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Venezuela: suicide d’un opposant selon les autorités, assassinat pour l’opposition

octobre 9, 2018

Des Vénézuéliens opposés au président Nicolas Maduro manifestent devant le siège des services de renseignement où, selon les autorités, l’opposant Fernando Alban s’est suicidé, à Caracas le 8 octobre 2018 / © AFP / Juan BARRETO

L’ONU a réclamé mardi une « enquête transparente » sur les circonstances de la mort de l’opposant vénézuélien emprisonné Fernando Alban, un suicide selon les autorités, un assassinat pour l’opposition.

Fernando Alban, emprisonné dans l’affaire de l’attaque présumée aux drones explosifs contre le président Nicolas Maduro, s’est suicidé lundi au siège des services de renseignement, a affirmé le procureur général Tarek William Saab, qui a annoncé une « enquête complète ».

Le parti de Fernando Alban, Primero Justicia (La justice d’abord), a pour sa part évoqué un « assassinat », indiquant dans un communiqué: « nous tenons pour responsable Maduro et son régime tortionnaire ».

Constatant des «  »informations contradictoires sur ce qui s’est passé », le Haut-Commissariat de l’ONU aux droits de l’homme a réclamé mardi une « enquête transparente pour clarifier les circonstances de sa mort ».

« Fernando Alban était détenu par l’Etat. L’Etat avait l’obligation d’assurer sa sécurité, son intégrité personnelle », a justifié une porte-parole du HCR, Ravina Shamdasani, lors d’un point de presse à Genève.

Lundi soir, des dizaines de personnes avaient participé avec des bougies à une veillée devant le siège des services de renseignement (Sebin), en criant, sous l’oeil des policiers: « ce n’est pas un suicide, c’est un homicide ».

Manifestation devant le siège des services de renseignement au Venezuela après l’annonce par les autorités du suicide d’un opposant, Fernando Alban,, à Caracas le 8 octobre 2018 / © AFP / Juan BARRETO

Selon le procureur général, qui s’exprimait par téléphone à la télévision d’Etat VTV, Fernando Alban « a demandé à aller aux toilettes et une fois là-bas, il s’est jeté dans le vide depuis un dixième étage ».

Le ministre de l’Intérieur et de la Justice, Nestor Reverol, a déclaré que Fernando Alban s’était suicidé alors qu’il allait être déféré devant un tribunal et affirmé qu’il était « impliqué dans des actes de déstabilisation dirigés depuis l’étranger ».

– Arrêté vendredi –

Fernando Alban, conseiller municipal d’un arrondissement de Caracas, avait été arrêté vendredi. Il était accusé d’avoir participé à une attaque présumée aux drones explosifs, le 4 août, alors que le chef de l’Etat socialiste prononçait un discours lors d’un défilé militaire.

L’opposition, qui dénonce une mise en scène, conteste cette version de ce que les autorités appellent un « attentat ». Plus d’une vingtaine de personnes, dont des militaires en activité, ont été arrêtées dans le cadre de cette affaire.

Un participant à une manifestation devant le siège des services de sécurité au Venezuela après l’annonce par les autorités du suicide d’un opposant, Fernando Alban, à Caracas le 8 octobre 2018 / © AFP / Juan BARRETO

Selon le gouvernement, le fondateur de Primero Justicia, Julio Borges, une figure de l’opposition qui vit en exil en Colombie, est le commanditaire de cette attaque présumée.

La « cruauté de la dictature a mis fin aux jours de Fernando Alban », a réagi Julio Borges sur Twitter, ajoutant: « sa mort ne restera pas impunie ».

L’ex-candidat à l’élection présidentielle Henrique Capriles, également membre de Primero Justicia, a également dénoncé « la pleine responsabilité du régime ».

« Ceux d’entre nous qui connaissaient Fernando savent qu’il n’aurait JAMAIS pu agir contre sa propre vie », a tweeté M. Capriles.

Le secrétaire général de l’Organisation des Etats Américains (OEA), Luis Almagro, a condamné le décès de l’opposant, incriminant sur Twitter « la responsabilité directe d’un régime tortionnaire et meurtrier ».

Manifestation au Venezuela devant le siège des services de renseignement après l’annonce par les autorités du suicide d’un opposant, Fernando Alban, à Caracas le 8 octobre 2018 / © AFP / Juan BARRETO

L’avocat de Fernando Alban, Joel Garcia, a déclaré à la presse qu’il était trop tôt pour confirmer s’il s’agissait d’un suicide ou pas.

En visite à Caracas, le président de la commission des Affaires étrangères du Sénat américain, Bob Corker, a jugé perturbant le décès de Fernando Alban. « Le gouvernement a la responsabilité de garantir que tous comprennent ce qui s’est passé », a-t-il tweeté.

Le corps de Fernando Alban a été remis à sa famille lundi soir et transféré au cimetière de l’Est à Caracas.

En septembre 2017, un autre membre de Primero Justicia, Carlos Garica, maire de Guasdualito (ouest), était décédé à l’hôpital où il avait été transféré deux semaines après avoir été victime d’un accident vasculaire cérébral en prison où il était détenu depuis dix mois par les services de renseignement.

L’ONG Foro Penal décompte quelque 236 prisonniers politiques au Venezuela. Le HCR s’est par ailleurs dit mardi « profondément préoccupé par le maintien en détention de 59 ressortissants colombiens qui sont détenus sans charge au Venezuela depuis plus de deux ans », dans des « conditions lamentables ». Lors de leur arrestation, Caracas les accusait d’être des paramilitaires colombiens « mais à ce jour, aucune preuve ni accusation n’ont été portées à leur encontre », rappelle le HCR.

Romandie.com avec(©AFP / (09 octobre 2018 14h07)

Le président vénézuélien pourrait être renversé « très rapidement » selon Trump

septembre 25, 2018

Le président américain Donald Trump à l’ONU à New York, le 25 septembre 2018 / © AFP / Nicholas Kamm

Le président du Venezuela pourrait être « renversé très rapidement », a affirmé mardi Donald Trump devant l’ONU, au moment où Washington imposait de nouvelles sanctions à l’entourage de Nicolas Maduro, qui a vite dénoncé la lâcheté des Américains.

« Franchement », le régime de Nicolas Maduro « pourrait être renversé très rapidement par l’armée si les militaires décidaient de le faire », a déclaré le président Trump à des journalistes au siège des Nations unies.

« Plus de deux millions de personnes ont fui » le pays en raison du gouvernement socialiste vénézuélien soutenu par Cuba, avait-il déploré peu auparavant à la tribune de l’Assemblée générale annuelle de l’ONU.

Pourtant, « il n’y a pas si longtemps, le Venezuela était l’un des pays les plus riches sur terre », a-t-il également noté, en référence aux importantes ressources pétrolières dont la mauvaise gestion a plongé le pays dans la récession et la population dans la pauvreté.

Peu auparavant, le ministre américain des Finances Steven Mnuchin avait annoncé de nouvelles sanctions financières contre quatre personnes de l’entourage de Nicolas Maduro dont son épouse Cilia Adela Flores et sa vice-présidente Delcy Rodriguez.

Le dirigeant vénézuélien n’a pas tardé à réagir exhortant de ne pas toucher à son épouse. « Ne touchez pas à la famille ! Ne soyez pas lâches ! (…) Son seul crime : être ma femme. Comme ils ne peuvent pas s’en prendre à Maduro, ils s’en prennent à Cilia », a lancé le chef de l’Etat lors d’une intervention télévisée.

Le président du Venezuela Nicolas Maduro, le 18 septembre 2018 à Caracas / © AFP / Federico PARRA

« Chaque sanction du gouvernement +gringo+, outre qu’elle est illégale et inutile, est une médaille pour nous, les révolutionnaires », at-il martelé.

« Le président Maduro s’appuie sur son entourage pour maintenir sa mainmise sur le pouvoir alors que son régime pille systématiquement ce qui reste de la richesse du Venezuela », a accusé le secrétaire américain au Trésor pour justifier ce nouveau tour de vis contre Caracas.

L’administration Trump entend mettre fin à l’emprise de Maduro sur l’armée et le gouvernement « pendant que le peuple vénézuélien souffre », a-t-il poursuivi.

– « Affamés et malades » –

Il a en outre prévenu que les Etats-Unis allaient continuer à sanctionner financièrement les « responsables du déclin tragique du Venezuela » ainsi que les réseaux et les « hommes de paille utilisés pour masquer leur richesse illicite ».

Le Venezuela sous Nicolas Maduro / © AFP / Anella RETA

Le président Maduro lui-même était déjà sur la liste des sanctions financières américaines depuis l’été 2017.

Outre son épouse et la vice-présidente, deux autres responsables sont mis à l’index. Il s’agit de Jorge Rodriguez, ministre « de la Puissance populaire pour la communication et l’information », auparavant maire de Caracas. Vladimir Padrino Lopez, ministre de la Défense, est également sanctionné.

Concrètement, leurs avoirs sur le territoire américain sont gelés et il est interdit à tout ressortissant américain de faire des affaires avec eux.

Le Venezuela va sombrer davantage dans la récession cette année affichant une hyperinflation historique de 1.000.000% d’ici fin décembre, avait prévenu fin juillet le Fonds monétaire international (FMI).

Le Produit intérieur brut (PIB) vénézuélien devrait ainsi se contracter de 18% en 2018, avait précisé l’institution de Washington s’inquiétant des répercussions sur les pays voisins, en particulier la Colombie, qui voient affluer en masse les Vénézuéliens fuyant le pays.

Trump: Maduro pourrait être « renversé rapidement » par l’armée / © Colombia Presidency/AFP / –

Le Venezuela tire 96% de ses revenus du pétrole brut. Or sa production de pétrole a chuté d’au moins la moitié en un an et demi faute de liquidités pour moderniser les champs pétroliers.

« Quand on pense au Venezuela, nous devons commencer à penser réellement à l’impact sur la Colombie et potentiellement sur le Brésil », a réagi de son côté mardi la ministre canadienne des Affaires étrangères Chrystia Freeland.

Les migrants, « en plus d’être pauvres et affamés, sont –pour nombre d’entre eux– malades, présentant des pathologies que l’on pensait éradiquées », a-t-elle également déploré lors d’une intervention devant le Council on Foreign Affairs, à New York, en marge de l’Assemblée des Nations Unies.

Le chef de la diplomatie canadienne, qui a insisté sur le fait qu’il ne s’agissait pas « seulement d’un problème local », a défendu les sanctions contre le Venezuela « pour montrer aux dirigeants vénézuéliens que leurs actes ont des conséquences ».

« Nous devons tous continuer à faire savoir au peuple vénézuélien qu’il a notre soutien », a-t-elle enfin insisté.

Romandie.com avec(©AFP / (25 septembre 2018 20h56)

Le Brésil mobilise son armée pour « garantir la sécurité » à la frontière du Venezuela (décret)

août 28, 2018

Brasilia – Le président brésilien Michel Temer a ordonné mardi soir par décret l’utilisation des forces armées pour « garantir la sécurité » dans l’Etat septentrional de Roraima, où ont afflué depuis des mois des dizaines de milliers de réfugiés du Venezuela.

« Je décrète l’envoi des forces armées pour garantir la loi et l’ordre dans l’Etat de Roraima (…) du 29 août au 12 septembre », a annoncé le chef de l’Etat « afin de garantir la sécurité des citoyens brésiliens mais aussi des immigrants vénézuéliens qui fuient leur pays ».

M. Temer a ajouté que la situation était « tragique » et « menaçait l’harmonie de quasiment tout le continent ».

Il a appelé « la communauté internationale à adopter des mesures diplomatiques » contre l’exode de Vénézuéliens fuyant la crise politique et économique sous l’administration du président Nicolas Maduro.

Le chef de l’Etat n’a pas précisé combien d’hommes étaient concernés par ce décret pris une dizaine de jours après une explosion de colère contre les migrants dans la localité frontalière de Pacaraima, où une foule d’habitants a chassé des centaines de Vénézuéliens et brûlé leurs biens.

Le ministre de la Défense, Joaquim Silva e Luna, a affirmé ensuite que « les troupes étaient déjà positionnées » à la frontière, tandis que celui de la Sécurité institutionnelle Sergio Etchegoyen indiquait: « Nous avons besoin de discipliner » les flux de migrants.

Romandie.com avec(©AFP / 28 août 2018 22h48)                                                        

Du « super-dinar » au « bolivar fort »: quand les billets se transportent en brouette

août 21, 2018

Retrait de Bolivars dans un distributeur automatique de billets à Caracas, le 20 août 2018 / © AFP/Archives / Federico PARRA

Le Venezuela en 2018, le Zimbabwe en 2008, et avant eux la Hongrie ou encore l’Allemagne: autant d’exemples « d’hyperinflation ». Quelques explications de ce phénomène qui fait flamber les prix et multiplier les zéros sur les billets de banque.

Comment l’inflation devient-elle galopante ?

« En faisant marcher la planche à billets », répond Nicolas Véron, économiste du think tank européen Bruegel. « Quand un gouvernement n’a pas d’argent, c’est très difficile de résister à la tentation de la faire tourner ».

L’hyperinflation est généralement définie comme une hausse des prix de plus de 50% en un mois. Elle se caractérise par un effondrement de l’activité, combiné avec de la création de monnaie.

« Le cas du Venezuela est typique: son Produit intérieur brut a baissé de 40% depuis 2015 (…), tandis que le gouvernement et la banque centrale ont créé depuis fin 2017 des liquidités à ne plus savoir qu’en faire », explique Philippe Waechter, chef économiste chez le gestionnaire d’actifs Ostrum.

« Donc vous avez plein de liquidités, rien à acheter, et comme la monnaie se casse la figure vous ne pouvez rien importer. Et la valeur interne de la monnaie se déprécie très vite parce que personne ne veut la détenir ».

L’hyperinflation est généralement le résultat d’un dérapage des finances publiques, notamment dans des conditions extrêmes, comme les conflits ou les changements de régime.

Certains économistes considèrent ainsi que le premier cas d’hyperinflation au monde fut enregistré dans la France révolutionnaire. « En février 1797, le « mandat » (monnaie fiduciaire alors en circulation, ndlr) ne vaut plus que 1% de sa valeur monétaire initiale », relate l’économiste Jacques Attali dans « Tous ruinés dans dix ans? » (Fayard, 2010). Le Directoire fit brûler la planche à billets sur la place Vendôme et décréter la banqueroute sur les deux tiers de sa dette.

Quelles conséquences ?

Les hyperinflations se traduisent par des rationnements drastiques, comme en Yougoslavie dans les années 1990, ou des magasins vides, comme à Caracas aujourd’hui. « Les Vénézuéliens ont perdu en moyenne 11 kilos en 2017 par rapport à 2016 », commente Philippe Waechter. Et des millions de personnes tentent de fuir le pays.

Au Venezuela, l’hyperinflation est attendue à 1.000.000% fin 2018. Le gouvernement a émis des coupures de plus en plus grosses, jusqu’à 100.000 bolivars, avant d’imprimer de nouveaux billets de banque, entrés en vigueur lundi, avec cinq zéros de moins. Le pays connaît bien le phénomène: il y a dix ans l’Etat vénézuélien avait déjà éliminé trois zéros en lançant le « bolivar fort ». Cette fois, il s’agit du « bolivar souverain ».

L’économie zimbabwéenne, elle, ne s’est ainsi toujours pas relevée de sa crise d’hyperinflation de 2008. Le gouvernement avait introduit un billet de 100.000 milliards de dollars zimbabwéens, juste assez pour acheter… une miche de pain.

La palme de la pire hyperinflation jamais constatée revient à la Hongrie, où, en 1946, les prix pouvaient doubler en 15 heures (Cato Institute).

Quelles solutions ?

Aujourd’hui, les Etats en détresse choisissent pour certains de se tourner vers le Fonds monétaire international (FMI). Mais quelle que soit l’époque, la clef du succès réside dans le rétablissement de la confiance.

En 1923, les images d’Allemands allant chercher leur pain en poussant des brouettes de billets de banque ont marqué les esprits. L’inflation atteint alors jusqu’à 20% par jour, d’après les chiffres compilés par le Cato Institute. La République de Weimar « a pris des engagements forts vis-à-vis de ses créanciers. Elle a tenu ses engagements, et très vite la perception du pays a changé », raconte Philippe Waechter. Mais le phénomène a, selon nombre d’historiens, alimenté la montée du nazisme.

En janvier 1994, la Yougoslavie (Serbie et Monténégro) connait une inflation de 1.000.000% selon les chiffres officiels. Le gouvernement lance un programme de réformes et met en circulation un « super-dinar », valant officiellement un mark allemand. L’inflation sera finalement jugulée.

Face à une inflation élevée, le puissant dollar américain fait souvent office de valeur refuge. « Les footballeurs argentins, et d’autres pays d’Amérique latine, (…) demandaient à être payés en dollars pour être sûrs de maintenir leur pouvoir d’achat. De fil en aiguille la pratique s’est répandue », relate Philippe Waechter. Un phénomène connu sous le nom de « dollarisation », et souvent redoutable à moyen terme.

« Retirer des zéros peut avoir un effet psychologique, mais ça ne sert à rien si d’autres mesures ne sont pas prises », conclut Nicolas Véron.

Romandie.com avec(©AFP / (21 août 2018 16h10)

Venezuela: après l’attentat », Maduro prépare sa contre-offensive

août 5, 2018

Le président vénézuélien Nicolas Maduro (G) le 4 août 2018 à Caracas lors d’une cérémonie militaire au cours de laquelle il est sorti indemne d’un attentat aux drones / © AFP / Juan BARRETO

Le président vénézuélien Nicolas Maduro se préparait dimanche à répondre avec fermeté à la tentative d’attentat dont il dit avoir été la cible la veille, accusant son homologue colombien Juan Manuel Santos d’être responsable et faisant craindre une vague de répression contre ses adversaires.

Selon les autorités vénézuéliennes, l’attentat a été commis avec des drones chargés d’explosifs, samedi à Caracas durant une parade militaire.

« Je n’ai pas de doute que le nom de Juan Manuel Santos est derrière cet attentat », a-t-il assuré, évoquant des « financiers » non identifiés aux Etats-Unis. A Bogota, le gouvernement colombien a catégoriquement rejeté cette accusation, la qualifiant d' »absurde ».

« Je peux dire catégoriquement qu’il n’y a eu absolument aucune participation du gouvernement américain là-dedans », a déclaré le conseiller à la sécurité nationale de Donald Trump, John Bolton sur la chaîne Fox. Il s’est dit prêt à examiner d’éventuelles « informations » de Caracas.

« Aujourd’hui on a essayé de m’assassiner », a déclaré M. Maduro lors d’une intervention radio-télévisée, ajoutant : « un objet volant a explosé devant moi, une grande explosion ». Selon lui, « une seconde explosion » a ensuite eu lieu.

Capture d’image d’une vidéo de la télévision vénézuélienne montrant le président Nicolas Maduro et son épouse Cilia Flores (g), lors d’une cérémonie militaire, le 4 août 2018 à Caracas, au cours de laquelle le président est sorti indemne d’un attentat aux drones / © / HO

Dans le même discours, M. Maduro a promis une « punition maximale » à l’encontre des auteurs de l’attaque. « Il n’y aura pas de pardon », a assuré ce président très impopulaire et dont l’économie est à bout de souffle.

Un mystérieux groupe rebelle qui serait composé de civils et de militaires a revendiqué l’action, dans un communiqué diffusé sur les réseaux sociaux.

« Nous ne pouvons pas tolérer que la population soit affamée, que les malades n’aient pas de médicaments, que la monnaie n’ait plus de valeur, que le système éducatif n’enseigne plus rien et ne fasse qu’endoctriner avec le communisme », assure ce texte. Celui-ci est signé du « Mouvement national des soldats en chemise », jusque-là inconnu.

Sept militaires ont été blessés et hospitalisés à la suite de l’attaque, a déclaré le ministre de la Communication Jorge Rodriguez.

Des membres des forces de sécurité inspectent un immeuble après une tentative d’attentat contre le président vénézuélien Nicolas Maduro, le 5 août 2018 à Caracas / © AFP / Juan BARRETO

– « Abrite-toi ! »

Les Vénézuéliens ont pu voir M. Maduro, en direct à la télévision gouvernementale, interrompre son discours.

En pleine allocution, après une détonation, M. Maduro, son épouse Cilia Flores et les hauts gradés qui les entouraient sur une estrade ont regardé vers le ciel, l’air surpris et inquiet.

« Abrite-toi, abrite-toi! », lance alors un membre de l’escorte présidentielle à M. Maduro, qui répond: « Allons à droite ! ».

Maduro visé par des attaques / © AFP / Gustavo IZUS, Anella RETA

Après quoi la caméra a montré plusieurs centaines de soldats en train de rompre soudainement les rangs et de se mettre à courir sur l’avenue où se déroulait l’événement, dans une certaine confusion. La télévision d’Etat a ensuite coupé la retransmission.

Des photos diffusés ultérieurement sur internet montrent des soldats escortant le président en le protégeant à l’aide boucliers, et un militaire la tête ensanglantée.

Selon le ministre de la Communication, « une charge explosive (…) a détoné à proximité de l’estrade présidentielle » et d’autres charges ont explosé en plusieurs endroits de la parade militaire.

M. Maduro « en est sorti complètement indemne et se trouve en ce moment en train d’effectuer son travail habituel », a déclaré le ministre.

Le Venezuela sous Nicolas Maduro / © AFP / Anella RETA

Lors de son intervention postérieure, M. Maduro a fait état de plusieurs arrestations.

Outre le président colombien Santos, il a accusé des personnes vivant selon lui aux Etats-Unis. « Les premières investigations nous indiquent que plusieurs des financiers (de l’attentat) vivent aux Etats-Unis, dans l’Etat de Floride », a encore déclaré M. Maduro.

« J’espère que le président Donald Trump est disposé à combattre les groupes terroristes », a-t-il ajouté. Mais, a insisté M. Maduro, l’attaque « a été ordonné de Bogota ».

– Sept blessés –

Venezuela: Maduro dit avoir échappé à un attentat / © VTV/AFP / -, Farid Addala

Le gouvernement a aussi accusé « l’extrême droite », expression par laquelle il désigne l’opposition vénézuélienne, d’être impliquée dans cet « attentat ».

Quelques minutes après les événements, les forces de sécurité étaient en train d’inspecter un immeuble qui se trouvait à proximité et dont la façade était noircie, a constaté l’AFP.

L’incident est survenu dans un contexte social et politique particulièrement tendu. Au Venezuela, tous les voyants économiques sont au rouge vif depuis des années. L’inflation pourrait atteindre 1.000.000% fin 2018, selon le Fonds monétaire international (FMI), alors que le PIB devrait s’effondrer de 18%.

Aliments, médicaments ou biens de consommation courante: la pénurie est généralisée dans ce pays où les services publics, des soins à l’électricité, en passant par l’eau ou les transports, se sont fortement dégradés.

L’incident intervient en outre le jour du premier anniversaire de la très contestée Assemblée constituante vénézuélienne qui a permis au gouvernement d’asseoir son pouvoir et de neutraliser l’opposition.

Allié de M. Maduro, Cuba a été un des premiers pays à réagir, exprimant son « entière solidarité » au président vénézuélien face à cette « tentative d’attentat ». La Russie, l’Iran et la Turquie, également proches de Caracas, ont fermement condamné cette « tentative d’assassinat », selon Moscou. Madrid, qui parle de « faits violents », a réprouvé « tout type de violence à des fins politiques ».

Romandie.com avec(©AFP / 05 août 2018 16h43)

Venezuela: Maduro indemne après un « attentat » aux drones accuse le président colombien

août 4, 2018

Le président vénézuélien Nicolas Maduro (G) le 4 août 2018 à Caracas lors d’une cérémonie militaire au cours de laquelle il est sorti indemne d’un attentat aux drones / © AFP / Juan BARRETO

Le président vénézuélien Nicolas Maduro est sorti indemne d’un « attentat » commis contre lui samedi à Caracas avec plusieurs drones chargés d’explosif, a annoncé le gouvernement, qui a accusé l’opposition d’être responsable de cette action.

« Aujourd’hui, on a essayé de m’assassiner », a ensuite déclaré M. Maduro dans un discours télévisé. Il a accusé le président colombien Juan Manuel Santos d’être impliqué dans « l’attentat » contre lui.Le président vénézuélien Nicolas Maduro a affirmé samedi soir qu’on avait tenté de l' »assassiner », accusant le président colombien Juan Manuel Santos d’être derrière cet « attentat » commis avec des drones chargés d’explosifs lors d’une cérémonie militaire.

Le chef de l’Etat a également affirmé que les « financiers » de l’attaque commise à Caracas se trouvaient aux Etats-Unis, et il a demandé au président américain Donald Trump d’agir.

« Les premiers éléments de l’enquête indiquent que plusieurs financiers vivent aux Etats-Unis, en Floride. J’espère que le président Donald Trump est disposé à combattre les groupes terroristes », a-t-il ajouté.

« Une partie des auteurs matériels de l’attentat ont été arrêtés et sont en train d’être jugés (…) Je ne vais pas m’avancer davantage mais l’enquête a déjà bien progressé », a annoncé Nicolas Maduro.

Sept militaires ont été blessés et hospitalisés dans l’attaque, a indiqué le ministre de la Communication, Jorge Rodriguez.

« Il s’agit d’un attentat contre la personne du président Nicolas Maduro », a déclaré le ministre après l’incident où l’on a vu M. Maduro, en direct à la télévision gouvernementale, interrompre le discours qu’il prononçait lors d’une cérémonie militaire dans le centre de Caracas.

En pleine allocution, après une détonation, M. Maduro, son épouse Cilia Flores et les hauts gradés qui les entouraient sur une estrade ont regardé vers le ciel, l’air surpris et inquiet.

Après quoi la caméra a montré plusieurs centaines de soldats en train de rompre soudainement les rangs et de se mettre à courir sur l’avenue où se déroulait l’évènement, dans une certaine confusion. La télévision d’Etat a ensuite coupé la retransmission.

Selon le ministre, « une charge explosive (…) a détoné à proximité de l’estrade présidentielle » et d’autres charges ont explosé en plusieurs endroits de la parade.

La Garde nationale vénézuélienne le 4 août 2018 à Caracas, lors de la cérémonie de son 81ème anniversaire, pendant laquelle le président Nicolas Maduro a été la cible d’une « attaque » au drone explosif / © AFP / Juan BARRETO

M. Maduro « en est sorti complètement indemne et se trouve en ce moment en train d’effectuer son travail habituel », a déclaré le ministre de la Communication.

Le président, a-t-il toutefois indiqué, « est en réunion permanente avec le haut commandement politique, avec les ministres et avec le haut commandement militaire ».

– Sept blessés –

Les explosions ont « causé des blessures à sept membres » de la Garde nationale bolivarienne qui étaient déployés sur le lieu de la cérémonie militaire, et ces effectifs « reçoivent actuellement des soins » dans des hôpitaux, a indiqué M. Rodriguez.

Le gouvernement a accusé « l’extrême droite », expression par laquelle il désigne l’opposition, d’être derrière cet « attentat ».

Quelques minutes après, les forces de l’ordre étaient en train d’inspecter un immeuble qui se trouvait à proximité et dont la façade était noircie, a constaté l’AFP.

Images du moment de l’attentat au drone au Venezuela / © VTV/AFP / –

Au Venezuela, tous les voyants économiques sont au rouge vif depuis des années. L’inflation pourrait atteindre 1.000.000% fin 2018, selon le Fonds monétaire international, alors que le PIB devait s’effondrer de 18%.

Aliments, médicaments ou biens de consommation courante: la pénurie est généralisée dans ce pays où les services publics, des soins à l’électricité, en passant par l’eau ou les transports, se sont fortement dégradés.

Cet incident intervient le jour du premier anniversaire de la très contestée Assemblée constituante vénézuélienne qui a permis au gouvernement d’asseoir son pouvoir et de neutraliser l’opposition.

Profitant des divisions du camp anti-Maduro, cette instance, uniquement composée de partisans du chef de l’Etat et qui dispose de prérogatives élargies, s’est attribuée la plupart des compétences du Parlement, seule institution du pays contrôlée par l’opposition.

La Constituante a avancé l’élection présidentielle, qui a vu, le 20 mai, la réélection de Maduro jusqu’en 2025, en l’absence de l’opposition. Une victoire non reconnue par une grande partie de la communauté internationale.

Romandie.com avec(©AFP / 05 août 2018 03h33)

Le Venezuela s’enlise dans la récession, ses voisins en souffrent aussi

juillet 23, 2018

Le président vénézuélien Nicolas Maduro à La Havane à Cuba, le 17 juillet 2018 / © AFP/Archives / YAMIL LAGE

Le Venezuela, en proie à une vaste crise, va sombrer davantage dans la récession cette année affichant une hyperinflation historique de 1.000.000% d’ici fin décembre, estime le FMI, une situation qui affecte de plus en plus ses pays voisins.

Le Produit intérieur brut (PIB) vénézuélien devrait se contracter de 18% en 2018, a indiqué lundi le Fonds monétaire international (FMI). C’est pire que ce qui était estimé en avril (-15%).

« Nous projetons une poussée de l’inflation de 1.000.000% d’ici la fin 2018, ce qui signifie que le Venezuela est dans une situation similaire à celle de l’Allemagne en 1923 ou à celle du Zimbabwe à la fin des années 2000 », a commenté Alejandro Werner, un des responsables de l’institution de Washington qui, au printemps, anticipait une inflation de quelque 13.000%.

En outre, les pays voisins sont susceptibles d’être de plus en plus exposés aux répercussions de l’effondrement de l’économie vénézuélienne car la pénurie de nourriture, les difficultés croissantes pour accéder aux soins, à l’électricité, à l’eau, aux transports, combinées aux problèmes d’insécurité, ont fait fuir en masse la population qui se réfugie notamment en Colombie et au Brésil.

– Chute de la production du pétrole –

« Le Venezuela reste englué dans une profonde crise économique et sociale », a résumé Alejandro Werner. Et en 2018, le pays pétrolier enregistrera une récession à deux chiffres pour la troisième année d’affilée, a-t-il précisé.

La contraction du PIB sera plus marquée qu’en 2017 (-16,5%) à mesure que la production de pétrole, principale ressource du pays, s’effondre, a-t-il commenté.

Le Venezuela tire 96% de ses revenus du brut. Or sa production de pétrole a chuté d’au moins la moitié en un an et demi faute de liquidités pour moderniser les champs pétroliers.

Venezuela / © AFP / Anella RETA

La production de brut a ainsi poursuivi sa baisse en juin, à 1,5 million de barils par jour (mbj), soit son plus bas niveau en 30 ans, a récemment révélé l’Organisation des pays exportateurs de pétrole.

Le FMI pointe par ailleurs du doigt la mise en circulation d’un nombre toujours plus grand de billets, ce qui alimente l’hyperinflation.

L’exactitude des prévisions reste toutefois sujette à caution, l’institution, qui compte 189 membres, n’ayant pu effectuer de mission économique depuis 2004. Elle ne reçoit depuis que des données parcellaires.

Que l’inflation soit de 1,2 million ou de 800.000%, cela ne change rien à la « vaste crise humanitaire », à la situation catastrophique du pays qui « manque de tout, de médicaments, de nourriture, en proie aux maladies contagieuses », a réagi Alejandro Werner lors d’une conférence de presse.

– Tableau hétérogène –

Le chef économiste du FMI, Maurice Obstfeld, avait observé la semaine dernière qu’il était difficile pour les économies avoisinantes d’accueillir les Vénézuéliens fuyant leur pays et de les intégrer à leur propre économie.

Plus d’un million de personnes ont migré du Venezuela vers la Colombie au cours des 16 derniers mois, la majorité pour fuir la crise politico-économique, avait estimé le gouvernement colombien mi-juin.

Venezuela : Après la réélection de Maduro, l’horizon s’assombrit / © AFP / Carlos Reyes

Au printemps, le gouvernement brésilien avait estimé que 500 à 1.200 Vénézuéliens

franchissaient chaque jour la frontière brésilienne.

S’agissant de la région toute entière, Amérique Latine et Caraïbes, Alejandro Werner relève que la reprise économique se poursuit mais que le tableau est très hétérogène.

« Si la croissance accélère dans certains pays (tels que le Chili et le Pérou), d’autres font face à une demande plus faible », commente-t-il.

Aussi la prévision 2018 pour la région a-t-elle été révisée en baisse à 1,6% (-0,4 point) et pour 2019 à 2,6% (-0,2 point).

La reprise de l’expansion au Brésil, première puissance économique d’Amérique du Sud, devrait aussi être moins solide (1,8% contre 2,3% estimé en avril), en raison notamment de grèves.

La prévision pour la croissance du Mexique, deuxième économie, est, elle, restée inchangée à 2,3% mais le Fonds note les grandes incertitudes liées à la renégociation du traité de libre-échange nord-américain (Aléna) avec le Canada et les Etats-Unis. Ce qui devrait peser sur la croissance de 2019, désormais estimée à 2,7% (-0,3 point).

Quant à la troisième économie de l’Amérique Latine, l’Argentine, les prévisions sont nettement moins optimistes à 0,4% en 2018 (-1,6 point) et à 1,5% en 2019 (-1,7 point) après 2,9% l’an passé. Le pays, qui a récemment obtenu une aide du FMI, a pâti au printemps d’une nette dévaluation de sa devise et d’une dégradation de la confiance des investisseurs.

Alejandro Werner anticipe néanmoins « une reprise graduelle en 2019 et 2020 qui sera soutenue par une confiance retrouvée avec le programme de soutien du Fonds ».

Romandie.com avec(©AFP / 23 juillet 2018 23h28)

Venezuela: 16.900 militaires pour leur « loyauté » à Maduro

juillet 2, 2018

Le ministre vénézuélien de la Défense, Vladimir Padrino Lopez (D), lors d’une cérémonie à Caracas, le 15 mai 2018 / © AFP/Archives / Luis ROBAYO

Le gouvernement vénézuélien a promu lundi 16.900 militaires en reconnaissance pour leur « loyauté » au président socialiste Nicolas Maduro, qui a dénoncé plusieurs complots contre lui au sein de l’armée, son traditionnel soutien.

« Nous avons évalué la loyauté que chaque homme et chaque femme a mise dans ses mains, ses pensées, sa façon d’agir, dans chaque tâche réalisée à son grade », a déclaré le ministre de la Défense, le général Vladimir Padrino, lors d’une cérémonie.

Le président Maduro a multiplié ces derniers mois les appels à l’armée à « serrer les rangs contre la trahison », dénonçant des plans pour diviser les militaires et provoquer sa chute alors que le pays pétrolier est plongé dans une grave crise politique et économique.

Le 24 mai dernier, quatre jours après sa réélection, contestée par une grande partie de la communauté internationale, le chef d’État avait annoncé l’arrestation d’un groupe de militaires accusés de conspirer contre le scrutin.

Selon Alfonso Medina, l’un des avocats de la défense dans cette affaire, huit militaires – dont deux généraux – et un civil ont été inculpés par un tribunal militaire pour trahison envers la patrie, appel à la rébellion et mutinerie.

L’ONG Foro Penal, qui défend des opposants accusés de délits politiques, a annoncé également le 20 juin que cinq militaires et trois civils avaient été condamnés à des peine de trois à six ans de prison, pour avoir participé à un complot putschiste dénoncé par le président Maduro en 2015.

Le général Padrino a précisé qu’au moment de choisir les militaires méritant d’être promus, il a été tenu compte de leur « rôle » dans la « stabilité institutionnelle du pays et la préservation de la démocratie et de la paix » lors de la vague de manifestations exigeant le départ du chef de l’État, qui ont fait 125 morts en 2017.

Autre critère des promotions attribuées: le « respect des droits de l’homme », a assuré le ministre de la Défense, alors que la violence de la répression a été dénoncée par plusieurs organismes internationaux.

Romandie.com avec(©AFP / 02 juillet 2018 23h08)

Venezuela: l’ONU demande une enquête internationale

juin 22, 2018

Genève – Le Haut-Commissaire de l’ONU aux droits de l’Homme a qualifié vendredi de « lamentable » la situation au Venezuela, appelant à créer une commission d’enquête internationale et demandant un « engagement accru » de la Cour pénale internationale (CPI).

« L’impunité doit cesser », a affirmé Zeid Ra’ad Al Hussein, à l’occasion de la publication d’un rapport sur le Venezuela.

« Etant donné que l’Etat ne semble ni capable ni disposé à poursuivre les auteurs de violations graves des droits de l’Homme, il y a de solides raisons de demander un engagement accru de la Cour pénale internationale », a-t-il souligné.

La CPI a ouvert en février un examen préliminaire sur des crimes commis au Venezuela, théâtre de troubles politiques meurtriers.

Le Haut-Commissariat demande aussi la création d’une commission d’enquête internationale par le Conseil des droits de l’Homme de l’ONU, comme il en existe pour la Syrie.

La publication du rapport fait suite à un premier rapport accablant du Haut-Commissaire, publié en août 2017, qui dénonçait déjà le « recours généralisé et systématique à une force excessive pendant les manifestations, et la détention arbitraire de manifestants et d’opposants politiques présumés ».

Usage de la force excessive, détentions arbitraires, tortures et mauvais traitements, incluant des simulacres d’exécution et des décharges électriques, se poursuivent selon le Haut-Commissariat, qui souligne que cette répression menée par les autorités de l’Etat a commencé en 2014.

– Exécutions extrajudiciaires –

Ce nouveau rapport accuse par ailleurs diverses forces de sécurité vénézuéliennes d’avoir procédé depuis 2015 à des centaines d’exécutions extrajudiciaires, visant surtout des jeunes dans les quartiers pauvres, dans le cadre d’opérations de lutte contre la criminalité.

Plus de 500 exécutions extrajudiciaires auraient ainsi été menées entre juillet 2015 et mars 2017, selon le rapport qui s’appuie sur des statistiques de l’ancien procureur général, désormais en exil.

« Ces opérations de lutte contre la criminalité étaient davantage un exercice visant à montrer que le gouvernement est sérieux dans la lutte contre la criminalité », a expliqué aux médias une porte-parole du Haut-Commissariat, Ravina Shamdasani.

« Quand une boîte de pilules contre l’hypertension coûte plus cher que le salaire minimum mensuel et le lait en poudre pour bébé plus de deux mois de salaire, mais que manifester contre une telle situation peut vous mener en prison, l’injustice extrême de tout cela est flagrante », a fait valoir le Haut-Commissaire.

Les autorités vénézuéliennes ayant refusé l’accès du pays aux experts de l’ONU, M. Zeid a chargé une équipe de spécialistes des droits de l’Homme d’interviewer à distance quelque 150 personnes, dont des victimes et leurs familles, ainsi que des témoins, des journalistes, des avocats et des médecins notamment.

Ces témoignages ont montré que les méthodes pour « intimider et réprimer l’opposition politique ou toute personne perçue comme étant une menace au gouvernement » se poursuivent mais que « ces détentions sont devenues plus sélectives que durant la période des manifestations », visant des activistes, des étudiants, des défenseurs des droits de l’Homme, des travailleurs des médias et des membres des forces armées.

Au moins 12.320 personnes ont été détenues dans le pays entre janvier 2014 et avril 2018, et plus de 7.000 d’entre elles ont été libérées avec comme condition de respecter un certain nombre de mesures limitant leurs libertés, pointe le rapport, utilisant des éléments communiqués par des représentants de la société civile.

Au moins 570 personnes, dont 35 enfants, ont été détenues depuis août dernier.

Le président Maduro, au pouvoir depuis 2013, a été récemment réélu jusqu’en 2025, au terme d’un scrutin vivement critiqué à l’étranger.

Romandie.com avec(©AFP / 22 juin 2018 13h09)                                                        

États-Unis: Trump célèbre la libération d’un Américain détenu au Venezuela

mai 26, 2018

Le président vénézuélien Nicolas Maduro (G) serre la main du sénateur américain Bob Corker (D) en visite au palais présidentiel de Miraflores à Caracas le 25 mai 2018 / © AFP / FRANCISCO BATISTA

Donald Trump s’est réjoui samedi de la libération d’un Américain détenu au Venezuela, Joshua Holt, qui ponctue une semaine pourtant marquée par un durcissement du ton de Washington face à Caracas après la réélection du socialiste Nicolas Maduro, qualifiée de « farce ».

Missionnaire mormon âgé de 26 ans, Joshua Holt avait été arrêté en juin 2016 dans sa résidence près de Caracas par les services de renseignement vénézuéliens qui l’accusaient d’organiser des groupes armés pour déstabiliser le président Nicolas Maduro, ce qu’il a toujours démenti.

« Bonne nouvelle avec la libération de l’otage américain au Venezuela », a écrit Donald Trump sur Twitter samedi matin. « Les formidables habitants de l’Utah célèbrent » ce moment, a-t-il poursuivi en référence à cet Etat américain à forte population mormone d’où est originaire Joshua Holt.

Les proches du jeune missionnaire ont remercié « tous ceux qui ont participé à ce miracle », dans un communiqué transmis par son avocat au Venezuela, Carlos Trujillo, évoquant la « période d’angoisse » qu’ils ont traversée depuis son arrestation.

Selon le sénateur républicain de l’Utah Orrin Hatch, l’épouse vénézuélienne de Joshua Holt, Thamara, arrêtée en même temps que lui, a également été libérée. « Je suis heureux d’annoncer qu’après deux ans de durs efforts, nous avons obtenu la libération de Josh et Thamy Holt, qui sont désormais en route vers chez eux aux Etats-Unis ».

Le couple Holt devrait arriver à Washington en fin de journée et être reçu à la Maison Blanche vers 19H00, (23H00 GMT), a indiqué Donald Trump sur Twitter.

Cette annonce intervient au lendemain d’une rencontre surprise à Caracas entre l’influent sénateur américain Bob Corker, président républicain de la commission des Relations extérieures, et le président socialiste Nicolas Maduro, qui vient d’être réélu pour un deuxième mandat après une élection qualifiée de « farce, ni libre ni équitable », par le vice-président américain Mike Pence.

Au lendemain de l’élection du 20 mai, Washington a imposé de nouvelles sanctions visant à isoler plus encore le régime vénézuélien. La quasi totalité de ses responsables gouvernementaux sont déjà visés par des sanctions européennes ou américaines, y compris Nicolas Maduro.

Les Etats-Unis, qui achètent un tiers du brut vénézuélien, ont menacé par le passé d’un embargo pétrolier et interdisent à leurs citoyens toute transaction sur la dette vénézuélienne.

– « Rechercher la paix » –

Nicolas Maduro « a tenu une réunion très importante avec le sénateur républicain Bob Corker (…) toujours pour rechercher la paix, le dialogue fertile », avait indiqué à la presse le ministre vénézuélien de la Communication, Jorge Rodriguez vendredi.

Nicolas Maduro a tweeté plusieurs photos et vidéos de la rencontre. « La république bolivarienne du Venezuela recevra quiconque désire dialoguer. Nous sommes un peuple un de paix, qui travaille inlassablement pour le bien-être du pays », a-t-il déclaré.

Joshua Holt était apparu à la mi-mai dans des vidéos filmées dans un centre de détention des services de renseignement et diffusées par des membres de l’opposition vénézuélienne qui réclamaient la libération des prisonniers.

« Je m’adresse au peuple américain. J’ai besoin de votre aide pour me sortir d’ici (…) Voilà deux ans que j’implore mon gouvernement. Ils disent être mobilisés mais je suis toujours là. Et à présent ma vie est menacée », disait-il.

Jeudi, après avoir prêté serment comme président réélu devant l’Assemblée constituante, formée uniquement de ses partisans, Nicolas Maduro avait proposé de libérer des opposants incarcérés pour « surmonter les blessures laissées par les manifestations, les conspirations ».

Vendredi, 14 manifestants incarcérés au Venezuela depuis avril ont été libérés, selon l’ONG Foro Penal, qui estime que le pays compte encore quelque 350 « prisonniers politiques », ce que le gouvernement socialiste dément.

Romandie.com avec (©AFP / 26 mai 2018 17h43)