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Russie: une ONG s’alarme de la « criminalisation » de l’utilisation d’internet

février 5, 2018

Une ONG s’alarme de la criminalisation de l’utilisation d’internet en Russie / © AFP/Archives / SAUL LOEB

Quarante-trois personnes ont été condamnées à des peines de prison en 2017 en Russie pour des contenus postés sur internet, a accusé lundi une ONG de défense des droits de l’Homme qui s’inquiète de la « criminalisation rampante » de l’utilisation d’internet dans ce pays.

« En moyenne, 244 pages ont été bloquées sur l’internet russe chaque jour en 2017. Tous les six jours, un internaute a fait l’objet d’une attaque ou de menaces et tous les huit jours, un internaute a été condamné à une peine réelle de privation de liberté », a noté l’ONG Agora dans un rapport présenté lundi.

« Au cours de l’année passée, comme en 2016, nous avons enregistré une hausse significative des attaques et des cas de poursuites contre les internautes. Le nombre des menaces d’inculpation (411 contre 298 en 2016) et le nombre des condamnations à une privation réelle de liberté (43 contre 32 en 2016) ont considérablement augmenté », expliquent les auteurs du rapport.

Un meurtre et 66 cas de violence ou de menaces contre des blogueurs ou des journalistes, un record depuis qu’Agora publie ce rapport, ont été recensés en 2017 par cette organisation.

Mais « la grande majorité des atteintes à la liberté d’internet (exactement 115.706 en 2017) sont liées au blocage de contenu ou à l’interdiction d’informations pour différentes raisons », poursuit cette ONG qui regroupe des avocats spécialisés dans la défense des droits de l’Homme.

Le rapport cite le cas d’un blogueur de Perm (Oural) condamné à trois ans et onze mois de colonie pénitentiaire pour un canular téléphonique qu’il a mis en ligne et celui très médiatique de Rouslan Sokolovksi, un vidéo-blogueur condamné pour avoir chassé des Pokémons dans une église d’Ekaterinbourg (Oural) et en avoir tiré une vidéo diffusée sur internet.

Les auteurs du rapport s’inquiètent de la « criminalisation rampante » de l’utilisation d’internet en Russie, assurant qu’il n’y a « aucune raison de penser que cela puisse changer dans les années à venir ». Ils dénoncent aussi « le rôle grandissant du FSB (services secrets), qui devient de fait le régulateur de l’internet russe, à la fois technologiquement et en tant qu’organe de répression ».

Agora, qui surveille depuis dix ans l’internet en Russie, dit avoir observé au cours de cette décennie « 214 cas de violences contre des militants, blogueurs ou journalistes, dont cinq meurtres et plusieurs tentatives de meurtre ».

Romandie.com avec(©AFP / 05 février 2018 16h11)                

Facebook va utiliser davantage la reconnaissance faciale

décembre 19, 2017

San Francisco – Grâce à la reconnaissance faciale, Facebook va informer ses utilisateurs lorsqu’une photo d’eux est publiée sur le réseau social, même lorsqu’ils n’ont pas été identifiés par leur nom (« tags »), a annoncé le groupe mardi.

« Nous faisons cela pour empêcher les gens de prendre la place d’autres sur Facebook » en utilisant par exemple la photo de quelqu’un d’autre comme photo de profil, écrit le groupe.

L’entreprise utilise déjà la reconnaissance des visages pour proposer à un utilisateur publiant une photo d’identifier un « ami » présent sur celle-ci, une fonction optionnelle qui a pour effet d’informer automatiquement l’intéressé qu’un cliché de lui a été posté sur Facebook.

Désormais, « si vous êtes sur une photo (…), nous vous le dirons, même si vous n’avez pas été identifié » nommément, explique sur son blog officiel le réseau social qui revendique plus de deux milliards d’utilisateurs actifs.

Cette fonctionnalité sera mise en place « bientôt » et permettra aux intéressés de s’identifier sur la photo s’ils le souhaitent, ou bien d’exprimer des inquiétudes ou des réserves à la personne qui a publié les clichés, fait valoir le réseau social.

Les fonctions utilisant la reconnaissance faciale ne sont pas proposées au Canada et dans l’Union européenne, précise Facebook, des zones où les régulations en matière de protection des données et de la vie privée sont souvent plus strictes.

Romandie.com avec (©AFP / 19 décembre 2017 21h27)                                            

Le casse-tête du glyphosate se prolonge pour l’UE

octobre 25, 2017

Des militants de « Stop Glyphosate » manifestent à Bruelles, le 25 octobre 207 / © AFP / JOHN THYS

L’UE n’a pas trouvé mercredi de solution qui permette de rassembler une majorité d’Etats membres sur le sort du glyphosate, renvoyant la décision sur cet herbicide controversé, dont la licence expire en décembre, à une date ultérieure.

« Plusieurs options ont été discutées », a rapporté, sans plus de détails, une porte-parole de la Commission. L’exécutif européen espérait pourtant organiser un vote mercredi lors d’une réunion à huis clos d’un comité d’experts représentants les 28.

Il va maintenant prendre le temps de « réfléchir » avant de proposer « sous peu » une nouvelle date de réunion.

Le ministère danois de l’Environnement a expliqué sur Twitter qu’il avait été « impossible de s’entendre sur la proposition de la Commission ».

Cette dernière a abandonné son premier projet, qui était de proposer un renouvellement de l’autorisation du glyphosate pour 10 ans.

La saga dure depuis plus de deux ans dans l’UE. Agacée de voir les Etats membres se défiler, la Commission répète inlassablement depuis l’été que la décision doit être une « responsabilité partagée ». Elle en a pris plus d’un par surprise en annonçant mardi après-midi qu’elle était désormais ouverte à une autorisation entre cinq et sept ans.

Plusieurs Etats membres –France, Autriche, Italie, Belgique– ont affirmé publiquement leur opposition à une autorisation valable pour encore une décennie.

En Allemagne, en pleines négociations pour une coalition de gouvernement, le sujet « va devoir être discuté » entre conservateurs, écologistes et libéraux, a reconnu Steffen Seibert, porte-parole du gouvernement.

Sans les poids lourds démographiques de l’UE, difficile d’obtenir une majorité qualifiée (55% des Etats membres et 65% de la population).

L’objectif de la Commission reste de « trouver une solution qui bénéficie du soutien le plus large possible, qui assure un haut niveau de protection de la santé humaine et de l’environnement, en ligne avec la législation européenne et fondée sur les données scientifiques disponibles, a-t-elle assuré mercredi.

– Elimination progressive –

A l’image de la France, la Belgique s’est rangée à l’idée d’une disparition progressive du glyphosate des sols de l’UE. La question est alors de savoir quel délai est nécessaire pour préparer les cultivateurs à la perspective d’une agriculture sans glyphosate, plébiscité pour son efficacité et son faible coût.

Pour les eurodéputés, la réponse est cinq ans. Dès la fin de l’année même pour tout usage non-professionnels. Ils se sont exprimés mardi en faveur d’une élimination progressive d’ici fin 2022, avec des mesures d’accompagnement pour les agriculteurs.

« Le Parlement européen a clairement indiqué à la Commission européenne la direction de la sortie, en excluant toute référence à un possible renouvellement », ont souligné les parlementaires socialistes Eric Andrieu et Marc Tarabella.

La Commission ne manque pas de souligner que même si le glyphosate est autorisé au niveau de l’UE, les Etats membres gardent la possibilité d’interdire sur leur territoire national des produits qui en contiennent.

– Situation renversée –

Pour Franziska Achterberg, un « renversement de situation » s’est opéré. « Aujourd’hui, la Commission a échoué pour la cinquième fois d’affilée à obtenir un soutien suffisant des gouvernements européens (…) A moins que la Commission ne soutienne une interdiction, elle continuera d’échouer », a estimé la militante.

Des ONG, Greenpeace en tête, mènent depuis de longs mois une campagne intensive à Bruxelles contre la substance, et une pétition paneuropéenne a obtenu plus de 1,3 million de signatures, un des plus gros succès pour ce type d’initiative citoyenne dans l’UE.

De discussion technique entre spécialistes des produits phytosanitaires, le glyphosate est devenu un enjeu politique, au grand dam de l’industrie.

« C’est décevant qu’il n’y ait toujours pas de décision claire », a commenté Graeme Taylor, de l’Association européenne des producteurs de pesticides (ECPA). « La science est maintenant écartée dans une partie de roulette politique où les enjeux sont très élevés, pour décider pour combien de temps l’autorisation devrait être accordée », a-t-il déploré.

Partisans et opposants s’affrontent autour de l’évaluation scientifique de la toxicité du glyphosate, depuis la publication en 2015 du rapport du Centre international de recherche sur le cancer, un organe de l’Organisation mondiale de la santé (OMS), qui a classé la substance « cancérogène probable ». Au contraire des agences européennes, l’Efsa (sécurité des aliments) et l’Echa (produits chimiques), avis sur lesquels s’appuie la Commission pour proposer un renouvellement de la substance.

Sont venues s’y ajouter les accusations d’influence du géant de l’agrochimie Monsanto dans les études scientifiques publiées.

Romandie.com avec(©AFP / 25 octobre 2017 15h04)