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Démission du numéro 2 d’Unicef, accusé de comportement inapproprié envers des femmes

février 22, 2018

Nations unies (Etats-Unis) – Le numéro deux d’Unicef, le Britannique Justin Forsyth, a démissionné de ses fonctions après avoir été accusé de comportement inapproprié envers des femmes alors qu’il travaillait pour l’organisation Save the Children, a annoncé jeudi l’Unicef.

La directrice d’Unicef, « Henrietta Fore, a accepté aujourd’hui la démission de son adjoint Justin Forsyth », indique un communiqué. Ce dernier travaillait depuis deux ans à Unicef.

« Nous sommes reconnaissants envers M. Forsyth pour son travail au cours des deux dernières années pour défendre les enfants les plus vulnérables et aider la mission de l’Unicef à sauver des vies d’enfants. Cette mission est désormais plus importante que jamais », ajoute le communiqué de la patronne du Fonds des Nations unies pour l’enfance.

L’Unicef a assuré n’avoir pas été au courant des accusations de comportement inapproprié qui avaient été portées contre Justin Forsyth avant qu’il ne soit engagé au Fonds.

Trois employées de Save the Children ont accusé Justin Forsyth alors qu’il dirigeait cette ONG britannique d’avoir eu à leur égard un comportement déplacé. Ce dernier leur aurait envoyé des messages inappropriés et aurait fait des commentaires sur leur tenue vestimentaire.

Ces accusations sont survenues dans le sillage du vaste scandale touchant l’organisation britannique Oxfam, incluant des faits de prostitution en Haiti.

Oxfam est une confédération d’une vingtaine d’organisations humanitaires qui emploie 10.000 personnes à travers le monde et plusieurs dizaines de milliers de volontaires.

Le secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, a édicté une règle de tolérance zéro pour tout comportement sexuel inapproprié qui serait commis au sein de l’organisation ou de ses agences.

Romandie.com avec(©AFP / 22 février 2018 17h46)                                            

Une Américaine nommée à la tête de l’Unicef

décembre 22, 2017

La nomination d’Henrietta Fore comme directrice générale de l’Unicef a été annoncée le 22 décembre 2017 / © AFP/Archives / MARWAN NAAMANI

Une Américaine, première femme à avoir dirigé l’Agence des Etats-Unis pour le développement international (USAID), a été nommée à la tête de l’Unicef, agence onusienne chargée de la protection de l’enfance, a annoncé l’ONU vendredi.

Henrietta Fore, 69 ans, va succéder à Anthony Lake qui était en poste depuis 2010.

En annonçant cette nomination opérée par le secrétaire général des Nations unies, un porte-parole de l’instance internationale a relevé que Mme Fore avait travaillé dans les secteurs public et privé aux Etats-Unis ainsi que pour des organisations non gouvernementales tout au long d’une carrière de quatre décennies.

Outre la direction de l’USAID, elle a également été chargée de l’aide internationale au sein du département d’Etat américain.

Elle est actuellement PDG de Holsman International, un groupe industriel et financier.

M. Guterres s’était engagé lors de sa prise de fonctions en début d’année à nommer davantage de femmes à des postes de responsabilité au sein de l’ONU. Seulement environ un quart de ces emplois sont pour l’heure occupés par des femmes.

Romandie.com avec(©AFP / 22 décembre 2017 19h17)                

Arrivée des premières aides à l’aéroport de Saana depuis 3 semaines

novembre 25, 2017

Déchargement de cartons de vaccins à l’aéroport de Sanaa, le 25 novembre 2017 / © AFP / MOHAMMED HUWAIS

Un avion chargé d’aide humanitaire affrété par l’Unicef a atterri samedi à Sanaa, pour la première fois depuis le renforcement début novembre d’un blocus imposé par la coalition sous commandement saoudien au Yémen.

Cette coalition militaire est intervenue au Yémen en mars 2015 pour stopper la progression des rebelles yéménites Houthis face aux forces gouvernementales.

Elle avait imposé un blocus total au Yémen après le tir le 4 novembre d’un missile balistique par les rebelles en direction de l’Arabie saoudite. L’engin avait été intercepté au dessus de l’aéroport international de Ryad.

Après des appels pressants de l’ONU, la coalition avait annoncé mercredi la réouverture du port de Hodeida (ouest) et de l’aéroport de Sanaa, tous les deux contrôlés par les rebelles, pour l’aide humanitaire.

Samedi matin, 1,9 million de vaccins sont parvenus dans la capitale yéménite, a indiqué sur Twitter la représentante de l’Unicef au Yémen, Meritxell Relano.

Selon l’Unicef, ces vaccins doivent servir a protéger 600.000 enfants contre la diphtérie, une maladie en progression au Yémen.

La diphtérie est venue s’ajouter à une épidémie de choléra. Entre le 27 avril et le 8 novembre, l’OMS a enregistré 913.741 cas suspects de choléra et 2.196 décès liés à cette maladie, même si le nombre de cas est en diminution depuis plusieurs semaines.

Le photographe de l’AFP a constaté sur le tarmac de l’aéroport des piles de cartons remplis de vaccins.

Trois autres avions affrétés par le Programme alimentaire mondial (PAM) et le Comité international de la Croix-Rouge (CICR) ont également atterri samedi à Sanaa avec à bord des travailleurs humanitaires.

« Je confirme que notre avion a atterri ce matin à Sanaa », transportant du personnel, a indiqué à l’AFP la porte-parole du CICR pour le Moyen-Orient Iolanda Jaquemet.

Un porte-parole du PAM a indiqué qu’un bateau transportant de l’aide attendait encore l’autorisation d’entrer dans le port de Hodeida.

Selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS), le conflit au Yémen a fait, depuis l’intervention de la coalition militaire arabe, plus de 8.750 morts et 50.600 blessés, dont de nombreux civils.

Le pays connaît « la pire crise humanitaire de la planète », selon l’ONU qui a averti que sept millions de Yéménites se trouvent au bord de la famine en raison de la poursuite du conflit.

Réagissant à l’arrivée des premières aides, un responsable de l’Autorité de l’aviation civile dépendante des rebelles houthis a réclamé la réouverture de l’aéroport de Sanaa à tous les vols civils et humanitaires, estimant que les quantités délivrées ce samedi étaient insuffisantes.

Dans une déclaration sur la chaîne al-Massira proche des rebelles, leur chef Abdel-Malek al-Houthi a appelé ses partisans à rester mobilisés face à toute « nouvelle escalade saoudienne ».

La guerre au Yémen oppose les forces gouvernementales du président Abd Rabbo Mansour Hadi, qui ont été chassées en septembre 2014 de Sanaa, aux rebelles Houthis, issus de la minorité zaïdite (branche du chiisme).

Romandie.com avec(©AFP / 25 novembre 2017 16h20)                

Yémen: l’ONU s’attend à 300.000 cas de choléra fin août

juin 23, 2017

A Sanaa, au Yémen, le 9 juin 2017, une mère tient son fils qui pourrait être atteint du choléra / © AFP/Archives /

L’épidémie de choléra au Yémen, qui a déjà fait près de 1.300 morts, pourrait atteindre le seuil des 300.000 cas à la fin août, a averti vendredi le Fonds des Nations unies pour l’enfance.

« Nous atteindrons probablement 300.000 cas à la fin août », contre près de 193.000 actuellement, a déclaré aux médias à Genève la représentante de l’Unicef, Meritxell Relano, jointe par téléphone.

Elle a rappelé que l’épidémie avait déjà fait 1.265 morts, dont un quart étaient des enfants, et que la moitié des cas suspects enregistrés jusqu’à aujourd’hui (192.983) sont des enfants.

Le choléra est réapparu en avril après une première épidémie l’an dernier.

Le Yémen est un pays qui s’effondre, a averti l’ONU fin mai.

Depuis le début du conflit, 17 millions de personnes sont confrontées à des pénuries alimentaires, dont près de 7 millions sont proches de la famine, dans un pays très dépendant de l’importation de nourriture.

Plus de 8.000 personnes sont mortes depuis le lancement en mars 2015 d’une campagne militaire par plusieurs pays conduits par l’Arabie saoudite contre les rebelles houthis soutenus par l’Iran, qui contrôlent la capitale Sanaa.

Romandie.com avec(©AFP / 23 juin 2017 13h49)                

Somalie: plus d’un million d’enfants menacés de malnutrition aiguë

mai 2, 2017

Des Somaliennes pèsent leurs enfants souffrant de malnutrition dans un centre médical près de Mogadiscio, le 11 avril 2017 / © AFP/Archives / MOHAMED ABDIWAHAB

Plus d’un million d’enfants sont menacés de malnutrition aiguë cette année en Somalie, pays au bord de la famine, et courent des risques très élevés de mourir, a averti mardi le Fonds des Nations unies pour l’enfance (Unicef).

« La projection du nombre d’enfants qui souffrent ou souffriront de malnutrition aiguë a augmenté de 50% depuis le début de l’année, à 1,4 million », a déclaré une porte-parole de l’Unicef, Marixie Mercado, précisant qu’il s’agissait de projections pour 2017.

Plus de 275.000 d’entre eux « souffrent ou souffriront de malnutrition aiguë sévère en 2017 », a-t-elle précisé lors d’un point de presse.

La malnutrition aiguë sévère est la forme la plus visible et la plus extrême de la dénutrition. Elle est illustrée par « un enfant fragile et squelettique qui a besoin d’un traitement urgent pour survivre », selon l’Unicef.

Les enfants souffrant de malnutrition aiguë sévère courent des risques neuf fois plus élevés de mourir que les enfants bien nourris.

En 2011, la dernière famine en date en Somalie a tué au moins 260.000 personnes, dont la moitié d’enfants de moins de 5 ans, selon le Programme alimentaire mondial (PAM).

La Corne de l’Afrique est touchée par une grave sécheresse, qui a déplacé plus de 615.000 personnes en Somalie depuis novembre dernier, alors que le pays comptait déjà quelque 1,1 million de déplacés, selon l’ONU.

« La combinaison sécheresse, maladies et déplacements est mortelle pour les enfants, et nous avons besoin de faire beaucoup plus, et plus rapidement, pour sauver des vies », a affirmé le représentant de l’Unicef en Somalie, Steven Lauwerier, cité dans le communiqué.

L’Unicef déplore également que « les femmes et enfants qui se déplacent, bien souvent à pied, vers des lieux où ils espèrent trouver de l’assistance, sont souvent victimes de vol ou pire, tant durant le trajet que dans les camps ».

L’appel de fonds d’urgence de l’ONU de 720 millions de dollars (660 millions d’euros) pour la Somalie est financé à hauteur de 58%, a indiqué mardi un porte-parole du Bureau de coordination des Affaires humanitaires de l’ONU, Jens Laerke.

Romandie.com avec(©AFP / 02 mai 2017 12h57)                

Guerre au Yémen: 1.400 enfants tués, 2.000 écoles hors d’usage (Unicef)

janvier 11, 2017

Sanaa – Près de 1.400 enfants yéménites sont morts et quelque 2.000 écoles sont hors d’usage depuis l’escalade de la guerre au Yémen en mars 2015, a annoncé mercredi à Sanaa le Fonds de l’ONU pour l’enfance (Unicef).

« Depuis l’escalade du conflit, les Nations unies ont pu vérifier que près de 1.400 enfants ont été tués et plus de 2.140 blessés », a déclaré à la presse la représentante au Yémen de l’Unicef, Meritxell Relano.

« Près de 2.000 écoles au Yémen ne peuvent plus servir parce qu’elles ont été détruites, endommagées, servent à accueillir des familles de déplacés ou sont utilisées à des fins militaires », a-t-elle ajouté.

Mme Relano a notamment cité la mort confirmée mardi d’un enfant près d’une école au nord de Sanaa lors d’un raid aérien qui en a blessé quatre autres.

Un responsable militaire et une source médicale yéménites ont donné un autre bilan de ce raid attribué à la coalition arabe sous commandement saoudien, parlant de cinq morts, dont deux enfants, et de 13 blessés.

L’attaque a visé un marché près de l’école al-Falah dans le secteur de Nihm, au nord-est de la capitale, sous contrôle des rebelles chiites Houthis.

« Les écoles doivent être des zones de paix, des sanctuaires où les enfants peuvent apprendre, grandir, jouer et être en sécurité », a poursuivi la représentante de l’Unicef.

Elle a renouvelé l’appel du Fonds à toutes les parties en conflit et à celles qui ont de l’influence sur les protagonistes à « protéger les enfants et à cesser les attaques contre les infrastructures civiles ».

– 1.363 enfants soldats –

Mme Relano a également appelé les belligérants à faciliter les livraisons de l’aide humanitaire et à cesser de recruter des enfants soldats. D’après elle, 1.363 enfants ont été enrôlés par les parties en conflit.

Selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS), le conflit au Yémen a fait plus de 7.350 morts et 39.000 blessés en 20 mois, des chiffres qui incluent les civils et les combattants.

Cette guerre oppose les rebelles Houthis soutenus par l’Iran aux forces progouvernementales appuyées par la coalition arabe sous commandement saoudien.

Mme Relano a détaillé par ailleurs les interventions de l’Unicef l’an dernier en faveur des enfants au Yémen, « en dépit de la situation difficile sur le terrain », et ses plans d’action pour 2017.

En 2016, a-t-elle dit, l’Unicef a apporté une assistance médicale à plus d’un million d’enfants de moins de cinq ans, ainsi qu’à plus de 550.000 mères enceintes ou qui allaitent.

L’Unicef a contribué à une campagne de vaccination contre la polio qui a touché près de 5 millions d’enfants et soigné 237.000 autres des effets d’une malnutrition aiguë.

L’organisation projette notamment de porter ce chiffre à 320.000 en 2017 et de proposer des soins médicaux à 1,3 million d’enfants.

Romandie.com avec(©AFP / 11 janvier 2017 12h33)

Nigeria : l’Unicef fait libérer 876 enfants détenus par l’armée

octobre 29, 2016

L’armée arrête fréquemment des civils ayant vécu dans des zones contrôlées par Boko Haram, une pratique contestée par les organisations de défense des droits de l’homme.

Des soldats de la 7e division de l’armée nigériane se préparent à quitter la ville de Maiduguri, située dans l’Etat de Borno, le 4 avril. Crédits : STEFAN HEUNIS / AFP
Le Fonds des Nations unies pour l’enfance (Unicef) a fait libérer 876 enfants détenus par l’armée nigériane, qui les soupçonne d’être liés à la secte islamiste Boko Haram, a déclaré vendredi 28 octobre Manuel Fontaine, directeur régional pour l’Afrique de l’Ouest et l’Afrique centrale.

Les enfants, dont la durée de détention n’a pas été précisée, étaient détenus dans des casernes de la ville de Maiduguri, dans l’Etat de Borno.

L’armée arrête fréquemment des civils ayant vécu dans des zones contrôlées par Boko Haram, une pratique contestée par les organisations de défense des droits de l’homme, à plus forte raison quand les détenus sont mineurs.

« Centres de réhabilitation »

Ces organisations reprochent à l’armée l’absence de charges pesant contre les détenus et le fait que les enfants soient souvent acheminés vers des « centres de réhabilitation » qu’elles qualifient de prisons. « Nous craignons qu’il y ait des enfants qui soient détenus pour la simple raison qu’ils étaient auparavant détenus par Boko Haram », a déclaré M. Fontaine.

Si l’armée nigériane n’a fait aucun commentaire, des responsables ont toutefois expliqué avoir besoin d’interroger des civils pour déterminer s’ils sont liés à l’insurrection armée qui s’efforce depuis sept ans de fonder un Etat islamique.

Lemonde.fr avec AFP

Le lait maternel, « premier vaccin des nouveau-nés », selon l’Unicef

août 2, 2016

Le lait maternel est d’une importance vitale pour l’enfant, un nouveau-né devrait pouvoir en bénéficier dès la première heure de son existence et connaître sans le moindre délai le contact charnel avec sa mère. Tel est le message que le Fonds des Nations unies pour l’enfance (Unicef) veut faire passer, à l’occasion de la semaine mondiale de l’allaitement qui se tient jusqu’au 7 août.

L’Unicef publie un rapport à partir d’un ensemble d’études réalisées sur les cinq continents, toutes en faveur de la tétée précoce. Elles montrent que près d’un enfant sur deux, soit 77 millions de bébés à travers le monde, n’est pas mis au sein assez rapidement. Le premier lait ou « colostrum » est très riche en nutriments et en anticorps. Les enfants allaités très rapidement ont de ce fait moins de risques d’être victimes de diarrhées, qui peuvent leur être fatales, et de pathologies respiratoires, en particulier dans les pays en voie de développement.

« Plus la mise au sein est tardive, plus le risque de mortalité augmente lors du premier mois de vie, au moment où l’enfant est le plus vulnérable aux maladies », notent les experts. Chaque minute compte. Le risque de mortalité du nourrisson augmenterait de 41 % lorsque la première tétée est repoussée de deux à vingt-trois heures, de 74 % au-delà de vingt-quatre heures.

Les enjeux sanitaires sont considérables. En 2015, la moitié des enfants qui n’ont pas atteint l’âge de 5 ans sont décédés au cours de leur première année. Un allaitement précoce peut être une « question de vie ou de mort », alertent les experts de l’Unicef.

« Si tous les bébés étaient uniquement nourris de lait maternel de leur naissance jusqu’à 6 mois, environ 800 000 vies seraient sauvées chaque année », estime France Beguin, experte en nutrition pour l’Unicef. « Le lait maternel est le premier vaccin des tout-petits. C’est la première et la meilleure façon de les protéger contre les infections et les maladies », rappelle-t-elle.

Sur la même ligne, l’Organisation mondiale de la santé préconise un allaitement exclusif jusqu’aux 6 mois de l’enfant, puis partiel jusqu’à ses 2 ans. L’Unicef regrette pour sa part que moins de la moitié des petits soient encore au sein à cet âge, une proportion qui ne varie guère depuis 2000.

Le Fonds insiste sur les bienfaits à long terme de ce mode d’alimentation sur le développement cognitif de l’enfant et même sur ses performances scolaires. Son plaidoyer en faveur de la tétée est sans restriction: celle-ci peut même concerner les mères séropositives pour le VIH, tout en donnant au bébé des traitements antirétroviraux. En guise d’argument supplémentaire, il avance un gain économique de plusieurs milliards de dollars par an.

L’allaitement, qui est inscrit sur la liste des Objectifs de développement durable de l’Organisation des nations unies, s’améliore depuis quinze ans, mais encore trop lentement. En Asie du Sud par exemple, où la tétée précoce est passée de 16 % dans les années 2000 à 45 % en 2015, 21 millions de nourrissons n’en bénéficient toujours pas.

Au niveau mondial, la mise au sein rapide est passée de 32 % dans les années 2000 à 45 % en 2015. Manifestement, des freins nombreux persistent dans les pays développés comme dans ceux en voie de développement.

L’un des points d’achoppement tient au fait que « l’allaitement n’est pas seulement une affaire de femmes », affirment d’emblée les experts de l’ONU . Ils en déduisent donc que celles-ci devraient recevoir l’aide des gouvernements, des communautés, de leurs proches et des employeurs, mais sans détailler les mesures de soutien qui pourraient changer la donne. Ils reprochent surtout au personnel soignant, de ne pas jouer suffisamment son rôle de conseil auprès des jeunes mères.

Le rapport souligne aussi le poids des traditions culturelles et familiales. Dans certaines parties du monde, les coutumes veulent que l’on donne d’abord au nouveau-né de l’eau sucrée, voire du thé, du beurre, du miel, du lait animal… Il arrive même que le colostrum soit considéré comme dangereux et jeté. Les auteurs épinglent au passage l’offensive des producteurs du lait de substitution, qui tend à transformer la perception de l’alimentation des bébés dans les pays en développement.

L’allaitement est d’ailleurs « une des rares questions de santé publique dont les tendances sont plus positives dans les pays en voie de développement que dans les pays riches », estiment-ils. C’est en Afrique de l’Est et australe que la mise au sein est la plus rapide, avec 59 % des bébés allaités dès la première heure contre 55 % pour l’Union européenne. Cependant, le taux le plus faible concerne l’Afrique de l’Ouest et centrale, où près de la moitié des bébés échappent à cette première tétée vitale.

Lemonde.fr par  Martine Valo (New York, Nations unies, correspondante)

Angélique Kidjo : « Il faut en finir avec le mariage forcé des fillettes »

juin 27, 2016

Angélique Kidjo, ambassadrice de bonne volonté pour l’Unicef, lors d’une réunion d’information auprès d’enfants éthiopiennes contre le mariage forcé.

Angélique Kidjo, ambassadrice de bonne volonté pour l’Unicef, lors d’une réunion d’information auprès d’enfants éthiopiennes contre le mariage forcé. Crédits : BORIS HEGER/AFP
Les mariages d’enfants illustrent le fardeau extrêmement lourd supporté par les filles les plus pauvres au niveau mondial, et plus particulièrement par celles qui vivent dans les communautés marginalisées des régions rurales d’Afrique subsaharienne et d’Asie du Sud, où la pratique est la plus courante.

Ces filles que l’on marie sans leur consentement voient leur enfance volée. J’ai été témoin du mal que cela leur cause.

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Lorsque j’étais enfant, à Cotonou, au Bénin, plusieurs de mes camarades d’école primaire ont été mariées très jeunes. Je n’ai jamais revu certaines d’entre elles, leur nouvelle vie familiale les obligeant à partir loin. D’autres, que j’ai revues plus tard, avaient changé. Leur joie et leur enthousiasme s’étaient envolés. Obligées de devenir trop rapidement adultes, elles avaient perdu leur insouciance. J’ai remarqué qu’elles éprouvaient un sentiment de honte, une prise de conscience aiguë de leur différence par rapport à nous.

Les plus vulnérables au monde

Bien que des progrès aient été réalisés, la diminution des mariages d’enfants est cependant inégale. Les filles des ménages les plus pauvres – ou vivant en zone rurale – ont deux fois plus de risques d’être mariées avant l’âge de 18 ans que les filles des ménages les plus riches ou celles vivant en zone urbaine.

En l’absence de progrès, près de 950 millions de femmes auront connu le même sort d’ici 2030, contre plus de 700 millions aujourd’hui. Et d’ici à 2050, près de la moitié de ces « épouses-enfants » sera africaine.

Le coût à payer est trop élevé – pour les filles dont les droits sont bafoués et pour la société qui a besoin que ces filles deviennent des adultes productives et autonomes.

Les filles mariées sont les personnes les plus vulnérables au monde. Lorsque leur éducation est stoppée net, elles n’ont plus la possibilité d’acquérir les compétences et connaissances nécessaires pour obtenir un bon emploi et subvenir à leurs besoins ainsi qu’à ceux de leur famille. Elles sont isolées socialement. Comme je l’ai observé chez mes anciennes camarades de classe qui ont été forcées de se marier, la conscience même de leur isolement leur est pénible.

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Soumises à leur mari et à leur belle-famille, les filles mariées sont plus exposées à la violence domestique et ne sont pas en mesure de prendre des décisions au sujet d’une sexualité protégée et de la planification familiale. Elles sont ainsi exposées à des risques élevés d’infections sexuellement transmissibles, dont le VIH, ou à une grossesse et à la maternité avant que leur corps et leur psychisme n’aient atteint leur pleine maturité. Et les grossesses à risque sont encore plus dangereuses, car les filles mariées très jeunes sont moins susceptibles de bénéficier des soins médicaux appropriés. Lors de l’accouchement, ces mères encore enfants présentent un risque accru de complications potentiellement invalidantes comme la fistule obstétricale, voire de décès, pour elles-mêmes ou leur bébé.

Perspectives d’avenir réduites à néant

En privant les filles de perspectives d’avenir, cette pratique prive les familles, les communautés et les nations de toutes les contributions qu’elles pourraient apporter en tant que femmes autonomes. Le mariage des enfants entrave les actions nationales liées à la santé maternelle et de l’enfant et à la lutte contre la malnutrition et la déscolarisation. Lorsque les filles sont mariées trop jeunes, elles n’ont pas d’autres possibilités que de transmettre pauvreté, faible niveau d’instruction et problèmes de santé – dont elles sont elles-mêmes victimes – à la génération suivante.

Le problème du mariage des enfants peut paraître insoluble. Ce phénomène existe parce que les sociétés accordent souvent une moindre valeur aux filles, ce qui fait qu’elles ne bénéficient pas des mêmes chances que leurs frères. Parce que la pauvreté ou d’autres conditions défavorables, comme le faible niveau d’instruction, limitent encore davantage leurs possibilités. Le mariage apparaît donc comme la meilleure solution pour assurer leur avenir.

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Mais il existe des stratégies éprouvées pour améliorer les perspectives des filles, préserver leur enfance et leur donner la possibilité d’un avenir meilleur pour elles-mêmes et pour la société dans laquelle elles vivent. Ceci implique d’améliorer l’accès des filles à l’éducation, de les rendre plus autonomes grâce à l’acquisition de connaissances et de compétences, d’éduquer les parents et les communautés, d’accroître les incitations économiques, de soutenir les familles, de renforcer et faireappliquer les lois et les politiques qui fixent l’âge minimum du mariage à 18 ans pour les filles et les garçons.

Contribuer au développement du pays

L’éducation joue un rôle fondamental. Les filles qui sont peu ou pas éduquées ont jusqu’à six fois plus de risques d’être mariées avant l’âge adulte que celles qui ont reçu un enseignement secondaire. Lorsqu’une fille va à l’école, son entourage a plus tendance à la considérer comme une enfant que comme une femme prête à devenir épouse et mère. Et le fait d’aller à l’école rend les filles plus autonomes, leur permettant de développer des compétences et des connaissances ainsi qu’un réseau social qui les aide à communiquer et à défendre leurs intérêts. Les filles instruites sont plus à même de contribuer à la croissance et au développement de leur pays ainsi qu’à la prospérité et au bien-être de leur future famille.

Quinze millions de filles sont mariées chaque année alors qu’elles ne sont encore que des enfants. Ce nombre démesuré souligne l’importance d’investir dans des solutions pouvant avoir des retombées à grande échelle, pour mettre fin plus rapidement à cette pratique. Des investissements ciblés permettant de rendre plus autonomes les filles pauvres et marginalisées, grâce notamment à une meilleure santé, à une éducation et à une protection sociale, peuvent créer d’autres voies pour les filles et leurs familles.

Tout aussi essentiel est le travail lent et patient visant à faire évoluer les normes sociales. Ces évolutions fondamentales et durables proviennent des communautés elles-mêmes et dépendent de la mobilisation des mères et des pères pour trouver des solutions qui auront des retombées importantes sur la vie de leurs filles.

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Lorsque le mariage des enfants ne sera plus qu’un souvenir, nous aurons mis fin à une inégalité qui spolie les filles de leurs droits fondamentaux et leur vole leur enfance. Les filles et les femmes seront plus nombreuses à pouvoir profiter pleinement de leur vie et à offrir le meilleur à leur famille, à leur communauté et à la société – un grand pas en avant dans la rupture du cycle intergénérationnel de la pauvreté et le renforcement des communautés et des nations. Mettre fin au mariage des enfants permettra de transformer la vie des filles et d’engendrer des bénéfices pour tous.

Angélique Kidjo est chanteuse, musicienne et comédienne. Artiste primée de nombreuses fois, elle est ambassadrice de bonne volonté de l’Unicef depuis 2002.

 

Lemonde.fr par Angélique Kidjo

RCA: nouvelles accusations d’abus sexuels contre des Casques bleus

janvier 5, 2016

Nations unies (Etats-Unis) – L’ONU a annoncé mardi avoir ouvert une enquête sur de nouvelles accusations d’abus sexuels portées contre ses Casques bleus en République centrafricaine (RCA).

Les victimes présumées sont quatre fillettes soumises à des abus sexuels et une exploitation sexuelle à Bangui par des soldats de trois pays, non précisés, participant à la Mission de l’ONU en RCA (Minusca).

Elles ont été interrogées à Bangui par des enquêteurs de l’Unicef, le Fonds des Nations unies pour l’enfance, a précisé le porte-parole de l’ONU Stéphane Dujarric.

Les autorités centrafricaines ont été informées, ainsi que les pays contributeurs de troupes concernés afin que ceux-ci enquêtent et prennent éventuellement des sanctions contre leurs ressortissants comme le prévoit la procédure.

M. Dujarric n’a pas précisé de quels contingents ils s’agissait ni combien d’hommes étaient impliqués.

Citant un communiqué de la Minusca, il a indiqué que le chef de la Minusca, le Gabonais Parfait Onanga-Anyanga, avait réitéré la politique de tolérance zéro appliquée officiellement par l’ONU envers les délits sexuels.

Cette politique n’empêche pas les abus sexuels d’être un problème récurrent dans certaines missions de maintien de la paix de l’ONU.

Ces nouvelles accusations interviennent alors que l’ONU sort à peine d’un scandale retentissant de viols d’enfants impliquant des soldats français déployés sous commandement français en RCA.

A la mi-décembre, un groupe d’experts indépendants avait dénoncé un échec flagrant de l’ONU dans la gestion de cette affaire, qui avait coûté son poste au précédent chef de la Minusca, le Sénégalais Babacar Gaye.

La justice française a entendu début décembre quatre militaires français sur ces soupçons de viols d’enfants commis en 2013 et 2014. En tout, quatorze soldats français étaient mis en cause, de même que des militaires de Guinée équatoriale et du Tchad.

Romandie.com avec(©AFP / 05 janvier 2016 19h17)