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Centrafrique : le président annonce un nouveau gouvernement « d’ici 72 heures »

juin 2, 2013
Michel Djotodia a annoncé la formation d'un nouveau gouvernement. Michel Djotodia a annoncé la formation d’un nouveau gouvernement. © AFP

Le président de la transition en Centrafrique, Michel Djotodia, a annoncé samedi soir qu’un nouveau gouvernement serait nommé dans son pays « d’ici 72 heures », a-t-on appris dimanche de source présidentielle.

« Il va falloir mettre en place un nouveau gouvernement et c’est ce à quoi s’attèle le Premier ministre, Nicolas Tiangaye, qui a entrepris les consultations. Ce gouvernement sera mis en place d’ici 72 heures et tiendra compte de toutes les entités du pays », a-t-il déclaré à Oyo, au Congo, à plus de 400 km au nord de Brazzaville. Michel Djotodia – chef de la rébellion Séléka qui a renversé fin mars le président François Bozizé – s’est exprimé après un long entretien avec son homologue congolais Denis Sassou Nguesso, médiateur de la crise en Centrafrique. Il était arrivé à Oyo vendredi pour une visite de 48 heures.

Les chefs d’Etat de la communauté économique des Etats d’Afrique centrale (CEEAC), réunis en avril à N’Djamena sur la crise centrafricaine, avaient demandé la formation d’un gouvernement de transition représentant toutes les tendances de la vie politique du pays. Le Premier ministre centrafricain a entamé lundi les consultations en vue de former un nouveau gouvernement d’union nationale pour normaliser la situation dans son pays, dont la capitale Bangui souffre d’insécurité depuis que la Séléka a chassé François Bozizé, le 24 mars. « Nous avons mis en place un mécanisme pour permettre le cantonnement de nos troupes dans les différentes préfectures et nous avons fait nôtre le devoir de démilitariser Bangui. Nous espérons que cela se fera totalement d’ici deux à trois semaines », a indiqué Michel Djotodia.

Appui de Brazzaville

Selon une source diplomatique, « Michel Djotodia est venu solliciter l’appui du Congo dans la résolution de la situation instable » que vit la Centrafrique. Il a « déjà fait le tour de plusieurs autres capitales de la région », a-t-elle ajouté. Lundi, le président Sassou Nguesso a annoncé le déploiement en urgence de 200 militaires congolais à Bangui pour que son contingent atteigne 350 hommes sur place. Ce contingent fait partie des troupes de la CEEAC qui doivent passer à terme à 2.000 hommes, contre 700 actuellement.

Début mai, Brazzaville a abrité la première réunion du Groupe de contact international sur la Centrafrique, qui a proposé la création d’un fonds pour financer les élections prévues après la période de transition de 18 mois à Bangui.

Jeuneafrique.com avec AFP

Bertrand Delanoë, les enfants qu’il n’a jamais eus

février 1, 2013

Le maire de Paris a failli adopter

 
Bertrand Delanoë, les enfants qu'il n'a jamais eus

Bertrand-Delanoë-Aung-San-Suu-KyiBertrand DelanoëBertrand DelanoeBertrand DelanoeMazarine et Bertrand Delanoë

En plein débat sur le mariage homosexuel et l’adoption pour ces couples, Bertrand Delanoë a témoigné de sa propre expérience. Lui qui voulait tant être père a dû mettre un terme à son projet.

Un choix, comme un déchirement. Il y une dizaine d’année de cela, Bertrand Delanoë a pris une décision qui a marqué le reste de sa vie. Après avoir révélé publiquement son homosexualité en 1998 lors d’une interview, le Socialiste a engagé le projet de fonder une famille. Mais au micro d’Europe 1 ce matin, et comme il l’avait déjà évoqué dans on livre La vie passionnément (ed. Robert Laffont), Bertrand Delanoë explique qu’il a dû renoncer à ce souhait.

Avant de devenir maire de Paris, le natif de Tunis, a reçu l’agrément pour adopter une fratrie. Une accession à un bonheur familial tant désiré mais incompatible avec sa vie politique de l’époque. Bertrand Delanoë explique à Bruce Toussaint ce matin qu’il se trouvait à ce moment « hyper investi au service des Parisiens» et qu’il a de lui-même décidé qu’il n’y arriverait pas. Vraiment impossible d’être «maire et père » comme le souligne le journaliste à son interlocuteur, amusé par ce jeu de mots.

Pas de regret pour Bertrand Delanoë. Lui qui défend l’idée du «vivre les choses à fond», n’exprime pas de peine en public à l’idée de cette adoption ratée.

 Gala.fr  par Laure Costey

Leçons d’un triple renversement manqué de Ouattara: Un fauteuil présidentiel ça s’entretient en le défendant

octobre 17, 2011

Je dédie ces lignes, avec la plus grande tristesse, à mon cher aimé Tonton Jean-Michel Moulod, député-maire de Grand-Bassam, dont le corps reste introuvable dans les eaux de la lagune de Moossou, depuis sa disparition, le samedi 15 octobre à 8h.

Les observateurs attentifs de la vie politique ivoirienne ont tiré la sonnette d’alarme : l’entêtement du Front populaire ivoirien (Fpi) à organiser son meeting du samedi 15 octobre 2011 n’était pas signe de bon présage. Et ce, au regard de la violence verbale et physique de ce parti, ces derniers temps : « Nous allons rendre ce pays ingouvernable », soutenaient les quatre pelés et un tondu dont Akoun Laurent, Amani N’guessan Michel, Yao Yao Jules, et le secrétaire général par intérim de la Jfpi, Koua Justin au meeting du Fpi, le samedi 8 octobre 2011 à Koumassi, quartier Houphouët-Boigny, grand campement). Les évènements, qui vont se dérouler du samedi 15 au 16 octobre 2011, ne démentiront pas les suspicions des pénétrés du comportement, souvent surréaliste, anti-démocratique, du parti anti-développement de Gbagbo. Mieux, ils donneront tort à ceux qui prétendent qu’il faut laisser le Fpi mourir de sa belle mort en lui laissant le champ libre de faire ce qu’il veut. Le jeudi 13 octobre 2011, le gouvernement, par l’entremise du ministre de l’Intérieur, reçoit la direction du Fpi, conduite par son président Sylvain Miaka Ouretto, pour lui demander de surseoir à la manifestation, compte tenu de la grave crise post-électorale que le pays vient de vivre. Le vendredi 14 octobre, la Jfpi, par la voix de Koua Justin qui se dit fier de se faire appeler « Blé Goudé bis », répond, provocateur : « Seul Gbagbo peut faire reporter le meeting de libération de la Côte d’Ivoire ». Libérer, dans le contexte actuel, et ne nous gargarisons pas de mots, veut tout bonnement dire : chasser celui qui est là pour prendre sa place. Il faut donc balayer Alassane Ouattara pour installer Gbagbo Laurent.

Le même vendredi, sur les ondes de la radio de la gendarmerie d’Agban, une voix, qui se fait appeler Tizon, semblable à celle du commandant Abéhi Jean-Noël, que des complices ont aidé en son temps à quitter le pays, invite les gendarmes à sortir pour libérer la Côte d’Ivoire. Ainsi, de 23h à 00h30, des tirs nourris seront entendus au sein du camp Agban.

Suite à un affrontement entre gendarmes loyalistes et gendarmes militants du Fpi. Deux gendarmes, Sami Bi, et Arthur Dago, sûrement militants, qui évacuaient leurs familles par le poste nord, ont été mis aux arrêts. Certainement que leur interrogatoire permettra d’en savoir un peu plus sur les 17.000 munitions et des armes lourdes qui n’ont pas été rendues jusque-là et qui ont été saisies suite à une perquisition le même jour.

Le samedi 15 octobre 2011, oh divine surprise, le commandant Anselme Séka Yapo alias Séka Séka, le maître de la machine à tuer de Mme Simone Ehivet-Gbagbo, les escadrons de la mort, est arrêté à l’aéroport d’Abidjan Port-Bouët, malgré sa barbe hirsute de camouflage pour passer inaperçu. Il était en transit – drôle de transit – entre le Ghana et la Guinée. Il détenait sur lui : 2 passeports, l’un guinéen, et l’autre malien. Et, dans ses bagages, 52.000 Euro, soit 31 millions 200 mille francs Cfa. Dans la matinée du même samedi 15 octobre 2011, le virulent Koua Justin, celui qui un jour auparavant n’avait pour président que Laurent Gbagbo, annonce sur Radio Onuci.Fm qu’il reconnaît plutôt Alassane Ouattara comme le chef de l’Etat de Côte d’Ivoire, et qu’il ne fera rien pour déstabiliser les institutions de la République. Curieux revirement de situation ! Tirs nourris au sein du camp de gendarmerie d’Agban, arrestation du commandant Séka Yapo Anselme alias Séka Séka, annulation du « meeting de libération de la Côte d’Ivoire » le jour même de sa tenue, et le Fpi, à tout le moins sa jeunesse, qui reconnaît que Alassane Ouattara est le président de tous les Ivoiriens.

La succession, voire la coïncidence des situations ci-dessus mentionnées, porte à croire qu’un attentat se préparait pour déstabiliser le nouveau régime. Et, qu’il a été déjoué grâce à la perspicacité du ministre d’Etat, ministre de l’Intérieur, Hamed Bakayoko, du commandant supérieur de la gendarmerie qu’il faut saluer pour leur dévouement à la cause de la patrie.

Les Grandes oreilles ont fonctionné. Et le pire a été évité. Toutefois, il nous faut tirer les leçons de ces attentats manqués à Agban, à l’aéroport, et à Yopougon :

1. Ceux qui pensaient que le Fpi est capable de se débarrasser de sa nature violente de parti putschiste doivent se raviser. C’est pourquoi, la déclaration de Koua Justin, secrétaire général par intérim de la Jfpi, sur Onuci.Fm, doit être prise avec beaucoup de précaution. Au demeurant, les déclarations, qui semblent contradictoires entre ceux des militants du Fpi, restés au pays, et ceux partis en exil parce que la conscience chargée, ne sont que des mises en scène. De la poudre aux yeux à laquelle mordent, malheureusement, les naïfs, la plupart du temps. En un mot, comme en mille, «le serpent Fpi-LMP» n’est pas mort;

2. La présence du procureur de la Cour pénale internationale (Cpi) fournissait l’occasion de démontrer sa capacité de nuisance et lancer un message des plus clairs à Luis Moreno-Ocampo : le Fpi est le maître de la Côte d’Ivoire. Alors, touche pas à mon Gbagbo ! Sinon…

La logique de la guerre n’a autant hanté l’esprit du Fpi dès l’annonce du transfert de Laurent Gbagbo à La Haye (Pays Bas) pour y être jugé à la Cpi.

3. Depuis l’avènement du président Ouattara, le Rassemblement des houphouétistes pour la démocratie et la paix (Rhdp) n’est plus une organisation politique. Il n’y a plus de force contraire à l’occupation du terrain par l’adversaire. Les jeunes, les femmes, sont devenus muets comme des tombes. Assurément, chacun est préoccupé par les problèmes de poste.

Mais, on oublie qu’il suffit d’un faux coup comme celui qui se tramait le samedi 15 octobre 2011, et évité de justesse, pour que nos illusions de poste, de candidature aux élections locales soient renvoyées aux calendes grecques. Tout pouvoir politique n’est fort que quand il est porté par une organisation politique forte. Tel ne semble pas être le cas avec les partis politiques composant le Rhdp actuellement. Etre terrorisé par le Fpi quand on est à l’opposition et, être terrorisé par le même Fpi quand on est au pouvoir, ce comportement des militants du Pdci-Rda, du Rdr, du Mfa, de l’Udpci, et aujourd’hui, ceux du Pit et de l’Upci, dépasse mon entendement.

La vie, on ne le dira jamais assez, est une question de rapport de force. Le Fpi ne sent pas en face une force politique contraire. Un trône (fauteuil présidentiel), ça s’entretient en le défendant. Surtout que nous avons en face des gens qui ont animé, pendant 10 ans, un régime totalitaire et sanguinaire.

La Côte d’Ivoire revient de loin. La conjonction des éléments de ces attentats avortés au camp Agban ; à l’aéroport d’Abidjan Port-Bouët, à Yopougon Cp1, le samedi 15 octobre 2011, et les armes qui sont encore dissimulées dans diverses contrées du pays et même dans des domiciles à Agban, doivent inviter à la vigilance de tous. Sinon, les efforts entrepris par le nouveau pouvoir pour mettre l’Eléphant d’Afrique à nouveau sur les pieds risquent d’être vains.

Pour ce faire, méditons cet adage bien de chez nous : en saison sèche, quand vous apercevez un petit foyer de feu à côté de votre champ, il faut l’étouffer sans état d’âme. Au risque de n’avoir que vos yeux pour pleurer.

Le Nouveau Réveil par Par Denis Kah Zion