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Nabilla fait son entrée à l’université

avril 11, 2013

Une bimbo à la fac

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Les étudiants en première année de droit de l’Université Paris V Descartes ont eu la surprise cette semaine de tomber sur Nabilla. Pas en chair et en os, certes, mais dans un sujet de partiel.

Il faut croire que le « Allô quoi » ouvre toutes les portes : Nabilla vient de faire une entrée fracassante à l’Université Paris V Descartes. Comme on s’en doutait bien, ce n’est pas en tant qu’enseignant-chercheur : en réalité, elle ne devrait même pas mettre les pieds dans un amphithéâtre, puisqu’elle ne s’est pas inscrite auprès de la scolarité. Si la star des Anges de la téléréalité 5 débarque sur les bancs de la fac, c’est uniquement sur le papier, en tant que personnage dans un devoir sur table (DST) pour les étudiants en première année de droit.

Préparé par une jeune chargée de TD, ce problème de paternité contestée met en scène Nabilla, mais aussi d’autres personnalités bien connues par les amateurs des téléréalités d’NRJ12 : Sofiane et Ayem. Posté sur Facebook par une étudiante de Paris V, ce DST en droit des familles est bourré de fautes, mais a eu le mérite d’intéresser les élèves : « J’ai trouvé que l’exercice était de mauvais goût mais la majeure partie a trouvé ça très drôle », explique celle qui a mis l’exercice en ligne au Figaro Etudiant. En revanche, d’autres se sont a priori montrés plus critiques, scandalisés de voir Nabilla citée à l’université.

Virginie Spies, maître de conférences à l’Université d’Avignon, trouve l’idée maligne : « On voit bien que les noms ont été changés car c’est une histoire qui aurait été valable pour n’importe quel nom, explique-t-elle au Figaro. C’est un coup assez malin de ce chargé de TD qui s’en sert clairement pour amuser et attirer l’attention des étudiants sur le test. Le buzz avec Nabilla est devenu un véritable sujet de société, c’est plutôt rassurant de constater que l’on en parle également dans les plus hautes sphères éducatives. » Si même le corps enseignant trouve ça rassurant, il n’y a vraiment pas de quoi s’inquiéter.

Voici.fr par M.A.

« Les jeunes sont séduits par le côté antisystème de Marine Le Pen et sa dénonciation des élites »

avril 10, 2012

 

Lors du meeting de Marine Le Pen, à Lyon, samedi 7 avril.
Lors du meeting de Marine Le Pen, à Lyon, samedi 7 avril. | Bruno AMSELLEM / SIGNATURES

Spécialiste de l’extrême droite et du Front national, docteur en sociologie et chercheur à l’université Paris-Ouest-Nanterre, Sylvain Crépon vient de publier Enquête au cœur du nouveau Front national (Nouveau Monde, 300 p., 19,90 euros). Il a publié en 2006 La Nouvelle Extrême droite : enquête sur les jeunes militants du Front national (L’Harmattan).

Marine Le Pen est très forte chez les jeunes. Comment l’expliquez-vous ?

Il y a clairement un effet « Marine Le Pen« , qui tient beaucoup à son image. Il y a une identification à elle, compte tenu de sa vie et de son parcours. Avec un discours: « Tant que c’était le père, on ne pouvait pas aller vers le FN à cause de ses provocations sur l’inégalité des races et de la Shoah. On a vu ce que c’était à l’école et ça nous a traumatisés. »

Jean-Marie Le Pen rebutait. Dès que Marine Le Pen a émergé et a entrepris la dédiabolisation, ils se sont dit : « Tout n’est pas bon à jeter. Elle critique son père, elle est jeune, divorcée, n’est pas contre l’avortement, ne dit pas du mal des homos. » Marine Le Pen est un nouveau leader qui émerge dans le champ politique. Figure du renouveau et de jeunesse. Au niveau de l’offre politique, c’est quasiment la seule à incarner cela.

Quels thèmes séduisent le plus les jeunes dans le discours de Marine Le Pen ?

Chez les jeunes militants et/ou les sympathisants, ce qui a aussi joué, c’est l’expression d’un certain libéralisme en termes de valeurs morales: le fait qu’elle ne veuille pas – même s’il y a eu la polémique sur les « avortements de confort »remettre en cause la loi Veil, le fait qu’elle affiche une certaine solidarité – ambiguë certes, parce qu’à connotation xénophobe – avec les homosexuels, etc. Ce sont des éléments qui ont pu rassurer les jeunes. Le « discours républicain » de Marine Le Pen joue beaucoup également.

La défense des valeurs républicaines est, chez les jeunes, une évidence, cela ne souffre aucune contestation. C’est plébiscité. C’est très souvent mis en avant, notamment pour la distinguer de son père. Elle apparaît donc comme le renouveau. Le discours de défense de la laïcité contre « l’islamisme », c’est aussi une évidence pour eux.

Qui sont ces jeunes ?

En général, ils viennent des milieux modestes. Plutôt de la petite classe moyenne du secteur privé qui n’a pas la sécurité de l’emploi. Les employés ou les petits artisans et commerçants. Souvent, les parents votent FN.

La question du niveau de diplôme est également importante. C’est vrai dans l’électorat général – comme le montrent les travaux de la politologue Nonna Mayer – moins on a de diplômes, plus on vote Front national. Mais c’est démultiplié chez les jeunes. Chez les moins de 25 ans, le soutien à Marine Le Pen passe de 10 % pour ceux qui poursuivent leurs études après le bac, à plus de 30 % chez ceux qui les ont arrêtées. C’est accentué par le fait que toute une classe d’âge arrive sur le marché du travail en pleine crise économique et est extrêmement inquiète par rapport à son avenir.

Pourquoi ce phénomène ne touche-t-il pas les autres partis politiques ?

Il y a une certaine défiance vis-à-vis des partis de gouvernement. Dans le contexte de crise, les discours des partis de gouvernement sont extrêmement technocratiques, prudents et se veulent le moins idéologiques possible.

Du coup, ces jeunes les moins diplômés sont séduits par le côté antisystème et de dénonciation des élites. Ce qui compte beaucoup, c’est qu’ils comprennent ce que dit Marine Le Pen. Je l’ai vu notamment chez les jeunes de Hénin-Beaumont [Pas-de-Calais], ils disent que c’est clair, pas jargonneux. Ils ne se sentent pas mis à l’écart.

Enfin, il y a aussi le côté « solidarité ethnique » même si ce n’est pas formulé comme cela. Encore une fois, dans un contexte de crise économique où il n’y a pas de boulot, ils trouvent normal de privilégier « les Français ».

La séduction de la jeunesse par le parti d’extrême droite est un phénomène nouveau ?

C’était déjà le cas dans les années 1990. En 1995, Jean-Marie Le Pen avait attiré 17 % des 18-24 ans. Au milieu des années 1990, le parti était déjà très fort chez les jeunes. C’était dû, non pas à la crise économique comme aujourd’hui, mais à un grand pessimisme par rapport à l’avenir et une grande défiance vis-à-vis des partis politiques.

Lemonde.fr propos recueillis par Abel Mestre