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Consultations en RDC : quel rôle jouera l’UNC de Vital Kamerhe ?

novembre 5, 2020
Vital Kamerhe au Palais de la Nation, à Kinshasa, le 18 février 2020.

Alors que débutent cette semaine les consultations voulues par Félix Tshisekedi, qui tente de former une nouvelle majorité, le parti de Vital Kamerhe, discret ces derniers mois, semble dans l’impasse.

À l’intérieur de la petite cour jouxtant le siège de l’Union pour la nation Congolaise (UNC), situé dans la commune de Barumbu, on pourrait croire que le temps s’est arrêté. Derrière un SUV, quelques chaises en plastique empilées contre un mur et une grande affiche sur laquelle Vital Kamerhe apparaît au pupitre, l’air convaincu. « Tous pour un procès juste, équitable, transparent et retransmis en direct qui débute ce lundi 11 mai », peut-on y lire.PUBLICITÉ

L’endroit semble figé depuis le 20 juin, jour de la condamnation de Vital Kamerhe à vingt ans de prison pour « corruption » et « détournement de deniers publiques ». Le procès en appel de celui qui était considéré comme le principal partenaire politique de Félix Tshisekedi n’a toujours pas eu lieu. Kamerhe, pourtant très actif au début de sa détention, et l’UNC semblent désormais bien en retrait de la bouillonnante arène politique kinoise.

Incertitude politique

Vital Kamerhe, devant les juges à la prison de Makala, le 20 juin 2020

En ce mardi d’octobre, l’un des deux jours dédiés chaque semaine aux échanges avec les militants et les membres de l’UNC, la tension au sein de la coalition au pouvoir n’a pas encore atteint son paroxysme et les consultations nationales voulues par le chef de l’État ne sont pas encore d’actualité.

Lorsqu’il nous reçoit dans son bureau, stores baissés, Aime Boji, secrétaire général par intérim du parti, a pourtant la mine des mauvais jours. Depuis l’incarcération de Vital Kamerhe, ils sont nombreux à regretter que l’UNC soit cantonné à un simple rôle d’observateur.

Ces derniers mois, de la commission électorale à la Cour constitutionnelle, les sujet de controverse ont été nombreux, mais l’UNC s’est montrée étonnamment discrète, laissant ses alliés de l’Union pour la démocratie et le progrès social (UDPS de Félix Tshisekedi) occuper le devant de la scène. « Le malaise plane et continuera de planer tant que Vital Kamerhe sera dans cette situation », reconnaît un cadre de l’UDPS, pour qui l’UNC reste néanmoins « un partenaire fiable ».

En cette période d’incertitude politique, alors que le chef de l’État est à la recherche d’une nouvelle majorité pour tenter d’inverser le rapport de force avec le Front commun pour le Congo (FCC) et qu’il a entrepris de consulter Jean-Pierre Bemba et Moïse Katumbi, quel rôle pourront donc jouer l’UNC et Kamerhe ?

L’UDPS NOUS NÉGLIGE ET NOUS PREND POUR ACQUIS

Dans l’entourage de Félix Tshisekedi, le discours se veut plutôt rassurant. « On ne peut pas dire que l’on souhaite ratisser large et en même temps se priver des 16 députés de l’UNC. Il n’y a aucune ambiguïté dans notre positionnement : ce parti est et restera notre allié », explique un conseiller du président. « Ils ont autant besoin de nous que nous avons besoin d’eux », confirme Aimé Boji.

Amertume et défiance

Il n’empêche, l’amertume est palpable. « L’UDPS nous néglige, fustige un député de l’UNC. Nos alliés nous prennent pour acquis.” Et si, sur le papier, l’UNC et ses seize députés restent des « partenaires fidèles », ils assument une attitude de retrait. Alors que le FCC de Joseph Kabila et l’UDPS se livrent, depuis plusieurs mois, à une inquiétante surenchère, le parti de Kamerhe a appelé ses membres à « s’abstenir de communiquer des positions unilatérales » sur la situation politique après l’annonce des consultations politiques.

Prudence ou défiance ? « On est un peu déconnectés de ce qui se passe, regrette un haut cadre de l’UNC. L’idée même de lancer des consultations n’a pas été évoquée en amont avec nous. » Le projet de restructuration de Cap pour le changement (Cach), qui regroupe l’UDPS et l’UNC mais qui est toujours une simple plateforme électorale, semble également au point mort.

« L’UNC a formulé une proposition de structure, mais il n’y a pas eu de suite pour l’instant », affirme Aimé Boji. « Nous n’avons pas renoncé, mais pour le moment, l’attention doit se porter sur les consultations menées par le chef de l’État », rétorque un cadre de l’UDPS.

Avant de trancher sur la position qui devra être celle de son parti, Vital Kamerhe attend surtout d’être fixé sur son propre avenir judiciaire. Selon certains proches, l’ancien directeur de cabinet de Tshisekedi résiderait actuellement dans un appartement VIP du Centre hospitalier Nganda, à Kinshasa. C’est là qu’il a été admis, le 23 août dernier, après une évacuation sanitaire de la prison de Makala. Ont pour le moment accès à lui sa femme, Hamida Shatur, ses enfants et une poignée de collaborateurs.

Report sine die

Après trois reports successifs, le procès en appel de l’« affaire des 100 jours » devait s’ouvrir le 2 octobre. Mais l’audience n’a finalement duré que quelques minutes, et le dossier a de nouveau été renvoyé sine die, le temps que soit tranché un recours devant la Cour de cassation.

Le dossier n’en continue pas moins d’avancer. Le 27 octobre, le vice-Premier ministre en charge du Budget, Jean-Baudouin Mayo, a ainsi confirmé l’existence de maisons préfabriquées prévues dans le programme des 100 jours – les conteneurs sont actuellement bloqués dans plusieurs ports. Une commission d’experts doit être mise en place pour faire un rapport sur cette question.

Ce point n’est pas anodin pour Kamerhe et son co-accusé, l’homme d’affaires libanais Samih Jammal, patron des sociétés Samibo et Husmal, chargées de la livraison des préfabriquées. Tous deux ont en effet été reconnus coupables d’avoir détourné l’argent destiné à l’achat des maisons, ce que leurs avocats contestaient, assurant que les cargaisons étaient simplement bloquées. Lui aussi condamné à vingt ans de prison, Jammal a été transféré, le 19 octobre, dans une clinique de Kinshasa pour raisons médicales – ses avocats affirment qu’une tuberculose lui a été diagnostiquée.

Selon des documents que Jeune Afrique a pu consulter, la nouvelle équipe de défense de Samih Jammal a obtenu plusieurs constats d’huissiers, entre le 30 juillet et le 24 septembre, qui attestent de la présence de ces conteneurs dans différents ports en RDC, en Angola et en Tanzanie. Pour l’avocate française Jacqueline Laffont, la reconnaissance de l’existence de ces préfabriqués est un pas dans la bonne direction pour son client – et par extension pour Vital Kamerhe. « C’est une forme de reconnaissance sur un point sur lequel nous alertons depuis le début. Nous sommes en train de nous signaler auprès de cette commission d’experts. On a l’impression que l’enquête ne se fait que maintenant. »

Tant que les choses ne bougeront pas sur le front judiciaire, le parti de Kamerhe semble condamner à l’attentisme. « Tant que ça ne sera pas tranché, nous aurons du mal à anticiper la suite », résume un cadre de l’UNC.

Avec Jeune Afrique par Romain Gras

Présidentielle en RDC : l’opposition invite à accentuer la pression sur le pouvoir

avril 24, 2016

Kinshasa – La Dynamique de l’opposition, l’une des principales plateformes politiques opposée à un troisième mandat du président congolais Joseph Kabila, a appelé dimanche à Kinshasa la population à accentuer la pression sur le régime afin d’exiger la tenue de la présidentielle avant la fin de l’année.

Faisons accentuer la pression pour pousser le pouvoir au respect de la Constitution en République démocratique du Congo (RDC), a déclaré Vital Kamerhe, président de l’Union pour la nation congolaise (UNC), lors d’un meeting qui a réuni un peu plus de 2.000 personnes à Kinshasa.

Cette rencontre populaire s’est tenue en marge de la commémoration de l’ouverture démocratique lancée le 24 avril 1990 par le dictateur Mobutu Sese Seko, qui a régné sur la RDC pendant 32 ans.

Le pouvoir est aux mains du peuple, ont répété plusieurs dirigeants de la Dynamique qui réunit notamment le Mouvement de libération du Congo (MLC) et l’UNC, 2e et 3e forces politiques de l’opposition à l’Assemblée ainsi que plusieurs dizaines d’autres petits partis.

Du haut du balcon du siège des Forces novatrices pour l’union et la solidarité (Fonus), les dirigeants d’opposition ont tour à tour réitéré leur refus de participer au dialogue national voulu par le président Kabila qu’ils considèrent comme un piège. Ils ont également redit leur rejet de tout report de la présidentielle.

Fin novembre, M. Kabila a annoncé son intention de convoquer un dialogue national inclusif destiné à permettre un consensus sur le calendrier électoral et le financement des élections, mais cinq mois plus tard, le projet est au point mort.

Mi-avril, le facilitateur de l’Union africaine pour ce forum, Edem Kodjo, a estimé que le respect du délai constitutionnel était un problème pesant sur l’organisation de la présidentielle en RDC.

Par ailleurs dans le sud-est du pays, à Lubumbashi, deuxième ville de la RDC, la police a empêché la tenue d’un meeting pacifique que projetait de tenir Moïse Katumbi, ex-gouverneur de l’ancienne province du Katanga, passé à l’opposition en septembre.

Selon le correspondant de l’AFP, quelques centaines de personnes qui accompagnaient M. Katumbi vers le lieu de la manifestation ont été dispersées violemment par la police anti-émeute qui a également utilisé des gaz lacrymogènes.

Le général Jean Bosco Galenga, chef provincial de la police, a affirmé à l’AFP que Moïse Katumbi venait avec une foule de gens drogués qui troublaient l’ordre public. Nous avons lancé des bombes lacrymogènes pour rétablir l’ordre public.

Nous avons arrêté quelques-uns de ses lieutenants que nous mettrons lundi à la disposition de la justice, a ajouté l’officier.

M. Katumbi, 51 ans et grande figure de la politique du Katanga, est un probable candidat à la prochaine présidentielle.

Populaire et charismatique, le richissime homme d’affaires est le président du prestigieux club de football Tout-Puissant Mazembe de Lubumbashi, triple vainqueur de la Ligue des champions d’Afrique.

Le climat politique est tendu depuis des mois dans le pays en raison de l’incertitude liée au très probable report de ce scrutin censé avoir lieu fin novembre.

L’opposition accuse M. Kabila, au pouvoir depuis 2001 et à qui la Constitution interdit de se représenter, de manoeuvrer pour se maintenir au pouvoir au-delà du terme de son mandat en décembre.

Depuis deux ans, la Dynamique de l’opposition demande à M. Kabila de déclarer publiquement qu’il ne se représentera pas pour un 3e mandat à la tête de la RDC, conformément à la Constitution qui limite à deux le nombre de mandats présidentiels.

Romandie.com (©AFP / 24 avril 2016 20h50)

RDC: au moins 20 manifestants arrêtés, un opposant met en garde contre un printemps burkinabè

novembre 3, 2014

Kinshasa – Au moins 20 personnes ont été arrêtées lundi à Kinshasa lors d’une manifestation interdite de l’opposition, dont un cadre a mis en garde contre le risque d’une révolte à l’image de celle qui a chassé du pouvoir le président burkinabè, a constaté une journaliste de l’AFP.

L’Union pour la démocratie et le progrès social (UDPS), premier parti d’opposition, et l’Union pour la nation congolaise (UNC), troisième parti d’opposition, avaient annoncé un sit-in lundi matin devant la Mission de l’ONU (Monusco) pour demander l’ouverture du dialogue national. Ce dialogue a été recommandé dans l’Accord d’Addis-Abeba, signé en février 2013 par la RDC, ainsi que dix autres pays africains, pour mettre fin à l’instabilité chronique dans l’est congolais, vieille de deux décennies.

Vital Kamerhe, chef de l’UNC, a indiqué à l’AFP en début d’après-midi qu’il y avait 48 hommes et 10 femmes arrêtés au camp (de police) Lufungula, dont de nombreux militants de l’UDPS et de l’UNC.

Nous ne voulons pas de Burkina Faso immédiatement ici. Il y a moyen d’éviter la casse. Nous voulons le dialogue pour (…) baliser le chemin pour de bonnes élections, adopter un calendrier global et consensuel et une feuille de route globale et consensuelle, a ajouté M. Kamerhe.

Une journaliste de l’AFP a pour sa part vu dans le camp une vingtaine de personnes arrêtées, dont environ le tiers étaient des femmes, et tous ont dû donner leur nom et leur parti d’appartenance.

Vous n’avez pas pris l’exemple de vos collègues au Burkina qui ont été du côté du peuple?, a lancé l’un d’eux à une vingtaine de policiers, faisant référence à la révolution populaire ayant provoqué vendredi la démission du président burkinabè Blaise Compaoré.

Vous allez vous fatiguer de nous car désormais chaque lundi nous allons manifester!, Il n’y a pas de droit de l’homme dans ce Congo?, ont renchérit d’autres manifestants.

Dans la matinée, un important dispositif policier avait été déployé dans la zone pour dissuader les rassemblements.

La police interpelle tout le monde à pied et arrête si besoin. Le dispositif est impressionnant, tout regroupement est impossible! Nous avons demandé à nos militants de se déplacer par petits groupes, avait déclaré à l’AFP Lydie Omanga, précisant être en contact avec des militants sur le terrain.

Le directeur de l’information de la police avait pour sa part nié les arrestations. J’ai eu le commandant sur le terrain: on a renforcé le dispositif pour les empêcher d’aller envahir le siège de la Monusco, mais ils ne sont pas arrêtés, avait précisé à l’AFP le colonel Pierrot Mwanamputu.

Il a ajouté que les organisateurs de la marche n’avaient pas reçu l’autorisation officielle de manifester, et qu’à ce titre le rassemblement devait être dispersé.

Vital Kamerhe, candidat malheureux à la présidentielle de 2011, a été un très proche conseiller du chef de l’Etat Joseph Kabila, avant de rejoindre l’opposition en 2010. Etienne Tshisekedi, chef de l’UDPS, s’est pour sa part proclamé président élu en 2011.

En septembre, le secrétaire général de l’UNC, Jean-Bertrand Ewanga, a été condamné à un an de prison ferme pour offense au chef de l’Etat après un grand rassemblement d’opposition contre toute modification de la Constitution qui permettrait à M. Kabila de se représenter en 2016.

Que M. Kabila mette les deux ans (de mandat) qu’il lui reste pour partir par la grande porte, qu’il n’attende pas pour faire après comme Blaise Compaoré, a plaidé M. Kamerhe.

Romandie.com avec(©AFP / 03 novembre 2014 14h45)