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Venezuela: l’opposition promet sa « plus grande » manifestation samedi

mai 20, 2017

Manifestation de l’opposition à Caracas, au Venezuela, le 18 mai 2017 / © AFP / Juan BARRETO

L’opposition vénézuélienne promet de réaliser samedi sa « plus grande démonstration de force » depuis le début de la vague de protestations, début avril, qui demandent le départ du président socialiste Nicolas Maduro.

Selon le tout dernier bilan du parquet, diffusé vendredi, les incidents qui entourent ces rassemblements quasi quotidiens ont fait 47 morts, dépassant désormais les 43 décès enregistrés lors la précédente grande série de défilés anti-Maduro, survenues entre février et mai 2014.

Les manifestations dégénèrent la plupart du temps en affrontements avec les forces de l’ordre, où les projectiles en tous genres et les cocktails Molotov des uns répondent aux gaz lacrymogènes, balles en caoutchouc et canons à eau des autres.

Les tirs sont parfois réels, comme dans plusieurs de ces 47 décès, pour lesquels des fonctionnaires ont été arrêtés. A cela s’ajoutent des pillages et la violence exercée par les « colectivos », des groupes de civils armés par le gouvernement, assure l’opposition.

A l’occasion de ce 50e jour de manifestation depuis le 1er avril, les antichavistes (du nom du défunt ex-président Hugo Chavez, 1999-2013) entendent marquer les esprits.

« Pour ce 50e jour de résistance, nous allons organiser la plus grande démonstration de force de cette période », a déclaré Juan Andrés Mejia, un des jeunes députés qui dirige les manifestations.

L’objectif sera de « démontrer à ceux qui pensent qu’ils nous ont fait reculer, que nous sommes plus actifs que jamais, que le peuple est plus impliqué en faveur du changement », a-t-il ajouté lors d’une conférence de presse.

Depuis le début des marches anti-Maduro, on compte des centaines de blessés et quelque 2.200 personnes interpellées, selon l’ONG Foro Penal. Au moins 159 de ces civils ont été jugées et emprisonnées par des tribunaux militaires.

Les adversaires de Maduro dénoncent une « répression sauvage » du gouvernement socialiste, alors que le pouvoir accuse l’opposition de fomenter le « terrorisme » en vue d’un coup d’Etat soutenu par les Etats-Unis.

Violence et mort

Le chef de l’opposition vénézuélienne Henrique Capriles, qui a accusé jeudi les autorités de l’empêcher de quitter le pays en lui « retirant » son passeport, a annoncé qu’un de ses avocats a remis vendredi à New York un rapport sur la crise qui frappe le pays sud-américain au Haut commissaire de l’ONU aux droits de l’Homme, Zeid Ra’ad Al Hussein.

M. Capriles, ancien candidat à la présidentielle, qu’il avait perdue de peu contre le chef de l’Etat actuel, devait faire le déplacement aux Etats-Unis.

Au Venezuela, la situation apparaît particulièrement tendue dans l’Etat de Tachira (ouest), à la frontière de la Colombie. Après une série de pillages et d’attaques contre des installations de la police et de l’armée, le président y a déployé 2.600 militaires.

Selon les analystes, le défi de l’opposition sera de se maintenir dans la rue de manière pacifique, après un mois et demi de manifestations quasi interrompues.

« Le succès d’un mouvement de protestation dépend du nombre et de la durée », juge l’analyste Luis Vicente Leon qui prévient que si les défilés prennent un tour violent « ils ont moins d’impact ».

Sept Vénézuéliens sur dix souhaitent le départ du président Maduro, selon les sondages, alors qu’une profonde crise économique et sociale alimente la colère populaire. Ce pays pétrolier, ruiné par la chute des cours du brut, est frappé par de graves pénuries d’aliments et de médicaments. L’inflation y est la plus élevée au monde et la criminalité incontrôlable.

L’opposition exige des élections générales anticipées et rejette la décision du chef de l’Etat de convoquer une assemblée constituante pour réformer la Constitution datant de 1999, estimant qu’il s’agit d’une manoeuvre pour repousser le scrutin présidentiel prévu fin 2018 et s’accrocher au pouvoir.

La procureure générale du Venezuela, Luisa Ortega, seule voix discordante au sein du camp présidentiel, a estimé que cette initiative du président ne ferait qu’aggraver la crise, selon une lettre envoyé au gouvernement et diffusée par la presse.

Vendredi, au cours d’une réunion publique, le chef de l’Etat a insisté sur le fait que la constituante était « le chemin pour la paix, le dialogue et le consensus », tandis que l’opposition ne proposait que « la violence et la mort ».

Romandie.com avec(©AFP / 20 mai 2017 09h12)                

Venezuela: le chef de l’opposition bloqué à l’aéroport

mai 18, 2017

Le chef de l’opposition vénézuélienne Henrique Capriles pose pour un selfie à l’aéroport international Simon Bolivar de Maiquetia, à environ 30 km de Caracas, le 18 mai 2017 / © AFP / STR

Le chef de l’opposition vénézuélienne Henrique Capriles a accusé jeudi les autorités de l’empêcher de quitter le pays, où se poursuit la vague de manifestations émaillées de violences contre le gouvernement.

Cet ancien candidat à la présidentielle, qu’il avait perdue de peu contre le chef de l’Etat actuel Nicolas Maduro, devait se rendre à New York pour y rencontrer vendredi le Haut commissaire de l’ONU aux droits de l’Homme, Zeid Ra’ad Al Hussein.

« Je ne vais pas pouvoir assister à la réunion avec le Haut commissaire aux droits de l’Homme », a affirmé M. Capriles dans une vidéo diffusée en direct sur internet depuis l’aéroport international de Maiquetia, à Caracas.

Sur d’autres images diffusées en ligne, il apparaît en train de réclamer son passeport dans un bureau de l’immigration de l’aéroport. « On m’a informé que mon passeport a été annulé », dit-il. « Mon passeport est valable jusqu’en 2020. Ce qu’ils veulent, c’est que je n’aille pas aux Nations unies », affirme-t-il, assurant être « retenu » par les autorités.

« J’espère que la confiscation du passeport d’Henrique Capriles n’est pas une mesure de représailles parce qu’il allait me rencontrer demain à l’ONU », a réagi sur Twitter le Haut commissaire.

M. Capriles avait indiqué sur le même réseau social qu’il comptait profiter de cette rencontre pour lui présenter les cas des manifestants « tombés (tués, ndlr), blessés, emprisonnés » ainsi que des preuves de la « répression » contre les manifestations hostiles au président socialiste.

Après cet épisode à l’aéroport, il a annoncé qu’il retournait à Caracas pour participer à une manifestation dans la capitale contre la « répression brutale ».

Pendant ce temps, dans la rue, les premiers manifestants criaient: « Qui sommes-nous? Le Venezuela! Que veut-on? La liberté! »

Des incidents ont éclatés entre les opposants et les forces de l’ordre lors d’un rassemblement à l’est de Caracas, alors que d’autres manifestations avaient lieu dans plusieurs villes du pays.

Honte pour l’humanité

Le Venezuela est secoué depuis le 1er avril par une vague de manifestations et de violences dont le bilan s’établit à 43 morts, autant que lors de la précédente grande série de protestations anti-Maduro entre février et mai 2014.

Déterminée à obtenir le départ du président via des élections générales anticipées, l’opposition, majoritaire au Parlement depuis fin 2015, ne faiblit pas et mobilise chaque jour des milliers de personnes.

« Nous n’allons pas cesser de dénoncer les violations des droits de l’Homme et d’exiger des élections. Nous allons continuer dans la rue », a déclaré à l’AFP Hasler Iglesias, l’un des leaders étudiants.

La colère populaire est alimentée par la profonde crise économique et sociale frappant ce pays pétrolier, ruiné par la chute des cours du brut et frappé par des pénuries d’aliments et de médicaments. L’inflation y est la plus élevée au monde et la criminalité incontrôlable.

« Ca, c’est de la résistance. On sait que l’on va être réprimés mais nous devons sortir pour protester, il y a des gens qui meurent de faim ou à cause du manque de médicaments », a confié à l’AFP un musicien de 45 ans se présentant comme Napolenrique.

Depuis le début du mouvement de protestation, les dirigeants de l’opposition dénoncent une « répression brutale » des autorités, tandis que le gouvernement accuse ses adversaires de promouvoir des « actes terroristes » en vue d’un « coup d’Etat ».

« Assassin Capriles! » a lancé M. Maduro dans la nuit de mercredi, l’accusant de diriger, avec le président de l’Assemblée nationale Julio Borges, « des bandes de terroristes ».

Dans ce climat d’extrême tension, le président a ordonné mercredi le déploiement de 2.600 militaires dans l’Etat de Tachira (ouest), près de la frontière colombienne, après des pillages et attaques contre des installations de la police et de l’armée.

La veille, il avait une nouvelle fois prolongé l’état d’urgence économique, en vigueur depuis janvier 2016, qui lui permet de restreindre les « garanties » constitutionnelles et de prendre des mesures spéciales d' »ordre social, économique, politique et juridique ».

Au niveau international, le président Donald Trump a qualifié jeudi la crise vénézuélienne de « honte pour l’humanité », tandis que la France a appelé à « l’arrêt des violences » et à une « médiation régionale ou internationale crédible ».

Romandie.com avec(©AFP / 18 mai 2017 23h49)

Au Venezuela, sit-in géant contre le président Maduro

mai 15, 2017

Manifestation contre le président Nicolas Maduro le 15 mai 2017 à Caracas / © AFP / FEDERICO PARRA

Des milliers d’opposants au président vénézuélien Nicolas Maduro bloquaient lundi les principales routes du pays, qui entrait dans sa septième semaine de protestations marquées par des violences ayant fait 38 morts.

L’opération, baptisée « grand sit-in contre la dictature », devait durer douze heures, jusqu’à 19H00 (23H00 GMT), dans une cinquantaine de points stratégiques du pays.

En début-d’après-midi à Caracas, parapluies et capes étaient de sortie sur la principale autoroute d’accès à la capitale, où les manifestants équipés de vivres et d’eau pour la journée, jouaient aux cartes, chantaient et lisaient, assis ou allongés sur le bitume.

Des groupes de manifestants cagoulés avaient disposé des barricades sur la voie, laissant craindre de nouvelles violences.

« C’est un jour de résistance, d’endurance, pour montrer (notre) organisation et (notre) force », a assuré aux journalistes Freddy Guevara, vice-président du Parlement, contrôlé depuis fin 2015 par l’opposition.

L’objectif, a-t-il souligné, est de « rendre ingouvernable » le Venezuela, déjà secoué par une profonde crise politique depuis des mois, qui s’ajoute au marasme économique de ce pays pétrolier ruiné par la chute des cours du brut.

Le président socialiste Nicolas Maduro est confronté depuis le 1er avril à une vague de manifestations hostiles et de violences qui ont déjà fait 38 morts et des centaines de blessés. Au moins 155 civils ont été emprisonnés sur ordre de tribunaux militaires, a dénoncé l’ONG Foro Penal.

« Il n’y a pas de liberté, ils nous répriment, il n’y a pas de nourriture, ou quand il y en a, c’est extrêmement cher », se lamente Miguel Martinez, un enseignant venu participer au sit-in, évoquant ainsi l’inflation galopante et les graves pénuries d’aliments et médicaments liées aux difficultés économiques.

« Je vais rester dans la rue jusqu’à ce qu’il y ait un changement », promet-il.

Tout fout le camp

« Mon père est décédé faute de médicaments (…) Ici, on te tue pour un portable. Tout fout le camp », témoigne Katty Biagioni, psychopédagogue de 43 ans, qui lit dans une tente.

L’opposition exige des élections générales anticipées et rejette la décision du chef de l’Etat de convoquer une assemblée constituante pour réformer le texte suprême datant de 1999, estimant qu’il s’agit d’une manoeuvre pour repousser le scrutin présidentiel prévu fin 2018 et s’accrocher au pouvoir.

Nicolas Maduro s’en est défendu ce week-end: « En 2018, qu’il pleuve, qu’il y ait du tonnerre ou des éclairs, au Venezuela il y aura une élection présidentielle », a-t-il affirmé.

Plusieurs échéances électorales sont déjà attendues, comme celle des gouverneurs régionaux, qui aurait dû avoir lieu en 2016 mais a été reportée sine die. Cette année, le pays doit organiser en outre des élections municipales.

Le ras-le-bol populaire pourrait jouer en faveur de l’opposition à chacune de ces élections, alors que 70 à 80% des habitants désapprouvent la gestion du chef de l’Etat, selon divers sondages.

Le président assure que réformer la Constitution est l’unique chemin vers la paix, mais ses adversaires y voient le moyen de façonner un texte à sa mesure.

« Il n’y a pas moyen que le Venezuela supporte ça. Tant qu’il y aura la dictature, il n’y aura pas de calme », a promis lundi M. Guevara.

Imagination

Sans relâche, l’opposition redouble d’imagination chaque jour pour maintenir la pression dans les rues: vendredi, elle a fait manifester plusieurs milliers de grands-parents à Caracas, samedi elle a organisé des cortèges de voitures, de motos, de vélos et même de chevaux à travers le pays. Dimanche, elle a réuni une nouvelle manifestation à l’occasion de la fête des mères.

L’opposition dénonce la « répression sauvage » des militaires et policiers, qui utilisent des gaz lacrymogènes et des véhicules blindés pour repousser les manifestants à chaque fois qu’ils tentent d’accéder au centre de la capitale, considéré comme un bastion chaviste (du nom du défunt ex-président Hugo Chavez, 1999-2013).

Le président Maduro, qui bénéficie de la « loyauté inconditionnelle » de l’armée, acteur crucial au Venezuela, accuse ses adversaires de mener une « insurrection armée » pour favoriser un coup d’Etat avec le soutien logistique et financier des Etats-Unis.

Dimanche, l’opposition a justement appelé à l’armée au dialogue pour trouver une « solution pacifique » à cette crise.

De son côté, Washington a fermement nié financer toute action violente, exprimant à plusieurs reprises son inquiétude quant à la situation du pays sud-américain, comme l’ont également fait l’ONU, l’Union européenne et l’Organisation des Etats américains (OEA).

Romandie.com avec(©AFP / 15 mai 2017 23h20)                

Venezuela: l’opposition défie Nicolas Maduro lors du défilé du 1er mai

mai 1, 2017

Le président Nicolas Maduro, le 30 avril 2017 lors d’un intervention télévisée à Caracas / © Venezuelan Presidency/AFP / HO

L’opposition vénézuélienne, qui célèbre lundi le premier mois de sa mobilisation contre le président Nicolas Maduro, va défiler de nouveau lors de cette journée de fête du Travail, en signe de défi au pouvoir qui organise traditionnellement de vastes rassemblements le 1er mai.

Les antichavistes (du nom du défunt président Hugo Chavez, au pouvoir de 1999 à 2013), qui exigent de nouvelles élections et le départ du chef de l’Etat socialiste, ont prévu de marcher dans les 24 États du pays ainsi qu’à Caracas vers les bâtiments de la Cour suprême et de l’autorité électorale.

« Le régime mise sur notre usure, c’est pourquoi, après un mois de résistance, nous devons démontrer que nous sommes encore plus forts », a déclaré Freddy Guevara, vice-président du Parlement, seul organe contrôlé par l’opposition.

En face, M. Maduro sera à la tête d’un rassemblement de ses partisans sur la place Bolivar, au centre de Caracas, considérée comme un bastion du pouvoir.

« Le 1er mai appartient à la classe ouvrière. Ce n’est pas une journée pour le capitalisme, ni pour la droite », a assuré le chef de l’Etat lors de son émission dominicale.

Depuis le 1er avril, date du début des protestations, presque toutes les marches ont dégénéré en heurts, pillages et échanges de gaz lacrymogènes et de cocktails Molotov entre manifestants et forces de l’ordre. A cela s’est ajoutée la violence exercée par les « colectivos », des groupes de civils armés par le gouvernement, assure l’opposition.

L' »embuscade » d’avril

Au total, 28 personnes sont mortes dans les violences entourant ces rassemblements, selon le Parquet, et des centaines ont été blessées. Plus d’un millier de personnes ont été interpellées, la plupart brièvement.

Tandis que les opposants dénoncent la répression du gouvernement, Nicolas Maduro les accuse de commettre « des actes de terrorisme » pour faciliter un coup d’État et une intervention étrangère sous l’égide des États-Unis.

« Ce qu’ils (l’opposition) ont fait en avril est une embuscade, une saillie violente pour semer le chaos dans la société, prendre d’assaut le pouvoir politique et imposer au Venezuela une contre-révolution », a déclaré M. Maduro.

La crispation politique de ces dernières semaines au Venezuela secoue un pays pétrolier déjà frappé par la pénurie de médicaments et d’aliments et par l’inflation la plus élevée au monde, à 720% pour 2017, selon la dernière prévision du FMI.

A la veille du 1er mai, M. Maduro a annoncé dimanche une nouvelle hausse du salaire minimum de 60%: il s’élèvera désormais à un peu plus de 65.000 bolivars, soit 90 dollars au taux de change officiel le plus élevé, ou 15 dollars au marché noir.

L’aide alimentaire, versée avec le salaire, passe elle à 135.000 bolivars (188 dollars au taux officiel et 31 au marché noir).

Sept Vénézuéliens sur dix souhaitent le départ de Nicolas Maduro, dont le mandat court jusqu’en janvier 2019.

Opposition divisée ?

L’étincelle qui a déclenché ce mouvement est la décision fin mars de la Cour suprême, réputée proche de M. Maduro, de s’arroger les pouvoirs du Parlement, donnant ainsi les pleins pouvoirs au camp présidentiel.

Devant le tollé diplomatique international et les accusations de « coup d’État » de l’opposition, l’autorité judiciaire avait fait marche arrière 48 heures plus tard. Ce qui n’a pas calmé la colère des anti-Maduro, ni apaisé la pression internationale.

M. Maduro a accusé dimanche l’opposition de se soustraire à ses appels au dialogue tout en se félicitant de la proposition du pape François, qui s’est dit disposé samedi à ce que le Vatican reprenne le rôle de médiation joué en 2016, mais à « des conditions très claires » qu’il n’a pas spécifiées.

« Si je dis +dialogue+, ils (l’opposition) s’enfuient épouvantés, ils ne veulent pas de dialogue. Hier, ils s’en sont pris au pape François. Moi, je respecte les déclarations du pape François », a-t-il dit.

L’opposition a officialisé dimanche dans une lettre au pape son refus de reprendre un dialogue avec le président Maduro sans « garanties » sur les modalités de ce dialogue, écartant une objection du pape selon qui elle serait divisée.

L’un des dirigeants de la Table de l’unité démocratique (MUD, coalition de l’opposition), Henrique Capriles, avait déjà rejeté samedi l’offre du pape.

De leur côté, 8 pays latino-américains, dont le Brésil et l’Argentine, ont apporté dimanche dans une déclaration commune leur soutien à la proposition du pape, sous plusieurs conditions dont l’arrêt des violences et l’établissement d’un calendrier électoral.

Caracas, qui a initié vendredi sa sortie de l’Organisation des États Américains (OEA), cherchera un appui du côté de la Celac (Communauté des États d’Amérique latine et des Caraïbes) lors d’une réunion extraordinaire mardi au Salvador.

Romandie.com avec(©AFP / 01 mai 2017 14h09)                

Venezuela: Maduro accuse l’opposition de refuser le dialogue

avril 30, 2017

Le 29 avril 2017 à Caracas, marche en hommage à un étudiant tué par une grenade lacrymogène le 26 avril / © AFP / JUAN BARRETO

Le président vénézuélien Nicolas Maduro a accusé dimanche l’opposition de refuser le dialogue, tout en se félicitant de la proposition du pape François, qui s’est dit la veille disposé à intervenir dans la crise qui secoue le pays sud-américain.

« Si je dis +dialogue+, ils (l’opposition) partent en courant, ils ne veulent pas de dialogue. Hier, ils s’en sont pris au pape François. Moi, je respecte les déclarations du pape François », a déclaré le chef de l’Etat lors de son émission hebdomadaire.

Dans l’avion qui le ramenait d’Egypte samedi soir, le pape a assuré que le Vatican était disposé à intervenir comme « facilitateur » au Venezuela.

« Je crois que cela doit se faire avec des conditions. Des conditions très claires », a déclaré le pape, sans pour autant les préciser. Il a estimé que l’opposition était « divisée » sur cette possibilité de reprendre les négociations avec le gouvernement chaviste, du nom du défunt président vénézuélien Hugo Chavez (1999-2013).

En décembre, la coalition d’opposition de la MUD (Table pour l’unité démocratique, centre droit) avait gelé les négociations entre le gouvernement et les antichavistes, organisées depuis octobre sous l’égide du Vatican et de l’Union des nations sud-américaines (Unasur).

La vague de manifestations hostiles à M. Maduro entre lundi dans son deuxième mois et les violences autour de ces rassemblements ont fait déjà une trentaine de morts. Pour marquer le premier mois de sa mobilisation, l’opposition a appelé à de nouvelles manifestations au coeur de Caracas et dans tout le pays lundi.

M. Maduro a aussi annoncé dimanche une nouvelle hausse du salaire minimum de 60%: « J’ai décidé cette troisième hausse salariale de 2017 en raison du 1er mai ».

Le salaire minimum s’élèvera désormais à un peu plus de 65.000 bolivars, soit 90 dollars au taux de change officiel le plus élevé, ou 15 dollars au marché noir.

L’aide alimentaire, versée avec le salaire, passe elle à 135.000 bolivars (188 dollars au taux officiel et 31 au marché noir).

Le Venezuela traverse une grave crise économique, liée à la chute des cours du pétrole – son unique richesse -, qui a fait exploser l’inflation (720% en 2016 selon le FMI) et vidé supermarchés et pharmacies.

Le chef de l’Etat accuse l’opposition de droite d’aggraver la situation en déclarant une guerre économique au gouvernement avec le soutien des Etats-Unis.

Romandie.com avec(©AFP / 01 mai 2017 00h05)

Venezuela: le pape pose des conditions pour intervenir

avril 29, 2017

A bord de l’avion papal – Le pape François a assuré samedi, dans l’avion qui le ramenait d’Egypte, que le Saint-Siège était disposé à intervenir comme « facilitateur » face à la crise au Venezuela, mais « avec des conditions claires ».

« Je crois que cela doit se faire avec des conditions. Des conditions très claires », a déclaré le pape, interrogé sur la manière dont le Vatican pourrait aider à faire cesser les violences qui ont fait déjà une trentaine de morts en un mois de manifestations hostiles au président socialiste Nicolas Maduro.

« Il y a eu une intervention du Saint-Siège à la demande forte des quatre présidents (quatre anciens dirigeants espagnol, dominicain, panaméen et colombien) qui travaillaient comme facilitateurs. Cela n’a pas marché. Car les propositions n’étaient pas acceptées, elles se diluaient, c’était un +oui, oui mais non, non+ », a-t-il rappelé.

« Je sais qu’en ce moment, ils insistent, je ne sais pas bien d’où, je crois que ce sont les quatre présidents, pour relancer la facilitation. Ils cherchent l’endroit », a-t-il ajouté, relevant qu’une partie de l’opposition n’en voulait pas.

« Tout ce qui peut être fait pour le Venezuela, il faut le faire, avec les garanties nécessaires », a-t-il expliqué.

Il n’a pas précisé quelles étaient selon lui ces conditions, mais son secrétaire d’Etat, Pietro Parolin, ancien nonce apostolique au Venezuela, en avait évoqué quatre en décembre: établissement d’un calendrier électoral, libération des opposants détenus, ouverture à l’aide sanitaire étrangère et rétablissement des prérogatives du Parlement.

Dans ce pays pétrolier en profonde crise économique, où sept Vénézuéliens sur dix souhaitent le départ de M. Maduro, l’opposition multiplie depuis un mois les manifestations pour obtenir des élections générales anticipées.

Interrogé sur les tensions autour des ambitions nucléaires de la Corée du Nord, le pape a insisté sur la nécessité « d’une négociation en vue d’une solution diplomatique ». « Il y a tant de médiateurs dans le monde qui se proposent. La Norvège, par exemple qui est toujours prête à aider », a-t-il relevé.

Reprenant son thème habituel de la « guerre mondiale par morceaux », il a estimé que ces morceaux étaient « concentrés en des points qui déjà étaient chauds. En Corée aujourd’hui, il semble que cela se soit trop réchauffé ».

Jorge Bergoglio s’est également dit prêt à rencontrer Donald Trump à l’occasion du passage du nouveau président américain fin mai en Italie pour le G7 de Taormina (Sicile).

« Je n’ai pas encore été informé par la secrétairerie d’Etat qu’il y ait eu une demande. Je reçois tous les chefs d’Etat qui en font la demande », a déclaré le pontife argentin, qui avait assuré lors d’un autre vol l’année dernière qu’un homme promettant de bâtir un mur contre les migrants n’était « pas chrétien ».

Romandie.com avec(©AFP / 29 avril 2017 22h31)

Venezuela : la stratégie de l’épuisement

avril 21, 2017

Manifestation à Caracas, le 20 avril 2017 / © AFP / JUAN BARRETO

La stratégie de l’opposition au Venezuela de multiplier les manifestations et d’attirer l’attention de la communauté internationale, s’inscrit dans un bras de fer avec le gouvernement du président Nicolas Maduro, chaque camp misant sur l’épuisement de l’autre.

La vague de protestations, démarrée le 1er avril, a été entachée de violents affrontements entre forces de l’ordre et manifestants. En trois semaines, 20 personnes ont été tuées, selon les autorités, dont 11 rien que dans la nuit de jeudi à vendredi. Plus de 600 ont été arrêtées, selon l’ONG Foro Penal.

En mobilisant des milliers de personnes dans les rues, l’opposition veut obtenir des élections générales anticipées, la liberté de ceux qu’elle considère comme des prisonniers politiques et le respect de l’autonomie du Parlement, unique institution qu’elle contrôle depuis fin 2015.

Fort de sa victoire aux élections législatives, l’opposition libérale a engagé un bras de fer avec Nicolas Maduro, les deux parties s’accusant mutuellement de « coup d’Etat ».

Mais le politologue Luis Salamanca juge difficile que ces mobilisations puissent précipiter le changement de gouvernement cette année. Selon lui, la stratégie de l’opposition est donc d' »épuiser son adversaire » jusqu’à la « date limite » : l’élection présidentielle de décembre 2018.

Course de fond

« C’est une course de fond » qui « joue sur la capacité de résistance de la population et la capacité de répression du gouvernement », estime M. Salamanca.

Dans ce pays pétrolier qui a sombré économiquement avec la chute des cours du brut, la majorité des aliments et médicaments manquent. Le mouvement de colère populaire devrait donc se poursuivre, malgré la répression, prédit le sociologue Francisco Coello.

« Le pays n’a plus un seul os en bonne santé. Les gens vont continuer à manifester », explique-t-il à l’AFP.

« Si le gouvernement ne cède pas, combien de temps peut-il maintenir cette répression? », s’interroge-t-il. « Même si les manifestations se réduisent, il restera encore un pays sans pain, sans médicaments, où les hôpitaux sont dans un véritable état d’effondrement. Les protestations reprendront ».

Fissures

Et si les manifestations continuent, avec toujours plus de violences et de victimes, les soutiens politiques et militaires du gouvernement pourraient montrer des signes de « fissures », selon M. Salamanca.

« Entre 1946 et 2008, sur 205 cas de chutes de gouvernements autoritaires, 68% étaient dues à des fissures dans la structure du pouvoir : un coup d’Etat, une démission, une fuite », souligne le politologue.

Pour l’heure, Nicolas Maduro a reçu encore lundi le soutien « inconditionnel » de l’armée, par la voix de son ministre de la Défense Vladimir Padrino.

Le gouvernement « garde beaucoup de force, il est soutenu par les militaires, les institutions de l’Etat qu’il contrôle et les groupes paramilitaires qui visent les civils », observe la politologue Francine Jacome.

Venezuela: nouvelle journée de manifestations et d’affrontements / © AFP / Yorman Maldonado

Mais cette unité affichée s’est trouvée fragilisée mardi soir quand le chef de l’Etat a annoncé l’arrestation des « meneurs » d’un supposé « complot militaire » à son encontre, fomenté selon lui par des membres actifs ou retraités de l’armée.

– Pression internationale –

Si, jusqu’à présent, l’opposition n’a pas atteint son objectif principal – des élections anticipées -, elle a toutefois retrouvé une image d’unité, un soutien populaire et des alliés à l’étranger.

« Elle envoie le message qu’elle est en train de lutter (…), de garder l’esprit (de combat), elle fait de la psychologie politique pour motiver ses partisans en allant elle-même au charbon », juge Luis Salamanca.

Lors des marches, on voit régulièrement les principaux dirigeants de l’opposition, comme l’ex-candidat à la présidentielle Henrique Capriles, souffrant avec la foule des effets des gaz lacrymogènes.

« Cette pression de la rue et la répression rendent plus visible ce qui se passe au Venezuela et l’opposition a réuni un précieux soutien international qui fait pression sur le gouvernement pour des élections », explique Francine Jacome.

Dans ce contexte, Maduro « sera soumis à une dynamique de pression permanente des mobilisations de masse et du monde international aussi », prévoit M. Salamanca.

Onze pays latino-américains et les Etats-Unis ont plaidé pour le respect du droit à manifester de manière pacifique et pour des élections permettant de sortir de la crise. Jeudi, l’Union européenne a condamné la violence.

Romandie.com avec(©AFP / 21 avril 2017 19h33)

Venezuela : l’armée déployée avant une manifestation de l’opposition

avril 17, 2017

Caracas – Le président socialiste du Venezuela, Nicolas Maduro, a annoncé le déploiement lundi de militaires dans tout le pays en amont d’une manifestation prévue pour mercredi par l’opposition, le chef de l’armée réaffirmant sa « loyauté » envers le chef de l’Etat.

« Dès le premier chant du coq, les forces armées nationales bolivariennes seront dans les rues, au pas de course et en chantant (…) +Vive la révolution bolivarienne+ », a déclaré M. Maduro dimanche soir à la télévision.

Le chef des armées et ministre de la Défense, Vladimir Padrino Lopez, a quant à lui réitéré son soutien au président, à l’occasion d’un rassemblement de milliers de membres de la milice civile organisé lundi devant le palais présidentiel de Miraflores, à Caracas.

« Les forces armées nationales bolivariennes (…) ratifient leur loyauté inconditionnelle envers monsieur le président », a-t-il assuré, à deux jours d’une nouvelle manifestation annoncée par l’opposition, dans le cadre d’une vague de protestations démarrée début avril.

L’armée au Venezuela est un acteur crucial du jeu politique, comme le reflète son poids au sein du gouvernement de Nicolas Maduro : sur les 32 ministères, 11 sont dirigés par des militaires ou d’anciens militaires.

La chaîne gouvernementale de télévision VTV a montré des soldats défilant à Caracas aux côtés du ministre de la Défense, mais lundi on ne voyait pas de patrouilles militaires dans les rues de la capitale.

« Nous commençons la semaine avec beaucoup de vigueur, beaucoup d’esprit combatif, en vue du 19 avril », avait déclaré un peu plus tôt le ministre à la télévision. Mais « nous ne voulons pas de confrontation », a-t-il assuré.

Le 19 avril – mercredi – sera la date anniversaire de la révolution de 1810, qui a conduit à l’indépendance du Venezuela.

C’est aussi la date choisie par l’opposition pour appeler à « la mère de toutes les manifestations » afin d’exiger des élections anticipées. Le gouvernement a appelé pour le même jour à « la marche des marches », laissant craindre de nouvelles échauffourées.

Depuis début avril, une vague de manifestations antichavistes (du nom de l’ancien président Hugo Chavez, 1999-2013), émaillées de violents heurts avec la police, ont été organisées à travers le Venezuela dans le but de mobiliser la population, étranglée par la crise économique qui sévit dans ce pays pétrolier que la chute des cours du brut a ruiné.

Cinq manifestants sont morts et des centaines d’autres ont été blessés ou arrêtés au cours de ces manifestations.

L’armée vénézuélienne compte 165.000 hommes et 25.000 réservistes.

Romandie.com avec(©AFP / 17 avril 2017 19h33)

Venezuela : deux nouveaux morts dans les manifestations anti-Maduro (parquet)

avril 12, 2017

Caracas – Un adolescent de 13 ans et un homme de 36 ans ont été tués mardi soir lors de manifestations contre le président socialiste vénézuélien Nicolas Maduro à Barquisimeto (ouest), a annoncé mercredi le parquet national.

Deux étudiants de 19 ans étaient morts jeudi dernier et mardi après avoir été blessés par balle au cours de protestations, selon les autorités.

Le ministère public, qui indique que les deux nouvelles victimes « participaient à des manifestations », n’a pas précisé les circonstances de leur décès, qui élève à quatre le nombre de morts depuis le début de la mobilisation de l’opposition, le 1er avril.

Un peu plus tôt mercredi, l’opposition au gouvernement avait annoncé la mort d’un adolescent.

« On vient de nous confirmer la mort d’un adolescent de 14 ans, Brayan Principal, qui a reçu une balle dans l’abdomen » dans la ville de Barquisimeto (ouest), a écrit sur Twitter le député de l’opposition Alfonso Marquina.

Il avait mis en cause les organisations civiles armées qui soutiennent le chef de l’Etat.

Si aucune manifestation n’était convoquée mardi par l’opposition, des protestations sporadiques (blocages de route, rassemblements) ont lieu régulièrement à travers le pays.

Les antichavistes (du nom de l’ancien président Hugo Chavez, 1999-2013) sont très en colère après les 15 ans d’inéligibilité décidés vendredi contre l’un de leurs leaders, Henrique Capriles, principal rival de Nicolas Maduro qui l’avait battu de peu lors de la présidentielle de 2013.

La situation s’était déjà enflammée ces derniers jours quand la Cour suprême, réputée proche du président Maduro, s’était brièvement arrogée les pouvoirs du Parlement, déclenchant un tollé diplomatique qui l’a poussée à faire machine arrière 48 heures plus tard.

L’opposition a annoncé une nouvelle journée de mobilisation le 19 avril. Il s’agira, selon Freddy Guevara, l’un des responsables antichavistes, de la « mère de toutes les manifestations ».

Ce même jour de fête nationale, les Chavistes ont aussi appelé à « une grande mobilisation » à Caracas.

Outre la crise politique en cours, le Venezuela, qui a connu trois coups d’Etat manqués depuis 1992, est frappé par une pénurie qui concerne 68% des produits de base et l’inflation y est devenue incontrôlable (1.660% fin 2017, prédit le FMI).

Romandie.com avec(©AFP / 12 avril 2017 22h41)

Venezuela : le principal opposant écarté de la prochaine présidentielle

avril 7, 2017

 

Henrique Capriles, le 7 avril 2017, à Caracas / © AFP/Archives / FEDERICO PARRA

Au Venezuela le principal opposant au président socialiste Nicolas Maduro, Henrique Capriles, a été déclaré inéligible pour 15 ans, ce qui l’écarte de fait de la prochaine élection en 2018, dans un nouveau soubresaut de la crise politique qui ébranle ce pays.

L’organisme public chargé de contrôler l’action des fonctionnaires vénézuéliens lui a « imposé une sanction d’inéligibilité pour des mandats publics pour une période de 15 ans ».

La sanction répond à des « irrégularités administratives » durant la gestion de Capriles en tant que gouverneur de l’Etat de Miranda (nord), poste qu’il occupe actuellement.

L’opposant, âgé de 44 ans, qui s’était incliné de peu face à Nicolas Maduro lors de la présidentielle de 2013, donnait une conférence de presse vendredi.

« Ce n’est pas mon combat, mais celui de tous les Vénézuéliens ! (…) Nous allons défendre notre Constitution et notre pays ! », a-t-il lancé.

« Inéligibilité de a un seul objectif : la dictature veut choisir son opposition. Va-t-on se laisser faire ? Et bien non. Demain on continue ! », avait écrit un peu avant sur Twitter le vice-président du Parlement et opposant Freddy Guevara.

Cette mesure intervient dans un climat de forte tension au Venezuela.

– Manifestation samedi –

Une nouvelle manifestation était prévue samedi à l’appel des antichavistes (du nom de l’ancien président Hugo Chavez, 1999-2013), après celle de jeudi, où quelque 10.000 opposants ont défilé contre le pouvoir dans la capitale et à ses abords, et lors de laquelle plusieurs violentes échauffourées les ont opposés à la police.

Un jeune homme de 19 ans a été tué, 19 personnes blessés et 30 autres interpellées.

Le pays sud-américain, qui s’est effondré économiquement avec la chute des cours du pétrole, sa principale richesse, est déchiré par une profonde crise politique depuis la victoire de l’opposition de centre droit aux législatives de fin 2015.

La situation s’est enflammée ces derniers jours quand la Cour suprême, réputée proche du président Maduro, s’est brièvement arrogée les pouvoirs du Parlement, déclenchant un tollé international qui l’a poussée à faire machine arrière 48 heures plus tard.

L’opposition, réunie dans une vaste coalition, la MUD (Table pour l’unité démocratique), crie à la tentative de coup d’Etat et veut faire pression en mobilisant la population, étranglée par la crise économique.

Hormis le Parlement, le chavisme contrôle toutes les institutions au Venezuela. Et depuis janvier 2016, la Cour suprême a réussi à faire annuler toutes les décisions du pouvolr législatif.

Henrique Capriles a la possibilité de faire appel de son inéligibilité dans les 15 jours devant la « Contraloria », l’instance qui lui a infligé cette sanction, ou dans les six mois devant la Cour suprême. Mais l’opposition accuse ces deux organismes de servir le pouvoir.

Une fois ces recours épuisés, M. Capriles devra abandonner son poste de gouverneur.

Il est fini

Capriles, qui avait également été battu en 2012 par Hugo Chavez (décédé ensuite, entraînant de nouvelles élections en 2013), s’était déjà déclaré candidat aux primaires de la MUD pour la présidentielle de 2018.

Jeudi, le chef de l’Etat avait fortement critiqué cette figure des antichavistes.

Capriles « fait partie de l’histoire de la politique vénézuélienne. Il est fini politiquement », avait lancé le président Maduro, sans faire alors référence à de possibles sanctions contre le leader de l’opposition.

Très impopulaire et soumis à une importante pression internationale, le chef de l’Etat, 54 ans, refuse d’organiser des élections anticipées comme l’exige l’opposition et entend rester au pouvoir jusqu’au prochain scrutin, prévu en décembre 2018.

Dans ce pays, l’un des plus violents au monde et où de vastes manifestations en 2014 avaient fait officiellement 43 morts, l’impasse politique fait craindre que la situation ne dégénère dans la rue.

Outre la profonde crise politique en cours, le Venezuela, pays pétrolier qui a connu trois tentatives de coup d’Etat depuis 1992, est frappé par une pénurie qui concerne 68% des produits de base, et l’inflation y est devenue incontrôlable (1.660% fin 2017, selon une prévision du FMI).

Romandie.com avec(©AFP / 08 avril 2017 01h57)