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Coronavirus: Des trafiquants de faux vaccins arrêtés en Chine

février 15, 2021

CORONAVIRUS: DES TRAFIQUANTS DE FAUX VACCINS ARRÊTÉS EN CHINE

© Reuters/Cindy Liu 

SHANGHAI (Reuters) – Les autorités chinoises ont procédé à l’arrestation de 70 personnes suspectées de produire et de commercialiser des faux vaccins contre le coronavirus, déclaré lundi l’agence de presse Xinhua.

Ces suspects apparaissent dans 21 affaires liées à des faux vaccins, a-t-elle ajouté, dont beaucoup ont fait surface durant les premières phases de déploiement.

Un réseau de trafiquants a réalisé un bénéfice d’environ 18 millions de yuans (2,30 million d’euros) en conditionnant une solution saline ou de l’eau minérale dans 58.000 doses de faux vaccins, a précisé Xinhua, qui a identifié son chef, arrêté le jour de Noël, uniquement par le nom de famille Kong.

Dans d’autres cas, de faux vaccins ont été vendus à des prix élevés et inclus dans des programmes de vaccination d’urgence dans les hôpitaux, ou passés en contrebande à l’étranger.

Le parquet populaire suprême de Chine a exhorté les agences régionales à coopérer avec la police pour freiner ces activités, a dit Xinhua.

La Chine, qui a annoncé mardi dernier avoir inoculé 40,52 millions de doses de vaccin à des groupes clés de personnes, a réussi à maîtriser la pandémie grâce à des mesures strictes de confinement, de tests et de traçage.

Avec Reuters par (Samuel Shen et David Kirton, version française Kate Entringer, édité par Jean-Michel Bélot)

Des variants pourraient échapper aux vaccins, selon la conseillère scientifique du Canada

janvier 31, 2021

L’arrivée des variants du coronavirus au Canada inquiète la conseillère scientifique en chef du premier ministre, Mona Nemer.

Mona Nemer, la conseillère scientifique en chef du premier ministre du Canada, est très critique quant à la stratégie de dépistage menée par le gouvernement du Québec.

© Adrian Wyld/La Presse canadienne Mona Nemer, la conseillère scientifique en chef du premier ministre du Canada, est très critique quant à la stratégie de dépistage menée par le gouvernement du Québec.

«C’est préoccupant. Notre course contre la maladie – contre les variants – se fait en même temps qu’on commence la vaccination. Et si on ne prend pas le dessus rapidement, on peut favoriser le développement de variants qui vont échapper aux vaccins», a-t-elle affirmé en entrevue aux Coulisses du pouvoir.

Mona Nemer soutient qu’il faut en faire plus pour détecter ces nouvelles souches du virus qui pourraient devenir de plus en plus importantes.

«Je ferais beaucoup plus de séquençage et de caractérisation du virus, particulièrement dans les endroits où il y a des éclosions, comme aux frontières», dit-elle.

Selon une étude publiée en décembre, le nouveau variant du coronavirus détecté au Royaume-Uni est de «50 % à 74 %» plus contagieux.

Les variants sont d’ailleurs l’une des raisons qui ont incité le premier ministre Justin Trudeau à mettre en place des mesures plus restrictives pour les voyages non essentiels.

Les Canadiens de retour au pays doivent maintenant se soumettre à un test obligatoire de dépistage de la COVID-19. Ils devront ensuite s’isoler dans un hôtel désigné par le gouvernement en attendant leur résultat.

Moderna et Pfizer-BioNTech ont affirmé que leurs vaccins devraient être efficaces contre les mutations actuelles du virus.

Retarder la deuxième dose : une stratégie risquée

Mona Nemer estime que la stratégie de retarder la deuxième dose du vaccin peut entraîner le développement de variants. En effet, les individus qui ont reçu la première dose acquièrent une immunité partielle, surtout lorsqu’il s’agit de personnes qui n’ont pas un bon système immunitaire.

«On se retrouve donc avec le virus qui circule dans des milieux où les gens ont une immunité partielle. C’est un peu comme ça qu’on a commencé à générer les variants britannique et de l’Afrique du Sud», a-t-elle expliqué.

Le fédéral recommande de ne pas dépasser six semaines entre l’administration des deux doses du vaccin. Toutefois, Québec a plutôt décidé d’étendre ce délai à un maximum de 90 jours, afin d’administrer une première dose au plus grand nombre de gens possible.

La scientifique est dubitative quant à cette décision de la province.

«C’est la première fois qu’on a des vaccins à ARN, alors on ne connaît vraiment pas la qualité de la réponse immunitaire qu’ils génèrent […] Si on veut avoir les résultats très efficaces qui ont été démontrés, il faut suivre le protocole et éviter d’innover», a-t-elle soutenu.

«On est tombé dans la pensée magique»

Selon Mona Nemer, la deuxième vague a été sous-estimée et les gouvernements ont été pris de cours par l’évolution du virus. «On est peut-être tombé un peu dans la pensée magique», lance-t-elle.

La conseillère scientifique en chef du premier ministre soutient qu’il y a eu des lacunes sur le plan de la stratégie de dépistage, ce qui nous a empêchés de maîtriser la pandémie.

«On n’a pas mis sur pied un système de dépistage assez robuste pour détecter rapidement les premiers signes d’une nouvelle éclosion, que ce soit dans les milieux vulnérables comme les CHSLD ou les lieux de travail […] À partir du moment où vous n’êtes plus capable de retracer les contacts des gens infectés, vous avez perdu la bataille.»

Avec Radio-Canada par  Thomas Laberge

Coronavirus : défiance envers les vaccins occidentaux en Afrique

mai 9, 2020

Du personnel médical devant une tente à l'intérieur de laquelle ils procèdent à des dépistages, le 8 avril 2020, à Johannesburg.

Du personnel médical devant une tente à l’intérieur de laquelle ils procèdent à des dépistages, le 8 avril 2020, à Johannesburg. © Themba Hadebe/AP/Sipa 

Alors que les scientifiques sont engagés dans un contre-la-montre pour élaborer des traitements contre le coronavirus, en Afrique la défiance envers les vaccins occidentaux s’affiche sur les réseaux sociaux.

Un logo montrant une seringue dans un cercle rouge barré du slogan « pas de test de vaccin en Afrique », un dessin d’une femme noire brandissant une machette sous la gorge d’un médecin blanc muni d’une seringue, des hashtags #nonauvaccinenafrique, #pasdetestdevaccinenafrique, #lAfriquenestpasunlaboratoire, #jenesuispasuncobaye…

Depuis plusieurs semaines, les réseaux sociaux africains grouillent de publications mettant en garde contre des vaccins « empoisonnés » qui seraient secrètement testés ou injectés sur le continent.

Début avril, des publications virales en Afrique de l’Ouest affirmaient que sept enfants étaient morts au Sénégal après avoir reçu « le vaccin de Bill Gates ». Cette rumeur avait pour origine… une blague d’un marchand de cosmétiques dans la banlieue de Dakar.

Dans une autre vidéo partagée des dizaines de milliers de fois en Côte d’Ivoire, une femme se présentant comme une infirmière affirmait, elle, que les centres de dépistage allaient servir à vacciner la population à son insu par voie nasale.

Or, il n’existe pas de vaccin contre le coronavirus. Si une centaine de projets sont actuellement menés à travers le monde, dont une dizaine en phase d’essais cliniques, aucun ne devrait aboutir avant plusieurs mois.

« Raciste et condescendant »

Ces fausses affirmations ont connu un écho tout particulier après une discussion entre deux médecins le 1er avril à la télévision française, qui a suscité l’indignation dans de nombreux pays.

Evoquant l’intérêt de tester le vaccin anti-tuberculose BCG contre le coronavirus, l’un d’entre eux demandait notamment si « on ne pourrait pas faire ces tests en Afrique, où il n’y a pas de masques, pas de traitements, pas de réanimation ».

Après certains pays d’Europe et d’Australie, l’Afrique du Sud a lancé lundi des tests analogues, menés sur 500 soignants.

Le continent africain est pour l’instant un des moins sévèrement touchés par la pandémie, avec 2.007 décès pour 51.569 cas officiellement recensés au 7 mai, selon un comptage réalisé à partir de données officielles.

« Il y a une longue histoire de défiance envers les vaccins en Afrique », explique Keymanthri Moodley, directeur du Centre pour l’éthique et le droit de la médecine à l’université de Stellenbosch (Afrique du Sud), en soulignant « l’impact énorme » de cette séquence télévisée.

« Ces gens font des annonces importantes, comme si nous n’avions pas voix au chapitre. C’est comme si on revenait à l’époque coloniale. Personnellement, je trouve cela raciste et condescendant », a déclaré l’ancienne ministre kényane de la Justice, Martha Karua.

L’Organisation mondiale de la santé (OMS), régulièrement mise en cause dans ces publications où elle est accusée d’être le bras armé des puissances occidentales et de l’industrie pharmaceutique, assure que l’Afrique n’est pas un terrain d’expérimentations hasardeuses.

« Je veux vraiment rassurer les gens que les essais cliniques en cours actuellement sur le continent respectent les standards internationaux et suivent les mêmes protocoles que dans les autres pays développés », a déclaré le responsable du programme d’immunisation et de développement des vaccins pour l’OMS en Afrique, Richard Mihigo.

« Docteur-La-Mort »

Mais ces déclarations ont ravivé le souvenir de scandales médicaux qui ont marqué le continent jusque dans l’histoire récente.

Dans l’Afrique du Sud de l’apartheid, le sinistre « Docteur-La-Mort » Wouter Basson, qui dirigeait dans les années 1980 et au début des années 1990 le programme gouvernemental d’armement chimique et biologique, avait ainsi travaillé sur un projet -qui n’a pas abouti – de stérilisation des femmes noires par des substances qui devaient être injectées par les vaccins.

Au Nigeria, au tournant des années 2000, le géant pharmaceutique Pfizer a, lui, versé 75 millions de dollars en échange de l’arrêt de poursuites judiciaires, après des accusations d’essais d’un médicament contre la méningite menés à l’insu de la population en 1996.

La firme américaine assure avoir obtenu l’accord verbal des familles, ce que nient ces dernières qui affirment que le médicament, le Trovan, serait responsable du décès d’au moins onze enfants et de dommages physiologiques pour 189 autres.

Les révélations de plusieurs cas de médicaments anti-VIH frauduleux un peu partout sur le continent ont également « alimenté un fort ressentiment contre les hommes politiques et certains scientifiques », ajoute Keymanthri Moodley.

Solutions locales

« Plutôt que de balayer ces craintes en les qualifiant de ‘fausses rumeurs’ ou de ‘connaissances erronées’, elles devraient être écoutées et reconnues », estime Sara Cooper, chercheuse au Conseil de recherche médicale sud-africain.

Selon elle, des recherches menées par des scientifiques africains plutôt que des programmes étrangers « pourraient permettre de reconstruire une confiance collective et de réduire l’opposition ».

Les remèdes locaux anti-coronavirus basés sur des plantes de la pharmacopée traditionnelle connaissent un grand succès, même si leur efficacité n’a pas été scientifiquement prouvée, à l’instar de la tisane à base d’artemisia lancée fin avril par le président malgache Andry Rajoelina.

Mais l’histoire a aussi montré l’utilité des vaccins, tempère Richard Mihigo : « Les gens savent que les épidémies arrivent quand il n’y a pas d’immunisation. On l’a vu avec la rougeole. Ils participent massivement aux campagnes de vaccination, ils en connaissent les bénéfices ».

Par Jeune Afrique avec AFP