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Coronavirus : à Wuhan, ces urnes funéraires qui font douter du nombre officiel de décès

mars 31, 2020

 

L’enquête d’un média chinois sur le fonctionnement des crématoriums remet en cause le bilan de l’épidémie de Covid-19 dans la capitale du Hubei.

CHINA-HEALTH-VIRUS

Des habitants de Wuhan font la queue devant un supermarché, ce lundi 30 mars. NOEL CELIS / AFP

Les mesures de confinement imposées aux habitants de Wuhan sont progressivement levées ces derniers jours. Les habitants de la capitale de la province du Hubei, devenue tristement célèbre dans le monde entier comme étant le point de départ de la pandémie de Covid-19, reprennent doucement une vie normale. Cela passe malheureusement, pour de nombreuses familles, par les crématoriums de la ville, où elles peuvent désormais se rendre pour récupérer les cendres de leurs proches tués par le virus.

Cette ruée vers les urnes funéraires alimente les doutes sur la sincérité du bilan officiel du nouveau coronavirus à Wuhan, et dans toute la Chine. D’après Pékin, plus de 50.000 personnes ont été contaminées à Wuhan, et 2535 personnes en sont mortes. Mais selon une enquête du très sérieux site d’informations en ligne Caixin, ces chiffres sont loin de la réalité. Le média indépendant indique que 5000 urnes funéraires ont été distribuées ces derniers jours au seul crématorium de Hankou, à Wuhan, soit le double du bilan officiel. De plus, Wuhan, métropole de onze millions d’habitants, compte sept crématoriums au total. Caixin estime donc à près de 35.000 le nombre d’urnes distribuées.

La Fête des morts sera célébrée en Chine le 5 avril prochain et les proches de défunts se pressent pour récupérer leurs cendres avant cette date. Sur les réseaux sociaux, des photos et vidéos montrent les longues files d’attente, qui renforcent les doutes sur le bilan du Covid-19 dans la ville. «Dans la population, quasiment personne ne croit» les chiffres officiels, indique le site Radio Free Asia.

Par Le Figaro avec AFP

La Mauritanie aux urnes pour des élections tests avant la présidentielle

septembre 1, 2018

Le président mauritanien Mohamed Ould Abdel Aziz arrivant à un sommet de l’Union africaine à Nouakchott le 2 juillet 2018 / © POOL/AFP/Archives / Ludovic MARIN

Les Mauritaniens ont commencé à se rendre aux urnes samedi pour des élections législatives, régionales et locales qui constituent un test pour le régime du président Mohamed Ould Abdel Aziz, à moins d’un an de la présidentielle de la mi-2019.

Après le vote anticipé des militaires vendredi, les bureaux ont ouvert à 07H00 (GMT et locale).

Les bureaux doivent rester ouvert jusqu’à 19H00 à travers ce vaste pays aride d’Afrique de l’Ouest, engagé aux côtés de ses alliés régionaux et de la communauté internationale dans la lutte contre le jihadisme au Sahel. Les premiers résultats sont attendus en début de semaine prochaine.

Contrairement aux précédentes législatives de 2013, l’opposition a cette fois décidé d’y participer, y compris dans ses composantes dites « radicales », ce qui porte au nombre record de 98 les partis politiques en lice à ce premier tour. En cas de second tour, celui-ci se tiendra le 15 septembre.

A Tevregh Zeina, un quartier résidentiel de la capitale Nouakchott, les premiers électeurs étaient peu nombreux, a constaté un journaliste de l’AFP.

« J’ai voté pour des personnes que je soutiens de différents partis, dont certains de la majorité et d’autres de l’opposition », a expliqué à l’AFP Fatimatou, une jeune électrice, après avoir déposé ses bulletins dans cinq urnes réservées aux différents niveaux de pouvoir concernés. « J’ai un peu peiné », a-t-elle ajouté, en expliquant avoir mis « huit minutes » pour remplir son devoir civique.

Alors qu’opposants et ONG dénoncent régulièrement des atteintes aux droits de l’homme, la campagne électorale s’était achevée jeudi soir sur des échanges acerbes entre le pouvoir et l’opposition.

L’opposant historique mauritanien Ahmed Ould Daddah lors d’une conférence de presse le 3 mai 2012 à Nouakchott / © AFP / Mohamed Ould Elhadj

– Démocratie « assassinée » –

Le président Mohamed Ould Abdel Aziz a affirmé que le pays était « en danger » à cause d’une opposition divisée entre, selon lui, « islamistes dangereux, extrémistes racistes et des résidus d’anciens régimes ayant mis le pays à genoux ».

« Nous devons les tenir loin des affaires par un vote massif pour l’UPR », le parti présidentiel, a-t-il lancé à ses partisans. Les islamistes « n’attendent que leur échec politique pour prendre les armes », avait-il déjà déclaré mercredi.

« C’est M. Aziz qui a pris les armes contre un régime élu et assassiné la démocratie », a rétorqué un responsable du parti islamiste Tewassoul, Jemil Ould Mensour.

M. Aziz, un ancien général, est arrivé au pouvoir par un coup d’Etat en 2008, avant d’être élu en 2009 et réélu en 2014.

Un autre responsable de l’opposition, Mohamed Ould Moloud, a affirmé que le « régime » était « aux abois » et l’a accusé « de s’acheminer vers une fraude massive ».

La Mauritanie aux urnes pour les élections législatives / © AFP / Mohamed Vall Ahmed

Ces élections constituent un test à moins d’un an de la présidentielle de mi-2019. Bien qu’il se soit engagé à maintes reprises à ne pas tenter de modifier la limitation à deux du nombre de mandats présidentiels, le chef de l’Etat n’est pas parvenu à apaiser les soupçons de l’opposition, alimentés par les déclarations publiques de ses ministres et de ses partisans.

– « Intimidations et harcèlement » –

Amnesty International a fustigé récemment les « arrestations et détentions » de deux opposants et militants antiesclavagistes, estimant qu’il s’agissait des « pires signaux d’intimidation, de harcèlement et de répression par les autorités mauritaniennes des voix dissidentes » à l’approche de ces élections.

Pour convaincre, l’UPR, large vainqueur des législatives de 2013 boycottées par la quasi-totalité de l’opposition radicale, met en avant la révision de la Constitution de 2017 qui a aboli le Sénat et donné au pays un nouvel hymne et un nouveau drapeau évoquant le « sacrifice des martyrs » de la résistance à la colonisation française, qui s’est achevée en 1960.

Sur le plan économique, le pouvoir insiste sur une croissance retrouvée, « de 3% en 2017 », et sur « un indice de pauvreté à 31%, contre plus de 40% en 2008 », dans un pays d’un peu moins de quatre millions d’habitants dont le taux d’alphabétisation reste faible.

L’opposition quant à elle dénonce une forte baisse du pouvoir d’achat et des indices de développement classant la Mauritanie « au bas de l’échelle à tous les niveaux ».

Sur le plan international, Nouakchott, qui a accueilli en juillet un sommet de l’Union africaine, a récemment réchauffé ses relations diplomatiques avec le Maroc, longtemps mises à mal par la question du Sahara occidental, et signé avec le Sénégal des accords sur la pêche et le gaz.

Romandie.com avec(©AFP / (01 septembre 2018 12h54)

Mali: les deux principaux opposants saisissent la justice pour « bourrage d’urnes »

août 5, 2018

Bamako – Les deux principaux opposants maliens ont annoncé dimanche la saisine de la cour constitutionnelle du pays pour « bourrages d’urnes » par le camp du chef d’Etat sortant, Ibrahim Boubacar Keïta (IBK), arrivé en tête du premier tour de la présidentielle.

Le chef de l’opposition, qui défiera IBK au deuxième tour, Soumaïla Cissé, « a déposé hier soir (samedi, NDLR) une vingtaine de recours auprès de la cour constitutionnelle pour bourrages d’urnes, violation de la loi électorale, irrégularités », a indiqué à l’AFP un porte-parole de M. Cissé.

« Les bourrages d’urnes expliquent notamment les scores d’IBK dans le Nord et le Centre », a-t-il affirmé.

Le camp de l’ex-ministre des Finances a ajouté avoir déposé « une requête en récusation de six des juges de la cour pour suspicion de partialité, dont la présidente », Manassa Danioko.

« Cette récusation est collective » et est portée par « les 17 candidats du front démocratique », a affirmé le parti de M. Cissé.

La cour constitutionnelle, composée de neuf juges, doit proclamer officiellement mercredi les résultats du premier tour pour que démarre la campagne du second tour qui se tient le 12 août et pour lequel Ibrahim Boubacar Keïta est donné grand favori.

La cour n’a pas confirmé la réception de cette saisine car « les requêtes viennent en confidentialité et sont directement remises au secrétaire de la présidente », a déclaré à l’AFP Mamadou Magassouba, secrétaire général de la cour constitutionnelle du Mali.

Il a refusé en outre de commenter les accusations de partialité portées par le camp Cissé.

– « Dépouillement sans agents » –

Soumaïla Cissé, qui a recueilli le 29 juillet 17,8% des voix, contre 41,42% pour Ibrahim Boubacar Keïta, selon des résultats officiels proclamés jeudi soir, avait dénoncé dès vendredi des résultats « ni sincères, ni crédibles ».

Arrivé troisième du scrutin, avec 7,95% des suffrages, l’homme d’affaires Aliou Boubacar Diallo a également « déposé un recours à la cour constitutionnelle qui concerne les résultats et le recomptage des voix », a indiqué à l’AFP son porte-parole, Cheick Diallo.

« Il y a beaucoup d’irrégularités que nous avons constatées le jour du scrutin » telles que « des dépouillements sans agents électoraux » ou encore « l’enlèvement illégal de certaines urnes », a-t-il déclaré, accusant également le camp IBK de « bourrage ».

Bien que la cour constitutionnelle soit « tendancieuse dans certains de ses arrêts, nous sommes obligés de rester dans ces procédures, car il n’y en a pas d’autres », a observé Cheick Diallo.

La suspicion de fraude électorale, et en particulier de bourrages d’urnes, est sur toutes les lèvres des partisans de l’opposition, car le ministère de l’Administration territoriale a annoncé les résultats provisoires du premier tour seulement à l’échelle nationale.

Le gouvernement n’a « pas du tout l’intention de les publier en détail, bureau par bureau », a indiqué une source proche du ministère, resté sourd aux demandes répétées de l’opposition et des observateurs internationaux au nom de l’exigence de « transparence ».

Face à ce manque de détails, les allégations de manipulation du vote sont nombreuses, en particulier dans le Nord du pays, où le camp du chef d’État est accusé par l’opposition d’avoir profité des violences pour truquer les élections, ce qu’il était impossible dans l’immédiat de vérifier de manière indépendante.

Romandie.com avec(©AFP / 05 août 2018 15h08)                                                        

Présidentielle en RDC : la course contre la montre est engagée

octobre 10, 2011

Des élections de la démesure… Organiser une présidentielle et des législatives sur toute l’étendue du territoire de la RDC pour le 28 novembre est un véritable casse-tête logistique !

« S’il n’y a pas d’urnes, il n’y a pas d’élections. » Avant de s’envoler, le 22 septembre, pour l’Allemagne, où il a passé commande d’environ 62 000 urnes, soit le nombre de bureaux de vote, Daniel Ngoy Mulunda, le président de la Commission électorale nationale indépendante (Ceni), a eu le mérite de la clarté. Problème, les élections présidentielle et législatives sont fixées au 28 novembre, dans moins de deux mois ! Même en misant sur le savoir-faire industriel germanique, ce délai est serré. Et le défi logistique ne s’arrête pas là.

Dans un pays grand comme quatre fois la France, comptant de nombreuses localités reculées, uniquement accessibles à pied ou en bateau, organiser ce double scrutin est un casse-tête à la dimension du « Grand Congo » : démesuré et gigantesque. Surtout que le législateur siégeant à Kinshasa semble s’être donné une règle : pourquoi faire simple et peu coûteux quand on peut faire cher et compliqué. Pour la présidentielle comme pour les législatives, les bulletins de vote devront mentionner le nom, la photo, l’appartenance politique et le numéro d’identification de chaque candidat, sans compter la case vide sur laquelle chacun des 32 millions d’électeurs signifiera son choix. Les bulletins seront donc forcément imprimés sur du papier grand format !

Quelque 14 000 candidats pour 500 députés

Si 11 candidats briguent la magistrature suprême, pour l’élection des 500 députés, l’imprimeur sud-africain est prié de ne pas se tromper dans la programmation de ses rotatives : les 11 provinces ont été morcelées en 169 circonscriptions, soit, au final, 14 000 candidats ! Du coup, l’isoloir en taille XL fabriqué au Liban doit naturellement offrir l’espace requis, tout comme l’urne made in Germany.

À l’aéroport Ndjili de Kinshasa, le ballet des avions-cargos a débuté. La réception du matériel est une chose. Mais il faut ensuite le répartir sur l’ensemble du territoire. Nouveau casse-tête. « La logistique est un goulet d’étranglement et les moyens aériens sont insuffisants », estime Thierry Vircoulon, directeur Afrique centrale d’International Crisis Group (ICG).

D’abord étrangement silencieuse devant l’étendue de ce chantier hors norme, la Mission des Nations unies pour la stabilisation en RDC, la Monusco, a musclé sa communication. Pour apaiser la colère sourde de l’opposition qui dénonce l’opacité du fichier électoral ? Sans doute. Pour rassurer les bailleurs de fonds qui financent à hauteur de 84 millions de dollars un processus électoral chaotique ? Certainement.

Des tonnes de matériel

« La température monte dangereusement ; l’opposition radicalise son discours et prépare le terrain pour éventuellement contester le déroulement du scrutin et les résultats s’ils sont défavorables. La tentation d’envoyer ses militants dans la rue, notamment à Kinshasa, est déjà perceptible », prévient un expert international. « Tout est fait pour que le calendrier électoral soit respecté. […] Des centaines de tonnes de matériel sont convoyées à l’intérieur du pays. Malgré quelques difficultés, tout se déroule de manière rassurante », a déclaré Roger Meece, le chef de la mission onusienne, le 22 septembre, lors d’une rencontre avec la presse.

La Monusco dispose déjà de 50 avions et hélicoptères. Et prévoit de porter sa flotte à 75 appareils. La course contre la montre ne fait que commencer.

Jeuneafrique.com par Philippe Perdrix