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Congo-Musique: Clément Ossinondé en séjour à Brazzaville

juillet 26, 2021

Depuis début juillet, c’est de Brazzaville que Clément Ossinonde publie ses chroniques sur la musique congolaise. En tant que membre du comité scientifique national du Congo, il participe aux travaux de l’inscription de la rumba sur la liste du patrimoine culturel de l’humanité de l’Unesco.

Clément Ossinonde et Marie Coco Demba, membre de l'UMC

Photo : Clément Ossinonde et Marie Coco Demba, membre de l’UMC

Aux côtés de ses pairs, Honoré Mobonda, Ghislain Amédée Moussoungou, Jean Omer Ntady, Charles Bouetoumoussa-Bouetoum-Kiyindou, Romain Pindou et du Pr Joachim Ngomathéthé, pour ne citer que ces membres, Clément Ossinonde met à profit ses connaissances dans le domaine musical. Il participe également à la réflexion de la relance des activités de l’orchestre les Bantous de la Capitale.

Par la fréquence soutenue de ses chroniques sur les réseaux sociaux, Clément Ossinonde se trouve, pour ses « suiveurs », toujours à Lyon. Pourtant, c’est de Brazzaville qu’il les distille depuis le début du mois de juillet.

Un peu comme le journaliste destiné à raviver la mémoire des mélomanes, avec une précision dans le temps et l’espace, il porte un éclairage, tantôt sur les chansons qui ont fait le Congo et demeurent tant savoureuses que ludiques à travers les générations, tantôt sur leurs auteurs mythiques, et évoque en même temps le rôle pionnier des maisons d’éditions.

À chaque description, il illustre son récit par une photo et une bande sonore. C’est un passionné portant une pédagogie preuve à l’appui.

« Une volonté de garder la mémoire musicale pour mieux la connaître et assurer la survie de la musique des deux Congo« , pourrait résumer ce travail de mémoire sans répit.

Extrait de la chronique sur l’orchestre les Bantous de la Capitale :

(Nouvelle appellation de l’orchestre Bantous, adoptée en 1962 à Bruxelles)

1962 – L’ orchestre Bantous fait sa première tournée outre-atlantique. Il est d’ailleurs le premier orchestre congolais de Brazzaville à se rendre en Europe, précisément à Bruxelles et à Paris.

Une tournée fructueuse car 50 disques CD, soit 100 chansons, vont être enregistrés dans un temps record sous la marque CEFA. Mais au terme de l’enregistrement de 99 chansons, une va manquer pour parvenir à réunir 100 chansons. C’est à ce moment que Célestin Kouka va entonner « Orchestre Bantous de la capitale  » et le coup était joué.

Ce titre « Orchestre Bantous de la capitale » sera plébiscité comme celui qui devait donner au groupe un attribut. Célestin Kouka peut donc se révéler légitimement en étant l’auteur.

Tel est le devoir de mémoire poursuivi régulièrement par Clément Ossinonde.

Avec Adiac-Congo par Marie Alfred Ngoma

Dix choses à savoir sur le couscous, inscrit au patrimoine immatériel de l’Unesco

décembre 22, 2020
Le couscous est entré au patrimoine immatériel de l’Unesco le 16 décembre 2020

Où est apparu le couscous ? Comment doit-il être cuisiné ? Avec ou sans sucre ? Alors qu’il vient d’entrer au patrimoine immatériel de l’Unesco, Jeune Afrique fait le tour de la question.

Le couscous est entré au patrimoine immatériel de l’Unesco ce mercredi 16 décembre. La candidature a été portée pour la première fois par une union de circonstance entre le Maroc, l’Algérie, la Mauritanie et la Tunisie. Ces quatre pays du Maghreb ne cessent pourtant de souligner leur différence en proposant des variantes de ce mets ancestral – aux légumes, au poulet, à la tête d’agneau, au poulpe, aux escargots ou encore aux oignons…  Seule constante entre toutes ces traditions : une base de semoule, une sauce et une cuisson à la vapeur.

Quelle est donc la recette originale ? Ou est-elle apparue ? Comment ce plat a-t-il voyagé et évolué à travers le monde ? Quelles épices faut-il préférer ? Jeune Afrique fait le tour des grandes questions qui entourent ou agitent depuis toujours l’univers du couscous.

• Pas forcément du blé dur !

Le couscous se rapporte avant tout à une technique consistant à transformer une céréale en granules plus ou moins fines, en roulant cette semoule. Séchée, elle a le mérite de se conserver longtemps sans pourrir. À travers les siècles, la base de blé dur a aussi pu être remplacée par de l’orge au Maghreb (meltouth), ou encore par du manioc ou du mil au Sahel ou au Cameroun, et du maïs chez les Peuls.

À l’époque médiévale déjà, des variantes originales apparaissent, explique Marianne Brisville, docteure en histoire à l’Université Lyon-II et membre du CIHAM (unité histoire, archéologie, littératures des mondes chrétiens et musulmans médiévaux), comme le fityānī préparé à Marrakech, à base de miettes de pain.

• La bataille des origines

Si le Maroc, l’Algérie, la Mauritanie et la Tunisie se sont entendus pour déposer une candidature auprès de l’Unesco, ils se disputent encore la paternité du couscous. La polémique a d’ailleurs gagné les chercheurs. Des sources historiques évoquent une apparition au Sahel, dans le sud de l’actuelle Algérie, d’autres se réfèrent plus largement au Maghreb, du Zab à Marrakech, en passant par l’Atlas.

CERTAINS ATTRIBUENT L’ORIGINE DU PLAT AUX BERBÈRES, D’AUTRES À L’AFRIQUE SUBSAHARIENNE !

En Tunisie, il est mentionné pour la première fois à l’époque hafside (1228-1574), souligne Sihem Debbabi Missaoui, professeur à l’Université de la Manouba, à Tunis. Mais attention ! À l’époque les frontières n’existaient pas et une trouvaille archéologique peut en chasser une autre. Plus largement, certains attribuent l’origine du plat aux berbères, d’autres à l’Afrique subsaharienne ! Et la concurrence entre pays s’étend à des questions de taille : beaucoup tentent chaque année de cuisiner « le plus gros couscous du monde ».

• De l’Afrique au Vatican

Toujours est-il que le couscous a voyagé depuis le continent africain. Des recettes ont été retrouvées en Orient dès le XIIIème siècle, indique Marianne Brisville, avant que le plat ne soit connu par l’Europe chrétienne – du moins par ses élites – à partir du XVème siècle. On en trouve même des descriptions chez le cuisinier privé du pape Pie V !

Il aurait intégré la gastronomie royale en Espagne au début du XVIIème siècle puis l’Italie via les juifs d’Afrique du Nord, qui ont également importé en France le célèbre « couscous boulettes ». D’aucuns attribuent l’introduction des merguez aux Français, d’autres rappellent que les saucisses de bœuf existaient aussi en Afrique du Nord… Mais le « couscous royal » de l’Hexagone mélangeant différentes viandes est encore souvent perçu comme une hérésie de l’autre côté de la Méditerranée.

• Querelles de nom

L’étymologie du couscous fait aussi couler beaucoup d’encre. Le mets a été désigné par le vocable taʿam (nourriture ou céréales en arabe) dès le XIème siècle, selon le chercheur Mohamed Oubahli. Des linguistes relient le mot à la racine arabe kassa ou kaskasa qui signifie moudre, d’autres aux mots berbères siksû et kisksû qui auraient ensuite été arabisés. Des mentions du terme kuskusū ont été identifiées dans des textes à partir du XIIème siècle, puis au XVIIème celui de kaskas, qui désignait le récipient troué servant à la cuisson du plat.

• Pléthore de recettes

Cette bataille de noms est également nourrie par les appellations des différentes recettes : le maghlouth (mélangeant semoule d’orge et de blé), le firfish, ou farfoush (aux fanes de fenouil), le borzgane (couscous blanc à l’agneau et aux fruits secs), l’osbane (aux tripes et boyaux farcis)… Dans certaines régions du Nord et du Sud de la Tunisie le mot barkoukish peut désigner un couscous à gros grains cuits. Dans l’Aurès, en Algérie, ce dernier est nommé berboûcha ou aberboûch.

• Couscous de la mer

L’apparition du poisson et des autres fruits de mer n’est pas datée, mais il n’est pas rare que des Tunisiens s’en octroient la postérité. « Dans une société pauvre, les gens cuisinaient ce que la nature environnante leur offrait, souligne Sihem Debbabi, et les Tunisiens de la région du Sahel (côte) vivaient notamment des poissons qu’ils pêchaient puisque la viande était rare et chère. » Cette région côtière cuisine encore aussi un couscous aux sardines à la vapeur ou aux boulettes de sardine, tandis qu’à Tunis, on en trouve aux poissons et aux coings.À LIRE Où fait-on le meilleur couscous ?

Mais le couscous aux produits de la mer n’est pas une spécificité tunisienne, met en garde la chercheuse. Ses voisins connaissent le couscous bônois au poisson (connu vers Annaba, en Algérie), ou celui à la semoule de maïs et aux poissons dans la région marocaine du Souss, à Essaouira et Safi, dit « couscous amazigh ».

• Un festival d’épices

Aneth, fanes de navets, khobiza (mauve)… L’utilisation d’herbes peut donner toute son identité au plat. Il est souvent relevé par des épices, à commencer par le ras el-hanout (cannelle, gingembre, coriandre, cardamome, muscade, poivre..). D’autres lui préfèrent le cumin ou la harissa.

CERTAINS RECETTES INCLUENT DES PRUNES OU DES NOIX DÈS L’ÉPOQUE MÉDIÉVALE

• Avec ou sans sucre ?

Des recettes incluent dès l’époque médiévale des prunes ou des noix. Aujourd’hui, le mesfouf désigne un couscous sucré. En Tunisie, on le prépare à la crème et aux fruits secs. Il peut se servir accompagné de thé à la menthe ou d’un verre de lben ou de rayeb (petit-lait et lait fermenté et caillé), parfumé ou non à la fleur d’oranger.

• Un plat de fêtes

Ces variantes sucrées accompagnent souvent la dernière soirée des noces. Comme l’écrit le chef Nordine Labiadh dans son livre Couscous pour tous (éditions Solar, 2020), « à chaque célébration son couscous ». Le plat encadre plus généralement de grandes étapes de la vie : naissance, funérailles et autres fêtes sacrées.

• Mode d’emploi

Si le couscous est présenté dans un plat collectif, chacun doit déguster la part qui se trouve face à lui en roulant une boulette avec l’index et le majeur mais en la portant à la bouche avec le pouce, rappelle encore Nordine Labiadh. La part de chaque convive dispose d’accompagnements : légumes, viandes ou autres, et le surplus est placé au milieu du plat.

Avec Jeune Afrique par Camille Lafrance

Coopération-Congo: l’Unesco entend accompagner l’École de peinture de Poto-Poto

octobre 15, 2020

La directrice générale de l’Unesco, Audrey Azoulay, a annoncé lors de sa visite au sein de l’Ecole de peinture de Poto-Poto, le 14 octobre, que l’organisation onusienne va continuer de soutenir cet établissement pictural.

Photo 1 : le président des peintres de Poto-Poto donnant l’explication des toiles à la DG de l’Unesco lors de la visite guidée (crédit photo/ADIAC)

Reçue à son arrivée par le ministre de la Culture et des Arts, Dieudonné Moyongo, qui avait à ses côtés le ministre de l’Enseignement supérieur, Bruno Jean Richard Itoua, et l’ambassadeur du Congo à l’Unesco, Henri Ossebi, la directrice générale de l’Unesco a bénéficié d’une visite guidée de la cour de l’école, en passant par le hall puis l’intérieur du bâtiment à l’architecture coloniale, décoré par les peintres de cette prestigieuse école, placés sous la présidence de Sylvestre Bongouandza.

Prenant la parole pour son mot de remerciement, le ministre de la Culture et des Arts a dit avec des mots justes à la directrice générale de l’Unesco que sa venue à Brazzaville pendant que l’humanité est confrontée à la pandémie du coronavirus est l’expression de sa volonté à accompagner le Congo à relever ses nombreux défis culturels.

Il a profité de l’occasion pour soulever un aspect qui tient à cœur les culturels des deux Congo. « Je saisi cette occasion solennelle pour vous rappeler que le dossier d’inscription de la rumba congolaise sur la liste représentative du patrimoine culturel immatériel a été déposé à l’Unesco le 26 mars de cette année. Ce dossier est porté par la République du Congo (RC) et la République démocratique du Congo (RDC), ceci grâce à vos équipes, grâce au bureau de Brazzaville (RC), grâce au bureau régional de l’Unesco qui se trouve à Yaoundé (Cameroun). Nous sommes poussés par l’obligation de léguer à l’humanité la rumba congolaise, mais nous comptons sur vous, sur le comité intergouvernemental de sauvegarde du patrimoine culturel. Nous sommes sûrs que la rumba qui est dans notre ADN sera inscrite sur cette liste », a déclaré Dieudonné Moyongo.

Dans son mot de circonstance, la directrice générale de l’Unesco, Audrey Azoulay, a tenu d’abord à rendre un hommage mérité à tous les pionniers qui ont donné une âme et une renommée mondiale à l’École de peinture de Poto-Poto. « Je voyage beaucoup grâce à l’Unesco et partout dans le monde on connait l’École de peinture de Poto-Poto. On la voit du Mont Marthe à Paris, on la voit à l’Unesco, on la voit à travers le monde, et cette expression, cette vision du monde qui vous ait si particulière, vous l’offrez à travers vos peintures, à travers vos créations artistiques », s’est-elle adressée aux peintres de cette célèbre école.

Audrey Azoulay, a reconnu tout de même que la période actuelle est particulièrement sévère avec la pandémie de Covid-19. Cependant, elle pense que s’il faut reconstruire un futur qui ait du sens, le besoin des artistes, leur vision s’impose. « On a besoin des jeunes, de former des jeunes artistes qui veulent s’exprimer, et donner leur les moyens de s’exprimer à travers les arts, et à travers la culture. C’est ce que fait cette école, c’est aussi ce que l’Unesco avait reconnu il y a 15 ans, à travers mes prédécesseurs. C’est ce que je suis venue aussi saluer aujourd’hui. Je vais vous dire que l’Unesco va continuer de soutenir l’École de peinture de Poto-Poto. Et nous allons voir très concrètement comment le faire pour continuer à vous accompagner. »

Répondant au ministre de la Culture et des arts sur le dossier de l’inscription de la rumba à la liste représentative du patrimoine culturelle immatérielle, la directrice générale de l’Unesco a souhaité elle aussi que ce dossier puisse aboutir parce que très symboliquement, ce serait une reconnaissance pour toute cette création aussi musicale. « Je suis très sensible aussi du fait que cette candidature soit portée des deux côtés du fleuve. C’est un très beau symbole, elle pourra d’ailleurs même aller au-delà, parce que la présence de la rumba se trouve dans bien d’autres pays », a-t-elle déclaré.

Enfin, félicitant les artistes, Audrey Azoulay a lancé un mouvement de soutien aux artistes à travers le monde pour attirer l’attention des pouvoirs publics, celle des sociétés sur le secteur de la culture, de la création. Les artistes, reconnait-elle, ont beaucoup souffert de la pandémie actuelle, dont les revenus ont très fortement chuté. Il faut soutenir la culture, l’éducation, car elles sont les bases d’une société solide pour demain, a-t-elle indiqué.

Notons que l’Ecole de peinture de Poto-Poto a été créée en 1951 par le Français Pierre Lods. Elle totalisera ses soixante-dix ans en 2021.

Avec Adiac-Congo par Bruno Okokana

Congo/Enseignement: les élèves suivront des cours à travers « Ecole à domicile média »

octobre 14, 2020

La chaîne éducative, qui va assurer la continuité pédagogique, a été officiellement mise en service par la directrice générale de l’Organisation des Nations unies pour l’Education, la science, la culture (Unesco), Audrey Azoulay, le 14 octobre à Brazzaville au lycée de la Révolution où le média est installé.

La directrice générale de l’Unesco et le ministre Collinet Makosso sur le plateau

Plate-forme d’hébergement et de diffusion, la chaîne « Ecole à domicile média » qui combine web, radio et télévision diffusera non seulement les cours mais aussi les émissions et documentaires éducatifs en cette période où les enseignements se font en présentiel et en distanciel, a expliqué le ministre de l’Enseignement primaire, secondaire et de l’Alphabétisation, Anatole Collinet Makosso, lors du lancement officiel dudit média.

Le plateau technique de cette chaîne est disposé de façon à permettre l’interactivité par webinaire.

Un studio pour la diffusion en direct et en différé où se font également des simulations et les enregistrements. « Ce média annonce une grande révolution dans la gouvernance scolaire », a indiqué le ministre Anatole Collinet Makosso.

Il a, par ailleurs, indiqué que le gouvernement a résolu de capitaliser toutes les approches expérimentées lors du confinement pour donner un sens à l’éducation non formelle comme dispositif devant compléter l’éducation formelle. L’approche pédagogique de « Ecole à domicile », qui privilégiait les élèves en classe d’examen, a permis à 28 556 jeunes de décrocher le baccalauréat et 55 338 à empocher le Brevet d’études du premier cycle.

« Je salue les efforts consentis par le Congo dans le maintien des apprentissages pendant les moments forts de la pandémie, la volonté de ne pas laisser tomber l’éducation », a déclaré, pour sa part, la directrice générale de l’Unesco, Audrey Azoulay.

La diplomate onusienne, en séjour de travail à Brazzaville, a également souligné la nécessité de prendre en compte les élèves vivant dans les zones rurales, s’agissant de l’enseignement à distance.

Le schéma prévu par le ministère de l’Enseignement, primaire, secondaire et de l’Alphabétisation prévoit les cours polycopiés et les cahiers d’activités à mettre à la disposition des élèves, y compris ceux qui sont dans des zones rurales de sorte à garantir une éducation de qualité à tous les enfants du pays, à en croire le ministre Anatole Collinet Makosso.

Avec Adiac-Congo par Rominique Makaya.

La Française Audrey Azoulay élue directrice générale de l’Unesco

octobre 13, 2017

L’ex-ministre française de la Culture Audrey Azoulay à Paris, le 13 octobre 2017 / © AFP / Thomas Samson

Audrey Azoulay, ancienne ministre française de la Culture, a été élue vendredi soir directrice générale de l’Unesco face au Qatari Hamad Al-Kawari, au terme d’une élection marquée par de multiples rebondissements, dont le retrait des Etats-Unis et d’Israël de cette agence internationale.

« Félicitations à Audrey Azoulay ! La France continuera à se battre pour la science, l’éducation et la culture dans le monde », a tweeté le président Emmanuel Macron.

Lors de l’ultime tour d’un scrutin très serré entamé lundi, les 58 membres du Conseil exécutif de l’Organisation des Nations unies pour l’éducation, la science et la culture, ont préféré la candidate Française au représentant qatari, par 30 voix contre 28.

Audrey Azoulay a reçu le soutien de l’Egypte, dont la candidate avait été éliminée sur la dernière ligne droite.

Mais Le Caire a néanmoins demandé à l’Unesco, dont le siège se trouve dans la capitale française, « la vérification des violations détectées tout au long du processus électoral », selon un porte-parole du ministère égyptien des Affaires étrangères.

Le candidat du Qatar, qui faisait la course en tête depuis le début malgré la résurgence de vieux soupçons d’antisémitisme relayés par le Centre Simon Wiesenthal Europe, ne faisait pas l’unanimité des pays arabes en délicatesse avec Doha.

En juin, l’Arabie saoudite, les Emirats arabes unis, Bahreïn et l’Egypte ont en effet rompu leurs relations diplomatiques avec le Qatar, l’accusant de soutenir des groupes extrémistes et de se rapprocher de l’Iran.

Ces quatre pays ont imposé un embargo au Qatar, qui a rejeté toutes les accusations à son encontre, y voyant une ingérence dans sa politique étrangère.

La bataille a cependant été âpre pour prendre le leadership d’une organisation déjà fragilisée par ses dissensions et ses difficultés économiques, et à laquelle les Etats-Unis et Israël avaient porté « un coup dur » avec l’annonce jeudi de leur départ, selon la directrice générale sortante de l’organisation, la Bulgare Irina Bokova.

Washington et Tel Aviv ont voulu ainsi exprimer leur exaspération face à une organisation qu’ils accusent d’être devenue anti-israélienne.

Les Etats-Unis avaient déjà suspendu leur contribution financière régulière il y a six ans.

– ‘Politisation’ –

C’est l’admission en 2011 de la Palestine au sein de l’Unesco qui avait entraîné cette interruption des versements de fonds, représentant près du quart du budget de l’agence, par Israël et les Etats-Unis.

Dès avant l’annonce de jeudi, François Chaubet, un professeur français d’histoire contemporaine, estimait d’ailleurs qu' »un des enjeux » de l’élection serait de « ramener les Etats-Unis dans les contributeurs ». Partis une première fois en 1984, ils étaient revenus en 2002.

« Pour honorer ses slogans nationalistes, Trump a choisi de faire le sacrifice de l’Unesco, c’était la décision qui coûtait le moins cher… », a commenté l’historien français Bertrand Badie.

« Si Donald Trump était partisan des institutions multilatérales, cela se saurait », a pour sa part relevé François Heisbourg, conseiller spécial de la Fondation de la recherche stratégique.

La décision américaine a néanmoins été une « triste nouvelle » ou un motif de « regret », voire de « déception », à Paris, à Moscou, dans les instances dirigeantes de l’ONU et de l’Unesco, mais aussi dans les milieux culturels et universitaires américains.

Pour Mme Bokova, « c’est l’universalité de l’organisation qui est en jeu ». Et le multilatéralisme dans l’ADN de l’organisation, ajoute-t-on de sources diplomatiques.

Vendredi, Berlin a appelé de ses voeux à « une Unesco forte ». Mais le porte-parole de la chancelière Angela Merkel, Steffen Seibert, a également rappelé que le gouvernement allemand « critiquait aussi depuis quelque temps la politisation (du) travail très important » effectué par l’Unesco, « par certains membres ».

« Nous mettons tous nos espoirs dans le ou la futur(e) secrétaire général(e) et attendons que cette nouvelle personne à la tête mène les réformes de l’organisation », a-t-il ajouté.

A des journalistes vendredi après-midi, Mme Azoulay a affirmé que sa candidature visait notamment à « restaurer l’efficacité et la crédibilité » de l’agence qui « traverse une crise politique profonde ».

Romandie.com avec(©AFP / 13 octobre 2017 23h06)                

Unesco: la candidate française sera opposée au Qatari

octobre 13, 2017

L’ex-ministre française de la Culture Audrey Azouley à Cannes le 23 mai 2017 / © AFP/Archives / Anne-Christine POUJOULAT

Le dernier tour de l’élection très politique du prochain directeur général de l’Unesco opposera vendredi soir à Paris le représentant du Qatar Hamad bin Abdoulaziz Al-Kawari à la française Audrey Azoulay, a-t-on appris de source diplomatique.

Lors d’un vote intermédiaire en début d’après-midi, les 58 membres du Conseil exécutif de l’organisation des Nations unies pour l’éducation, la science et la culture, ont préféré la candidate française à l’Egyptienne Moushira Khattab, par 31 voix contre 25 (deux votes blancs), pour affronter M. Al-Kawari à l’ultime tour de scrutin.

Ces deux candidates étaient arrivées ex-aequo jeudi soir, avec 18 suffrages chacune, derrière le candidat qatari (22 voix) qui a fait la course en tête depuis le début de processus de sélection lundi.

Ce scénario inédit a contraint l’Unesco, dont le siège est à Paris, à organiser une sorte de vote intermédiaire pour départager les deux candidates.

La bataille fait rage pour savoir qui prendra le leadership d’une organisation déjà fragilisée par ses dissensions et ses difficultés économiques, et à laquelle les Etats-Unis et Israël ont porté « un coup dur » en annonçant jeudi leur départ, selon la directrice générale sortante de l’organisation, la Bulgare Irina Bokova.

Romandie.com avec(©AFP / 13 octobre 2017 15h29)                

Les États-Unis se retirent de l’Unesco, en pleine élection de son prochain dirigeant

octobre 12, 2017

Le logo de l’Unesco / © AFP / BERTRAND GUAY

Les Etats-Unis ont annoncé jeudi leur retrait de l’Unesco, l’accusant d’être anti-israélienne, au moment même où l’institution, en perte de vitesse et à la recherche d’un second souffle, s’apprête à élire son prochain directeur général.

L’actuelle directrice générale de l’Organisation des Nations unies pour l’éducation, la science et la culture, la Bulgare Irina Bokova, a dit « regretter profondément » cette décision, à ses yeux préjudiciable au multilatéralisme.

Des regrets partagés par la France, qui héberge l’Unesco, et par le secrétaire général de l’ONU Antonio Guterres qui souligne « le rôle majeur des Etats-Unis à l’Unesco depuis sa fondation », en 1946.

Le feu couve pourtant depuis des années sur fond de positions controversées de l’Unesco sur Jérusalem et Hébron défendues par les pays arabes.

En 2011, l’admission de la Palestine au sein de l’Unesco a accentué la crise et entraîné la suspension des contributions financières d’Israël et des Etats-Unis, égales à plus de 20% du budget de l’agence.

En juillet dernier, ces derniers avaient d’ailleurs prévenu qu’ils réexaminaient leurs liens avec l’Unesco, qualifiant d' »affront à l’histoire » la décision de l’organisation de déclarer la vieille ville de Hébron, en Cisjordanie occupée, « zone protégée » du patrimoine mondial. Une décision qualifiée de « délirante » par Israël, qui a salué jeudi le retrait américain : « nous entrons dans une nouvelle ère aux Nations unies, celle où, quand on pratique la discrimination contre Israël, il faut en payer le prix ».

Après son retrait, qui ne sera effectif que fin 2018 conformément aux statuts de l’Unesco, Washington souhaite y demeurer observateur.

« Cette décision n’a pas été prise à la légère et reflète les inquiétudes des Etats-Unis concernant l’accumulation des arriérés à l’Unesco, la nécessité d’une réforme en profondeur de l’organisation, et ses partis pris anti-israéliens persistants », a expliqué le Département d’Etat dans un communiqué.

Pour François Heisbourg, conseiller de la Fondation de la recherche stratégique (FRS), « c’est une conséquence logique », compte tenu de la position américaine sur la question israélo-palestinienne.

– Cible facile –

Un tel retrait n’est pas inédit : il y eut un précédent en 1984, sous Ronald Reagan, alors motivé par l’inutilité supposée et les débordements budgétaires de l’Unesco. Ce n’est qu’en 2002 que les Etats-Unis avaient réintégré l’organisation.

« Relativement petite », « ne touchant pas des intérêts vitaux », « l’Unesco est une cible plus facile que d’autres » et « par ailleurs, elle est allée plus loin que les autres organisations du système des Nations unies en termes de reconnaissance de l’Autorité palestinienne », note M. Heisbourg.

L’annonce américaine intervient au moment même où l’élection hautement politique du successeur d’Irina Bokova entre dans une phase décisive, cristallisant d’autres tensions diplomatiques.

Les 58 pays membres du Conseil exécutif désigneront jeudi soir deux finalistes, voire le prochain dirigeant de cette organisation en mal de réformes, de dépolitisation et de consensus. Et qui doit faire en outre avec les arriérés de contribution de ses membres.

Or, depuis le début du scrutin lundi, un des vainqueurs potentiels est le candidat qatari Hamad bin Abdoulaziz Al-Kawari qui ne fait pas l’unanimité.

Les pays arabes qui ont rompu cette année leurs relations diplomatiques avec Doha, dont l’Egypte et l’Arabie saoudite, s’en inquiètent même s’ils ont largement revendiqué le poste pour leur groupe, qui ne l’a jamais occupé.

En outre, de vieux soupçons d’antisémitisme à l’encontre du candidat qatari ont resurgi ces derniers jours, relayés notamment par le Centre Simon Wiesenthal Europe et la Ligue Anti-diffamation aux Etats-Unis.

Il lui est en particulier reproché un silence présumé face à la présence de livres antisémites au cours de foires du livre lorsqu’il était ministre de la Culture.

Pour la France, le retrait américain plaide pour sa propre candidate, Audrey Azoulay, 45 ans, ancienne ministre de la Culture qui a recueilli autant de voix que lui mercredi – 18 sur les 30 nécessaires pour être élu -, comblant l’écart qui les séparait encore la veille.

« Notre candidature à la direction générale de l’Organisation prend, dans ces circonstances, une signification nouvelle », selon le gouvernement.

Suit, avec 13 suffrages mercredi, la militante des droits de l’homme égyptienne Moushira Khattab.

Si aucun n’atteint la majorité absolue jeudi, le dernier vote vendredi départagera les deux candidats arrivés en tête.

Romandie.com avec(©AFP / 12 octobre 2017 18h37)                

Asmara, « ville moderniste de l’Afrique » couronnée par l’Unesco

juillet 8, 2017

Asmara, capitale de l’Erythrée. © David Stanley/Flickr

Les Erythréens ont toujours soutenu qu’il n’y avait pas en Afrique une autre ville comme leur capitale Asmara et l’Unesco a confirmé leur sentiment en l’inscrivant samedi sur sa liste du patrimoine culturel mondial.

La décision, annoncée à Cracovie, où le Comité du patrimoine mondial est réuni, couronne un long effort des autorités érythréennes pour faire reconnaître par la communauté internationale l’architecture unique de la ville.

Celle-ci possède notamment un bowling art-déco avec des fenêtres aux vitres de couleur et une station-service qui ressemble à un avion en train de s’élever dans les airs.

Premier site érythréen inscrit au Patrimoine mondial

Il s’agit de la première inscription d’un site érythréen sur la liste du Patrimoine mondial.

« La reconnaissance de la ville comme un site du patrimoine d’une valeur universelle exceptionnelle nous remplit d’une immense fierté et de joie, mais aussi d’un sens de responsabilité et de devoir », a déclaré la déléguée permanente de l’Erythrée auprès de l’Unesco Hanna Simon, invitant « le monde entier » à visiter Asmara.

C’est une bonne nouvelle pour le pays de la Corne de l’Afrique dont l’image est mauvaise en Europe, qui voit débarquer sur ses rives un grand nombre de migrants érythréens fuyant la répression chez eux.

Marquée par la présence italienne depuis 1869, intégrée dans l’Afrique orientale italienne en 1936, l’Erythrée fut une colonie jusqu’en 1941, sous la dictature fasciste de Benito Mussolini, et l’architecture futuriste d’Asmara remonte en grande partie à cette époque-là.

« Petite Rome »

Des architectes dont les projets ne trouvaient pas preneur dans les villes conservatrices d’Europe avaient migré vers Asmara. A l’époque, la moitié de ses habitants étaient Italiens et on l’appelait « Piccola Roma » ou « Petite Rome ».

Les bâtiments modernistes des autres villes érythréennes ont été détruits au cours de la longue guerre de libération contre l’Ethiopie. Ceux d’Asmara y ont survécu et la ville a été déclarée en 2001 monument national par le gouvernement qui l’appelle « Cité de Rêve » de l’Afrique.

Mais les efforts pour restaurer les façades de marbre et les piliers à la romaine des théâtres et des cinémas se sont heurtés au manque de fonds et de main d’oeuvre qualifiée, reconnaissent les autorités municipales.

Le délégué permanent du Liban, Khalil Karam, tout en se félicitant de la décision de l’Unesco, a évoqué la « sous-représentation de l’héritage moderne en Afrique », suggérant que le quartier italien de Benghazi – si la situation en Libye se stabilise – et Casablanca, soient les prochains sites sur la liste des candidats.

Le Comité du patrimoine mondial a inscrit auparavant samedi matin une autre « première » africaine en plaçant sur la même liste le centre de la ville angolaise de Mbanza Kongo, ancienne capitale du royaume du Kongo.

Jeuneafrique.com avec AFP

Quand Alain Mabanckou devient par erreur écrivain de la RDC pour une conférence de l’Unesco

juin 30, 2017

Le 30 juin, jour historique de l’indépendance de la RDC, Alain Mabanckou est devenu écrivain de ce pays avec un badge portant son identité.

Invité pour participer à la Conférence-dédicace de l’Unesco, à Enghien-Les-Bains, il a accepté l’erreur commise sur une partie de son identité même s’il est devenu persona non grata dans son pays d’origine.

 

 

Bernard NKOUNKOU

La France recule à la quatrième place pour l’accueil des étudiants étrangers

janvier 15, 2017

Le nombre d’étudiants en mobilité internationale a progressé de 23 % en cinq ans, selon l’Unesco, mais la progression n’a pas suivi le même rythme en France. En cause, notamment, selon Campus France : la baisse du budget des bourses.

La Cité internationale universitaire de Paris.

La Cité internationale universitaire de Paris. Cité universitaire internationale – Jon ongkiehong
La France, jusqu’ici troisième destination mondiale pour les étudiants étrangers, rétrograde à la quatrième place. Derrière les Etats-Unis et le Royaume-Uni, elle est désormais doublée par l’Australie, selon une étude de l’Unesco à partir des chiffres 2014. Des résultats qui inquiètent Campus France, l’organisme chargé de l’accueil et de la promotion des études supérieures dans l’hexagone : la hausse du nombre d’étudiants n’y a été que de 7,5 %, selon les données du ministère, entre 2009 et 2014, alors que la mobilité étudiante mondiale a progressé de 23 %, selon les chiffres de l’Unesco.
Campus France

Dans la même période de cinq ans, les Etats-Unis ont réussi à accueillir 27 % d’étudiants étrangers en plus, et le Royaume-Uni 16 %, relate l’organisation internationale. Certes, l’Hexagone a accueilli 299 000 étudiants internationaux en 2014 et 310 000 en 2015, selon les chiffres ministériels, mais c’est peu au regard du nombre d’étudiants en mobilité dans le monde, qui a doublé depuis quinze ans pour atteindre 4,3 millions.

Dans les résultats de l’Unesco, la France est pénalisée par un changement de méthodologie : les étudiants étrangers déjà présents dans le pays avant le bac ne sont plus pris en compte, ce qui amène l’organisation internationale à ne considérer que 235 000 étudiants étrangers en 2014. L’Allemagne pâtit aussi de ce changement de méthode, et rétrograde à la sixième place. Il n’empêche : d’autres pays développés font preuve, dans le même temps, d’un grand dynamisme. Notamment le Canada (+ 75 %) qui monte à la septième place ; ou les Pays-Bas (+ 199 %) qui bondissent à la douzième place mondiale.

Poussée de la Russie, la Chine, l’Arabie saoudite et la Turquie

« En France, déplore Béatrice Khaiat, la directrice générale de Campus France, les universités marquent le pas par rapport aux grandes écoles. Cela traduit probablement le fait qu’elles ont déjà du mal à faire face à la croissance des effectifs à l’entrée à l’université. Mais il faut souligner qu’au niveau du doctorat, le nombre de Français diminue en même temps que le nombre de jeunes chercheurs étrangers… » Une véritable rupture dans les effectifs d’étudiants internationaux accueillis en France s’est produite, selon elle, à partir de 2012. Elle découle aussi de l’affirmation de nouveaux acteurs émergents, « des puissances régionales comme la Russie, l’Arabie saoudite, la Turquie ou encore la Chine [+ 80 % sur cinq ans] qui prend sa place de neuvième, récoltant les fruits de la politique qu’elle a planifiée et mise en œuvre ».

La Russie s’est ainsi hissée à la cinquième place des pays d’accueil, devant l’Allemagne et le Japon, avec 65 % de croissance en cinq ans, tandis que la Turquie (+ 120 %) passe du vingt-cinquième au dix-septième rang. Et l’Arabie saoudite bat un record de croissance (+ 260 %), bondissant du onzième au vingt-septième rang.

Le recul relatif de la France menace son influence, les étudiants étrangers étant réputés devenir des ambassadeurs de la culture et de l’économie françaises à l’international : « Le soft power français est concurrencé par des pays dont on ne partage pas forcément les valeurs, s’inquiète Mme Khaiat. L’Arabie saoudite mais aussi le Canada ou la Chine attirent des étudiants africains qui autrefois venaient en France. Le lien avec l’Afrique que l’on renforce, et que l’on cherche à renforcer, demande une volonté politique – elle est là –, mais aussi des moyens pour les bourses et la promotion. » Une tendance également perceptible dans ce reportage :

Dans son communiqué, Campus France note que « l’Arabie saoudite fait une entrée en force sur le continent africain, chaque année plus marquée, attirant les étudiant(e) s avec des bourses islamiques : 33 727 étudiants africains accueillis en 2014 contre 2 447 en 2009 (× 16 !) (…). Sont particulièrement concernés, dans l’ordre : le Nigeria, la Mauritanie, le Mali, l’Erythrée, la Somalie, le Kenya et le Tchad. »

La circulaire Guéant, qui avait restreint l’accès des étudiants étrangers sous le précédent quinquennat, avait déjà conduit la France à rétrograder en quatrième position des pays d’accueil d’étudiants derrière l’Australie. Depuis, les formalités administratives et la délivrance des titres de séjour ont été facilitées et simplifiées pour les étudiants étrangers, ce qui lui avait permis de reconquérir provisoirement la troisième position.

Mais Béatrice Khaiat déplore la baisse de 17,5 % en quatre ans de l’enveloppe des bourses attribuées par le quai d’Orsay aux étudiants internationaux, qui est tombée à seulement 68 millions d’euros cette année. Une économie modeste dont les effets commencent à se faire sentir.

L’élection de Donald Trump, le « Brexit », la dérive autoritaire du président Erdogan en Turquie font partie des changements politiques et géopolitiques qui pourraient changer la donne à l’avenir. Mais sans moyen, l’attractivité de la France aura du mal à rebondir.

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Lemonde.fr par  Adrien de Tricornot, Journaliste