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Canada: Ottawa fournira 39 blindés légers à l’Ukraine

juin 30, 2022
Un blindé léger dans un garage.

Un blindé léger construit par General Dynamics, photographié dans l’usine de l’entreprise, le 16 août 2019. Photo : La Presse Canadienne/Geoff Robins

Ottawa fournira 39 blindés légers et 6 caméras militaires pour drones à l’Ukraine, a annoncé jeudi le premier ministre Justin Trudeau au terme du sommet de l’Organisation du traité de l’Atlantique Nord (OTAN), à Madrid, en Espagne.

Les blindés légers proviendront de l’usine de General Dynamic, à London, en Ontario. Des pièces nécessaires pour les réparations et l’entretien seront envoyées par la même occasion. Les caméras militaires pour drones viendront pour leur part de Burlington, en Ontario.

Les blindés légers étaient initialement destinés aux Forces armées canadiennes, qui recevront tout de même leur commande ultérieurement, aussi rapidement que possible, a précisé le premier ministre. Il en ira de même pour les autres équipements expédiés aux Ukrainiens, comme les obusiers et les fusils.

« [Les Ukrainiens] nous ont souligné à quel point ces caméras dans les drones sont essentielles pour le travail qu’ils font […]. Ils ont besoin de véhicules blindés pour aider avec le transport de troupes. »— Une citation de  Justin Trudeau, premier ministre du Canada

Justin Trudeau, entouré d'Anita Anand et de Mélanie Joly, sur un podium.

Le premier ministre canadien Justin Trudeau était accompagné de ses ministres de la Défense et des Affaires étrangères, Anita Anand (à gauche) et Mélanie Joly, lors de sa conférence de presse au terme du sommet de l’OTAN. Photo : La Presse Canadienne/AP/Manu Fernandez

La facture totale de ce matériel reste à déterminer, a indiqué une source gouvernementale à Radio-Canada, mais elle pourrait dépasser les 300 millions de dollars. Elle sera financée avec l’enveloppe de 500 millions de dollars pour le soutien à l’Ukraine annoncée dans le dernier budget fédéral.

La même source assure que l’annonce du gouvernement est plus que symbolique et que le matériel expédié à Kiev aura un effet réel sur le terrain.

« Vladimir Poutine voulait affaiblir l’OTAN, mais je peux vous dire que ce que j’ai vu cette semaine, c’est que nous sommes unis et déterminés à rendre notre alliance défensive encore plus forte, maintenant et pour le futur. »— Une citation de  Justin Trudeau, premier ministre du Canada.

Prenant la parole après M. Trudeau, le président américain Joe Biden a quant à lui annoncé que les États-Unis offriront une nouvelle aide militaire d’une valeur de plus de 800 millions de dollars au cours des prochains jours.

Le gouvernement britannique avait annoncé mercredi une aide supplémentaire d’un milliard de livres (1,55 G$ CA) à l’Ukraine, qui comprend notamment des systèmes de défense anti-aérienne et des drones.

Un centre de l’OTAN à Montréal

Le premier ministre canadien a également indiqué que le Canada a l’intention d’accueillir le bureau régional pour l’Amérique du Nord de l’accélérateur d’innovation de défense pour l’Atlantique Nord de l’OTAN.

Il s’agit de l’un des 10 accélérateurs que l’OTAN veut mettre sur pied dans les pays de l’Alliance pour s’assurer d’une avance technologique sur ses rivaux, notamment en matière d’intelligence artificielle et de technologies quantiques.

M. Trudeau a en outre confirmé que le comité militaire de l’OTAN a approuvé l’installation à Montréal du Centre d’excellence de l’OTAN pour le changement climatique et la sécurité, chargé d’étudier et de prévenir les défis stratégiques et militaires causés par des phénomènes météorologiques extrêmes.

Il a aussi rappelé que le groupement tactique de l’OTAN que le Canada dirige en Lettonie sera considérablement renforcé de manière à devenir apte au combat, et que davantage de soldats canadiens rejoindront ses rangs. Leur nombre reste toutefois à être déterminé.

« Nous serons là aussi longtemps que nécessaire pour s’assurer que la Russie ne gagne pas en Ukraine, et que les démocraties et la règle de droit prévaudront.  »— Une citation de  Justin Trudeau, premier ministre du Canada

Le Canada participera au G20 de Bali

M. Trudeau a par ailleurs indiqué que le Canada participera au sommet du G20 qui aura lieu en novembre à Bali, en Indonésie, même si le président russe Vladimir Poutine devait y participer. Le printemps dernier, M. Trudeau avait plutôt plaidé que la Russie devrait être exclue du groupe.

C’est une conversation trop importante sur l’économie mondiale pour s’en priver, a expliqué le premier ministre en conférence de presse, plaidant la nécessité de contrecarrer la voix et les mensonges que la Russie mettra peut-être de l’avant.

Il est toutefois clair que l’ordre du jour sera dominé par des enjeux comme l’insécurité alimentaire et la hausse des prix du carburant, qui sont une conséquence directe de la décision du Kremlin de déclencher une guerre illégitime et injustifiable, a-t-il ajouté.

Radio-Canada par François Messier avec les informations de Christian Noël

Une raffinerie russe dit avoir été attaquée par des drones venant de l’Ukraine

juin 22, 2022
Des pompiers arrosent une usine.

Cette photo diffusée par le service de presse du ministère russe des Services d’urgence montrerait des pompiers en action mercredi sur le site de l’usine de produits pétroliers de Novochakhtinski. Photo : La Presse Canadienne/AP/Service de Presse du Ministère russe des services d’urgence

Une raffinerie de pétrole du sud-ouest de la Russie a été attaquée mercredi par des drones en provenance du territoire ukrainien, provoquant une explosion et un incendie, mais sans faire de victime, affirment ses dirigeants.

L’attaque, non confirmée par Kiev, a touché l’usine de produits pétroliers de Novochakhtinski, dans la région de Rostov. Ses opérations sont maintenant suspendues, affirme le gouverneur, Vassili Goloubev.

Selon l’usine, le premier drone a frappé à 1 h 40 HAE, provoquant une explosion. Une seconde attaque a eu lieu environ 45 minutes plus tard, visant un dépôt de pétrole et causant des dégâts matériels, mais pas d’explosion.

« Deux drones ont attaqué des équipements technologiques de l’usine de produits pétroliers de Novochakhtinski, ce qui a provoqué une explosion suivie d’un incendie. »— Une citation de  Communiqué de l’usine de Novochakhtinski

La direction de l’usine n’a pas nommément accusé les forces ukrainiennes, mais a dénoncé des actes terroristes venant de la frontière occidentale, située à environ 10 kilomètres à l’ouest.

Une vidéo diffusée sur les réseaux sociaux, dont l’authenticité n’a pu être vérifiée dans l’immédiat, montre un drone survoler une zone industrielle peu avant une explosion accompagnée d’une boule de feu.

Selon le gouverneur Goloubev, l’incendie déclenché par la première attaque a été éteint en fin de matinée, mais la raffinerie demeurera à l’arrêt pour une durée indéterminée, le temps d’évaluer les dégâts.

Des fragments appartenant à deux drones ont été découverts sur le site, a-t-il aussi annoncé dans un message sur Telegram, ce qui signifierait que les appareils se sont écrasés sur le site, volontairement ou non.

Le ministère russe de l’Énergie affirme que l’incendie n’a pas d’impact sur les approvisionnements en produits pétroliers dans le sud du pays.

L’usine de Novochakhtinski, qui peut raffiner 7,5 millions de tonnes de pétrole brut chaque année, se présente sur son site Internet comme le plus grand fournisseur de produits pétroliers du sud de la Russie.

Depuis le début de l’invasion russe, le 24 février, plusieurs attaques de drones ont été signalées dans les régions ouest de la Russie. Moscou les impute à Kiev, qui ne confirme jamais en être l’auteur.

Le mois dernier, le gouverneur de la région de Koursk a affirmé qu’une personne était morte dans une frappe ukrainienne sur un village frontalier.

Et début avril, le gouverneur de la région frontalière de Belgorod a accusé l’Ukraine d’avoir mené une attaque contre un dépôt de carburants avec deux hélicoptères.

Par Radio-Canada avec les informations de Agence France-Presse et Reuters

Ukraine : les chefs d’État français, italien et allemand en route vers Kiev

juin 16, 2022
Emmanuel Macron, Olaf Schotlz et Mario Draghi discutent autour d'une table.

L’ambassadeur français en Ukraine, Etienne de Poncins, a partagé sur Twitter cette image d’Emmanuel Macron, Olaf Schotlz et Mario Draghi à bord d’un train vers Kiev d’abord publiée par le journal italien « La Repubblica ». Photo : La Republica via @Edeponcins (TWITTER)

Le président français Emmanuel Macron et ses homologues allemand et italien, Olaf Scholz et Mario Draghi, se dirigent vers Kiev, où ils devraient dire le soutien de l’Europe à l’Ukraine en guerre, après une aide militaire d’un milliard de dollars annoncée par les États-Unis.

Les trois hommes ont pris place ensemble à bord d’un train spécial à destination de Kiev, indiquent des médias italien et allemand.

Je pense que nous sommes à un moment où nous avons besoin d’envoyer des signaux politiques clairs, nous Union européenne, à l’égard de l’Ukraine et du peuple ukrainien dans un contexte où il résiste de manière héroïque depuis plusieurs mois, a déclaré le président français, interrogé sur un éventuel déplacement à Kiev la veille.

Ce déplacement est une première pour les dirigeants des trois principaux pays de l’Union européenne, depuis le début de l’invasion russe de l’Ukraine le 24 février.

Les trois hommes devraient rencontrer le président ukrainien Volodymyr Zelensky pour évoquer, outre le soutien militaire, la demande de l’Ukraine de rejoindre l’Union européenne. La France, l’Allemagne et l’Italie y sont favorables, mais dans une perspective plus ou moins lointaine.

L’Ukraine n’en attend pas moins du sommet européen des 23-24 juin la décision des Vingt-Sept sur sa demande officielle d’adhésion, début d’un processus de négociations qui peut durer plusieurs années.

Demande d’armes supplémentaires

Des soldats ukrainiens ave des pièces d'artillerie.

L’Ukraine presse depuis plusieurs jours l’Occident de lui fournir plus d’artillerie lourde. Photo : Radio-Canada/Jean-François Bélanger

Son président devrait également réitérer sa demande de nouvelles livraisons d’armes lourdes, indispensables, assure-t-il, pour contrer la puissance de feu russe.

Nous sommes avec vous, soyez avec nous, a déclaré M. Zelensky aux députés tchèques à Prague lors d’une téléconférence, citant un appel lancé par un présentateur de la radio tchécoslovaque en 1968 alors que les occupants soviétiques tentaient de couper la radio.

Aujourd’hui, alors que le peuple ukrainien lutte pour sa liberté contre l’invasion cruelle de la Russie, nous utilisons ces mots pour nous adresser à toutes les nations d’Europe et du monde démocratique, a-t-il ajouté. L’Ukraine doit obtenir tout ce qui est nécessaire pour remporter la victoire, a-t-il martelé.

Mercredi soir, M. Zelensky a dit sa gratitude à l’égard des États-Unis pour la nouvelle tranche d’aide militaire que son homologue américain Joe Biden lui a annoncé dans la soirée au téléphone.

Les États-Unis ont annoncé un nouveau renforcement de notre défense, une nouvelle tranche d’aide d’un milliard de dollars, a confirmé mercredi soir M. Zelensky dans son message vidéo quotidien.

Je veux dire ma gratitude pour ce soutien, il est particulièrement important pour notre défense dans le Donbass , la région de l’est de l’Ukraine épicentre des attaques russes actuelles.

Lloyd Austin en conférence de presse.

Le secrétaire américain à la Défense, Lloyd Austin Photo : Getty Images/AFP/Alex Wong

L’aide américaine comprend notamment des pièces d’artillerie et des obus supplémentaires.

Mercredi, le chef du Pentagone Lloyd Austin a appelé ses alliés à intensifier les livraisons d’armes aux Ukrainiens.

L’Ukraine est confrontée à un moment charnière sur le champ de bataille, a déclaré le secrétaire américain à la Défense, lors d’une réunion au siège de l’OTAN à Bruxelles des pays du groupe de contact créé par les États-Unis pour aider l’Ukraine. Nous devons donc intensifier notre engagement commun et redoubler d’efforts pour qu’elle puisse se défendre, a-t-il ajouté.

M. Zelensky a indiqué s’être également entretenu avec le premier ministre britannique Boris Johnson, lequel a assuré sur Twitter soutenir l’Ukraine jusqu’à la victoire finale.

La bataille du Donbass

Et celle-ci passe par le Donbass, dans l’est de l’Ukraine, enjeu depuis des jours d’une bataille acharnée entre forces russes et ukrainiennes.

Depuis leur offensive avortée sur Kiev en mars, les forces russes et séparatistes prorusses, qui contrôlent partiellement cette région industrielle depuis 2014, se sont donné pour objectif d’en prendre le contrôle total.

L’ennemi a concentré ses forces de frappe principales dans le nord de la région [de Lougansk] et tente d’attaquer dans neuf directions simultanément, a déclaré mercredi soir le commandement en chef des forces armées ukrainiennes.

Un soldat prend position près d'une fenêtre.

Un soldat de l’armée ukrainienne pendant des combats sur le front à Sievierodonetsk, le 8 juin 2022 Photo : AP/ Oleksandr Rathushniak

Les combats se concentrent depuis plusieurs jours à Lyssychantsk et Sievierodonetsk, deux villes clés du Donbass. Les autorités ukrainiennes ont reconnu ces derniers jours que leurs troupes avaient été chassées du centre-ville de Sievierodonetsk, et ne plus disposer que de voies de communication compliquées avec elles après la destruction de tous les ponts vers Lyssytchansk.

Sievierodonetsk est un élément stratégique dans notre système de défense de la région de Lougansk. La ville ne peut pas être considérée autrement, a rappelé mercredi soir le commandement en chef ukrainien.

Les forces ukrainiennes sont notamment retranchées dans l’usine chimique Azot, emblématique de cette ville comptant avant la guerre quelque 100 000 habitants, avec plus de 500 civils à l’intérieur, selon le maire de Sievierodonetsk, Oleksandre Striouk.

Moscou a proposé mardi un couloir humanitaire qui permettrait d’évacuer ces civils vers des territoires contrôlés par les Russes, mais Kiev ne l’a pas confirmé.

Sur le front diplomatique, au moment où États-Unis et Europe se rassemblent autour de l’Ukraine, le président chinois Xi Jinping a réaffirmé mercredi sa proximité avec son vieil ami Vladimir Poutine, au risque de crisper les relations entre Pékin et les Occidentaux.

Radio-Canada avec Agence France-Presse

Guerre en Ukraine : des œuvres d’art exfiltrées par des pilleurs russes

juin 12, 2022

D’après le « Guardian », un groupe de pilleurs aurait volé de précieux objets en or scythe en Ukraine pour les rapatrier illégalement en Russie.

Un fragment de pectoral dore datant du IVe siecle. Collection du Musee des tresors historiques de Kiev. (illustration)
Un fragment de pectoral doré datant du IVe siècle. Collection du Musée des trésors historiques de Kiev. (illustration)
 © SPUTNIK / Sputnik / Sputnik via AFP

Les forcées armées russes sont accusées d’avoir volé des œuvres d’art en Ukraine. Une équipe internationale de chercheurs en Virginie (États-Unis) a entrepris de remonter ces réseaux criminels entre l’Ukraine et la Russie. D’après ses constatations, des contrebandiers se seraient organisés pour exfiltrer de précieuses collections d’art et d’or. « Il existe maintenant des preuves très solides qu’il s’agit d’un mouvement russe délibéré, avec des peintures et des ornements spécifiques ciblés et emmenés en Russie », a affirmé Brian Daniels, un anthropologue travaillant avec des archéologues, des historiens et des spécialistes de l’imagerie numérique, auprès du Guardian.

Selon cette cellule de chercheurs, les pilleurs russes viseraient particulièrement l’or scythe. Leur valeur monétaire ne serait d’ailleurs pas leur intérêt premier. Voler ces trésors cachés serait un moyen pour les soldats russes de « porter atteinte à l’identité de l’Ukraine », en tant que pays indépendant, selon Brian Daniels. Une manière de priver le peuple ukrainien d’un patrimoine historique constitutif de son histoire. « Ces objets sont visuellement époustouflants, et il y a maintenant tellement de cas rapportés de vols qu’il est évident qu’il s’agit d’une stratégie », a supposé le chercheur américain auprès du Guardian.

Des pillages à Marioupol

Alors que l’invasion russe ravage l’Ukraine depuis le 24 février, plusieurs cas de pillages de musées ont été dénoncés par les autorités ukrainiennes. À titre d’exemple, plus de 2 000 pièces des musées de Marioupol, dont des monnaies rares et artefacts en or scythe, auraient notamment été pillées et acheminées dans le Donbass, dans la « république » autoproclamée de Donetsk. Comme le relate le Guardian, les troupes russes ont fait main basse sur plusieurs œuvres originales datées du XIXe siècle, dont un unique manuscrit de la Torah et un Évangile de 1811.

Par Le Point avec AFP

Près du front en Ukraine, des mariages en treillis au son des sirènes

juin 12, 2022
Pres du front en Ukraine, des mariages en treillis au son des sirenes
Près du front en Ukraine, des mariages en treillis au son des sirènes© AFP/ARIS MESSINIS

Les sirènes anti-bombardement se font entendre et la mariée est en tenue de camouflage: dans le petit village de Droujkivka dimanche, à une quarantaine de kilomètres du front dans l’est de l’Ukraine, deux jeunes couples de soldats ukrainiens se sont dit « oui ».

Sous un soleil radieux, les compagnons d’armes des mariés ont apporté des bouquets de fleurs pour les deux couples, qui se sont rencontrés il y a peu au sein de l’armée combattant l’invasion toute proche des troupes russes, lancée le 24 février.

L’une des deux mariées, Kristina Liouta, 23 ans, n’a pas quitté son attirail militaire: elle s’est présentée en treillis couleur camouflage et bottes de l’armée, vêtue d’une blouse ukrainienne traditionnelle fleurie. « Je me suis habituée à cet uniforme », justifie-t-elle.

Kristina a rencontré son mari Volodymyr, 28 ans, il y a deux mois, lorsque celui-ci a été mobilisé. Ils habitaient à seulement cinq kilomètres l’un de l’autre, dans la région de Vinnytska, dans le sud-ouest de l’Ukraine, mais auraient pu ne jamais se rencontrer s’il n’y avait pas eu la guerre.

« La guerre, c’est la guerre, mais la vie continue », explique Kristina. Son mari se défend de toute « décision hâtive »: « Le principal, c’est qu’on s’aime et qu’on veut être ensemble », dit-il.

L’autre mariée, également prénommée Kristina et également âgée de 23 ans, travaille dans les communications militaires et a opté pour une robe blanche classique avec de la broderie rouge traditionnelle. Elle épouse Vitali Orlitch, 23 ans.

« Il s’agit de construire une nouvelle famille. Peu importe où et comment cela arrive », affirme-t-elle.

Les deux mariés, eux, sont en uniforme militaire. Aucun membre de famille n’était présent, mais les époux assurent qu’ils sont compréhensifs.

Le même jour, les deux couples doivent retourner en zone de guerre.

« Je ne peux pas leur donner de congés. La seule chose, c’est qu’ils ne seront pas au front. Ils resteront à l’arrière », assure le commandant de brigade Oleksandre Okhrimenko. Grâce à la loi martiale en vigueur, il a le droit de certifier les mariages.

« Pas le temps »

Ils sont tous de la 14e brigade mécanisée séparée, qui combat les forces russes et prorusses depuis mai dans l’Est. Les jeunes couples se sont mariés devant les bureaux locaux de l’état civil, fermés en raison de la guerre.

Dans les rues, peu de trafic et des sacs de sable protègent les devantures des cafés et des magasins.

Au cours de la cérémonie, les jeunes couples, comme le veut la tradition, ont été enveloppés dans une serviette à motif pour symboliser leur union. Et le chapelain militaire les a aspergés d’eau bénite et a placé des couronnes sur leur têtes.

Selon l’ecclésiastique, Iouri Zdebsky, il s’agit du premier mariage au sein de la brigade depuis le début du conflit. « C’est la guerre, et on n’a pas le temps pour de grandes célébrations », expliq Liouta ()ue-t-il.

Droujkivka est à 40 kilomètres à vol d’oiseau de trois fronts, les troupes russes menaçant les villes de Sloviansk au nord-est, de Bakhmout à l’est et de Gorlivka au sud-est.

Quelques heures après la cérémonie, les journalistes de l’AFP ont constaté des bombardements dans la zone et vu de la fumée grise s’élever, sur fond de duel d’artillerie en direction de Bakhmout.

Si la petite ville a été relativement épargnée par les combats, des maisons ont été détruites plus tôt en juin et un obus a ravagé le toit d’une église.

Pendant le mariage, des sirènes d’alerte anti-bombardement se sont fait entendre à trois reprises, sans susciter de réactions chez les personnes présentes, endurcies par la guerre.

Par Le Point avec AFP

Guerre en Ukraine : deux Britanniques et un Marocain condamnés à mort

juin 9, 2022

La justice des autorités séparatistes de Donetsk a décidé de la peine capitale pour deux soldats britanniques et un marocain. Londres se dit « gravement préoccupée ».

Capture par les forces separatistes ukrainiennes, Aiden Aslin est l'un des trois hommes condamnes a mort a Donetsk.
Capturé par les forces séparatistes ukrainiennes, Aiden Aslin est l’un des trois hommes condamnés à mort à Donetsk.© KONSTANTIN MIHALCHEVSKIY / Sputnik / Sputnik via AFP

Les agences de presse russes ont révélé ce jeudi 9 juin que deux Britanniques et un Marocain ont été condamnés à mort jeudi pour mercenariat par la justice des autorités séparatistes de Donetsk. Les trois hommes avaient été faits prisonniers en Ukraine, où ils combattaient pour Kiev. « La cour suprême de la République populaire de Donetsk a condamné à mort les Britanniques Aiden Aslin et Shaun Pinner et le Marocain Brahim Saadoun, accusés d’avoir participé aux combats comme mercenaires », a indiqué l’agence de presse officielle russe TASS.

Les trois accusés vont « faire appel », a précisé à TASS l’avocat de l’un des trois hommes, Pavel Kossovan. Selon TASS, Shaun Pinner et Brahim Saadoun avaient plaidé non coupable mercredi aux accusations de « mercenariat », mais reconnu leur participation aux combats « visant à la prise violente du pouvoir ». La famille d’Aiden Aslin avait expliqué fin avril que ce dernier avait déménagé en 2018 en Ukraine, où il a rencontré sa petite amie et s’est finalement installé à Mykolaïv. Il avait décidé de rejoindre les Marines ukrainiens et a servi dans cette unité pendant près de quatre ans.

« Ni un volontaire ni un mercenaire »

« Il n’est pas, contrairement à la propagande du Kremlin, un volontaire, un mercenaire ou un espion. Aiden faisait des plans pour son avenir en dehors de l’armée, mais comme tous les Ukrainiens, sa vie a été bouleversée par l’invasion barbare de Poutine », selon sa famille. La famille de Shaun Pinner avait aussi expliqué que celui-ci n’était « ni un volontaire ni un mercenaire, mais sert officiellement dans l’armée ukrainienne conformément à la législation ukrainienne ». Il s’était lui aussi installé en 2018 en Ukraine et a épousé une Ukrainienne.

Des responsables prorusses avaient laissé entendre ces dernières semaines que des soldats ukrainiens capturés, notamment ceux du régiment nationaliste Azov, pourraient être jugés et encourraient la peine capitale. Un moratoire sur la peine de mort est en vigueur en Russie depuis 1997, mais ce n’est pas le cas dans les deux territoires séparatistes de l’Est ukrainien.

Mercredi, la Légion internationale pour la défense de l’Ukraine (Lidu) avait dénoncé le procès de l’un de ses membres, capturé par les séparatistes, Andrew Hill. Selon cette organisation qui regroupe les volontaires étrangers combattant avec l’Ukraine, Andrew Hill est un « légionnaire qui a un contrat avec l’armée ukrainienne » et non un mercenaire. Il n’était pas clair dans l’immédiat si les trois hommes condamnés à mort étaient membres de la Légion internationale pour la défense de l’Ukraine.

Londres se dit « gravement préoccupée »

Le Royaume-Uni s’est dit « gravement préoccupé » après l’annonce de la condamnation à mort des deux combattants britanniques. « Nous sommes évidemment gravement préoccupés. Nous répétons que les prisonniers de guerre ne devraient pas être exploités pour des raisons politiques », a affirmé un porte-parole du Premier ministre britannique Boris Johnson, tandis que la cheffe de la diplomatie Liz Truss a dénoncé un « simulacre de jugement sans aucune légitimité ».

Quatre militaires volontaires étrangers dont un Français ont été tués en combattant l’invasion russe en Ukraine, a annoncé la Lidu, organisme officiel des combattants volontaires étrangers. La Russie a pour sa part affirmé cette semaine avoir tué « des centaines » de combattants étrangers en Ukraine depuis le début de son offensive le 24 février, parvenant selon elle à endiguer le flux de nouveaux arrivants.

Par Le Point avec AFP

Guerre en Ukraine : l’avenir suspendu des étudiants africains qui ont fui en France

juin 8, 2022

TÉMOIGNAGES. De plus en plus d’étudiants étrangers non ukrainiens sont sommés de quitter le territoire français. Ils dénoncent un système d’accueil à deux vitesses.

L'Ukraine comptait en 2020 quelque 61 000 etudiants etrangers, dont 17 379 Africains (d'apres les derniers chiffres disponibles de l'Unesco).
L’Ukraine comptait en 2020 quelque 61 000 étudiants étrangers, dont 17 379 Africains (d’après les derniers chiffres disponibles de l’Unesco). © BEATA ZAWRZEL / Anadolu Agency via AFP

Comme nombre d’Ukrainiens, ils ont fui la guerre et trouvé refuge en France. Mais trois mois après l’exode, les premières décisions d’expulsion tombent pour les ressortissants non ukrainiens, sommés de rentrer chez eux. Un « gâchis humain » et une « fabrique à clandestins  », s’inquiètent les ONG. Inza Touré, 27 ans, incarne à lui seul ces craintes. Cet Ivoirien a quitté Dnipro (centre de l’Ukraine), où il étudiait depuis trois ans les relations internationales, dès le déclenchement du conflit pour arriver à Chambéry, le 3 mars.

Kafkaïen

Il obtient d’abord une autorisation provisoire de séjour d’un mois mais, dès le 23 mai, le préfet de Savoie – département où il est hébergé – lui délivre une obligation de quitter le territoire français (OQTF) sous trente jours. Depuis, Inza Touré est tombé dans l’irrégularité. « Le préfet dit que je n’ai pas fait d’efforts pour démontrer que je veux étudier », raconte-t-il à l’AFP. Pourtant, le jeune homme a entre-temps été admis dans un programme de Sciences Po Grenoble, où il peut reprendre ses études dès la rentrée. « Je suis déçu. Historiquement, mon pays a des liens avec la France, je parle français. Donc je me disais que ça allait être plus facile. Mais pas du tout », confie-t-il.

Dans son arrêté, consulté par l’AFP, le préfet souligne que « l’intéressé ne justifie ni d’une vie privée et familiale ancrée dans la durée en France, ni d’une insertion quelconque dans la société française ».

Alors que plus de 85 000 déplacés ukrainiens ont été accueillis en France de manière légale, les ressortissants étrangers qui vivaient en Ukraine avant le déclenchement du conflit le 24 février ne bénéficient pas des mêmes perspectives. Le texte d’application français de la « protection temporaire » offerte par l’Europe stipule que seuls ceux qui ne peuvent rentrer dans leur pays « dans des conditions sûres et durables » peuvent être pris en charge.

« Le traitement différencié dont font l’objet ces personnes, qui vivent les mêmes traumatismes de l’exil, de la séparation et de l’incertitude de l’avenir que celles qui ont la nationalité ukrainienne, est inacceptable », ont déploré mardi 7 juin dans un communiqué dix-sept associations et ONG, dont Amnesty International ou La Cimade. « Ces personnes commencent à recevoir des OQTF […]. C’est un gâchis humain mais aussi un non-sens politique puisque leurs compétences universitaires et professionnelles ont toute leur place en France », ont poursuivi ces organisations, réclamant une « application non discriminatoire de la protection temporaire ». « C’est une décision kafkaïenne et une fabrique à clandestins », abonde Pierre Henry, président de France Fraternités, association qui a ouvert une permanence juridique à destination des étudiants étrangers ayant fui l’Ukraine. « Il s’agit de moins de 1 000 personnes ! Il faut examiner leurs dossiers avec bienveillance », demande-t-il.

Interrogés sur cette situation, ni le ministère de l’Intérieur ni la cellule interministérielle de crise sur l’Ukraine n’ont donné suite.

Des pays plus souple en Europe ?

Les cas, eux, se multiplient et se ressemblent : après un premier document d’un mois, la demande de renouvellement bute sur un refus préfectoral. Pour Ange Zroho, lui aussi Ivoirien, « ce sera fini le 10 juin », quand son titre actuel va expirer. « J’ai peur, je suis perdu. J’ai l’impression que le compte à rebours est enclenché », raconte l’ancien étudiant en Staps (sport) à Kropyvnytskyi.

L’angoisse et le vertige de la clandestinité, après des années de vie « impeccable » en Ukraine, donnent même des idées de trajet retour à Yassine M., 25 ans dont six sur les bancs de l’Institut de médecine de Dnipro. Les ambitions de ce Marocain ont été coupées net « à quelques mois » de devenir médecin. Il voudrait désormais « terminer (ses) études » en France, quitte à « reprendre en troisième année ». Mais faute de papiers, le chemin s’obscurcit.

Rentrer au Maroc, comme le suggèrent les autorités françaises ? Impossible, balaye-t-il. Mais « retourner en Ukraine, j’y pense ». « D’autres sont déjà rentrés et me disent que la vie là-bas est normale », se persuade-t-il, faisant référence à l’Ouest ukrainien. En attendant un rendez-vous de la dernière chance en préfecture, il a déjà trouvé une « porte de sortie » : le 25 mai, il a obtenu du Portugal la protection temporaire que la France lui refuse. « Ça a été très facile », sourit-il enfin. « Quelques clics et en trois jours, on le reçoit par e-mail. »

Par Le Point avec AFP

Pas d’entente en vue pour la reprise des exportations de céréales ukrainiennes

juin 8, 2022
MM. Lavrov et Cavusoglu discutent en marchant.

Les ministres des Affaires étrangères de la Russie et de la Turquie, Sergueï Lavrov (à gauche) et Mevlüt Cavusoglu, se sont rencontrés mercredi à Ankara. Photo : Getty Images/AFP/Adem Altan

Aucun mécanisme concret permettant à l’Ukraine de reprendre l’exportation de ses céréales n’a été annoncé au terme de la rencontre entre les chefs de la diplomatie de la Russie et de la Turquie, mercredi, à Ankara.

Sergueï Lavrov et son homologue Mevlüt Cavusoglu discutaient des moyens d’établir des corridors maritimes sécurisés en mer Noire pour permettre à des navires de transporter ces denrées à l’étranger.

Un blocus naval de la marine russe empêche les navires de quitter le port d’Odessa, le plus important pour les exportations céréalières, alors que d’autres ports, dont ceux de Berdyansk et de Marioupol, sont désormais aux mains de l’armée russe.

Le blocage des céréales ukrainiennes fait flamber les prix et laisse planer le spectre d’une crise alimentaire mondiale, notamment dans plusieurs pays de l’Afrique du Nord et du Moyen-Orient. Les marchés étant mondialisés, les répercussions se feront toutefois sentir partout dans le monde.

À la demande des Nations unies, la Turquie a proposé son aide pour escorter les convois maritimes depuis les ports ukrainiens, malgré la présence de mines dont certaines ont été détectées jusqu’à proximité des côtes turques.

En conférence de presse après la rencontre, M. Lavrov a répété que la Russie est prête à offrir des garanties de sécurité et ne profiterait pas de la situation pour pousser son avantage sur le terrain militaire. Ce sont des garanties données par le président de la Russie, Vladimir Poutine, a-t-il déclaré.

« Nous disons tous les jours que nous sommes prêts à garantir la sécurité des navires qui quittent les ports ukrainiens […] en coopération avec nos collègues turcs. »— Une citation de  Sergueï Lavrov, ministre des Affaires étrangères des la Russie

La responsabilité de déminer les ports de la mer Noire revient toutefois à Kiev, mais le président ukrainien Volodymyr Zelensky refuse catégoriquement de le faire, a-t-il ajouté.

Le gouvernement ukrainien a effectivement miné ses ports pour empêcher des débarquements russes sur ses côtes.Un terminal céréalier, dans un port.

Le terminal céréalier de Mykolaïv, photographié ici en 2013, a été détruit par des frappes russes au cours des derniers jours, a affirmé lundi Josep Borrell, chef de la diplomatie de l’Union européenne. Cette situation contredit les dires de Moscou, qui soutient ne pas être responsable des difficultés d’exportation, a-t-il souligné. Photo : Reuters/Vincent Mundy

Des demandes russes légitimes aux yeux des Turcs

M. Cavusoglu a rappelé que la Russie exige cependant la levée des sanctions qui frappent indirectement ses exportations agricoles, pour faciliter les exportations ukrainiennes.

« Si nous devons ouvrir le marché international ukrainien, nous pensons que lever les obstacles aux exportations russes est légitime. »— Une citation de  Mevlüt Cavusoglu, ministre des Affaires étrangères de la Turquie

Il a cité spécifiquement les exportations de céréales et d’engrais russes, qui ne sont pas directement visées par les sanctions occidentales, mais qui sont empêchées par la suspension des échanges bancaires et financiers.

Selon M. Cavusoglu, le plan de l’ONU est raisonnable et réalisable. L’Ukraine et la Russie devraient l’accepter.

À Moscou et à Kiev, les réactions n’ont été guère encourageantes.

Dans un appel avec des journalistes, le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov, a souligné qu’il n’y avait aucune discussion de fond sur la levée des sanctions exigées par Moscou.

Le porte-parole du ministère ukrainien des Affaires étrangères, Oleg Nikolenko, a pour sa part déclaré dans un tweet que les garanties de sécurité offertes par M. Lavrov ne sont que des paroles creuses.

« De l’équipement militaire est requis pour protéger le littoral et une mission navale [est nécessaire] pour patrouiller sur les routes d’exportation. La Russie ne peut pas utiliser les corridors pour le grain pour attaquer le sud de l’Ukraine. »— Une citation de  Oleg Nikolenko, porte-parole du ministère des Affaires étrangères de l’Ukraine

La véritable cause de cette crise : il s’agit de l’agression russe, pas des sanctions, a ensuite déclaré à la presse le chef de la diplomatie ukrainienne, Dmytro Kouleba.

Kiev veut participer aux négociations

L’ambassadeur ukrainien en Turquie, Vasyl Bodnar, a en outre souligné qu’aucune entente ne pourra être conclue en l’absence de Kiev à la table des négociations.Des dizaines d'hommes sont assis de part et d'autre d'une table.

Les pourparlers de mercredi, à Ankara, se sont déroulés en l’absence d’une délégation ukrainienne. Photo : La Presse Canadienne/AP/Ministère des Affaires Étrangères de la Russie

Il a soutenu que la Russie demandait à pouvoir faire des vérifications sur les navires qui emprunteraient un éventuel corridor, une proposition qu’il juge irréaliste.

L’ambassadeur Bodnar a toutefois reconnu que la médiation turque était essentielle dans ce dossier.

Le porte-parole de l’administration de la région d’Odessa, Serguiï Bratchouk, a quant à lui défendu le point de vue ukrainien. Si l’Ukraine démine le port de la ville, la Russie voudra attaquer, elle rêve de parachuter des troupes, a-t-il déclaré dans un message vidéo sur Telegram.

La flotte russe de la mer Noire fera semblant de se retirer vers la Crimée annexée. Mais dès qu’on déminera les accès au port d’Odessa, la flotte russe sera là, a-t-il ajouté, en plaidant pour que les convois de céréales ukrainiennes soient escortés par les pays de l’OTAN, l’alliance militaire dont la Turquie est membre.

Des silos à grain à moitié pleins à l’aube de la récolte

Les silos à grains du territoire ukrainien contrôlé par Kyiv sont déjà à moitié pleins alors qu’approche la récolte annuelle et que la Russie continue de bloquer les ports du pays, a déclaré mercredi le chef de l’Association ukrainienne des producteurs de grains, Mykola Gorbachov.

Quelque 30 millions de tonnes de céréales sont stockées dans les territoires tenus par l’Ukraine, sur une capacité totale d’environ 55 millions de tonnes, a-t-il déclaré lors d’une conférence du Conseil international des céréales à Londres. Une capacité de stockage de 13 à 15 millions de tonnes existe dans les zones occupées par la Russie.

Sans accès à ses ports de la mer Noire, l’Ukraine pourra au mieux exporter 20 millions de tonnes de céréales l’année prochaine, les itinéraires alternatifs routiers, fluviaux et ferroviaires limitant les exportations à un maximum de 2 millions de tonnes par mois. L’an dernier, 44,7 millions de tonnes de céréales ont été exportées.

Selon M. Gorbachov, la moitié de la récolte de maïs de l’Ukraine, quatrième exportateur mondial, restera en terre si la Russie maintient son blocus des ports de la mer Noire. Je peux vous dire que nous ne trouverons pas de solution (pour) les exportations sans accès à ces ports, a-t-il affirmé.

À ces tensions s’ajoutent des accusations selon lesquelles Moscou aurait volé et exporté 600 000 tonnes de céréales ukrainiennes, et expédié par transport maritime 100 000 tonnes de céréales en Syrie, selon des preuves enregistrées par les États-Unis, a affirmé mercredi le directeur adjoint de l’Union des producteurs agricoles ukrainiens. Ces affirmations ne peuvent être vérifiées.

M. Gorbachov estime que les pourparlers russo-turcs sur la reprise des exportations ukrainiennes ne sont pas susceptibles de déboucher sur les garanties de sécurité nécessaires. Il appelle conséquemment les États-Unis, le Royaume-Uni et la France à fournir un convoi sûr aux navires transportant des céréales ukrainiennes hors du pays.

Avant la guerre, Kiev exportait chaque mois 12 % du blé mondial, 15 % du maïs et 50 % de l’huile de tournesol.

Avec Radio-Canada par François Messier

Ukraine: bombardements sur Kiev, Poutine menace de frapper d’autres cibles

juin 5, 2022
Ukraine: bombardements sur Kiev, Poutine menace de frapper d'autres cibles
Ukraine: bombardements sur Kiev, Poutine menace de frapper d’autres cibles© AFP/Sergei SUPINSKY

Plusieurs frappes russes ont visé Kiev dimanche à l’aube, les premières depuis fin avril, Vladimir Poutine menaçant de frapper de nouvelles cibles si les Occidentaux fournissent des missiles de longue portée à l’Ukraine.

Dans l’est du pays, des combats intenses ont lieu pour le contrôle de la ville stratégique de Severodonestk, où chaque camp a affirmé progresser au cours des derniers jours.

Plusieurs explosions ont eu lieu à l’aube dans le sud-est de la capitale ukrainienne, dans les quartiers de Darnytsky et Dniprovsky, et un blessé a été hospitalisé, selon le maire de Kiev Vitali Klitschko et des témoins.

« J’ai entendu environ six explosions à 5H57 du matin », a déclaré à l’AFP Natalia, 72 ans, qui a été réveillée par les bombardements.

Selon des journalistes de l’AFP sur place, l’armée a installé un corridor de sécurité autour d’une cible interdite d’accès, une infrastructure ferroviaire. Un immeuble rose de 10 étages a eu toutes ses vitres brisées.

« L’agresseur continue de lancer des missiles et de mener des frappes aériennes sur les infrastructures militaires et civiles de notre pays, en particulier à Kiev », a écrit l’état-major de l’armée ukrainienne sur sa page Facebook.

Selon les forces aériennes ukrainiennes, plusieurs missiles de croisière ont été tirés en direction de Kiev par des avions russes TU-95 basés dans la mer Caspienne dont un a été détruit.

Des infrastructures ferroviaires ont été visées, selon diverses sources ukrainiennes, notamment de la société de chemins de fer Ukrzaliznytsia.

Moscou a affirmé avoir détruit des chars livrés par des pays d’Europe de l’Est.

« Des missiles de haute précision et de longue portée tirés (…) sur la banlieue de Kiev ont détruit des chars T-72 fournis par des pays d’Europe de l’Est et d’autres blindés qui se trouvaient dans des hangars », a déclaré le porte-parole du ministère russe de la Défense, Igor Konachenkov.

La société ukrainienne Energoatom qui gère les centrales nucléaires du pays a pour sa part déclaré qu’un missile avait volé à un « niveau extrêmement bas au-dessus de la centrale Pivdenno-Ukraïnska », dans la région de Mykolaïv (sud), dénonçant « un acte de terrorisme nucléaire ». « Ce missile a probablement été tiré en direction de Kiev », selon Energoatom.

La capitale, autour de laquelle l’étau russe s’était desserré fin mars/début avril, n’avait plus été frappée depuis le 28 avril, jour de la visite du secrétaire général de l’ONU Antonio Guterres.

« Prolonger le conflit »

Peu après ces bombardements, le président russe a prévenu que Moscou frapperait de nouvelles cibles si les Occidentaux fournissent des missiles de longue portée à l’Ukraine, ce qui selon lui vise à « prolonger le conflit ».

En cas de telles livraisons, la Russie frapperait « des sites que nous n’avons pas visés jusqu’à présent », a déclaré M. Poutine à la chaîne de télévision Rossiya-1, sans plus de détails.

Ces déclarations interviennent quelques jours après que les Etats-Unis ont annoncé leur décision de livrer à l’Ukraine des lance-roquettes multiples Himars d’une portée d’environ 80 km.

Les experts militaires soulignent que cette portée est légèrement supérieure à celle des systèmes analogues russes, ce qui permettrait aux forces de Kiev de frapper l’artillerie adverse en restant hors d’atteinte.

-Combats cruciaux à Severodonetsk –

Dans le même temps dans l’est de l’Ukraine, des combats cruciaux se poursuivaient à Severodonetsk, au coeur de l’offensive russe dans le bassin minier du Donbass.

Cette région orientale est sous le contrôle partiel de séparatistes prorusses depuis 2014 et Moscou espère la conquérir en intégralité.

Au cours des dernières heures, chacun des camps a revendiqué progresser à Severodonestk, la capitale administrative ukrainienne de la région de Lougansk.

« Les Russes contrôlaient environ 70 % de la ville, mais au cours des deux derniers jours ils ont été repoussés. La ville est divisée en deux, ils ont peur de s’y déplacer librement », a déclaré dimanche matin sur Telegram Serguiï Gaïdaï, le gouverneur ukrainien de la région.

Plus tôt samedi, le maire de la ville Olexandre Striouk avait assuré que « nos militaires sont parvenus à se redéployer, à construire une ligne de défense. Actuellement, nous faisons le nécessaire pour rétablir le contrôle total » de la cité, notamment par des « combats de rue ».

Mais à l’inverse, le ministère russe de la Défense avait affirmé samedi que les unités ukrainiennes « ayant subi des pertes critiques lors des combats pour Severodonetsk (jusqu’à 90 % dans plusieurs unités) » se retiraient vers Lyssytchansk, la grande ville voisine.

Pour l’Institut américain pour l’étude de la guerre (ISW), la dynamique a changé et désormais les forces ukrainiennes « ralentissent avec succès (…) les assauts russes à Severodonetsk à travers des contre-attaques locales prudentes et efficaces ».

Combats sur d’autres fronts

Les combats se poursuivent aussi sur les autres fronts. Selon le ministre ukrainien de la Défense, « la Russie continue de faire des efforts pour occuper tout notre Etat ». Le Kremlin rêve, a assuré Oleksiï Reznikov, de « rassembler les terres » qu’il considère comme « siennes », y compris « la Pologne, les pays baltes, la Slovaquie et d’autres ».

Crimée, Donbass, sud de l’Ukraine: au total, la Russie a triplé, depuis le début de l’invasion, la superficie de territoire ukrainien sous son contrôle atteignant 125.000 km², soit 20 % du pays, selon le président ukrainien Volodymyr Zelensky.

Dans la région de Kherson, dans le sud, Moscou « continue de bombarder les territoires occupés et les positions de l’armée ukrainienne », a annoncé la présidence, qui craint une crise humanitaire dans les zones aux mains des Russes.

« Question de survie »

Sur le front diplomatique, le ministre ukrainien des Affaires étrangères avait répondu samedi au président français Emmanuel Macron qui, la veille, répétait qu’il ne fallait « pas humilier la Russie » pour préserver des portes de sortie diplomatiques.

« Nous ferions tous mieux de nous concentrer sur la façon de remettre la Russie à sa place. Cela apportera la paix et sauvera des vies », a rétorqué Dmytro Kouleba, estimant que la position de M. Macron ne peut qu' »humilier la France ».

Dans le même temps, l’USS Kearsarge prenait ses quartiers à Stockholm. Il s’agit du plus gros navire de guerre américain s’étant jamais ancré dans le port de la capitale suédoise.

« Il est important pour nous, les Etats-Unis, ainsi que pour les autres pays de l’Otan, de montrer notre solidarité avec la Finlande et la Suède », a déclaré le général Mark Milley, le chef d’état-major américain, avant des manoeuvres navales annuelles de l’Otan en mer Baltique.

Dimanche soir, sur la pelouse de Cardiff, les Ukrainiens vont tenter de remporter une autre victoire, celle qui qualifierait la sélection nationale au Mondial de football.

« Nous avons tous compris que le match contre le pays de Galles ne sera pas une question de condition physique ou de tactique, mais bien de survie. Tout le monde va se battre pour cela et tout donner », a expliqué le défenseur Oleksandre Zinchenko, comme pour mieux faire corps avec les soldats ukrainiens, à défaut de pouvoir combattre à leur côté.

Par Le Point avec AFP

L’armée russe contrôle « environ 20 % » de l’Ukraine, admet Zelensky

juin 2, 2022
Deux jeunes garçons ukrainiens jouent aux soldats portant un casque et un fusil.

Deux garçons ukrainiens – Andrii, 12 ans, et Valentyn, 6 ans – s’imaginent en combattants ukrainiens à un point de contrôle de fortune dans leur village de Stoyanka, en banlieue de Kiev. Photo: Getty Images/Christopher Furlong

À la veille du 100e jour du début de la guerre, l’armée russe contrôle « environ 20 % » du territoire ukrainien, a annoncé jeudi le président ukrainien Volodymyr Zelensky lors d’un discours devant le Parlement du Luxembourg.

La superficie occupée fait presque 125 000 kilomètres carrés , a-t-il dit, un territoire beaucoup plus grand que les territoires combinés du Benelux, constitué par la Belgique, les Pays-Bas et le Luxembourg.

Au terme de la guerre de 2014, qui s’est soldée par la perte de la Crimée et d’une partie des territoires des régions de Donetsk et Louhansk, l’Ukraine avait été amputée de 43 000 km carrés, a-t-il observé.

À l’heure actuelle, la ligne de front, qui s’étend de Kharkiv à Mykolaïv, en passant par les régions de Louhansk, Donetsk, Zaporijia et Kherson, s’étend sur plus de 1000 kilomètres, a estimé M. Zelensky.

Selon lui, les troupes russes ont placé des mines sur des territoires totalisant 300 000 kilomètres carrés et ont réussi à entrer dans 3620 villes et villages du pays, dont 1017 ont été libérées par l’armée ukrainienne.

« Pourquoi nous battons-nous? Pour ce que nous sommes. Et pour rester ce que nous sommes : libres, indépendants, ouverts et unis avec tous les Européens. »— Une citation de  Volodymyr Zelensky, président de l’Ukraine

Le président ukrainien a affirmé que 30 000 soldats russes ont été tués depuis le début de l’invasion, un chiffre invérifiable, mais nettement plus élevé que celui avancé par les services de renseignement occidentaux.Un enfant se balance devant un immeuble éventré et en partie calciné.

Un enfant se balance devant un immeuble détruit par une frappe russe en banlieue de Kiev. Photo : Getty Images/Pierre Crom

M. Zelensky a estimé qu’au moins des dizaines de milliers de civils ukrainiens ont été tués dans l’offensive russe, mais est demeuré muet sur les pertes subies par son armée.

Dans une entrevue accordée mercredi au réseau américain Newsmax, le président ukrainien avait cependant avancé qu’entre 60 et 100 combattants ukrainiens sont tués chaque jour et qu’environ 500 autres sont blessés.

Il a aussi rappelé que 17 millions d’Ukrainiens ont été chassés de leur domicile depuis le début du conflit, dont 5 millions, essentiellement des femmes et des enfants, ont quitté le pays.

Plus d’armes, implore Zelensky

Fidèle à son habitude, M. Zelensky a plaidé devant le Parlement luxembourgeois pour que les pays occidentaux envoient plus d’armes à l’Ukraine, et pour qu’ils continuent d’imposer plus de sanctions à la Russie.

Il demande notamment aux Européens de ne pas se contenter de geler des avoirs russes, mais de les confisquer au profit de la reconstruction de l’Ukraine.

« Nous devons trouver un moyen juridique de les confisquer pour compenser les dommages que la Russie a faits aux victimes de la guerre. Ce sera juste, et instructif pour l’agresseur.  »— Une citation de  Volodymyr Zelensky, président de l’Ukraine

Le discours du président Zelensky a été prononcé alors que l’armée russe continue de resserrer son étau sur Sievierodonetsk, dernier pré carré ukrainien dans la région de Louhansk, avec sa ville jumelle de Lyssytchansk.

La ville est désormais « occupée à 80 % » par les forces russes et des combats de rue y font toujours rage, a indiqué le gouverneur de la région, Serguiï Gaïdaï, dans un message publié sur Telegram.

Dans la nuit de mercredi à jeudi, les forces russes ont aussi bombardé plusieurs lignes de chemin de fer dans la région de Lviv, dans l’ouest, où arrivent notamment les armes livrées à l’Ukraine par les pays occidentaux.

Les combats et bombardements se poursuivent également dans la région de Kherson, en partie conquise par les Russes, mais où les Ukrainiens ont lancé une contre-offensive en fin de semaine.

Radio-Canada par François Messier avec les informations de Agence France-Presse