Posts Tagged ‘Union africaine’

Somalie: 5 employés de l’ONU, dont 3 étrangers, tués dans une attaque à Mogadiscio

juin 19, 2013

MOGADISCIO – Cinq employés de l’ONU, trois étrangers et deux gardes somaliens, ont été tués mercredi lors d’une attaque spectaculaire menée par des insurgés islamistes shebab contre le principal complexe des Nations-Unies à Mogadiscio, ont annoncé à l’AFP des sources onusiennes ayant requis l’anonymat.

Selon un employé local de l’ONU à Mogadiscio et une source onusienne à Nairobi, les trois étrangers sont un salarié de l’ONU et deux contractants. Leurs nationalités n’ont pu être confirmée dans l’immédiat.

L’ONU à Mogadiscio n’a pu être jointe pour confirmer officiellement ce bilan.

Au moins trois civils somaliens ont également été tués dans les rues alentour, pris dans les échanges de tirs entre les forces somaliennes et de l’Union africaine (Amisom) et les assaillants, a indiqué à l’AFP Abdulahi Osman, un responsable de la police somalienne.

L’attaque, au cours de laquelle un nombre indéterminé d’assaillants sont parvenus à pénétrer dans l’enceinte onusienne, a pris fin vers 13H15 (10H15 GMT) après environ une heure et demi de combats.

La situation est désormais sous contrôle et les forces de sécurité somaliennes, épaulées par les troupes de l’Amisom (Mission de l’Union africaine en Somalie) ont pris possession des bâtiments (onusiens) et éliminé les assaillants, a déclaré à l’AFP le responsable de la police.

Aucun tir n’était plus entendu dans la zone du complexe des Nations unies depuis environ 13H15, selon un journaliste de l’AFP.

Une source onusienne à Nairobi a confirmé sous le couvert de l’anonymat la fin de l’attaque: c’est terminé, il n’y a plus de combats (…) La fouille du complexe est terminée mais tout le personnel reste pour l’instant dans les pièces sécurisées.

Selon cette même source, vers 11H40 (08H40 GMT) une voiture piégée a explosé devant la porte d’entrée du complexe, puis un kamikaze a déclenché sa ceinture d’explosif.

Les insurgés islamistes shebab ont revendiqué cette attaque menée selon eux par la Brigade du Martyr.

Nos commandos ont attaqué le complexe de l’ONU (…) nous avons déclenché une explosion et sommes entrés dans le complexe, où nous affrontons actuellement les forces infidèles, avait déclaré à la mi-journée à l’AFP par téléphone un haut responsable shebab, ayant requis l’anonymat.

La Mission de l’ONU en Somalie (Unisom) a confirmé sur Tweeter que sa principale enceinte faisait l’objet d’une attaque complexe.

Le terme attaque complexe est employé pour désigner des actions, souvent suicides, menées par des insurgés impliquant l’utilisation combinée de fantassins, de kamikazes et de véhicules piégés.

Romandie.com avec (©AFP / 19 juin 2013 14h07)

UA : pour Fatou Bensouda, les détracteurs de la CPI « protègent les criminels »

mai 29, 2013
La procureur de la Cour pénale internationale (CPI), Fatou Bensouda, le 18 décembre 2012. La procureur de la Cour pénale internationale (CPI), Fatou Bensouda, le 18 décembre 2012. © AFP

La procureure de la Cour pénale internationale (CPI), Fatou Bensouda, a accusé, le 28 mai, ceux qui critiquaient la CPI de vouloir protéger les responsables de crimes contre l’humanité, au lendemain de vives critiques émises par l’Union africaine (UA).

Après les critiques de l’Union africaine (UA) sur la politique des poursuites de la Cour pénale internationale contre des responsables du continent, la procureure de la CPI, Fatou Bensouda, est montée au créneau, le 28 mai, pour dénoncer à son tour ses détracteurs qu’elle accuse de vouloir protéger les responsables de crimes contre l’humanité.

Fatou Bensouda, qui s’exprimait lors d’un débat à l’ONU à New York, n’a pas évoqué précisément les critiques qu’elles visaient. Mais à la question d’un diplomate sur des « voix » qui s’élèveraient contre l’action de la CPI, elle a répondu : « Nous savons tous qui sont ces voix. Ce sont les voix de ceux qui cherchent à protéger les auteurs de ces crimes. Ces voix ne soutiennent pas les victimes des crimes. » Et d’ajouter : « Les vraies victimes sont les victimes de crimes de guerre, de crimes contre l’humanité et de génocide, pas ceux qui commettent ces crime. » 

« Insulte pour les victimes »

Pour la procureure de la CPI, vouloir protéger ceux qui commettent ces crimes graves constitue donc « une insulte aux victimes ». Or au sommet du cinquantenaire de l’UA à Addis-Abeba, le président de l’organisation continentale en personne, le Premier ministre éthiopien Hailemariam Desalegn, avait accusé, le 27 mai, la CPI de mener « une sorte de chasse raciale » contre les Africains. L’UA a réclamé également le transfert à la justice kényane des poursuites engagées par la CPI contre le président kényan Uhuru Kenyatta et son vice-président William Ruto pour crimes contre l’humanité.

Le même jour, la CPI avait rejeté, par la voix de son porte-parole, ces accusations de racisme et avait annoncé qu’elle ignorerait un appel de l’UA au transfert des procès des deux dirigeants kényans dans leur pays. Fatou Bensouda a affirmé que la CPI allait « continuer à être indépendante, à être impartiale, à appliquer la loi strictement sans aucune considération politique ou autre ».

« N’oublions pas que le fait que l’accent soit mis actuellement sur les situations en Afrique signifie que l’accent est mis aussi sur les victimes africaines », a souligné, de son côté, Tina Intelmann, qui préside l’assemblée des 122 États parties à la CPI.

La CPI fait valoir que quatre des huit dossiers en cours d’examen concernant l’Afrique (République démocratique du Congo, Centrafrique, Mali et Ouganda) ont été soumis à la CPI par les pays intéressés eux-mêmes. L’Afrique est la région la plus largement représentée à la CPI, 34 pays africains ayant ratifié le statut de Rome créant la Cour.

Jeuneafrique.com avec AFP

L’Union africaine va créer force de réaction rapide pour le continent

mai 27, 2013
L'Union africaine va créer force de réaction rapide pour le continent L’Union africaine va créer force de réaction rapide pour le continent © AFP

Les dirigeants africains réunis en sommet à Addis Abeba ont décidé de créer une force de réaction rapide chargée d’intervenir dans les conflits sur le continent, a annoncé lundi le président en exercice de l’Union africaine.

Le Premier ministre éthiopien Hailemariam Desalegn a fait état devant la presse « d’une décision historique (du sommet) d’avoir une force de réaction rapide à laquelle de nombreux pays ont proposé de contribuer ».

Jeuneafrique.com avec AFP

La CPI mène une sorte de chasse raciale envers les Africains

mai 27, 2013

ADDIS ABEBA – La Cour pénale internationale (CPI) mène une sorte de chasse raciale en ne poursuivant que des Africains, a affirmé lundi le président en exercice de l’Union africaine (UA), le Premier ministre éthiopien Hailemariam Desalegn, après la clôture du sommet des chefs d’Etat de l’organisation à Addis Abeba.

Lors de la création de la CPI, l’objectif était d’éviter toute sorte d’impunité, mais désormais le processus a dégénéré en une sorte de chasse raciale, a-t-il déclaré, à l’issue d’un sommet qui a réclamé le transfert à la justice kényane des poursuites engagées par la CPI contre les président et vice-président kényans, pour crimes contre l’humanité.

Les dirigeants africains ne comprennent pas les poursuites contre ces présidents (les deux chefs de l’exécutif kényan), je pense donc que la CPI doit bien voir qu’elle ne devrait pas pourchasser des Africains, a-t-il poursuivi devant la presse.

Uhuru Kenyatta et William Ruto, élus respectivement en mars président et vice-président du Kenya, sont poursuivis par la CPI pour leur rôle présumé dans l’organisation des terribles violences ayant suivi le scrutin présidentiel de décembre 2007 au Kenya.

Ces violences s’étaient rapidement muées en affrontements entre communautés, accompagnés de meurtres brutaux, viols et mutilations, faisant plus de 1.000 morts et des centaines de milliers de déplacés en quelques semaines.

Le procès d’Uhuru Kenyatta doit commencer le 9 juillet à La Haye, siège de la CPI. Celui de William Ruto aurait dû débuter ce mardi, mais a été reporté sine die début mai.

99% des inculpés de la CPI sont Africains, cela montre donc que quelque chose est biaisé au sein du système de la CPI et nous contestons cela, a poursuivi le Premier ministre éthiopien.

Depuis sa création, la CPI a en fait inculpé une trentaine de personnes, tous des Africains, pour des crimes survenus dans huit pays d’Afrique (République démocratique du Congo, Centrafrique, Ouganda, Soudan (Darfour), Kenya, Libye, Côte d’Ivoire, Mali).

Mais les enquêtes ouvertes en RDC, Centrafrique, Mali et Ouganda l’ont été à la demande des Etats concernés, parties au Statut de Rome, fondateur de la CPI. Les affaires concernant le Darfour et la Libye – non signataires – l’ont été à la demande du Conseil de sécurité de l’ONU, tandis que le procureur de la CPI s’est auto-saisi sur les dossiers kényan et ivoirien.

La CPI avait autorisé en 2010 le procureur à engager des poursuites en raison de l’inaction des autorités kényanes en vue d’établir les principales responsabilités dans les violences post-électorales de fin 2007-début 2008.

Plusieurs chefs d’Etat africains ont récemment accusé la CPI de cibler exclusivement des Africains.

Romandie.com avec (©AFP / 27 mai 2013 16h23)

Congo/Brazzaville : L’avenue des Brésiliens débaptisée ’’Avenue de l’UA’’

mai 26, 2013

 

Appelée auparavant «Avenue des Brésiliens», l’avenue qui part de l’esplanade du Centre national de radio et de télévision (CNRTV) à Nkombo, dans le 9ème arrondissement (Djiri), jusqu’au rond-point dit Jérôme Abessé, à hauteur de l’Ecole de police à Moukondo, dans le 7ème arrondissement (Mfilou), s’appellera désormais «Avenue de l’Union Africaine (UA).


Brazzaville : L’avenue des Brésiliens débaptisée ’’Avenue de l’UA’’
La cérémonie de débaptisation de cette avenue a eu lieu le 25 mai, à l’occasion de la célébration des 50 ans de l’organisation panafricaine, au départ dénommée Organisation de l’Unité Africaine (OUA), avant de devenir l’UA, depuis le 9 juillet 2002. C’est le ministre d’Etat, directeur de cabinet du Chef de l’Etat, Firmin Ayessa, qui a dévoilé la plaque portant la nouvelle appellation de cette artère.Dans la capitale congolaise, il y a déjà une avenue débaptisée «Avenue de l’OUA». Il s’agit de celle qui part de la Place de la République (ex-rond-point du CCF) jusqu’au rond-point du Djoué, dans l’arrondissement n’°1, Makélékélé. Mais, compte tenu du changement d’appellation de l’organisation panafricaine, le gouvernement congolais avait saisi le conseil municipal de Brazzaville pour qu’il débaptise l’avenue de l’OUA en avenue de l’UA. Ceci devrait se faire avant le 25 mai 2013, date de la célébration du 50ème anniversaire de l’Organisation panafricaine.

Mais, le conseil municipal de Brazzaville a estimé que pour des raisons d’ordre historique et pédagogique, mais aussi pour pérenniser l’action de l’organisation panafricaine dans la mémoire collective, il était plutôt nécessaire d’attribuer la dénomination de l’UA à une autre avenue de la ville.

Et, son choix a été porté sur l’avenue dite des Brésiliens, qui n’était pas encore officiellement dénommée. Ainsi, lors de sa session ordinaire du 2 au 15 mai 2013, le conseil municipal de Brazzaville avait adopté la délibération portant débaptisation de cette artère en «Avenue de l’UA».

C’est une avenue de 5.825 mètres linéaires dont les travaux ont été exécutés par la société brésilienne Andrade Gutierrez S.A. Depuis qu’elle a été ouverte à la circulation, elle fait la joie des populations riveraines. Elle a facilité la tâche des populations des quartiers nord de la ville qui, pour aller vers les quartiers sud, ne sont plus contraintes de passer par les arrondissements n°6 (Talangaï) et n°5 (Ouenzé), comme dans le temps, et vice-versa.

Congo-site.com par Gaspard Lenckonov

Nkosazana Dlamini-Zuma : un nouveau départ ?

mai 26, 2013
Nkosazana Dlamini-Zuma a été élue présidente de la Commission de l'UA, le 16 juillet 2012. Nkosazana Dlamini-Zuma a été élue présidente de la Commission de l’UA, le 16 juillet 2012. © Chesnot/SIPA

Depuis son arrivée à la tête de la Commission de l’UA, Nkosazana Dlamini-Zuma tente d’imprimer sa marque. Avec déjà quelques résultats.

Il n’y a qu’une façon de réussir son entrée en fonction comme président de la Commission de l’Union africaine : marcher sur la pointe des pieds, ménager 54 patrons pour la plupart susceptibles et trouver le moyen de se mettre 800 fonctionnaires dans la poche. Depuis qu’elle a pris place dans son bureau au 18e étage du siège futuriste de l’UA en octobre 2012, Nkosazana Dlamini-Zuma a fait un parcours sans faute. Vus de l’intérieur, les changements de style et de méthode se font par petites touches. Elle a démarré en douceur, écoutant et observant assez longtemps pour prendre la mesure de sa fonction.

Elle a d’abord rencontré les salariés de l’organisation. Désormais, les départements n’agiront plus individuellement. La nouvelle présidente exige plus de concertation. Selon Emmanuel Agbor, interprète-traducteur camerounais à la Cour africaine de justice et des droits de l’homme – un organe de l’Union africaine basé à Arusha, en Tanzanie -, « pour la première fois lors d’un sommet, les interprètes embauchés pour le sommet ont été payés vingt-quatre heures après leur arrivée à Addis-Abeba, alors qu’avant ils percevaient leurs émoluments avec six mois de retard ».

Autre nouveauté, l’organisation d’un séminaire réunissant commissaires et directeurs, fin novembre dans la ville de Debre Zeit, à 50 km au sud d’Addis-Abeba. Des réunions de management hebdomadaire sont désormais obligatoires dans chaque direction. Quand on travaille au sein du cabinet de la présidente, on se lève tôt et on travaille tard. Les journées s’étendent de 8 heures à 23 heures. 

Ouverture

Depuis le début de la crise malienne, une permanence est assurée pendant le congé de fin de semaine. « Si nous continuons comme ça, les actions seront mieux coordonnées et nous constituerons enfin une équipe », se réjouit le directeur de cabinet, le Burkinabè Jean-Baptiste Natama, un des rares francophones du 18e étage. Ce dernier chapeaute une équipe qui oeuvre dans l’ombre pour organiser l’agenda de la présidente et lui préparer ses interventions publiques.

Il y a également le casse-tête des entretiens téléphoniques à organiser avec des chefs d’État dont l’agenda est compliqué. Au plus fort de la crise au Mali et du conflit en Centrafrique, Dlamini-Zuma a beaucoup parlé avec le Tchadien Idriss Déby Itno… C’est encore cette équipe qui planifie ses déplacements, effectués généralement par vols commerciaux.

Son cabinet est à l’ouvrage mais reste incomplet, en attente de la nomination d’un porte-parole, d’un conseiller chargé des affaires diplomatiques, d’un deuxième chargé de la communication et de la culture et d’un troisième qui devrait travailler sur les questions de sécurité et de défense. La présidente ne se presse pas. « Elle souhaite s’entourer de collaborateurs issus de toutes les régions du continent pour diversifier les apports », explique un membre de son entourage. En attendant, elle peut compter sur la dizaine de personnes exceptionnellement mises à sa disposition et financées par Pretoria – dont des officiers de sécurité chargés de la protéger. 

Solide

« Cela ne va pas être facile de la déstabiliser. »

Vu de l’extérieur, pas grand-chose n’a changé. Il n’y a pas eu de révolution. L’UA est toujours ce « lutteur aux poings liés » décrit par l’ancien ministre sénégalais des Affaires étrangères Cheikh Tidiane Gadio. L’organisation n’est pas parvenue à intervenir rapidement au Mali. Le 11 janvier, au téléphone avec le ministre français des Affaires étrangères, Laurent Fabius, Dlamini-Zuma, qui a fait du panafricanisme et de la renaissance africaine les maîtres mots de son mandat, n’a pas eu d’autre choix que d’avaliser la décision française d’intervenir dans le Nord-Mali, après la prise de la ville de Konna par les jihadistes. Un sentiment d’impuissance exacerbé par les lenteurs et les atermoiements des décideurs africains sur le meilleur moyen d’intervenir.

En attendant de réformer l’UA, cette femme de tête va devoir, à l’instar de ses prédécesseurs, travailler avec 54 patrons, 54 chefs d’État qui ont pris l’habitude, individuellement ou collectivement, de convoquer, de sermonner et de réprimander ses prédécesseurs. « Cela ne va pas être facile de la déstabiliser, tempère un diplomate. Elle est trop marquée par l’histoire de l’apartheid pour accepter un rôle de faire-valoir », tranche-t-il. Soutenue par la puissante Afrique du Sud, elle a les moyens de donner à l’UA une influence et un rayonnement inédits.

_____________________

Jeuneafrique.com par Georges Dougueli, envoyé spécial

Sommet de la Ceeac : Djotodia non reconnu comme président, Zuma retire ses troupes de Centrafrique

avril 4, 2013

Michel Djotodia, nouvel homme fort de la Centrafrique, à Bangui, le 30 mars. Michel Djotodia, nouvel homme fort de la Centrafrique, à Bangui, le 30 mars. © AFP

Le sommet des chefs d’État d’Afrique centrale qui s’est tenu à N’Djamena mercredi 3 avril a demandé aux nouvelles autorités de Bangui de mettre en place un collège élu pour « jouer le rôle de l’Assemblée nationale » et « rédiger une Constitution, ce qu’a accepté le leader de la Séléka, Michel Djotodia. De son côté, Jacob Zuma a annoncé le retrait des troupes sud-africaines de Centrafrique.

Mis à jour à 12h30.

Le souci de sauver les apparences… et de mettre la Centrafrique sur les rails de la normalisation. Réunis à N’Djamena, mercredi 3 avril, les chefs d’État d’Afrique centrale ont poussé Bangui a accélérer sur la voie de la transition démocratique. Premier point, ils ont jugé « impossible » de reconnaître le « président autoproclamé » et chef de la Séléka, Michel Djotodia.

Le sommet de la Communauté économique des États d’Afrique centrale (Ceeac) a demandé la formation d’un « collège » de transition, sur la base d’une élection « par les forces vives de la nation », avec à sa tête un président qui serait élu pour une période qui « ne doit pas excéder 18 mois ». Par la voix de son Commissaire à la paix et à la sécurité de l’UA, Ramtane Lamamra, l’Union africaine (UA) estimait quant à elle que les autorités de Bangui devaient organiser des élections dans un délai d’un an. « La transition ne doit pas durer trois ans, on doit faire une courte transition. Et les bonnes transitions sont celles qui ne durent pas », a affirmé Lamamra.

Ces précautions n’empêchent pas le leader de la Séléka de demeurer au centre du jeu, même s’il a laissé entendre qu’il ne se présenterait pas à la présidentielle qui suivrait la période de transition. « On peut penser que ce sera Michel Djotodia [qui sera nommé à la tête du collège, NDLR], qui n’est pas du tout rejeté du processus, au contraire », a estimé l’ambassadeur de l’Union européenne (UE) à Bangui, Guy Samzun.

Message

Le sommet s’est achevé sur les paroles du président tchadien Idriss Déby Itno, qui a annoncé la « mise en place d’un organe législatif qui va rédiger la Constitution et jouer le rôle de l’Assemblée. (…) Dès demain (jeudi), une mission composée des ministres des Affaires étrangères des pays de la Ceeac, les partenaires et les représentants des Nations de l’Union africaine, de l’Union européenne et de l’Organisation internationale de la francophonie doivent se rendre à Bangui pour porter ce message aux Centrafricains », a-t-il déclaré.

Les propositions du sommet ont aussitôt été approuvées par Michel Djotodia, a déclaré jeudi, à Bangui, le Premier ministre centrafricain Nicolas Tiangaye, présent la veille à N’Djamena. « J’en ai discuté avec le chef de l’État qui a marqué son accord pour que cette solution soit retenue », a-t-il affirmé. « C’est un accord qui permet à la RCA (République centrafricaine) de sortir de l’isolement, qui permet d’éviter d’être mis au ban de la communauté internationale, je ne vois pas pourquoi la Séléka va s’y opposer », a-t-il ajouté.

Les décisions du sommet vont dans le bon sens, estimait lui aussi l’ambassadeur de l’UE à Bangui. « Comme prévu par l’accord de Libreville, il y a un exécutif au pouvoir renforcé qui est le Premier ministre Nicolas Tiangaye », issu de l’ancienne opposition à François Bozizé, « et la création d’un Comité national de transition (CNT). » Celui-ci « sera composé de toutes les parties présentes à Libreville. Son président sera élu en son sein et deviendra la président de la République », a salué Guy Samzun. L’ancien Premier ministre et opposant centrafricain Martin Ziguélé, présent au sommet, a également réagi positivement : « La décision des chefs d’État est (…) un moyen de donner une légitimité à un homme ou une femme qui aura la redoutable tâche de mener cette transition ».

Deuxième point abordé par le sommet : le retrait des troupes sud-africaines de Centrafrique, réclamé par la Séléka depuis des mois. « Le président Zuma a décidé de retirer les forces sud-africaines qui sont à Bangui », a déclaré le président Déby. Ces troupes avaient subi les plus graves pertes enregistrées par Pretoria depuis 1994 : au moins 13 soldats tués lors de l’entrée des rebelles dans Bangui, le 24 mars.

Bozizé au Bénin

Jacob Zuma en personne a fait le déplacement de N’Djamena avec trois de ses ministres (Relations internationales et Coopération, Défense, Sécurité d’Etat), signe de l’importance de cette épineuse affaire pour l’Afrique du Sud. Un responsable de la Séléka, assure : « Les accords de Bozizé avec l’Afrique du sud n’étaient pas dans l’intérêt du pays, mais du maintien au pouvoir de Bozizé. Ils ont perdu militairement. Ils doivent s’en aller et oublier ».

Enfin s’est posée la question de l’exil de François Bozizé, réfugié au Cameroun. Les chefs d’Etat d’Afrique centrale ont appelé mercredi le président béninois Thomas Yayi Boni à accueillir l’ancien président centrafricain « en tant que frère ». Porto-Novo hésitait à lui offrir l’hospitalité en raison de déclarations de Bozizé hostiles à Idriss Déby Itno, qu’il considère comme responsable de sa chute.

Jeuneafrique.com avec AFP

Sommet de la CEEAC : l’UA souhaite des élections en Centrafrique dans un délai d’un an

avril 3, 2013

Des rebelles de la Séléka à Berengo, près de Bangui, le 1er avril 2013. Des rebelles de la Séléka à Berengo, près de Bangui, le 1er avril 2013. © AFP/Patrick Fort

La réunion extraordinaire chefs d’État d’Afrique centrale consacrée à la Centrafrique s’est ouverte, mercredi 3 avril, à N’Djamena. Un grand oral pour Nicolas Tiangaye, le Premier ministre du nouvel homme fort de Centrafrique, Michel Djotodia.

C’est sans le nouvel homme fort du pays, Michel Djotodia, mais avec son Premier ministre Nicolas Tiangaye, que la réunion extraordinaire des chefs d’État de la Communauté économique des États d’Afrique centrale (CEEAC), consacrée à la Centrafrique, s’est ouverte mercredi 3 avril à N’Djamena. Dix jours à peine après la prise de pouvoir à Bangui par les rebelles de la Séléka, la présence d’un leader dont le régime n’est pas reconnu par la communauté internationale et le pays suspendu des instance de l’Union africaine, aurait sans doute fait tâche.

Convoqué par le dirigeant tchadien Idriss Deby Itno, qui préside l’instance régionale, le sommet a débuté par un huis clos. Ses acteurs : les présidents congolais, Denis Sassou Nguesso, béninois, Thomas Yayi Boni (non membre de la Ceeac), gabonais, Ali Bongo Ondimba et équato-guinéen, Téodoro Obiang Nguema, tous arrivés dans la matinée dans la capitale tchadienne.

Invité à se joindre aux discussions, le président sud-africain Jacob Zuma en personne a fait le déplacement avec trois de ses ministres (Relations internationales et Coopération, Défense, Sécurité d’État), signe de l’importance de cette épineuse affaire pour l’Afrique du Sud. Au moins 13 soldats sud-africains ont en effet été tués, le 24 mars, par la rébellion qui faisait alors son entrée dans Bangui, quelques heures avant le renversement du régime de François Bozizé.

Côté centrafricain, l’ancien Premier ministre et opposant Martin Ziguélé, ainsi que le très médiatique porte-parole de la Séléka, Éric Massi, qui n’avait pas été convié aux Accords de Libreville en janvier, sont également présents.

Légitimer le nouveau régime

Au programme des discussions figure la délicate question de « l’habillage constitutionnel » qui devra donner un semblant de légitimité au nouveau régime centrafricain. La communauté internationale, à qui la Centrafrique a demandé une aide d’urgence, devrait presser Michel Djotodia d’exiger des garanties quant à son départ du pouvoir, annoncé pour 2016, voire devrait accélérer la transition censée mener à des élections libres et transparentes.

Un haut responsable de l’Union africaine (UA) a jugé que la Séléka devait organiser des élections dans un délai d’un an. « La transition ne doit pas durer trois ans, on doit faire une courte transition. Et les bonnes transitions sont celles qui ne durent pas », a déclaré à l’AFP le Commissaire à la paix et à la sécurité de l’UA, Ramtane Lamamra. Selon une source diplomatique, la mise en place d’« un Conseil national de transition dirigé par Michel Djotodia » pourrait redonner « un peu de légalité internationale » au nouveau régime.

Reste à savoir si Djotodia est prêt à faire des concessions. « Il ne faudrait pas qu’on [le] déshabille ou [l’] humilie. Il ne faut pas oublier qu’il y a 3 000 (rebelles de la coalition) Séléka en ville », relève une source proche du gouvernement.

Le sommet intervient alors que le rôle du Tchad dans la chute de François Bozizé semble se confirmer. Le président déchu a lui-même accusé mardi, sur BBC Afrique, N’Djamena de l’avoir lâché. Selon lui, des forces spéciales tchadiennes ont « mené l’opération du dimanche » 24 mars et « attaqué la base des Sud-Africains ».

Jeuneafrique.com avec AFP

L’Union africaine suspend la Centrafrique et prend des sanctions contre Michel Djotodia

mars 25, 2013

Michel Djotodia, à Bangui, le 17 janvier 2013. Michel Djotodia, à Bangui, le 17 janvier 2013. © AFP

L’Union africaine a annoncé, lundi 25 mars, avoir suspendu la Centrafrique de son organisation et gelé les avoirs de sept responsables de la Séléka, dont Michel Djotodia.

Alors que la communauté internationale et les chefs d’États d’Afrique centrale ont, dans leur ensemble, pris acte sans grande difficulté du départ du président François Bozizé, le Conseil de Paix et Sécurité de l’Union africaine (UA) a décidé de suspendre la participation de la Centrafrique à l’organisation et imposé des sanctions à sept responsables de la Séléka.

« Le Conseil décide de suspendre immédiatement la participation de la RCA (République centrafricaine) à toutes les activités de l’Union africaine ainsi que d’imposer des sanctions, à savoir des restrictions de voyage et le gel des avoirs des dirigeants de la Séléka, dont son chef Michel Djotodia », a annoncé, lundi 25 mars, le Commissaire à la Paix et la Sécurité de l’UA, Ramtane Lamamra, lisant le communiqué final du Conseil.

L’ONU condamne

La France a de son côté annoncé dans un communiqué avoir « pris acte du départ du président François Bozizé » et a appelé « toutes les parties au calme et au dialogue autour du gouvernement » d’union nationale.

Le président tchadien Idriss Déby Itno, président de la Communauté économique des États de l’Afrique centrale (Ceeac), a lui aussi appelé la Séléka « au respect » de l’accord de Libreville, estimant qu’il « doit continuer à servir de base au règlement de la crise centrafricaine jusqu’à la tenue d’élections libres et transparentes ».

Le secrétaire général de l’ONU Ban Ki-moon a en revanche condamné la prise de pouvoir par les rebelles et s’est déclaré inquiet des violations des droits de l’homme en cours en RCA, selon son porte-parole Martin Nesirky.

Jeuneafrique.com avec AFP

Burundi: des troupes du pays « bientôt au Mali », selon le président

mars 12, 2013
Burundi: des troupes du pays 'bientôt au Mali', selon le président Burundi: des troupes du pays « bientôt au Mali », selon le président © AFP

Des soldats burundais seront « bientôt » déployés au Mali, dans le cadre de la Mission internationale de soutien au Mali (Misma) ou de la future opération de maintien de la paix de l’ONU, a affirmé mardi à Paris le président burundais Pierre Nkurunziza.

« (. . . ) Mon pays participe activement à des missions de maintien de la paix en Afrique et dans le monde, en Somalie, au Darfour (Soudan), en Côte d’Ivoire, en Haïti et bientôt au Mali », a déclaré le chef de l’Etat burundais lors d’une conférence à l’Institut français des relations internationales (Ifri).

« Le Burundi a été approché au niveau de l’Union africaine mais aussi au niveau de la Cédéao (Communauté économique des Etats d’Afrique de l’Ouest) pour apporter notre contribution, compte tenu de notre expérience, et pour aider le Mali à avoir la paix », a-t-il ajouté. Le président n’a pas donné de précision sur le nombre de soldats qu’il pourrait envoyer.

Le président français François Hollande avait remercié lundi son homologue burundais pour s’être déclaré disposé à participer à la Misma.

« Le Burundi a été sollicité. Si c’est dans le cadre de la Misma, pas de problème, si ce sont les Nations unies qui transforment cette mission en mission onusienne, pas de problème. L’essentiel, c’est qu’on doit être présent aux côtés de notre frère et voir comment le Mali peut avoir la paix », a poursuivi le président burundais.

Selon une source diplomatique européenne, l’opération de maintien de la paix de l’ONU qui pourrait être mise en place à l’été après un vote au Conseil de sécurité en avril, pourrait compter jusqu’à 10. 000 hommes, avec notamment le Burundi et la Mauritanie, en plus des soldats africains de la Misma.

 Jeuneafrique.com  avec AFP