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Abus sexuels : le Vatican ouvre une enquête sur le cardinal Ricard

novembre 11, 2022

Le Vatican annonce lancer une enquête préliminaire sur le cardinal français Jean-Pierre Ricard, qui a avoué des faits d’abus sexuels datant d’il y a 35 ans.

Le cardinal francais Jean-Pierre Ricard va faire l'objet d'une enquete preliminaire de la part du Vatican.
Le cardinal français Jean-Pierre Ricard va faire l’objet d’une enquête préliminaire de la part du Vatican.© ANDREAS SOLARO / AFP

« Suite aux éléments qui sont apparus ces derniers jours et suite à la déclaration du cardinal Jean-Pierre Ricard, afin de compléter l’examen de ce qui s’est passé, il a été décidé d’ouvrir une investigatio praevia (enquête préliminaire) », a déclaré le directeur du service de presse du Saint-Siège, Matteo Bruni. « On est actuellement en train d’évaluer la personne la plus apte à la mener, avec l’autonomie, l’impartialité et l’expérience nécessaires, compte tenu également du fait que les autorités judiciaires françaises ont ouvert un dossier sur cette affaire », a-t-il ajouté.

Mardi, le parquet de Marseille avait annoncé avoir ouvert une enquête préliminaire après les aveux de l’ex-archevêque de Bordeaux, en retraite depuis 2019 dans les Alpes-de-Haute-Provence (sud-est de la France), qui ont provoqué un nouveau séisme dans l’Église.

« Il y a 35 ans, alors que j’étais curé, je me suis conduit de façon répréhensible avec une jeune fille de 14 ans. Mon comportement a nécessairement causé chez cette personne des conséquences graves et durables », a écrit le cardinal, aujourd’hui âgé de 78 ans, sans donner plus de détails sur les faits dont il s’incrimine alors qu’il était en poste à Marseille.

Ces déclarations sont intervenues au lendemain de l’annonce surprise par l’épiscopat français que 11 évêques ou anciens évêques avaient eu affaire à la justice civile ou la justice de l’Église pour des « abus » sexuels ou leur « non-dénonciation ».

Mgr Ricard, qui dispose du droit de vote en cas de conclave, est membre du puissant dicastère – équivalent d’un ministère dans le gouvernement du Saint-Siège – pour la doctrine de la foi, chargé notamment des cas de violences sexuelles sur mineurs.

Un procès canonique n’est généralement ouvert qu’une fois le dossier clos par les autorités judiciaires dans le pays concerné. À l’issue du procès civil, l’Église peut demander la documentation aux autorités judiciaires afin de l’intégrer dans sa propre évaluation.

Par Le Point avec AFP

Le pape François prépare sa succession et crée 20 cardinaux

août 27, 2022

Parmi eux, 16 « électeurs ». Une nomination particulièrement surveillée par les observateurs, à l’affût d’indications sur le futur souverain pontife.

Le pape François prépare sa succession. Il crée ce samedi 20 nouveaux cardinaux proches de sa ligne, des hommes de terrain, de différents continents et sensibles aux « périphéries ». Ce consistoire, le huitième du pontificat de François depuis son élection en 2013, intervient sur fond de spéculations sur l’état de santé du pape de 85 ans, contraint depuis plusieurs mois de se déplacer en fauteuil roulant en raison de douleurs au genou et qui a laissé « ouverte » la possibilité de renoncer un jour à son ministère.

À 16 heures (14 heures GMT) samedi, sous les dorures de la basilique Saint-Pierre de Rome, le pape créera 20 nouveaux cardinaux, parmi lesquels 16 « électeurs » – ceux qui sont âgés de moins de 80 ans – pourront participer au futur conclave.

La nomination de ces hauts prélats chargés d’assister le pape est scrutée par les observateurs qui y voient une indication sur la possible ligne du futur chef spirituel du 1,3 milliard de catholiques. Sensible aux communautés minoritaires, à la fibre sociale et à l’évangélisation, le jésuite argentin s’est affranchi du choix traditionnel d’archevêques de grandes villes, préférant des profils moins attendus.

Giorgio Marengo, cardinal le plus jeune au monde

À l’issue de ce consistoire, le premier depuis novembre 2020, le pape François aura ainsi choisi 83 cardinaux sur le total actuel de 132 électeurs, soit près des deux tiers, la proportion nécessaire pour élire un nouveau pape, même si ce choix est toujours imprévisible.

Avec 40 % des électeurs, l’Europe reste ainsi le continent le plus représenté, devant l’Amérique du Sud et l’Asie (16 % chacune), l’Afrique (13 %) et l’Amérique du Nord (12 %).

Parmi les personnalités notables figure l’Américain Robert McElroy, évêque de San Diego en Californie, considéré comme progressiste pour ses positions sur les catholiques homosexuels, notamment.

À noter également, le choix inattendu du missionnaire italien Giorgio Marengo, préfet apostolique d’Oulan-Bator (Mongolie), qui deviendra à 48 ans le plus jeune cardinal du monde. « Avec simplicité et humilité, je me mets à l’écoute de personnes beaucoup plus expérimentées que moi », a-t-il déclaré samedi à la presse, confiant avoir été « surpris » et « honoré » par sa nomination. « C’est un signe d’attention pour ces réalités qui sont généralement considérées comme minoritaires (…) on sait à quel point la marginalité est importante dans le cœur du Saint-Père », a-t-il ajouté en référence à son pays de mission.

Gérald Darmanin pour représenter la France

Jean-Marc Aveline, archevêque de Marseille particulièrement engagé dans le dialogue interreligieux, devient quant à lui le sixième Français du collège cardinalice.

Autres hommes de terrain à endosser la robe pourpre, le Nigérian Peter Okpaleke, le Brésilien Leonardo Ulrich Steiner ou encore Virgilio Do Carmo Da Silva, archevêque de Dili (Timor oriental). Trois futurs cardinaux occupent déjà des postes à responsabilité dans la Curie, le « gouvernement » du Vatican : le Britannique Arthur Roche, le Sud-Coréen Lazzaro You Heung-sik et l’Espagnol Fernando Vérgez Alzaga.

Comme de coutume, tous s’agenouilleront devant le pape pour recevoir leur barrette (coiffe carrée) rouge et leur anneau cardinalice. La cérémonie, où la France sera représentée par son ministre de l’Intérieur, Gérald Darmanin, sera suivie de la traditionnelle « visite de courtoisie » au Vatican, qui permet au public de saluer les nouveaux « princes de l’Église ».

Dans la foulée, lundi et mardi, se tiendra une réunion avec 197 cardinaux et responsables religieux du monde entier, que le pape a tenu à réunir pour évoquer la nouvelle « Constitution » du Vatican, entrée en vigueur en juin, et l’avenir de l’Église. Une réunion qui, indirectement, permettra de préparer le prochain conclave.

Ce sera l’occasion « d’apprendre à mieux se connaître, car nous venons des quatre coins du monde », ainsi que d’évoquer la « réorientation de la Curie », a confié Mgr McElroy.

Par Le Point avec AFP

Le cardinal Marc Ouellet « nie fermement » les allégations d’agression sexuelle

août 19, 2022
Le pape François marche avec le cardinal Ouellet.

Le pape François en compagnie du cardinal Ouellet, lors de la tenue du symposium sur le sacerdoce, à Rome en 2022. Photo : Getty Images/TizianaI Fabi

Le cardinal Marc Ouellet « nie fermement » les allégations d’agression sexuelle à son égard et les qualifie de « diffamatoires ».

Ayant pris connaissance des fausses accusations portées contre moi par la plaignante (F.), je nie fermement avoir fait des gestes déplacés sur sa personne, peut-on lire dans le communiqué de presse publié en italien sur le site Vatican News. Dans ce même communiqué, le cardinal Ouellet qualifie les accusations contre lui de « diffamatoires ».

« Si une enquête civile devait être ouverte, j’entends y participer activement afin que la vérité soit établie et mon innocence reconnue. »— Une citation de  Marc Ouellet, cardinal

Le prélat n’a toutefois pas spécifiquement commenté l’annonce du pape, jeudi, selon laquelle une nouvelle enquête contre lui n’irait pas de l’avant, faute de preuves suffisantes.

De son côté, la plaignante (F.) a dit maintenir sa version des faits et soutient qu’aucune véritable enquête n’a été menée de façon rigoureuse.

Celle-ci a par ailleurs indiqué ne pas se sentir nécessairement libre et en confiance de discuter avec le père Jacques Servais, à qui avait été confié la gestion de sa plainte, puisque ce dernier est un ami du cardinal Ouellet, une situation que la plaignante connaissait.

Il a clairement dit, au début de l’entrevue, que ce n’était pas sa job d’enquêter, qu’il n’avait jamais fait ça… Que lui, il faisait de la catéchèse avec des petits garçons, et qu’il ne savait pas trop quoi faire de ma lettre, a mentionné la plaignante à Radio-Canada.

Ces faits n’ont pu être corroborés par le diffuseur public.

Vaste enquête

Le cardinal est au cœur d’une enquête, rendue publique mardi dans les médias, qui porte sur de nombreux documents, déposés en Cour supérieure dans le cadre d’une action collective, autorisée en mai dernier. Cette dernière vise l’ensemble des agressions sexuelles qui auraient été commises par des personnes sous l’autorité du diocèse de Québec depuis 1940.

Mgr Ouellet est ainsi ciblé par cette requête, en compagnie de près de 80 autres membres du clergé, dont une majorité de prêtres.

Les faits reprochés remontent généralement aux années 1950 et 1960, et toucheraient plus d’une centaine de victimes, dont la plupart étaient mineures au moment des gestes allégués.

Avec Radio-Canada

Allégations d’agressions : le pape exclut une nouvelle enquête contre Marc Ouellet

août 18, 2022
Le pape François marche avec le cardinal Ouellet.

Le pape François en compagnie du cardinal Ouellet, lors de la tenue du symposium sur le sacerdoce, à Rome en 2022. Photo : Getty Images/Tiziana Fabi

Le pape François exclut l’ouverture d’une nouvelle enquête par l’Église catholique contre le cardinal Marc Ouellet, qui fait l’objet d’allégations d’agressions sexuelles.

Dans une déclaration relayée par le Vatican jeudi, le souverain pontife affirme que les preuves sont insuffisantes pour que l’Église catholique lance une telle investigation à l’endroit de l’influent cardinal québécois.

Le pape François déclare qu’il n’y a pas d’éléments suffisants pour ouvrir une enquête canonique pour agression sexuelle de la part du cardinal Ouellet, a affirmé le porte-parole du Vatican Matteo Bruni dans un bref communiqué.

Le cardinal Ouellet s’est retrouvé sur la sellette deux jours plus tôt : son nom est cité dans de nouveaux documents déposés en Cour supérieure dans le cadre d’une action collective, autorisée en mai dernier, visant l’ensemble des agressions sexuelles qui auraient été commises par des personnes sous l’autorité du diocèse de Québec depuis 1940.

Près de 80 membres du clergé sont ciblés par la requête, des prêtres pour la plupart, pour des gestes qui remonteraient généralement aux années 1950 et 1960 et qui toucheraient plus d’une centaine de victimes, dont la plupart étaient des personnes mineures au moment des faits.

Pressenti pour succéder au pape François, le cardinal Ouellet est de loin la personne la plus connue de la liste et dont les fonctions sont les plus élevées. Il ne fait face à aucune accusation criminelle. C’est la première fois que son nom apparaît dans ces procédures.

Dans son cas, la requérante, dont l’identité se résume à la lettre F dans les documents, faisait un stage comme agente de pastorale, de 2008 à 2010, au moment où les faits se seraient produits, lors d’événements publics.

À différentes occasions, le cardinal Ouellet l’aurait serrée contre lui, aurait massé ses épaules ou lui aurait caressé vigoureusement le dos jusqu’à l’endroit où se mélangent les fesses, provoquant chaque fois un profond malaise chez la jeune stagiaire, qui a confié s’être sentie pourchassée par l’homme.

Marc Ouellet, âgé de 78 ans, est actuellement préfet de la Congrégation pour les évêques, l’une des fonctions les plus importantes du gouvernement du Vatican. Au moment des faits allégués, il était archevêché de Québec.

Une première enquête bâclée?

Lorsque la plaignante a relaté les faits au comité-conseil sur les abus sexuels du diocèse de Québec en 2020, on l’a invitée à transmettre l’affaire directement au pape, puisque c’est ce que les règles prévoient.

La plainte doit aller à l’évêque du diocèse où se trouve la personne, le prêtre, actuellement. Alors comme le cardinal Ouellet est à Rome, l’évêque du cardinal Ouellet, c’est le pape, explique le théologien Jean-Guy Nadeau.

À la suite de cette démarche, c’est le père Jacques Servais qui a été mandaté par le pape, en 2021, pour enquêter sur les allégations d’agressions sexuelles visant le cardinal Ouellet.

Mon premier réflexe a été de faire une recherche pour voir c’est qui. Quand j’ai vu tout de suite d’emblée les relations avec Marc Ouellet, ça m’a inquiétée au niveau de son indépendance et de sa neutralité, confie la plaignante.

Des règles bafouées?

Le Vatican a-t-il enfreint ses propres règles dans le traitement de la plainte contre le cardinal Marc Ouellet? Les allégations d’inconduite sexuelle apparues hier dans l’action collective contre le diocèse de Québec avaient fait l’objet d’une enquête au préalable par le Vatican. Or, les circonstances laissent planer un doute sur l’intégrité du processus. Voici ce qu’a appris Sylvie Fournier de l’équipe d’Enquête.

Marc Ouellet et le père Servais se connaissent, ils font notamment partie d’un même comité et ont collaboré à différentes publications de même qu’à l’organisation d’événements à Rome.

Ce lien entre les deux hommes contrevient à un décret formulé par le pape lui-même, qui stipule qu’un enquêteur est tenu d’agir avec impartialité et doit être exempt de conflits d’intérêts, sans quoi il a l’obligation de s’abstenir.

Une situation que le théologien Jean-Guy Nadeau qualifie de troublanteOn est un peu estomaqués. Il y a d’autres personnes à Rome qui auraient pu faire enquête.

Plus encore, la plaignante affirme que, rapidement, le père Servais lui a directement admis ne pas être un enquêteur, n’avoir jamais vraiment agi dans ce genre de dossier et qu’il ne savait pas quoi faire des allégations.

Toujours selon le décret du pape, le père Servais avait 90 jours pour rendre une décision concernant les allégations contre Marc Ouellet. La plaignante attend toujours cette décision, un an et demi plus tard.

Jacques Servais n’a pas répondu aux demandes d’entrevue formulées par l’équipe d’Enquête.

Pas de raison de poursuivre, assure le père Servais

C’est sur la base des éléments réunis par le père Servais dans le cadre de cette enquête que le pape a décidé d’exclure l’ouverture d’une nouvelle enquête contre Mgr Ouellet. C’est du moins ce qu’a fait savoir le porte-parole du Vatican, Matteo Bruni, jeudi.

M. Bruni précise dans son communiqué que le père Servais a été de nouveau contacté par le pape, qui a reçu l’assurance de sa part qu’il n’y avait pas de raison de poursuivre la procédure.

Cité dans le communiqué du Vatican, Jacques Servais affirme qu’il n’y a aucun motif fondé pour ouvrir une enquête pour agression sexuelle de la personne F. de la part du Card. M. Ouellet.

Ni dans son rapport écrit [de F.] envoyé au Saint-Père ni dans le témoignage via Zoom que j’ai recueilli par la suite en présence d’un membre du Comité diocésain ad hoc, cette personne n’a porté une accusation qui fournirait matière à une telle enquête, assure le père Servais, toujours cité par le Vatican.

Les allégations contre le cardinal Marc Ouellet surviennent trois semaines après la visite du pape au Canada, au cours de laquelle il s’est excusé pour les agressions sexuelles perpétrées par des membres de l’Église et pour le traitement infligé aux Autochtones dans les pensionnats.

En février, Marc Ouellet avait lui-même fustigé le drame des agressions sexuelles commises par des clercs et les comportements criminels trop longtemps dissimulés pour protéger l’institution, lors d’un important colloque au Vatican en présence du pape François.

En 2013, le cardinal était cité parmi les favoris du dernier conclave à l’issue duquel le cardinal argentin Jorge Mario Bergoglio a été élu pape.

Radio-Canada avec les informations de Sylvie Fournier, d’Enquête, et de l’Agence France-Presse

Le cardinal Marc Ouellet visé par des allégations d’agression sexuelle

août 16, 2022
Marc Ouellet en tenue de célébrant.

Le cardinal Ouellet célèbre une messe dans sa paroisse de Santa Maria in Traspontina à Rome. Photo : Getty Images/Christopher Furlong

Le nom de l’homme fort du Vatican, pressenti pour succéder un jour au pape François, apparaît dans une liste rendue publique dans le cadre d’une action collective visant l’ensemble des agressions sexuelles qui auraient été commises par des personnes sous l’autorité du diocèse de Québec depuis 1940.

C’est la première fois que le nom de Marc Ouellet apparaît dans ces procédures.

Près de 80 membres du clergé sont ciblés par la requête, des prêtres pour la plupart, pour des gestes qui remonteraient généralement aux années 1950 et 1960 et qui toucheraient plus d’une centaine de victimes, dont la plupart étaient des personnes mineures au moment des faits.

Le cardinal Ouellet est de loin la personne la plus connue et dont les fonctions sont les plus élevées sur cette liste. Il ne fait face à aucune accusation criminelle.

Dans son cas, la requérante, dont l’identité se résume à la lettre F dans les documents, faisait un stage comme agente de pastorale, entre 2008 et 2010, au moment où les faits se seraient produits, lors d’événements publics.

Elle avait confié sa version des faits à une équipe d’Enquête au printemps dernier, bien avant de s’inscrire au recours. C’est la même version qu’on retrouve dans la procédure.

Il m’a agrippée, et là… les mains dans le dos, elles sont descendues quand même assez bas […] assez envahissant pour, disons, pour quelqu’un qui est mon supérieur, qui est l’archevêque de Québec, relate la plaignante.

Comme c’est la deuxième fois qu’ils se voient cette semaine-là, le cardinal lui dit qu’il peut bien l’embrasser à nouveau, car il n’y a pas de mal à se gâter un peu. Ça m’a mise quand même très mal à l’aise, puis encore plus le mot « gâter ». Comme si j’étais sa gâterie.

Portrait de Marc Ouellet.

Le cardinal Marc Ouellet alors qu’il était archevêque de Québec, en 2010. Photo : La Presse Canadienne/Jacques Boissinot

À différentes occasions, le cardinal Ouellet l’aurait serrée contre lui, aurait massé ses épaules ou lui aurait caressé vigoureusement le dos jusqu’à l’endroit où se mélangent les fesses, provoquant chaque fois un profond malaise chez la jeune stagiaire.

Je me sentais pourchassée. C’était de plus en plus envahissant, de plus en plus intense, au point où je me suis mise à arrêter à aller aux événements, à essayer d’éviter le plus possible d’être en sa présence.

L’avocat Alain Arsenault, qui représente les demandeurs, rappelle que le cardinal Ouellet était l’archevêque et grand patron du diocèse, et qu’il avait ultimement le dernier mot sur l’embauche des agents de pastorale.

« Vous avez à ce moment-là une jeune femme dans la mi-vingtaine versus un homme puissant en autorité, connu mondialement à l’époque, qui avait peut-être 60 ans. […] Comme la majorité des victimes, elle a figé. »— Une citation de  Me Alain Arsenault, représentant des demandeurs

Lorsque F ose parler de son malaise dans son entourage, elle se fait répondre que le cardinal est chaleureux et qu’elle n’est pas la seule femme à avoir ce genre de problème avec lui, peut-on lire dans la requête.

Disons que ça circulait, confirme un prêtre actif au diocèse à l’époque, qui a requis l’anonymat. On l’a crue, dit-il, lorsque la jeune stagiaire lui avait relaté la conduite du cardinal à son endroit.

On n’en revenait pas, il arrivait comme un shérif qui venait mettre de l’ordre dans le diocèse de Québec, c’était un envoyé de Rome. Qu’il ait des comportements inappropriés avec les femmes, on trouvait ça très étrange de sa part, raconte-t-il.

Bien que les gestes qui lui sont reprochés semblent moins graves physiquement que dans d’autres cas cités par la requête, leur impact et les séquelles qu’ils entraînent sont tout aussi importants, selon Me Arsenault. il est difficile d’imaginer qu’une personne de son intelligence, dans un positionnement dans lequel il est, pouvait ignorer ce qu’il faisait et les conséquences que ça pouvait avoir.

Marc Ouellet a été rappelé à Rome et promu préfet de la Congrégation pour les évêques, un des dicastères de la Curie romaine, en 2010.

F soutient que les choses ont changé à l’arrivée de Mgr Cyprien Lacroix, son successeur. Il était beaucoup plus ajusté. S’il y avait un contact physique, c’était une poignée de main très simple.

Au moment de publier, l’avocate qui représente le diocèse et les personnes visées par l’action collective n’avait pas encore émis de commentaires.

Le pape François marche avec le cardinal Ouellet.

Le pape François en compagnie du cardinal Ouellet, lors de la tenue du symposium sur le sacerdoce, à Rome en 2022. Photo : Getty Images/Tiziana Fabi

Une plainte au Vatican

Toujours selon la requête, c’est dix ans plus tard, après une expérience éprouvante auprès d’un autre prêtre du diocèse, que F a décidé de relater les faits au comité-conseil sur les abus sexuels du diocèse de Québec, sans toutefois identifier les prêtres.

J’ai abordé le comité un peu en leur disant : « Mais je ne sais pas si j’ai été victime, mais voici mon histoire », relate la plaignante. J’avais senti le besoin de relater tout ce que j’avais vécu d’inapproprié depuis mes débuts comme agente de pastorale. Donc, en partant de Marc Ouellet.

Les membres du comité lui auraient indiqué que, dans les deux cas, il s’agissait d’inconduite sexuelle, en l’invitant à porter plainte. C’est seulement à ce moment que le comité a appris qu’il s’agissait entre autres du cardinal Ouellet.

La plainte le concernant a été transmise directement au Vatican en janvier 2021, où elle a été confiée au père Jacques Servais, un théologien mandaté pour tirer l’affaire au clair.

Une rencontre par visioconférence a eu lieu avec l’émissaire du Vatican. Un an et demi plus tard, elle n’a pas encore été informée de ses conclusions.

Ça contribue à victimiser encore plus la personne, se désole l’avocat Alain Arsenault. C’est ce qui a finalement motivé la jeune femme à s’inscrire à son tour à l’action collective.

Quelques faits sur l’action collective visant le diocèse de Québec :

  • 101 personnes inscrites au recours à titre de victimes;
  • La majorité des faits remonteraient aux années 1950 et 1960;
  • Des personnes auraient commis plus d’une agression;
  • Plusieurs présumés agresseurs sont aujourd’hui décédés;
  • En 1960, le diocèse comptait jusqu’à 230 paroisses.
Marc Ouellet dans les rues de Rome.

Marc Ouellet a été nommé archevêque de Québec en 2002 et élevé au cardinalat par le pape Jean-Paul II en 2003.

Photo : Getty Images/Joe Raedle

Avec Radio-Canada par Sylvie Fournier

Vatican : des femmes à la commission qui nomme les évêques

juillet 13, 2022

Le pape François a nommé, mercredi 13 juillet, trois femmes pour servir en tant que membres du bureau du Vatican qui examine les nominations d’évêques.

Le pape Francois a nomme trois femmes membres du bureau du Vatican qui examine les nominations d'eveques.
Le pape François a nommé trois femmes membres du bureau du Vatican qui examine les nominations d’évêques.© Stefano Spaziani / Spaziani / picture alliance / Stefano Spaziani

Petite révolution au Vatican. Le pape François a nommé deux religieuses, dont une Française, et une laïque au département en charge du processus de sélection des évêques, a annoncé, mercredi 13 juillet, le Vatican. Les religieuses Yvonne Reungoat, une Française, et Raffaella Petrini, une Italienne, ainsi que la laïque argentine Maria Lia Zervino seront les premières femmes à exercer au sein de ce prestigieux dicastère, équivalent d’un ministère.

Ces nominations interviennent alors le pape de 85 ans a affirmé à plusieurs reprises que les femmes devraient jouer un plus grand rôle dans le gouvernement de l’Église.

Un changement de Constitution

L’an dernier, il a autorisé par un décret les femmes à lire au cours des liturgies et à donner la communion, sans toutefois aller jusqu’à leur ouvrir la porte de la prêtrise. La nouvelle Constitution de la Curie romaine (le gouvernement du Vatican), entrée en vigueur le mois dernier, autorise les femmes à diriger des départements au Vatican. Raffaella Petrini, une franciscaine, est depuis novembre la secrétaire générale du gouvernorat du Vatican, et la première femme à occuper ce poste.

Yvonne Reungoat, une salésienne de 77 ans, avait été nommée en 2019 avec six autres femmes à la congrégation pour les instituts de vie consacrée et les sociétés de vie apostolique, une institution en charge des ordres religieux et des congrégations. Il s’agissait là encore d’une première, car ses membres étaient jusqu’alors des prêtres, des évêques ou des cardinaux.

Maria Lia Zervino était jusqu’ici la présidente de l’Union mondiale des organisations catholiques féminines. Les membres du dicastère des évêques sont chargés d’évaluer les candidats potentiels et de donner des recommandations au pape.

Dans un communiqué, la Women’s Ordination Conference (WOC), une organisation qui milite depuis 1975 pour l’accès des femmes à la prêtrise, a salué ces nominations, tout en précisant qu’elles ne « peuvent pas à elles seules compenser les injustices auxquelles sont confrontées les femmes au sein de l’Église », dénonçant « une culture de sexisme ». « Nous notons aussi la profonde ironie du fait de faire participer des femmes à la sélection des évêques, une fonction dont elles sont elles-mêmes exclues à cause de leur sexe. »

Avec Le Point

Canada: Une Autochtone de la Première Nation d’Eel River Bar rencontrera le pape François

mars 27, 2022

Rosalie LaBillois, co-présidente de l’Assemblée jeunesse des Premières Nations. Photo: Linkdin/Rosalie Labillois

Rosalie LaBillois, une Autochtone de la Première Nation d’Eel River Bar au Nouveau-Brunswick, s’envolera pour le Vatican dans quelques jours pour y rencontrer le pape François.

La rencontre historique au Vatican entre le pape François, des évêques catholiques canadiens et 30 membres des Premières Nations du Canada va se tenir du 28 mars au 1er avril.

Déléguée du Nouveau-Brunswick et aussi co-présidente de l’Assemblée jeunesse des Premières Nations, Rosalie LaBillois sera de la délégation d’aînés, de gardiens du savoir, de jeunes et de survivants des pensionnats.

L’objectif du groupe est simple : obtenir pour la première fois, des excuses officielles de l’Église catholique pour sa gestion des pensionnats autochtones.

Source de traumatisme pour bien des Autochtones et leur fréquentation devenue obligatoire en 1894, ces écoles d’assimilation ont été le site d’abus physiques, sexuels et psychologiques.

Les restes de milliers d’enfants ont d’ailleurs été retrouvés près de plusieurs anciens pensionnats au cours de la dernière année.

Des excuses sincères

Rosalie LaBillois ne veut pas que de simples excuses, mais plutôt des excuses sincères. C’est quelque chose qui doit venir du cœur, clame-t-elle.

La déléguée du Nouveau-Brunswick estime que la rencontre avec le pape François doit permettre de lui faire comprendre la souffrance des peuples autochtones.

Le pape François s’est engagé à venir au Canada en 2022. Photo: AFP via Getty Images/Filippo Monteforte

Nous voulons que le Vatican comprenne que ces histoires sont vraies et que l’Église catholique y a joué un rôle important. Cela doit être reconnu, affirme-t-elle.

Rosalie LaBillois croit que le pape François pourrait attendre une visite au Canada plus tard cette année avant d’exprimer ses excuses officielles.

Avec Radio-Canada d’après le reportage de Frédéric Cammarano

Vatican: Le pape souffrant annule des engagements mais se rend à l’ambassade russe pour dire sa préoccupation

février 25, 2022

Le pape François, 85 ans, a annulé plusieurs engagements en raison d’une douleur « aiguë » au genou, mais s’est néanmoins rendu vendredi à l’ambassade de Russie pour exprimer sa « préoccupation » après l’invasion de l’Ukraine, a annoncé le Vatican.Le pape François au Vatican le 23 février 2022

© Alberto PIZZOLI Le pape François au Vatican le 23 février 2022

« En raison d’une gonalgie aiguë, pour laquelle le médecin a prescrit une période de plus grand repos pour sa jambe, le pape François ne pourra pas se rendre à Florence le dimanche 27 février, ni présider les célébrations du mercredi des Cendres le 2 mars », a indiqué le Vatican dans un communiqué.

Le souverain pontife s’est toutefois rendu vendredi matin à l’ambassade de Russie près le Saint-Siège, à Rome, où il est resté « un peu plus d’une demi-heure », afin d' »exprimer sa préoccupation » face à la guerre en Ukraine, a annoncé le service de presse du Vatican. 

Mercredi, il avait appelé à faire du 2 mars, mercredi des Cendres marquant le début du Carême pour les catholiques, jour de « prière et de jeûne » pour la paix en Ukraine, quelques heures avant le début de l’invasion du pays par Moscou.

Fin janvier, François avait déjà confié souffrir d’un « problème au genou » qui l’avait empêché de descendre saluer les fidèles à la fin de son audience générale hebdomadaire au Vatican.

Le souverain pontife devait se rendre dimanche matin dans la capitale toscane pour la clôture d’une rencontre des maires et évêques de la Méditerranée avec pour thème « Méditerranée, frontière de paix ». 

Selon le programme diffusé par le Saint-Siège, il devait notamment prononcer un discours, rencontrer des familles de réfugiés puis célébrer la messe dans la basilique Santa Croce de Florence et réciter la prière de l’Angélus.

Ce déplacement devait être le premier de l’année pour le pape, qui est attendu à Malte les 2 et 3 avril pour son premier voyage hors d’Italie en 2022.

– Opération du colon –

Mercredi, lors de l’audience générale hebdomadaire, le Saint Père était apparu légèrement diminué mais avait toutefois salué les pèlerins présents dans la salle Paul VI, comme à son habitude.

François, qui bouclera en mars neuf ans de pontificat, souffre aussi de douleurs chroniques à la hanche qui le font boiter et a été hospitalisé dix jours en juillet après avoir subi une délicate opération au colon sous anesthésie générale, alors qu’il souffrait d’une inflammation potentiellement douloureuse des diverticules, hernies ou poches qui se forment sur les parois de l’appareil digestif.

Son état de santé fait régulièrement l’objet de rumeurs au Vatican, notamment chez ses détracteurs.

Je suis « toujours en vie. Bien que certaines personnes veuillent ma mort », avait-il lancé en septembre lors d’une rencontre avec une cinquantaine de jésuites slovaques. 

Jorge Mario Bergoglio a été élu pape en 2013 après la démission surprise de son prédécesseur Benoît XVI, premier pape à renoncer au trône de saint Pierre depuis le Moyen-Âge. Le théologien allemand, aujourd’hui âgé de 94 ans, vit dans un monastère au Vatican, où il continue de recevoir des visites malgré un état de santé fragile.

Début septembre, François avait balayé en riant les rumeurs courant sur sa propre démission. « Cela ne m’a même pas traversé l’esprit », avait-il assuré à la radio catholique espagnole Cope.

Avec AFP par cmk/gab/ljm/bow

Vatican: le pape François a appelé à la fraternité et au respect de la liberté de chaque pays

février 16, 2022

Le pape François a rappelé les racines chrétiennes communes de l’Europe et a exhorté à ne pas oublier la fraternité, la réconciliation et le respect de la liberté de chaque pays. C’est ce qu’a déclaré mercredi le souverain pontife lors d’une audience générale.

« Lundi, nous avons célébré la journée en hommage aux saints Cyrille et Méthode, apôtres des Slaves et patrons de l’Europe. Prions pour leur engagement pour les pays de ce continent, pour que la mémoire de leurs racines chrétiennes communes éveille l’esprit de réconciliation, de fraternité et de solidarité, ainsi que le respect de chaque pays et la liberté de chaque pays », a déclaré le pape François.

Il a également exhorté à rechercher « un signe de réconciliation dans un monde plein de contradictions et de maux, dans les paroles de l’Évangile ».

À l’appel du pape François, le 26 janvier était la Journée de prière pour la paix en Ukraine. Le chef de l’Église catholique romaine a appelé à plusieurs reprises à un règlement diplomatique de la crise autour de l’Ukraine dans ses sermons.

Avec Adiac-Congo

Visite du pape : un grand pas vers des excuses officielles du Vatican

octobre 27, 2021

L’annonce de la visite du pape au Canada par le Vatican, mercredi, ravive les espoirs des communautés autochtones qui continuent de demander des excuses officielles pour les exactions commises dans les pensionnats. Mais ce déplacement n’éteint pas pour autant le désir de justice des Autochtones, comme l’a souligné Rose Anne Archibald, cheffe nationale à l’Assemblée des Premières Nations.

Le souverain pontife lors d'une audience au Vatican

© Gregorio Borgia/Associated Press Le souverain pontife lors d’une audience au Vatican

Je continue à demander que l’Église catholique soit tenue responsable de son rôle dans l’assimilation forcée et du génocide de nos enfants, familles et nations, a-t-elle réagi sur Twitter. Quelqu’un doit être inculpé pénalement. Et que les réparations soient accordées aux Premières Nations.»

La venue du pape, dont les préparatifs s’échelonnent habituellement sur six mois, devrait avoir lieu en 2022 pendant les beaux jours ou à l’automne», indique Mgr Raymond Poisson, président de la Conférence des évêques catholiques du Canada.

La cheffe nationale RoseAnne Archibald se dit prête à accueillir le pape François pour des excuses attendues depuis longtemps aux survivants et à leurs descendants», à l’instar de celles prononcées en 2015, en Amérique du Sud, où le souverain pontife s’était excusé pour les péchés» et les blessures» infligées aux peuples autochtones lors de l’arrivée des colons européens.

Ces paroles doivent néanmoins s’accompagner d’actions concrètes, a déjà souligné la cheffe nationale, en indiquant que les Premières Nations n’accepteront plus les excuses vides d’Ottawa et de l’Église sur le passé des pensionnats».

Dans son message sur Twitter, RoseAnne Archibald a également exhorté le pape à renoncer et à révoquer officiellement la doctrine de la découverte», une politique émanant à l’origine des décrets délivrés par le pape au XVe siècle et qui autorisait les explorateurs chrétiens à revendiquer ce qu’on appelle la terra nullius (ou terres vacantes). Une notion qui octroyait aux Européens le sentiment qu’ils étaient racialement et religieusement supérieurs.

Sipi Flamand, jeune vice-chef des Atikamekw de Manawan, partage les mêmes attentes: recevoir une reconnaissance de la responsabilité de l’Église ne suffit pas, encore faut-il obtenir réparation. Le Vatican est très riche, pourquoi ne fournirait-il pas des services aux Autochtones?» se questionne M. Flamand.

Il en va de la confiance à restaurer» entre l’institution religieuse et les catholiques des communautés – beaucoup de nos membres sont croyants», précise le vice-chef – et du chemin vers la guérison que tout le monde appelle de ses vœux.

L’Assemblée des Premières Nations Québec-Labrador (APNQL), qui plaide depuis plusieurs années pour des excuses officielles du pape, ne s’est pas encore prononcée sur la venue du souverain pontife en 2022.

Rencontre préparatoire en décembre

Pour la cheffe nationale de l’Assemblée des Premières Nations, l’Église et les communautés autochtones doivent continuer à marcher ensemble sur le sentier de la guérison», ce que souhaite également Mgr Raymond Poisson, à la tête de la Conférence des Évêques catholiques du Canada.

Dans le contexte de l’année présente, avec les écoles résidentielles, la découverte des cimetières, l’émotion est devenue plus vive, observe Mgr Poisson. On a cheminé avec eux, on a fait des cercles d’écoute, on est présents dans les communautés autochtones […].»

La parole des Autochtones se transportera directement au Vatican, en décembre, à l’occasion de trois demi-journées d’audience que le pape accorde à une délégation canadienne. Il s’en inspirera sûrement pour prononcer des excuses officielles, selon Mgr Poisson.

C’est très généreux de sa part, souligne-t-il, pour savoir quel est cet héritage, comment on vit ça, et surtout quelle est la situation présente de nos frères et de nos sœurs autochtones au Canada, comment on vit ensemble et quels sont les chemins de la réconciliation.»

En juin, le premier ministre Justin Trudeau avait demandé à l’Église que tous les dossiers en sa possession soient remis aux autorités, insistant pour une approche plus ouverte et responsable» quant au rôle qu’elle a joué dans les pensionnats autochtones.

Avant d’avoir fait le ménage, si je puis dire, dans tous les tiroirs, de toutes les institutions impliquées – il reste peut-être encore des choses – il y a une volonté évidente de la part des institutions ou de la part de l’Église, au niveau diocésain, d’offrir toutes la documentation possible et impossible», assure, de son côté, le président de la Conférence des Évêques catholiques du Canada.

Quelque 150 000 enfants membres des Premières Nations, Métis et Inuit ont été enrôlés de force dans 139 pensionnats semblables à travers le pays, où ils ont été coupés de leurs familles, de leur langue et de leur culture.

Nombre d’entre eux ont été soumis à de mauvais traitements ou à des abus sexuels, et plus de 4000 y ont trouvé la mort, selon la Commission de vérité et réconciliation qui avait conclu à un véritable génocide culturel.

Avec Associated Press par Maud Cucchi