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Canada: 5043 nouveaux cas de COVID-19 et huit décès supplémentaires au Québec

décembre 21, 2021
Une file d’attente devant un centre de vaccination.

Attente de vaccination contre la COVID-19 à Montréal. Photo: La Presse Canadienne/Graham Hughes

La santé publique du Québec recense 5043 nouveaux cas de COVID-19, d’après le plus récent bilan sanitaire. Le nombre d’hospitalisations a quant à lui augmenté de 18 par rapport aux données de la veille.

Huit nouveaux décès liés à la maladie ont été déclarés au cours des dernières 24 heures. Le total des morts attribuables à la COVID-19 s’établit maintenant à 11 650 au Québec.

Le nombre d’hospitalisations pour l’ensemble de la province s’élève quant à lui à 415. Le nombre d’hospitalisations a doublé en un mois et au moins la moitié des lits consacrés aux patients atteints de la COVID-19 dans les hôpitaux du Québec sont déjà occupés.

Depuis le dernier bilan, 59 personnes de plus ont été hospitalisées en raison de la COVID-19, alors que 41 ont pu quitter l’hôpital.

Sur les 59 nouveaux cas hospitalisés, 32 n’étaient pas considérés comme adéquatement vaccinés, selon les données du ministère de la Santé.

On compte également 88 patients traités aux soins intensifs, soit deux de plus que la veille.

Au moins 495 337 personnes ont contracté la maladie au Québec depuis le recensement du premier cas de COVID-19, en février 2020.

Les opérations de dépistage se poursuivent pendant ce temps sur l’ensemble du territoire, où 43 910 prélèvements ont été effectués le 20 décembre.

Vaccination

Plus de 76 356 doses supplémentaires de vaccin ont été administrées au cours des dernières 24 heures, ce qui porte à 14 679 995 le nombre de doses reçues par des Québécois, en incluant ceux qui ont été vaccinés à l’extérieur de la province.

À ce jour, 8 % des Québécois âgés de 5 ans et plus ont reçu deux doses d’un vaccin contre la COVID-19 et 9 % ont reçu une troisième dose, selon les données du ministère de la Santé et des Services sociaux.Début du widget .

Il s’agit du bilan de nouvelles infections le plus élevé qu’on a enregistré au Québec depuis le début de la pandémie. Alimentée par le variant Omicron, cette poussée de la maladie a plus que doublé le nombre de cas quotidiens au Québec depuis une semaine.

Malgré un taux de vaccination de 81 % chez les 5 ans et plus, le gouvernement Legault a annoncé hier un train de restrictions immédiates, dont la fermeture des écoles, des bars, des salles de sport, des casinos, des salles de spectacle, en plus de réduire les heures d’ouverture des salles à manger des restaurants.

Ces mesures pourraient encore être resserrées au cours des prochaines heures en fonction de la gravité des scénarios et des projections qui ont été présentés lundi au premier ministre François Legault par les experts de  l’Institut national de santé publique du QuébecINSPQ et de l’Institut national d’excellence en santé et services sociauxINESSS.

315 000 rendez-vous pour la vaccination

Pendant ce temps, Québec met les bouchées doubles pour accélérer la vaccination et surtout la distribution des troisièmes doses de vaccin censées augmenter sensiblement l’immunité des gens face au variant Omicron. Celui-ci est réputé deux ou trois fois plus contagieux que les autres variants.

Selon le ministre Dubé, plus de 315 000 Québécois ont pris un rendez-vous de vaccination dans la journée de lundi alors que plus de 73 000 ont reçu une dose, dont 64 000 doses de rappel.

Rappelons que le gouvernement du Québec, qui tente d’accélérer la vaccination, a fait appel à toutes les personnes dont les compétences médicales leur permettent de faire des injections. Québec a aussi fait une demande au gouvernement fédéral pour obtenir le déploiement de militaires afin de prêter main-forte dans les cliniques de vaccination.

Avec Radio-Canada

Vaccins : bientôt une usine BioNTech au Rwanda

octobre 26, 2021
De gauche à droite : Uğur Şahin, PDG de BioNTech, Ursula von der Leyen, patronne de la Commission européenne, Paul Kagame, président du Rwanda, et Macky Sall, chef de l’État du Sénégal, le 27 août 2021 à Berlin. © Kay Nietfeld/ZUMA Press/ZUMA/REA

Évoquée en marge du G20, l’hypothèse de voir construire des usines de vaccins BioNTech en Afrique s’est confirmée ce 26 octobre avec la signature d’un accord entre la firme allemande et Kigali. Début des travaux : mi-2022.

C’est le Rwanda qui accueillera la première usine de fabrication de vaccins utilisant la technologie à ARN-messager de BioNTech sur le sol africain. Un accord a été signé en ce sens ce 26 octobre par les autorités de Kigali et la direction de la start-up de biotechnologies basée en Allemagne, devenue mondialement célèbre en produisant, avec le géant pharmaceutique américain Pfizer, le vaccin réputé le plus efficace contre le Covid-19.

Les partenaires veulent aller vite : la construction du site de production doit commencer dès le milieu de l’année 2022 et, pour permettre la production de vaccins dans les délais les plus brefs possibles, il est prévu d’assembler d’abord une première ligne de production complète, d’une capacité de 50 millions de doses par an. Le projet est d’ajouter ensuite d’autres lignes afin d’accroître progressivement la capacité de production.

Toujours dans le souci d’aller vite, c’est dans un premier temps BioNTech qui gèrera le site industriel et y enverra son propre personnel, le but étant de commencer la production sitôt l’infrastructure achevée. Mais l’accord signé entre l’entreprise, le Rwanda Development Board et l’Institut Pasteur de Dakar prévoit la formation rapide de personnel local, ainsi que le transfert du savoir-faire et de la propriété du site à des « partenaires locaux ».

Paludisme et tuberculose

Selon les signataires, le site rwandais est conçu pour être le premier d’un « réseau de production robuste et décentralisé en Afrique, offrant une capacité de production de plusieurs centaines de millions de doses de vaccins ARN-m ». L’idée n’est d’ailleurs pas de se limiter au sérum anti-Covid mais aussi de produire, à terme, des vaccins contre le paludisme et la tuberculose basés sur la même technologie.

SEUL 1 % DES VACCINS ADMINISTRÉS SUR LE CONTINENT SONT PRODUITS EN AFRIQUE

Les contours de l’accord avaient déjà été esquissés le 27 août en marge du G20 de Berlin, lors d’une rencontre entre les présidents sénégalais et rwandais, la patronne de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, et le cofondateur de BioNTech, Uğur Şahin. Réunis à l’initiative de la Fondation Kenup, un organisme à but non lucratif créé en 2014 dans le but de promouvoir des politiques de santé plus justes, les quatre acteurs avaient affiché leur intention de faciliter l’implantation rapide d’unités de production de vaccins sur le continent et répété que le Sénégal et le Rwanda étaient, avec l’Afrique du Sud, les pays les plus susceptibles d’accueillir ces sites industriels.

Bientôt au Sénégal

Les signataires de l’accord concernant le site rwandais ont d’ailleurs précisé que BioNTech discutait actuellement avec Biovac, son partenaire en Afrique du Sud, afin d’« étendre leur collaboration ». Pour l’heure, le site sud-africain ne fait que du « fill & finish » et ne maîtrise pas l’ensemble de la technologie de production. Aucune annonce n’a encore été faite quant à la construction d’une unité de production au Sénégal, mais ce devrait logiquement être l’étape suivante du partenariat. Le pays est régulièrement cité comme l’un des plus aptes à produire rapidement des vaccins, y compris par les spécialistes des Centres africains de contrôle et de prévention des maladies Africa CDC, la branche de l’Union africaine consacrée à la lutte contre les épidémies.

À ce jour, seul 1 % des vaccins administrés sur le continent sont produits en Afrique, mais l’UA affiche des objectifs ambitieux en la matière, parlant de 60 % en 2040. Les plus optimistes citent les exemples du Brésil et surtout de l’Inde, qui sont parvenus à développer des industries pharmaceutiques nationales performantes en quelques décennies. La volonté affichée d’harmoniser les règles, notamment celles relatives à la propriété intellectuelle, à l’échelle du continent devrait permettre d’avancer même si de nombreux obstacles, au premier rang desquels les brevets détenus par les grands laboratoires, restent à lever.

Avec Jeune Afrique par Olivier Marbot

Bien mal acquis : 26 millions de dollars rendus par Teodorín Obiang convertis en vaccins

septembre 21, 2021

Damien Glez

Les biens confisqués par les États-Unis au vice-président Teodoro Nguema Obiang Mangue seront rendus aux Équato-Guinéens. Sous forme de médicaments et de doses de vaccins anti-covid.

Aux confiscations internationales de biens jugés « mal acquis » à des caciques de régimes approximativement démocratiques, l’opinion africaine applaudit majoritairement, comme par réflexe. Mais rapidement se pose la question du retour des fortunes gelées aux pays lésés. Il y a loin de la coupe de la saisie occidentale aux lèvres du recouvrement populaire africain… Le cas de la Guinée équatoriale – singulièrement celui de son vice-président – cristallise les affaires dites des « biens mal acquis », tant le « fils de » s’est vu confisquer de « jouets » au niveau international : hôtels particuliers, voitures de course ou encore montres de luxe.

En juillet dernier, la Cour française de cassation confirmait la condamnation de Teodoro Nguema Obiang Mangue à trois ans de prison avec sursis et 30 millions d’euros d’amende, pour « blanchiment d’abus de biens sociaux », « blanchiment de détournement de fonds publics » et « blanchiment d’abus de confiance », le tout en rapport avec des détournements présumés de fonds publics d’environ 150 millions d’euros, soit près de 100 milliards de francs CFA. En 2019, le vice-président avait dû renoncer à 25 voitures de luxe pour mettre fin à des poursuites en Suisse…

Que faire du butin ?

Aux États-Unis, pays de l’ultra-judiciarisation tout autant que des arrangements judiciaires à l’amiable, « Teodorín » n’a pu mettre fin à des poursuites pour corruption, en 2014, qu’en renonçant à quelque 26 millions de dollars. Que faire de cette somme, lorsqu’on sait que le paternel du « mal acquérant », le président Teodoro Obiang Nguema Mbasogo, détient le record de longévité au pouvoir en Afrique : 42 ans. Bien qu’un proverbe africain dise que « si tu n’as pas la force de ton voleur, aide-le à porter le butin », le gouvernement de la Guinée équatoriale n’est censément pas le partenaire indiqué pour rendre les sommes à un peuple dont une partie vit sous le seuil de pauvreté…

Pour ne pas être accusé de spoliation, le gouvernement américain a donc annoncé, le 20 septembre, que l’argent provenant de la liquidation des biens de Teodorín sera converti en médicaments – pour 6,35 millions de dollars, via l’ONG Medical Care Development International– et en vaccins contre le coronavirus – pour 19,25 millions de dollars, via l’ONU. Pas moins de 600 000 Équato-guinéens pourraient bénéficier de ces deux opérations.

Parmi les objets cédés par le vice-président en échange de sa relaxe, figuraient une villa californienne, une Ferrari, mais aussi une collection consacrée à Michael Jackson. Si Teodorín a pu conserver les gants blancs incrustés de cristaux du « roi de la pop », il a dû se séparer d’un blouson dédicacé et de six statues grandeur nature du chanteur. Il n’est, pour autant, pas tout à fait fauché.

Par  Damien Glez

Dessinateur et éditorialiste franco-burkinabè.

Côte d’Ivoire : 1,2 million de vaccins contre le Covid-19 offerts par les États-Unis

août 21, 2021
Une cargaison de vaccins Covid-19 distribués par le mécanisme COVAX arrive à Abidjan, en Côte d’Ivoire, le 25 février 2021.

Alors que le nombre de cas positifs ne cesse d’augmenter ces dernières semaines dans le pays, la Côte d’Ivoire a réceptionné vendredi des doses de vaccin Pfizer offertes par Washington.

La Côte d’Ivoire a réceptionné 1,2 million de doses de vaccin Pfizer offertes par les États-Unis pour lutter contre le Covid-19, alors que le pays connait une hausse sensible des contaminations ces dernières semaines, a annoncé samedi le ministère ivoirien de la Santé.

Les doses de vaccin sont arrivées vendredi soir à Abidjan, la capitale économique ivoirienne, via le système Covax qui vise à fournir des vaccins anti-Covid à 20% de la population de près de 200 pays et territoires participants.

Alassane Ouattara testé négatif

« Les États-Unis sont heureux de soutenir le gouvernement de la Côte d’Ivoire dans sa lutte contre cette pandémie (…) et pour ses grands efforts en vue de freiner la transmission et vacciner les populations » a déclaré son ambassadeur à Abidjan, Richard Bell, dans un communiqué.

Jeudi, le président ivoirien Alassane Ouattara, 79 ans, est sorti d’un confinement de deux semaines au cours duquel il a été testé positif au Covid-19, puis négatif, a annoncé la présidence dans un communiqué.

Au 21 août, 52 615 cas de contamination et 365 décès liés au coronavirus ont été recensés dans le pays depuis le début de l’épidémie.

Par Jeune Afrique avec AFP

Variant Delta : les personnes vaccinées pourraient autant le transmettre que les non-vaccinées

juillet 30, 2021
Variant Delta : les personnes vaccinées pourraient autant le transmettre que les non-vaccinées

CRAINTES – Dans une note du Centre pour le contrôle et la prévention des maladies (CDC) américain relayée par la presse, des scientifiques s’alarment contre la transmissibilité inédite du variant Delta, révélée par de nouvelles données.

« La guerre a changé de visage. » Dans une note interne alarmiste, le Centre pour le contrôle et la prévention des maladies (CDC) américain avertit sur la très grande transmissibilité du variant Delta. Il serait non seulement aussi contagieux que la « varicelle », mais aussi plus « transmissible que les virus d’Ebola, du rhume et de la grippe », indique le texte relayé ce vendredi par le Washington Post et le New York Times. Et ce, indépendamment du statut vaccinal, révèlent des données récemment obtenues et encore non rendues publiques.

Selon ces données, les personnes vaccinées infectées par le variant Delta peuvent être en mesure de transmettre le virus aussi facilement que celles qui ne sont pas vaccinées. Leurs charges virales seraient en effet similaires. « Les vaccinés peuvent transmettre le virus, c’est un fait », confirmait mardi le Dr Anthony Fauci, conseiller médical de la Maison-Blanche, interrogé par le média NPR.

Pour la présidente du CDC, Rochelle Walensky, interviewée par le Washington Post mercredi, le variant Delta est « l’un des virus respiratoires les plus infectieux que nous connaissions et que j’ai vus au cours de mes 20 ans de carrière ».

35.000 cas symptomatiques par semaine chez les Américains vaccinés

Les données, qui doivent être rendues publiques ce vendredi, indiquent d’autre part qu’il y aurait 35.000 infections symptomatiques par semaine parmi les 162 millions d’Américains vaccinés. Il existerait également un risque plus élevé d’hospitalisation et de décès parmi les personnes les plus âgées, comparé aux personnes les plus jeunes, et ce, quel que soit leur statut vaccinal.

La crainte d’un abandon des vaccins par les Américains

Face à ces nouvelles données, la note du CDC expose la position délicate dans laquelle il se trouve désormais : tout en continuant à mettre l’accent sur l’efficacité prouvée du vaccin contre les formes graves, il doit désormais reconnaître que les infections plus bénignes ne sont peut-être pas si rares et que les personnes vaccinées transmettent le virus. 

Le document souligne donc l’importance, pour le CDC, d’adopter une nouvelle stratégie de communication, craignant que les Américains en viennent à penser que le vaccin n’est plus efficace ou que les rappels sont inutiles. « Nous avons fait un excellent travail pour dire au public que ce sont des vaccins miracles », a expliqué au Washington Post Matthew Seeger, expert en communication sur les risques à la Wayne State University de Detroit. « Nous sommes probablement tombés un peu dans le piège de l’excès de réassurance, qui est l’un des défis dans toute communication de crise. »

Pour inciter les personnes les plus réticentes à se faire vacciner, le gouvernement joue pour le moment sur tous les tableaux, y compris financiers. Joe Biden a appelé jeudi les autorités locales à verser 100 dollars à toute nouvelle personne se faisant vacciner en puisant pour cela dans des fonds d’urgence débloqués pour faire face à la pandémie. Inquiet des nouvelles données quant à la transmissibilité du variant, le CDC a d’autre part, dès mardi, durcit les mesures sanitaires aux États-Unis en recommandant de nouveau aux Américains vaccinés de porter le masque en intérieur. Pour l’heure, le variant Delta représente 82,2% des nouvelles infections aux États-Unis.

Par L.C.I avec C.A.

États-Unis: Joe Biden annonce le don de plus de 1,5 million de doses de vaccins à sept pays africains

juillet 22, 2021
Vaccination contre le Covid-19 à l’hôpital Central de Yaoundé, le 12 avril 2021

Selon la Maison-Blanche ce don se fait « sans condition » et ne doit pas être considéré comme une réponse à la très active diplomatie vaccinale chinoise.

Le stock de vaccins que les États-Unis s’apprêtent à offrir au continent est composé de doses des laboratoires Johnson & Johnson, qui ont l’avantage de ne nécessiter qu’une injection, au lieu de deux pour la plupart des sérums du marché. Le don se fera par l’intermédiaire de Covax, l’initiative internationale mise en place par l’OMS, CEPI et GAVI. De quoi renforcer significativement l’engagement diplomatique et humanitaire des autorités américaines envers l’Afrique, mis à mal durant les années Trump.

« Ayant passé l’essentiel de ma carrière dans l’administration à travailler sur l’Afrique – en particulier le Sénégal, le premier pays africain où je me suis rendue – je mesure l’impact que peut avoir l’aide américaine sur nos partenaires du continent et sur la vie des populations », explique Dana Banks, Senior Director pour l’Afrique du National Security Council. A ses yeux, cette nouvelle « initiative de partage des vaccins est une démonstration supplémentaire de notre engagement ».

Les doses qui vont être distribuées sont destinées aux pays suivants :

  • 303 050 doses pour le Cameroun
  • 302 400 doses pour le Lesotho
  • 302 400 doses pour la Centrafrique
  • 151 200 doses pour la Gambie
  • 151 200 doses pour la Sénégal
  • 151 200 doses pour le Niger
  • 151 200 doses pour la Zambie

L’annonce américaine intervient alors que la Chine renforce significativement ses distributions de vaccins en Afrique. La semaine dernière, Pékin a ainsi envoyé un nouveau stock de 4 millions de doses sur le continent, selon le rapport hebdomadaire de traçage des dons mis en place par The China Africa Project. Difficile pour l’administration Biden d’affirmer qu’elle n’est pas lancée dans un bras de fer avec les autorités chinoises.

Un officiel à la Maison-Blanche a tenu à expliquer à nos confrères de The Africa Report que le don de 25 millions de doses de vaccins à Covax par les États-Unis et destinées à l’Afrique – une quantité presque équivalente aux 27,9 millions de doses promises par Pékin – n’a aucunement pour but d’obtenir des concessions minières : « Nos vaccins sont offerts sans conditions, assure-t-il. Nous faisons cela dans le but de sauver des vies. Comme le président l’a dit : dans notre combat commun contre le virus, les États-Unis seront l’arsenal vaccinal du monde. »

La situation épidémique dans les sept pays qui vont recevoir les dons américains est la suivante :

Centrafrique

On compte à ce jour 7 147 contaminations au Covid-19 en République centrafricaine, dont 98 décès. Le pays est touché par le variant Alpha, 50 à 75 % plus contagieux que les souches habituelles et susceptible de toucher plus facilement les enfants, mais sans provoquer de formes plus graves de la maladie. Début juillet, le pays a reçu des vaccins chinois. Selon Pierre Somse, le ministre de la Santé, « ces dons de vaccins arrivent au moment opportun, grâce à eux la République centrafricaine sera mieux équipée pour lutter contre le coronavirus. »

Cameroun

L’an dernier, le Cameroun a dû faire face simultanément au Covid-19 et au choléra. On y compte à ce jour 81 467 contaminations et 1 330 décès. En avril, le pays a reçu 591 000 doses, dont 200 000 fournies par les Chinois de Sinopharm et 391 000 par Oxford AstraZeneca. Mais un cinquième seulement de ce stock a été administré. Le ministère de la Santé a, parallèlement, approuvé la diffusion d’un remède à base de plantes élaboré par l’archevêque Samuel Kleda, présenté comme un « adjuvant » dans la lutte contre le virus.

Gambie

La troisième vague de contamination frappe ce pays de 2,3 millions d’habitants depuis le début du mois de juillet. Le gouvernement a annoncé que le respect des mesures de prévention telles que le port du masque et la distanciation sociale étaient des impératifs et que leur violation pouvait être sanctionnée d’une amende de 1 000 dalasis (20 dollars). La vaccination a commencé en mars avec un stock d’AstraZeneca mais, le 17 juin, le pays avait épuisé ce stock. Banjul a ensuite homologué le vaccin de Sinopharm et a recommencé à vacciner le 17 juillet, mais du fait des faibles quantités disponibles, un seul site est actuellement ouvert. Le pays compte à ce jour 6 920 contaminations et 190 morts. Selon le ministère de la Santé, un pic de contaminations a été observé durant la semaine du 5 au 12 juillet, avec une augmentation de 13 %. Au 19 juillet, 40 810 doses de vaccins avaient été administrées.

Lesotho

Avec la troisième vague, le Lesotho a vu arriver sur son sol le variant Beta. Identifiée en Afrique du Sud en août 2020, cette souche se répand plus rapidement que les autres et présente un risque plus élevé de réinfection. Le pays recense 12 630 contaminations et 349 décès et dispose actuellement de doses Johnson & Johnson et Oxford AstraZeneca.

Niger

La population du Niger (23,9 millions d’habitants) est l’une des plus jeunes au monde, ce qui lui a permis jusqu’à maintenant d’être relativement préservée du coronavirus. On compte 5 594 cas et 194 décès et le pays semble être resté à l’écart des principales vagues de contaminations. Il a déjà reçu 400 000 doses de Sinopharm de la part de Chine et 25 000 doses d’AstraZeneca données par l’Inde. Au 19 juillet, 401 133 doses avaient été administrées. Le pays n’impose à ce jour aucune restriction et toutes les entreprises fonctionnent normalement. Comme le dit le ministre du Pétrole, Sani Issoufou : « Ici, nous vivons encore comme si nous étions en 2019. »

Sénégal

Ayant fermé ses frontières et suspendu les vols internationaux dès le début de la pandémie, en 2020, le pays – qui a aussi été l’un des premiers à mettre en place un couvre-feu – avait réussi à se préserver. L’état d’urgence, renouvelé en janvier dernier, a pris fin en mars, les restrictions étant alors en partie levées. Le couvre-feu a pris fin et les frontières ont été rouvertes aux non-nationaux. Même si le port du masque reste théoriquement obligatoire, il semble avoir été abandonné par l’essentiel de la population et avec les vacances qui approchent, les craintes augmentent avec  les risques liés aux voyages. Le président Macky Sall s’est dit prêt à prendre les mesures nécessaires en cas de hausse du taux de contamination. Le niveau est actuellement au plus haut avec 950 nouveaux cas par jour.

Le Sénégal a commencé à vacciner le 23 février 2021 avec un premier stock de 82 doses de Sinopharm, puis a reçu en mars un lot d’AstraZeneca. Il a été l’un des premiers pays africains à bénéficier de l’initiative Covax. A ce jour, 52 671 doses ont été administrées. Le pays compte 54 297 contaminations et 1 246 décès.

Zambie

La Zambie subit de plein fouet la troisième vague de la pandémie, avec 1 300 nouveaux cas par jour. Le pays a reçu deux livraisons d’AstraZeneca et environ 2,8 % de la population a reçu au moins une dose de vaccin. Selon Kennedy Malama, secrétaire permanent en charge des services techniques au ministère de la Santé, les doses de Johnson & Johnson promises seront acheminées vers les provinces rurales, où la demande est forte, « le plus rapidement possible ». Il estime aussi que la Zambie pourrait être frappée par une quatrième vague d’ici à la fin de l’année.

Avec jeune Afrique par Nicholas Norbrook

Coronavirus: le point sur la pandémie dans le monde

juillet 21, 2021
Coronavirus: le point sur la pandemie dans le monde
Coronavirus: le point sur la pandémie dans le monde© AFP/Prakash SINGH

Nouvelles mesures, nouveaux bilans et faits marquants: le point sur les dernières évolutions de la pandémie de Covid-19 dans le monde.

Inde: plus de 45.000 cas de « champignon noir »

L’Inde a enregistré au cours des deux derniers mois plus de 45.000 cas de « champignon noir », une infection fongique mortelle à 50 % qui se répand parmi les patients atteints du Covid-19.

Plus de 4.200 personnes sont décédées de la mucormycose, maladie rare habituellement, mais qui s’est répandue en Inde parmi les malades du Covid-19 après leur rétablissement, selon le gouvernement.

Cuba : hausse « dramatique » des cas

Cuba connaît une « augmentation dramatique » des cas de Covid-19 dans plusieurs de ses provinces où circule notamment le variant Delta, a indiqué mercredi l’Organisation panaméricaine de la santé. La situation est « particulièrement aiguë » dans la région touristique de Matanzas.

L’OMS veut rassurer les laboratoires sur les brevets

Le patron de l’Organisation mondiale de la santé, partisan d’une suspension temporaire des brevets sur les vaccins anti-Covid pour augmenter leur production, a assuré mercredi les groupes pharmaceutiques qu’il ne s’agissait pas de « saisir » leur propriété.

JO: pas de pression du CIO, assure Tokyo

Le Premier ministre japonais Yoshihide Suga a assuré mercredi n’avoir subi aucune pression du Comité international olympique pour maintenir les Jeux olympiques de Tokyo, qui demeurent impopulaires au Japon face à la recrudescence du Covid-19.

Ouganda: injections de faux vaccin

Près de 800 personnes ont reçu une ou des injections de faux vaccins contre le Covid-19 en Ouganda, une escroquerie montée par des médecins et infirmiers « sans scrupules », ont annoncé les autorités.

USA: chute d’un an et demi de l’espérance de vie

L’espérance de vie des Américains s’est réduite d’un an et demi en 2020, passant de 78,8 à 77,3 ans, soit la plus forte chute depuis la Seconde Guerre mondiale, selon la principale agence fédérale de santé publique qui en attribue grandement la cause à la pandémie de Covid-19.

Vaccin Pfizer produit en Afrique du Sud dès 2022

Les laboratoires pharmaceutiques Pfizer et BioNTech ont annoncé que le groupe Biovac allait réaliser dès début 2022 une étape de production de leur vaccin en Afrique du Sud, une première sur le continent.

Variant Delta prédominant dans les prochains mois, selon l’OMS

L’Organisation mondiale de la Santé (OMS) prévoit que le variant Delta, très contagieux et qui est d’ores et déjà à l’origine de plus des trois quarts des nouveaux cas de Covid dans de nombreux grands pays, soit prédominant dans les prochains mois.

L’Inter Milan et Arsenal renoncent à un tournoi

L’Inter Milan a annoncé mercredi qu’il renonçait pour des raisons sanitaires liées au coronavirus à se rendre aux Etats-Unis, où il devait rencontrer lors d’un tournoi amical en Floride le club anglais d’Arsenal, également forfait en raison d' »un petit nombre » de cas positifs au Covid-19 dans sa délégation.

Portugal: vaccination des 12-17 ans d’ici la rentrée

Le Portugal, frappé de plein fouet par le très contagieux variant Delta, souhaite vacciner les 12-17 ans d’ici la prochaine rentrée scolaire, a indiqué le Premier ministre Antonio Costa.

Plus de 4,1 millions de morts

La pandémie a fait au moins 4.119.920 morts dans le monde depuis fin décembre 2019, selon un bilan établi par l’AFP à partir de sources officielles mercredi en milieu de journée.

Les Etats-Unis sont le pays le plus touché avec 609.837 décès, suivis du Brésil (545.604 morts), de l’Inde (418.480), du Mexique (236.810) et du Pérou (195.332).

L’OMS estime, en prenant en compte la surmortalité directement et indirectement liée au Covid-19, que le bilan de la pandémie pourrait être deux à trois fois plus élevé que celui qui est officiellement établi.

Avec Le Point par burx-jba-frd/am/ybl

Canada: Des vaccins contre la COVID-19 produits à Montréal à partir de 2022

juin 22, 2021

Le tout premier laboratoire canadien qui fabriquera des vaccins contre la COVID-19 est inauguré aujourd’hui à Montréal. La nouvelle usine ne fabriquera pas de vaccins avant le printemps 2022, mais le gouvernement fédéral tenait à souligner l’occasion, pour célébrer cette avancée scientifique, mais aussi pour des raisons politiques.

Le ministre de l’Innovation, des Sciences et de l'Industrie François-Philippe Champagne salue des employés de Novavax

© Ivanoh Demers/Radio-Canada Le ministre de l’Innovation, des Sciences et de l’Industrie François-Philippe Champagne salue des employés de Novavax

Le libéral François-Philippe Champagne salue tous les ouvriers sur son passage, lors de notre visite exclusive du nouveau laboratoire du Conseil national de recherches du Canada (CNRC) à Montréal. Le ministre de l’Innovation, des Sciences et de l’Industrie s’émerveille devant les fioles incassables pour les vaccins. Il s’est presque gelé les doigts dans le congélateur à -80 degrés Celsius où ils seront entreposés.

Il souligne que les investissements de 126 millions de dollars de son gouvernement permettront de fabriquer 24 millions de doses de vaccins par année. C’est ça qu’on n’avait pas au Canada en début de pandémie», lance-t-il. Se tourner vers d’autres pays comportait son lot de problèmes. Vous vous souvenez? Il y a eu des questions de qualité, d’approvisionnement, des questions de délais, certains [observateurs] qui parlaient du nationalisme des vaccins», soutient le ministre.

Le Canada est quatre fois plus dépendant de l’étranger aujourd’hui qu’il y a 40 ans pour ses produits pharmaceutiques comme les vaccins. Le nouveau laboratoire du CNRC à Montréal est censé être un premier pas afin de corriger la situation.

Le ministre de l'Innovation, des Sciences et de l'Industrie, François-Philippe Champagne

© /Radio-Canada Le ministre de l’Innovation, des Sciences et de l’Industrie, François-Philippe Champagne

Le laboratoire a été construit en un temps record, affirme le directeur de projet, André-Pierre Ghys. En général, ça prend entre 30 et 36 mois à construire ce genre de laboratoire, et on l’a fait en 10 mois.»

La production réelle de vaccin ne commencera pas avant le printemps prochain, soit bien après la fin de la vaccination de masse. Les doses de Novavax serviront donc pour les doses de rappel, les variants qui vont être différents qui vont demander un vaccin différent», explique M. Ghys.

Le gouvernement enverra également une partie des vaccins de Novavax dans les pays plus pauvres par l’entremise de l’initiative COVAX.

Bémols de l’opposition

C’est beaucoup d’argent dans un laboratoire pour une technologie qui est déjà dépassée», lance le député bloquiste Mario Simard. Ça me laisse l’impression que c’est une réaction politique et ce n’est jamais bon si on veut en avoir pour notre argent.»

L’autre point de critique pour l’opposition est le fait que le Canada a déjà acheté 52 millions de doses à Novavax, même si les essais cliniques ne sont pas encore terminés.

Est-ce que Novavax va avoir un vaccin qui va être accepté par Santé Canada? demande le député conservateur Pierre Paul-Hus. Pour l’instant, ce n’est pas le cas. Donc, à court et moyen terme, on ne peut pas savoir s’il va y avoir une efficacité directe pour les Canadiens.»

Ottawa assure que la nouvelle usine viendra combler un vide dans la production locale de vaccin. Mais à elle seule, ce ne sera pas suffisant pour repositionner le Canada sur la scène internationale, selon le professeur Alain Lamarre, titulaire de la Chaire de recherche Jeanne et J.-Louis Lévesque en immunovirologie.

Ça prend tout l’écosystème autour de l’usine, précise-t-il. Ça passe par de la main-d’œuvre qualifiée, des infrastructures, les investissements pour la recherche pure, les études cliniques. Il y a tout ça à rebâtir.»

Atout électoral?

Ottawa a également investi des centaines de millions de dollars dans d’autres projets de production de vaccins au Canada, comme celui de Medicago à Québec, de Precision NanoSystems à Vancouver et de VIDO-InterVac en Saskatchewan. Mais la plupart d’entre eux ne seront pas opérationnels avant encore deux ans.

D’où le désir d’Ottawa, et du ministre François-Philippe Champagne, de souligner à grand trait la construction du laboratoire du CNRC de Montréal. Même si l’édifice doit encore obtenir sa certification scientifique, même si le vaccin de Novavax n’est pas encore homologué par Santé Canada et même si la qualité du produit qui se retrouvera dans les fioles doit encore être testée et approuvée.

Le gouvernement a été critiqué pour ses ratés en début de crise sanitaire. Avec cette nouvelle usine, il veut montrer qu’il est mieux préparé à protéger les Canadiens contre une prochaine pandémie. Et c’est également une façon pour les libéraux de se protéger eux-mêmes des attaques de ses adversaires en campagne électorale.

Avec Radio-Canada par Christian Noël 

Covid-19 : des dizaines de pays incapables de poursuivre la vaccination

juin 18, 2021

Faute de doses suffisantes, ces pays se retrouvent dans l’incapacité d’administrer la seconde dose de vaccins, alerte l’OMS ce vendredi.

Dans la course à la vaccination, tous les pays ne sont pas logés à la même enseigne. Des dizaines d’entre eux sont incapables d’administrer la seconde dose de vaccins contre le Covid-19, faute de doses suffisantes. Une pénurie qui risque de déstabiliser durablement les campagnes vaccinales, a mis en garde l’OMS vendredi 18 juin. « Nous avons un grand nombre de pays qui ont dû suspendre leur campagne de vaccination pour la seconde dose – 30 ou 40 pays », a affirmé le docteur Bruce Aylward, chargé à l’OMS de superviser le système de distribution international Covax.

« L’intervalle (entre les deux injections) est maintenant plus long que ce que nous aimerions », a-t-il mis en garde, expliquant que Covax était en négociations directes avec AstraZeneca, mais aussi le Serum Institute of India, qui doit fabriquer l’essentiel des doses pour Covax, mais dont la production est interdite d’exportation face à l’urgence des besoins en Inde. Un intervalle trop long entre deux doses peut faciliter l’émergence de variants plus dangereux ou contagieux.

« Les dons sont une solution à court terme »

Selon Bruce Aylward, ces pays se trouvent particulièrement en Afrique sub-saharienne, mais aussi en Amérique latine, au Moyen-Orient et en Asie du Sud, notamment les voisins de l’Inde, comme le Népal ou encore le Sri Lanka, qui doivent affronter une sévère vague d’infections. Pour l’instant, les partenaires de Covax essayent d’accéder à un maximum de doses qui sont cruciales pour la période de juin à septembre.

Il a noté que les États-Unis avaient promis 80 millions de doses pour la période juin-juillet, mais l’essentiel du milliard de doses promis par le G7 ne seront disponibles que plus tard dans l’année et surtout en 2022. « Les dons sont une solution à court terme face à un marché très imparfait où seuls les pays qui ont les moyens ou produisent des vaccins y ont accès », a-t-il rappelé.

Le docteur Aylward a tenu à souligner l’effet délétère de ces à-coups sur la confiance des populations dans la vaccination. « Quand on force des pays avec des systèmes moins robustes d’interrompre, de réorganiser, de rediriger leur programme », on rend « très difficile la mobilisation de la population », a souligné le docteur Aylward. « Nous l’entendons souvent de la part des responsables politiques qui souhaitent vivement mobiliser leur population mais qui craignent de le faire prématurément parce que les doses n’ont pas été livrées », a-t-il insisté. Au 17 juin, le système Covax avait fourni seulement 88 millions de doses dans 131 pays, bien en deçà de ce qui était initialement prévu.

Par Le Point avec AFP

Covid-19 : « La Tunisie peut être un pays producteur de vaccins »

juin 16, 2021
Dépistage du coronavirus à l’Institut Pasteur de Tunis, en avril 2020

En répondant à un appel de l’OMS pour évaluer son potentiel de production de vaccins, la Tunisie se positionne sur ce marché prometteur. Entretien avec Hechmi Louzir, directeur de l’Institut Pasteur de Tunis et président du comité opérationnel de vaccination.

La pandémie de Covid-19 était au cœur de la visite de travail d’Hichem Mechichi à Genève, les 8 et 9 juin. Le chef du gouvernement tunisien a plaidé la cause de son pays auprès de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) et de l’Organisation mondiale du commerce (OMC) afin d’obtenir des doses de vaccins anti-Covid mais aussi d’accéder au marché prometteur de leur fabrication. Il s’est ainsi entretenu avec la directrice générale de l’OMC, Ngozi Okonjo-Iweala, qui s’est engagée à aider la Tunisie.

La Tunisie a par ailleurs sollicité l’appui de l’OMS afin de bénéficier d’une assistance pour l’autorité nationale de réglementation du secteur, de projets de répartition aseptique de vaccins ou encore d’une plateforme de production de vaccins à ARN messager, comme l’explique Hechmi Louzir. Le directeur de l’Institut Pasteur de Tunis et président du comité opérationnel de vaccination était en effet membre de la délégation. Entretien.

Jeune Afrique : À défaut d’avoir une agence nationale du médicament, la Tunisie a demandé l’assistance de l’OMS pour évaluer le fonctionnement de son autorité nationale de réglementation du secteur. Dans quel but ?

Hechmi Louzir : Dans le contexte actuel, une autorité efficace est nécessaire pour fabriquer ou importer des vaccins de manière saine et sécurisée. Actuellement, la mission de réglementation est fragmentée : elle est assurée par différentes structures liées au ministère de la Santé. La direction de l’inspection pharmaceutique donne son accord pour la mise en place de structures de production. La direction de la pharmacie et du médicament se charge de l’enregistrement et de l’obtention d’autorisations de mises sur le marché. L’Agence nationale de contrôle sanitaire et environnemental (ANCSEP) gère la libération des vaccins. Le Laboratoire national de contrôle du médicament et le Centre national de pharmacovigilance entrent aussi en jeu… L’assistance de l’OMS servira donc à vérifier le fonctionnement de l’autorité de réglementation du secteur et à émettre des recommandations pour l’améliorer.

Hechmi Louzir, directeur de l’Institut Pasteur de Tunis pose dans son bureau, le 7 avril 2020

La Tunisie sollicite également une assistance pour évaluer la faisabilité d’un projet de production en fill and finish (répartition aseptique) et même de production de vaccins à ARN messager. Le pays est-il prêt à accueillir ces technologies ?

La Tunisie peut être un pays producteur de vaccins contre le coronavirus, pour ses habitants comme pour ceux de la région, mais aussi d’autres vaccins. Il existe en effet un risque que la stratégie de production de vaccins anti-covid prenne un peu de temps et ne représente plus une urgence lorsqu’elle sera opérationnelle.

NOUS DISPOSONS D’INGÉNIEURS ET DE TECHNICIENS EN BIOLOGIE TRÈS BIEN FORMÉS

Les capacités du pays sont indéniables étant donné son historique. L’Institut Pasteur produit déjà le vaccin BCG ainsi que des sérums. L’industrie pharmaceutique du pays est bien organisée et prête à accepter le développement de ce genre de technologies. Nous disposons également d’un environnement scientifique favorable avec des ingénieurs et techniciens en biologie très bien formés, mais aussi un système législatif et des réglementations idoines. Nous pouvons aussi envisager de travailler en recherche et développement sur des maladies pour lesquelles il n’existe pas encore de vaccination.

L’OMS a évoqué l’identification de cinq ou six hubs régionaux pour la production de vaccins en Afrique. Est-ce une manière pour Tunis de se positionner dans cette course ?

L’OMS a lancé en avril un appel à expression d’intérêt pour identifier de tels hubs, notamment dans des pays à revenus faibles ou intermédiaires. Elle se chargera dans un premier temps d’identifier le potentiel de production pour faciliter les échanges, la mise en place de structures, le transfert de technologies ou l’envoi d’experts.

La Tunisie a fait une demande via l’Institut Pasteur et a ainsi affirmé à l’OMS qu’elle pouvait accueillir ces technologies. Cela pourrait se faire dans le cadre de partenariats et très probablement d’un transfert de technologie avec un ou plusieurs partenaires industriels ou entité européennes ou internationales, comme des instituts de recherche, des start-up, ou des entreprises pharmaceutiques mondialement connues.

Le Technopole de Sidi Thabet (au Nord-Ouest de Tunis) pourrait-il participer de ce processus ?

Le technopole de Sidi Thabet comprend déjà un certain nombre d’entités : une école vétérinaire, un centre de recherche en énergie nucléaire, un centre de formation en biotechnologies, mais aussi une pépinière d’entreprises. Un centre de ressources technologiques est également en cours de mise en œuvre. Cet espace d’un peu plus de 100 hectares est fait pour héberger des biotech appliquées à la santé.

LA LEVÉE DE LA PROPRIÉTÉ INTELLECTUELLE DES VACCINS NE SUFFIRA PAS. IL FAUT UNE STRATÉGIE DE TRANSFERT DE TECHNOLOGIES

On peut imaginer qu’en cas de transfert de technologie ou de partenariat avec des structures qui maitrisent différents aspects de la fabrication de vaccins à ARN messager, celles-ci soient invitées à s’installer sur ce technopole pour profiter de ce terrain mais aussi de facilités pour lancer des partenariats avec des entreprises pharmaceutiques tunisiennes privées ou publiques.

De quelle manière l’OMC peut-elle vous appuyer dans ces démarches ?

L’OMC se coordonne avec l’OMS et est assez impliquée dans ces problématiques d’appui au transfert de technologies et de levée des brevets. Lors de sa rencontre avec Ngozi Okonjo-Iweala, le chef du gouvernement tunisien a évoqué la levée de la propriété intellectuelle pour les vaccins anti Covid-19. Ce serait une bonne chose, mais cela ne suffit pas. Il faudrait dans tous les cas accompagner cette mesure grâce à une stratégie de transfert de technologie afin d’optimiser les chances de développement de ces projets.

Ave Jeune Afrique par Camille Lafrance