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#Metoo au Venezuela: les langues se délient sur les abus sexuels

juin 11, 2021
#Metoo au Venezuela: les langues se delient sur les abus sexuels
#Metoo au Venezuela: les langues se délient sur les abus sexuels© AFP/Yuri CORTEZ

Gionaira Chavez, violée quand elle avait 15 ans, avait toujours gardé le secret avant que la campagne #Metoo au Venezuela, après l’avoir d’abord plongée dans des crises d’angoisse, ne l’aide à surmonter l’épreuve.

« Je me suis beaucoup identifiée. Je suis passée par une crise nerveuse. J’ai eu besoin d’aide psychologique. Il était temps que j’élève la voix. Cette expérience (témoigner) m’a aidée à comprendre que c’était un cauchemar qui était passé et que je peux continuer ma vie », raconte cette styliste aujourd’hui âgée de 28 ans.

Encore aujourd’hui, elle peine à raconter son expérience et baisse instinctivement la voix: « Il a insisté pour me ramener à la maison. Quand on a été dans le centre (…) cette personne… ce… eh… m’a violée dans la voiture. Après, il m’a déposée à la maison et je n’ai plus jamais eu de ses nouvelles ». Il avait une dizaine d’années de plus qu’elle.

La campagne du #metoo vénézuélien a commencé en avril avec la mention #yositecreo (Moi je te crois, ndlr) et l’apparition de témoignages de victimes d’agressions sexuelles de la part de personnes célèbres. La justice a ouvert des enquêtes et lancé en juin des mandats d’arrêt notamment contre Alejandro Sojo, chanteur du groupe Los Colores et contre Tony Maestracci, batteur des Tomates Fritos.

Sur internet, une femme aujourd’hui majeure avait notamment relaté des faits qui s’étaient produits avec M. Sojo alors qu’elle était mineure. D’autres témoignages contre des personnes célèbres comme des metteurs en scène ou l’écrivain Willy McKey avaient suivi.

Ce dernier avait reconnu une partie des faits dans un communiqué avant de se suicider le 29 avril à Buenos Aires où il résidait.

Des témoignages contre le système des Orchestres de jeunes du Venezuela étaient aussi apparus.

Parmi les témoignages qui ont lancé le mouvement figure celui de Carmela Perez contre Sojo. La jeune femme avait 15 ans à l’époque et lui 23. « Il voulait prendre ma virginité et je ne voulais pas. Il était si insistant que j’ai dit que j’avais mes règles. C’est ce qui l’a arrêté », se souvient-elle.

Aujourd’hui âgée de 20 ans, elle dit comprendre « la manipulation » dont elle a été victime. « Il était célèbre mais personne n’échappait à ce qu’il écrivait ou à une photo qu’il t’envoyait et que tu ne voulais pas voir ».

Vivant aujourd’hui en Argentine, Sojo, qui fait l’objet de plus de trente plaintes selon Yo si Te creo, a diffusé un communiqué regrettant « profondément » son « comportement ignorant et imprudent ».

Les choses bougent

« L’abus sexuel au Venezuela est normalisé dans une société patriarcale » et conservatrice, estime Abel Saraiba de l’ONG Cecodap de protection des mineurs. « La violence sexuelle est loin d’être en régression, elle est même en hausse ».

Selon le procureur général du Venezuela Tarek Saab, il y a eu 8.450 inculpations et 1.676 mandats d’arrêts pour des crimes ou délits sexuels depuis sa prise de fonction en 2017, pour une population de 30 millions d’habitants.

« On voit que les choses bougent. Les gens prennent conscience » de certaines « dynamiques d’abus » considérées comme normales jusqu’ici, précise M. Saraiba.

A l’époque, après des attouchements par un musicien alors qu’elle avait 12 ans, Carmela avait fini par penser que les baisers forcés et les caresses sans consentement étaient normaux. « C’est comme ça que CA se passe » dans les fêtes, pensait-elle.

Les violences sexuelles sont passibles de 12 ans de prison au Venezuela mais le délai de prescription est d’un an seulement.

« J’ai dû lui expliquer »

« La plupart (des victimes) ne veulent pas porter plainte parce qu’elles n’ont pas confiance en la justice » commente Ariana Gonzalez, activiste de Yo si Te Creo Venezuela.

« Ce que veulent la plupart des victimes ce n’est pas que les agresseurs soient emprisonnés mais qu’on les croie », précise Andrea Hernandez, une autre activiste de 26 ans.

Yarani Acosta, 23 ans, a été victime d’abus en 2019, lors d’une fête universitaire alcoolisée. Après quelques baisers avec un homme, celui-ci est devenu « un peu agressif. Mon souvenir suivant, c’est lui ouvrant la porte et moi en train de remettre ma chemise. (Le lendemain), j’avais des bleus partout », dit-elle.

« J’ai dû lui expliquer pourquoi ce qu’il avait fait était mal. Je lui ai pardonné et je n’ai pas porté plainte », raconte-elle.

Aujourd’hui mariée et mère d’une fille de 3 ans, Gionaira a en revanche porté plainte tout en sachant qu’elle « n’obtiendra pas justice. Mais ça soulage un peu de penser que je peux faire éviter un nouvel abus ».

Par Le Point avec AFP

Facebook «bloque» pour un mois le compte de Maduro

mars 27, 2021

Le réseau social reproche au président vénézuélien d’avoir «violé» sa politique contre la désinformation liée au Covid-19.

Facebook a annoncé samedi avoir «bloqué» pour 30 jours le compte du président vénézuélien Nicolas Maduro après les «violatons répétées» par ce dernier de la politique de l’entreprise américaine concernant la désinformation liée au Covid-19. «En raison de violations répétées de nos réglementations, nous avons bloqué la page pendant 30 jours pendant lesquels elle ne sera qu’en mode lecture», a indiqué un porte-parole à l’AFP.

Le compte de Maduro reste ouvert et visible mais il ne pourra plus faire de publications ou commentaires pendant un mois. «Nous avons retiré de la page de M. Maduro une vidéo» dans laquelle le président socialiste faisait l’éloge du médicament Carvativir, dont l’efficacité n’a pas encore été démontrée par des études médicales, précise Facebook.

Facebook avait déjà averti par le passé les administrateurs du compte de M. Maduro qu’il avait enfreint les règles. En février, M. Maduro avait d’ailleurs critiqué le réseau social, dénonçant la «censure» par Facebook d’une vidéo évoquant le Carvativir: «Ils (Facebook) disent que tant que l’OMS (Organisation mondiale de la Santé) n’a pas validé, je ne peux pas parler du Carvativir. Qui dirige le Venezuela? Qui dirige le monde? Le propriétaire de Facebook?».

Par Le Figaro avec AFP

Venezuela: deux Américains condamnés à 20 ans de prison pour une «incursion armée»

août 8, 2020

Deux ex-soldats américains arrêtés au Venezuela pour avoir tenté une «invasion» armée du pays sud-américain par la mer en mai ont été condamnés à 20 ans de prison par un tribunal vénézuélien, a annoncé le procureur général.

Luke Alexander Denman, 34 ans, et Airan Berry, 41 ans, «ont avoué» s’être rendus coupables de «conspiration, d’association (de malfaiteurs, ndlr), de trafic d’armes et de terrorisme», a indiqué Tarek William Saab sur Twitter dans la nuit de vendredi à samedi. «Ils ont été condamnés à 20 ans de prison», a-t-il précisé.

En mai dernier, cette affaire avait de nouveau crispé les relations déjà très tendues entre Washington et le gouvernement du président socialiste Nicolas Maduro. Il avait accusé son homologue américain Donald Trump d’avoir «dirigé directement» cette «incursion armée» tuée dans l’oeuf le 3 mai dernier à laquelle avaient participé Denman et Berry, deux anciens soldats des forces spéciales américaines.

Selon le gouvernement vénézuélien, ce jour-là, l’armée et la police vénézuéliennes étaient parvenues à stopper la «tentative d’invasion par la mer» fomentée par des «mercenaires venant de Colombie» sur le rivage de Macuto, à moins d’une heure de route de Caracas, sur la côte caraïbe. Denman et Berry avaient été arrêtés le lendemain dans le village côtier de Chuao, à 80 km à l’ouest de Caracas.

Un «remake de la baie des cochons»

Huit «terroristes» avaient été tués dans l’opération et plusieurs dizaines d’autres personnes arrêtées. Selon Caracas, les «terroristes» comptaient renverser Nicolas Maduro pour «installer» à sa place Juan Guaido, le chef de file de l’opposition vénézuélienne que près de soixante pays reconnaissent comme président par intérim.

«C’est un remake de la Baie des Cochons», l’opération ratée montée par des exilés cubains et la CIA en 1961 pour renverser Fidel Castro, avait alors tonné Nicolas Maduro.

Nicolas Maduro accuse Juan Guaido d’avoir monté toute l’opération avec un ancien soldat américain, Jordan Goudreau, et un Vénézuélien de Miami, Juan José Rendon, pour fomenter ce «coup d’Etat» à son encontre.

Washington et Bogota ont nié toute participation dans cette entreprise et le secrétaire d’Etat Mike Pompeo a affirmé que les Etats-Unis feraient tout pour rapatrier Luke Denman et Airan Berry. L’administration Trump tente à tout prix d’évincer le «dictateur» Nicolas Maduro auquel elle nie toute légitimité.

Par Le Figaro avec AFP

Venezuela: la Cour suprême suspend la direction du parti de l’opposant Guaido

juillet 7, 2020

 

La Cour suprême du Venezuela (TSJ), considérée comme acquise au président Nicolas Maduro, a suspendu mardi toute la direction du parti du chef de l’opposition Juan Guaido et en a remis le contrôle à un de ses rivaux. Le TSJ «décrète une mesure de tutelle constitutionnelle consistant à suspendre l’actuelle direction (…) de Voluntad Popular (Volonté populaire)», a indiqué un communiqué de la cour, qui a également nommé une «direction ad hoc» dirigée par le député José Gregorio Noriega, un adversaire de Juan Guaido.

Le 15 et 16 juin, le TSJ avait déjà pris des mesures similaires contre deux autres formations majeures de l’opposition, Accion Democratica (Action démocratique, social-démocrate) et Primero Justicia (Justice d’abord, centre). Ces décisions interviennent à quelques mois des élections législatives du 6 décembre qui visent à renouveler le Parlement, seul pouvoir contrôlé par l’opposition, et que les grands partis anti-Maduro ont décidé de boycotter, dénonçant une «farce» électorale. Qualifiant le TSJ de «bras judiciaire de la dictature de Maduro», les services de Juan Guaido ont rejeté sur Twitter «une décision nulle et non avenue» et accusé le camp présidentiel de vouloir «s’approprier les logos et les symboles de Voluntad Popular» pour «simuler une fausse opposition pour son prochain piège électoral».

Selon la décision de justice, la nouvelle direction du parti de Guaido pourra «utiliser le logo, les symboles, les couleurs et tout autre signe appartenant à Voluntad Popular». José Gregorio Noriega, placé à la tête de la formation, est un allié de Luis Parra, un député qui a tenté de se substituer début 2020 à Juan Guaido à la présidence du Parlement. Luis Parra fait partie des onze responsables vénézuéliens sanctionnés fin juin par l’Union européenne. Washington a, de son côté, aussi émis des sanctions contre Luis Parra et plusieurs députés qui le soutiennent, dont José Gregorio Noriega.

Le destin de «Voluntad Popular n’est pas déterminée par des traitres», a réagi sur Twitter Leopoldo Lopez, autre figure de l’opposition, mentor de Juan Guaido et fondateur de ce parti. Il est aujourd’hui réfugié à l’ambassade d’Espagne à Caracas. «Aujourd’hui, nous le disons officiellement: Voluntad Popular NE VALIDERA PAS cette mascarade électorale», a ajouté Leopoldo Lopez, qui était apparu en avril 2019 aux côtés de soldats insurgés et de Juan Guaido, lequel annonçait un soulèvement militaire contre Nicolas Maduro. Le soir même, il s’était réfugié dans la résidence diplomatique lorsque le soulèvement avait tourné court. L’Assemblée nationale est actuellement présidée par Juan Guaido, qui considère comme illégitime la présence au pouvoir de Nicolas Maduro et s’est proclamé en janvier 2019 président par intérim du Venezuela. Il est reconnu comme tel par plus d’une cinquantaine de pays dont les Etats-Unis, qui appellent ouvertement au renversement de Nicolas Maduro et appliquent diverses sanctions économiques contre Caracas. Nicolas Maduro est lui soutenu par la Russie, la Chine, l’Iran et Cuba.

Par Le Figaro avec AFP

Le Brésil rappelle «tout» son personnel diplomatique du Venezuela

mars 5, 2020

 

Le gouvernement brésilien d’extrême droite a rappelé jeudi «tout» son personnel diplomatique du Venezuela et demandé à Caracas de retirer ses représentants au Brésil, a annoncé à l’AFP une source gouvernementale.

«Tout le personnel diplomatique brésilien a été rappelé. Il n’y aura plus personne au Venezuela», a déclaré cette source. Les deux pays entretiennent des relations tendues depuis l’arrivée au pouvoir du président brésilien Jair Bolsonaro début 2019. Selon la presse locale, le processus de retrait devrait prendre deux mois environ.

Mais cette mesure ne signifie pas pour autant une fermeture de l’ambassade, souligne cette source gouvernementale. «Le gouvernement brésilien est en train d’évaluer la façon dont l’assistance consulaire sera assurée», a-t-elle ajouté, en référence aux quelque 10.000 Brésiliens vivant au Venezuela qui pourraient se voir affectés.

Cette mesure intervient peu avant la visite du président Bolsonaro aux Etats-Unis, prévue samedi.

Par Le Figaro avec AFP

Protestation du Venezuela après que l’ambassadeur de France a reçu Guaido

février 17, 2020

 

Romain Nadal est accusé par le gouvernement vénézuélien de s’immiscer dans des affaires intérieures.

Le gouvernement du Venezuela a annoncé lundi avoir transmis une protestation écrite à l’ambassadeur de France à Caracas, Romain Nadal, l’accusant de s’immiscer dans ses affaires intérieures après que le diplomate a reçu le chef de l’opposition Juan Guaido à son retour d’une tournée internationale. «L’ambassadeur Nadal a exercé un usage abusif des privilèges que lui accorde l’Etat vénézuélien en raison de son statut de diplomate» et «son action récente viole les conventions internationales sur les us et coutumes qui règlent les relations pacifiques entre les nations», a indiqué un communiqué du ministère des Affaires étrangères.

Le texte considère qu’en recevant le leader de l’opposition à Nicolas Maduro, reconnu par la France et une soixantaine de pays comme président par intérim, le diplomate participait «à une stratégie claire de provocation, d’ingérence et d’immixtion dans les affaires intérieures». Le message a été transmis à l’ambassade par le vice-ministre aux Affaires européennes, Yván Gil.

Vendredi, lors d’une conférence de presse, le président socialiste Nicolas Maduro avait déjà accusé M. Nadal de s’immiscer «gravement» dans les affaires intérieures du pays. M. Maduro a indiqué que la chancellerie étudiait sa réponse, sans écarter une expulsion comme celle qui a frappé en mars 2019 l’ambassadeur d’Allemagne Daniel Kriener. Il avait été déclaré «persona non grata» pour avoir accueilli à l’aéroport de Caracas M. Guaidó, qui rentrait de l’étranger. M. Kriener a regagné son poste en juillet.

Le président de l’Assemblée nationale, reconnu comme président par intérim par près de 60 pays, est rentré mardi d’une tournée de 23 jours au cours de laquelle il a notamment rencontré les présidents français Emmanuel Macron et américain Donald Trump. Plusieurs membres du corps diplomatique l’attendaient à son arrivée à l’aéroport.

Par Le Figaro avec AFP

Le Guatemala rompt ses relations diplomatiques avec le gouvernement vénézuélien

janvier 16, 2020

Le nouveau président du Guatemala, Alejandro Giammattei, a annoncé jeudi rompre les relations diplomatiques de son pays avec le gouvernement du président vénézuélien Nicolas Maduro. «Nous rompons définitivement les relations avec le gouvernement du Venezuela», a déclaré le chef de l’Etat à des journalistes, avant une réunion au siège du gouvernement avec le secrétaire général de l’Organisation des Etats américains (OEA), Luis Almagro.

Le nouveau président de droite, entré en fonctions mardi, a souligné que cette rupture était «définitive» et que le ministre des Affaires étrangères, Pedro Brolo, avait reçu des instructions pour que le représentant diplomatique de Nicolas Maduro dans la capitale guatémaltèque quitte le pays.

Après l’annonce de cette mesure, le ministre vénézuélien des Affaires étrangères Jorge Arreaza a déclaré que Alejandro Giammattei «s’était jeté aux pieds» du président américain Donald Trump. «Son gouvernement va certainement devenir une autre plaisanterie de mauvais goût que nous verrons passer et se dessécher», a écrit Jorge Arreaza sur Twitter.

Lors de son élection en novembre, Alejandro Giammattei avait déjà annoncé qu’il romprait les relations diplomatiques de son pays avec Caracas pour reconnaître le chef de file de l’opposition Juan Guaido comme président par intérim du Venezuela. Son prédécesseur, l’ex-président Jimmy Morales (2016-2020), avait déjà reconnu comme tel Juan Guaido en janvier 2019, mais l’ambassade du Venezuela avait continué de fonctionner sous la direction du chargé d’affaires. Ce dernier avait remplacé l’ambassadrice Alicia Salcedo après que le gouvernement guatémaltèque eut demandé son départ, l’accusant d’ingérence.

Alejandro Giammattei avait tenté en octobre d’entrer au Venezuela pour rencontrer Juan Guaido, mais il avait été refoulé. Les autorités avaient notamment indiqué qu’il n’avait pas d’invitation du gouvernement vénézuélien.

Le Guatemala est un membre actif du Groupe de Lima, une instance composée d’une douzaine de pays d’Amérique latine et du Canada, créé en 2017 pour chercher une issue à la crise au Venezuela. Le Groupe de Lima reconnaît Juan Guaido comme président par intérim du Venezuela.

Par Le Figaro avec AFP

Trois millions de personnes ont fui le Venezuela depuis 2015

mai 21, 2019

 

Trois millions de personnes ont quitté le Venezuela depuis 2015, fuyant la grave crise économique et politique que traverse le pays, a indiqué ce mardi l’ONU, qui considère désormais que la majorité d’entre elles doit bénéficier du système de protection internationale des réfugiés. «Chaque jour, nous voyons en moyenne entre 3.000 et 5.000 personnes quitter le Venezuela», a déclaré une porte-parole du Haut-Commissariat de l’ONU pour les réfugiés (HCR), Liz Throssel, lors d’un point de presse à Genève. «Il y a environ trois millions de personnes qui ont quitté le Venezuela depuis 2015», a-t-elle ajouté.

Le HCR estime qu’au total 3,7 millions de Vénézuéliens sont recensés à l’étranger, dont 700.000 avaient migré avant 2015. Selon le HCR, à la fin de l’année dernière, quelque 460.000 Vénézuéliens avaient fait une demande d’asile, la majorité dans les pays voisins d’Amérique latine. Mais environ 1,4 million de personnes ont reçu divers permis ou visas – comme des visas humanitaires ou des visas de travail – pour séjourner légalement dans ces pays d’accueil de la région. «Compte tenu de l’aggravation de la situation politique, économique, humanitaire et des droits humains au Venezuela (…) le HCR considère maintenant que la majorité de ceux qui fuient le pays ont besoin du système de protection internationale des réfugiés», a expliqué Mme Throssel.

«Cela est dû aux menaces qui pèsent sur leur vie, leur sécurité ou leur liberté en raison de circonstances qui perturbent gravement l’ordre public au Venezuela», a-t-elle souligné. Le HCR a joint à cet appel un document destiné à aider les personnes et autorités en charge de statuer sur les demandes de protection internationale présentées par des demandeurs d’asile vénézuéliens. «Le HCR demande également aux Etats de veiller à ce que les Vénézuéliens, quel que soit leur statut juridique, ne soient pas expulsés ou renvoyés de force au Venezuela», a souligné la porte-parole de l’agence spécialisée de l’ONU. L’exode des Vénézuéliens fuyant cette situation économique désastreuse est considéré par l’ONU comme le déplacement de personnes le plus massif de l’histoire récente de l’Amérique latine.

Par Le Figaro.fr avec AFP

Venezuela: un général appelle l’armée à se soulever contre Maduro

mai 13, 2019

 

Un général vénézuélien considéré comme proche du pouvoir a appelé les forces armées de son pays à se soulever contre le gouvernement de Nicolas Maduro dans une vidéo diffusée sur internet. «Le temps est venu de nous soulever, de lutter (…), il est temps que les forces armées nationales prennent conscience» de la situation, a déclaré Ramon Rangel, qui se présente comme général de division de l’armée de l’air vénézuélienne, dans une vidéo postée dimanche sur YouTube.

Une source proche de l’armée a expliqué ce lundi à l’AFP que cet officier «n’était plus actif depuis plusieurs années» et gérait «une entreprise vénézuélienne d’Etat à Cuba». Habillé en costume noir et cravate bleue, le général Rangel, explique lui-même avoir vécu durant «plus de six ans à Cuba», ce qui lui a permis de «palper la réalité du peuple cubain (…) soumis à une dictature castro-communiste depuis plus de soixante ans».

S’exprimant depuis un lieu non identifié, il appelle à l’«union militaire» pour «changer de système politique» au Venezuela et «sortir du joug du castro-communiste», en référence à l’influence supposée du gouvernement cubain à Caracas qu’il dénonce également. Ramon Rangel, considéré jusqu’ici comme un militaire proche du pouvoir chaviste, avait participé le 27 novembre 1992 à une tentative de coup d’Etat au côté d’Hugo Chavez contre le président de l’époque Carlos Andrés Pérez (1989-1993).

La déclaration de Rangel intervient quelques jours après le soulèvement militaire manqué du 30 avril auquel avait appelé Juan Guaido, le chef de l’opposition vénézuélienne reconnu président par intérim par plus d’une cinquantaine de pays. Guaido appelle régulièrement les militaires à tourner le dos à Nicolas Maduro. Rangel, qui ne fait pas référence à Guaido dans on message, est un des militaires de plus haut rang à se prononcer contre le président socialiste.

Le 2 février, le général de division Francisco Yanez, également de l’armée de l’air, avait annoncé qu’il ne reconnaissait plus l’autorité de Nicolas Maduro, devenant le premier militaire de rang élevé à prêter allégeance à Juan Guaido. Selon la spécialiste des questions militaires et présidente de l’ONG Control Ciudadano Rocio San Miguel, la déclaration de Rangel est «très importante», car elle montre que «le chavisme militaire est en rupture avec Maduro», a-t-elle écrit sur Twitter. En réaction, le commandant de l’armée de l’air vénézuélienne, le général Pedro Alberto Juliac a publié sur Twitter une photo en noir et blanc de Rangel barrée de la mention «traître au peuple et à la révolution».

Par Le Figaro.fr avec AFP

Venezuela : Guaido appelle la population à accentuer sa pression sur l’armée

mai 3, 2019

 

L’opposant vénézuélien Juan Guaido a exhorté vendredi la population à marcher samedi «de manière pacifique» vers les bases militaires du pays pour demander à l’armée de lâcher le président socialiste Nicolas Maduro, trois jours après une tentative ratée de soulèvement.

«Nous savons que nous devons continuer à protester (…) nous devons continuer de manière pacifique et citoyenne, sans tomber dans le piège» du gouvernement, a déclaré Juan Guaido lors d’une conférence de presse. «Tout notre combat se déroule et va continuer à se dérouler dans le cadre de la Constitution», a fait valoir le député de centre droit de 35 ans, reconnu comme président par intérim du Venezuela par plus d’une cinquantaine de pays, dont les Etats-Unis. «On est unis et plus forts que jamais», a ajouté le président de l’Assemblée, seule institution vénézuélienne contrôlée par l’opposition. Ces déclaration interviennent dans un contexte de vive tension au Venezuela.

Le chef de l’Etat Nicolas Maduro a lancé une chasse aux «traîtres» dès mardi soir, lorsqu’il a affirmé avoir déjoué l’«escarmouche putschiste» entreprise par un groupe de militaires entrés en rébellion pour rejoindre Juan Guaido.

La tentative de soulèvement de mardi s’est dégonflée au cours de la journée. Quelque 25 militaires rebelles ont demandé l’asile à l’ambassade du Brésil à Caracas. Puis Leopoldo Lopez, une des figures de l’opposition qui était assigné à résidence depuis 2017 et était apparu aux côtés de Juan Guaido et des soldats insurgés, s’est réfugié dans l’ambassade d’Espagne. La tentative de soulèvement a été accompagnée dans tout le Venezuela mardi et mercredi de manifestations monstre des partisans de Juan Guaido, émaillées de violents heurts entre des manifestants et les forces de l’ordre.

Ces affrontements ont fait quatre morts parmi les manifestants, selon l’opposition et les familles. Selon Amnesty International, les troubles ont par ailleurs fait quelque 200 blessés et 205 personnes ont été arrêtées.

Le mécontentement populaire est alimenté par les conséquences de la pire crise de l’histoire récente du pays. L’hyperinflation pourrait atteindre 10.000.000%, selon le FMI, les coupures de courant se multiplient et les hôpitaux ne peuvent plus soigner les malades, faute de médicaments et d’équipement.

Par Le Figaro.fr avec AFP