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Vaccin Mosquirix : « Le paludisme ne sera plus la première cause de décès chez les enfants »

octobre 12, 2021
Vaccination antipaludique à Yala, au Kenya, en octobre 2021 © A health worker prepares a malaria vaccination for a child at Yala Sub-County hospital, in Yala, Kenya, on October 7, 2021. – World Health Organization (WHO) approved using the malaria vaccine, Mosquirix, on children between 5-month to 5-year old in sub-Saharan Africa and other parts with moderate to high malaria transmission after the malaria vaccine implementation programme (MVIP) in Ghana, Kenya, and Malawi since 2019. © BRIAN ONGORO/AFP

Le 6 octobre, l’OMS a décidé de recommander l’administration d’un premier vaccin antipaludique aux enfants du continent. Entretien avec le Pr Alassane Dicko, qui a dirigé les tests au Mali.

C’est un moment qualifié d’ « historique » par le directeur général de l’OMS, Tedros Adhanon Ghebreyesus. Ce 6 octobre, son organisation a décidé de recommander l’administration du vaccin antipaludique « Mosquirix » aux enfants du continent. Dès 2015, l’Agence européenne des médicaments (EMA) avait délivré un « avis scientifique positif » sur le vaccin RTS,S/AS01, sur lequel les laboratoires GlaxoSmithKline (GSK) travaillaient depuis plusieurs décennies, après qu’une étude clinique avait été réalisée dans sept pays africains et que les résultats avaient été publiés dans The Lancet. Mais a l’époque, l’OMS avait jugé les éléments en sa possession insuffisants, demandant aux promoteurs du sérum des données complémentaires sur la façon optimale d’utiliser le vaccin.

Une phase de vaccination « pilote » a donc été menée, à partir de 2017, au Kenya, au Ghana et au Malawi, tandis qu’une autre série de tests était menée au Burkina Faso et au Mali, en collaboration avec la London School of Hygiène and Tropical Médecine. Et les résultats observés ont été publiés en août dernier dans la revue The New England Journal of Medecine, motivant la décision de l’OMS.

Au Mali, les recherches étaient centralisées au Malaria Research and Training Center (MRCT), de renommée mondiale, dont les équipes installées à Bougouni et à Ouelessebougou, dans la région de Sikasso, étaient dirigées par Alassane Dicko, assisté de Issaka Sagara. Le professeur, lauréat en 2017 de l’Africa Prize pour ses recherches sur le paludisme, a répondu aux questions de Jeune Afrique sur cette découverte qui devrait sauver des milliers de vie chaque année sur le continent.

COMME LE COVID-19, LE PALUDISME MÉRITE DES DÉCISIONS URGENTES

Jeune Afrique : Comment avez-vous accueilli la décision de l’OMS de donner une recommandation pour l’utilisation du vaccin antipaludique ?

Pr Alassane Dicko : Nous étions convaincus de la qualité des résultats. L’OMS semble avoir tiré les leçons du Covid-19 : on a rapidement trouvé un vaccin, les mécanismes pour le déployer et des décisions politiques appropriées ont été prises aussitôt. Le paludisme mérite aussi des décisions urgentes. On ne doit pas laisser les enfants africains mourir s’il y a une solution qui est disponible, comme celle que nous venons de trouver. Il faut désormais déployer ce vaccin.

Les résultats sont-ils conformes à ce que vous espériez ?

Les résultats vont au-delà des espérances. On ne s’attendait pas à un impact aussi important. Le vaccin permet une réduction de l’ordre de 70 % des formes sévères et de 73 % des décès si on le combine avec la chimio-prévention. C’est extraordinaire, on n’a pas eu de progrès aussi importants en vingt ans de lutte. Malgré tous les outils que nous avons largement déployés – le CTA [combinaisons thérapeutiques à base d’artémisinine], les moustiquaires imprégnées d’insecticides, la CPS –, le paludisme continue à être la première cause d’hospitalisation et de décès des enfants en Afrique. Selon les résultats que nous venons de produire, cela ne sera plus le cas grâce à ce vaccin.

Le vaccin a une certaine efficacité pendant quelques mois, puis celle-ci baisse. Nous aurons donc le maximum d’impact en l’administrant au début de la saison de transmission du paludisme – près de 80% des cas surviennent entre juillet et novembre. C’est comme cela qu’on aura le maximum d’impact.

CERTAINS PARTENAIRES CESSENT DE SOUTENIR LES CAMPAGNES DE LUTTE AU MALI, NOTAMMENT DANS LE NORD DU PAYS

Quelle est l’efficacité du vaccin par rapport à la chimio-prévention ?

Avec le RTS,S, les accès de paludisme sont réduits de 63% par rapport à la CPS. C’est important pour le continent. Il y a une bande en Afrique australe où la CPS ne fonctionne pas parce que les parasites sont résistants aux médicaments. Il faut introduire une vaccination saisonnière dans ces régions. Mais il faut toujours maintenir la chimio-prévention. Car nous n’avons pas encore le vaccin idéal. Les recherches continuent pour trouver des améliorations.

Avez-vous déjà une visibilité sur ces possibles améliorations ?

À Bougouni et Ouelessebougou, on est en train de tester un autre vaccin, qui s’appelle R21, un « cousin proche » de RTS,S. Nous sommes à la phase 3 d’évaluation et nous espérons que ce vaccin va venir s’ajouter à l’arsenal disponible. Comme on l’a vu avec le Covid-19, c’est important d’avoir plusieurs sources de vaccin contre le paludisme.

Quels sont les défis que doit aujourd’hui relever le Mali dans la lutte contre le paludisme ?

Le combat contre les maladies comme le paludisme est une course de fonds et non de vitesse. Le problème, c’est que certains de nos partenaires cessent de soutenir les campagnes de lutte, notamment dans le nord du pays. Avec le Programme national de lutte contre paludisme, nous avons initié une rencontre pour voir comment engager certaines sociétés privées susceptibles de collaborer avec nous. Si nous ne faisons pas ça, nous reviendrons à la case départ. Parce que c’est une maladie infectieuse, qui va continuer à se propager.

Avec jeune Afrique par Bokar Sangaré

Canada: Les infirmières non vaccinées contre la COVID-19 ne pourront plus exercer au Québec

octobre 11, 2021

Le président de l’Ordre des infirmières et infirmiers du Québec a confirmé la suspension imminente du permis des infirmières qui ne sont pas adéquatement vaccinées contre la COVID-19.

La mesure concernerait plus de 4000 infirmières au Québec.

© /Shutterstock / Alliance Images La mesure concernerait plus de 4000 infirmières au Québec.

Cette décision intervient sur les recommandations du ministre de la Santé, Christian Dubé, qui a suggéré à tous les ordres professionnels du milieu de la santé de suspendre le permis d’exercer de leurs membres qui refusent de se faire vacciner à compter du 15 octobre.

Chez les infirmières, 4338 ne sont pas adéquatement vaccinées, et 2807 ne le sont pas du tout, a précisé Luc Mathieu, président de l’Ordre des infirmières et infirmiers du Québec, au micro de l’émission Tout un matin.

À ce nombre s’ajoutent 5716 infirmières dont le statut vaccinal n’est pas encore connu pour des problèmes administratifs et qui seront contactées d’ici mercredi pour clarifier leur situation.

Seules les employées en télémédecine sont exemptées d’obligation vaccinale, a ajouté le président de l’Ordre.

Luc Mathieu, président de l'Ordre des infirmières et infirmiers du Québec (OIIQ).

© /Radio-Canada Luc Mathieu, président de l’Ordre des infirmières et infirmiers du Québec (OIIQ).

Les infirmières suspendues pourront, par la suite, retrouver leur droit de pratique en fournissant la preuve d’un parcours vaccinal complet. L’Ordre précise qu’il n’exigera pas d’examen pour réintégrer ses rangs, même après plusieurs mois de suspension.

Le décret sur la vaccination obligatoire du personnel de santé a soulevé une multitude de questions, a reconnu M. Mathieu, et ce, jusqu’à tout récemment.

Suspendre ou même limiter le permis d’un membre, ce n’est pas rien. On voulait s’assurer qu’avant de transmettre les informations à nos membres et de prendre une position éclairée, on ait eu des échanges avec les représentants du ministère pour clarifier des choses», a-t-il précisé.

Sa décision a été immédiatement saluée par le ministre de la Santé, Christian Dubé, sur Twitter, dans un gazouillis où il encourage aussi les infirmières à se faire vacciner, car il n’est jamais trop tard».

Christian Dubé, ministre de la Santé et des Services sociaux du Québec.

© Paul Chiasson/La Presse canadienne Christian Dubé, ministre de la Santé et des Services sociaux du Québec.

Le Collège des médecins avait déjà annoncé qu’il suspendrait le droit d’exercer de ses membres non vaccinés, et ce, jusqu’à ce qu’ils régularisent leur situation.

Cela inclut notamment l’interdiction d’effectuer des téléconsultations et le suivi de résultats d’examens ou de tests de laboratoire», avait indiqué le Collège, considérant que la vaccination est un devoir déontologique et une obligation sociale.»

Une pression additionnelle »

À quelques jours de l’entrée en vigueur de l’obligation de vaccination pour les soignants, la suspension de permis est loin de faire l’unanimité, faisant craindre des difficultés d’organisation pour le secteur infirmier.

La Fédération interprofessionnelle de la santé du Québec (FIQ), qui représente quelque 76 000 membres, estime que la mesure est excessive» et s’engage à contester devant les tribunaux toute décision des ordres professionnels qui pourrait porter un préjudice démesuré à [nos] membres».

Elle n’est pas la seule à exprimer son mécontentement. Nous, on manque déjà de monde, déplore de son côté Nancy Hogan, présidente du Syndicat interprofessionnel du CHU de Québec. La vaccination, ça fait seulement en rajouter qui vont quitter.»

Mme Hogan aurait préféré que d’autres mesures soient envisagées dans un contexte de pénurie de personnel. Elle cite les tests de dépistage de la COVID-19 qui auraient pu être imposés aux infirmières trois fois par semaine, par exemple.

Il faut que le gouvernement donne son plan pour arrêter le TSO [temps supplémentaire obligatoire]», lequel risque de s’accentuer avec la suspension de centaines d’infirmières, craint-elle.

Ses inquiétudes sont partagées par Laurier Ouellet, président du syndicat des professionnels en soins de Chaudière-Appalaches: Ceux qui restent vont être obligés de faire encore plus de temps supplémentaire, anticipe-t-il, ça va être le chaos. Il y a des services qui vont être suspendus, ça c’est sûr.»

Par La Presse canadienne avec les informations de Pierre-Alexandre Bolduc

En Guyane, le Covid-19 est hors de contrôle

septembre 24, 2021

Vingt et une personnes sont mortes ces sept derniers jours, un record, dans une région où le vaccin a toutes les difficultés du monde à s’imposer.

En Guyane francaise, l'epidemie de Covid-19 ne connait pas le reflux qu'on constate en metropole.
En Guyane française, l’épidémie de Covid-19 ne connaît pas le reflux qu’on constate en métropole.© Lionel VADAM / MAXPPP / PHOTOPQR/L’EST REPUBLICAIN/MAXPP

La situation est quasi catastrophique. Sur les sept derniers jours, rapporte le bulletin épidémiologique de Santé publique France, 21 personnes sont décédées du Covid-19 en Guyane. « Jamais la Guyane n’avait enregistré autant de décès et d’admissions en réanimation », note l’ARS, qui souligne que les chiffres dépassent déjà largement ceux remontés lors de la première vague de Covid-19.

130 personnes sont actuellement hospitalisées dans un état grave dans l’un des trois hôpitaux de la région. Une surcharge qui fait craindre aux chefs de service la mise en place, dans les jours prochains, d’un « tri des patients ». Une situation d’autant plus révoltante qu’en Guyane, le vaccin rencontre un succès très faible.

« J’essaie de comprendre pourquoi les gens ne veulent pas être vaccinés alors que nous subissons des vagues de plus en plus graves », a exprimé mercredi sur Guyane La 1e Didier Guidoni, directeur de l’hôpital de Saint-Laurent-du-Maroni. Dans ce territoire de 300 000 habitants, où un habitant sur deux à moins de 25 ans, la vaccination est toujours à la peine avec « 30,5 % » de vaccinés chez les plus de 12 ans, selon les données officielles.

Le ministre des Outre-Mer sur place

C’est la couverture vaccinale la plus basse des régions françaises, avec la Guadeloupe. «  30 % de la population majeure est certaine de ne pas se faire vacciner », indiquait la dernière étude de l’Institut Pasteur de Guyane, expliquant cette situation par le « manque de confiance dans les autorités locales » et dans « le vaccin », et par un sentiment de « protection » acquise au cours des vagues précédentes de Covid-19.

Le ministre des Outre-Mer, Sébastien Lecornu, est attendu ce vendredi et jusqu’au 28 septembre en Guyane. Il se déplacera samedi à l’hôpital de Cayenne afin de constater la situation et d’adresser un message à l’attention des soignants. Les autorités recensent depuis le début de la pandémie plus de 250 décès liés au Covid-19 en Guyane, dont un quart ces 45 derniers jours.

Par Le Point avec AFP

Canada (COVID-19) : un homme de Saskatoon vacciné mais positif conseille aux gens la vigilance

septembre 13, 2021

  Jack Saddleback a contracté le virus après avoir reçu les deux doses de vaccin contre la COVID-19.

© Omayra Issa/ CBC Jack Saddleback a contracté le virus après avoir reçu les deux doses de vaccin contre la COVID-19.

Un homme de Saskatoon qui a contracté la COVID-19 après avoir reçu les deux doses de vaccin pense que les gens devraient rester vigilants pour éviter la maladie, même s’ils sont entièrement vaccinés.

Jack Saddleback a reçu deux doses du vaccin COVID-19 et pensait être à l’abri de la COVID-19, les taux de vaccination étant en hausse et le nombre de cas en baisse.

Mais il a contracté le coronavirus malgré ses deux doses de vaccin.

Vendredi, seulement un cas sur dix parmi les nouvelles infections signalées en Saskatchewan concernait des personnes qui avaient été entièrement vaccinées, selon le tableau de bord COVID-19 de la province. 

Selon les experts, il est encore moins probable qu’une personne entièrement vaccinée tombe gravement malade ou meure à cause de la COVID-19.

M. Saddleback a déclaré à l’émission Saskatoon Morning qu’il soupçonne avoir contracté le virus après avoir participé à une célébration de Noël en juillet » avec sa famille en Alberta.

À son retour à Saskatoon, il a passé un test rapide pour s’assurer qu’il était négatif avant de s’engager dans des interactions communautaires dans le cadre de son travail auprès de l’organisation de soutien LGBTQ OUTSaskatoon.

Mais le test était positif et il s’est immédiatement isolé. 

J’étais frustré», a indiqué M. Saddleback. 

Selon M. Saddleback, malgré ses deux vaccins, il a suffi de baisser temporairement sa garde, ne serait-ce que quelques instants, pour contracter la COVID-19. 

Après son expérience, et compte tenu de son travail auprès de certaines des personnes les plus vulnérables de Saskatoon, M. Saddleback a dit qu’il voulait rappeler à tout le monde que la vaccination seule ne protège pas nécessairement contre le virus.

Nous devons continuer à faire preuve de diligence en nous lavant les mains, en portant un masque et en évitant de nous toucher le visage, de toucher ces parties de nous-mêmes qui pourraient transmettre le virus à une personne doublement vaccinée », a-t-il déclaré.

Cela signifie également qu’il faut être attentif à tout symptôme de la COVID-19, même si vous avez un léger reniflement», a-t-elle conseillé.

Par CBC/Radio-Canada avec les informations de Bryan Eneas

Canada-Québec: Des travailleurs de la santé expliquent pourquoi ils refusent le vaccin

septembre 11, 2021

La vaccination obligatoire des travailleurs de la santé fait débat dans plusieurs provinces canadiennes.

© Michael Bell/La Presse canadienne La vaccination obligatoire des travailleurs de la santé fait débat dans plusieurs provinces canadiennes.

Piqués au vif par l’ultimatum lancé par François Legault, plusieurs employés non vaccinés du réseau de la santé sont prêts à quitter leur profession plutôt que de se faire inoculer. Trois d’entre eux ont accepté de nous expliquer leur décision.

Pour Lawrence Godbout, un infirmier auxiliaire en gérontopsychiatrie à l’Hôtel-Dieu de Lévis, la mesure du gouvernement québécois est une atteinte inacceptable à ses droits et libertés.

C’est du chantage : si t’es pas vacciné, t’es crissé dehors. Ça ne marche pas», tonne-t-il.

«Ce n'est pas dans mes valeurs de me faire vacciner», affirme Lawrence Godbout, infirmier auxiliaire à l'Hôtel-Dieu de Lévis.

© /Radio-Canada «Ce n’est pas dans mes valeurs de me faire vacciner», affirme Lawrence Godbout, infirmier auxiliaire à l’Hôtel-Dieu de Lévis.

Sa décision est prise : il préfère changer de métier plutôt que de recevoir le vaccin contre la COVID-19. Québec a donné jusqu’au 15 octobre aux employés du réseau de la santé pour être convenablement vaccinés, sans quoi ils seront suspendus sans salaire. Aux yeux de Lawrence Godbout, il s’agit d’une mesure draconienne.

Cédric Thivierge est lui aussi infirmier auxiliaire, à Thetford Mines. Il a déjà commencé à chercher un emploi dans un autre domaine. À son avis, recevoir le vaccin doit demeurer un choix et non une obligation.

Pour l’instant, je ne vois pas l’importance de l’avoir», dit celui qui a près de 10 ans d’expérience comme l’infirmier auxiliaire.

Cédric Thivierge, un infirmier auxiliaire, a refusé le vaccin contre la COVID-19. Il est peiné de devoir quitter ses collègues et son travail.

© /Radio-Canada Cédric Thivierge, un infirmier auxiliaire, a refusé le vaccin contre la COVID-19. Il est peiné de devoir quitter ses collègues et son travail.

Quant à Laurent (nom fictif), il est préposé aux bénéficiaires dans un CHSLD de la Beauce. Il a demandé à ne pas être identifié pour éviter d’attiser les tensions avec des membres de sa famille.

Ces trois travailleurs font partie des quelque 1000 employés du CISSS de Chaudière-Appalaches qui n’ont reçu aucune injection du vaccin. À ce jour, 89 % des employés du réseau public de la région sont adéquatement vaccinés.

Scepticisme

L’efficacité des vaccins contre la COVID-19 est remise en question par les trois travailleurs à qui nous avons parlé.

Même s’il admet que plusieurs études ont reconnu l’efficacité des vaccins approuvés par Santé Canada, Cédric Thivierge demeure sceptique quant à leur efficacité à long terme.

Je fais partie des gens qui aiment mieux voir le résultat du vaccin, voir s’il est vraiment concluant», dit-il.

Laurent, lui, affirme avoir eu des effets secondaires longs et désagréables après avoir été vacciné contre l’influenza, et ne souhaite pas revivre l’expérience.

Les vaccins de Moderna et de Pfizer-BioNTech sont des vaccins à ARN messager.

© Robert Short/CBC Les vaccins de Moderna et de Pfizer-BioNTech sont des vaccins à ARN messager.

Quant à Lawrence Godbout, il souligne que le vaccin n’est pas efficace à 100 %.

Qu’on soit vacciné ou pas, on peut l’attraper pareil [le virus].»

C’est vrai, admet Dr Mathieu Simon, chef de l’unité des soins intensifs à l’IUCPQ. Toutefois, le spécialiste rappelle que le vaccin diminue les risques de développer une réaction grave à la maladie.

[Le vaccin] va transformer une maladie potentiellement mortelle en des symptômes qui vont passer à peu près inaperçus à la maison sans compromettre sa santé ou la sécurité des gens autour de soi», précise-t-il.

Le Dr Mathieu Simon est pneumologue et chef des soins intensifs à l'Institut universitaire de cardiologie et de pneumologie de Québec.

© /Radio-Canada Le Dr Mathieu Simon est pneumologue et chef des soins intensifs à l’Institut universitaire de cardiologie et de pneumologie de Québec.

Dr Simon rappelle par ailleurs que les effets secondaires causés par les vaccins sont très rares. Il ajoute que les vaccins à ARN messager, comme ceux de Pfizer et de Moderna, sont particulièrement sécuritaires.

Les vaccins à ARN sont développés depuis 1989 pour toutes sortes de maladies. Ils représentent une amélioration de sécurité par rapport aux autres vaccins disponibles. L’ARN n’entre jamais dans le noyau cellulaire. Les chances que l’image génétique de l’être humain soit modifiée sont nulles.»

Manque d’information»

Laurent, qui travaille comme préposé aux bénéficiaires depuis deux ans à Saint-Georges, dit que les sources d’information sont nombreuses et qu’il ne sait plus à laquelle se fier.

Je devrais peut-être être plus informé sur certains sujets, mais on manque un peu d’information», dit-il, ajoutant que peu de renseignements ont été transmis directement aux employés.

Le CISSS de Chaudière-Appalaches affirme de son côté que de nombreuses et fréquentes communications ont été acheminées aux employés au sujet de la COVID-19 et de la vaccination.

Le Centre intégré de santé et de services sociaux (CISSS) de Chaudière-Appalaches affirme avoir envoyé plusieurs documents informatifs sur la vaccination à ses employés.

© CISSS de Chaudière-Appalaches Le Centre intégré de santé et de services sociaux (CISSS) de Chaudière-Appalaches affirme avoir envoyé plusieurs documents informatifs sur la vaccination à ses employés.

L’information est diffusée et facilement disponible et chaque employé a le devoir de s’informer», note la porte-parole du CISSS Mireille Gaudreau.

Le fait de dire qu’on manque d’information, c’est une intellectualisation d’une peur plus viscérale qui est mal contrôlée», croit quant à lui le Dr Mathieu Simon.

Des départs inévitables

Les trois travailleurs risquent de quitter leurs fonctions à regret, à la mi-octobre. Ils pourraient d’ailleurs se tourner vers le domaine de la construction.

Dr Mathieu Simon s’attend lui aussi à voir des employés non vaccinés de l’Institut universitaire de cardiologie et de pneumologie de Québec (IUCPQ) quitter leurs fonctions au cours des prochaines semaines. Même si le réseau de la santé est sous tension et peut difficilement se passer de ses employés, il croit qu’il vaut mieux perdre une personne qui peut en infecter d’autres que de courir à nouveau le risque de provoquer des éclosions.

Je pense que la décision de prôner la vaccination obligatoire pour les travailleurs de la santé est une bonne décision, qui, comme toutes les décisions difficiles, a ses conséquences», résume-t-il.

La Presse canadienne par Camille Carpentier avec la collaboration de Colin Côté-Paulette

Le Canada rouvre ses frontières à tous les voyageurs pleinement vaccinés

septembre 6, 2021

L’étau se desserre un peu plus aux frontières canadiennes. Dès mardi 7 septembre, tous les voyageurs internationaux entièrement vaccinés pourront se rendre au Canada pour des raisons non essentielles comme le tourisme, y compris ceux provenant de pays où le virus se propage plus rapidement.

Les ressortissants étrangers seront admissibles à l'entrée au Canada pour des visites et du tourisme à compter du 7 septembre.

© Maud Cucchi/Radio-Canada Les ressortissants étrangers seront admissibles à l’entrée au Canada pour des visites et du tourisme à compter du 7 septembre.

Cette levée des restrictions est fondée sur les dernières données disponibles, les preuves scientifiques et la situation épidémiologique tant au Canada qu’à l’étranger,» justifie le gouvernement du Canada dans un communiqué.

Il précise aussi que même s’il y a actuellement une hausse des cas au Canada, la gravité de la maladie et les taux d’hospitalisation restent gérables, car les taux de vaccination au Canada continuent d’augmenter».

Des chercheurs et des experts remettent toutefois en question ce nouvel assouplissement fédéral qui ne tient pas compte du niveau de circulation du virus à l’étranger sauf avec l’Inde et le Maroc, pays dont les vols directs ont été temporairement suspendus par Ottawa.

À la différence de l’Europe, par exemple, où une classification des pays a été instaurée sur la base d’indicateurs sanitaires pour voyager, le Canada deviendra donc accessible sans contrôle géographique.

L’approche européenne du principe de précaution aurait dû mieux inspirer le Canada, avance la professeure Marie-Pascale Pomey, professeure titulaire à l’École de santé publique, département de gestion, d’évaluation et de politique de santé à l’Université de Montréal.

Je pense que c’est quelque chose d’excessivement important à prendre en considération», a-t-elle défendu au micro de l’émission Tout un matin, a fortiori quand le variant Delta fait repartir les contaminations à la hausse.

Mme Pomey préconise une évaluation de risque qui permettrait de mieux cerner la possibilité, pour un voyageur, d’être porteur du virus à son arrivée au Canada. Savoir quel est le parcours des personnes qui entrent au Canada, ça aurait été intéressant de prendre ça en considération, surtout en période d’ajustement où l’on doit constamment évaluer les risques,» a-t-elle suggéré.

Justification sanitaire

Ottawa fait valoir l’efficacité de ses politiques sanitaires pour justifier l’assouplissement des restrictions en citant notamment, comme preuve, le taux de positivité très bas des tests aléatoires effectués aux frontières.

Entre le 9 et le 26 août, par exemple, le taux de positivité des voyageurs entièrement vaccinés sélectionnés au hasard pour un test de dépistage à la frontière s’élevait à 0,19 % (soit 112 tests positifs sur 58 878 tests effectués).

Des travailleurs de la santé attendent le débarquement de passagers pour leur faire passer un test de dépistage de la COVID-19, à Toronto.

© Carlos Osorio/Reuters Des travailleurs de la santé attendent le débarquement de passagers pour leur faire passer un test de dépistage de la COVID-19, à Toronto.

Immunologiste à l’Institut de recherches cliniques de Montréal, André Veillette nuance toutefois l’efficacité de ces tests requis pour voyager : Même si les gens ont un test PCR négatif de trois jours avant de venir, qu’ils sont vaccinés, ils peuvent quand même attraper le virus dans cette période-là et donc ils pourraient l’amener avec eux au Canada», a-t-il expliqué en entrevue à RDI, conseillant plutôt des tests de moins de 48 h.

Le Dr Veillette évalue aussi qu’il y a potentiellement un problème» quand les voyageurs internationaux admis au Canada ont obtenu leur deuxième dose il y a six mois, faisant référence à la baisse de l’immunité avec le temps.

Ce qu’il faut savoir pour voyager

Dans les faits, ces nouvelles mesures signifient qu’il ne sera plus nécessaire de justifier d’un motif essentiel son voyage pour être admis au pays, à l’instar des Américains pour qui les restrictions ont été levées depuis le 9 août.

Les ressortissants étrangers devront fournir une preuve officielle de vaccination à la frontière. Les vaccins homologués au Canada demeurent les seuls autorisés par les agents des douanes, soit Johnson & Johnson, AstraZeneca, Moderna et Pfizer-BioNTech.

Les voyageurs devront également présenter un résultat négatif d’un test de dépistage de la COVID-19 effectué au plus tard 72 heures avant le vol prévu ou l’arrivée au poste frontalier terrestre, ou un résultat positif à un test effectué entre 14 et 180 jours avant leur départ pour le Canada.

Tous devront soumettre leurs preuves de vaccination au moyen de l’application ou du portail web ArriveCAN. La seconde preuve de vaccination devra être datée d’au moins 14 jours avant l’arrivée au Canada. Enfin, les passagers devront confirmer qu’ils ne souffrent pas de symptômes de la COVID-19.

Avec CBC/Radio-Canada

Vaccin Moderna : l’agent contaminant serait une particule métallique

août 29, 2021

Officiellement, la source de contamination des lots de vaccins Moderna livrés au Japon et suspendus par précaution reste inconnue. Mais des informations dans les médias japonais témoignent que le ministère de la Santé japonais est sur une piste et progresse dans l’identification de la substance étrangère.

La découverte de ces lots contaminés est un nouveau revers dans la campagne de vaccination pour le Japon alors qu'il lutte pour persuader de nombreuses personnes - en particulier les plus jeunes - de se faire vacciner.
La découverte de ces lots contaminés est un nouveau revers dans la campagne de vaccination pour le Japon alors qu’il lutte pour persuader de nombreuses personnes – en particulier les plus jeunes – de se faire vacciner. (Crédits : Reuters)

Selon la chaîne télévision japonaise NHK citant des sources du ministère de la Santé, la substance étrangère découverte dans des lots de vaccins Covid-19 de Moderna livrés au Japon et qui a justifié la suspension par les autorités de la vaccination avec les doses suspectes, serait une particule métallique.

Jeudi dernier, les responsables du ministère ont prévenu les 863 sites de vaccination répartis dans tout le pays de cesser l’utilisation des quelque 1,63 million de doses en provenance du sous-traitant européen Rovi, dont l’usine est située en Espagne.

Cette décision est intervenue plus d’une semaine après que le distributeur national, Takeda Pharmaceutical, ait reçu des informations faisant état d’une contamination de certains flacons.

La substance étrangère serait une particule métallique

Un responsable du ministère de la Santé a déclaré que l’identité de l’agent contaminant n’avait pas été confirmée. Mais la NHK a rapporté que selon ses sources du ministère de Santé, la particule avait réagi à la présence d’aimants et était donc soupçonnée d’être un métal.

La nouvelle pourrait constituer un nouveau revers pour la campagne de vaccination -très en retard- du Japon alors qu’il lutte pour persuader de nombreuses personnes – en particulier les plus jeunes – de se faire vacciner.

Le ministère avait déclaré que la suspension des lots Moderna était une précaution. Le ministère de la Santé affirmait que ces substances étrangères n’ont été découvertes pour l’instant que dans des flacons faisant partie du lot 3004667, mais les flacons de deux autres lots provenant de la même chaîne de production et fabriqués à la même période ont par précaution également été mis de côté.

Annulations de vaccinations et retard accru du programme

Cependant, cette décision a incité plusieurs entreprises japonaises à annuler les vaccinations des travailleurs et le régulateur européen des médicaments, l’EMA, à lancer une enquête.

Il était prévisible que l’affaire n’en reste pas là car, dimanche, deux préfectures japonaises ont déclaré avoir découvert de nouveaux lots contaminés et suspendu la vaccination avec les doses suspectes.

Le sous-traitant espagnol Rovi enquête dans son usine

La société pharmaceutique espagnole Rovi, qui embouteille les vaccins Moderna pour des marchés autres que les États-Unis, a déclaré que la contamination pourrait être due à un problème de fabrication dans une de ses lignes de production.

Un autre responsable a déclaré qu’il faudrait un certain temps pour confirmer combien d’injections du lot contaminé avaient déjà été administrées au Japon.

Jusqu’à présent, environ 54% de la population japonaise a reçu au moins une dose, selon un traqueur de vaccins de Reuters.

Pas de particules aimantées dans les vaccins ?

L’affaire est intéressante à plus d’un titre et s’il y a un enjeu sanitaire, il semble qu’il y ait aussi l’enjeu d’une curiosité scientifique à élucider car elle fait courir bien des imaginations sur les réseaux sociaux (TikTok et Instagram notamment), à en croire le quotidien français Le Figaro qui titrait le 1er juin dernier: « Non, les vaccins anti-covid ne contiennent pas de particules aimantées ». Dans cet article, Julien Bobroff, physicien et professeur des universités à Paris-Saclay, un physicien appelé à la rescousse, explique que les vaccins ne peuvent contenir des particules aimantées. Le Figaro cite aussi un autre physicien, Eric Palm, qui explique dans une animation vidéo sur le site de la BBC: « Non, votre injection n’est pas magnétique ».

Dans le même ordre d’idées (ou de « théories »), LCI explique qu’on ne trouve pas plus de nanoparticules dans les vaccins (en l’occurrence Pfizer). 

L’aluminium ne réagit pas à un aimant

En revanche, depuis près d’un siècle, certains vaccins contiennent des sels d’aluminium (hydroxyde d’aluminium, phosphate d’aluminium, et sulfate de potassium et d’aluminium), utilisés comme adjuvants afin d’améliorer la réponse immunitaire. L’aluminium suscite bien des polémiques depuis des années, mais il n’est semble-t-il pas en cause dans cette affaire semble-t-il puisque jusqu’à plus ample informé, l’aluminium ne réagit pas à un aimant. 
De fait, il faut attendre les résultats de l’EMA et de l’enquête japonaise sur cet agent contaminant métallique.

Avec Reuters par

Jérôme Cristiani

Jérôme Cristiani

Covid-19 : à New York, vaccin obligatoire pour aller au restaurant

août 3, 2021

À partir du 16 août, il faudra présenter un passeport vaccinal pour sortir manger ou se rendre dans les salles de spectacle et de gym, a annoncé le maire.

New York serre la vis. Une preuve de vaccination sera exigée pour accéder à l’intérieur des restaurants, des salles de sport et de spectacle, a annoncé ce mardi 3 août 2021 le maire démocrate Bill de Blasio, faisant de sa ville la première aux États-Unis à créer un passeport vaccinal. Ce dispositif, baptisé « Key to NYC pass », « exigera la vaccination des salariés et des clients des restaurants en intérieur, des salles de sport et des salles de spectacle », a expliqué le maire lors d’un point presse, précisant qu’il faudrait « au moins une dose » de vaccin. « Si vous êtes vacciné […], vous avez la clé, vous pouvez ouvrir la porte. Mais si vous n’êtes pas vacciné, malheureusement, vous ne pourrez pas participer à beaucoup d’activités », a ajouté Bill de Blasio.

Il a précisé que le dispositif serait lancé le 16 août, mais que les premiers contrôles pour le faire respecter auraient lieu à partir du 13 septembre. Depuis quinze jours, le maire et le gouverneur de l’État de New York, Andrew Cuomo, ont multiplié les annonces pour renforcer la vaccination des fonctionnaires et recommander le port du masque, face à la résurgence du nombre de cas de Covid dus au variant Delta. À New York, ville de plus de 8 millions d’habitants, 71,8 % des adultes ont reçu au moins une dose de vaccin, selon les chiffres de la mairie. Pour rappel, le maire Bill de Blasio avait précédemment annoncé que tout résident qui recevrait sa première dose de vaccin se verrait remettre un montant de 100 dollars, à partir du vendredi 30 juillet, comme le rapportait Bloomberg.

Avec Le Point

France: Depuis la Polynésie, Emmanuel Macron fustige « l’irresponsabilité » et « l’égoïsme » de ceux qui refusent le vaccin contre le Covid-19

juillet 25, 2021

En visite à Tahiti, le chef de l’Etat a commenté les manifestations contre le passe sanitaire et l’obligation vaccinale, appelant « chacune et chacun à se faire vacciner ».

Emmanuel Macron s’adresse à des soignants du centre hospitalier de la Polynésie Française, à Papeete, samedi 24 juillet 2021.
Emmanuel Macron s’adresse à des soignants du centre hospitalier de la Polynésie Française, à Papeete, samedi 24 juillet 2021. LUDOVIC MARIN / AFP

Aussitôt après son atterrissage à Tahiti, Emmanuel Macron a exhorté les Polynésiens mais aussi l’ensemble des Français à se faire vacciner, au cours d’une visite du principal hôpital de l’archipel, samedi 24 juillet dans la soirée (dimanche matin à Paris).

« Je veux lancer un message très fort pour appeler chacune et chacun à se faire vacciner parce qu’on le voit sous toutes les latitudes : quand on est vacciné, on est protégé et on ne diffuse quasiment plus, en tout cas beaucoup moins, le virus », a martelé le chef de l’Etat face aux soignants du centre hospitalier de la Polynésie française.

Il s’est ainsi « félicité » que la France se prépare à passer « sans doute dans les prochaines heures le cap des 40 millions de primo-vaccinés », ce qui ne semblait pas possible « avant plusieurs semaines »« Il y a une forte accélération, on doit continuer car il y a encore des doses [de vaccin] disponibles », a-t-il insisté.

Arrivé de Tokyo, où il a assisté à l’ouverture des Jeux olympiques, Emmanuel Macron est également revenu, devant des journalistes, sur la nouvelle journée de mobilisation des opposants au passe sanitaire et à la vaccination obligatoire de certaines catégories professionnelles, qui a rassemblé plus de 160 000 personnes, selon le ministère de l’Intérieur. « Chacune et chacun est libre de s’exprimer dans le calme, dans le respect de l’autre », a-t-il souligné. Mais « la liberté où je ne dois rien à personne n’existe pas » et elle « repose sur un sens du devoir réciproque ».

« Si demain vous contaminez votre père, votre mère ou moi-même, je suis victime de votre liberté alors que vous aviez la possibilité d’avoir quelque chose pour vous protéger et me protéger. Et au nom de votre liberté vous allez peut-être avoir une forme grave [du virus] et vous allez arriver à cet hôpital. Ce sont tous ces personnels qui vont devoir vous prendre en charge et peut-être renoncer à prendre quelqu’un d’autre. (…) Ce n’est pas ça, la liberté, ça s’appelle l’irresponsabilité, l’égoïsme. »

Il a en outre appelé à ce que le débat parlementaire sur le passe sanitaire, qui se prolongeait dimanche, « se fasse dans l’apaisement et l’efficacité »« jusqu’à ce que [la France] a[it] un texte dûment voté, qui sera soumis au Conseil constitutionnel ».

Moins de 30 % des Polynésiens vaccinés

La directrice de l’hôpital du Taaone, Claude Panero, a expliqué à M. Macron comment l’établissement s’était réorganisé pour faire face à l’épidémie, avec notamment la construction d’une salle d’accueil sur le parking. Quelque 10 500 personnes sont passées par le parcours de soins contre le Covid-19, pour une population de 280 000 habitants dans l’ensemble de la Polynésie française. Après plusieurs mois d’accalmie, « ça remonte très très nettement depuis deux semaines », a précisé Mme Panero.

En dépit des nombreuses doses disponibles et des encouragements du gouvernement local à se faire vacciner, moins de 30 % des Polynésiens sont passés à l’acte. « Le message, c’est : vaccinez, vaccinez ! Il y a tout ce qu’il faut, on a les doses, il faut maintenant la volonté », a expliqué au président le ministre local de la santé, le docteur Jacques Raynal.

La Polynésie française est une collectivité d’outre-mer autonome en matière de santé, mais elle a pu compter sur l’aide de l’Etat, notamment avec la mobilisation de la réserve sanitaire : plusieurs dizaines d’infirmiers sont en effet venus soutenir l’hôpital au plus fort de l’épidémie.

Une représentante du personnel a souligné que les soignants étaient « fatigués » et que les renforts venus lors de la première vague montraient aujourd’hui « beaucoup moins d’enthousiasme »« J’espère juste que le personnel permanent ne va pas démissionner », s’est enfin inquiétée cette dernière.

Le Covid-19 a fait 145 morts en Polynésie française. Sa progression y est plus difficile à contrôler en raison de la dispersion des 118 îles et atolls qui composent le TOM, et de la prévalence des comorbidités, comme le diabète, l’obésité et les maladies cardiovasculaires.

Au terme de sa visite de l’hôpital, le chef de l’Etat a promis aux soignants un « renforcement de la stratégie [contre le] cancer » en Polynésie, avec de nouvelles coopérations, par exemple avec le CHU de Bordeaux. En revanche, il n’a pas annoncé de création d’un Institut du cancer, comme l’espérait le gouvernement local.

A son arrivée à l’aéroport, Emmanuel Macron, accompagné du ministre des outre-mer, Sébastien Lecornu, a été accueilli selon, la tradition locale, par deux orero, Tekava Dauphin et Tuariki Teai, des artistes spécialisés dans l’art déclamatoire en tahitien. Le président, pour qui il s’agit du premier déplacement dans cet archipel du Pacifique Sud, avait dû reporter une visite prévue en 2020 en raison de l’épidémie de Covid-19

Par Le Monde avec AFP

Tous les vaccins ne sont pas égaux, selon l’Union européenne

juillet 13, 2021

LONDRES — Après que le Dr Ifeanyi Nsofor et son épouse ont reçu deux doses du vaccin d’AstraZeneca contre le coronavirus au Nigeria, ils ont supposé qu’ils seraient libres de voyager cet été vers une destination européenne de leur choix. Ils avaient tort.

© Fournis par La Presse Canadienne

Le couple – et des millions d’autres personnes qui ont été vaccinées grâce à un effort soutenu par l’ONU – pourrait se voir interdire l’entrée de nombreux pays européens, entre autres, parce que ces pays ne reconnaissent pas la version indienne du vaccin.

Bien que le vaccin d’AstraZeneca produit en Europe ait été autorisé par l’agence de réglementation pharmaceutique du continent, le même vaccin fabriqué en Inde n’a pas reçu le feu vert.

Les régulateurs de l’Union européenne (UE) ont déclaré qu’AstraZeneca n’avait pas rempli les documents nécessaires sur l’usine indienne, y compris les détails sur ses pratiques de production et ses normes de contrôle qualité.

Mais certains experts décrivent la décision de l’UE comme discriminatoire et non scientifique, soulignant que l’Organisation mondiale de la santé a inspecté et approuvé l’usine. Les responsables de la santé affirment que la situation non seulement compliquera les voyages et nuira aux économies fragiles, mais elle sapera également la confiance dans les vaccins en semblant étiqueter certains comme étant de qualité inférieure.

Alors que la couverture vaccinale augmente en Europe et dans d’autres pays riches, les autorités soucieuses de sauver la saison touristique estivale assouplissent de plus en plus les restrictions aux frontières.

Plus tôt ce mois-ci, l’Union européenne a présenté son certificat COVID numérique, qui permet aux résidants de l’UE de se déplacer librement dans le bloc de 27 pays tant qu’ils ont été vaccinés avec l’un des quatre vaccins autorisés par l’Agence européenne des médicaments, ont un récent test négatif ou ont la preuve qu’ils se sont récemment remis du virus.

Alors que les États-Unis et la Grande-Bretagne restent largement fermés aux visiteurs extérieurs, le certificat de l’UE est considéré comme un modèle potentiel de voyage à l’ère de la COVID-19 et un moyen de stimuler les économies.

Les vaccins officiellement approuvés par l’UE incluent également ceux fabriqués par Pfizer, Moderna et Johnson & Johnson. Ils n’incluent pas le vaccin d’AstraZeneca fabriqué en Inde ni de nombreux autres vaccins utilisés dans les pays en développement, y compris ceux fabriqués en Chine et en Russie.

Les différents pays de l’UE sont libres d’appliquer leurs propres règles pour les voyageurs de l’intérieur et de l’extérieur du bloc, et leurs règles varient considérablement, créant une confusion supplémentaire pour les touristes. Plusieurs pays de l’UE, dont la Belgique, l’Allemagne et la Suisse, autorisent les personnes à entrer s’ils ont reçu des vaccins non approuvés par l’UE; plusieurs autres, dont la France et l’Italie, ne le font pas.

Pour le Dr Nsofor, la réalisation qu’il pourrait être interdit d’entrée a été «un réveil brutal». Après une année difficile de travail pendant la pandémie à Abuja, le Dr Nsofor et sa femme attendaient avec impatience des vacances européennes avec leurs deux jeunes filles, peut-être en admirant la tour Eiffel à Paris ou en visitant Salzbourg en Autriche.

Le Dr Nsofor a noté que le vaccin de fabrication indienne qu’il avait reçu avait été autorisé par l’OMS pour une utilisation d’urgence et avait été fourni par le biais de COVAX, le programme soutenu par l’ONU pour fournir des vaccins aux pays les plus pauvres du monde. L’approbation de l’OMS comprenait une visite à l’usine du Serum Institute of India pour s’assurer qu’elle avait de bonnes pratiques de fabrication et que les normes de contrôle de qualité étaient respectées.

«Nous sommes reconnaissants à l’UE d’avoir financé COVAX, mais maintenant, ils discriminent essentiellement un vaccin qu’ils ont activement financé et promu», a déploré le Dr Nsofor. «Cela ne fera que laisser place à toutes sortes de théories du complot selon lesquelles les vaccins que nous recevons en Afrique ne sont pas aussi bons que ceux qu’ils ont pour eux-mêmes en Occident.»

Avec La Presse canadienne par Maria Cheng, The Associated Press