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Le Kremlin veut « consulter » pour fixer les frontières des régions annexées dans le sud de l’Ukraine

octobre 3, 2022
Le Kremlin veut "consulter" pour fixer les frontieres des regions annexees dans le sud de l'Ukraine
Le Kremlin veut « consulter » pour fixer les frontières des régions annexées dans le sud de l’Ukraine© AFP/Archives/Kirill KUDRYAVTSEV

La Russie va « consulter » la population pour établir les frontières des régions annexées de Kherson et de Zaporijjia, dans le sud de l’Ukraine, a indiqué lundi à la presse le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov.

« Nous allons continuer à consulter la population de ces régions », a déclaré M. Peskov, interrogé pour savoir si la Russie annexait la totalité de ces régions ou uniquement les parties qu’elle occupe.

Le président russe Vladimir Poutine a formalisé l’annexion de Kherson et de Zaporijjia, ainsi que de deux autres régions ukrainiennes -de Donetsk et de Lougansk-, lors d’une cérémonie vendredi au Kremlin.

Les régions de Donetsk et Lougansk ont été annexées dans leur totalité, Moscou ayant reconnu la souveraineté de régimes séparatistes prorusses fin février, juste avant l’assaut russe contre l’Ukraine. Mais le Kremlin a indiqué la semaine dernière que les frontières des régions de Kherson et de Zaporijjia avaient besoin d’être « clarifiées ».

Selon le groupe de réflexion américain ISW (Institute for the Study of War), Moscou contrôle 72 % de la superficie de la région de Zaporijjia. Et quelque 88 % de celle de Kherson et sa capitale éponyme sont sous occupation russe, selon la même source.

La Russie avait organisé à la hâte dans les quatre régions ukrainiennes de prétendus référendums, largement dénoncés par Kiev et ses alliés occidentaux, à la suite d’une contre-offensive ukrainienne qui a forcé l’armée russe à céder des milliers de km2 de terrain.

Le Point avec AFP

Si la Russie préparait une attaque nucléaire, les Etats-Unis le sauraient, estiment des experts

octobre 1, 2022
Si la Russie preparait une attaque nucleaire, les Etats-Unis le sauraient, estiment des experts
Si la Russie préparait une attaque nucléaire, les Etats-Unis le sauraient, estiment des experts© AFP/Kirill KUDRYAVTSEV

Les Etats-Unis seraient très probablement au courant de préparatifs russes pour une attaque nucléaire contre l’Ukraine, et Moscou pourrait aussi vouloir que cela se sache, estiment des experts.

Après avoir essuyé plusieurs revers militaires, le président russe Vladimir Poutine a menacé de recourir à « tous les moyens » pour défendre l’intégrité territoriale de la Russie, relançant les spéculations sur les risques d’un conflit nucléaire.

Une menace potentiellement étendue vendredi aux quatre régions ukrainiennes annexées par Moscou.

Dans l’immédiat, des analystes militaires relativisent ce risque et la Maison Blanche dit n’avoir vu aucune activité indiquant un plan d’attaque, mais les services de renseignement occidentaux surveillent de près l’émergence d’une menace réelle.

Si elle prenait corps, des experts parient plutôt sur l’usage d’une arme nucléaire tactique – plus petite en charge explosive qu’une arme nucléaire stratégique – probablement lancée sur un missile balistique Iskander à courte portée.

Et les préparatifs d’une attaque seraient évidents, assure à l’AFP Pavel Podvig, chercheur à l’Institut des Nations unies pour la recherche sur le désarmement (Unidir) à Genève.

Où sont les bombes ?

Un rapport de 2017 de cet institut dresse la carte de 47 sites de stockage nucléaire à travers la Russie.

Ceux-ci sont surveillés constamment et en détail par les satellites de renseignement et de surveillance militaire des Etats-Unis et d’autres pays. Ils peuvent même être surveillés par des satellites commerciaux, comme le montrent les images très répandues et régulièrement mises à jour des activités d’installations nucléaires nord-coréennes.

Pour M. Podvig, la Russie a déployé ses ogives nucléaires stratégiques ou à longue portée sur le terrain, sur des missiles, des bombardiers et des sous-marins.

Mais ses armes nucléaires non stratégiques ou tactiques, dont le nombre peut atteindre 2.000, ne sont pas installées sur des missiles d’après lui.

Pas d’installations cachées

« Je suis convaincu que les Etats-Unis verraient tout préparatif russe à l’utilisation d’armes nucléaires », ajoute Mark Cancian, un ancien fonctionnaire des ministères américains de la Défense et de l’Energie.

« Les armes doivent sortir du stockage, les unités concernées doivent être alertées, et les Russes pourraient également alerter leurs forces nucléaires stratégiques », explique à l’AFP cet expert, qui travaille désormais au Centre pour les études stratégiques et internationales de Washington.

Visibles aussi selon lui, les préparatifs nécessaires pour les forces terrestres russes, comme la fourniture d’équipements de protection et des instructions pour agir dans un environnement nucléaire.

« Les armes nucléaires ont besoin d’une certaine structure, de personnes formées et de maintenance. Vous ne pouvez pas faire cela dans un endroit aléatoire », estime de son côté Pavel Podvig, qui juge très peu probable la possibilité d' »installations cachées ».

« Techniquement, vous pourriez probablement faire sortir clandestinement quelques bombes d’un site de stockage sans être détecté », nuance le chercheur de l’Unidir.

Mais agir ainsi comporte ses propres risques, notamment celui de provoquer une attaque préventive de l’Occident. « Les Russes ne seront jamais certains que cela ne sera pas détecté. Ce serait un pari », prévient-il.

Surtout, ajoute-t-il, il est plus probable que la Russie souhaite que l’Occident voie ses préparatifs, en guise d’avertissement. « Ce serait une sorte de pas en avant dans l’escalade (et) la Russie voudrait que cela soit visible », pronostique encore Pavel Podvig.

Prévenir le monde

Les Etats-Unis ont averti pendant des semaines que la Russie avait l’intention d’envahir l’Ukraine avant son passage à l’acte le 24 février, dans l’espoir de préparer Kiev et ses alliés, et de tenter de dissuader Moscou.

Washington préviendrait-il ouvertement le monde s’il détectait des préparatifs d’attaque nucléaire, au risque de déclencher une panique sans précédent ?

Une telle panique se propagerait non seulement en Ukraine, mais aussi dans les régions potentiellement menacées par des retombées nucléaires, et plus largement encore si l’on venait à craindre une escalade irrésistible.

Les Etats-Unis alerteraient quasi certainement leurs alliés et d’autres puissances, notamment la Chine et l’Inde, en espérant qu’ils fassent alors pression sur Moscou pour renoncer.

D’après M. Podvig, Washington jugerait aussi probablement utile d’émettre des avertissements publics pour alourdir cette pression. « La stratégie doit être basée sur l’isolement. Il faut renforcer le caractère inacceptable de cette situation, qui est criminelle », a-t-il déclaré.

« Ce message pourrait avoir une valeur dissuasive », selon le chercheur.

Le Point avec AFP

L’armée ukrainienne est entrée dans Lyman, dans une des régions annexées par Moscou

octobre 1, 2022
Un drapeau ukrainien est affiché devant une maison détruite près d'Izioum, dans l'est de l'Ukraine, le 1er octobre 2022.

Un drapeau ukrainien est affiché devant une maison détruite près d’Izioum, dans l’est de l’Ukraine, le 1er octobre 2022. Photo: AFP via Getty Images/Juan Barreto

Les forces armées ukrainiennes sont entrées dans la ville de Lyman, dans une des régions annexées par Moscou, a affirmé la Défense ukrainienne.

La victoire serait la plus importante enregistrée par Kiev depuis le lancement de sa contre-offensive éclair dans la région de Kharkiv le mois dernier.

Les forces d’assaut aériennes ukrainiennes entrent dans Lyman, dans la région de Donetsk, a indiqué sur Twitter le ministère ukrainien de la Défense.

L’armée avait plus tôt affirmé avoir encerclé plusieurs milliers de soldats russes dans cette ville de la région de Donetsk.

Peu de temps après, la Russie a annoncé que ses troupes – qu’elle qualifie d’alliées aux forces séparatistes pro-russe – avaient quitté Lyman.

« En raison de la menace d’encerclement, les troupes alliées ont été retirées de [Lyman] pour être placées sur de meilleures positions. »— Une citation de  Le ministère de la Défense de la Russie, cité par des agences de presse russes

Le ministère a déclaré dans un communiqué que la Russie avait infligé des pertes sérieuses aux forces ukrainiennes en lançant des frappes de feu massives contre elles. Il n’a pas fourni de preuves et cette affirmation n’a pas pu être vérifiée de manière indépendante.

Malgré les pertes subies, l’ennemi, disposant d’une importante supériorité en forces et en moyens, a introduit des réserves et a poursuivi l’offensive dans cette direction, a-t-il ajouté.

Le ministère de la Défense russe affirme avoir tués plus de 200 soldats ukrainiens et détruit 14 véhicules blindés dans les dernières 24 heures.

Dans une vidéo diffusée samedi par le directeur de cabinet du président ukrainien, deux soldats accrochent le drapeau national bleu et jaune à un panneau indiquant Lyman à l’entrée de la ville, située dans le nord de la province de Donetsk.

1er octobre. Nous déployons notre drapeau national et nous le posons sur notre terre. Lyman sera l’Ukraine, dit l’un des soldats dans cette vidéo, debout sur un véhicule militaire, selon la traduction de Reuters.

De 5000 à 5500 soldats encerclés

Les forces russes sont encerclées à Lyman, a déclaré à la télévision ukrainienne un porte-parole de l’armée ukrainienne, Serguiï Tcherevatiï.

Selon lui, environ 5000 à 5500 Russes étaient retranchés dans et autour de Lyman ces derniers jours. Mais les derniers combats ont [depuis] réduit leurs effectifs, a-t-il ajouté.

Un soldat ukrainien sort sa tête d'un tank.

Des milliers de soldats russes seraient encerclés par les forces ukrainiennes à Lyman. dans la région de Donetsk. Photo : Reuters/Jorge Silva

D’après Serguiï Gaïdaï, le gouverneur de la région voisine de Louhansk, les soldats russes présents dans le chaudron de Lyman ont trois options : s’enfuir, mourir tous ensemble ou se rendre, a-t-il affirmé sur les réseaux sociaux.

Les troupes russes ont essayé en vain de mener des opérations militaires pour briser l’encerclement, dit un porte-parole des forces armées ukrainiennes.

« Certains se rendent, ils ont beaucoup de tués et de blessés, mais l’opération n’est pas terminée. »— Une citation de  Serguiï Tcherevatiï, porte-parole de l’armée ukrainienne

Le gouverneur de Louhansk, en exil, a déclaré de son côté que des soldats russes avaient sollicité le droit de quitter en sécurité la zone encerclée, mais que leur demande avait été rejetée. L’état-major général ukrainien a déclaré à Reuters ne pas disposer de cette information.

Vers 8 h, plusieurs commentateurs militaires russes avaient déjà publié des messages sur leurs chaînes Telegram annonçant que l’armée ukrainienne avait capturé [des soldats] ou, au minimum, pénétré dans Lyman, rapporte la BBC.

L'épave d'un avion de combat russe abattu par les forces armées ukrainiennes est visible dans un champ près de la ville d'Izioum.

L’épave d’un avion de combat russe abattu par les forces armées ukrainiennes est visible dans un champ près de la ville d’Izioum, à environ 70 km de Lyman. Photo : Reuters/Stringer

Importance stratégique

Depuis la prise de Lyman à la fin mai, les troupes russes ont transformé la ville de la région de Donetsk en une importante plateforme logistique pour le déploiement des troupes et l’approvisionnement en munitions.

La ville est également un centre ferroviaire clé, reliant les régions de Donetsk, Louhansk et Kharkiv, dans l’est et le nord-est de l’Ukraine.

Selon le porte-parole de l’armée ukrainienne, la prise de Lyman permettrait d’avancer dans la région de Louhansk, que Moscou avait annoncé, début juillet, contrôler en totalité.

Lyman est importante parce qu’il s’agit de la prochaine étape vers la libération du Donbass ukrainien. C’est une occasion pour avancer vers Kreminna et Sievierodonetsk, et c’est très important psychologiquement, a-t-il ajouté.

Vladimir Poutine est projeté sur un écran géant, devant une foule, sur la place Rouge, en Russie.

Vladimir Poutine s’adresse à la foule réunie sur la place Rouge, à Moscou, après avoir officiellement annexé quatre régions ukrainiennes. Photo : AFP via Getty Images/Alexxander Nemenov

Vendredi soir, Volodymyr Zelensky, s’était félicité des résultats majeurs de la contre-offensive de ses troupes dans l’Est, poussant les Russes à se retirer de nombreux territoires conquis.

Au même moment, Vladimir Poutine, avait de son côté conclu une journée de cérémonies pour l’annexion des territoires ukrainiens. La victoire sera à nous, a-t-il lancé, micro en main, devant plusieurs milliers de personnes réunies pour un concert festif sur la place Rouge, à Moscou.

Menace nucléaire

Ramzan Kadyrov, le chef de la région russe de Tchétchénie, a déclaré samedi que Moscou devrait envisager l’utilisation d’une arme nucléaire à faible puissance en Ukraine, dans un contexte de nouveaux revirements sur le champ de bataille.

Dans un message sur Telegram critiquant les commandants russes pour avoir abandonné la ville de Lyman, samedi, M. Kadyrov a écrit : À mon avis personnel, des mesures plus drastiques devraient être prises, jusqu’à la déclaration de la loi martiale dans les zones frontalières et l’utilisation d’armes nucléaires à faible rendement.

Un char d'assaut russe brûlé se trouve dans un champ de tournesols près d'Izioum, dans l'est de l'Ukraine, le 1er octobre 2022, à environ 70 kilomètres de Lyman.

Un char d’assaut russe brûlé se trouve dans un champ de tournesols près d’Izioum, dans l’est de l’Ukraine, le 1er octobre 2022, à environ 70 kilomètres de Lyman. Photo : AFP via Getty Images/Juan Barreto

La Russie possède le plus grand arsenal atomique du monde qui compte des armes nucléaires tactiques à faible puissance.

D’autres grands soutiens de Vladimir Poutine, dont l’ancien président Dmitri Medvedev, ont laissé entendre que la Russie pourrait avoir besoin de recourir aux armes nucléaires, mais l’appel de Kadirov est à ce jour le plus explicite.

Arrestation du directeur de la centrale de Zaporijia

Une patrouille russe a arrêté le directeur de la centrale nucléaire de Zaporijia, a annoncé samedi Energoatom, l’entreprise publique chargée de l’exploitation du site, une information confirmée par l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA).

Igor Mourachov a été interpellé alors qu’il se rendait de la centrale à la ville de Enerhodar vendredi vers 16 h, heure locale, a précisé le président d’Energoatom, Petro Kotine.

« Il a été sorti de la voiture, on lui a bandé les yeux et il a été emmené en voiture pour une destination inconnue. »— Une citation de  Petro Kotine, président d’Energoatom, sur Telegram

La Russie n’a fait aucune déclaration publique sur le sujet.

Petro Kotine a précisé en avoir appelé au directeur général de l’AIEA, Rafael Grossi, pour qu’il prenne toutes les mesures immédiates possibles pour obtenir d’urgence la remise en liberté d’Igor Mourachov.

Interrogé par Reuters, un porte-parole de l’AIEA a déclaré : Nous avons contacté les autorités russes et nous leur avons demandé des explications. Quelques heures plus tard, l’AIEA a annoncé avoir été informée par les autorités russes du fait qu’Igor Mourachov était détenu en vue d’un interrogatoire.

Un véhicule blindé marqué d'un « Z », symbole de soutien au président Vladimir Poutine et à l'invasion qu'il mène en Ukraine, devant la centrale nucléaire de Zaporijia.

Un véhicule blindé marqué d’un « Z », symbole de soutien au président Vladimir Poutine et à l’invasion qu’il mène en Ukraine. Photo : Reuters/Alexander Ermochenko

M. Mourashov était opposé à la cession de la centrale de Zaporijia à la Russie, mais les porte-paroles d’Energoatom n’ont pas pu confirmer que c’était la raison de son enlèvement.

La centrale de Zaporijia est devenue l’un des enjeux clés du conflit en Ukraine, Kiev et Moscou s’accusant mutuellement de bombarder le site au risque de déclencher une catastrophe nucléaire.

Dans sa déclaration sur Telegram, Petro Kotine assure qu’Igor Mourachov assume la responsabilité exclusive de la sûreté nucléaire et radioactive du site et que son arrestation compromet la sûreté des activités de la plus grande centrale nucléaire d’Ukraine et d’Europe.

Il appelle les troupes russes à cesser immédiatement les actes de terrorisme nucléaire visant la direction et le personnel du site et à relâcher Igor Mourachov.

La centrale est un trophée stratégique pour la Russie et a suscité l’inquiétude du monde entier en tant que seule centrale nucléaire prise dans une guerre moderne.

Des porte-paroles d’Energoatom ont confié à l’Associated Press samedi que les employés de la centrale de Zaporijia étaient contraints de soumettre une demande de transfert vers la société d’État russe qui s’occupe de la gestion des centrales en Russie, Rosatom.

Les combats actifs à proximité signifient qu’il est peu probable qu’elle recommence à produire de l’électricité de sitôt, même si la Russie installe son propre système de gestion.

Un convoi de civils tués découvert

Selon le Service de sécurité ukrainien (SBU), les troupes russes ont tiré sur un convoi de sept véhicules et tué ainsi 24 personnes. On dénombre 13 enfants et une femme enceinte parmi les victimes.

Selon le gouverneur de la région de Kharkiv, Oleg Synegoubov, les occupants [russes] ont attaqué ces civils qui tentaient d’échapper aux bombardements. Ils ont tiré à bout portant, a-t-il ajouté.

Un convoi de voitures détruites sur le bord de la route avec des cadavres carbonisés à travers les débris.

Les troupes russes ont tiré sur un convoi de sept véhicules et tué ainsi au moins 20 personnes. Photo : via Reuters/Security Service of Ukraine

Deux voitures ont brûlé complètement, il y avait des enfants avec leurs parents: ils ont brûlé vifs, a-t-il précisé dans un communiqué.

Le porte-parole du bureau du procureur de la région de Kharkiv, Dmytro Chubenko, a déclaré dans une interview à une chaîne de télévision que l’emplacement du site du massacre sur la ligne de front, dans une zone grise, entravait l’enquête.

Le contrôle de l’armée ukrainienne sur ce territoire n’est pas permanent, a-t-il déclaré. Il est parfois sous notre contrôle, puis passe sous celui de la Russie, et nous ne pouvons donc pas mener à bien toutes les actions d’enquête.

M. Synegoubov et le service de sécurité ukrainien SBU avaient précédemment déclaré qu’au moins 20 personnes étaient mortes, sans donner la date exacte de l’attaque.

Maintenant, M. Synegoubov affirme que cela s’est passé le 25 septembre vers 9 h (heure locale), citant la police locale. Les détails n’ont pas été vérifiés de manière indépendante.

L’attaque a eu lieu dans la zone grise entre les villes de Koupianks, libérée récemment, et de Svatove, toujours sous occupation russe.

Le chef par intérim du SBU, Vasyl Maliuk, aurait déclaré que l’attaque brutale contre des civils a été menée par un groupe de sabotage et de reconnaissance.

« L’ennemi a prouvé une fois de plus que son objectif est la destruction de tous les Ukrainiens, quels que soient leur âge et leur sexe. »— Une citation de  Vasyl Maliuk, chef par intérim du SBU

Mais ils n’échapperont pas à la punition. Nous trouverons tout le monde et les ferons répondre des atrocités commises, a-t-il déclaré.

Le gouverneur de la région de Kharkiv, où les corps ont été découverts, a mentionné que des policiers et des experts se sont rendus sur place et qu’une enquête est en cours.

Des cadavres dans des sacs de plastique sur le bord d'un chemin de fer.

Selon le gouverneur de la région de Kharkiv, Oleg Synegoubov, les occupants russes ont attaqué des civils qui tentaient d’échapper aux bombardements. Photo : Reuters/Stringer

Le vendredi 30 septembre, une équipe de l’AFP avait vu au moins 11 corps de civils, tués par balles dans leurs voitures, sur une route abandonnée par les Russes dans leur retrait de la région la semaine dernière.

Le lieu où la dizaine de civils ont été retrouvés est situé à un endroit où des combats entre Ukrainiens et Russes ont eu lieu récemment, les forces de Kiev menant une contre-offensive d’ampleur dans la région.

Vendredi, une frappe contre un convoi humanitaire avait fait une trentaine de morts.

Radio-Canada par Nicolas Bourcier avec les informations de Agence France-Presse, REUTER et BBC

Menace nucléaire : la Pologne distribue des comprimés antiradiation

septembre 30, 2022

Inquiète de la situation à la centrale nucléaire de Zaporijia, la Pologne équipe ses services d’incendie du pays de comprimés antiradiation.

Les comprimes d'iodure de potassium a des pouvoirs antiradiations.
Les comprimés d’iodure de potassium a des pouvoirs antiradiations. © Thierry GACHON / MAXPPP / PHOTOPQR/L’ALSACE/MAXPPP

La guerre en Ukraine crée un véritable climat de peur dans tous les pays voisins. Aussi, quelques heures après le discours d’annexion de quatre régions ukrainiennes par la Russie et alors que les combats se poursuivent autour de la centrale nucléaire ukrainienne de Zaporijia, la Pologne se prépare au pire. Les autorités polonaises ont annoncé avoir distribué des comprimés antiradiation aux services d’incendie du pays, en prévention d’une exposition déclenchée par la guerre en Ukraine. La Pologne nie toutefois qu’il y ait lieu de s’alarmer.

« Nous avons décidé, à titre préventif, de commencer à distribuer des comprimés d’iodure de potassium aux services d’incendie des districts », a ainsi déclaré aux journalistes le vice-ministre de l’Intérieur, Blazej Pobozy. Il a précisé qu’il s’agissait d’une mesure de routine « en cas de menace potentielle de radiation, qui… pour l’instant n’existe pas ».

Les comprimés doivent être transférés aux autorités locales et aboutiront finalement dans des points de distribution, des écoles dans la plupart des cas.

Blazej Pobozy a déclaré qu’il y avait suffisamment de doses pour toutes les personnes qui en auraient besoin. Et un représentant médical présent à la conférence de presse a mis en garde contre les dangers de la prise de ces comprimés, sauf en cas de nécessité.

Blazej Pobozy a également déclaré que les comprimés d’iodure de potassium constituaient une mesure préventive en cas d’accident nucléaire, mais qu’ils ne seraient d’aucune utilité en cas d’attaque à l’arme nucléaire tactique. Dans ce scénario, « des isotopes totalement différents sont libérés, contre lesquels il n’existe malheureusement aucun comprimé pour nous protéger », a-t-il déclaré aux journalistes.

Il a toutefois souligné que, par rapport à un accident nucléaire, une attaque était « encore moins probable ».

Par Le Point avec AFP

Le conflit en Ukraine est l’un des résultats de l’«effondrement de l’Union soviétique», affirme Poutine

septembre 29, 2022

Le conflit en Ukraine, qui fait rage depuis plus de six mois, serait le résultat de l’effondrement de l’URSS, selon le président russe.

Le président russe Vladimir Poutine a estimé jeudi que les conflits en ex-URSS, notamment celui en cours entre la Russie et l’Ukraine, étaient «bien sûr» le résultat de l’«effondrement de l’Union soviétique» et a accusé l’Occident de semer la discorde.

«Nous savons que l’Occident élabore des scénarios pour attiser de nouveaux conflits dans l’espace de la CEI. Mais nous en avons déjà assez (de conflits)», a-t-il déclaré, lors d’une réunion avec des responsables des services de sécurité de pays membres de la Communauté des États indépendants, qui rassemble d’anciennes républiques soviétiques.

«Il suffit de regarder ce qui se passe en ce moment entre la Russie et l’Ukraine, ce qui se passe aux frontières de certains pays de la CEI. Tout cela, bien sûr, ce sont des résultats de l’effondrement de l’Union soviétique», a-t-il poursuivi. Le président russe a également affirmé qu’un «ordre mondial plus juste» était en train de se former via «un processus difficile».

«Une hégémonie unipolaire s’écroule inexorablement, c’est une réalité objective que l’Occident refuse catégoriquement d’accepter. Et nous voyons tout ce qui en découle», a-t-il affirmé. «En s’accrochant au passé et en essayant de mener une politique de diktat dans tous les domaines – des relations internationales à l’économie, en passant par la culture et le sport – ce fameux Occident collectif crée de nouveaux problèmes et de nouvelles crises», a encore lancé M. Poutine.

Le 16 septembre, lors d’un sommet régional asiatique, Vladimir Poutine s’était déjà posé en contrepoids de l’ordre occidental, en se félicitant du «rôle croissant des nouveaux centres de pouvoir». Par le passé, Vladimir Poutine a qualifié l’effondrement de l’URSS de «plus grande catastrophe géopolitique» du XXe siècle.

Par Le Figaro avec AFP

Des « crimes de guerre ont été commis » en Ukraine, selon les enquêteurs de l’ONU

septembre 23, 2022
Des "crimes de guerre ont ete commis" en Ukraine, selon les enqueteurs de l'ONU
Des « crimes de guerre ont été commis » en Ukraine, selon les enquêteurs de l’ONU© AFP/Fabrice COFFRINI

Nul doute que des crimes de guerre ont été perpétrés en Ukraine depuis l’invasion russe en février, ont soutenu vendredi des enquêteurs de l’ONU, loin de la prudence habituelle de l’organisation.

Cette commission d’enquête de l’ONU a présenté au Conseil des droits de l’homme (CDH) les premières conclusions de son investigation sur les graves violations des droits humains commises par les forces russes dans les régions de Kiev, Tcherniguiv, Kharkiv et Soumy.

« Sur la base des preuves recueillies par la Commission, celle-ci a conclu que des crimes de guerre ont été commis en Ukraine », a affirmé le président de la commission, Erik Mose, énumérant les bombardements russes sur des zones civiles, de nombreuses exécutions, la torture et les mauvais traitements ainsi que les violences sexuelles.

Ces accusations sans appel ont été saluées par de nombreux diplomates, alors que Moscou avait laissé sa chaise vide.

Lors d’une intervention en ligne, le représentant de l’Ukraine, Anton Korynevych, a qualifié la présentation des enquêteurs de « jalon important » vers l’établissement des responsabilités devant la justice et a rappelé que son pays réclame la création d’un tribunal spécial pour juger les crimes russes en Ukraine.

« Votre récit donne à réfléchir sur la portée et l’ampleur de ces atrocités et de leur impact durable sur la vie de dizaines ou de centaines de milliers de civils innocents, y compris des enfants », a affirmé pour sa part l’ambassadeur britannique Simon Manley.

La commission a été lancée en mars par le Conseil des droits de l’homme, à la demande de Kiev. Le Conseil a par la suite approuvé en mai une nouvelle résolution demandant à la commission d’enquêter spécifiquement sur les violations commises par les troupes russes dans les régions de Kiev, Tcherniguiv, Kharkiv et Soumy.

Au cours des enquêtes dans ces quatre régions, la commission a visité 27 villes et localités et a interrogé plus de 150 victimes et témoins, a expliqué M. Mose.

« Nous avons été frappés par le grand nombre d’exécutions dans les régions que nous avons visitées. La Commission enquête actuellement sur ces décès dans 16 villes et lieux. Nous avons reçu des allégations crédibles concernant de nombreux autres cas d’exécutions, que nous sommes en train de documenter », a-t-il déclaré.

Les corps retrouvés ont pour caractéristiques communes d’avoir des signes visibles d’exécutions, tels que des mains attachées derrière le dos, des blessures par balle à la tête ou des gorges tranchées.

Torture et viols

M. Mose a également dénoncé l’utilisation par la Russie d' »armes explosives à large rayon d’impact » sur des zones civiles.

En outre, les témoins, a-t-il indiqué, ont fourni des récits concordants de mauvais traitements et de torture, qui ont été perpétrés pendant leur détention illégale.

Certaines des victimes ont rapporté qu’après une première détention par les forces russes en Ukraine, elles ont été transférées en Russie et détenues pendant des semaines dans des prisons.

« Les interlocuteurs ont décrit des passages à tabac, des chocs électriques et une nudité forcée, ainsi que d’autres types de violations dans ces lieux de détention », a souligné M. Mose, qui note également qu’après avoir été transférées en détention en Russie, certaines victimes auraient disparu.

Des cas de violences sexuelles ont également été rapportés aux enquêteurs de l’ONU. Dans certains cas, des proches ont été contraints d’être témoins de ces crimes.

Dans les cas sur lesquels la commission a enquêté, l’âge des victimes de violences sexuelles ou fondées sur le genre allait de quatre à 82 ans.

La commission a également documenté des cas où des enfants ont été violés, torturés et enfermés illégalement. « Des enfants ont également été tués et blessés lors d’attaques aveugles à l’arme explosive », a dénoncé M. Mose.

Il a par ailleurs brièvement indiqué que la commission avait eu à traiter deux cas de mauvais traitements infligés à des soldats russes par les forces ukrainiennes.

« Bien que peu nombreux, ces cas continuent de faire l’objet de notre attention », a-t-il assuré.

Le Point avec AFP

Maroc : MBS obtient la libération de Brahim Saâdoun, condamné à mort en Ukraine

septembre 22, 2022

À la suite de l’intervention du prince héritier saoudien Mohammed Ben Salman auprès de Vladimir Poutine, le jeune condamné à mort a quitté la Russie pour l’Arabie saoudite.

Le prince héritier saoudien Mohammed Ben Salman. © HO / Saudi Royal Palace / AFP

Originaires du Royaume-Uni, des États-Unis, du Maroc, de Croatie ou de Suède, dix prisonniers de guerre ont été transférés de Russie en Arabie saoudite, dans le cadre d’un échange entre Moscou et l’Ukraine, a annoncé ce mercredi 21 septembre le ministère saoudien des Affaires étrangères.

Parmi eux, Brahim Saâdoun, condamné à mort après avoir été interpelé le 12 mars dernier à Marioupol, dans la région de Donetsk, en Ukraine, par les forces ukrainiennes séparatistes pro-russes, alors qu’il portait l’uniforme de l’armée de l’État ukrainien.

Né en 2001 à Meknès, ce jeune Marocain est arrivé en Ukraine en 2017 pour étudier à l’université d’aéronautique et de sciences aérospatiales de Kiev. Marié à une Ukrainienne, il a été naturalisé ukrainien en 2020 et s’est engagé dans la marine du pays avant le conflit. Lorsque la guerre a éclaté, il a été envoyé au front pour combattre les Russes.

« Le Maroc ne pouvait pas agir »

« C’était une situation très compliquée et délicate pour le Maroc, explique un diplomate marocain, aujourd’hui à la retraite. Le royaume ne pouvait pas agir car il a pour règle de ne pas entrer en contact avec des entités séparatistes au nom de l’intégrité territoriale des pays. »

Mais aussi parce que, depuis le début du conflit, Rabat a adopté une position neutre qu’il s’efforce de maintenir – le Maroc s’est ainsi abstenu de voter la résolution de l’ONU sur l’Ukraine en mars dernier.

En revanche, si Rabat n’est jamais intervenu officiellement, il suivait la situation de près. « Sa libération a probablement été facilitée par les relations excellentes qui lient les familles royales marocaine et saoudienne », croit savoir notre source.

À la suite de la médiation du prince héritier saoudien Mohammed Ben Salman, qui a notamment reçu ce mardi 20 septembre à Riyad un conseiller du président ukrainien Zelensky, un avion avec à son bord Brahim Saâdoun, ainsi que d’autres combattants, est arrivé en Arabie saoudite dans la soirée de mercredi.

Les autorités saoudiennes ont annoncé qu’elles « œuvrent à faciliter les procédures pour leur retour en toute sécurité dans leurs pays respectifs », indique le communiqué du MAE .

Avec Jeune Afrique

Canada: Trudeau condamne l’escalade de la violence et les menaces nucléaires de Poutine

septembre 22, 2022
Justin Trudeau.

Justin Trudeau a vivement dénoncé le récent discours du président russe Vladimir Poutine. Photo : La Presse Canadienne/Sean Kilpatrick

Le premier ministre Justin Trudeau a condamné au nom du Canada l’escalade de la violence du président russe Vladimir Poutine dans son opération d’invasion de l’Ukraine, y compris son appel à la mobilisation partielle et ses menaces de recours à l’arme nucléaire.

M. Trudeau se trouvait à New York pour participer à l’Assemblée générale des Nations unies, où l’agression de la Russie contre l’Ukraine qui dure depuis sept mois est un sujet de discussion omniprésent.

En conférence de presse, le premier ministre canadien a qualifié les actes du président russe d’irresponsables et a déclaré que Poutine a perdu le contrôle de la situation.

Je pense que c’est très clair, que ce soit au niveau de la conscription partielle qu’il est en train d’amener en Russie ou quand il ne veut pas admettre qu’il a déclenché une guerre contre l’Ukraine, a fait valoir M. Trudeau avant d’enchaîner en parlant des référendums farfelus dans les territoires occupés et des menaces carrément irresponsables de recours éventuel à l’arme nucléaire.

Plus tôt en journée, le président ukrainien Volodymyr Zelensky s’est adressé aux leaders mondiaux par visioconférence. Il a martelé que son pays allait sortir vainqueur en repoussant les agressions russes et en forçant l’armée de Poutine à battre en retraite.

Ce discours a été prononcé quelques heures après celui de Vladimir Poutine, qui a annoncé une mobilisation partielle des réservistes dans le plus grand conflit européen depuis la Deuxième Guerre mondiale.

Pour le président Zelensky, cette décision militaire démontre que Poutine n’est pas sérieux lorsqu’il prétend vouloir négocier une fin au conflit.

À Ottawa, la vice-première ministre Chrystia Freeland a déclaré que l’invasion russe pourrait avoir atteint un moment critique et qu’il est temps de redoubler d’efforts pour soutenir l’Ukraine.

La ministre canadienne des Affaires étrangères, Mélanie Joly, a affirmé que le Canada voulait s’assurer que le front commun mondial contre Moscou demeurait intact.

Évidemment, ce que l’Ukraine attend du Canada, c’est toujours plus de soutien sur le plan financier et plus d’artillerie lourde, a-t-elle souligné. Nous en avons déjà fait beaucoup. Mais nous devons en faire plus. Et nous en ferons plus.

1,2 milliard de dollars contre les maladies

Au cours de la journée, M. Trudeau a déclaré que le Canada s’est engagé à verser 1,21 milliard afin de soutenir l’effort international destiné à stopper la propagation de maladies infectieuses.

M. Trudeau a fait cette annonce à New York lors d’une conférence d’annonces de contributions pour le projet, connu sous le nom de Fonds mondial de lutte contre le VIH/sida, la tuberculose et le paludisme.

Le Canada, un des fondateurs du Fonds mondial, a déjà promis quatre milliards depuis la création de ce fonds, en 2002, par l’ancien dirigeant bancaire Peter Sands.

L’annonce comprend 100 millions supplémentaires pour le dispositif de riposte à la COVID-19 du Fonds mondial, qui vise à aider les pays en développement à atténuer l’impact de la pandémie.

Le gouvernement canadien affirme que cette nouvelle somme représente une augmentation de 30 % par rapport à la dernière contribution du Canada et qu’il s’agit du plus gros investissement multilatéral dans le domaine de la santé du pays.

Le ministre du Développement international, Harjit Sajjan, a déclaré que ce fonds a sauvé 50 millions de vies au cours des 20 dernières années.

Nous nous sommes engagés à faire en sorte que personne ne soit laissé pour compte, a déclaré M. Sajjan par voie de communiqué.

Il s’agit d’un combat mondial et ce n’est qu’ensemble que nous pourrons maximiser l’efficacité de nos investissements collectifs.

Crise à Haïti

M. Trudeau devait également participer à une réunion avec des partenaires des Caraïbes pour discuter de la crise en Haïti, où des vagues incessantes de violence de gangs criminels ont persisté tout l’été, faisant des centaines de morts.

Bob Rae, l’ambassadeur du Canada à l’ONU, a affirmé qu’il s’était récemment rendu dans ce pays pour constater le chaos par lui-même. Les organisations criminelles ont même pris le contrôle du palais de justice de la capitale, Port-au-Prince, a-t-il relaté. Nous n’allons pas déclarer que nous avons une solution magique. Ce n’est pas comme ça que ça fonctionne, a expliqué M. Rae.

Nous devons apprendre de certaines des erreurs du passé, où des interventions n’ont pas eu le plein soutien du peuple haïtien. Et nous devons nous assurer que nous travaillons avec le peuple haïtien. Toutefois, c’est plus facile à dire qu’à faire dans un pays dirigé par un gouvernement provisoire, a-t-il ajouté. Nous allons essayer de jouer un rôle aussi constructif que possible. Nous savons tous qu’il en faudra davantage.

Radio-Canada par La Presse canadienne

Justin Trudeau va rencontrer le premier ministre de l’Ukraine dimanche soir à Londres

septembre 18, 2022
Le premier ministre Justin Trudeau quittant une maison.

Justin Trudeau quitte le 10 Downing Street, à Londres. Photo : La Presse Canadienne/Nathan Denette

Le premier ministre du Canada, Justin Trudeau profite de son séjour à Londres pour rencontrer plusieurs dirigeants, dont son homologue ukrainien, Denys Chmyhal, dimanche soir.

« Mon message est constant pour l’Ukraine : nous serons là. Le Canada est ferme dans son soutien à l’Ukraine », a déclaré Justin Trudeau en point de presse dimanche matin. Cela implique d’envoyer davantage d’aide financière, humanitaire et militaire et de continuer ses sanctions contre la Russie, a-t-il ajouté.

Justin Trudeau a aussi affirmé que le Canada continuera d’aider les alliés proches, « comme le Royaume-Uni », pour s’assurer que les pays démocratiques restent fermes dans leur soutien pour l’Ukraine.

« Nous faisons tous face à des défis importants comme la hausse des prix des aliments et du gaz, mais nous devons comprendre que nous défendons nos démocraties », a-t-il dit.

Parmi ceux-ci, l’Allemagne, qui tente de se défaire de sa dépendance au gaz russe, travaille présentement à accumuler des réserves d’énergie qui pourront être utilisées pendant les mois les plus froids de l’année. Le chancelier allemand, Olaf Scholz, et Justin Trudeau ont d’ailleurs signé un accord sur l’hydrogène en août dernier.

Une série de rencontres entre dirigeants

Justin Trudeau est à Londres depuis vendredi soir avec la délégation canadienne pour assister aux funérailles de la reine Élisabeth II, qui auront lieu lundi matin.

Samedi, il s’est d’abord recueilli devant le cercueil de la reine et a ensuite rencontré le roi Charles III.

Mais dimanche, les nombreux dirigeants présents à Londres en profitent pour se rencontrer. Justin Trudeau a affirmé qu’ils se réunissaient à l’occasion d’un moment de « réflexion et de condoléances », mais qu’ils avaient aussi des questions importantes à discuter. Il a d’abord rencontré la nouvelle première ministre du Royaume-Uni, Liz Truss, avant de s’entretenir avec le premier ministre australien, Anthony Albanese.

Puis dimanche soir, il se joindra au président des États-Unis, Joe Biden, et à d’autres dirigeants lors d’une réception organisée par le roi Charles III au palais de Buckingham.

C’est à la suite de cette réception qu’il pourra s’entretenir avec Denys Chmyhal, son homologue ukrainien.

Radio-Canada avec les informations de La Presse canadienne

L’armée russe tente de se réorganiser pour repousser la contre-offensive ukrainienne

septembre 17, 2022
Un char de guerre roule sur une route dévastée.

Des vidéos circulant en ligne samedi ont montré que les forces ukrainiennes continuaient également de prendre des terres dans l’est assiégé du pays. Photo: AP/ Eveniy Maloletka

Les forces russes seraient en train de mettre en place une nouvelle ligne défensive dans le nord-est de l’Ukraine, samedi, tandis que les troupes de Kiev tentent de pousser leurs avancées plus loin vers l’est.

Le ministère britannique de la Défense a expliqué, lors d’une séance d’information quotidienne, que la nouvelle ligne russe se situe probablement entre la rivière Oskol et Svatove, à environ 150 kilomètres au sud-est de Kharkiv, la deuxième ville en importance d’Ukraine.

Cette nouvelle stratégie russe a été adoptée après qu’une contre-offensive ukrainienne eut réussi à transpercer la ligne de front précédente. Les forces ukrainiennes sont parvenues à reprendre plusieurs secteurs dans la région nord-est de Kharkiv, qui borde la Russie.

Moscou considère probablement que le maintien du contrôle de cette zone est important, puisque c’est à cet endroit que passe l’une des principales routes de ravitaillement que la Russie contrôle toujours, a souligné l’armée britannique.

Pendant ce temps, les forces ukrainiennes continuent de traverser la rivière Oskol et tentent de poursuivre la contre-offensive visant le territoire occupé par la Russie, selon l’Institut pour l’étude de la guerre basé à Washington.

L’Institut a mentionné dans son rapport de samedi que des images satellites indiquent que les forces ukrainiennes ont traversé la rive est de l’Oskol, à Koupiansk, pour y placer de l’artillerie. La rivière, qui coule du sud de la Russie vers l’Ukraine, était considérée comme une séparation naturelle dans les lignes de front depuis que l’Ukraine a lancé sa poussée, il y a environ une semaine.

« Les forces russes sont probablement trop affaiblies pour empêcher de nouvelles avancées ukrainiennes le long de l’ensemble de la rivière Oskol, si les forces ukrainiennes choisissent de reprendre les opérations offensives. »— Une citation de  Institut pour l’étude de la guerre basé à Washington

Des vidéos circulant en ligne samedi ont montré que les forces ukrainiennes continuaient également de prendre des terres dans l’est assiégé du pays.

Un homme se tient près d'un troupeau de vaches.

Ailleurs en Ukraine, les forces russes ont continué à pilonner des villes et des villages avec des frappes de missiles et des bombardements. Photo : Getty Images/Yevhen Titov

Les bombardements se poursuivent

Ailleurs en Ukraine, les forces russes ont continué à pilonner des villes et des villages avec des frappes de missiles et des bombardements. Une attaque de missiles russes tôt samedi a déclenché un incendie dans la zone industrielle de Kharkiv, selon le gouverneur régional Oleg Syniehubov. Les pompiers ont éteint les flammes.

M. Syniehubov a souligné que les restes des missiles indiquent que les Russes ont tiré des missiles sol-air S-300 sur la ville. Le S-300 est conçu pour frapper des missiles ou des avions dans le ciel, pas des cibles au sol. Selon certains analystes, l’utilisation par la Russie de ces missiles pour des attaques au sol laisse donc croire qu’elle pourrait manquer de munitions de précision.

Dans la région de Zaporijia, dont une grande partie est occupée par les Russes, une personne a été blessée après que les forces russes eurent bombardé la ville d’Orikhiv, selon le gouverneur régional Oleksandr Starukh. Celui-ci a ajouté que les troupes russes avaient également bombardé deux villages de la région, y détruisant plusieurs installations civiles.

La région centrale de Dnipro a aussi été la cible de tirs dans la nuit, selon son gouverneur, Valentyn Reznichenko. L’ennemi a attaqué six fois et lancé plus de 90 projectiles mortels sur des villes et des villages pacifiques, a affirmé M. Reznichenko.

Ravitaillement à la centrale

Pendant ce temps, l’opérateur ukrainien de l’énergie atomique, Energoatom, a annoncé qu’un convoi de 25 camions avait apporté du carburant diesel et d’autres fournitures essentielles à la centrale nucléaire de Zaporijia, la plus grande d’Europe. Ses derniers réacteurs ont été éteints il y a une semaine pour éviter que les combats dans la région entraînent une catastrophe radioactive.

Les camions ont été autorisés vendredi à franchir les points de contrôle russes afin de livrer des pièces de rechange pour la réparation des lignes électriques endommagées, des produits chimiques pour le fonctionnement de l’usine et du carburant supplémentaire pour les générateurs diesel de secours, a précisé Energoatom dans un communiqué.

La centrale à six réacteurs est occupée par les forces russes depuis mars, mais est toujours exploitée par des ingénieurs ukrainiens. Son dernier réacteur a été éteint dimanche après que des pannes de courant répétées, dues à des bombardements, eurent mis en danger des systèmes de sécurité cruciaux.

Avec Radio-Canada avec Associated Press