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Texas: explosions dans une usine chimique frappée par Harvey

août 31, 2017

Des véhicules avancent sur une route inondée conduisant à l’usine du groupe chimique français Arkema, le 30 août 2017 à Crosbyj, après le passage de la tempête Harvey, au Texas / © AFP / Brendan Smialowski

Deux explosions ont été signalées jeudi dans une usine chimique du Texas, dont les émanations pourraient causer des problèmes de santé, après le passage de la tempête Harvey qui a causé des dégâts très importants et fait au moins 33 morts.

Inondée et privée d’électricité donc de capacité de réfrigération de ses matériaux hautement inflammables, l’usine du groupe chimique français Arkema à Crosby au nord-est de Houston représentait un risque depuis plusieurs jours, qui avait entraîné la mise en place d’un périmètre d’évacuation de trois kilomètres.

Les services de secours ont signalé deux explosions et des fumées noires vendredi vers 02H00 locales (05H00 GMT), a annoncé Arkema dans un communiqué. Ce site fabrique des peroxydes organiques, un composé entrant dans la fabrication de plastiques et de produits pharmaceutiques.

« Les peroxydes organiques sont extrêmement inflammables et, en accord avec les autorités, la meilleure chose à faire est de laisser l’incendie s’éteindre de lui-même », a expliqué Arkema, invitant la population à rester loin de l’usine par crainte de nouvelles explosions.

Un peu plus tard, le groupe a pressé les personnes restées dans le périmètre de couper leur air conditionné « pour éviter une possible exposition aux fumées ». Car les émanations peuvent notamment provoquer « des irritations oculaires, de la peau et/ou respiratoires » ainsi que nausées et somnolence, a-t-il prévenu, soulignant de nouveau que d’autres explosions pourraient survenir.

– Famille décimée –

Le Texas, déjà meurtri par la découverte des corps de six membres d’une même famille, craint que la décrue ne révèle davantage de morts et des dégâts qui prendront des années et des milliards de dollars à réparer. Après le sud-est du Texas, la tempête continuait vendredi de frapper la Louisiane.

Au moins trente-trois personnes ont trouvé la mort depuis que le sud du Texas a été atteint vendredi soir par l’ouragan alors de catégorie 4, chargé de pluies « catastrophiques », qui ont provoqué l’évacuation de dizaines de milliers de personnes. Il a été rétrogradé en dépression tropicale mercredi soir.

Le décès de dix personnes a été confirmé dans plusieurs comtés du sud-est du Texas, tandis que 23 décès supplémentaires « sont potentiellement liés à Harvey », a annoncé le service médico-légal du comté de Harris, où se trouve Houston.

L’Amérique a été ébranlée par la macabre découverte de six membres d’une même famille, portés disparus depuis dimanche, et retrouvés morts dans leur camionnette submergée mercredi: quatre enfants, âgés de 6 à 16 ans, avec leurs arrière-grands-parents.

Alors que l’eau commence à se retirer à Houston, après que 41 trillions de litres se sont abattus en cinq jours sur sa région, les autorités craignent de trouver d’autres corps de personnes coincées par la montée des eaux.

Le vice-président Mike Pence doit se rendre jeudi dans le deuxième Etat le plus peuplé du pays pour rencontrer des personnes évacuées, ce que le président Donald Trump n’a pas fait lors de sa visite mardi.

Outre les pertes humaines, l’Etat s’inquiète des dégâts matériels, qui pourraient atteindre entre 30 et 100 milliards de dollars, selon l’agence Bloomberg.

Le Texas, importante région pétrolière, craint de voir son économie handicapée: quinze raffineries de la région représentant 20,9% des capacités totales de raffinage aux Etats-Unis, étaient fermées ou en cours de fermeture mercredi.

La métropole de Houston, quatrième ville américaine, tentait de restaurer une certaine normalité avec la reprise de plusieurs services municipaux, comme le métro et la collecte des ordures, dans plusieurs quartiers jeudi.

Certains résidents ont commencé à quitter les abris pour rentrer chez eux, et le nombre de personnes privées d’électricité a également été réduit à 59.000.

– ‘Aller de l’avant’ –

Plusieurs autoroutes ont également rouvert à la circulation, tout comme les deux principaux aéroports de la ville.

« J’espère que malgré la puissance de cette tempête, la ville de Houston va vite pouvoir redevenir comme elle était et aller de l’avant », a martelé le maire démocrate Sylvester Turner mercredi soir lors d’une conférence de presse.

Beaucoup de Texans, qui multiplient les actes de solidarité envers leurs voisins, partageaient son optimisme.

« Ici, si vous voyez quelqu’un, vous allez le voir et vous faites ce que vous pouvez pour aider », a raconté à l’AFP Cynthia Guillory, 51 ans, une conductrice de camions originaire de Louisiane, qui s’est retrouvée coincée dans les inondations alors qu’elle rentrait de vacances.

« C’est normal au Texas. Tout le monde se rassemble autour d’une cause commune », a expliqué Bernard Redeo, un conducteur de train de 58 ans.

Des élans de solidarité similaires ont été observés à La Nouvelle Orléans, ville frappée par Katrina en 2005 et désormais sous les nuages pluvieux de Harvey. Le service météo de la ville indiquait jeudi matin que la tempête « s’éloigne très lentement » avec des risques de précipitation pour la journée. La Louisiane a reçu jusqu’à 56 cm d’eau.

Romandie.com avec(©AFP / 31 août 2017 14h41)                

France/Attentat en Isère: un mort décapité, quatre suspects en garde à vue

juin 26, 2015

Une personne est morte décapitée en marge d’un attentat commis dans une usine chimique de Saint-Quentin-Fallavier (Isère). Un suspect a été identifié et interpellé sur place. Trois complices présumés sont en garde à vue.

Que s’est-il passé?

Peu avant 10h ce matin, une explosion est survenue dans l’usine de gaz chimique Air Products, à Saint-Quentin Fallavier dans l’Isère. Deux personnes, peut-être plus, auraient pénétré sur le site en voiture en cherchant à percuter les bonbonnes de gaz qui ont explosé et provoqué un début incendie. Interrogée par L’Express, une source gendarmerie confirme ce scénario: « Un véhicule avec un ou plusieurs occupants à son bord s’est présenté aux portes de l’entreprise. Selon le procureur de la République François Molins, qui tenait une première conférence de presse ce vendredi à 19h, la camionnette et son chauffeur étaient connus des employés de l’usine. Ils n’ont donc pas eu à en forcer les portes pour pénétrer sur le site.

L’AFP qui a pu se procurer les images de vidéosurveillance en a livré une première analyse. Après la collision, le conducteur est sorti du véhicule pour se rendre dans un bâtiment proche et manipuler d’autres bouteilles. Une équipe de pompiers, appelée en secours, a alors été accueillie par Salhi au cri de « Allahou Akbar » (Dieu est grand). C’est alors que les soldats du feu sont parvenus à le ceinturer et à le maîtriser en attendant l’arrivée des gendarmes.

Qui est l’auteur de l’attentat?

Un homme a été interpellé, il est entendu par les forces de l’ordre et serait connu des services de police, notamment de la Direction générale de la sécurité intérieure (DGSI). Selon nos informations, l’individu a refusé de décliner son identité.

Pourtant, « l’homme a été identifié », a précisé François Hollande depuis Bruxelles en fin de matinée. Il s’agit, selon le ministère de l’Intérieur, de Yassine Salhi. Agé de 35 ans, il est originaire de Saint-Priest, dans la banlieue de Lyon et n’est pas inconnu de la police. Entre 2006 et 2008, il a fait l’objet d’une fiche « S » (sûreté d’Etat) pour « radicalisation » et pour ses « liens avec la mouvance salafiste ». Cette dernière n’a cependant pas été renouvelée en 2008. Bernard Cazeneuve a précisé qu’il n’avait pas de casier judiciaire. En revanche, ce père de trois enfants selon Le Parisien, avait à nouveau été repéré par les services de renseignements entre 2011 et 2014 pour ses liens avec la mouvance salafiste lyonnaise, a précisé François Molins.

Selon une source proche de l’enquête, il souffre de blessures, s’apparentant à des coupures, au visage. De type maghrébin, Yassine Salhi arborerait une épaisse barbe au moment de son interpellation. Aucun élément ne permet d’affirmer, à ce stade de l’enquête, la police considère qu’il est le seul auteur présumé de l’attentat commis dans l’usine, a par ailleurs indiqué le procureur de la République de Paris, François Molins. Pour autant, trois autres personnes sont actuellement en garde à vue, soupçonnées notamment d’avoir aidé Salhi dans son projet de passage à l’acte terroriste.

Qui sont les complices présumés de Yassine Salhi?

Il s’agit de la soeur du principal suspect, de sa femme et d’un troisième individu dont le parquet n’a révélé ni le sexe ni la qualité à ce stade de l’enquête. Peu avant son interpellation, la femme de Yassine Salhi confiait son désarroi à nos confrères d’Europe 1: « Il est parti au travail ce matin, à 7 heures (…) j’ai le coeur qui va s’arrêter, je ne comprends rien. »

Les policiers de la BRI en charge de l’enquête ont longuement perquisitionné le domicile du couple, avant d’en repartir peu après 19h avec plusieurs sacs de pièces à conviction, selon notre envoyé spécial sur place à Saint-Priest.

Combien y a-t-il de victimes?

Un premier bilan fait état d’un mort, retrouvé décapité sur place, et de deux blessés légers (source proche de l’enquête). Selon l’AFP, la tête de la victime, recouverte d’inscriptions en arabe, a été retrouvée accrochée à un grillage, entre deux drapeaux noirs plantés là à dessein. L’information n’a pas été confirmée par la gendarmerie qui a en revanche pu identifier la victime. Selon l’AFP, qui confirme une information du Dauphiné Libéré, la personne décapitée a été identifiée. La victime, 54 ans, était directeur commercial au sein d’une entreprise de transport où travaillait aussi l’auteur présumé de l’attentat Yassin Salhi, embauché au mois de mars dernier. Ses locaux étaient d’ailleurs également perquisitionnés à Chassieu (Rhône) ce vendredi en fin de journée.

C’est la première fois qu’un homme est décapité en France lors d’un attentat, alors que cette pratique est tristement fréquente dans les zones de Syrie et d’Irak aux mains du groupe Etat islamique (EI).

Que sait-on de l’usine visée?

A Saint-Quentin Fallavier, l’usine d’Air Products produit des « gaz atmosphériques, procédés et gaz spéciaux, de produits chimiques, d’équipements et de services ». Le site était classé « Seveso », mais « à un seuil bas » a précisé Bernard Cazeneuve. Cela signifie qu’il s’agit d’un site industriel présentant des risques d’accidents majeurs, compte tenu des produits transformés dans ses murs.

Un périmètre de sécurité a été établi autour de l’usine par les forces de l’ordre. Et le ministère de l’Intérieur a lancé des directive pour renforcer la surveillance de ce type d’installations.

Lexpress.fr