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Venezuela: l’opposition défile pour une Cour suprême parallèle

juillet 22, 2017

Des opposants au régime de Nicolas Maduro se protègent des assauts de la police derrière des boucliers de fortune, le 22 juillet 2017 à Caracas / © AFP / RONALDO SCHEMIDT

L’armée vénézuélienne a bloqué samedi à Caracas à coups de gaz lacrymogène le défilé vers le Tribunal suprême de justice (TSJ) en soutien aux magistrats « nommés » par l’opposition pour mettre sur pied une Cour suprême parallèle, dernière offensive en date contre le président Nicolas Maduro et son projet d’Assemblée constituante.

La Table de l’unité démocratique (MUD), coalition de l’opposition, a appelé pour ce samedi à plusieurs rassemblements dans la capitale et dans d’autres villes du pays.

« Nous soutenons les nouveaux magistrats (désignés par l’opposition, ndlr), pour que soit rendue son indépendance au TSJ, qui est aujourd’hui aux ordres de Maduro », a expliqué à l’AFP Luis Torrealba, un manifestant de 43 ans à Caracas accompagné de sa femme et de son fils.

Décidés à ne pas faire retomber la pression sur le gouvernement, les députés de l’opposition avaient en effet organisé vendredi une session parlementaire dans la rue pour « nommer » 33 magistrats à la Cour suprême (TSJ).

L’opposition estime que les 33 juges actuels ont été désignés de façon irrégulière par l’ancienne majorité chaviste (du nom d’Hugo Chavez, président de 1999 à sa mort en 2013, dont Nicolas Maduro est l’héritier). Le TSJ a mis en garde contre cette initiative de l’opposition, qui constitue selon lui une « trahison de la patrie » passible de peines de prison.

– Plus de 100 morts –

Parallèlement, les appels lancés au président vénézuélien à rétablir l’Etat de droit dans son pays se multiplient au sein de la communauté internationale.

Réunis vendredi à Mendoza en Argentine, les pays du Mercosur (Brésil, Argentine, Uruguay et Paraguay, le Venezuela étant suspendu de cette organisation depuis décembre) ont ainsi adressé une demande en ce sens à M. Maduro.

Le nombre des morts dans les violences liées à l’actuelle crise politique s’élève pour l’heure à 103 et le ton monte non seulement dans la région, mais aussi aux Etats-Unis et en Europe.

L’opposition manifeste quasi-quotidiennement depuis fin mars pour dénoncer la gestion actuelle du Venezuela et réclamer une élection présidentielle anticipée. Les défilés ont souvent été marqués par des confrontations entre protestataires et forces de l’ordre.

En mai, l’annonce de la convocation d’une Assemblée constituante par Nicolas Maduro avait amplifié la colère de l’opposition. Le 30 juillet, les 545 membres de cette instance doivent être élus avec pour mission de réécrire la Constitution adoptée en 1999 sous M. Chavez.

L’opposition vénézuélienne estime que cette mesure permettra de contourner le Parlement, où elle est majoritaire depuis les élections de décembre 2015.

Quelque 70% des Vénézuéliens sont opposés au projet d’Assemblée constituante, selon l’institut de sondage Datanalisis. Un rejet confirmé par la quasi-totalité des 7,6 millions de personnes (sur 19 millions d’électeurs potentiels) qui ont participé à la consultation symbolique organisée par l’opposition le 16 juillet.

– Maduro sur Twitter –

Le Venezuela a par ailleurs été en partie paralysé jeudi par une grève générale déclenchée par les antichavistes.

Barricades pour bloquer les rues, commerces fermés, transports à l’arrêt : le mouvement a pris fin vendredi à 10h00 GMT.

Cinq personnes ont été tuées au cours de la grève générale, selon le parquet, et l’ONG Foro Penal a annoncé que 367 personnes avaient été arrêtées.

L’opposition a assuré que son appel avait été largement suivi, avec « 85% de participation », selon le député Freddy Guevara, vice-président du Parlement.

Pour tenter de prouver le contraire, M. Maduro a diffusé une série de vidéos sur son compte Twitter. On le voit circuler jeudi en début d’après-midi dans les rues du centre de Caracas au volant de son véhicule tout en commentant l' »échec » de la mobilisation.

Romandie.com avec(©AFP / 22 juillet 2017 22h30)                

Venezuela: 100 morts depuis le début des manifestations de l’opposition

juillet 21, 2017

Un opposant au président Nicolas Maduro, lors d’affrontements avec la police venezuelienne, à Caracas le 20 juillet 2017 / © AFP / CARLOS BECERRA

La vague de protestations violentes contre le président vénézuélien Nicolas Maduro a fait 100 morts depuis début avril, a annoncé le parquet vendredi.

Le 100e mort est un jeune de 15 ans décédé jeudi aux cours d’une manifestation dans l’Etat de Zulia (ouest), durant la grève générale de 24 heures à l’appel de l’opposition.

L’opposition manifeste quasi-quotidiennement dans les rues du pays depuis trois mois et demi pour dénoncer la gestion de M. Maduro, qu’elle juge désastreuse, et réclamer une élection présidentielle anticipée. Les manifestations ont souvent été émaillées de confrontations entre protestataires et forces de l’ordre.

L’appel à la grève générale a été lancé par l’opposition pour dénoncer le projet du chef de l’Etat de convoquer une Assemblée constituante.

Avec des barricades, des commerces fermés et les transports à l’arrêt, le Venezuela a été en partie paralysé jeudi par cette grève. Lors de nombreux incidents, policiers et militaires ont lancé des grenades lacrymogènes et tiré du plomb de chasse pour disperser des manifestants qui barraient les rues en élevant des barricades.

Les blocages de rues se sont poursuivis dans la soirée de jeudi et la grève générale a pris fin vendredi à 10h00 GMT.

Les antichavistes – du nom d’Hugo Chavez, président de 1999 à sa mort en 2013, dont Nicolas Maduro est l’héritier – sont catégoriquement opposés à la désignation d’une Assemblée constituante. Elle permettra selon eux de contourner le Parlement, où ils sont majoritaires depuis les élections de décembre 2015.

Le 30 juillet, les 545 membres de l’Assemblée constituante doivent être élus avec pour mission de réécrire la Constitution.

Pour le gouvernement, cette future assemblée sera un « super pouvoir » qui pourra dissoudre le Parlement et dont la durée du mandat n’est pas définie.

Estimant le mode de désignation des candidats à l’assemblée constituante verrouillé et trop favorable au chavisme, l’opposition a choisi de boycotter le processus électoral.

70% des Vénézuéliens rejettent l’Assemblée constituante, selon l’institut Datanalisis. Un rejet confirmé par le vote massif de 7,6 millions de personnes à la consultation symbolique organisée par l’opposition dimanche.

Romandie.com avec(©AFP / 21 juillet 2017 16h29)                

Le Venezuela en partie paralysé par une grève générale

juillet 20, 2017

Heurts entre opposants au président vénézuélien Nicolas Maduro et les forces de police, le 20 juillet 2017 à Caracas / © AFP / JUAN BARRETO

Barricades, commerces fermés, transports à l’arrêt: le Venezuela était en partie paralysé jeudi par une grève générale à l’appel de l’opposition contre le projet du président Maduro de modifier la Constitution, après bientôt quatre mois de manifestations qui ont fait une centaine de morts.

Les antichavistes — du nom d’Hugo Chavez, président de 1999 à sa mort en 2013, dont Nicolas Maduro est l’héritier — sont farouchement opposés à la désignation d’une Assemblée constituante: elle permettra, selon eux, de contourner le Parlement élu où ils sont majoritaires.

Dans plusieurs quartiers de Caracas et d’autres villes comme Maracaibo, dans l’ouest du pays, les rues étaient bloquées par des barricades depuis le matin. Des affrontements sporadiques entre les deux camps ou avec la police ont éclaté à divers endroits.

L’opposition est lancée dans un contre-la-montre: le 30 juillet, les 545 membres de l’assemblée constituante doivent être élus avec pour mission de réécrire la Constitution.

Le chef de l’Etat compte y inscrire les programmes sociaux, le contrôle des prix pour limiter l’inflation –estimée à 720% pour 2017 par le FMI–, et la distribution d’aliments subventionnés afin de combattre la pénurie.

Pour le gouvernement, cette future assemblée sera aussi un « super pouvoir » qui pourra dissoudre le Parlement et dont la durée du mandat n’est pas définie.

Estimant le mode de désignation des candidats à l’Assemblée constituante verrouillé et trop favorable au chavisme, l’opposition a choisi de boycotter le processus électoral.

« Peu importe de perdre une journée de travail quand on est en train de perdre un pays. Je rejoins la mobilisation pour essayer de sauver le peu qui nous reste, pour accroître la pression », a expliqué à l’AFP Omar, 34 ans, patron d’une petite entreprise de bâtiment au sud-est de Caracas.

– ‘Grève absurde’ –

« Nous avons de nouveau gagné (…). Les seuls qui peuvent paralyser ce pays sont les chavistes », s’est félicité M. Maduro en assurant que les secteurs clés de l’économie tournaient « à 100% ».

Confronté à une intense pression diplomatique, le chef de l’Etat socialiste assure que le projet de Constituante sera maintenu « pour la paix et le redressement économique » du pays et rejette les menaces de sanctions économiques « fortes » de Donald Trump en cas d’élection de cette assemblée.

La grève générale est soutenue par le patronat, les chambres de commerce et d’industrie, une partie des syndicats, les étudiants et les entreprises de transport.

Certains secteurs économiques, accusés par le président de mener une « guerre économique », craignent l’instauration, via la Constituante, d’un modèle économique « à la cubaine », qui aggraverait la situation économique, selon eux.

Lors des législatives de fin 2015, les antichavistes se sont largement imposés avec 2,1 millions de voix d’avance sur le camp présidentiel. Devenus majoritaires au Parlement, ils ont mis fin à 17 ans d’hégémonie chaviste et réclament une élection présidentielle anticipée.

– Industrie pétrolière stratégique –

Mais le gouvernement, qui a menacé de sanctions les entreprises participant à la grève, contrôle la très stratégique industrie pétrolière et la fonction publique, qui compte près de trois millions d’employés.

Entre décembre 2002 et janvier 2003, une grève générale convoquée par l’opposition à Hugo Chavez avait paralysé pendant deux mois la production de la compagnie nationale des pétroles, la PDVSA. Quelque 17.000 grévistes de PDVSA avaient alors été licenciés.

L’entreprise a dit fonctionner normalement jeudi.

« Une grève dans un pays pétrolier où le gouvernement contrôle cette production revient à un bras de fer financier opposant l’entrepreneuriat et une population affamée et appauvrie à un gouvernement également ruiné, mais qui contrôle les maigres ressources », analyse Luis Vicente Leon, de l’institut Datanalisis.

Frappé par une grave pénurie d’aliments et de médicaments et une inflation galopante, le Venezuela a perdu 70% des ses entreprises ces dix dernières années, et celles qui restent fonctionnent à 30% de leurs capacités, selon le syndicat patronal Fedecamaras.

Si la tension se poursuit jusqu’à la fin de l’année, le PIB pourrait se contracter de 9% en 2017, contre une prévision originale de -4,3%, a déclaré à l’AFP Asdrubal Oliveros, directeur du cabinet Ecoanalitica.

70% des Vénézuéliens rejettent l’assemblée constituante, selon l’institut Datanalisis. Un rejet confirmé par le vote massif de 7,6 millions de personnes à la consultation symbolique organisée par l’opposition dimanche.

Seule l’armée, soutien inconditionnel de M. Maduro, pourrait faire pencher la balance, juge le politologue Luis Salamanca. Mais cela semble peu probable: mercredi encore, en rejetant les menaces de Donald Trump, le ministre de la Défense, le général Vladimir Padrino Lopez, a promis de défendre l’élection de cette assemblée controversée.

Romandie.com avec(©AFP / 20 juillet 2017 22h22)                

Venezuela: après le vote, l’opposition appelle à la grève générale jeudi

juillet 17, 2017

Un homme montre sa carte d’électeur lors de la consultation symbolique contre Nicolas Maduro, à Caracas le 16 juillet 2017 / © AFP / Federico PARRA

Encouragée par la participation massive à la consultation symbolique qu’elle a organisée contre Nicolas Maduro, l’opposition vénézuélienne a appelé lundi à une grève générale de 24 heures jeudi pour tenter d’arrêter le projet du président socialiste de modifier la Constitution.

« Nous appelons tout le pays à une grève générale massive et sans violence de 24 heures ce jeudi afin d’exercer une pression (sur le gouvernement) et de se préparer à l’escalade définitive de la semaine prochaine », a déclaré lors d’une conférence de presse l’opposant Freddy Guevara, vice-président du Parlement, au lendemain de cette consultation légalement non contraignante.

Selon l’opposition, plus de 7 millions de Vénézuéliens, sur 19 millions d’électeurs potentiels, ont participé à la consultation et 98,3% d’entre eux ont rejeté dimanche le projet présidentiel de convoquer une Assemblée constituante. Le scrutin a été endeuillé par la mort d’une femme, tuée par des hommes armés à moto devant un bureau de vote dans l’ouest de Caracas.

Le Parlement est le seul organe du pouvoir vénézuélien contrôlé par les antichavistes –du nom d’Hugo Chavez, président de 1999 à sa mort en 2013, dont M. Maduro est l’héritier. Et dans le cadre de l' »offensive » de l’opposition contre le chef de l’Etat, les élus comptent nommer vendredi de nouveaux magistrats à la Cour suprême (TSJ), accusée de servir le pouvoir.

Les membres de la coalition à l’origine de la consultation de dimanche, la Table de l’Unité démocratique (MUD), vont également signer un accord en vue de la formation d’un futur « gouvernement d’union nationale ».

En outre, Freddy Guevara a redit que l’opposition était prête à dialoguer, à condition toutefois que le gouvernement renonce à l’élection des 545 membres de la Constituante, prévue le 30 juillet.

Après plus de trois mois de manifestations violentes qui ont fait 96 morts dans ce pays en crise, la MUD espère provoquer des élections anticipées avant la fin du mandat de M. Maduro en décembre 2018.

Ce dernier assure que la Constituante vise à apporter paix et stabilité économique au pays, mais l’opposition pense qu’elle servira à contourner l’Assemblée nationale.

– ‘Demande de changement’ –

L’opposition avait tenté d’organiser un référendum révocatoire en 2016 mais le processus avait été bloqué par les autorités électorales.

« On perçoit une demande de changement politique persistant dans le temps », a dit à l’AFP le politologue John Magdaleno.

« L’opposition doit avoir une feuille de route, après avoir suscité tant d’espoir. Sinon, sa légitimité peut en prendre un coup, le peuple attend des actes fermes », a commenté pour sa part Felix Seijas, directeur de l’institut de sondages Delphos.

Du côté du gouvernement, la consultation est considérée « illégale ».

Sollicitant une « opportunité » pour son projet, Maduro a demandé dimanche à ses opposants de « ne pas perdre la tête » au vu des résultats et de « venir s’asseoir pour discuter ».

Pour éviter que l’opposition n’occupe tout le terrain dimanche, le gouvernement avait invité les citoyens à venir s’informer sur le scrutin du 30 juillet et tester les machines qui serviront au vote.

Le président peut compter sur le soutien des autorités électorales, judiciaires (sauf la procureure générale, menacée de destitution) et de l’armée.

– Les défis –

Le défi de l’opposition est désormais de se servir des résultats pour « fracturer l’adversaire, ce qui pourrait faire pression en faveur d’une négociation qui déboucherait sur une opportunité pacifique de changement », a estimé Luis Vicente Leon, président de l’institut de sondages Datanalisis.

En face, le gouvernement devra éviter une faible participation le 30 juillet car la Constituante aurait alors une « légitimité » amoindrie. Selon Datanalisis, 70% des Vénézuéliens rejettent le projet.

La consultation symbolique de dimanche a reçu le soutien des Nations unies, des Etats-Unis et de plusieurs gouvernements d’Amérique latine et d’Europe.

Les Etats-Unis ont salué le vote symbolique de dimanche, en estimant qu’il s’agissait d’une « déclaration sans ambiguïté » de condamnation du régime.

La chef de la diplomatie de l’UE Federica Mogherini a appelé lundi à des « gestes politiques » du gouvernement pour « faire retomber la tension », telle que la suspension « du processus d’Assemblée constituante ».

L’opposition accuse le gouvernement d’être responsable de la crise économique qui étouffe le Venezuela, frappé de plein fouet par la chute des cours du pétrole alors que 95% des devises proviennent de l’or noir. L’inflation est à trois chiffres et aliments et médicaments sont soumis à des pénuries.

Romandie.com avec(©AFP / 17 juillet 2017 22h07)                

Venezuela: l’opposition aux urnes contre la Constituante de Maduro

juillet 16, 2017

Les Vénézuéliens ont commencé à voter lors d’une consultation populaire organisée par l’opposition contre le gouvernement du président Nicolas Maduro. / © AFP / FEDERICO PARRA

Les Vénézuéliens votaient dimanche dans le calme lors d’une consultation populaire symbolique organisée par l’opposition sur le projet de Constituante du président Nicolas Maduro, après plus de trois mois de manifestations violentes, ont annoncé les organisateurs.

Les électeurs, beaucoup vêtus de blanc ou avec aux couleurs du drapeau jaune, bleu, rouge du Venezuela, sont venus nombreux glisser leur bulletin dès l’ouverture, dans des boîtes en carton installées dans des bureaux de vote par la coalition d’opposition appelée Table de l’unité démocratique (MUD).

« Liberté ! », lancent certains électeurs.

« Je manifeste mon mécontentement contre le gouvernement. Nous ne trouvons pas de médicaments, nous avons chaque fois moins d’argent pour acheter de la nourriture. Et eux, ils veulent juste rester au pouvoir, nous votons pour qu’ils le quittent », déclare Tibisay Méndez, 49 ans, dans un bureau de vote due sud-est de Caracas.

Présenté comme un acte de « désobéissance civile », ce vote, qui se déroule sans l’aval des autorités, a pour but de manifester le rejet par la population de la future Assemblée constituante, selon la coalition des antichavistes – du nom d’Hugo Chavez, président de 1999 à sa mort en 2013 – réunis au sein de la MUD.

Selon l’institut de sondages Datanalisis, près de 70% des Vénézuéliens sont opposés à la Constituante et 80% dénoncent la gestion par M. Maduro d’un pays en partie paralysé et traumatisé par des manifestations au cours desquelles 95 personnes ont été tuées depuis le 1er avril.

Cette crise politique survient par ailleurs sur fond de chute depuis 2014 des cours du pétrole qui frappe de plein fouet l’économie, dont 95% des devises proviennent de l’exportation de l’or noir.

La Constituante voulue par M. Maduro, et dont les 545 membres seront élus le 30 juillet, aura pour mission de modifier la Constitution en vigueur pour assurer, selon lui, la « paix et la stabilité économique » du Venezuela.

Le projet est fermement rejeté par les antichavistes qui y voient un moyen pour le gouvernement de rester au pouvoir, en contournant l’Assemblée nationale où l’opposition est majoritaire depuis 2016.

« Le pays va non seulement rejeter la Constituante mais aussi donner un mandat pour exiger un changement de régime, la sortie de la dictature et l’ouverture d’une transition avec un gouvernement d’union nationale », a déclaré samedi à l’AFP une responsable de l’opposition, Maria Corina Machado.

– ‘Show international’ –

D’après les projections de l’institut de sondages Datanalisis, quelque 10,5 millions de personnes, sur 19 millions d’électeurs, seraient prêts à voter lors de la consultation qui a reçu le soutien de l’Eglise catholique, des Nations unies, de plusieurs pays d’Amérique latine et d’Europe ainsi que des Etats-Unis.

« Cela va marquer un avant et un après. Aujourd’hui comme jamais nous allons montrer au monde entier et à ceux qui ont le pouvoir que le peuple vénézuélien est maître de son destin », a déclaré Julio Borges, le président du Parlement (opposition), au cours d’une conférence de presse.

Le chef de l’Etat a appelé ses adversaires à réaliser leur consultation dans un climat de « paix ». Ce « show international (…) faites-le, mais en paix », a déclaré le M. Maduro, qui jouit du soutien de l’armée, acteur incontournable du jeu politique.

Dimanche également, le gouvernement a invité les citoyens à venir tester les machines de vote qui seront mises en place pour élire les membres de la Constituante le 30 juillet. Objectif: ne pas laisser le champ libre à l’opposition ce jour

Le secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, avait exprimé vendredi son inquiétude. « Il y a un besoin urgent d’un dialogue national au Venezuela entre le gouvernement et l’opposition ».

Au même moment, le Haut Commissariat aux réfugiés de l’ONU (HCR) avait publié des chiffres de demandes d’asile déposées par des Vénézuéliens: 52.000 demandes depuis janvier, soit plus du double de celles recensées l’an dernier.

– ‘Observateurs internationaux

Samedi, cinq anciens présidents latino-américains sont arrivés à Caracas pour assister à la consultation de l’opposition en tant qu' »observateurs internationaux ».

A son arrivée, le Mexicain Vicente Fox a jugé que la consultation de l’opposition marquait le début « du chemin vers la fin » du gouvernement Maduro, qui « doit comprendre que personne n’en veut et qu’il ne peut pas continuer à détruire l’économie » du Venezuela.

M. Fox est accompagné des anciens présidents colombien Andres Pastrana, costariciens Laura Chinchilla et Miguel Angel Rodriguez et bolivien Jorge Quiroga.

Ces dernières semaines, le camp gouvernemental a laissé entrevoir des fêlures, avec les prises de position critiques de la procureure générale Luisa Ortega, une chaviste entrée en dissidence et menacée d’un procès qui pourrait conduire à sa destitution.

Romandie.com avec(©AFP / 16 juillet 2017 16h06)                

Venezuela: l’opposition invite cinq ex-chefs d’État comme observateurs

juillet 13, 2017

Maria Corina Machado, lors d’une manifestation contre le président Nicolas Maduro le 6 mai 2017 à Caracas / © AFP / FEDERICO PARRA

L’opposition au gouvernement vénézuélien du président Nicolas Maduro a invité jeudi cinq ancien chefs d’Etat latino-américains à venir comme observateurs pour le référendum symbolique contre la Constituante qu’elle va organiser dimanche.

« Une mission de cinq anciens présidents arrivera samedi en tant qu’observateurs internationaux », a déclaré jeudi l’élue de l’opposition Maria Corina Machado, en citant les noms du Mexicain Vicente Fox, des Costariciens Laura Chinchilla et Miguel Angel Rodriguez, du Colombien Andres Pastrana et du Bolivien Jorge Quiroga.

Avec ce référendum organisé dans 1.600 bureaux de vote à travers le pays, et même si celui-ci n’aura aucune valeur légale, l’opposition espère démontrer le refus du peuple vénézuélien face à l’élection d’une assemblée constituante convoquée pour le 30 juillet par le pouvoir en place.

Selon l’institut Datanalisis, 70% des Vénézuéliens sont opposés à l’instauration de cette Constituante censée mettre en place une nouvelle constitution mais dénoncée par l’opposition comme un moyen d’étouffer l’Assemblée nationale, la seule institution qu’elle domine, depuis 2016.

Ces cinq anciens chefs d’Etat rejoignent l’Initiative démocratique d’Espagne et des Amériques (Idea), un forum international très critique envers le gouvernement Maduro, certains de ses membres ayant même parlé de « dictature ».

« Dimanche, nous allons organiser le plus grand acte de désobéissance civile du monde, (…) et il sera le détonateur de l’heure zéro qui débutera au Venezuela lundi », a insisté Mme Machado, en faisant allusion à l’escalade annoncée par l’opposition dans le cadre de l’offensive qu’elle veut finale contre le pouvoir.

Le référendum de dimanche aura lieu dans un pays en pleine crise politique, sociale et économique, avec des manifestations quasi-quotidiennes depuis le 1er avril au cours desquelles 95 personnes sont décédées.

Mercredi, la Commission nationale des télécommunications (Conatel), relais du pouvoir, a appelé les représentants des chaînes de télévision et de radio à « faire attention à leur couverture » de ce référendum, en soulignant que ces chaînes pourraient être « sanctionnées ».

Une consigne aussitôt dénoncée jeudi par le Syndicat national des travailleurs de la presse (SNTP) comme « une censure », « une décision arbitraire et anticonstitutionnelle ».

Jeudi, le vice-président vénézuélien Tareck El Aissami a averti que toute personne qui « boycotterait » l’élection de l’assemblée constituante le 30 juillet serait jugée par les tribunaux militaires et pourrait le payer d’une peine allant jusqu’à dix ans de prison.

Romandie.com avec(©AFP / 14 juillet 2017 02h29)                

Venezuela: l’opposant Lopez « très affaibli » après une infection généralisée

juillet 9, 2017

La figure emblématique de l’opposition vénézuélienne Leopoldo Lopez, le 8 juillet 2017 à Caracas / © AFP / Federico PARRA

La figure emblématique de l’opposition vénézuélienne Leopoldo Lopez, assigné à résidence après être sorti samedi de prison, est « très affaibli » par une infection généralisée dont il a souffert en détention, a déclaré dimanche son père à l’AFP.

« Il est très affaibli parce qu’il a eu une infection généralisée en prison », a dit Leopoldo Lopez Gil à Madrid après s’être entretenu au téléphone avec son fils.

Leopoldo Lopez et d’autres prisonniers « ont souffert de vomissements pendant plus d’une semaine » et l’opposant de 46 ans « a perdu quatre ou cinq kilos » avant de sortir de prison samedi, a ajouté son père qui réside dans la capitale espagnole depuis que le gouvernement de Mariano Rajoy lui a accordé la nationalité espagnole en 2015.

La Cour suprême vénézuélienne avait annoncé samedi que l’opposant avait été autorisé à sortir de prison « pour raisons médicales » et qu’il était assigné à résidence à son domicile à Caracas. Cette décision est intervenue dans un contexte de grave crise économique, politique et institutionnelle au Venezuela.

Leopoldo Lopez avait été condamné en 2014 à quasiment 14 ans de prison pour « incitation à la violence » pendant des manifestations contre le chef de l’Etat, Nicolas Maduro, de février et mai 2014 qui s’étaient soldées par 43 morts.

Les manifestations de l’opposition qui se succèdent depuis 100 jours contre le président socialiste ont fait 91 morts.

« Cent jours et je reste en rébellion contre la tyrannie », pouvait-on lire sur des pancartes brandies par nombre des quelque 2.000 manifestants rassemblés dans l’est de Caracas.

« Nous arrivons aujourd’hui au centième jour de résistance au Venezuela et nous continuons à manifester dans la rue avec encore plus de fermeté face au plébiscite » que Nicolas Maduro entend organiser, a déclaré le député Juan Andres Mejia, au cours d’une conférence de presse du mouvement d’opposition MUD.

L’opposition prépare une consultation populaire symbolique le 16 juillet contre le projet d’assemblée constituante voulue par Nicolas Maduro et que la Table de l’unité démocratique (MUD) qualifie de « fraude » du chavisme (du nom d’Hugo Chavez, président de 1999 à sa mort en 2013) pour maintenir « une dictature ».

Romandie.com avec(©AFP / 09 juillet 2017 20h37)                

Venezuela: des pro-Maduro envahissent le Parlement, 5 députés blessés

juillet 5, 2017

Des partisans du président vénézuélien Nicolas Maduro pénètrent violemment dans l’enceinte du Parlement à Caracas le 5 juillet 2017 alors que les députés de l’opposition tiennent une session spéciale le jour de l’indépendance / © AFP / Juan BARRETO

Des partisans du président vénézuélien Nicolas Maduro ont pénétré violemment mercredi dans l’enceinte du Parlement, unique institution du pays contrôlée par l’opposition, déclenchant une bagarre générale dans laquelle au moins cinq députés ont été blessés.

Près d’une centaine de personnes, certaines cagoulées, portant des bâtons et vêtues de rouge – la couleur du parti socialiste au pouvoir -, ont forcé le portail d’entrée du bâtiment et pénétré dans les jardins et les couloirs.

Elles ont lancé des pétards et grenades assourdissantes, provoquant le chaos et la panique, ont constaté des journalistes de l’AFP.

Au milieu d’une épaisse fumée, les partisans du gouvernement ont alors agressé des députés d’opposition, obligeant les reporters à arrêter de filmer et photographier puis à quitter les lieux.

L’incident est survenu alors que le Venezuela traverse sa pire crise économique et politique depuis des décennies, avec une vague de manifestations demandant le départ du président Maduro et qui a fait 91 morts en trois mois.

Julio Borges, président de l’Assemblée où l’opposition de centre droit est majoritaire depuis début 2016, a annoncé sur Twitter que « l’attaque » avait fait cinq blessés parmi les députés.

Trois d’entre eux ont souffert de coupures à la tête. Le député Américo de Grazia « a eu des convulsions » et a été transporté à l’hôpital, a indiqué son collègue Juan Guaido, affirmant que les agresseurs avaient « des pierres, des bâtons et des couteaux ».

Au moins deux employés du Parlement ont été blessés, selon plusieurs députés.

– Cérémonie improvisée –

M. Borges a attribué cette irruption à des « colectivos », des groupes de civils pro-gouvernement et, selon l’opposition, armés par l’exécutif.

« Cela nous fait encore plus mal que de voir tous les jours comment nous perdons le pays », a commenté le député Armando Armas avant de monter dans une ambulance, la tête couverte de bandages ensanglantés.

« Le gouvernement a toujours recours à la violence », a dénoncé le député d’opposition Stalin Gonzalez. « Nous allons continuer à affronter ces sauvages », a promis son collègue Simon Calzadilla.

Plus tôt dans la matinée, avant l’arrivée des députés, le gouvernement avait improvisé une cérémonie dans l’hémicycle à l’occasion du jour de l’indépendance, suscitant l’indignation de l’opposition.

L’armée a gardé le bâtiment du Parlement pendant la cérémonie, au cours de laquelle le vice-président Tareck El Aissami, accompagné du ministre de la Défense et chef des armées Vladimir Padrino Lopez et de militants chavistes, a prononcé un discours de 15 minutes.

« Ici, nous avons un président digne qui ne se rendra jamais et qui ne permettra pas non plus que le Venezuela soit la colonie d’une puissance étrangère », a-t-il lancé.

Le chef de l’Etat, qui dénonce des projets visant à le renverser avec le soutien de Washington, a récemment lancé un projet d’assemblée Constituante, dont les membres seront élus le 30 juillet.

Selon lui, changer la Constitution permettra d' »assurer définitivement l’indépendance » du Venezuela, alors que pour l’opposition, c’est une manoeuvre pour s’accrocher au pouvoir.

– ‘Gouvernement en phase terminale’ –

La cérémonie est « une agression », a dénoncé le député Tomas Guanipa.

Le député et ex-président du Parlement Henry Ramos Allup s’est dit peu surpris de cette « provocation », le gouvernement étant selon lui prêt à tout.

« C’est un gouvernement en phase terminale, soutenu par les baïonnettes et les décisions de la Cour suprême », qui annule systématiquement tous les votes du Parlement depuis qu’il a basculé dans l’opposition, a-t-il affirmé.

Même s’il bénéficie du soutien de l’armée, M. Maduro est sous pression, critiqué jusque dans son propre camp par la procureure générale Luisa Ortega, dont la Cour suprême pourrait bientôt prononcer la destitution.

Dans ce contexte tendu, un pilote d’hélicoptère accusé de tentative de coup d’Etat a appelé dans une nouvelle vidéo à poursuivre les manifestations contre le pouvoir.

Activement recherché, Oscar Pérez, un drapeau vénézuélien déployé derrière lui, y affirme : « le moment de nous réveiller est venu (…) restons fermement mobilisés dans la rue ».

Le 27 juin, ce policier pilotait un hélicoptère qui, selon le gouvernement, a lancé quatre grenades sur la Cour suprême et tiré 15 coups de feu contre le ministère de l’Intérieur, sans faire de victime. Une version des faits mise en doute par l’opposition et des analystes, qui suspectent un coup monté de l’exécutif.

Romandie.com avec(©AFP / 05 juillet 2017 20h29)                

Venezuela: la procureure qui défie Maduro face à la Cour suprême

juillet 4, 2017

La procureure générale du Venezuela, Luisa Ortega, lors d’une session à l’Assemblée nationale, le 3 juillet 2017 à Caracas / © AFP / Federico PARRA

La procureure générale du Venezuela, Luisa Ortega, chaviste entrée en rébellion contre le président Nicolas Maduro, comparaît mardi devant la Cour suprême, qui décidera si elle ouvre un procès à son encontre, pouvant mener à sa destitution.

Après des semaines de bras de fer par déclarations interposées, le sort de la procureure générale de 59 ans, plus haute figure institutionnelle à défier le chef de l’Etat, est entre les mains de la Cour suprême (TSJ), organisme réputé proche de l’exécutif.

L’audience, prévue à 14h00 GMT, pourrait être retardée car la procureure a récusé lundi soir 17 magistrats du TSJ, ce dernier annonçant aussi qu’il ferait une déclaration sur « des thèmes d’intérêt national » avant l’audience.

Mardi matin, le bâtiment de la Cour suprême était gardé par les militaires de la Garde nationale.

Le député Pedro Carreño, du parti socialiste au pouvoir, qui a engagé la procédure et sera entendu à l’audience, lui reproche d’avoir commis des « fautes graves dans l’exercice de sa fonction ». Il exige aussi d’évaluer la santé mentale de la procureure car « il est clair que cette dame n’a pas toute sa tête ».

En attendant sa comparution, elle a été frappée d’une interdiction de sortie du territoire et a vu ses biens et actifs gelés.

En toile de fond, c’est son discours étonnamment critique envers le président Maduro, pour une personnalité faisant partie de son camp, qui irrite le pouvoir, car il risque d’approfondir encore les fractures entre chavistes (du nom de Hugo Chavez, président de 1999 à son décès en 2013).

S’il bénéficie toujours du soutien précieux de l’armée, le chef de l’Etat est confronté depuis trois mois à des manifestants qui l’accusent du naufrage économique du pays, pourtant riche en pétrole. Ils exigent son départ immédiat.

Les violences autour de ces rassemblements ont fait jusqu’à présent 89 morts, suscitant l’inquiétude de la communauté internationale.

« Je vous assure que je ne me reposerai pas tant que le Venezuela n’aura pas retrouvé le chemin des libertés », a lancé lundi Luisa Ortega face au Parlement, seule instance dominée par l’opposition depuis début 2016, appelant à « lutter pour la démocratie ».

Elle s’exprimait quelques heures après une nouvelle offensive du pouvoir, qui a diligenté un audit dans ses bureaux pour y chercher d’éventuelles irrégularités administratives ou budgétaires.

– « Radicalisation de la crise » –

Si la Cour suprême décide mardi d’ouvrir un procès et si elle est reconnue coupable, Mme Ortega pourrait être destituée.

La décision nécessitera toutefois le feu vert du Parlement. Une perspective difficile à envisager: les députés d’opposition ont en effet ovationné Mme Ortega dans l’hémicycle lundi.

« Nous sommes face à une tentative de coup d’Etat contre la procureure, qu’on essaie d’écarter de son poste de façon frauduleuse », estime l’expert en droit constitutionnel José Ignacio Hernandez.

« Cela montre l’utilisation politique du TSJ et la fracture interne au sein du pouvoir », ajoute-t-il, prédisant une « radicalisation de la crise ».

Pour le politologue Luis Salamanca, Luisa Ortega cherche à priver M. Maduro de « la légitimité que lui donne Chavez », son mentor politique. Si elle y parvient cela renforcera les divisions au sein du chavisme et laissera le président « très affaibli ».

Au final, « la stratégie plus agressive de Maduro envers les dissidents chavistes va probablement se retourner contre lui », observent les analystes du cabinet Eurasia dans une note.

« En s’en prenant à Ortega, le gouvernement ne fera que l’inciter encore plus à s’exprimer publiquement et de façon plus agressive contre le régime », poursuivent-ils. Et cette « persécution des dissidents chavistes va encourager l’opposition à continuer ses manifestations ».

Mardi, l’opposition a d’ailleurs prévu une nouvelle opération de blocage des routes du pays, pendant six heures, pour rejeter le projet d’Assemblée constituante, dont les membres doivent être élus le 30 juillet et qu’elle perçoit comme une tactique du président Maduro pour s’accrocher au pouvoir.

Elle organisera à ce sujet une consultation populaire le 16 juillet, dans 1.600 bureaux de vote à travers le pays, pour marquer « l’heure zéro » de son « soulèvement » massif contre le pouvoir.

Romandie.com avec(©AFP / 04 juillet 2017 15h52)                

Venezuela: l’opposition marque dans la rue trois mois de manifestations

juillet 1, 2017

Plus d’un millier de personnes convergent vers l’autoroute qui traverse la capitale pour manifester leur opposition à Nicolas Maduro, le 1er juillet 2017 / © AFP / JUAN BARRETO

L’opposition au président vénézuélien Nicolas Maduro manifestait de nouveau à Caracas samedi, trois mois jour pour jour après le début de la vague de protestation dans laquelle 89 personnes ont péri.

Plus d’un millier de personnes ont convergé vers l’autoroute qui traverse la capitale pour manifester leur soutien à Luisa Ortega, la procureure générale du pays qui, d’inébranlable partisane du chavisme — du nom de l’ancien président Hugo Chavez (1999-2013) — est devenue l’une des plus féroces critiques du socialiste Nicolas Maduro.

Mme Ortega est privée de sortie du territoire et doit comparaître mardi devant le Tribunal suprême de la justice (TSJ, Cour suprême). Le TSJ, que ses détracteurs accusent de servir le gouvernement, devra décider si la procureure générale peut être traduite en justice.

« Tout le monde dans la rue pour empêcher et dénoncer cette manœuvre », a écrit sur Twitter Freddy Guevara, vice-président du Parlement, seul organe de pouvoir acquis à l’opposition.

L’action en justice contre Luisa Ortega a été lancée par le député Pedro Carreno, un partisan du président Maduro.

M. Carreno assure que la procureure a « menti » en disant qu’elle n’avait pas approuvé la nomination de 33 magistrats, désignés selon elle irrégulièrement par le précédent Parlement à majorité chaviste, en décembre 2015.

De son côté, Mme Ortega accuse Nicolas Maduro d’avoir imposé un « terrorisme d’Etat », en raison des violences exercées par les forces de l’ordre contre les manifestants.

Le mouvement de protestation a commencé le 1er avril et se traduit par des manifestations quasi-quotidiennes.

Le bilan des violences qui l’accompagnent est passé samedi à 89 morts. Selon le parquet, quatre personnes sont mortes vendredi lors de manifestations organisées à Barquisimeto, une ville située à 350 km à l’ouest de Caracas.

Au cours des trois derniers mois, « le plus important c’est qu’une prise de conscience a eu lieu: nous devons tous mener bataille pour rétablir la démocratie », a déclaré à l’AFP Patricia Valenzuela, médecin de 43 ans, rencontrée dans le cortège samedi à Caracas.

Le mouvement de colère populaire survient dans un contexte d’effondrement économique du pays pétrolier, ruiné par la chute des cours du brut, ce qui se traduit par de graves pénuries et une inflation galopante.

Romandie.com avec(©AFP / 01 juillet 2017 22h25)