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France: Valérie Pécresse redoute un éclatement de LR avec Laurent Vauquiez

septembre 2, 2017

Alors que Laurent Wauquiez brigue la présidence des Républicains, Valérie Pécresse lance son mouvement «Libres!».

Alors que Laurent Wauquiez brigue la présidence des Républicains, Valérie Pécresse lance son mouvement «Libres!». Crédits photo : PHILIPPE HUGUEN/AFP

Dans un entretien ce samedi au Parisien, la présidente de la région Île-de-France déclare «refuser le repli identitaire» de son homologue d’Auvergne-Rhône-Alpes, candidat à la présidence du parti.

Entre les deux présidents de région, la guerre est déclarée. «Je refuse le repli identitaire. Nous devons être fiers de nos valeurs et bien dans notre époque», déclare ce samedi Valérie Pécresse dans une interview au Parisien, évoquant la candidature de Laurent Wauquiez à la présidence du parti Les Républicains, dont elle évoque «le risque» d’un éclatement si le président du conseil régional d’Auvergne-Rhône-Alpes l’emporte.

» Lire aussi – Les confidences de Laurent Wauquiez, l’homme qui va réveiller la droite

À travers ce duel, ce sont deux lignes politiques qui s’affrontent. Alors que Laurent Wauquiez défend une ligne à droite toute et semble actuellement favori, l’ancienne ministre qui a décidé de ne pas se présenter met en garde contre toute «porosité avec le Front national», qu’elle qualifie de «ligne rouge». «Si la droite met les doigts dans cet engrenage-là, ça ne sera plus la droite. Ce ne sera plus ma droite», avertit la présidente de la région Île-de-France, qui explique néanmoins qu’elle veut «rester» dans sa famille politique. Mais, interrogée sur un possible éclatement du parti si Laurent Wauquiez remporte le scrutin interne des 10 et 17 décembre, Valérie Pécresse répond que «le risque existe. Pour le conjurer, on doit assumer nos différences et ne pas chercher à les étouffer».

«Nous devons tirer les leçons de nos deux défaites, celles de 2012 et 2017. À chaque fois, on a eu le réflexe de se recroqueviller vers le noyau dur de la droite», explique Valérie Pécresse, qui se justifie en citant l’ancien président de la République: «Comme le disait lui-même Nicolas Sarkozy: ‘Quand la droite se rétrécit, elle perd. Quand elle s’élargit, elle gagne’». Celle qui se présente comme «gaulliste sociale» dans la droite ligne de Jacques Chirac préconise donc «d’élargir la droite, de l’oxygéner, d’ouvrir les portes et les fenêtres pour redonner une envie de droite aux Français».

Bienveillance critique envers Emmanuel Macron

Valérie Pécresse s’apprête à lancer le 10 septembre son propre mouvement, Libres!, «pour une droite ferme, sociale et réformatrice». «C’est indispensable pour refonder le logiciel de la droite et rester unis, tout en ramenant à nous toutes les bonnes volontés émanant de la société civile», se justifie-t-elle en ajoutant que l’élection à la présidence des Républicains est «prématurée». «La priorité, c’est le travail sur la ligne. Il faut être inventif et créatif, et mon sentiment, c’est qu’on ne peut pas le faire dans un parti», précise-t-elle, faisant allusion au succès électoral d’En marche!: «Depuis dix ans, ce sont les mouvements politiques ouverts à la société civile qui ont apporté les idées neuves»

À propos de la politique du chef de l’État, l’ancienne ministre de Nicolas Sarkozy se montre plutôt bienveillante. «Nous l’appelions de nos vœux», lance-t-elle à propos de la réforme du Code du Travail, ajoutant: «Si j’étais parlementaire, je la voterais». «Je reste tout de même sur ma faim, il aurait pu aller plus loin», précise-t-elle néanmoins, citant par exemple la réforme des 35h ou le «relèvement des seuils» qu’elle aurait souhaité pour les PME. Sur Emmanuel Macron lui-même, la présidente de la région Île-de-France se montre plus critique. «J’y ai vu une certaine forme de fatalisme, un aveu d’impuissance ou un prétexte à l’inaction», explique-t-elle à propos de la sentence du président de la République selon laquelle «la France serait irréformable». «Emmanuel Macron paye les ambiguïtés de sa campagne», ajoute-t-elle, estimant qu’«il y a un espoir déçu chez les Français» car «le bilan des trois premiers mois est tout de même bien maigre».