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Au Venezuela, la mort d’un opposant dévoile de rudes conditions de détention

septembre 19, 2017

Des membres des services de renseignements vénézuéliens (Sebin) devant le domicile de l’ex-procureure générale du Venezuela, Luisa Ortega, exilée au Brésil, à Caracas le 16 août 2017 / © AFP/Archives / JUAN BARRETO

Il a fallu deux semaines aux autorités pénitentiaires vénézuéliennes pour transférer à l’hôpital l’opposant Carlos Garcia, victime d’un AVC en prison. Sa mort lève le voile sur les difficiles conditions d’enfermement des adversaires du gouvernement.

M. Garcia, 44 ans et maire de Guasdualito (ouest), est décédé dimanche à l’hôpital de San Cristobal, où il avait été admis le 18 août, en provenance des geôles des services de renseignement, connus par leurs initiales « Sebin ».

« Mon frère a été victime d’un accident vasculaire cérébral (AVC) début août et n’a pas été examiné durant deux semaines, ils pensaient qu’il simulait. Quand il a été transféré à l’hôpital, il était déjà dans un très mauvais état », déclare à l’AFP Yhorlenys Aular.

Garcia, membre du parti Primero Justicia, appartenant à la coalition de l’opposition de la Table de l’unité démocratique (MUD), avait aussi été victime d’une infection cérébrale, pour laquelle il n’a pas reçu de traitement pendant trois jours, ajoute sa soeur.

Dans un Venezuela en crise où les habitants tentent de combattre la pénurie généralisée avec le troc en ligne, la famille de Garcia a publié des messages sur les réseaux sociaux pour trouver des antibiotiques. En vain.

Car si le Venezuela possède les plus importantes réserves de pétrole au monde, les rayons de ses supermarchés et des pharmacies sont quasiment vides: alors que les cours du brut sont au plus bas et que le pays sud-américain importe presque tout ce qu’il consomme, acheter de l’huile, du sucre ou des médicaments est devenu un cauchemar quotidien pour les habitants.

Cet homme politique, qu’une photo sur son lit d’hôpital montre amaigri, avait été arrêté le 17 décembre 2016, accusé de violences durant une manifestation.

Il faisait partie de la liste des quelque 600 « prisonniers politiques », selon les adversaires du président Nicolas Maduro, où figurent également Leopoldo Lopez et le maire de Caracas Antonio Ledezma, fer de lance de l’opposition et tous deux en résidence surveillée.

– Ouverture d’une enquête –

Le ministère public a ouvert une enquête sur le décès de Carlos Garcia, a déclaré à l’AFP le procureur général du Venezuela Tarek William Saab.

« Dans presque tous les cas, leur situation est lamentable car ils sont soumis à des conditions inhumaines et insalubres », déclare à l’AFP Gonzalo Himiob, de l’ONG Foro Penal, alors que les prisons vénézuéliennes sont considérées parmi les plus violentes et surpeuplées d’Amérique latine.

Himiob souligne que ce nouveau décès s’ajoute à celui de Rodolfo Gonzalez, 63 ans, découvert pendu le 13 mars 2015 dans une cellule du Sebin à Caracas.

La famille de cet ancien pilote de ligne, accusé d’être un des organisateurs des manifestations antigouvernementales de début 2014, rejette la version officielle du suicide.

Ces derniers mois, des voix se sont élevées pour dénoncer la détérioration de l’état de santé des opposants emprisonnés. Des Vénézuéliens arrêtés pendant la récente vague de manifestations contre le chef de l’Etat, qui ont fait 125 morts, rapportent avoir été « torturés ».

Le député suppléant Gilber Caro, représentant du parti Voluntad Popular, l’aile dure de l’opposition, et arrêté le 11 janvier pour avoir planifié des « actions terroristes » selon la police, est en grève de la faim depuis huit jours. Sa défense assure qu’il souffre de plusieurs maladies.

« Ce qui est arrivé à Garcia peut arriver à Gilber Caro et à beaucoup d’autres », a prévenu lundi lors d’une conférence de presse le député Tomas Guanipa, également membre de Primero Justicia.

Une photo qui circule sur internet de l’élu local Wilmer Azuaje, enchaîné dans les geôles du Sebin, est également brandie par l’opposition pour dénoncer les conditions de détention de ses partisans et le non-respect des décisions judiciaires. Azuaje a pourtant été remis en liberté par un juge en juillet.

Les proches du leader étudiant Yon Goicochea disent craindre également pour sa santé. Il est toujours emprisonné, malgré une décision de remise en liberté rendue il y a plus d’un an.

L’opposition vénézuélienne exige la libération des « prisonniers politiques » comme condition préalable à une négociation avec le gouvernement. Une amorce de dialogue a eu lieu entre ces deux camps aux positions apparemment irréconciliables, la semaine dernière en République dominicaine.

Romandie.com avec(©AFP / 19 septembre 2017 13h41)

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Venezuela: l’ONU souhaite une enquête sur de possibles crimes contre l’humanité

septembre 11, 2017

Zeid Ra’ad Al Hussein, Haut-Commissaire de l’ONU aux droits de l’Homme, le 30 août 2017 à Genève / © AFP/Archives / Fabrice COFFRINI

Le Haut Commissaire de l’ONU aux droits de l’homme a demandé lundi une enquête internationale sur l’usage excessif de la force par les autorités au Venezuela, estimant qu’il pourrait s’agir de crimes contre l’humanité.

« Mon enquête suggère la possibilité que des crimes contre l’humanité aient été commis (…). J’exhorte le Conseil (des droits de l’Homme de l’ONU, ndlr) à lancer une enquête internationale sur les violations des droits de l’homme au Venezuela », a affirmé Zeid Ra’ad Al Hussein, à l’ouverture, à Genève, de la 36e session de cette institution.

Peu après, le chef de la diplomatie du Venezuela, Jorge Arreaza Montserrat, présent dans la salle du Conseil, a balayé ces critiques, accusant le Haut Commissaire de présenter des rapports « sans fondement », qui « visent à perturber la souveraineté, la paix et la stabilité de notre peuple ».

M. Zeid a dénoncé de son côté les procédures pénales engagées contre des dirigeants de l’opposition au Venezuela, les détentions arbitraires, l’usage excessif de la force et le mauvais traitement des détenus. « Il y a un risque réel que les tensions augmentent encore, le gouvernement écrasant les institutions démocratiques et les voix critiques », a-t-il asséné.

Il a souligné que le Venezuela est actuellement l’un des 47 Etats membres du Conseil des droits de l’Homme et, à ce titre, a le devoir de défendre et promouvoir les droits de l’homme.

Ce n’est pas la première fois que le Haut Commissaire s’en prend au Venezuela. Fin août, il avait jugé, à l’occasion de la publication à Genève d’un rapport accablant sur la situation des droits de l’homme, que la démocratie était en danger de mort dans ce pays.

Il avait alors reconnu qu’il y avait eu au Venezuela « une érosion de la vie démocratique » qui « doit être à peine vivante, si elle est encore en vie ».

Dans le rapport, les experts de l’ONU ont dénoncé « une volonté politique de réprimer des voix critiques et d’instiller la peur parmi la population, afin de mettre un terme aux protestations ».

– Dictature, un mot trop ‘doux

Présente à l’ONU, Julieta Lopez, tante de l’opposant vénézuélien Leopoldo Lopez, qui est en résidence surveillée, a déclaré aux médias que son pays « ne pourra pas s’en sortir sans une aide extérieure, internationale ». « La dictature est un mot trop doux » pour décrire le Venezuela, a-t-elle dit, assurant que le Venezuela est « dirigée par des bandes criminelles organisées ».

Les autorités vénézuéliennes ayant refusé l’accès au pays aux enquêteurs de l’ONU, M. Zeid avait chargé une équipe de spécialistes des droits de l’homme d’interviewer à distance quelque 135 victimes et leurs familles, ainsi que des témoins, des journalistes, des avocats, des médecins, et des membres du Bureau de la procureure générale.

Le Venezuela, pays producteur de pétrole, en proie à une grave crise économique marquée par des pénuries de produits de première nécessité, est le théâtre de manifestations depuis avril contre le président Maduro qui ont fait près de 130 morts.

Dans un communiqué diffusé par l’ONG Human Rights Watch au nom de 116 organisations, en majorité latino-américaines, les défenseurs des droits de l’homme expliquent que la « crise au Venezuela devrait être une priorité du Conseil ». De son côté, l’ONG UN Watch a demandé que le Venezuela soit suspendu du Conseil, une décision que seule l’Assemblée générale de l’ONU peut prendre.

La Commission internationale de juristes, une organisation basée à Genève, a quant à elle indiqué que le Tribunal suprême de justice (TSJ), la Cour suprême du Venezuela, « a cessé d’agir en tant que tribunal indépendant » et « est devenu le bras d’un dirigeant autoritaire ».

Romandie.com avec(©AFP / 11 septembre 2017 18h44)                

Venezuela: Caracas bloque la sortie de la militante Tintori pour une tournée européenne (opposition)

septembre 2, 2017

Caracas – L’épouse d’un des leaders de l’opposition vénézuélienne, Lilian Tintori, a affirmé samedi que son passeport avait été confisqué alors qu’elle devait gagner l’Europe avec le chef du parlement vénézuélien, entraînant des protestations de Madrid.

« Il m’est interdit de quitter le pays. La dictature tente d’empêcher que nous fassions une importante tournée internationale », a écrit Lilian Tintori, épouse de l’opposant Leopoldo Lopez et qui se présente comme une militante des droits de l’homme, sur Twitter.

« L’interdiction de sortie infligée à Lilian Tintori est lamentable. On peut enfermer les personnes, mais pas les idéaux. Liberté pour le Venezuela », a écrit ensuite le chef du gouvernement conservateur espagnol Mariano Rajoy, sur Twitter.

Le ministère des Affaires étrangères espagnol a pour sa part condamné « cette nouvelle violation des droits de l’homme au Venezuela qui ne contribue pas à régler de manière pacifique et démocratique la crise dans ce pays ».

L’opposante a assuré, photo à l’appui, qu’elle s’était rendue à l’aéroport en compagnie des ambassadeurs d’Espagne, d’Allemagne et d’Italie afin qu’ils constatent qu’elle était empêchée de quitter le territoire.

Le ministère des Affaires étrangères espagnol a confirmé la présence de son ambassadeur au côté de Mme Tintori, ainsi que d’autres diplomates de l’Union européenne.

Dans un communiqué diffusé à Madrid par l’opposition Mme Tintori assure qu’elle devait voir les chefs de gouvernement de France, d’Espagne, d’Allemagne et du Royaume-Uni et promet que « cette nouvelle intimidation », par « un régime dictatorial », ne fera pas taire les opposants au président socialiste Nicolas Maduro.

Le chef du Parlement vénézuélien, seul organe d’Etat contrôlé par l’opposition à Nicolas Maduro, avait auparavant annoncé qu’il allait rencontrer « dans les prochains jours » le président français Emmanuel Macron ainsi que les chefs de gouvernement allemand, espagnol et britannique Angela Merkel, Mariano Rajoy et Theresa May.

« Au cours des prochains jours nous allons rencontrer Macron, Merkel, Rajoy et la Première ministre britannique Theresa May », chefs d’Etat ou de gouvernement qui ont vertement critiqué M. Maduro ces dernières semaines, a écrit Julio Borges sur son compte Twitter.

En Espagne, l’agenda officiel du président du gouvernement Mariano Rajoy, consulté par l’AFP, annonce bien la rencontre, prévue mardi, en compagnie de Lilian Tintori.

Les rencontres évoquées dans d’autres capitales n’étaient pas confirmées.

M. Macron a qualifié mardi de « dictature » le régime du Venezuela, pays plongé depuis des mois dans une profonde crise économique, politique et institutionnelle.

L’Allemagne avait quant a elle dénoncé comme non démocratique l’élection d’une Assemblée constituante fin juillet.

L’Espagne et le Royaume-Uni ont eux aussi critiqué la mise en place de cette Constituante, comme l’ont fait une dizaine de pays latino-américains, les Etats-Unis ou encore l’Union européenne.

Cet organisme dont les membres sont issus du chavisme, le courant au pouvoir, s’est emparé des pouvoirs législatifs de l’Assemblée nationale, contrôlée par l’opposition depuis la fin 2015.

Nicolas Maduro, très impopulaire dans les sondages, est confronté à des manifestations régulières de l’opposition qui réclame sa démission.

Près de 130 personnes ont été tuées en quatre mois de manifestations contre le gouvernement.

Romandie.com avec(©AFP / 02 septembre 2017 20h57)                   

Le Venezuela déploie chars et militaires face à la « menace » des États-Unis

août 26, 2017

Photo fournie par la présidence vénézuelienne montrant le ministre de la Défense, Vladimir Padrino Lopez, posant avec un fusil lors d’un exercice militaire à Caracas, le 26 août 2017 / © Venezuelan Presidency/AFP / HO

Chars débarquant sur la plage, hélicoptères survolant un barrage, tireurs d’élite en tenue de camouflage: l’armée vénézuélienne était mobilisée samedi pour des exercices militaires en réponse à la « menace » du président américain Donald Trump.

Le chef de l’Etat vénézuélien Nicolas Maduro et son ministre de la Défense Vladimir Padrino Lopez ont donné le coup d’envoi à la mi-journée à ces manœuvres baptisées « Souveraineté bolivarienne 2017 » auxquelles doivent participer au cours du week-end quelque 200.000 soldats et 700.000 miliciens, réservistes et civils armés.

« Au peuple et à la FANB (armée vénézuélienne), prenez en charge la défense du territoire et de la souveraineté », a écrit M. Maduro sur Twitter.

Après des exercices de tir samedi, des manœuvres de combat étaient prévues dimanche, selon le ministre.

Entouré de dizaines de soldats dans une région montagneuse du sud-ouest de Caracas, M. Padrino, vêtu d’un treillis vert olive, a lui-même tiré au fusil. « Ce sera un exercice très bénéfique pour la défense intégrale du pays » face à l' »agression de l’empire », a-t-il jugé.

Cette démonstration de force avait été ordonnée mi-août par le chef de l’Etat vénézuélien en réponse à la déclaration de Donald Trump qui avait évoqué « une possible option militaire si nécessaire » au Venezuela, provoquant la colère du dirigeant socialiste.

Nombre de pays de la région – Brésil, Colombie, Pérou, Chili, Mexique ou encore Équateur – avaient clairement rejeté la perspective d’un recours à la force.

Vendredi, la Maison Blanche a écarté toute action militaire américaine au Venezuela à court terme.

En revanche, déterminé à démontrer que les États-Unis ne resteraient pas immobiles face à la crise dans le pays sud-américain, le président Trump a signé vendredi un décret interdisant d’acheter de nouvelles obligations émises par le gouvernement du Venezuela ou par la compagnie pétrolière nationale PDVSA.

Riche en ressources pétrolières mais pauvre en liquidités, le pays, dont la dette est estimée à plus de 100 milliards de dollars, redoute le spectre d’un défaut de paiement.

Le décret ne mentionne cependant pas une quelconque interdiction à des compagnies américaines d’acheter du brut vénézuélien. « Ces mesures ont été soigneusement calibrées pour priver la dictature Maduro d’une source cruciale de financement », a souligné la Maison Blanche.

Cuba, allié politique et commercial du Venezuela, a « fermement » dénoncé ces sanctions américaines.

– « Propagande » –

Nicolas Maduro a convoqué vendredi pour une réunion urgente les entreprises américaines qui achètent du pétrole au Venezuela afin d’analyser les sanctions imposées à Caracas par les États-Unis. Le pays sud-américain vend à ce pays 800.000 des 1,9 million de barils de sa production quotidienne.

Les exercices militaires du week-end relèvent d’une « propagande » dont « Maduro a besoin », estime Rocio San Miguel, experte en questions militaires.

Le président en a besoin en interne « pour élever le coût d’une quelconque trahison au sein de l’armée, une perspective qui inquiète les services de renseignements », et en externe, « pour réaffirmer le discours anti-impérialiste qui trouve un certain écho en Amérique latine », déclare-t-elle à l’AFP.

L’armée est le principal soutien du gouvernement vénézuélien, lequel lui a conféré un grand poids politique et économique.

L’opposition vénézuélienne a appelé à plusieurs reprises ces derniers mois l’armée à rejoindre sa cause. Mais à l’exception de quelques actions isolées, les forces armées sont jusqu’ici restées loyales à M. Maduro.

Selon lui, les sanctions américaines de vendredi ont été demandées par la droite vénézuélienne, pour déstabiliser encore un peu plus le pays. Il attribue régulièrement l’origine de la crise vénézuélienne à une volonté des États-Unis de le renverser avec l’aide de l’opposition.

Très critiqué, Nicolas Maduro est confronté depuis début avril à une violente vague de contestation qui a fait au moins 125 morts et des milliers d’arrestations.

Un des magistrats de la Cour suprême parallèle formée par l’opposition vénézuélienne, majoritaire au Parlement, Angel Zerpa Aponte, arrêté le 22 juillet, a été libéré vendredi soir, a-t-on appris samedi.

L’opposition considère le président vénézuélien comme responsable de la grave crise économique que traverse le pays. Elle lui reproche également d’avoir fait élire une assemblée constituante « fantoche », fin juillet. Cet organisme s’est emparé des pouvoirs législatifs de l’assemblée nationale, la seule institution du pays contrôlée par l’opposition depuis la fin 2015.

Romandie.com avec(©AFP / 26 août 2017 19h05)

L’ex-procureure dénonce la « mort du droit » au Venezuela et accuse Maduro

août 23, 2017

L’ex-procureure générale du Venezuela Luisa Ortega à son arrivée à l’aéroport de Brasilia, le 23 août 2017 / © AFP / Sergio LIMA

L’ex-procureure générale du Venezuela Luisa Ortega a dénoncé « la mort du droit » dans son pays lors d’une réunion du Mercosur mercredi à Brasilia, où elle a dit détenir « beaucoup de preuves » de la corruption du président vénézuélien Nicolas Maduro.

Arrivée tard mardi en provenance de Colombie, première étape de sa fuite du Venezuela, Mme Ortega, dont M. Maduro réclame l’arrestation, s’est également dite menacée de mort.

L’opposante a profité de la tribune d’une réunion des procureurs des pays du Mercosur, le marché commun sud-américain, dans la capitale brésilienne, pour fustiger le pouvoir.

« Ce qui se passe au Venezuela, c’est la mort du droit. La stabilité de la région est en danger », a-t-elle affirmé.

M. Maduro, élu en 2013, est confronté depuis cinq mois à une vague de manifestations pour exiger son départ qui ont fait 125 morts, sur fond de naufrage économique.

L’ex-procureure, relevée de ses fonctions par le pouvoir, a fui vendredi le Venezuela, où elle se considère victime d’une « persécution politique », et, désormais, menacée physiquement.

« J’ai reçu des menaces sur ma vie et je (tiendrais) le gouvernement vénézuélien responsable si quelque chose devait arriver », a-t-elle affirmé.

Comme elle l’avait annoncé, elle a attaqué l’intégrité des hauts responsables de son pays.

« J’ai beaucoup de preuves (…) qui mettent en cause de nombreux hauts fonctionnaires vénézuéliens, y compris le président de la République », a lancé Mme Ortega.

Elle a affirmé détenir des preuves de paiements illégaux effectués par le groupe brésilien de BTP Odebrecht au bénéfice de responsables vénézuéliens, dont le président.

L’un des plus grands groupes de construction d’Amérique latine est au coeur d’un scandale de corruption qui a secoué tout le continent, avec la constitution d’un cartel ayant truqué des marchés de sous-traitance de la compagnie étatique Petrobras, distribuant des pots-de-vin à des hommes politiques.

« Beaucoup d’intérêts se liguent au Venezuela pour qu’il n’y ait pas d’enquête sur les faits de corruption », a déploré Mme Ortega.

– Soutien inconditionnel –

Le procureur général du Brésil a indiqué avoir personnellement invité à la réunion de Brasilia Mme Ortega, qui y a reçu le soutien inconditionnel de ses pairs.

« Nous te reconnaissons comme la procureure générale du Venezuela. Tu peux compter sur le soutien de tous les parquets de la région », a déclaré le procureur paraguayen Javier Díaz Verón, évoquant une « gifle à la démocratie » au Venezuela.

Le président socialiste Nicolas Maduro a annoncé mardi que Caracas allait officiellement réclamer l’arrestation de Mme Ortega, devenue une de ses principales opposantes.

« Le Venezuela va solliciter auprès d’Interpol une notice rouge contre ces personnes impliquées dans des délits graves », a-t-il déclaré.

Il faisait référence à Mme Ortega et à son mari German Ferrer, député chaviste (du nom d’Hugo Chavez qui fut président de 1999 à sa mort en 2013 et le mentor de Nicolas Maduro) passé à l’opposition.

Accompagnée de son époux, l’ex-procureure était arrivée le 19 août à Bogota, bravant une interdiction de sortie du territoire vénézuélien.

Mme Ortega n’a pas cessé de dénoncer la radicalisation du gouvernement vénézuélien ces derniers mois.

On ignorait quelle serait sa prochaine destination.

« Je continuerai de lutter et de parcourir le monde pour dénoncer ce qui se passe au Venezuela et les violations des droits de l’Homme », a-t-elle dit.

Largement isolé sur la scène internationale, le président Maduro compte toutefois encore un allié de poids: la Russie.

Mais comme la Colombie, le Brésil a condamné la gestion de la crise par M. Maduro, dont le pays a été suspendu du Mercosur lors d’une réunion récente à Sao Paulo. Le ministre des Affaires étrangères Aloysio Nunes a d’ailleurs reçu Mme Ortega mercredi.

Ancienne chaviste devenue dissidente, l’ex-procureure de 59 ans a été démise le 5 août par la toute nouvelle Assemblée constituante acquise au chef de l’État.

Dotée de super-pouvoirs, cette assemblée s’est également attribué vendredi l’essentiel des pouvoirs du Parlement, seule institution contrôlée par l’opposition.

Onze pays d’Amérique latine et le Canada ont récemment condamné la « rupture démocratique » au Venezuela, s’ajoutant aux critiques de Washington, de l’ONU et de l’Union européenne.

Romandie.com avec(©AFP / 23 août 2017 18h15)                

La Colombie offre protection et asile à l’ex-procureure du Venezuela

août 21, 2017

L’ex-procureure générale du Venezuela, Luisa Ortega, le 6 août 2017 à Caracas / © AFP/Archives / Federico PARRA

L’ex-procureure générale du Venezuela et opposante Luisa Ortega, qui a fui en Colombie, est « sous la protection » de ce pays, et l’asile lui sera octroyé si elle le souhaite, a déclaré lundi le président colombien Juan Manuel Santos.

« La procureure Luisa Ortega se trouve sous la protection du gouvernement colombien. Si elle demande l’asile, nous le lui accorderons », a annoncé le président sur son compte Twitter à propos de cette opposante au président Nicolas Maduro.

Chaviste (du nom du défunt Hugo Chavez, président de 1999 à 2013 et mentor de Nicolas Maduro) devenue dissidente, Mme Ortega, 59 ans, avait été démise de ses fonctions le 5 août par la toute nouvelle Assemblée constituante acquise au chef de l’Etat vénézuélien.

Accompagnée de son époux, le député chaviste German Ferrer, elle est arrivée vendredi à Bogota dans un vol privé après avoir transité par l’île caribéenne d’Aruba.

Luisa Ortega, qui a vivement dénoncé la radicalisation du gouvernement vénézuélien ces derniers mois, était aussi interdite de sortie du territoire et avait vu ses comptes bancaires gelés.

Sur son compte Twitter, elle avait révélé vendredi que des agents du service de renseignement avaient perquisitionné deux jours plus tôt son domicile, après une demande d’arrestation de son mari, accusé de corruption.

Le nouveau procureur général, Tarek William Saab, avait annoncé le même jour qu’il allait demander à l’Assemblée constituante d’entamer le processus pour priver M. Ferrer de son immunité parlementaire.

L’annonce de l’arrivée du couple en Colombie a été faite peu après que le Parlement vénézuélien, seule institution contrôlée par l’opposition, eut été privé de la majorité de ses pouvoirs par la Constituante, qui poursuit ainsi la reprise en main du pays amorcée par Nicolas Maduro.

Elue fin juillet dans le sang et contestée par une grande partie de la communauté internationale, la Constituante, assemblée de 545 membres tous issus du chavisme, s’est attribuée l’essentiel des pouvoirs du Parlement.

Son initiative marque un nouvel épisode dans la grave crise politique secouant le Venezuela, où les manifestations exigeant le départ du chef de l’Etat élu en 2013, sur fond de naufrage économique, ont fait 125 morts depuis le 1er avril.

Romandie.com avec(©AFP / 21 août 2017 19h09)                

Venezuela: découragée, frustrée, l’opposition déserte les rues

août 13, 2017

Un opposant au président vénézuélien Nicolas Maduro lors d’un rassemblement à Caracas, le 12 août 2017 / © AFP / RONALDO SCHEMIDT

Après avoir manifesté sans relâche pendant quatre mois, Amé fait désormais une pause: comme elle, beaucoup d’opposants au président vénézuélien Nicolas Maduro ont déserté les rues ces derniers jours, frustrés et découragés alors que la crise politique n’en finit pas.

Samedi, elle a refusé de participer à la manifestation convoquée par les dirigeants de l’opposition, qui n’a rassemblé qu’un millier de personnes.

« On se moque de nous », soupire cette mère célibataire de 24 ans, qui se présente uniquement sous le pseudonyme Amé.

Membre de la « résistance », l’aile la plus radicale parmi les adversaires du président Maduro, elle faisait partie de ces jeunes qui, visages masqués et bouclier à la main, affrontent les forces de l’ordre avec des pierres et des cocktails Molotov.

Le vaste mouvement de protestation, qui exige le départ du chef de l’Etat, rendu responsable du naufrage économique du pays, affiche un triste bilan: 125 morts depuis début avril et des milliers de blessés et d’opposants emprisonnés.

Le dirigeant socialiste, élu en 2013, est toujours au pouvoir.

Il a même réussi, malgré l’indignation de l’opposition et d’une partie de la communauté internationale, à faire élire une toute-puissante Assemblée constituante, dont les 545 membres, tous chavistes (du nom du défunt Hugo Chavez, président de 1999 à 2013), siègeront pendant deux ans.

– ‘Ils nous ont abandonnés’ –

Furieuse mais découragée, Amé a rangé à la maison le drapeau vénézuélien, le bouclier et les gants, son arsenal de manifestante.

« C’est la faute des dirigeants de l’opposition, nous avons commencé ça avec eux et ils nous ont pratiquement abandonnés », accuse-t-elle.

Amé critique surtout la décision de la coalition de la Table pour l’unité démocratique (MUD, centre droit) de participer aux élections régionales d’octobre.

« Maintenant ils vont nous dire que la sortie (à cette crise) est électorale? Cela n’a aucun sens ».

Pour l’analyste Colette Capriles, l’opposition a commis une erreur, en faisant des manifestations « une routine ». « La rue est une tactique qu’il faut savoir gérer », estime-t-elle.

Mi-juillet, les adversaires de Maduro avaient fait de la lutte contre l’Assemblée constituante une priorité, les dirigeants de la MUD appelant à une stratégie d’occupation de la « rue sans retour ».

S’en est suivi un véritable chaos, avec des blocages de rues à l’aide de troncs d’arbres, de gravats et de poubelles incendiées. Lors d’une de ces manifestations, dispersées par les forces de sécurité, Amé a failli se faire arrêter.

Mais cette stratégie fut peine perdue: le 30 juillet, la Constituante a été élue comme prévu, sans la participation de l’opposition qui dénonçait une fraude et malgré le rejet international.

Dans le camp des anti-Maduro, cela a été vécu comme une défaite.

– Sortie électorale? –

La décision de la MUD de participer aux élections régionales a également déconcerté.

« Nous avons appelé les Vénézuéliens à manifester avec un objectif, le départ du dictateur », et maintenant les habitants « exigent de la cohérence », déclare à l’AFP Maria Machado, dirigeante de l’aile radicale de l’opposition.

En présentant des candidats au scrutin d’octobre, « on serait en train de valider le coup d’Etat, de reconnaître une Assemblée constituante frauduleuse et de style cubain, et de légitimer un Conseil national électoral (CNE) que le monde entier considère comme frauduleux », estime Mme Machado, dont le parti Vente refuse de participer à ces élections, tout comme la petite formation ABP.

Tous ne sont pas du même avis.

« L’unique sortie (à la crise) que nous avons est électorale », assure à l’AFP le député Henry Ramos Allup, du parti social-démocrate Accion Democratica.

Malgré les accusations de fraude contre le CNE, la MUD l’avait emporté haut la main lors des élections législatives de décembre 2015, mettant fin à plus d’une décennie d’hégémonie chaviste, rappelle le député.

S’il reconnaît que « certains sont fatigués, déçus » après des mois de manifestations sans résultat concret, il se dit persuadé qu’une large victoire de l’opposition aux élections régionales assènerait un « coup terrible » à Maduro et ferait pression pour une élection présidentielle anticipée.

Amé, qui a vu son ami Neomar Lander mourir lors d’un de ces rassemblements, n’est guère convaincue par cet argument: « Il n’est pas mort pour qu’un autre soit candidat aux régionales », dit-elle.

Romandie.com avec(©AFP / 13 août 2017 18h26)

États-Unis: Trump évoque une possible option militaire au Venezuela

août 12, 2017

Donald Trump (d) a évoqué une éventuelle option militaire au Venezuela, où le président Nicolas Maduro (g), mis au ban de la communauté internationale, avait promis la veille de répondre « les armes à la main » à une agression américaine. / © AFP/Archives / FEDERICO PARRA, JIM WATSON

Donald Trump a évoqué une éventuelle option militaire au Venezuela, où le président Nicolas Maduro, mis au ban de la communauté internationale, avait promis la veille de répondre « les armes à la main » à une agression américaine.

« Nous avons de nombreuses options pour le Venezuela, y compris une possible option militaire si nécessaire », a lancé vendredi le président américain, lors d’un échange avec des journalistes dans son golf de Bedminster, dans le New Jersey, où il est en vacances.

Appelé à donner des précisions sur cette annonce, qui intervient dans une période d’extrême tension avec la Corée du Nord, le président américain est resté évasif.

« Nous avons des troupes dans le monde entier qui sont parfois très loin. Le Venezuela n’est pas très éloigné et les gens souffrent et les gens meurent », a-t-il simplement ajouté, entouré du secrétaire d’Etat Rex Tillerson et de l’ambassadrice américaine à l’ONU Nikki Haley.

Interrogé sur cette annonce, le Pentagone s’est borné à indiquer, par la voix de son porte-parole Eric Pahon, qu’il n’avait « à ce stade » reçu aucune consigne sur ce dossier.

Le ministre vénézuélien de la Défense, Vladimir Padrino, a qualifié d' »acte de folie » cette déclaration du président Trump.

En cas d’agression, « nous serons tous au premier rang pour défendre les intérêts et la souveraineté de notre Venezuela bien-aimé », a déclaré M. Padrino.

Washington et Caracas, qui n’ont plus d’ambassadeurs respectifs depuis 2010 mais dont les relations s’étaient quelque peu améliorées à la fin du mandat de Barack Obama, conservent des liens économiques et commerciaux étroits, avant tout dans l’industrie pétrolière.

Début août, les Etats-Unis ont infligé des sanctions au président vénézuélien qu’ils ont qualifié de « dictateur ».

La réaction de Washington est survenue au lendemain de l’élection controversée de l’Assemblée constituante voulue par le président socialiste, un scrutin marqué par des violences qui ont fait dix morts.

Rejetée par l’opposition et des pays occidentaux, cette assemblée l’a confirmé à l’unanimité dans ses fonctions de « président constitutionnel de la république bolivarienne du Venezuela ».

Il est extrêmement rare que le gouvernement américain prenne des sanctions contre un chef d’Etat étranger en exercice. M. Maduro est seulement le quatrième à être ainsi sanctionné par Washington, rejoignant un groupe composé du président syrien Bachar al-Assad, du dirigeant nord-coréen Kim Jong-Un et du président zimbabwéen Robert Mugabe.

– « Régime inacceptable » –

Une nouvelle série de sanctions américaines ont par ailleurs été adoptées cette semaine à l’encontre de huit responsables vénézuéliens impliqués dans la mise en place d’une Assemblée constituante jugée « illégitime ».

« Ce régime est inacceptable et les Etats-Unis se tiendront au côté de l’opposition (qui se bat) contre la tyrannie jusqu’à ce que le Venezuela restaure une démocratie prospère et pacifique », a lancé à cette occasion le secrétaire américain au Trésor Steven Mnuchin.

Jeudi, M. Maduro a dit souhaiter « une conversation » avec son homologue américain. « S’il est autant intéressé par le Venezuela, je suis là, je suis le chef de ce qui l’intéresse », a-t-il affirmé lors d’un discours devant l’Assemblée constituante.

M. Maduro souhaite que cette discussion ait lieu par téléphone ou qu’elle se tienne à New York à l’occasion de l’assemblée générale des Nations unies à la mi-septembre.

La Maison Blanche a révélé que M. Maduro avait effectivement sollicité une conversation avec M. Trump vendredi, mais a implicitement indiqué que sa demande n’avait pas été acceptée.

« Les Etats-Unis se tiennent avec le peuple du Venezuela face à la répression permanente exercée par le régime Maduro. Le président Trump parlera volontiers avec le dirigeant du Venezuela dès que la démocratie sera restaurée dans ce pays », a déclaré la Maison Blanche dans un communiqué.

Tout en disant souhaiter avoir des relations « normales » avec les Etats-Unis, M. Maduro a averti jeudi M. Trump que son pays répondrait « les armes à la main » à une éventuelle agression et « ne se rendra jamais ».

Il intervenait devant les 545 membres de la nouvelle assemblée chargée notamment de réécrire la Constitution de 1999. Elle régira le pays durant au moins deux ans, le mandat du président s’achevant en janvier 2019.

Les manifestations contre M. Maduro ont fait plus de 125 morts depuis début avril dans un contexte de grave crise économique et institutionnelle.

Le ministre de la Défense Vladimir Padrino a annoncé vendredi que les chefs d’une attaque menée le 6 août contre une base militaire du nord du Venezuela avaient été capturés par les forces de sécurité. Ces deux hommes, un capitaine chassé de l’armée en 2014 et un lieutenant, recevront « un châtiment exemplaire », a promis le ministre.

La base avait été attaquée par une vingtaine d’hommes. Deux avaient été abattus et huit capturés.

Romandie.com avec(©AFP / 12 août 2017 14h34)

Venezuela: le pouvoir affirme avoir déjoué une « attaque » contre l’armée

août 6, 2017

Une barricade érigée par des opposants, le 6 août 2017 à Valencia / © AFP / Ronaldo SCHEMIDT

Le pouvoir vénézuélien a affirmé avoir déjoué dimanche une « attaque terroriste » contre une base de l’armée, après l’apparition d’une vidéo montrant des hommes en tenue militaire se déclarant en rébellion contre le président Nicolas Maduro.

« A l’aube, des assaillants terroristes sont entrés dans le Fort Paramacay à Valencia », à 180 km au nord de Caracas, et se sont attaqués aux militaires, a écrit sur son compte Twitter Diosdado Cabello, vice-président du parti au pouvoir et membre de la toute puissante Assemblée constituante.

Sept assaillants présumés ont été arrêtés et « livrent des renseignements », a pour sa part indiqué un haut responsable militaire, le général Remigio Ceballos.

Une vidéo supposément tournée dans un régiment de blindés de Valencia circulait dimanche sur les réseaux sociaux et dans plusieurs médias vénézuéliens. Elle montrait un homme se présentant comme un officier et se déclarant « en rébellion légitime » contre « la tyrannie assassine de Nicolas Maduro ».

« Ceci n’est pas un coup d’Etat, ceci est une action civique et militaire pour rétablir l’ordre constitutionnel », affirmait cet homme, se présentant sous le nom de capitaine Juan Caguaripano, flanqué de 15 personnes en tenue de camouflage, certaines d’entre elles armées.

« Nous exigeons la formation immédiate d’un gouvernement de transition et des élections générales libres », ajoutait-il.

– ‘Normalité absolue’ –

Principal pilier du pouvoir chaviste, la puissante armée vénézuélienne est jusqu’à présent restée sourde aux appels de l’opposition pour qu’elle rejoigne son camp, alors que le pays est secoué par une vague de manifestations antigouvernementales qui ont fait 125 morts depuis avril.

« Une normalité absolue règne dans le reste des unités militaires du pays », a assuré sur Twitter Diosdado Cabello, selon qui « ceux qui rêvent du contraire se heurteront au moral de la Force armée nationale bolivarienne ».

Cette « attaque » présumée contre l’armée survient alors que l’Assemblée constituante, élue le 30 juillet et contestée par l’opposition et par une grande partie de la communauté internationale, a entamé samedi ses travaux en destituant la procureure générale Luisa Ortega, l’une des principales adversaires du président Maduro.

La Cour suprême, accusée par l’opposition d’être inféodée au pouvoir, a annoncé que Mme Ortega serait jugée pour des « irrégularités ». Ses comptes ont par ailleurs été bloqués et il lui a été interdit de quitter le pays.

Ce limogeage risque d’empirer les relations déjà tendues du Venezuela avec la communauté internationale, inquiète de la dérive autoritaire du régime. Le Mercosur, le marché commun d’Amérique du sud, a suspendu samedi le Venezuela « pour rupture de l’ordre démocratique ».

Présidée par l’ex-ministre des Affaires étrangères Delcy Rodriguez, une fidèle de M. Maduro, la Constituante est dotée de tous les pouvoirs, avec pour mission de réécrire la Constitution de 1999 promulguée par Hugo Chavez.

M. Maduro lui a notamment fixé pour mission d’apporter la « paix » et de redresser l’économie en lambeaux de cette nation pétrolière, naguère immensément riche.

L’opposition accuse en revanche le dirigeant socialiste de vouloir accroître ses pouvoirs et prolonger son mandat qui s’achève normalement en 2019.

La Constituante devait mettre en place dimanche une commission chargée d’enquêter sur les « crimes » commis pendant les manifestations antigouvernementales.

Selon l’ONG Foro Penal, au moins 4.500 personnes ont été arrêtées depuis le début de la vague de protestations. Un millier d’entre elles sont encore en détention, dont 300 sur ordre de tribunaux militaires.

L’un des chefs de l’opposition, Leopoldo Lopez, a pour sa part été libéré de prison samedi soir, après cinq jours de détention, et de nouveau assigné à résidence à son domicile à Caracas.

M. Lopez avait été initialement placé en résidence surveillée le 8 juillet après avoir passé trois ans et cinq mois à la prison de Ramos Verde. Il y purgeait une peine de près de 14 ans de détention à laquelle il avait été condamné pour incitation à la violence lors d’une vague de manifestations en 2014 contre M. Maduro qui avait fait 43 morts.

Un autre dirigeant de l’opposition, le maire de Caracas Antonio Ledezma, a lui aussi été remis aux arrêts domiciliaires vendredi après trois jours de prison militaire.

Romandie.com avec(©AFP / 06 août 2017 18h10)

Maduro renforce encore son pouvoir: la Constituante limoge une des principales opposantes

août 5, 2017

La présidente de la nouvelle Assemblée constituante Delcy Rodriguez (C), son premier vice-président Aristobulo Isturiz (G) et le secon VP Isaias Rodriguez lors de la session inaugurale de cette chambre controversée, le 5 août 2017 à Caracas / © AFP / Juan BARRETO

Le président socialiste vénézuélien Nicolas Maduro a porté samedi un grand coup à ses opposants: à peine installée, la Constituante qu’il a voulue et dotée de pouvoirs illimités a limogé l’une de ses adversaires les plus pugnaces, la procureure générale Luisa Ortega, au risque d’aggraver encore les tensions avec la communauté internationale.

Mme Ortega, une chaviste historique qui a pris ses distances depuis plusieurs mois avec M. Maduro, a répliqué quelques heures plus tard qu’elle ne reconnaissait pas cette décision. Elle avait indiqué dans la matinée à la presse que des unités de la Garde nationale bolivarienne (GNB) l’avaient empêchée d’accéder aux bureaux du Parquet général dans le centre de Caracas .

« C’est une dictature! » avait-elle dénoncé, tout en promettant de continuer « à lutter pour la liberté et la démocratie au Venezuela ». « Non seulement ils arrêtent les gens arbitrairement, mais ils les font juger par la justice militaire, et maintenant ils ne laissent pas entrer la procureure générale dans son bureau ».

Le Parquet général, qu’elle dirige, avait ouvert mercredi une enquête pour fraude électorale présumée lors du scrutin de l’Assemblée constituante le 30 juillet, réclamant en outre l’annulation de l’installation de cette toute-puissante institution.

Nommée en 2007 par le président Hugo Chavez (1999-2013), Mme Ortega était la principale figure institutionnelle à oser défier publiquement son successeur.

– Le Venezuela suspendu du Mercosur –

Ce limogeage risque d’empirer les relations déjà tendues du Venezuela avec la communauté internationale, inquiète de la dérive autoritaire du régime.

Dernier exemple de cette tension: réunis samedi à Sao Paulo, les ministres des Affaires étrangères du Brésil, de l’Argentine, de l’Uruguay et du Paraguay ont décidé de suspendre le Venezuela du Mercosur, le marché commun sud-américain, « pour rupture de l’ordre démocratique ».

« La suspension ne sera levée (…) qu’une fois que les autres membres du groupe auront considéré que l’ordre démocratique a été pleinement rétabli », a expliqué le Mercosur, posant comme conditions « la libération des prisonniers politiques, la restauration des compétences de pouvoir législatif, la reprise du calendrier électoral et l’annulation de l’Assemblée constituante ».

Nicolas Maduro a aussitôt répliqué que son pays ne serait « jamais » exclu du Mercosur et dénoncé une tentative de « blocus économique, financier, commercial et politique comme celui imposé à Cuba dans les années 60 ».

Il a également défendu la Constituante, qualifiée de « baume pour la vie sociale et politique du Venezuela ». Pour le chef de l’Etat, son pays subit « l’une des attaques les plus féroces que nous ayons connues en 18 années de révolution bolivarienne ».

Présidée par l’ex-ministre des Affaires étrangères Delcy Rodriguez, la Constituante a pour mission de réécrire la Constitution de 1999 promulguée par Chavez. M. Maduro lui a notamment fixé pour mission d’apporter la « paix » et de redresser l’économie en lambeaux de cette nation pétrolière, naguère immensément riche.

L’opposition accuse en revanche le dirigeant socialiste de vouloir accroître ses pouvoirs et prolonger son mandat qui s’achève normalement en 2019.

Installée officiellement vendredi, la Constituante a fait savoir samedi qu’elle siégerait pour une durée maximale de deux ans.

Les constituants siègent dans le « salon elliptique », à quelques dizaines de mètres seulement de l’hémicycle dans lequel se réunissent les députés du parlement élu fin 2015, où l’opposition est majoritaire. Ce qu’ils entendent continuer à faire, ont-ils annoncé, faisant craindre des tensions au sein du bâtiment.

– ‘Coexistence’ –

« Ce qui est envisagé, c’est la coexistence (…) Ce qui ne peut pas arriver, c’est que les pouvoirs constitués méconnaissent les décisions de l’Assemblée constituante », avait expliqué Delcy Rodriguez à l’AFP quelques jours avant son élection à la tête de la Constituante… qui a la faculté de dissoudre le Parlement.

« Nous n’allons pas céder », a assuré de son côté la coalition de l’opposition (MUD) sur Twitter.

L’élection de la Constituante, entachée par des violences qui ont fait dix morts, a suscité un tollé international, dont une condamnation inhabituellement ferme du Vatican, alors que déjà plus de 120 personnes ont été tuées en quatre mois de manifestations contre le gouvernement.

Lors de son discours d’investiture, Delcy Rodriguez, une fidèle de M. Maduro qui la surnomme »la tigresse », a fermement rejeté ces critiques: « pour la communauté internationale (…) le message est clair, très clair: nous, les Vénézuéliens, résoudrons notre conflit, notre crise, sans aucune sorte d’interférence étrangère ».

Romandie.com avec(©AFP / 05 août 2017 21h42)