 heures après qu’un missile a éventré un immeuble du quai de la Victoire à Dnipro, 40 corps sans vie avaient été retrouvés, selon les services de secours, tandis que 75 blessés ont été comptabilisés.

Des grues étaient en action pour amener les sauveteurs dans les appartements ravagés et autrement inaccessibles ou pour soulever des pans de béton. Dans les décombres, les équipes de secours cherchaient les 29 personnes toujours portées disparues, selon les autorités.

Trois secouristes dans une nacelle au-dessus d'un immeuble éventré.

Les secouristes sont transportés par des grues dans les ruines de l’immeuble afin de retrouver des victimes. Photo : Reuters/Clodagh Kilcoyne

Sur ce lieu de désolation, des personnes déposaient des fleurs et des peluches à la mémoire des victimes. D’autres habitants de Dnipro donnaient vêtements ou couettes à un point de collecte mis en place par des humanitaires.

Depuis le début des opérations de sauvetage, 39 personnes ont été secourues des ruines du bâtiment.

Le Kremlin a mis deux jours à réagir, son porte-parole démentant que son pays puisse être responsable de ce drame.

Les forces armées russes ne bombardent pas les immeubles résidentiels ni les infrastructures civiles, elles bombardent des cibles militaires, a déclaré M. Peskov, en dépit des frappes qui ont touché une multitude de cibles non militaires depuis le début de l’invasion, le 24 février 2022.

Le président Poutine ne s’était pas prononcé dimanche sur le sujet, considérant en revanche que les opérations russes en Ukraine étaient dans une dynamique positive, quelques jours après que Moscou eut revendiqué la prise d’une petite ville dans l’est ukrainien.

Les Occidentaux promettent davantage de matériel militaire

La frappe qui a détruit l’immeuble d’habitation de Dnipro a été effectuée dans le sillage d’une campagne de bombardements réguliers et massifs auxquels Moscou procède depuis octobre contre les infrastructures énergétiques ukrainiennes.

Face à ces pluies de missiles et à la menace d’une nouvelle offensive russe d’ampleur, les Occidentaux ont intensifié leur aide militaire à l’Ukraine. Londres et Varsovie prévoient désormais de lui fournir des chars.

Une réunion sur les livraisons d’armements occidentaux à Kiev est prévue le 20 janvier sur la base américaine de Ramstein, en Allemagne.

Vladimir Poutine a de son côté dénoncé, dans une conversation avec son homologue turc Recep Tayyip Erdogan, la ligne destructrice adoptée par le régime de Kiev qui a misé sur l’intensification des combats, avec le soutien de ses parrains occidentaux qui augmentent leurs livraisons d’armes et de matériel militaire aux Ukrainiens.

« Ces chars brûlent et brûleront. »— Une citation de  Dmitri Peskov, porte-parole du Kremlin, à la presse

M. Peskov a accusé une fois encore les Occidentaux d’utiliser l’Ukraine pour atteindre des objectifs antirusses.

Après ses victoires de l’automne, Kiev dit avoir besoin encore et avant tout de chars lourds, de blindés légers, de systèmes de missiles de longue portée et de défense antiaérienne pour reprendre la totalité des territoires que les troupes russes occupent dans l’est et le sud de l’Ukraine.

Samedi, Londres avait annoncé la fourniture à Kiev de Challenger 2, ce qui constituerait la première livraison de chars lourds de fabrication occidentale à l’Ukraine.

Et lundi, le premier ministre polonais Mateusz Morawiecki a dit attendre un feu vert de l’Allemagne pour livrer à l’Ukraine des chars Leopard de facture allemande.

Poursuivre les responsables de l’invasion

Après de sévères déconvenues à l’automne, la Russie tente de reprendre l’initiative notamment en redoublant d’efforts dans la bataille pour s’emparer de Bakhmout, une ville de l’est en proie de sanglants combats depuis des mois.

Moscou a revendiqué la semaine dernière une victoire, affirmant avoir pris Soledar, une petite ville au nord-est de Bakhmout aujourd’hui largement détruite.

L’Ukraine a démenti avoir abandonné cette localité de quelque 10 000 habitants avant-guerre, faisant état de combats toujours en cours.

Des casques tachés de sang dans la neige.

Des casques de soldats ukrainiens blessés ont été abandonnés près d’une route lorsqu’une équipe médicale de l’armée les a évacués samedi, tout près de Soledad. Photo: AFP/Getty Images/Anatolii Stepanov

Dans un discours à La Haye, la cheffe de la diplomatie allemande, Annalena Baerbock, s’est par ailleurs montrée lundi favorable à la création d’un tribunal spécial pour poursuivre les dirigeants russes à la suite de l’invasion de l’Ukraine.

Le chef de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA), Rafael Grossi, est attendu, pour sa part, lundi en Ukraine.

Dans un tweet avant son départ, il a souligné que son organisation allait étendre sa présence pour aider à éviter un accident nucléaire pendant le conflit en cours.

Par Radio-Canada avec Agence France-Presse

Guerre en Ukraine : Londres va livrer des chars d’assaut Challenger 2 à Kiev

janvier 14, 2023

Downing Street a annoncé que le Royaume-Uni allait fournir des chars d’assaut lourds à l’Ukraine, une première depuis le début du conflit.

Plusieurs Challenger 2, chars lourds de l'armee britannique, devraient etre livres aux forces ukrainiennes.
Plusieurs Challenger 2, chars lourds de l’armée britannique, devraient être livrés aux forces ukrainiennes. © ADRIAN DENNIS / AFP

Le Royaume-Uni est devenu ce samedi le premier pays à envoyer des chars lourds de facture occidentale pour aider Kiev face à l’invasion russe après avoir annoncé dans un communiqué qu’il allait fournir des chars Challenger 2 à l’Ukraine. Lors d’un entretien avec le président ukrainien Volodymyr Zelensky, le Premier ministre britannique Rishi Sunak a souligné « la volonté du Royaume-Uni d’intensifier son soutien à l’Ukraine, notamment en fournissant des chars Challenger 2 et des systèmes d’artillerie supplémentaires », a précisé Downing Street.

Londres ne précise pas combien de chars il compte envoyer à Kiev, ni quand ni comment il compte assurer la formation à l’utilisation et la maintenance des Challenger 2. Mais les deux dirigeants britannique et ukrainien sont d’accord sur la « nécessité de profiter » des récentes victoires ukrainiennes qui ont « repoussé les troupes russes ». Volodymyr Zelensky a remercié le Royaume-Uni sur Twitter pour avoir pris des décisions qui « non seulement [les] renforceront sur le champ de bataille, mais enverront également le bon signal aux autres partenaires ».

Always strong support of the UK is now impenetrable and ready for challenges. In a conversation with the Prime Minister, @RishiSunak, I thanked for the decisions that will not only strengthen us on the battlefield, but also send the right signal to other partners.— Володимир Зеленський (@ZelenskyyUa) January 14, 2023

La diplomatie russe a assuré samedi que l’envoi à l’Ukraine de chars lourds britanniques allait seulement « intensifier » les combats et avait peu chances de renverser la situation sur le front. « L’envoi de chars ne va en rien accélérer la fin des hostilités militaires, mais va seulement les intensifier en provoquant de nouvelles victimes », a indiqué l’ambassade de Russie à Londres dans un communiqué, ajoutant qu’il était « peu probable » que ces chars aident l’armée ukrainienne à « renverser la situation sur le champ de bataille ».

Premiers chars lourds occidentaux

Depuis le début de l’invasion russe, il y a près d’un an, les alliés européens de Kiev ont déjà livré près de 300 chars soviétiques modernisés, mais jamais encore de chars lourds de facture occidentale, malgré les demandes répétées de l’Ukraine. L’annonce britannique intervient après que la Pologne s’est dite prête, mercredi, à livrer 14 chars lourds Leopard 2, un modèle allemand de char d’assaut considéré comme l’un des plus performants au monde.

La semaine passée, France, Allemagne et États-Unis ont promis l’envoi de véhicules blindés transportant de l’infanterie ou de chars de reconnaissance – 40 Marder allemands, 50 Bradley américains et des AMX-10 RC français. De nouvelles annonces pourraient intervenir le 20 janvier, lors de la prochaine réunion des alliés de l’Ukraine à Ramstein (Allemagne).

Par Le Point avec AFP

Ukraine: le bilan de la frappe sur Makiïvka grimpe à 89 morts, critiques à Moscou

janvier 4, 2023
Ukraine: le bilan de la frappe sur Makiivka grimpe a 89 morts, critiques a Moscou
Ukraine: le bilan de la frappe sur Makiïvka grimpe à 89 morts, critiques à Moscou© AFP/Arden Arkman

La Russie a admis mercredi un bilan plus lourd de la frappe ayant visé dans la nuit du Nouvel an des soldats russes à Makiïvka, dans l’est de l’Ukraine, qui grimpe à 89 morts, suscitant une nouvelle volée de critiques.

L’état-major ukrainien a confirmé avoir mené cette frappe et le département des communications stratégiques de l’armée ukrainienne a revendiqué un bilan bien plus lourd dans les rangs russes, chiffré à 400 morts et 300 blessés. Cette affirmation n’a cependant pas été confirmée par l’état-major.

Côté russe, le bilan initialement annoncé de 63 morts a été revu à la hausse après la découverte de nouveaux corps dans les ruines du bâtiment à Makiïvka, visé par une frappe ukrainienne le 1er janvier à 00H01 (22H01 GMT), a indiqué le général russe Sergueï Sevrioukov dans un message vidéo diffusé par son ministère.

Selon lui, la « cause principale » de la frappe est « l’utilisation massive par le personnel de téléphones portables » malgré l’interdiction de le faire, ce qui a permis aux forces ukrainiennes de géolocaliser cette concentration de soldats russes.

M. Sevrioukov a assuré que « les mesures nécessaires sont prises pour éviter de tels incidents tragiques à l’avenir » et que « les responsables seront tenus de rendre des comptes ».

Il s’agit du plus lourd bilan en une seule attaque admis par Moscou depuis le début de l’offensive en février, qui intervient après une série d’embarrassants revers militaires sur le terrain.

Selon les médias russes, les victimes étaient des mobilisés, donc des soldats non professionnels.

L’annonce de ce bilan plus lourd n’a pas manqué de susciter de nouvelles critiques envers le commandement militaire russe, déjà fustigé lundi et mardi pour son « incompétence » par des correspondants et commentateurs russes.

« Impunité »

La patronne de la chaîne RT, le fer de lance de la propagande du Kremlin à l’international, Margarita Simonian, a appelé à rendre public les noms des officiers russes impliqués et « la mesure de leur responsabilité ».

« Il est temps de comprendre que l’impunité ne conduit pas à l’harmonie sociale. L’impunité conduit à de nouveaux crimes. Et, par conséquent, à la dissidence publique », a-t-elle écrit sur Telegram.

Le responsable séparatiste prorusse Denis Pouchiline a lui tenu à louer « l’héroïsme » des soldats ayant survécu à la frappe ukrainienne, qui ont « risqué leur vie » en allant « secourir leurs camarades » sous les décombres. D’après lui, le commandant adjoint du régiment a été tué.

De nombreux Russes demandaient, eux, sur les réseaux sociaux une enquête transparente sur les circonstances de la frappe. « Ils vont faire traîner ça et dans le pire des cas, ils mettrons ça sur le dos de quelqu’un », craint ainsi Valeri Boutorine sur le réseau VK.

« Ce ne sont pas les téléphones portables et leurs propriétaires qui sont à blâmer, mais la négligence banale des commandants, qui, j’en suis sûr, n’ont même pas essayé de réinstaller le personnel » hors du bâtiment, a fustigé le groupe « Notes d’un vétéran » sur Telegram, qui rassemble 200.000 abonnés.

Selon l’armée russe, cette attaque a été menée à l’aide de systèmes lance-missiles Himars, une arme fournie par les Etats-Unis à l’Ukraine, qui permet de frapper loin derrière les lignes ennemies.

Selon le ministère britannique de la Défense, compte tenu de la destruction du bâtiment à Makiïvka, « il existe une possibilité réaliste que des munitions étaient stockées à proximité des logements des troupes ».

« Très dur »

Fait inhabituel en Russie, où les pouvoirs publics restent souvent discrets sur les pertes militaires en Ukraine, environ 200 personnes se s’étaient réunies mardi avec l’aval des autorités à Samara (centre), d’où étaient originaires certains des soldats tués, pour pleurer les morts lors d’une cérémonie orthodoxe.

« C’est très dur, c’est effrayant. Mais nous ne pouvons pas être brisés. Le chagrin nous unit », a dit Ekaterina Kolotovkina, présidente d’un groupe d’épouses de soldats, en appelant à la « vengeance ».

Le président russe Vladimir Poutine n’a pas encore réagi publiquement.

Sur le front en Ukraine, les combats se poursuivaient mercredi.

Le général russe Sergueï Sevrioukov a affirmé que ses forces avaient détruit plusieurs lance-missiles ukrainiens à Droujkivka, dans la région de Donetsk, et infligé de lourdes pertes après l’attaque de Makiïvka. L’Ukraine a de son côté fait état d’un mort et de la destruction d’une patinoire.

Le gouverneur de la ville de Sébastopol, en Crimée annexée, Maikhaïl Razvojaïev, a lui rapporté que la flotte russe avait repoussé une attaque de drones ukrainiens, dont deux ont été abattus.

Un responsable de l’occupation russe dans le Sud de l’Ukraine, Vladimir Rogov, a lui fait état sur Telegram la mort de deux civils dans un tir ukrainien au Himars sur Vassilevka, dans la région de Zaporijjia.

Côté ukrainien, l’état-major a rapporté mercredi des bombardements sur Kramatorsk (est), Zaporijjia et Kherson (sud). La présidence a rapporté 5 morts et 13 blessés dans des tirs russes en 24 heures.

Par Radio-Canada avec AFP

L’Ukraine reconnaît avoir mené la frappe qui a tué 63 soldats russes près de Donetsk

janvier 2, 2023
Une batterie de missiles HIMARS.

Les États-Unis ont livré plusieurs systèmes de missiles aux forces ukrainiennes, dont le système HIMARS (archives). Photo : AFP via Getty Images/Gints Ivuskans

La Russie a reconnu lundi la mort de 63 de ses soldats en Ukraine, tués dans une frappe en territoire séparatiste dans l’est du pays, les plus lourdes pertes en une seule attaque admises par Moscou depuis le début de l’invasion.

L’armée n’a qu’à de très rares reprises donné un bilan de son offensive ou communiqué sur ses pertes. Selon le ministère russe de la Défense, 63 militaires ont été tués dans l’explosion de quatre missiles tirés par des systèmes HIMARS, une arme fournie par les États-Unis aux forces ukrainiennes.

Selon le porte-parole du ministère russe de la Défense, Igor Konachenkov, qui n’a pas précisé la date de la frappe, ces missiles ont frappé un centre de déploiement provisoire de l’armée russe à Makiïvka, ville sous occupation russe située à l’est de la ville séparatiste de Donetsk.

Igor Konashenkov.

Le porte-parole du ministère russe de la Défense, Igor Konashenkov. Photo : Getty Images/Natalia Kolesnikova

Le ministère a encore assuré avoir abattu deux des six missiles tirés sur cette cible à Makiïvka.

L’état-major ukrainien a, quant à lui, reconnu avoir mené cette frappe, réalisée selon lui avant le Nouvel An le 31 décembre, détruisant ou endommageant jusqu’à 10 véhicules. Les pertes en matière de personnel pour les occupants sont en train d’être précisées, a-t-il indiqué.

Dimanche, des médias russes et ukrainiens avaient commencé à faire état de cette frappe, affirmant qu’elle avait eu lieu dans la nuit de samedi à dimanche, au moment du passage à la nouvelle année, et qu’un bâtiment où se trouvaient des réservistes récemment mobilisés en Russie avait été touché.

L’annonce de ces lourdes pertes a immédiatement provoqué des critiques envers le commandement militaire russe, accusé notamment par l’ancien responsable séparatiste Igor Strelkov, très au fait de la situation sur le terrain, d’avoir entreposé des munitions dans ce bâtiment non protégé.

Le gouverneur de la région russe de Samara, Dmitri Azarov, a lui annoncé l’ouverture d’une ligne téléphonique pour les proches des soldats tués, parmi lesquels figurent ses administrés.

Une nouvelle année qui commence sous les frappes

L’annonce de cette frappe intervient après un Nouvel An marqué par des bombardements russes sur Kiev et d’autres villes samedi, dimanche et lundi, qui ont fait cinq morts et une cinquantaine de blessés.

Lundi à l’aube, les frappes ont provoqué des coupures de courant à Kiev.

Les Russes ont lancé plusieurs vagues de drones Shahed de fabrication iranienne, a déclaré Oleksiï Kouleba, le chef de l’administration militaire de la région de Kiev, précisant que les frappes étaient dirigées contre des infrastructures essentielles.

Un drone vole dans le ciel.

Ce drone russe photographié à Kiev correspond à la description d’un drone de fabrication iranienne Shahed-136, selon les autorités ukrainiennes. Photo : Reuters

La défense antiaérienne ukrainienne a affirmé avoir abattu 41 drones et un missile russes.

L’opérateur DTEK a annoncé que l’attaque avait infligé des dégâts aux infrastructures liées à l’alimentation en électricité de Kiev et qu’il devait de ce fait imposer des coupures d’urgence.

La compagnie nationale Ukrenergo a confirmé les pannes de courant, tout en assurant que la situation était totalement sous contrôle.

Après une série de revers militaires sur le terrain et d’attaques ukrainiennes ayant visé le territoire russe et la Crimée annexée, Moscou a opté à partir d’octobre pour une tactique de bombardement des infrastructures de l’Ukraine, provoquant régulièrement des coupures d’électricité et d’eau.

Les autorités russes ont quant à elles fait état lundi d’une attaque ukrainienne au drone sur une installation électrique dans la région de Briansk, frontalière de l’Ukraine, et ont affirmé avoir abattu un drone de reconnaissance ukrainien se dirigeant cette fois vers la grande ville de Voronej.

Moscou avait assuré que ses frappes du Nouvel An avaient visé des installations de fabrication de drones.

Les Russes sont en train de perdre. Les drones, les missiles et tout le reste ne les aideront pas. Parce que nous sommes ensemble, a réagi dimanche soir le président Volodymyr Zelensky.

Des militaires ukrainiens sur un véhicule blindé de transport de troupes.

Des militaires ukrainiens sur un véhicule blindé de transport de troupes. Photo : Reuters

L’armée russe a par ailleurs déclaré dimanche poursuivre son offensive dans la région de Donetsk, dans l’est de l’Ukraine, où se concentre actuellement l’essentiel des combats.

L’état-major des forces ukrainiennes a, à cet égard, souligné dimanche soir que l’ennemi […] continuait de tenter des attaques dans le secteur de Bakhmout, le point le plus chaud du front, où les deux camps subissent de lourdes pertes.

Les soldats engagés dans cette bataille sont soumis à une incroyable fatigue morale et physique. Et dans cette guerre d’usure sans fin, certains finissent par se percevoir comme de la viande, juste bons à être envoyés à la mort, a expliqué sur place à l’AFP Mark Kouptchenenko, un jeune aumônier militaire ukrainien qui va tous les jours sur le front.

Il n’y a pas ou très peu de rotations, ils sont en permanence au combat, sous une pression énorme, soumis à des ordres que parfois ils ne comprennent plus, a-t-il encore dit.

Par Radio-Canada avec Agence France-Presse

Ukraine : des frappes russes la nuit du Nouvel An font quatre morts

janvier 1, 2023

Le chef de la police de Kiev, Andriï Nebitov, affirme avoir trouvé des restes de drones avec « Bonne année » écrit dessus en russe.

Pas de trêve pour la Saint-Sylvestre en Ukraine. « Durant la nuit du 31 décembre 2022 au 1er janvier 2023, les envahisseurs russes ont attaqué l’Ukraine avec des drones kamikazes Shahed-131/136 de fabrication iranienne », a indiqué l’armée de l’air ukrainienne. Selon elle, 13 de ces drones ont été abattus avant minuit et 32 après minuit. Les autorités ukrainiennes ont fait part d’un bilan de 4 morts et 50 blessés. Ces attaques ont visé notamment la capitale, Kiev, et sept autres régions ukrainiennes.

Les journalistes de l’AFP présents à Kiev avaient entendu une dizaine d’explosions samedi en début d’après-midi et plusieurs autres quelques dizaines de minutes après le Nouvel An. Dans le centre de Kiev, un missile a notamment éventré la façade d’un hôtel. L’armée de l’air ukrainienne a également annoncé avoir abattu au cours de la nuit 45 drones explosifs Shahed, de fabrication iranienne, lancés par la Russie. Elle n’a pas précisé si des drones avaient atteint leurs cibles.

Le chef de la police de Kiev, Andriï Nebitov, a publié de son côté une photographie sur Facebook montrant ce qui semble être les restes d’un drone avec les mots « Bonne année » en russe. « C’est tout ce dont vous avez besoin de savoir sur l’État terroriste et son armée », a-t-il écrit.

L’Ukraine accuse la Russie de viser des zones résidentielles

L’armée russe a, elle, affirmé avoir mené samedi 31 décembre « une attaque aéroportée de précision à longue portée contre des installations de l’industrie de la défense ukrainienne impliquées dans la fabrication de drones d’attaque utilisés pour mener des attaques terroristes contre la Russie ». « Les plans du régime de Kiev visant à mener des attaques terroristes contre la Russie dans un avenir proche ont été déjoués », s’est félicité le ministère russe de la Défense dans son rapport quotidien.

Le chef de la diplomatie ukrainienne, Dmytro Kouleba avait, lui, accusé la Russie d’avoir délibérément visé samedi des zones résidentielles. Le président ukrainien Volodymyr Zelensky avait réagi en assurant que son pays « ne pardonnera pas » à Moscou. Selon le détail du bilan des frappes russes du Nouvel An, trois personnes sont mortes, dont une jeune femme de 22 ans, dans la ville de Khmelnytsky dans l’ouest du pays. Parmi les 50 blessés figurent notamment un adolescent de 13 ans et sa sœur de 12 ans dans un village près de Kherson, dans le Sud, selon la présidence.

Zelensky et Poutine font des vœux de victoire pour le Nouvel An

Une personne a également été tuée dimanche et trois autres blessées dans une frappe russe à Orikhiv dans la région de Zaporijia, dans le Sud, selon les autorités régionales. Côté prorusse, les autorités des territoires séparatistes de l’est de l’Ukraine ont rapporté la mort d’un civil dans des bombardements ukrainiens dimanche à Iassynouvata dans la région de Donetsk. Selon elles, l’armée ukrainienne a aussi frappé Donetsk et la ville voisine de Makiïvka juste après minuit, faisant au moins 15 blessées.

Dans ses vœux de Nouvel An aux Ukrainiens, Volodymyr Zelensky a loué la résistance ukrainienne à l’invasion russe lancée en février, assurant que son pays allait se battre jusqu’à la « victoire » et le retour de tous les territoires occupés par la Russie. Le président russe Vladimir Poutine était lui apparu pour ses vœux de Nouvel An aux côtés de militaires ayant combattu en Ukraine. Il a assuré que la « justesse morale et historique » était du côté de son pays dans cette guerre, accusant les Occidentaux « d’utiliser cyniquement l’Ukraine et son peuple pour affaiblir et diviser la Russie ».

Moscou, qui a revendiqué en septembre l’annexion de quatre régions ukrainiennes qu’elle contrôle au moins partiellement, a connu des revers sur le terrain ces derniers mois, devant notamment se retirer de la région de Kharkiv dans le nord-est et de la ville de Kherson dans le Sud. En réaction à ces défaites et à des attaques ukrainiennes contre des sites civils et militaires en Russie et en Crimée annexée, l’armée russe a opté à partir d’octobre pour une tactique de bombardement des infrastructures d’Ukraine, provoquant régulièrement des coupures massives d’électricité et d’eau.

Par Le Point avec AFP