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Tous les vaccins ne sont pas égaux, selon l’Union européenne

juillet 13, 2021

LONDRES — Après que le Dr Ifeanyi Nsofor et son épouse ont reçu deux doses du vaccin d’AstraZeneca contre le coronavirus au Nigeria, ils ont supposé qu’ils seraient libres de voyager cet été vers une destination européenne de leur choix. Ils avaient tort.

© Fournis par La Presse Canadienne

Le couple – et des millions d’autres personnes qui ont été vaccinées grâce à un effort soutenu par l’ONU – pourrait se voir interdire l’entrée de nombreux pays européens, entre autres, parce que ces pays ne reconnaissent pas la version indienne du vaccin.

Bien que le vaccin d’AstraZeneca produit en Europe ait été autorisé par l’agence de réglementation pharmaceutique du continent, le même vaccin fabriqué en Inde n’a pas reçu le feu vert.

Les régulateurs de l’Union européenne (UE) ont déclaré qu’AstraZeneca n’avait pas rempli les documents nécessaires sur l’usine indienne, y compris les détails sur ses pratiques de production et ses normes de contrôle qualité.

Mais certains experts décrivent la décision de l’UE comme discriminatoire et non scientifique, soulignant que l’Organisation mondiale de la santé a inspecté et approuvé l’usine. Les responsables de la santé affirment que la situation non seulement compliquera les voyages et nuira aux économies fragiles, mais elle sapera également la confiance dans les vaccins en semblant étiqueter certains comme étant de qualité inférieure.

Alors que la couverture vaccinale augmente en Europe et dans d’autres pays riches, les autorités soucieuses de sauver la saison touristique estivale assouplissent de plus en plus les restrictions aux frontières.

Plus tôt ce mois-ci, l’Union européenne a présenté son certificat COVID numérique, qui permet aux résidants de l’UE de se déplacer librement dans le bloc de 27 pays tant qu’ils ont été vaccinés avec l’un des quatre vaccins autorisés par l’Agence européenne des médicaments, ont un récent test négatif ou ont la preuve qu’ils se sont récemment remis du virus.

Alors que les États-Unis et la Grande-Bretagne restent largement fermés aux visiteurs extérieurs, le certificat de l’UE est considéré comme un modèle potentiel de voyage à l’ère de la COVID-19 et un moyen de stimuler les économies.

Les vaccins officiellement approuvés par l’UE incluent également ceux fabriqués par Pfizer, Moderna et Johnson & Johnson. Ils n’incluent pas le vaccin d’AstraZeneca fabriqué en Inde ni de nombreux autres vaccins utilisés dans les pays en développement, y compris ceux fabriqués en Chine et en Russie.

Les différents pays de l’UE sont libres d’appliquer leurs propres règles pour les voyageurs de l’intérieur et de l’extérieur du bloc, et leurs règles varient considérablement, créant une confusion supplémentaire pour les touristes. Plusieurs pays de l’UE, dont la Belgique, l’Allemagne et la Suisse, autorisent les personnes à entrer s’ils ont reçu des vaccins non approuvés par l’UE; plusieurs autres, dont la France et l’Italie, ne le font pas.

Pour le Dr Nsofor, la réalisation qu’il pourrait être interdit d’entrée a été «un réveil brutal». Après une année difficile de travail pendant la pandémie à Abuja, le Dr Nsofor et sa femme attendaient avec impatience des vacances européennes avec leurs deux jeunes filles, peut-être en admirant la tour Eiffel à Paris ou en visitant Salzbourg en Autriche.

Le Dr Nsofor a noté que le vaccin de fabrication indienne qu’il avait reçu avait été autorisé par l’OMS pour une utilisation d’urgence et avait été fourni par le biais de COVAX, le programme soutenu par l’ONU pour fournir des vaccins aux pays les plus pauvres du monde. L’approbation de l’OMS comprenait une visite à l’usine du Serum Institute of India pour s’assurer qu’elle avait de bonnes pratiques de fabrication et que les normes de contrôle de qualité étaient respectées.

«Nous sommes reconnaissants à l’UE d’avoir financé COVAX, mais maintenant, ils discriminent essentiellement un vaccin qu’ils ont activement financé et promu», a déploré le Dr Nsofor. «Cela ne fera que laisser place à toutes sortes de théories du complot selon lesquelles les vaccins que nous recevons en Afrique ne sont pas aussi bons que ceux qu’ils ont pour eux-mêmes en Occident.»

Avec La Presse canadienne par Maria Cheng, The Associated Press

Le double-jeu de l’Union Européenne et sa complicité avec la dictature du Congo Brazzaville

novembre 7, 2015

Longtemps les déclarations de l’Union Européenne étaient allées à l’encontre des modifications des constitutions en Afrique et particulièrement au Congo de Denis Sassou Nguesso. Elles étaient en adéquation ou presque avec les positions de la Maison Blanche et du Département d’Etat à Washington. Une dernière mise en garde, le 22 octobre 2015, était publiée à Bruxelles sans toutefois condamner expressément la tenue d’un référendum le 25 du même mois ; alors que le même jour, le président Hollande tenait son discours maintenant historique soutenant les dictateurs africains.

L’Afrique a toujours beaucoup espéré des pouvoirs socialistes en Europe. Trop peut-être !

François Mitterrand avait assuré finalement un service minimum avec son discours de la Baule du 20 juin 1990. Quant à la Délégation de l’Union Européenne à Brazzaville elle s’est toujours montrée aimable et docile à l’égard du pouvoir congolais, sans que l’on y prête, à tort, beaucoup d’attention.

L’occasion vient de nous en être donnée par une bien curieuse initiative de son chef, l’Ambassadeur Saskia DE LANG. Avant d’aller plus loin, il faut souligner que cette diplomate d’origine néerlandaise bénéficie d’une excellente réputation ; elle est une rare exception, avec une seule consœur, dans le marigot nauséabond et hautement corrompu brazzavillois.

Difficile donc d’imaginer que de son propre chef, l’Ambassadrice de l’Union Européenne soit allée, il y a quelques jours, proposer un bien curieux marché de dupes à l’opposition congolaise, IDC-FROCAD : « contre la reconnaissance du résultat du Référendum, l’Union Européenne soutiendra l’IDC-FROCAD dans la mise en place d’une bonne gouvernance électorale par un Gouvernement d’Union nationale. Sassou Nguesso en avait accepté l’idée. » suivant des termes qui nous ont été confirmés.

Ce piège grossier élaboré par des esprits retors ou corrompus ne pouvait qu’avoir été imposé à la diplomate et il serait bon de chercher à comprendre comment ou à défaut par qui ?

Les troublantes proximités et coïncidences sont présentes partout.

Au sommet de l’Union Européenne tout d’abord, Monsieur Jean-Claude Juncker, le Président de la Commission Européenne, avait dû démissionner de son poste de Chef de l’Etat luxembourgeois en Juillet 2013 pour ne pas avoir alerté la justice de son pays, en 2006, lors de la révélation d’un « compte de 150 millions de dollars au Luxembourg prétendument au nom de l’ancien président du Congo, Pascal Lissouba ». Malgré cela, l’argent (qui aurait dû retourner au Congo) est resté à jamais perdu dans le labyrinthe obscur du paradis fiscal luxembourgeois. Assurément par pour tout le monde….

A un échelon juste en dessous, Madame Federica Mogherini, au terme d’un parcours politique à Gauche sans faute, Le 22 février 2014, est nommée ministre des Affaires étrangères par le chef du gouvernement, le socialiste Matteo Renzi. Depuis le 1er novembre 2014 elle est devenue, avec un mandat de cinq années, Haut Représentant de l’Union pour les affaires étrangères et la politique de sécurité.

En se rendant sur la page que l’Union Européenne a dédiée à sa délégation congolaise entre autres détails consternants, on peut y lire : « La Délégation travaille en étroite collaboration avec les trois Etats membres de l’UE accrédités à Brazzaville : la France, la Belgique et l’Italie. » (http://eeas.europa.eu/delegations/congo/eu_congo/index_fr.htm)

Ces trois pays ont en commun qu’ils sont gouvernés par des socialistes et que leurs Chefs de gouvernements sont parmi les plus jeunes que comptent les 28 pays membres de l’Union Européenne. Ils sont d’autant plus importants qu’ils appartiennent au petit club des six pays membres fondateurs de l’Union.

En commençant par le dernier pays de la liste, on ne peut que se rappeler l’affligeant voyage officiel à Brazzaville, le tout premier du Président du Conseil (Premier Ministre) italien Matteo Renzi, le 20 juillet 2014, (sans son ministre des Affaires étrangères d’alors, Federica Mogherini). Ce déplacement était placé sous le haut patronage d’ENI, la compagnie pétrolière italienne de plus en plus marquée par sa proximité très suspecte avec la famille mafieuse qui est à la tête de l’Etat congolais… Il ne fait pas de doute que ce rapprochement étroit entre le vieux dictateur sanguinaire africain et le jeune Premier Ministre italien prêtera toujours à interrogation tout au long de sa carrière.

Matteo Renzi et le dictateur congolais Sassou

Un peu plus tard, toujours à Brazzaville, le député européen Louis Michel (ancien Commissaire européen) au début du mois d’octobre 2014 séjourne à l’Hôtel Olympic. Il constitue avec Colette Braeckman, la journaliste du quotidien Le Soir, un redoutable duo opposé à Nkurunziza du Burundi. « Depuis 2005, cet ancien ministre belge montre sa colère et sa haine viscérale envers le régime de Bujumbura, où il promet que, par ses canaux d’influence, il finira coûte que coûte par faire tomber le président burundais Nkurunziza » selon un article de burundi-24.com. Louis Michel est le plus vieux relais, lobbyiste et ami que compte Sassou Nguesso à Bruxelles Belgique et Bruxelles Union Européenne. Sassou Nguesso assis à la même table qu’Angela Merckel au dernier Sommet Afrique de l’Union Européenne, ne pouvait être crédité à personne d’autre que lui. Par ailleurs, le maintien de Nkurunziza à la présidence du Burundi, faisait partie de la stratégie du dictateur congolais pour sa propre conservation du pouvoir. Les deux vieux amis, le Belge et le Congolais, ne pouvaient que finir par s’entendre. Et cela d’autant plus qu’au même moment, le 7 octobre 2014, ils apprenaient la nomination de l’enfant et du « neveu », Charles Michel, au poste de 1er Ministre de Belgique. Sassou en témoignage de sa joie et de sa satisfaction prêta à l’heureux papa son jet présidentiel pour hâter son retour en Belgique auprès du fiston et neveu.

A ce point du récit, il nous faut avoir une pensée émue pour Michelle Alliot-Marie dont la longue carrière politique en France a connu une fin brutale pour des faits similaires avec Ben Ali qui était un tyran infiniment moins criminel et plus sympathique que Denis Sassou Nguesso.

Pour finir avec ce trio de jeunes premiers ministres, Manuel Valls, a rejoint ses deux jeunes prédécesseurs dans le ralliement au vieux dictateur congolais, oubliant que sa propre famille en fuyant la dictature franquiste espagnole avait embrassée l’idéal démocratique français. Cela s’était passé à l’Hotel Shangri La, le palace parisien dans lequel le tyran congolais avait séjourné en juillet 2015 pour tenter d’obtenir le soutien qu’il a fini par obtenir, de la France, comme nous l’avons vu dernièrement. Plus récemment encore le 5 septembre 2015, Anne Hildalgo, la Maire de Paris aux ambitions présidentielles a fait la même démarche envers notre dictateur.

Ces chefs de gouvernements européens, ces responsables de l’Union Européenne lorsqu’ils favorisent le maintien au pouvoir du tyran Sassou Nguesso le font-ils dans l’intérêt de leur pays ou de l’Europe ? La réponse est obligatoirement « Non » ! Louis Aliot, Député européen du Front National avait parfaitement décrit l’intérêt de soutenir la démocratie en Afrique.

Alors dans quel intérêt le font-ils ?

Reste l’argument sécuritaire. Le syndrome Saddam Hussein/Kadhafi marque les esprits des sécurocrates qui disent préférer Sassou Nguesso, l’homme qui s’est couché devant l’armée angolaise à Kimongo, car il est le garant de la stabilité en Afrique Centrale.

Faux !

Si tel était le cas, l’Union Européenne n’aurait pas accordé, le 14 octobre dernier, à la République du Congo représentée par l’immensément corrompu et riche Jean Jacques Bouya, le bénéfice du 11ème Fonds européen de développement (FED) SANS AUCUNE GARANTIE DE CONTREPARTIE DEMOCRATIQUE ; un chèque en blanc au clan du tyran !

Cela s’appelle de la COMPLICITE quand tout un peuple est dans la rue et qu’il se bat, au péril de sa vie et de sa survie, contre un référendum anticonstitutionnel qui se déroulera 11 jours plus tard… !

Rigobert OSSEBI

Congo-liberty.com