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Mama Koité Doumbia : « Les accusés de la CPI intéressent malheureusement plus que les victimes »

septembre 24, 2021
Mama Koite Doumbia

Présidente du Fonds au profit des victimes de la Cour pénale internationale (CPI), un organe peu connu de l’institution, la Malienne Mama Koité Doumbia et son équipe se battent pour venir en aide aux victimes.

C’est l’une des figures de la défense des droits humains en Afrique de l’Ouest. Depuis 2016, Mama Koité Doumbia tente de venir en aide aux victimes des crimes les plus graves grâce à un organe peu connu de la Cour pénale internationale : le fonds pour l’indemnisation des victimes. Ouganda, Côte d’Ivoire, Mali, Centrafrique, RDC… Après les procès de Laurent Gbagbo, de Jean-Pierre Bemba ou encore de Bosco Ntaganda, c’est elle et son équipe qui ont pris le relais. Entretien. 

Jeune Afrique : Qu’est-ce que le Fonds au profit des victimes et à quoi sert-il ?

Mama Koité Doumbia : Le Fonds répond aux préjudices liés aux crimes relevant de la compétence de la CPI en apportant des réparations [financières] et en proposant des programmes d’assistance aux victimes et à leurs familles. Le conseil du fonds d’indemnisation que je préside a été mis en place pour aller chercher des financements. C’est spécifique à la Cour pénale internationale car les tribunaux ad hoc, comme le TPIY (tribunal pénal international pour l’ex-Yougoslavie) ou le TPIR (tribunal pénal international pour le Rwanda) ne s’en occupaient pas.

LES ÉTATS POURRAIENT DAVANTAGE PRENDRE LEURS RESPONSABILITÉS DE DÉDOMMAGEMENT DES VICTIMES

Comment ce fonds est-il financé ?

Les textes disposent qu’il doit être approvisionné par la contribution volontaire des États. Cependant, ils ne sont pas tenus de verser un montant minimal. Des fondations, et parfois même des individus, contribuent. Les États pourraient davantage prendre leurs responsabilités de dédommagement des victimes. Nous tentons de sensibiliser les gouvernants. Mais malheureusement, les procès et les accusés attirent davantage l’attention que les victimes.

Les pays africains contribuent-ils ?

Nous n’avons pas les financements à la hauteur de nos ambitions. La majorité des victimes des affaires que nous traitons se trouvent en Afrique, mais les pays africains ne contribuent malheureusement pas assez. Sur le continent, seulement six États l’ont alimenté : la RDC, l’Afrique du Sud, le Sénégal, le Mali, la Sierra Leone, et le Nigeria. L’Afrique représente seulement 16% des contributions volontaires quand l’Europe occidentale émarge à 42%. J’ai tiré la sonnette d’alarme, sans effet pour le moment. Il faut dire que la pandémie de Covid-19 a été un coup dur pour les économies de tous les pays. Ça ne nous a pas aidé.

Y-a-t-il une procédure de saisine des biens des personnes condamnées ?

Oui, mais dans la plupart des cas, l’auteur est indigent [par rapport aux indemnisations demandées, NDLR]. Le juge nous donne alors un mandat d’ordonnance pour trouver les financements ailleurs. C’est le cas dans l’affaire du Malien Ahmad Al Mahdi [condamné par la CPI à 9 ans de prison en 2016 pour la destruction des mausolées de Tombouctou, NDLR] : on nous a donné pour mission de trouver 2,7 millions d’euros afin d’aider à la reconstruction de Tombouctou. De telles procédures ont également été engagées pour les affaires Thomas Lubanga, Germain Katanga et Bosco Ntaganda.

Dans le dossier Ahmad Al Mahdi, nous avons davantage entendu parler du versement d’un euro symbolique…

Cet euro symbolique était à destination de l’Unesco et de l’État malien, afin de leur reconnaître le statut de victime. L’organisation onusienne avait participé à l’entretien des mausolées de Tombouctou, inscrits sur la liste du patrimoine mondial. L’Unesco avait donc subi un préjudice. Pour le Mali, il y a eu un préjudice moral.

En plus de cette réparation symbolique, 2,7 millions d’euros seront versés aux familles traditionnelles au titre de réparations individuelles, car les monuments leur appartiennent. À ce jour, nous n’avons réuni que la moitié de cette somme, qui a déjà été versée à 500 familles. Le Canada s’est engagé à alimenter la seconde moitié. Avec cet argent, nous mettrons en place des activités génératrices de revenus, ainsi que la sécurisation du site afin d’éviter de futurs dommages. Nous comptons aussi relier ces zones au réseau électrique, les rendant ainsi fonctionnelles pour les populations qui tirent leurs ressources du tourisme.

Le versement des réparations aux victimes prend souvent des années. Que répondez-vous à ces critiques sur la lenteur des procédures ? 

Elles sont fondées ! Prenons l’exemple du cas Ntaganda en RDC. Parmi les victimes, il y a des enfants-soldats et des enfants nés de l’esclavage sexuel, pour des faits survenus en 2002 et en 2003. Aujourd’hui encore, nous travaillons sur l’identification des victimes. Cela signifie qu’elles seront dédommagées, au mieux, en 2022… Mais nous y travaillons. Un rapport est en cours pour réduire la lourdeur administrative et le temps d’attente des victimes. De nombreuses recommandations sont attendues.

NOUS INDEMNISONS LES VICTIMES MÊME SI JEAN-PIERRE BEMBA ET LAURENT GBAGBO SONT ACQUITTÉS

Jean-Pierre Bemba et Laurent Gbagbo ont finalement été acquittés. Pourtant, dans ces deux affaires, des crimes ont bien été commis en Centrafrique et en Côte d’Ivoire. Le fonds viendra-t-il tout de même en aide aux victimes?

Oui, nous indemnisons les victimes même si les accusés sont acquittés. Nous avons déjà commencé pour le cas de Jean-Pierre Bemba : six programmes ont été mis en place en Centrafrique. Nous allons bientôt initier le processus en Côte d’Ivoire. Aujourd’hui, sur tout le continent, nous en sommes à 28 programmes d’indemnisation.

Dans quelques semaines vous quitterez la présidence du conseil du fonds d’indemnisation. À 72 ans, allez-vous prendre votre retraite?

Je souhaiterais être, de façon bénévole, ambassadrice du fonds au Mali. Je connais cette institution, je la porte en moi, et je compatis aux souffrances des victimes.

Je suis présidente de la Plateforme des femmes leaders du Mali et membre du Réseau francophone égalité femmes-hommes de l’Organisation internationale de la francophonie (OIF). La question des violences faites aux femmes dans les conflits ainsi que celle de leur présence dans les processus de décision sont des questions qui me tiennent à cœur.

Avec Jeune Afrique par Achraf Tijani

Trois-Rivières: un policier dédié à la violence conjugale

septembre 23, 2021

Devant la hausse des féminicides que connaît le Québec, la Direction de la police de Trois-Rivières se dote d’un policier dédié à la lutte à la violence conjugale. Les victimes seront ainsi mieux accompagnées, souhaite le corps policier.La Direction de la police de Trois-Rivières se dote d’un policier dédié à la violence conjugale.

© undefined La Direction de la police de Trois-Rivières se dote d’un policier dédié à la violence conjugale.

«C’est un enjeu social important. Nous le voyons avec les nombreux féminicides commis depuis le début de 2021», mentionne le sergent Luc Mongrain, porte-parole de la Direction de la police de Trois-Rivières.

Le porte-parole de la Direction de la police de Trois-Rivières, le sergent Luc Mongrain.

© STÉPHANE LESSARD Le porte-parole de la Direction de la police de Trois-Rivières, le sergent Luc Mongrain.

«Nous voulons offrir le meilleur soutien aux victimes de violence conjugale. Nous aurons donc un policier en poste pour les cas de violence conjugale et il relèvera de la section communautaire de notre service.»

Cette initiative est financée en bonne partie par des budgets dégagés par le ministère de la Sécurité publique pour lutter contre la violence conjugale. La subvention de Québec, entérinée mardi soir par le conseil municipal de Trois-Rivières, ne vient toutefois pas avec une description de tâches précise. C’est au corps policier d’adapter ses services en fonction de ses réalités.

«Nous partons d’une page blanche», note le sergent Luc Mongrain. «Nous devons définir son rôle plus précisément dans les prochains jours. Tout est à bâtir.»

Après s’être adjoint les services d’une travailleuse sociale pour mieux intervenir auprès de personnes atteintes de troubles de la santé mentale, il s’agit d’une autre initiative permettant d’ajouter des outils aux policiers alors que leur travail se complexifie.

Avec Gabriel Delisle – Le Nouvelliste

France-Abus sexuels dans l’Eglise: à Reims, la parole libérée des victimes

septembre 15, 2021
Abus sexuels dans l'Eglise: a Reims, la parole liberee des victimes
Abus sexuels dans l’Eglise: à Reims, la parole libérée des victimes© AFP/FRANCOIS NASCIMBENI

« Regarder en face » les cas d’abus sexuels, « accueillir la parole des victimes »: l’archevêque de Reims à ouvert mardi une série de quatre réunions publiques inédites dans le diocèse, avant un attendu rapport de la Commission indépendante mise en place par l’Église catholique au niveau national.

« On m’a volé mon corps d’enfant. J’ai 51 ans et mon âme à huit ans ». Sur la scène de la petite salle de spectacles de la maison diocésaine Saint-Sixte à Reims (Marne), Laurent Martinez joue son propre rôle devant une centaine de personnes.

Violé à huit ans par un prêtre d’une école catholique de la région lyonnaise, il en a conçu « Pardon », une pièce puissante et sensible jouée en préambule des échanges.

« C’est mon histoire ! J’avais dix ans. Et j’avais 64 ans quand j’en ai parlé pour la première fois à mon évêque » raconte Francis, la voix secouée de sanglots. « En mai-juin, j’ai eu l’occasion d’en parler avec mes enfants. Mon fils aîné m’a dit qu’il était content que je parle » et « qu’il s’en doutait parce que je ne parlais jamais de mon enfance », poursuit-il.

« Perdu la foi »

Quelques fauteuils plus loin, un autre retraité prend la parole. « J’ai été violé dans mon enfance par un prêtre de Reims. Cette expérience, je l’ai refoulée. Pour pouvoir parler, il faut être écouté. Je n’ai pas trouvé d’interlocuteur » confie-t-il d’une voix basse et tendue.

« Voilà comment j’ai perdu la foi », après « une éducation et une scolarité très catholiques », ajoute-t-il. « Je me suis arrangé pour que mes enfants ne soient pas baptisés, qu’ils n’aillent pas à l’Église ».

Pour lui, le problème reste que « l’Église pense que la loi de Dieu est supérieure à celle des hommes ». L’homme s’éclipse ensuite discrètement de la salle.

« L’enfant est une proie facile. J’avais été repéré comme le faible dans le troupeau. Un pédophile fait toujours comme ça », déplore devant le public Laurent Martinez, l’auteur de la pièce.

Face à lui, une responsable d’association, chargée d’accompagner les enfants victimes, témoigne: « vous avez bien décrit combien les victimes sont dévastées. La parole fait sortir du secret ». « Dans l’Église le silence a duré trop longtemps. C’est ce silence qui me faisait mal. Il faut en finir ! » lance aussi, nerveuse, une jeune membre d’une autre association catholique féminine.

Chiffres « effrayants »

« Enfin, il y a un débat dans ce diocèse qui bruissait de rumeurs de comportements inappropriés. Mais que de temps perdu ! », regrette un intervenant.

« Nous sommes au début du chemin », concède l’archevêque de Reims, Mgr Éric de Moulins-Beaufort, président de la conférence des évêques de France depuis 2019. « Mais on sait maintenant ce que l’on ne voulait pas voir: la souffrance des victimes » poursuit-il, qualifiant les prises de parole de cette soirée de « première nécessité ».

Une enquête dans les archives du diocèse de Reims-Ardennes a révélé « qu’il y avait eu, depuis les années 50 jusqu’à aujourd’hui, 11 cas de prêtres coupables », dévoile Mgr de Moulins-Beaufort.

« Je crains que, le 5 octobre, le rapport de la commission indépendante sur les abus sexuels dans l’Église ne rende des chiffres considérables, effrayants » affirme-t-il.

Créée en 2018, après la révélation de plusieurs scandales, et commandée par l’épiscopat et les instituts religieux, la Ciase est chargée d’enquêter sur les agressions sexuelles sur mineurs dans l’Église depuis 70 ans.

Elle s’est appuyée sur de nombreuses archives de l’Église, de la presse ou de la justice, une enquête portant sur un échantillon représentatif de la population générale, ou encore un appel à témoignages effectué via une plateforme d’appels téléphoniques pendant près de 18 mois.

En mars, elle avait révélé un chiffre provisoire « d’au moins 10.000 » victimes depuis 1950.

« Il faut que les victimes sachent que si elles parlent, elles seront maintenant entendues » s’engage Mgr de Moulins-Beaufort.

Par Le Point avec AFP

Royaume-Uni: les transgenres deux fois plus susceptibles d’être victimes d’un crime ou délit

juillet 17, 2020

 

Dans une étude parue ce vendredi, L’ONS révèle que 28% des personnes transgenres ont déjà été victimes d’un délit en Grande-Bretagne.

Les personnes transgenres sont «deux fois plus susceptibles» d’être victimes d’un crime ou d’un délit au Royaume-Uni que celles qui ne le sont pas, a indiqué, ce vendredi 17 juillet, l’Office national des statistiques. Chaque année, l’ONS sonde environ 50.000 personnes en Angleterre et au Pays de Galles sur des crimes et délits dont elles ont été victimes et qu’elles n’ont pas signalés à la police, une méthode d’enquête reconnue pour être révélatrice des tendances sur le long terme.

Pour la première fois cette année, l’organisme a analysé les résultats de cette enquête sous le prisme de l’identité de genre. Épluchant les données recueillies entre le 1er octobre 2019 et le 18 mars 2020, l’ONS en a conclu que les personnes transgenres avaient été «deux fois plus susceptibles» que les autres d’être victimes d’un crime ou d’un délit (hors fraude)« au cours de cette période.

«Plus d’une personne transgenre sur quatre (28%) a été victime d’un crime ou délit», quand ce n’est le cas que pour «14% de ceux dont l’identité de genre est la même que celle assignée à la naissance (appelées personnes cisgenres)», détaille le rapport de l’ONS.

Un Britannique trans sur huit a déjà été physiquement agressé au travail

Le bureau des statistiques s’est aussi intéressé à l’impact de l’orientation sexuelle ou des origines ethniques sur le risque d’être agressé. Elle souligne ainsi que les personnes «d’origine ethnique mixte» sont «les plus susceptibles d’être victimes d’un crime ou d’un délit» (20%), devant les personnes asiatiques (15%) et les personnes blanches (13%).

Les gays, lesbiennes ou bisexuels sont 21% à rapporter avoir été victime d’un crime ou délit sur la période, contre 14% pour les personnes hétérosexuelles. Selon une étude YouGov commandée par l’association LGBT Stonewall, deux personnes trans sur cinq ont été victimes d’un incident ou crime de haine en 2019. Un Britannique trans sur huit a déjà été physiquement agressé par un collègue ou un client, c’est pourquoi 40% d’entre eux décident de cacher leur transidentité sur leur lieu de travail.

Par Le Figaro avec AFP

 

Coronavirus : l’Union africaine dénonce les discriminations dont sont victimes les Africains en Chine

avril 11, 2020

Moussa Faki Mahamat (Tchad), ancien Premier Ministre de 2003 à 2005, il est président de la Commission de l'Union africaine depuis 2017.

Moussa Faki Mahamat (Tchad), ancien Premier Ministre de 2003 à 2005, il est président de la Commission de l’Union africaine depuis 2017. © Vincent Fournier/JA

 

Les Africains vivant dans la grande métropole chinoise de Canton, dans le sud de la Chine, dénoncent de nombreuses discriminations après plusieurs cas positifs au Covid-19 parmi la communauté nigériane. L’Union africaine a fait part de sa préoccupation et convoqué l’ambassadeur chinois à l’UA.

Expulsions, suspicion, interdictions d’entrée dans les commerces : les discriminations relayées par des Africains établis à Canton (Guangzhou), dans le sud de la Chine, ont conduit Moussa Faki Mahamat, le président de la Commission de l’Union africaine, à convoquer l’ambassadeur chinois à l’UA.

« Mon bureau a invité l’ambassadeur de Chine auprès de l’UA, M. Liu Yuxi, pour exprimer notre extrême préoccupation face aux allégations de mauvais traitements infligés aux Africains à Guangzhou et a appelé à des mesures correctives immédiates », a indiqué Moussa Faki Mahamat sur son compte Twitter.

Des discriminations également dénoncées par les ambassadeurs africains en Chine, qui ont fait part part de leur inquiétude au ministère chinois des Affaires étrangères dans une lettre ouverte adressée le 10 avril. « Le Groupe des ambassadeurs africains à Pékin exige immédiatement la cessation des tests de force, de la quarantaine et des autres traitements inhumains infligés aux Africains de la province du Guangdong en particulier et de l’ensemble de la Chine, et exige également que les Africains soient traités de la même manière que les Chinois et les autres ressortissants », dénoncent-ils.

Racisme et suspicion

La tension est ainsi montée à Canton (15 millions d’habitants) après la découverte par les autorités locales d’au moins huit personnes contaminées qui ont fréquenté l’arrondissement de Yuexiu, où vit une importante communauté africaine. Parmi eux figuraient cinq Nigérians. Ils ont déclenché un tollé en Chine après s’être échappés de leur quarantaine pour se rendre dans plusieurs restaurants et lieux publics.

Conséquence, les autorités ont testé ou placé en quarantaine quelque 2 000 personnes avec lesquelles ils avaient été en contact, a rapporté un média d’État. Canton a, jusqu’au dernier bilan établi jeudi, fait état de 114 cas « importés ». Parmi eux figurent 16 Africains, le reste étant des ressortissants chinois.

Cette statistique n’a toutefois pas freiné la suspicion à l’égard de la communauté africaine de la ville. Plusieurs Africains ont indiqué à l’AFP avoir été chassés de leur logement, puis refusés dans des hôtels.

 « On est dans la rue comme des mendiants »

« J’ai dû dormir sous un pont pendant quatre jours sans rien à manger. Je ne peux même pas acheter de nourriture, car aucun magasin ou restaurant ne m’accepte », affirme Tony Mathias, un étudiant ougandais. « On est dans la rue comme des mendiants », peste le jeune homme de 24 ans, qui dit avoir été forcé lundi de quitter l’appartement où il vivait.

Selon Tony Mathias, les policiers n’ont exigé ni dépistage ni quarantaine, mais lui ont tout simplement dit d’aller dans une autre ville. Contactée, la police de Canton a refusé de répondre à ces accusations.

Autre victime : un homme d’affaires nigérian dit avoir été chassé de son appartement cette semaine. « Quand la police nous voit, elle nous interpelle et nous demande de rentrer. Mais où est-ce qu’on peut bien aller? », soupire-t-il.

Quand tu es noir, tu ne peux pas sortir

D’autres assurent avoir été soumis à des dépistages massifs et placés en quarantaine. La Chine, qui a désormais endigué l’épidémie, interdit l’entrée des étrangers sur son territoire, notamment pour prévenir une seconde vague de contamination. La plupart des personnes qui se déplacent dans le pays doivent subir une quarantaine de 14 jours dans leur lieu de destination.

Thiam, un étudiant guinéen, affirme avoir été testé négatif. Selon lui, la police a exigé qu’il soit placé place en quarantaine, même s’il n’a pas quitté Canton depuis le début de l’épidémie en janvier. « Toutes les personnes que j’ai vu être testées sont des Africains. Les Chinois peuvent se déplacer librement. Mais quand tu es noir, tu ne peux pas sortir », dit-il.

« Malentendus »

Denny, un marchand nigérian expulsé de son appartement, dit avoir passé plusieurs jours dehors avant que des policiers ne le conduisent finalement en quarantaine dans un hôtel. « Même si on est testé négatif, la police ne nous autorise pas à rester dans notre appartement. Aucune raison n’est donnée », assure-t-il.

 

L’affaire des cinq Nigérians a entraîné un torrent de commentaires haineux sur les réseaux sociaux. Certains ont même appelé à expulser de Chine tous les Africains.

Interrogé jeudi, un porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères, Zhao Lijian, a reconnu des « malentendus » dans les mesures de prévention à Canton.

« Le gouvernement chinois traite tous les étrangers en Chine de la même manière (…) et a une tolérance zéro vis-à-vis des paroles et actes discriminatoires », a-t-il assuré lors d’un point presse régulier. Il a appelé les autorités locales à « améliorer leurs mécanismes et méthodes de travail ».

Par Jeune Afrique avec AFP

 

Les sourds argentins victimes d’abus du clergé réclament justice au pape

février 20, 2020

Trois sourds argentins victimes d’abus sexuels commis par des prêtres dans des instituts catholiques spécialisés d’Argentine ont lancé jeudi 20 février un cri de douleur et de colère depuis la place Saint-Pierre pour demander justice et réparation à leur compatriote, le pape François.

«Nous avons beaucoup souffert. Il nous faut une loi qui oblige le Vatican à cesser de se protéger. Nous, les sourds, avons subi des abus de la part de prêtres et nous avons besoin que cela change», a expliqué en langue des signes Daniel Sgardelis, 45 ans, en route pour la place Saint-Pierre de Rome.

«Ils ont trop commis d’abus sexuels et il faut que cela cesse. Le pape est là tranquillement au Vatican sans nous donner la preuve d’un changement», a aussi déploré Ezequiel Villalonga, 19 ans, grâce à une traductrice.

«Pourquoi sommes-nous venus à Rome? Pour mettre fin aux abus sexuels partout», lance Ezequiel en brandissant un portrait de son bourreau.

Erica Labeguerie, dont la sœur de 26 ans est devenue une victime lorsqu’elle fréquentait l’un des deux Instituts catholiques Provolo pour les sourds d’Argentine, explique que son combat est pour que ces horreurs ne se répètent pas dans d’autres parties du monde.

Le drame de ces personnes handicapées est d’autant plus choquant qu’il s’agit de personnes particulièrement vulnérables qui ont été confiées à des religieux pour leur éducation.

Pas de rencontre avec le pape

Les victimes ont demandé en vain une rencontre avec le pape lors de leur séjour à Rome, du 20 au 22 février. «Nous sommes très déçus», reconnaît Erica Labeguerie, en racontant d’une voix hachée le parcours de sa famille.

«Cette lutte sert à rompre le silence, à faire en sorte que les preuves ne soient pas cachées, que le Vatican collabore», glisse-t-elle. Les victimes, accompagnées par leurs avocats, accusent le Vatican et le pape de dissimulation. Elles demandent justice, châtiment et réparation économique.

«Le pape a le pouvoir d’agir et d’éviter que cela ne se reproduise. Nous ne parlons pas du passé mais du présent que beaucoup vivent encore», assure la jeune femme.

Pour l’avocat Sergio Salinas, de l’organisation argentine humanitaire Xumex, «le pape argentin n’a rien fait pour enquêter sur les victimes ou pour les réparer».

«Nous avons besoin d’actions. Il ne suffit pas de lever le secret pontifical. L’Église doit collaborer. Le pape n’a rien dit, il ne s’est même pas excusé publiquement. Ce qui, de toute façon, n’est pas suffisant pour les victimes», a commenté pour sa part un autre avocat, Lucas Lecour.

En novembre, deux prêtres ont été condamnés à plus de 40 ans de prison pour avoir violé durant des années ces enfants dans l’institut spécialisé Provolo de Mendoza (ouest de l’Argentine). Nicola Corradi, un curé italien qui vit en Argentine depuis 1970, a été condamné à 42 ans de prison, et l’Argentin Horacio Corbacho à 45 ans.

Nicola Corradi avait été dénoncé au Vatican en 2009 pour avoir abusé sexuellement d’enfants sourds dans un institut Provolo de Vérone, dans le nord de l’Italie, avant d’être envoyé en Argentine voici cinquante ans. C’est pourquoi des sourds italiens de Vérone participeront à une veillée avec leurs compagnons d’infortune argentins, samedi dans les jardins du château de Saint-Ange, à quelque pas de la place Saint-Pierre.

Avant leur venue à Rome, les victimes argentines, qui considèrent avoir été «torturées» par leurs agresseurs, s’étaient rendues à Genève auprès du Comité de l’ONU contre la torture et du Comité des droits de l’enfant.

Par Le Figaro avec AFP

Canada: Des religieux auraient fait des milliers de victimes au Québec

février 13, 2020
Des prêtres oblats dans la région de Sept-Îles (vers 1980)
© Institut Tshakapesh Des prêtres oblats dans la région de Sept-Îles (vers 1980)
Une compilation réalisée par Enquête trace un portrait sombre des agressions sexuelles et physiques perpétrées par des religieux au Québec. Des centaines de pédophiles et d’agresseurs, membres de l’Église catholique, auraient fait près de 10 000 victimes depuis les années 30. Et le portrait demeure incomplet. Tour d’horizon d’une triste réalité qui a peut-être été sous-estimée.Des centaines d’agresseurs membres de l’Église catholique auraient fait près de 10 000 victimes.

Poursuites civiles

Près de 25 actions collectives et poursuites civiles ont été entamées au Québec contre des diocèses, des congrégations religieuses ou certaines de leurs institutions, selon le décompte de Radio-Canada.

Si tous les recours se concluaient en leur faveur, le nombre de victimes s’élèverait à plus de 3000 personnes, qui ont dénoncé 334 agresseurs présumés.

Certaines poursuites se sont réglées à l’amiable, souvent en faveur des victimes. Mais la plus grande partie des recours collectifs demeurent en attente d’autorisation par un juge.

Condamnés au criminel

Plus de 50 prêtres diocésains, diacres et membres actuels ou passés de congrégations religieuses, ayant été actifs au Québec, ont aussi été condamnés au criminel.

De ce nombre, certains ont été condamnés en Ontario, mais auraient fait des victimes au Québec.

Quelques-uns n’ont pas pu subir leur procès en raison de leur santé physique ou mentale, alors que d’autres sont décédés avant la fin du processus judiciaire.

À eux seuls, ils ont fait au moins 225 victimes.

La plupart de ceux qui ont été condamnés sont aujourd’hui décédés ou à la retraite. Certains ont quitté les ordres et d’autres ont été tout simplement excommuniés.

Des agresseurs itinérants

Enquête a découvert que cinq autres prêtres ou religieux ont été condamnés ou identifiés publiquement comme des agresseurs par l’Église catholique aux États-Unis, après avoir officié au Québec durant de nombreuses années. Certains sont revenus au Québec, après avoir eu des plaintes contre eux à l’étranger.

L’un des pires agresseurs d’origine québécoise est le défunt père Lucien Meunier.

Selon les documents judiciaires américains, il a été déplacé du Québec vers l’Ontario après avoir fait au moins une victime à Granby. Par la suite, l’homme est devenu le curé de la paroisse de Marsden, en Saskatchewan, puis a officié dans plusieurs autres paroisses.

En 1990, la Gendarmerie royale du Canada estimait qu’il avait agressé plus d’une centaine de personnes, de l’Ontario à la Colombie-Britannique.

Il aurait ensuite sévi dans plusieurs villes de l’Arizona.

Le père Meunier donnait des conférences à travers l’Amérique du Nord, afin de parler du concile œcuménique en tant qu’émissaire du pape Paul VI. Il a été placé sur la liste des prêtres pédophiles du diocèse de Harford, au Maryland, pour avoir agressé un enfant durant un séjour à cet endroit.

Après avoir été arrêté aux États-Unis, le père Meunier, 74 ans, est décédé en 1990 d’une crise cardiaque dans une cellule d’un pénitencier de Floride, peu de temps après qu’un tribunal américain eut ordonné son extradition au Canada pour y être jugé.

Il avait déjà été accusé à deux reprises en Arizona pour agressions sur des enfants.

Les pensionnats autochtones

Des religieux membres de l’Église catholique ont aussi fait des ravages dans les pensionnats autochtones au Québec.

Enfants autochtones en salle de classe au pensionnat indien catholique de Fort George (Québec), 1939

© Archives Deschâtelets Enfants autochtones en salle de classe au pensionnat indien catholique de Fort George (Québec), 1939
Durant les travaux de la Commission de vérité et réconciliation, d’anciens pensionnaires des Premières Nations au Québec ont témoigné d’agressions perpétrées par des religieux et des religieuses membres de congrégations catholiques, dont les Oblats.Quelque 2200 Autochtones du Québec ont été indemnisés pour des agressions physiques et sexuelles.

Au moins 17 religieux auraient sévi dans les pensionnats catholiques gérés par des Oblats, selon une enquête journalistique de 2008.

  • Fort George (Baie-James)
  • Amos (Abitibi)
  • Pointe-Bleue (Lac-Saint-Jean)
  • Sept-Îles (Côte-Nord)

Des agresseurs auraient aussi été actifs dans le pensionnat de La Tuque, en Mauricie, géré par les anglicans.

Plus récemment, deux recours collectifs en attente d’autorisation ont été déposés par des membres des Premières Nations du Québec. L’un d’eux vise la congrégation des Oblats de Marie-Immaculée, révélait Enquête en 2018. L’autre, contre le gouvernement fédéral, porte sur les agressions subies dans les écoles de villages où de nombreux religieux travaillaient comme enseignants.

Les orphelins de Duplessis

Un inventaire des présumés agresseurs de l’Église catholique au Québec serait incomplet, sans parler des victimes des orphelinats de Duplessis, administrés en majeure partie par des congrégations religieuses.

Plusieurs témoignages d’agressions physiques ou sexuelles subies par des enfants dans ces institutions publiques ont fait la manchette depuis le début des années 90.

Or, on ignore le nombre exact de victimes, le gouvernement ayant toujours refusé la tenue d’une commission d’enquête sur la question.

Dans les années 90, deux tentatives de recours collectifs ont échoué, notamment pour des raisons de prescription. Avant 2013, une victime d’agression sexuelle n’avait que trois ans, à partir du moment où elle atteignait sa majorité ou qu’elle prenait conscience de ce qui lui était arrivé, pour poursuivre ou non son agresseur. La prescription est maintenant de 30 ans dans les cas d’agressions sexuelles ou de violence durant l’enfance.

Depuis 2006, le gouvernement du Québec a versé une aide de 15 000 $ à plus de 4300 personnes, dont une partie alléguait avoir été maltraitée physiquement ou sexuellement dans une série d’institutions gérées par des congrégations religieuses.

En février 2019, la ministre québécoise de la Justice, Sonia LeBel, a fermé la porte  à la tenue d’une commission d’enquête sur les agressions commises par des prêtres pédophiles, comme le réclamaient des victimes québécoises.

La ministre LeBel estimait que « l’outil de la commission d’enquête n’est peut-être pas l’avenue la plus appropriée dans ce dossier ».

Appelé à commenter la compilation d’Enquête, répertoriant l’existence de plusieurs milliers de victimes de religieux agresseurs, le bureau de la ministre a refusé tout commentaire supplémentaire.

Avec Radio-Canada.ca par Daniel Tremblay

Gambie : des victimes du régime de Yahya Jammeh réclament justice dans les rues de Banjul

janvier 26, 2020

Le dernier meeting du président Yahya Jammeh, en novembre 2016 à Banjul (Gambie).

Le dernier meeting du président Yahya Jammeh, en novembre 2016 à Banjul (Gambie). © Jerome Delay / AP / SIPA

 

Des centaines de Gambiens victimes du régime de l’ex-président Yahya Jammeh ont marché samedi dans les rues de Banjul pour « réclamer justice », alors que se multiplient les manifestations des opposants et des partisans de l’ancien homme fort du pays.

Vêtus de t-shirts blancs frappés du slogan #justicemustprevail (la justice doit prévaloir), les manifestants arboraient de grandes photos de victimes assassinées ou portées disparues, dont celle du correspondant de l’AFP Deyda Hydara, tué par balle le 16 décembre 2004 par des séides de l’ex-dirigeant.

Ils ont marché dans la banlieue de Banjul, scandant des slogans tels que « Nous voulons la justice et nous la voulons maintenant ».

Tortures, viols, exécutions extra-judiciaires

Officier arrivé à la tête de la Gambie par un coup d’État en 1994, Yahya Jammeh a dirigé pendant 22 ans un régime de féroce répression, marqué par des cas de tortures, de viols et d’exécutions extra-judiciaires. Il a été poussé à s’exiler en Guinée-Equatoriale en janvier 2017, cédant à une intervention militaire africaine après avoir rejeté sa défaite à la présidentielle face à l’opposant Adama Barrow.

Des milliers de ses partisans ont manifesté à Banjul à la mi-janvier pour réclamer son retour d’exil, estimant que la situation n’avait fait qu’empirer depuis l’arrivée au pouvoir d’Adama Barrow. Le nouveau président est lui-même contesté par une partie de l’opinion, qui réclame son départ, tandis que ses supporters manifestent pour qu’il aille au bout de son mandat de cinq ans.

« Crimes contre l’humanité »

Le ministre de la Justice, Abubacarr Tambadou, a assuré la semaine dernière que l’ex-président Jammeh serait « immédiatement arrêté » s’il revenait au pays et « poursuivi pour les plus graves affaires », dont des « crimes contre l’humanité » mis en lumière par les auditions de victimes et d’ex-tortionnaires devant une Commission Vérité et Réconciliation mise en place depuis un an.

Les victimes craignent toutefois que justice ne leur soit jamais rendue, malgré les appels pressants d’ONG internationales. « Nous demandons au gouvernement d’agir rapidement, parce qu’une justice tardive n’est pas une justice. Yahya Jammeh doit être arrêté et jugé », a expliqué lors de la manifestation Maron Baldeh, veuve du lieutenant Basiru Barrow, assassiné par la junte en 1994.

Je n’ai pas dormi cette nuit-là

Les association de victimes entendaient également protester contre l’autorisation de manifester accordée au parti de l’ancien président, l’Alliance patriotique pour la réorientation et la construction (APRC). Elles ont remis au gouvernement une pétition réclamant que ce parti soit « suspendu » jusqu’à la fin des travaux de la Commission Vérité, prévue dans un an.

« J’ai été choquée en voyant à la télévision les images de l’APRC réclamant que Jammeh puisse rentrer. Je n’ai pas dormi cette nuit-là », a expliqué Nyima Sonko, veuve du leader de l’opposition Solo Sandeng, arrêté en avril 2016 lors d’un rassemblement pour réclamer des réformes politiques et dont la mort en détention avait galvanisé les opposants, qui s’étaient unis autour de la candidature d’Adama Barrow.

 Par Jeune Afrique avec AFP

Le Canada apporte 170 millions aux victimes des inondations du Congo

janvier 15, 2020

La ministre des Affaires sociales et de l’action humanitaire, Antoinette Dinga Dzondo a remercié le Canada pour l’aide de 290.000 mille dollars, soit environ 170 millions de francs CFA apportée aux sinistrés des inondations depuis octobre 2019.

« Cette contribution canadienne sera utilisée par le Programme alimentaire mondial (PAM) pour réaliser des transferts monétaires à 6.500 personnes, victimes des inondations dans la Likouala », a souligné Antoinette Dinga Dzondo lors de la remise des kits de non-vivres aux sinistrés des inondations.

Aux 170 millions de francs CFA, le Canada ajoutera 40.000 dollars soit environ 20 millions de francs CFA qui seront gérés par Caritas Congo au profit des sinistrés des quartiers de Brazzaville.

Les kits de non-vivres composés de marmites, seaux en plastique, matelas et ustensiles de cuisines ont été remis à Brazzaville par la ministre du développement international du Canada, Karina Gould en séjour à Brazzaville.

Jean Pierre Moutoumbi, habitant de Talangaï s’est réjoui du kit qu’il venait de recevoir car il lui sera d’une grande utilité. « Si tous les autres pays faisaient comme a fait le Canada, beaucoup de problèmes des sinistrés seront résolus », a-t-il dit.

Les inondations qui ont affecté prés de 170.000 personnes dans les départements de la Likouala, la Sangha, la Cuvette et les Plateaux ont largement fragilisé la sécurité alimentaire des populations. Des familles ont perdu leurs biens, le bétail, les champs sont recouverts d’eau et les cultures sont perdues, les denrées de base se font de plus en plus rares sur le marché et les prix augmentent.

Avec Sacer-infos.com par Stany Franck

France/ Pédophilie: 349 victimes potentielles dans l’affaire du «chirurgien de Jonzac»

décembre 20, 2019

197 personnes ont déposé plainte, a annoncé la procureure de la République de Lorient Laureline Peyrefitte.

349 victimes potentielles. Ce vendredi, lors d’une conférence de presse, la procureure de la République de Lorient Laureline Peyrefitte a annoncé que Joël Le Scouarnec, surnommé le «chirurgien de Jonzac», pourrait avoir agressé sexuellement non pas 250 personnes, comme l’avait déclaré en novembre le procureur de La Rochelle Laurent Zuchowicz, alors en charge de l’affaire, mais 349, pour la plupart mineures.

La magistrate a évoqué une «procédure hors norme», précisant que 229 personnes avaient été entendues, et que 197 victimes potentielles avaient d’ores et déjà déposé plainte. Certains cas pourraient cependant être prescrits.

Une réunion avec les victimes potentielles ce matin

Avant la conférence de presse du parquet, une «réunion informative sur le déroulement de la procédure» s’est tenue ce vendredi matin dans une grande salle de spectacle à Plœmeur (Morbihan). «Environ 110 personnes» étaient présentes à cette réunion. «J’ai voulu prendre le temps de l’écoute» de ces personnes concernées, qui «ont des attentes et des craintes légitimes», a souligné Laureline Peyreffite.

«Les services de l’État organisent un événement sensible dans l’enceinte du centre Océanis le vendredi 20 décembre 2019. Pour cette raison, il sera fermé et ouvrira ses portes à partir de 14h00», indiquait l’établissement. Les forces de l’ordre avaient bouclé le quartier et opéraient des contrôles d’identité à l’entrée du complexe.

Une cellule spéciale mise en place

Pour faire face à ce qui pourrait être «le plus gros dossier de pédophilie de France», selon Me Francesca Satta, l’avocate de nombreuses victimes présumées, une cellule nationale d’enquête a été mise en place. Sous l’égide de la direction générale de la gendarmerie nationale, elle est pilotée par la section de recherches de Poitiers et bénéficie de «l’appui significatif» de la section de recherches du Morbihan. Cinq gendarmes sont mobilisés.

«Les investigations visent à continuer à identifier, localiser et entendre l’ensemble des victimes potentielle figurant dans les écrits de M. Le Scouarnec, à recueillir tout témoignage utile, direct ou indirect, sur ses pratiques professionnelles et à établir avec précision l’ensemble de son parcours hospitalier», a précisé la procureure de Lorient. «Bien entendu, l’enquête s’attachera à rechercher également les informations dont sa hiérarchie et les autorités administratives dont il dépendait pouvaient disposer.»

Un premier procès en mars 2020

L’enquête préliminaire se poursuivra «au moins pendant tout le cours du premier semestre 2020 avant d’envisager l’ouverture d’une information judiciaire», a conclu la magistrate. Un premier procès aura d’ores et déjà lieu en mars prochain à Saintes, devant la cour d’assises de la Charente-Maritime. L’ancien chirurgien digestif sera jugé pour «agressions sexuelles» et «viol» sur quatre personnes mineures au moment des faits: deux nièces, une patiente et une petite voisine.

De leur côté, Joël Le Scouarnec et son avocat sont restés quasi-silencieux depuis le début de la médiatisation de cette affaire. «Pour le moment, mon client s’inscrit dans une démarche de soin, de façon régulière, pour tenter de comprendre son attirance envers les jeunes personnes, attirance qu’il ne conteste pas», a fait savoir au Figaro Me Thibaut Kurzawa.

Le Figaro.fr par Aude Bariéty