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« Chaos », galère et colère pour les Ukrainiens voulant venir au Canada

mars 28, 2022

Les formalités administratives exigées par le gouvernement Trudeau afin de voyager vers le Canada sont « extrêmement compliquées ».

Les Ukrainiens se pressent, à Varsovie, dans le centre responsable des formalités administratives pour venir au Canada. Les places sont limitées et il est très difficile d’obtenir un rendez-vous. Photo : Radio-Canada/Yanik Dumont-Baron

L’angoisse est palpable. L’interrogation. Les doutes. La détresse. Tous ces sentiments se lisent, se devinent dans les yeux de ces Ukrainiens amassés dans un immeuble moderne de Varsovie, qui partagent le même espoir : rejoindre rapidement le Canada.

Des dizaines de personnes font la file, masque ou non sur le visage. Des jeunes. Des aînés. Des femmes, principalement, mais aussi des enfants.

Certains scrutent leur téléphone, d’autres dorment sur une chaise, lèvent la main ou tentent d’interpeller un représentant de la firme VFS Global, qui est responsable de réaliser les données biométriques des Ukrainiens voulant traverser l’Atlantique.

Outre temporairement l’ambassade canadienne, il n’y a qu’un centre agréé dans toute la Pologne. Ici, dans la capitale, où sont arrivés au cours des dernières semaines des centaines de milliers d’Ukrainiens fuyant les bombes et les attaques russes.

C’est le chaos pour obtenir les documents administratifs nécessaires afin de prendre l’avion vers le Canada, raconte Kyrylo, un Canadien d’origine ukrainienne rencontré sur place. Tout juste arrivé en Pologne, il est venu aider sa grand-mère et d’autres membres de sa famille.

En début de semaine, reprend-il, il y avait 500 personnesLes gens se poussaient. Le processus est extrêmement compliqué. C’est extrêmement stressant pour ces personnes qui sont déjà traumatisées par la guerre.

« Tout ce qu’on demande, c’est d’avoir la possibilité de ramener nos proches au Canada. Il y a plein de gens prêts à les aider au Canada. Pourquoi est-ce qu’on rend ça aussi compliqué? »— Une citation de  Kyrylo, un Canadien d’origine ukrainienne

À la mi-mars, Ottawa a lancé un programme spécial d’immigration afin de permettre aux Ukrainiens d’arriver rapidement au Canada. Toutefois, avant d’obtenir cette Autorisation de voyage d’urgence, dont la demande se fait en ligne, les candidats doivent impérativement fournir leurs photos et empreintes digitales.

La prise de rendez-vous est obligatoire. Et les créneaux libres sont rares.

Des enfants attendent, avec leurs parents, afin de réaliser leurs données biométriques pour arriver au Canada. Photo : Radio-Canada/Yanik Dumont-Baron

Plusieurs personnes nous ont confié leurs difficultés pour décrocher un tel rendez-vous. Une mission quasi impossible, décrivent-elles. Surtout en Pologne. Pendant trois jours, j’ai regardé toutes les 30 minutes, il n’y avait absolument rien de disponible, décrit Kyrylo, qui dit avoir finalement eu un coup de chance.

Les gens viennent donc sans rendez-vous et ça encombre le processus, poursuit-il.

Le site ne marchait pas, il « crashait ». On a donc décidé de venir sur place, mais on nous a répondu qu’on ne pouvait rien faire pour nous, confie quant à lui Haidei Amine, un Canadien d’origine ukrainienne qui tente d’avoir un visa pour son épouse afin de se rendre en Ontario.

Ce dernier décrit le parcours qui l’a mené jusqu’à Varsovie. On a quitté Sumy [dans le nord-est de l’Ukraine]. On était encerclés, c’était effrayant. Ça nous a pris trois jours pour arriver à Varsovie en voiture. Il y avait des centaines de chars russes sur le chemin.

Haidei Amine, originaire du Canada, vivait dans le nord-est de l’Ukraine avant le début de la guerre. Il espère retourner, avec sa femme, en Ontario dans les prochains jours. Photo : Radio-Canada

Une dizaine d’étudiantes ukrainiennes attendues à Montréal

Immigration Canada n’a pas répondu aux questions de Radio-Canada. À Varsovie, les employés de VFS Global ont refusé également de nous parler. Sur son site, l’entreprise reconnaît que certains de [ses] centres de réception des demandes de visa connaissent des volumes plus élevés que d’habitude.

Mi-mars, le ministère de l’Immigration assurait pourtant suivre de près la situation et avoir renforcé ses capacités dans toute l’Europe avec l’envoi de trousses mobiles à Varsovie, à Vienne et à Bucarest pour la collecte de ces données biométriques.

Après des heures passées au téléphone avec des amis et des membres de sa famille en Pologne, Magdalena Dembinska, visiblement épuisée, ne comprend pas toutes ces exigences réclamées par Ottawa.

Pourquoi ne pas faire venir ces personnes au Canada et faire les données biométriques à l’aéroport? s’interroge cette professeure titulaire en science politique à l’Université de Montréal.

Centre de rendez-vous des visas, à Varsovie, situé à l’étage, dans un immeuble moderne. Des centaines de personnes s’y retrouvent chaque jour pour tenter de rejoindre le Canada. Photo : Radio-Canada

Depuis plusieurs jours, Magdalena Dembinska, également membre du Centre d’études et de recherches internationales, se démène pour organiser le voyage et l’arrivée d’une dizaine d’étudiantes ukrainiennes de l’Université nationale de Kharkiv, une ville bombardée par l’armée russe.

« La seule et unique chose qui fait obstacle à l’arrivée de ces étudiantes, c’est les données biométriques. Tout le reste est prêt. »— Une citation de  Magdalena Dembinska, professeure à l’Université de Montréal

Devant l’impossibilité d’avoir un rendez-vous à Varsovie, plusieurs filles âgées de 17 à 19 ans vont traverser l’Europe pour se rendre à Lyon, à Lisbonne ou encore à Budapest. D’autres patientent toujours en Ukraine.

L’université d’Anastasiia Dombvroska, ici en Ukraine avant le début de la guerre, a été bombardée par l’armée russe. La femme s’apprête à rejoindre temporairement l’Université de Montréal. Photo : Courtoisie

On pensait que cette étape, dans leur parcours, ne serait qu’une simple formalité, mais ce n’est pas le cas. Elles sont vraiment dans le noir, regrette Martin Carrier, chargé de cours à l’Université de Montréal, en lien avec ses homologues ukrainiens, qui, face aux dangers, ont quitté Kharkiv.

« Pour leur sécurité, il faudrait agir rapidement. C’est une situation humanitaire. La réalité, c’est qu’il y a un danger réel pour ces étudiantes. Certaines ne veulent pas quitter l’Ukraine tant qu’elles n’ont pas un rendez-vous. »— Une citation de  Martin Carrier, chargé de cours à l’Université de Montréal

Hébergement, billets d’avion, intégration, suivi psychologique, cours de français : l’Université de Montréal assure avoir déjà tout prévu pour concrétiser cet échange universitaire qui pourrait durer plusieurs mois. Un fonds d’urgence a également été mis en place.

Il faut aider toutes ces personnes. Au total, il pourrait y en avoir de 20 à 30. Il y a des étudiantes, mais aussi des professeurs, des chercheurs, des postdoctorants qu’on pourrait accueillir, détaille Valérie Amiraux, la vice-rectrice.

« Le caractère urgent dramatise la difficulté. On aimerait que ce soit plus facile, en particulier avec une situation d’urgence comme celle-ci. »— Une citation de  Valérie Amiraux, vice-rectrice de l’Université de Montréal

Il faut donner à ces gens les moyens de continuer à se projeter, à imaginer un avenir, résume-t-elle. Mais on aimerait que ça aille plus vite.

Les tirs russes ont détruit des infrastructures sur le campus de l’Université nationale de Kharkiv le 2 mars 2022. Photo : Reuters/Oleksandr Laphyn

De Varsovie à Bratislava

Sylvain Gauthier a de son côté des propos plus virulents. Aux yeux de l’enseignant et coordinateur de programme pour l’Université McGill, ça n’a aucun bon sens.

J’essaie de faire venir une mère de famille ukrainienne et sa fille. Elles sont arrivées à Varsovie, elles n’ont jamais pu avoir de rendez-vous [pour les données biométriques], donc elles ont passé la nuit dehors, devant l’ambassade canadienne, sans chaise, sans eau, sans rien à manger, sans toilettes, puis un agent les a finalement renvoyées, détaille-t-il, tout en nous montrant une vidéo illustrant la longue file d’attente vécue par des centaines de personnes.

Il a finalement trouvé une solution. Guère simple. J’ai eu un rendez-vous pour dans quelques jours, mais à Bratislava, soupire-t-il. En Slovaquie, donc. À plus de 600 km de Varsovie.

Après avoir quitté l’Ukraine, Yanina Kovalenko est arrivée à Varsovie, mais elle n’a pu obtenir de rendez-vous pour effectuer ses données biométriques. Avec l’aide d’un enseignant montréalais, elle va finalement se rendre en Slovaquie, avec l’espoir de venir bientôt au Canada. Photo : Courtoisie/Yanina Kovalenko

Dans un échange avec Radio-Canada par messagerie, l’intéressée, Yanina Kovalenko, une esthéticienne de 36 ans, avoue être perdue. Je vais y aller en bus ou en train. C’est la première fois de ma vie que je vis un tel enfer. On a attendu 30 heures devant l’ambassade et on nous a dit à la fin que seules les personnes qui avaient un rendez-vous pouvaient entrer.

Bénévole pour le Parti libéral du Canada, Sylvain Gauthier ne mâche pas ses mots contre Immigration Canada.

« Partout, le gouvernement dit qu’on veut aider les Ukrainiens. Il y a peut-être de bonnes intentions, mais les troupes ne s’ajustent pas. C’est une honte. »— Une citation de  Sylvain Gauthier, enseignant

Ces femmes ont vécu des semaines d’enfer. Rien n’est facile pour elles. On le savait, pourtant, qu’il allait y avoir toutes ces personnes. C’est une crise. Comment ça se fait qu’on se retrouve dans cette situation?

Avec Radio-Canada par Romain Schué et Yanik Dumont Baron

Pologne: un voilier construit par des sans-abri pourra bientôt prendre le large

juin 14, 2021
Pologne: un voilier construit par des sans-abri pourra bientot prendre le large
Pologne: un voilier construit par des sans-abri pourra bientôt prendre le large© AFP/Wojtek RADWANSKI

Amarré dans le port fluvial de Varsovie, le voilier Ojciec Boguslaw qui vient d’être baptisé du nom d’un prêtre catholique, a permis à des sans-abri qui l’ont construit pendant quatorze ans de redonner un cap à leur vie.

Il a été baptisé samedi du nom du père Boguslaw, de l’ordre des Camilliens, qui en 2006 avait lancé ce projet fou aux yeux de beaucoup. Lui-même était ouvrier naval de Szczecin, une ville portuaire du nord-ouest de la Pologne, avant d’entrer au séminaire. Sa vocation était d’aider les sans-abri à retourner à une vie normale. Le projet devait surtout avoir une fonction thérapeutique.

Le résultat est impressionnant. La goélette fait 17,8 mètres (57 pieds de long) sur 5,2 mètres.

En présence d’anciens sans-abri, de sponsors et de membres du gouvernement, le capitaine Waldemar Rzeznicki qui durant quatorze ans a dirigé sa construction, a hissé le pavillon sur le mât.

Tradition oblige, la marraine -l’épouse du capitaine, Anna Rzeznicka, a brisé une bouteille de prosecco à défaut de vrai champagne, trop cher. Elle s’est brisée seulement au quatrième coup. « On a été puni car au lieu de prendre une boisson sans alcool, on a pris une bouteille d’alcool, alors qu’on lutte contre l’alcoolisme », a déclaré M. Rzeznicki.

« Navigue sur les mers et les océans, vante le nom de ton initiateur et de ceux qui t’ont construit (…). Je te donne pour nom +Ojciec Boguslaw+(le père Boguslaw) », a déclaré la marraine, prononçant la formule traditionnelle.

Sa propre âme

« Enfin on sent vraiment l’eau sous nos pieds. Le bateau vit enfin », se réjouit le capitaine.

« Chaque bateau a sa propre âme, chaque bateau est différent, celui-ci est vraiment unique », ajoute-t-il.

« On n’avait pas les moyens techniques utilisés normalement dans des chantiers navals comme des grues ou des chariots élévateurs », se souvient Slawomir Michalski, 64 ans.

« On avait de simples outils de bricoleur: une torche de soudage pour couper l’acier, des marteaux, des cisailles à tôle ou des meuleuses », se souvient cet homme que l’AFP avait interrogé en 2017 lors des travaux.

Le capitaine Rzeznicki déplore que le constructeur Bogdan Malolepszy, qui a offert le projet du voilier, n’ait pas pu assister à la cérémonie. « Le Covid-19 l’a emporté en automne dernier. »

Une grande partie du matériel, comme le bois pour les mâts, la tôle ou les huit tonnes de plomb pour la quille, ont été offerts par des sponsors. Le moteur diesel provient d’un vieux bateau de pêche. Il faudra encore le réparer.

Après le décès du père Boguslaw Paleczny en 2009, le projet n’avait pas été abandonné. Quelque 300 personnes – des pensionnaires du centre pour sans-abri, mais aussi des scouts et des bénévoles, ont participé à sa construction.

« On a réalisé son testament, c’est comme si c’était son enfant », ajoute M. Michalski.

Rajeuni

« Le projet a changé ma vie de manière radicale, à 180 degrés, j’ai appris que quand je commence quelque chose, je termine ce travail. Avant, c’était tout le contraire », explique Marek Metrak, un des sans-abri qui a participé au projet.

« J’ai gagné une nouvelle vie, comme ce bateau qui a été mis à l’eau et peut naviguer, moi, je suis devenu indépendant. Il y a tout juste deux semaines j’ai reçu de la municipalité les clés de mon logement. J’écris des livres. Je ne bois plus, je ne fume plus. J’ai rajeuni », dit cet homme de 74 ans.

Avant de prendre le large, il reste encore du travail à faire. Trois jours avant la cérémonie du baptême, les voiles ont été livrées, achetées grâce à ses sponsors.

Le bateau doit encore être équipé en système de navigation électrique, gilets et radeaux de sauvetage, avant de mettre le cap sur Gdansk, en mer Baltique.

Par Le Point avec AFP

Pologne: un centre de la culture musulmane vandalisée à Varsovie

novembre 27, 2017

Le bâtiment du Centre de la Culture musulmane de Varsovie, dont les vitres ont été cassées, le 27 novembre 2017 / © AFP / JANEK SKARZYNSKI

Le Centre de la Culture musulmane à Varsovie, un bâtiment moderne qui abrite l’une des deux mosquées de la ville ainsi qu’un restaurant, a été vandalisé dans la nuit de dimanche à lundi, a annoncé la police.

Alertée vers 6 heures du matin, la police « a immédiatement envoyé une patrouille sur place. Une douzaine de vitres ont été cassées et l’armature d’une grande tente dressée dans le jardin endommagée. On n’a pas trouvé d’inscriptions sur le bâtiment et l’affaire est traitée pour le moment à titre de dommages aux biens », a indiqué à l’AFP la porte-parole du commissariat du quartier d’Ochota, Edyta Wisowska.

Le Centre de la Culture musulmane est un important bâtiment dont la construction a été achevée en 2015.

« On attend toujours que des mesures soient prises pour lutter contre l’incitation à la haine à l’égard des musulmans en Pologne. On estime que cette dernière a augmenté de manière drastique au cours des dernières années », surtout depuis le déclenchement de la crise migratoire, a déclaré à l’AFP le coordinateur du Centre, Ahmad Alattal.

« On reçoit tout le temps des menaces par mail, sur les réseaux sociaux et également par téléphone. Il y a un mois et demi nous avons eu un incident similaire mais de moindre ampleur. Une bouteille en verre a été fracassée sur la vitre de la porte d’entrée », a-t-il dit.

« La seule réponse qu’on ait reçue des autorités polonaises, c’est celle de la chancellerie du Sénat qui nous a dit qu’elle comprenait notre peur mais que nos craintes étaient infondées. Donc rien n’a été entrepris pour nous protéger », a regretté M. Alattal.

Des slogans xénophobes ont été lancés par plusieurs groupes nationalistes lors de la Marche de l’Indépendance, qui avait réuni à Varsovie quelque 60.000 personnes le 11 novembre à l’occasion de la fête nationale polonaise.

Certains manifestants avaient alors déclaré vouloir défendre leur pays contre « l’islamisme radical », ont constaté des journalistes de l’AFP.

Romandie.com avec (©AFP / 27 novembre 2017 17h24)                

Un homme soupçonné d’avoir décapité une femme en fuite en Europe

février 8, 2016

La Pologne a lancé lundi un mandat d’arrêt européen contre un jeune homme soupçonné d’avoir tué une jeune femme avant de lui couper la tête. Les autorités polonaises estiment probable qu’il s’est enfui en Europe de l’Ouest.

L’homme est considéré comme très dangereux, a indiqué la porte-parole du tribunal de Varsovie. Les télévisions polonaises ont diffusé plusieurs photographies de ce bibliothécaire de trente ans, un grand brun au visage doux et souriant, sans antécédents judiciaires ou psychiatriques connus.

Mais les médias polonais ont rapidement découvert qu’il était admirateur du tueur en série de fiction Hannibal Lecter, qu’il donnait des cours sur la poésie antique illustrés de clichés macabres et qu’il collectionnait les épées de samouraï.

La victime est une jeune professeure de langue, qui était censée donner au suspect un cours d’italien chez elle. C’est là qu’elle avait été tuée et dépecée avec une épée de samouraï. Le suspect aurait ensuite transporté chez lui son corps en prenant un taxi. Il a ensuite mis le feu à son appartement avant de disparaître et ce sont les pompiers qui ont découvert les restes de la jeune femme, le corps dans un sac de voyage et, dans une autre pièce, la tête dans un sac à dos.

La porte-parole du tribunal a refusé d’indiquer dans quel pays de l’UE pourrait se trouver l’assassin présumé.

Romandie.com

Tempête autour d’un centre de contre-espionnage parrainé par l’Otan à Varsovie

décembre 18, 2015

Varsovie – Le nouveau pouvoir polonais a soulevé une tempête politique en faisant investir dans la nuit de jeudi à vendredi un centre de contre-espionnage polono-slovaque à Varsovie parrainé par l’Otan, pour en expulser l’ancienne direction, opération décriée par l’opposition.

Des responsables du ministère de la Défense, accompagnés de la gendarmerie militaire, ont pénétré dans les locaux du centre à 01h30 (00h30 GMT), a indiqué à la télévision publique son ancien chef, le colonel Krzysztof Dusza.

Je leur ai dit que leur présence ici était illégale. Quand ils sont partis, j’ai demandé à la gendarmerie de poser des scellés sur la porte, a-t-il ajouté.

Selon un responsable de l’Otan à Bruxelles, cette affaire ne concerne que les autorités polonaises. Le Centre d’excellence du contre-espionnage en Pologne n’a pas encore été accrédité par l’Otan, a-t-il déclaré à l’AFP.

De manière générale, les centres d’excellence sont des centres de recherche internationaux, financés et dotés en personnel à l’échelle nationale ou multinationale pour travailler aux côtés de l’Alliance, mais ce ne sont pas des organismes de l’Otan, a-t-il expliqué.

Le chef de la diplomatie polonaise Witold Waszczykowski a expliqué pour sa part à la radio publique que les représentants polonais travaillant au centre ont perdu le droit d’accès aux documents confidentiels et ont dû être remplacés par d’autres qui ont un tel droit.

Le ministère de la Défense a indiqué dans un communiqué laconique avoir introduit dans les locaux de ce centre le nouveau directeur par intérim, le colonel Robert Bala.

Un vice-ministre de la Défense Bartosz Kownacki a ensuite dit à la presse que les responsables du centre étaient démissionnaires depuis une semaine et occupaient illégalement ses locaux, refusant d’obtempérer aux ordres de leurs supérieures.

De son côté, l’ex-ministre libéral de la Défense Tomasz Siemoniak a qualifié l’opération nocturne de scandale absolu, un fait sans précédent dans un pays membre de l’Alliance atlantique, selon lui.

Je présente au nom de la Pologne mes excuses aux autorités slovaques, a-t-il ajouté.

L’actuel ministre de la Défense Antoni Macierewicz, un dur du parti conservateur Droit et Justice (PiS) au pouvoir, s’était déjà illustré par de vastes purges au sein du renseignement militaire polonais quand il avait occupé le même poste au début des années 1990.

La création de ce centre de l’Otan (NATO’s Counter Intelligence Centre of Excellence) a été officiellement décidée en octobre à Norfolk aux Etats-Unis. Provisoirement installé à Varsovie, il doit avoir son siège définitif à Cracovie (sud) et une filiale de formation militaire à Lest, dans le sud de la Slovaquie.

Romandie.com avec(©AFP / 18 décembre 2015 14h32)

Hommage en Pologne au père Popieluszko, 30 ans après son assassinat

octobre 19, 2014

La Première ministre polonaise Ewa Kopacz a déposé une couronne et allumé un cierge dimanche matin à Varsovie sur la tombe du père Jerzy Popieluszko. L’aumônier du syndicat Solidarité avait été assassiné le 19 octobre 1984.

Son geste a marqué l’adhésion du gouvernement à l’hommage que les catholiques polonais rendent au prêtre considéré comme le leader spirituel du mouvement de contestation ayant débouché sur la chute du communisme en Europe de l’Est. A l’occasion du 30e anniversaire de sa mort tragique, les rappels de son action et de son enseignement pacifiste sont nombreux dans les médias polonais.

Assassiné par trois membres de la police politique communiste polonaise, le prêtre a été béatifié en 2010 comme martyr. La procédure de sa canonisation est en cours.

C’est pour qu’il soit proclamé saint par l’Eglise catholique qu’ont prié samedi les participants à une messe célébrée en plein air samedi à Wloclawek, dans la région du barrage sur la Vistule, où le corps du prêtre avait été jeté par ses meurtriers. Le chef de l’opposition conservatrice, Jaroslaw Kaczynski y a assisté, ainsi que de nombreuses délégations de Solidarité de différentes régions de la Pologne.

Une messe solennelle devait être célébrée dimanche après-midi en son église de Zoliborz, un quartier résidentiel de Varsovie. Plusieurs acteurs et chanteurs connus devaient participer ensuite à une cérémonie d’hommage.

Romandie.com