Posts Tagged ‘VENEZUELA’

Venezuela: 16.900 militaires pour leur « loyauté » à Maduro

juillet 2, 2018

Le ministre vénézuélien de la Défense, Vladimir Padrino Lopez (D), lors d’une cérémonie à Caracas, le 15 mai 2018 / © AFP/Archives / Luis ROBAYO

Le gouvernement vénézuélien a promu lundi 16.900 militaires en reconnaissance pour leur « loyauté » au président socialiste Nicolas Maduro, qui a dénoncé plusieurs complots contre lui au sein de l’armée, son traditionnel soutien.

« Nous avons évalué la loyauté que chaque homme et chaque femme a mise dans ses mains, ses pensées, sa façon d’agir, dans chaque tâche réalisée à son grade », a déclaré le ministre de la Défense, le général Vladimir Padrino, lors d’une cérémonie.

Le président Maduro a multiplié ces derniers mois les appels à l’armée à « serrer les rangs contre la trahison », dénonçant des plans pour diviser les militaires et provoquer sa chute alors que le pays pétrolier est plongé dans une grave crise politique et économique.

Le 24 mai dernier, quatre jours après sa réélection, contestée par une grande partie de la communauté internationale, le chef d’État avait annoncé l’arrestation d’un groupe de militaires accusés de conspirer contre le scrutin.

Selon Alfonso Medina, l’un des avocats de la défense dans cette affaire, huit militaires – dont deux généraux – et un civil ont été inculpés par un tribunal militaire pour trahison envers la patrie, appel à la rébellion et mutinerie.

L’ONG Foro Penal, qui défend des opposants accusés de délits politiques, a annoncé également le 20 juin que cinq militaires et trois civils avaient été condamnés à des peine de trois à six ans de prison, pour avoir participé à un complot putschiste dénoncé par le président Maduro en 2015.

Le général Padrino a précisé qu’au moment de choisir les militaires méritant d’être promus, il a été tenu compte de leur « rôle » dans la « stabilité institutionnelle du pays et la préservation de la démocratie et de la paix » lors de la vague de manifestations exigeant le départ du chef de l’État, qui ont fait 125 morts en 2017.

Autre critère des promotions attribuées: le « respect des droits de l’homme », a assuré le ministre de la Défense, alors que la violence de la répression a été dénoncée par plusieurs organismes internationaux.

Romandie.com avec(©AFP / 02 juillet 2018 23h08)

Publicités

Venezuela: l’ONU demande une enquête internationale

juin 22, 2018

Genève – Le Haut-Commissaire de l’ONU aux droits de l’Homme a qualifié vendredi de « lamentable » la situation au Venezuela, appelant à créer une commission d’enquête internationale et demandant un « engagement accru » de la Cour pénale internationale (CPI).

« L’impunité doit cesser », a affirmé Zeid Ra’ad Al Hussein, à l’occasion de la publication d’un rapport sur le Venezuela.

« Etant donné que l’Etat ne semble ni capable ni disposé à poursuivre les auteurs de violations graves des droits de l’Homme, il y a de solides raisons de demander un engagement accru de la Cour pénale internationale », a-t-il souligné.

La CPI a ouvert en février un examen préliminaire sur des crimes commis au Venezuela, théâtre de troubles politiques meurtriers.

Le Haut-Commissariat demande aussi la création d’une commission d’enquête internationale par le Conseil des droits de l’Homme de l’ONU, comme il en existe pour la Syrie.

La publication du rapport fait suite à un premier rapport accablant du Haut-Commissaire, publié en août 2017, qui dénonçait déjà le « recours généralisé et systématique à une force excessive pendant les manifestations, et la détention arbitraire de manifestants et d’opposants politiques présumés ».

Usage de la force excessive, détentions arbitraires, tortures et mauvais traitements, incluant des simulacres d’exécution et des décharges électriques, se poursuivent selon le Haut-Commissariat, qui souligne que cette répression menée par les autorités de l’Etat a commencé en 2014.

– Exécutions extrajudiciaires –

Ce nouveau rapport accuse par ailleurs diverses forces de sécurité vénézuéliennes d’avoir procédé depuis 2015 à des centaines d’exécutions extrajudiciaires, visant surtout des jeunes dans les quartiers pauvres, dans le cadre d’opérations de lutte contre la criminalité.

Plus de 500 exécutions extrajudiciaires auraient ainsi été menées entre juillet 2015 et mars 2017, selon le rapport qui s’appuie sur des statistiques de l’ancien procureur général, désormais en exil.

« Ces opérations de lutte contre la criminalité étaient davantage un exercice visant à montrer que le gouvernement est sérieux dans la lutte contre la criminalité », a expliqué aux médias une porte-parole du Haut-Commissariat, Ravina Shamdasani.

« Quand une boîte de pilules contre l’hypertension coûte plus cher que le salaire minimum mensuel et le lait en poudre pour bébé plus de deux mois de salaire, mais que manifester contre une telle situation peut vous mener en prison, l’injustice extrême de tout cela est flagrante », a fait valoir le Haut-Commissaire.

Les autorités vénézuéliennes ayant refusé l’accès du pays aux experts de l’ONU, M. Zeid a chargé une équipe de spécialistes des droits de l’Homme d’interviewer à distance quelque 150 personnes, dont des victimes et leurs familles, ainsi que des témoins, des journalistes, des avocats et des médecins notamment.

Ces témoignages ont montré que les méthodes pour « intimider et réprimer l’opposition politique ou toute personne perçue comme étant une menace au gouvernement » se poursuivent mais que « ces détentions sont devenues plus sélectives que durant la période des manifestations », visant des activistes, des étudiants, des défenseurs des droits de l’Homme, des travailleurs des médias et des membres des forces armées.

Au moins 12.320 personnes ont été détenues dans le pays entre janvier 2014 et avril 2018, et plus de 7.000 d’entre elles ont été libérées avec comme condition de respecter un certain nombre de mesures limitant leurs libertés, pointe le rapport, utilisant des éléments communiqués par des représentants de la société civile.

Au moins 570 personnes, dont 35 enfants, ont été détenues depuis août dernier.

Le président Maduro, au pouvoir depuis 2013, a été récemment réélu jusqu’en 2025, au terme d’un scrutin vivement critiqué à l’étranger.

Romandie.com avec(©AFP / 22 juin 2018 13h09)                                                        

États-Unis: Trump célèbre la libération d’un Américain détenu au Venezuela

mai 26, 2018

Le président vénézuélien Nicolas Maduro (G) serre la main du sénateur américain Bob Corker (D) en visite au palais présidentiel de Miraflores à Caracas le 25 mai 2018 / © AFP / FRANCISCO BATISTA

Donald Trump s’est réjoui samedi de la libération d’un Américain détenu au Venezuela, Joshua Holt, qui ponctue une semaine pourtant marquée par un durcissement du ton de Washington face à Caracas après la réélection du socialiste Nicolas Maduro, qualifiée de « farce ».

Missionnaire mormon âgé de 26 ans, Joshua Holt avait été arrêté en juin 2016 dans sa résidence près de Caracas par les services de renseignement vénézuéliens qui l’accusaient d’organiser des groupes armés pour déstabiliser le président Nicolas Maduro, ce qu’il a toujours démenti.

« Bonne nouvelle avec la libération de l’otage américain au Venezuela », a écrit Donald Trump sur Twitter samedi matin. « Les formidables habitants de l’Utah célèbrent » ce moment, a-t-il poursuivi en référence à cet Etat américain à forte population mormone d’où est originaire Joshua Holt.

Les proches du jeune missionnaire ont remercié « tous ceux qui ont participé à ce miracle », dans un communiqué transmis par son avocat au Venezuela, Carlos Trujillo, évoquant la « période d’angoisse » qu’ils ont traversée depuis son arrestation.

Selon le sénateur républicain de l’Utah Orrin Hatch, l’épouse vénézuélienne de Joshua Holt, Thamara, arrêtée en même temps que lui, a également été libérée. « Je suis heureux d’annoncer qu’après deux ans de durs efforts, nous avons obtenu la libération de Josh et Thamy Holt, qui sont désormais en route vers chez eux aux Etats-Unis ».

Le couple Holt devrait arriver à Washington en fin de journée et être reçu à la Maison Blanche vers 19H00, (23H00 GMT), a indiqué Donald Trump sur Twitter.

Cette annonce intervient au lendemain d’une rencontre surprise à Caracas entre l’influent sénateur américain Bob Corker, président républicain de la commission des Relations extérieures, et le président socialiste Nicolas Maduro, qui vient d’être réélu pour un deuxième mandat après une élection qualifiée de « farce, ni libre ni équitable », par le vice-président américain Mike Pence.

Au lendemain de l’élection du 20 mai, Washington a imposé de nouvelles sanctions visant à isoler plus encore le régime vénézuélien. La quasi totalité de ses responsables gouvernementaux sont déjà visés par des sanctions européennes ou américaines, y compris Nicolas Maduro.

Les Etats-Unis, qui achètent un tiers du brut vénézuélien, ont menacé par le passé d’un embargo pétrolier et interdisent à leurs citoyens toute transaction sur la dette vénézuélienne.

– « Rechercher la paix » –

Nicolas Maduro « a tenu une réunion très importante avec le sénateur républicain Bob Corker (…) toujours pour rechercher la paix, le dialogue fertile », avait indiqué à la presse le ministre vénézuélien de la Communication, Jorge Rodriguez vendredi.

Nicolas Maduro a tweeté plusieurs photos et vidéos de la rencontre. « La république bolivarienne du Venezuela recevra quiconque désire dialoguer. Nous sommes un peuple un de paix, qui travaille inlassablement pour le bien-être du pays », a-t-il déclaré.

Joshua Holt était apparu à la mi-mai dans des vidéos filmées dans un centre de détention des services de renseignement et diffusées par des membres de l’opposition vénézuélienne qui réclamaient la libération des prisonniers.

« Je m’adresse au peuple américain. J’ai besoin de votre aide pour me sortir d’ici (…) Voilà deux ans que j’implore mon gouvernement. Ils disent être mobilisés mais je suis toujours là. Et à présent ma vie est menacée », disait-il.

Jeudi, après avoir prêté serment comme président réélu devant l’Assemblée constituante, formée uniquement de ses partisans, Nicolas Maduro avait proposé de libérer des opposants incarcérés pour « surmonter les blessures laissées par les manifestations, les conspirations ».

Vendredi, 14 manifestants incarcérés au Venezuela depuis avril ont été libérés, selon l’ONG Foro Penal, qui estime que le pays compte encore quelque 350 « prisonniers politiques », ce que le gouvernement socialiste dément.

Romandie.com avec (©AFP / 26 mai 2018 17h43)                

Maduro réplique à Trump et expulse ses représentants au Venuzuela

mai 22, 2018

El presidente de Venezuela, Nicolás Maduro, fue proclamado este martes oficialmente reelecto para gobernar hasta 2025 / © AFP / Federico PARRA

De nouvelles représailles de Washington étaient attendues après la décision du président vénézuélien Nicolas Maduro, réélu dimanche lors d’un scrutin très critiqué par la communauté internationale, d’expulser ses deux plus hauts représentants diplomatiques à Caracas, en réplique aux nouvelles sanctions des Etats-Unis.

« J’ai déclaré persona non grata le chargé d’affaires des Etats-Unis (Todd Robinson, ndlr) et j’annonce son départ dans les 48 heures », a déclaré le président socialiste, accusant M. Robinson de fomenter un complot militaire, économique et politique contre lui.

Nicolas Maduro a également ordonné l’expulsion du numéro deux de la mission diplomatique (les deux pays n’ont plus d’ambassadeurs respectifs depuis 2010), Brian Naranjo, qu’il a accusé d’être le représentant local de la CIA.

Il réplique ainsi au décret signé lundi par son homologue américain Donald Trump, visant à réduire la capacité du Venezuela à vendre ses actifs.

Washington pourrait d’ailleurs ne pas en rester là, un responsable du département d’Etat ayant dit mardi que les Etats-Unis pourraient prendre des « mesures réciproques appropriées » une fois reçue la « notification de la part du gouvernement vénézuélien à travers les canaux diplomatiques » de l’expulsion de leurs deux diplomates.

Ces nouvelles sanctions américaines s’inscrivent dans le concert de critiques internationales après la victoire de M. Maduro, 55 ans, avec 68% des voix contre 21,2% à son principal adversaire, Henri Falcon, 56 ans, dans le contexte d’une abstention record de 54% et d’un boycott par l’opposition qui dénonçait une « supercherie ».

– « Irrégularités » selon l’UE –

Les résultats annoncés, qualifiés de « farce » par les Américains, ont été aussi rejetés par le Groupe de Lima, une alliance de 14 pays d’Amérique et des Caraïbes qui comprend l’Argentine, le Brésil, le Canada, la Colombie et le Mexique. Ils ont rappelé dès lundi leurs ambassadeurs au Venezuela.

Mardi, Bruxelles a également haussé le ton: « L’Union européenne envisage des sanctions », a fait savoir la représentante de la diplomatie européenne Federica Mogherini, dénonçant de « nombreuses irrégularités signalées le jour du scrutin, y compris l’achat de votes ».

Face à ces critiques, Caracas reste inflexible et crie au complot.

« Nous n’avons jamais vu une attaque internationale aussi impitoyable que celle menée contre ce processus » électoral, a dénoncé mardi la présidente du Conseil national électoral (CNE), la chaviste Tibisay Lucena, à l’occasion de la cérémonie de proclamation officielle de l’élection de M. Maduro.

Le ministère des Affaires étrangères a quant à lui fustigé « le lynchage politique et financier » du Venezuela par les Etats-Unis, où gouverne un « régime suprématiste, raciste et interventionniste (…) inspiré par les postulats néfastes du Ku Klux Klan ».

– Militaires arrêtés –

Mardi, la justice militaire vénézuélienne a emprisonné mardi onze officiers des forces armées vénézuéliennes, accusés d’avoir comploté des actions déstabilisatrices contre le président Maduro.

Ils ont été accusés de « mutinerie, d’incitation à la mutinerie, de crimes contre la discipline militaire et de trahison de la patrie », a déclaré à l’AFP l’avocate de l’ONG de défense des droits de l’homme Foro Penal, Maria Torres.

Selon l’ONG Justicia Venezolana, 92 militaires ont été arrêtés depuis 2003 pour conspiration, dont 34 en 2018.

Par ailleurs, une « procédure de sanction administrative » a été prise mardi à l’encontre du site web du prestigieux quotidien vénézuélien El Nacional, son directeur évoquant des « représailles politiques ».

La Commission nationale des télécommunications (Conatel) a ordonné au site web de « s’abstenir de publier des nouvelles et des messages qui pourraient menacer la tranquillité d’esprit des citoyens ».

Le Syndicat national des travailleurs de la presse dénonce l’escalade des « attaques » du gouvernement contre les médias, dans une « politique systématique d’accaparement et d’étouffement des espaces de liberté d’expression, de critique et de dissidence ».

Selon l’ONG Espacio Público, 51 médias ont cessé d’opérer au Venezuela l’année dernière –46 stations de radio, trois stations de télévision et deux journaux– en raison de sanctions, de problèmes économiques et du manque de fournitures comme le papier journal, monopole de l’État

– Débâcle économique –

Au plan économique, le Venezuela est dans la débâche: autrefois le pays le plus riche d’Amérique latine grâce à ses immenses réserves pétrolières, il n’est plus que l’ombre de lui-même, se débattant entre hyperinflation et graves pénuries d’aliments et de médicaments.

La crise a déjà fait fuir à l’étranger des centaines de milliers de Vénézuéliens, mais M. Maduro assure que la faute en revient à la « guerre économique de la droite », soutenue par Washington. Il promet une « révolution économique » porteuse de prospérité pendant son second mandat.

« Ce qui se profile à l’horizon, c’est un plus grand isolement diplomatique et commercial et plus de difficultés pour accéder au crédit et au financement », estime l’analyste Diego Moya-Ocampos, du cabinet britannique IHS Markit.

Les Etats-Unis agitent déjà la menace d’un embargo pétrolier, dont les conséquences seraient redoutables pour le Venezuela, qui leur vend un tiers de son brut et est classé en défaut de paiement partiel par les agences de notation.

« Le Venezuela commence déjà à subir un boycott économique de la part des Etats-Unis et de leurs alliés et cela va être fatal au maintien du régime », assure à l’AFP l’expert en relations internationales Carlos Romero.

Mardi soir, une des principales compagnies aériennes du pays, Aserca, a annoncé la cessation de ses activités, trois semaines après celle de la compagnie Santa Barbara, et suivant une longue liste de compagnies internationales qui ont cessé d’opérer au Venezuela.

Romandie.com avec (©AFP / 23 mai 2018 04h36)                

Les 14 pays du groupe de Lima rappellent leurs ambassadeurs

mai 21, 2018

Brasilia – Les 14 pays du Groupe de Lima ont annoncé lundi le rappel de leurs ambassadeurs du Venezuela où Nicolas Maduro a été réélu dimanche président, lors d’un scrutin dont « ils ne reconnaissent pas la légitimité ».

Le regroupement de pays — qui comprend l’Argentine, le Brésil, le Canada, le Chili, la Colombie et le Mexique — a annoncé dans un communiqué « l’abaissement du niveau de leurs relations diplomatiques avec le Venezuela (…) pour protester » contre ce scrutin « non conforme aux normes internationales d’un processus électoral (…) transparent et démocratique ».

Critiqué par la communauté internationale et considéré comme une « supercherie » par l’opposition, le scrutin de dimanche a permis au président Maduro, 55 ans, de se faire réélire jusqu’en 2025 avec 68% des voix.

Le Groupe de Lima a « réitéré son inquiétude face à l’approfondissent de la crise politique, économique, sociale et humanitaire qui a détérioré la vie au Venezuela et se reflète dans la migration en masse de Vénézuéliens vers nos pays ».

Les pays signataires ont prévu de convoquer dès la première quinzaine de juin une réunion au Pérou avec des autorités responsables de la migration « pour échanger les expériences et apporter une réponse » à ce problème.

Ils doivent également « coordonner des actions pour que les organismes financiers internationaux et régionaux n’octroient plus de prêts au gouvernement du Venezuela », considérant qu’il est « inconstitutionnel » que le pays « s’endette sans l’aval de son Assemblée nationale », à moins que les prêts ne servent à financer l’aide humanitaire.

Touché par l’effondrement des cours du brut depuis 2014, le Venezuela, qui tire 96% de ses revenus du pétrole, souffre d’un manque de devises qui l’a plongé dans une crise aiguë.

En cinq ans le PIB a fondu de 45% selon le FMI, qui anticipe une contraction de 15% en 2018 et une inflation de 13.800%.

Romandie.com avec(©AFP / 21 mai 2018 13h15)                                                        

La colère monte au Venezuela, après la mutinerie mortelle

mars 29, 2018

/ © AFP / Juan BARRETO

La colère montait jeudi au Venezuela, au lendemain d’une des pires mutineries de son histoire durant laquelle 68 personnes sont mortes dans un incendie dans un commissariat surpeuplé de Valencia (nord), nouvel épisode d’un fléau qui touche l’Amérique latine.

Jeudi, sous un soleil de plomb, des familles aux visages graves et avides d’informations étaient toujours agglutinées devant les portes du commissariat principal de la capitale de l’Etat de Carabobo, a constaté l’AFP.

« On ne me laisse pas passer pour voir s’il est mort ou pas! », criait désespérée Maria, dont le fils est détenu.

Des barrières métalliques étaient disposées devant une des entrées, carbonisée, de cet édifice en briques et tout en longueur.

« Hier (mercredi), on m’a remis le corps de mon neveu et je suis là aujourd’hui depuis six heures du matin pour qu’on me rende sa carte d’identité » afin de pouvoir l’enterrer, a déclaré à l’AFP Carmen Varela. « Il n’a pas été brûlé, on lui a tiré dans la tête. De ce qu’on peut voir, ça a été un massacre », a-t-elle dénoncé.

Jets de pierres, bousculades, cris, pleurs et évanouissements: mercredi soir, des heurts ont opposés des proches des détenus à la recherche de nouvelles et les forces de l’ordre à proximité du bâtiment.

Jusqu’ici, aucune liste avec le nom des victimes n’avait été fournie par les autorités.

Les Nations unies se sont dites jeudi « consternées » et ont demandé à Caracas à mener une enquête « efficace » pour déterminer la cause du drame.

« Les Etats sont garants de la vie et de l’intégrité physique des personnes privées de liberté », a souligné le bureau du Haut-Commissaire aux droits de l’homme.

Le Venezuela est en plein marasme économique et social en grande partie dû à la chute des cours du pétrole, dont il tire 96% de ses revenus. Outre la pénurie généralisée, cela se traduit par une hyperinflation attendue à 13.000% en 2018 par le FMI.

– Surpeuplement de 400% –

La veille, après plusieurs heures d’incertitude, le procureur général Tarek William Saab avait confirmé tard dans la nuit de mercredi à jeudi le nombre de victimes.

« Face aux terribles évènements survenus dans le commissariat principal de l’Etat de Carabobo, où un incendie présumé a fait 68 morts, nous avons désigné quatre procureurs (…) pour éclaircir ce qui s’est passé », a déclaré Tarek William Saab, sur son compte Twitter.

M. Saab n’a pas précisé les circonstances de la tragédie, mais l’ONG « Une fenêtre vers la liberté », qui défend les droits des prisonniers, assure que l’incendie a été provoqué par un groupe de détenus qui cherchait à s’évader.

« Les détenus ont tenté de kidnapper deux policiers. Voyant qu’ils n’y arrivaient pas, ils ont déclenché une émeute et on décidé d’incendier des matelas en pensant qu’on leur ouvrirait alors les portes. Mais les grilles sont restées fermées », a déclaré jeudi à l’AFP le directeur de cette ONG, Carlos Nieto.

Les pompiers ont dû ouvrir un trou à l’arrière de l’édifice pour que les prisonniers puissent sortir. « Certains sont morts brûlés et d’autres par asphyxie », a ajouté M. Nieto, selon qui quelque 200 détenus se trouvaient dans le bâtiment.

La surpopulation dans les prisons du Venezuela oblige les forces de l’ordre à utiliser les commissariats comme lieux de détention de longue durée. Or, selon la loi, la détention ne doit pas excéder 48 heures dans ces locaux.

Le surpeuplement représente 400% de la capacité d’accueil au Venezuela.

« S’il faut responsabiliser quelqu’un, c’est l’Etat pour négligence, car il utilise ces dépôts (de la police) comme des prisons alors qu’ils ne sont pas faits pour ça », a-t-il estimé.

Le procureur général a promis une enquête rapide pour « établir les responsabilités » dans ce drame.

Au moins 388 personnes sont mortes depuis 2011 dans les prisons vénézuéliennes, selon les chiffres officiels et ceux des ONG de défense des droits de l’homme.

En août 2017, une mutinerie a fait 37 morts et 14 blessés dans un commissariat de l’Etat d’Amazonas (sud).

Ailleurs en Amérique latine, plusieurs mutineries, parfois suivies d’incendies, ont dépassé la centaine de morts chacune au cours des 30 dernières années.

Romandie.com avec(©AFP / 29 mars 2018 23h05)                

Le Venezuela s’en prend aux acteurs des matières premières suisses

mars 13, 2018

Genève (awp/ats) – Plusieurs acteurs suisses du négoce de matières premières font l’objet d’une plainte de la compagnie pétrolière vénézuélienne d’Etat PDVSA au travers d’un trust aux Etats-Unis. Deux personnes auraient été arrêtées à Genève.

La plainte déposée le 6 mars, que l’ats a pu consulter, vise plusieurs dizaines d’entreprises dans le monde. Elle cible en particulier le cabinet panaméen Helsinge, qui dispose d’une succursale à Genève depuis récemment, pour pillage des ressources de la compagnie publique vénézuélienne et corruption d’employés vénézuéliens. Des données auraient été obtenues et revendues.

Sont notamment considérés comme co-conspirateurs le géant du négoce de matières premières genevois Vitol, Trafigura, établi à Singapour et Genève, et le zougois Glencore. PDVSA affirme que ces sociétés ont contribué à fixer les prix et éliminer la concurrence dans l’achat et la vente de ses produits. La société estime le préjudice à 5,2 milliards de dollars (environ 4,9 milliards de francs).

Cité mardi par Le Temps, le Ministère public genevois affirme « avoir ouvert une procédure pénale contre certains des animateurs d’une société de trading basée à Genève et soupçonnés de corruption d’agents publics étrangers et blanchiment d’argent ». Selon des sources concordantes, deux cadres vénézuéliens d’Helsinge ont été arrêtés à Genève.

Le Temps ajoute que l’un d’entre eux a été relâché. Le quotidien genevois précise aussi que les sociétés visées n’ont pas souhaité s’exprimer sur cette affaire. L’avocat d’Helsinge, Jean-Marc Carnicé, a dit à l’ats que le cabinet « conteste avoir commis une quelconque infraction ». Dans Le Temps, il s’étonne de la rapidité de la procédure du Ministère public à Genève. « Les investigations n’en sont qu’à leurs débuts », affirme-t-il également à l’ats.

Romandie.com avec (AWP / 13.03.2018 16h55)                                            

Venezuela: élection présidentielle le 20 mai

mars 1, 2018

Le président vénézuélien Nicolas Maduro présente son bulletin d’inscription à Caracas, le 27 février 2018 / © AFP / Carlos Becerra

Initialement avancée au 22 avril, l’élection présidentielle au Venezuela aura lieu le 20 mai, le chef de l’Etat sortant Nicolas Maduro briguant un second mandat de six ans, a annoncé la Commission électorale nationale (CNE).

La nouvelle date est le résultat d’un accord avec un adversaire de Nicolas Maduro visant à rassurer la communauté internationale.

« Je suis très heureux des accords qui ont été signés avec l’opposition parce que je veux aller vers un processus de réconciliation (…) Allons aux élections, j’ai dans mon coeur la certitude que nous allons gagner », a dit Nicolas Maduro dans un message sur Facebook.

Pressenti depuis plusieurs jours, après la révélation par le dissident chaviste Henri Falcon de négociations secrètes avec le gouvernement, l’accord inclut plusieurs garanties sur le scrutin.

« Nous proposons que soient organisées de façon simultanée les élections présidentielle » et des conseils législatifs régionaux, selon l’accord négocié, validé par le Conseil national électoral (CNE).

Le scrutin présidentiel, traditionnellement organisé en décembre, avait été avancé à avril par les autorités électorales. Une décision critiquée par une partie de la communauté internationale et la principale coalition d’opposition qui a choisi de boycotter l’élection.

– Apparence de légitimité –

Face au président Maduro, qui brigue un nouveau mandat pour rester au pouvoir jusqu’en 2025, se présentent Henri Falcon, militaire en retraite de 56 ans, et quatre candidats quasi-inconnus du grand public.

Sur Twitter, la coalition de l’opposition, la Table de l’unité démocratique (MUD), a rappelé que « l’opposition n’a signé aucun accord avec la CNE », faisant allusion à la candidature d’Henri Falcon qui contrarie sa décision de boycotter les élections.

La MUD avait refusé de présenter un candidat, arguant que le camp présidentiel ne lui avait pas apporté toutes les garanties nécessaires à l’organisation du scrutin.

La MUD réclamait notamment la présence d’observateurs internationaux « indépendants », la tenue du scrutin au « second semestre 2018 », la désignation d’un Conseil national électoral « équilibré », le vote des Vénézuéliens de l’étranger et un égal accès aux médias.

L’accord dévoilé jeudi inclut justement une requête auprès de l’ONU d’une mission d’observation électorale, la réalisation d’audits du vote, l’allongement du délai d’inscription sur les listes électorales pour les Vénézuéliens émigrés et l' »équité dans l’accès aux médias publics et privés, ainsi qu’aux réseaux sociaux » pendant la campagne.

« Cet accord confirme qu’au Venezuela on élit nos dirigeants et représentants avec les plus larges garanties constitutionnelles et démocratiques », a assuré Tibisay Lucena, présidente du CNE, institution accusée par l’opposition de soutenir le président Maduro.

Pour la politologue Francine Jacome, les autorités « cherchent à donner une apparence de légitimité à ce vote, surtout face à la communauté internationale ».

Plusieurs gouvernements d’Amérique latine, les Etats-Unis et l’Union européenne avaient questionné ces dernières semaines l’élection anticipée du 22 avril, dénonçant un manque de transparence et menaçant de ne pas reconnaître les résultats.

Pour Mme Jacome, « l’accord (noué avec M. Falcon) complique encore plus la stratégie (de boycott) de l’opposition », qui pourrait en outre perdre la majorité au Parlement, seule institution qu’elle contrôle, lors des législatives anticipées attendues cette année.

Mais si des gages ont été accordés, le CNE a aussi confirmé la fin jeudi du délai d’enregistrement des candidats, qui devraient donc se limiter aux six déjà inscrits.

« Il s’agit de garantir une élection sur mesure pour Maduro, à la carte. Cela reste un scrutin sans l’opposition qui lui fait concurrence, cela ne change pas », prévient le politologue Luis Salamanca.

Au final, « c’est un montage pour que cela ressemble à une élection démocratique ».

– Candidat sur-mesure –

Jeudi matin, la MUD, affaiblie par ses divisions internes et sa perte de crédibilité populaire, avait appelé Henri Falcon à retirer sa candidature, l’accusant de jouer « le jeu » de Maduro dans ses « velléités totalitaires ».

Car le candidat, accusé de traîtrise tant par le gouvernement que par l’opposition, sème le flou: militant socialiste pendant dix ans, il a claqué la porte du chavisme en 2010 en critiquant la révolution menée par Chavez. Puis il a viré de bord en devenant chef de campagne d’Henrique Capriles, défait de justesse face à Maduro à l’élection de 2013.

Pour l’instant, l’Institut vénézuélien d’analyses de données (privé) le crédite de 24% d’intentions de vote, contre 18% pour Maduro. Il se dit persuadé de remporter ce scrutin, en s’appuyant sur la forte impopularité du chef de l’Etat, jugé coupable du naufrage économique du pays pétrolier.

Mais les analystes estiment que ses chances réelles de succès sont infimes, faute de soutien de la MUD et face à l’hégémonie institutionnelle du gouvernement socialiste.

L’accord, selon Mme Jacome, « prouve que (les autorités) ont fabriqué un candidat d’opposition sur-mesure ».

Car les garanties négociées « sont des éléments cosmétiques », tranche Félix Seijas, directeur de la société de sondages Delphos.

Romandie.com avec(©AFP / 02 mars 2018 01h32)                

Trois Vénézuéliens tués dans une attaque attribuée à la guérilla colombienne FLN

février 25, 2018

Des membres de l’Armée de libération nationale (ELN), dans le département colombien de Chocó, le 19 novembre 2017 / © AFP/Archives / LUIS ROBAYO

Trois Vénézuéliens ont été tués dimanche dans le nord-est de la Colombie, dans une attaque attribuée à l’Armée de libération nationale (ELN), dernière guérilla du pays, a annoncé la police.

Les trois personnes ont été tuées par des rebelles présumés qui circulaient à moto, dans la localité de Tibu, à la frontière avec le Venezuela, a précisé la police dans un communiqué.

Ces rebelles avaient auparavant attaqué un poste de police dans la même région, sans faire de blessé, selon la même source.

Dans cette région, l’une des principales pour la culture de coca, outre l’ELN, opèrent plusieurs organisations qui se livrent au trafic de drogues.

Le processus de paix avec l’ELN est au bord du gouffre après une série d’attentats de la dernière guérilla de Colombie qui semblent avoir fait perdre patience au gouvernement. Mais les rebelles insistent pour la poursuite des pourparlers.

Par ailleurs, la Colombie et le Venezuela qui partagent 2.200 kilomètres de frontière, entretiennent des relations tendues.

La Colombie est confrontée à l’arrivée massive de milliers de Vénézuéliens fuyant la crise économique et humanitaire dans leur pays.

Selon les autorités colombiennes, quelque 550.000 Vénézuéliens se trouvent dans le pays, et leur nombre ne cesse d’augmenter.

Romandie.com avec(©AFP / 25 février 2018 21h26)                

Au Venezuela, Nicolas Maduro sans opposition à la présidentielle

février 21, 2018

Angel Oropeza, le coordinateur du principal parti de l’opposition vénézuélienne, la MUD, lors d’une conférence de presse, le 21 février 2018 à Caracas / © AFP / FEDERICO PARRA

L’opposition vénézuélienne a exclu de participer au scrutin présidentiel du 22 avril en dénonçant un « simulacre d’élection », laissant la voie libre à une réélection du chef de l’Etat socialiste Nicolas Maduro, à la tête d’un pays au bord de l’implosion.

« Ne comptez pas sur l’Unité démocratique ni sur le peuple pour valider ce qui, jusqu’à présent, n’est qu’un simulacre frauduleux et illégitime d’élection présidentielle », a annoncé dans un communiqué la MUD, la principale coalition opposition.

Le scrutin du 22 avril « n’est qu’un show du gouvernement pour simuler une légitimité dont il ne dispose pas, tandis que les Vénézuéliens souffrent et agonisent », a ajouté Angel Oropeza, le coordinateur de la MUD au cours d’une conférence de presse.

Parmi les principales exigences des adversaires du gouvernement figurent la présence d’observateurs internationaux « indépendants », la tenue du scrutin au « deuxième semestre 2018 », la désignation d’un Conseil national électoral « équilibré « , le vote des Vénézuéliens de l’extérieur et un égal accès aux médias, selon le texte.

La MUD laisse la porte ouverte à une participation si ces conditions venaient à être acceptées par le camp présidentiel.

Nicolas Maduro, élu en 2013, fait face à un taux d’impopularité de 75%, en raison notamment de l’effondrement économique du Venezuela, un pays pétrolier frappé par de graves pénuries de médicaments et d’aliments.

Mais en avançant la date de l’élection présidentielle, qui s’était tenue jusqu’ici en fin d’année, le chef de l’Etat a réussi à déstabiliser l’opposition, déjà affaiblie et divisée. Désormais sans adversaire de poids, il semble assuré de décrocher un second mandat, jusqu’en 2025, selon les analystes.

Sous son air bonhomme et son imposante moustache brune, cet ancien chauffeur d’autobus de 55 ans, moqué et critiqué à ses débuts, tient fermement depuis 2013 les rênes de ce qui fut un riche pays pétrolier.

– ‘Coup de grâce’ –

L’héritier politique du défunt Hugo Chavez a réaffirmé mercredi qu’il cherchera la réélection avec ou sans opposition. Pour l’heure, il n’a face à lui que deux « petits » candidats déclarés: le pasteur évangélique Javier Bertucci et l’opposant Claudio Fermin, qui ne fait pas partie de la MUD.

« Maduro se trouve sans doute au moment où il est le plus faible, mais il puise sa force dans l’affaiblissement, les erreurs et le manque de cohésion et de cohérence de l’opposition. C’est ce qui lui donne de l’oxygène », déclare à l’AFP Félix Seijas, directeur de l’institut de sondage Delphos.

La décision de la coalition d’opposition de boycotter l’élection présidentielle intervient après deux semaines de débats et de consultations entre la vingtaine de partis qui la composent.

Une partie de la communauté internationale, notamment l’Union européenne et la Colombie, a prévenu qu’elle ne reconnaîtrait pas les résultats de cette élection, que Washington juge « ni libre, ni juste ».

Mais l’unité qui avait fait la force de la MUD aux législatives de fin 2015, lui permettant de remporter une victoire historique qui avait mis fin à une hégémonie chaviste de près de vingt ans, n’est plus.

Certaines figures de l’opposition, comme l’ex-président du Parlement Henry Ramos Allup, ne cachent pas leurs ambitions présidentielles, tandis qu’un dissident du chavisme, Henri Falcon, semble décidé à participer au scrutin. Aucun des deux n’était présent mercredi à la conférence de presse.

« Si la MUD n’a pas de plan, si dans les deux prochains mois elle échoue à mobiliser la société civile, je pense qu’elle va disparaître », tranche M. Seijas.

Le camp présidentiel pourrait porter le « coup de grâce » à l’opposition, selon l’expression de Félix Seijas. Le chef de l’Etat a en effet appelé mercredi à avancer les législatives de 2020 au 22 avril prochain, alors que le Parlement est le seul organe de pouvoir contrôlé par l’opposition dans ce pays en crise.

Ce nouveau bouleversement du calendrier électoral devrait être proposé prochainement à l’Assemblée constituante, institution dotée de pouvoirs élargis et uniquement composée de fidèles du président.

Depuis l’arrivée de l’opposition aux manettes de l’Assemblée nationale, en janvier 2016, les chocs avec les autres pouvoirs – de l’exécutif au judiciaire en passant par l’autorité électorale – ce sont multipliés, accentuant la crise politico-économique dans ce pays au bord du gouffre. Une vague de manifestations quasi-quotidiennes entre avril et juillet s’est soldée par plus de 125 morts.

Romandie.com avec(©AFP / 21 février 2018 22h31)