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Canada: La pénurie de main-d’œuvre est causée par le vieillissement de la population

juillet 25, 2022

Les baby-boomers quittent la population active en masse, laissant plus de postes vacants qu’il n’y a de gens pour les occuper, expliquent des économistes.

Un vieil homme s'appuie sur sa canne.

La démographie est à blâmer pour la pénurie de main-d’œuvre, selon des économistes. (Archives) Photo : Istock

Le Canada est en proie à une grave pénurie de main-d’œuvre, mais les économistes affirment que ce n’est pas la faute de la pandémie. Il s’agit plutôt de l’aboutissement inévitable d’un vaste changement démographique qui se prépare depuis des décennies, disent-ils.

[Cette situation] était prévisible il y a 60 ou 65 ans et nous n’avons rien fait pour y remédier, selon Armine Yalnizyan, économiste et membre sur l’avenir des travailleurs de la Fondation Atkinson. Nous savions que cette transition allait se produire.

Selon Statistique Canada, le ratio chômage/emplois vacants – une mesure clé qui sert à comparer le nombre de Canadiens à la recherche d’un emploi au nombre d’emplois disponibles – se situe actuellement à un niveau historiquement bas dans chaque province. En fait, ce ratio est nettement inférieur à ce qu’il était avant le début de la pandémie de COVID-19.

Il y a moins de travailleurs disponibles pour occuper les emplois disponibles. Selon les économistes, le baby-boom de l’après-guerre explique cette situation.

Pas assez de remplaçants

Les personnes âgées de 55 ans et plus quittent la main-d’œuvre canadienne, un exode qui, selon certains économistes, a été accéléré par la pandémie, car de nombreux travailleurs âgés ont opté pour une retraite anticipée. Et il n’y a tout simplement pas assez de jeunes travailleurs pour les remplacer.

En fait, la participation au marché du travail des personnes âgées de 25 à 54 ans approchait les 88 % en mai, soit une hausse de plus d’un point de pourcentage par rapport à février 2020, avant que la pandémie ne s’installe au Canada.

Les baby-boomers quittent [le marché du travail] et il n’y a pas assez de personnes qui entrent en scène, a déclaré Mme Yalnizyan. Nous avons en fait une part plus élevée que jamais de la population en âge de travailler qui travaille.

Cela contredit la théorie selon laquelle une sorte de grande démission parmi les Canadiens en âge de travailler, dont beaucoup ont profité des soutiens au revenu pandémiques, est à blâmer pour tous ces emplois vacants, selon Ian Lee, professeur associé à la Sprott School of Business de l’Université Carleton.

J’ai trouvé [cette hypothèse] très douteuse, car à moins d’être financièrement indépendant… La plupart d’entre nous doivent avoir un revenu pour vivre, a déclaré M. Lee. [Cette idée] n’a tout simplement aucun sens.

Mon premier soupçon en tant qu’économiste du travail est le suivant : est-ce que les gens ne font tout simplement plus partie de la population active? a déclaré Gordon Betcherman, professeur émérite à l’école de développement international et d’études mondiales de l’Université d’Ottawa. Ce n’est pas le cas. Elle est revenue aux niveaux que nous observions avant la pandemie.

Un marché d’employés

Selon les économistes, les données indiquent plutôt l’émergence d’un marché où les travailleurs jouissent d’un énorme pouvoir sur les employeurs.

Il est indéniable que l’équilibre entre les demandeurs d’emploi et les postes vacants a totalement changé, a déclaré M. Betcherman.

Selon Statistique Canada, cela a entraîné des pénuries de main-d’œuvre quasi sans précédent dans presque tous les secteurs d’emploi.

En particulier, le secteur de la construction et le secteur manufacturier ont du mal à recruter des travailleurs qualifiés. Même chose du côté des secteurs de l’hébergement et de la restauration, ce qui comprend les hôtels, les restaurants et les bars.

« Il n’y a tout simplement pas assez de personnes prêtes à occuper des emplois mal payés. »— Une citation de  Armine Yalnizyan, économiste et membre sur l’avenir des travailleurs de la Fondation Atkinson

Les travailleurs ont beaucoup plus de choix maintenant, a convenu M. Lee. Si vous avez plus de choix et que vous n’êtes pas obligé de travailler dans cet secteur d’activité, vous irez travailler dans un secteur où il y a de meilleurs parcours professionnels, où les salaires sont plus élevés et où les horaires sont plus previsibles.

Les salaires devraient augmenter

Cela pourrait forcer les employeurs de certains secteurs d’activité à augmenter les salaires, a déclaré M. Lee.

Je ne veux pas dire que la demande pour ces emplois va disparaître : ce n’est pas le cas, a-t-il déclaré. Mais je crois que nous allons assister à une inflation salariale assez substantielle dans ces secteurs au cours des prochaines années.

Selon Mme Yalnizyan, ce nouvel environnement concurrentiel signifie que les employeurs de certains secteurs devront augmenter les salaires s’ils espèrent conserver les travailleurs qualifiés.

Nous perdons des gens qui ont une formation d’éducateur de la petite enfance parce que nous ne les payons pas plus que les toiletteurs pour animaux. Pourquoi resteraient-ils s’ils peuvent obtenir un meilleur emploi dans un autre secteur?

C’est ce que confirment les données de Statistique Canada, qui montrent que le salaire d’acceptation – le taux horaire minimum auquel les demandeurs d’emploi sont prêts à accepter un poste – dépasse le salaire actuel offert dans presque tous les secteurs, alors que les travailleurs canadiens ont toujours été prêts à se contenter de moins.

Des employés dans un McDonald du Canada.

Le salaire d’acceptation dépasse le salaire actuel offert dans presque tous les domaines. Photo : Radio-Canada

Les économistes estiment qu’il existe d’autres conséquences possibles, notamment une automatisation accrue pour combler le vide laissé par la pénurie de main-d’œuvre.

Certains secteurs pourraient également faire appel à davantage de travailleurs étrangers temporaires pour combler les lacunes au bas de l’échelle du marché du travail, ce qui pourrait atténuer les gains réalisés par les travailleurs nationaux.

Selon Mme Yalnizyan, la hausse des salaires pourrait contribuer à effacer certaines des inégalités causées par un marché du travail qui, pendant des années, a bien payé certains travailleurs et mal payé les autres.

Si nous améliorons réellement les salaires et les conditions de travail, en particulier au bas de l’échelle, nous pourrions créer les conditions nécessaires à l’émergence d’une classe moyenne plus résistante, capable de se permettre d’acheter des biens. C’est ce qui nous échappe depuis un certain temps déjà, a-t-elle déclaré.

Le vieillissement de la population peut être notre ami, pas notre ennemi. Mais nous devons le traiter comme quelque chose de plus qu’une simple pénurie de main-d’œuvre pour les entreprises. Nous devons le traiter comme une occasion de faire de chaque emploi un bon emploi.

Radio-Canada par Radio-Canada avec les informations d’Alistair Steele, CBC

Canada: Vieillissement et pénurie de main-d’œuvre : la solution de l’immigration

avril 30, 2022
Deux personnes âgées, de dos, assises sur un banc.

Le Québec est l’endroit le plus frappé par le phénomène de vieillissement de sa population parmi les provinces les plus populeuses au pays. Photo: Radio-Canada

Les données de Statistique Canada sur le vieillissement de la population cette semaine devraient sonner comme une alarme au bureau du premier ministre du Québec. Non seulement le vieillissement est bien engagé, mais le Québec est l’endroit le plus frappé par ce phénomène parmi les provinces les plus populeuses au pays. Il y a urgence d’agir.

L’effet structurel du vieillissement sur le marché du travail, sur la compétitivité de l’économie, la pénurie de main-d’œuvre et la capacité à croître n’est pas à sous-estimer. Et pour en atténuer les répercussions, toutes les solutions doivent être explorées et possiblement utilisées.

Le problème, c’est qu’à chaque fois qu’on parle de pénurie de main-d’œuvre et de vieillissement de la population qui ont un impact économique important, le gouvernement répond par de multiples engagements, des intentions, des programmes, des rapports et des tables rondes, mais le constat, année après année, ne change pas : la pénurie de main-d’œuvre prend de l’ampleur et les effets du vieillissement se font de plus en plus sentir.

Sur le plan économique, ces enjeux sont structurels et peuvent entraîner des dommages durables. Ce sont des enjeux qui ne sont pas séduisants dans le discours politique. Ils sont complexes, ils sont difficiles à expliquer et certaines solutions, en particulier celle de l’immigration, sont généralement coincées dans toutes sortes d’affrontements partisans à l’Assemblée nationale qui ne nous font pas avancer.

Les problèmes structurels du Québec

La solution de l’immigration pour faire face à la pénurie de main-d’œuvre et au vieillissement de notre population n’est pas la seule, loin de là. Et elle comporte sa part de défis. Mais, malgré les enjeux d’intégration, elle ne peut pas être rejetée du revers de la main. Il faut travailler à l’intégration des immigrants pour que cette solution fonctionne.

Pourquoi j’écris ça? Parce que le Québec est aux prises avec des problèmes structurels qui pourraient ralentir son économie et nuire au financement nécessaire du système de santé, de nos écoles et de nos services sociaux, des soins également pour nos aînés.

Les données de Statistique Canada sont éloquentes :

  • C’est au Québec, parmi les provinces les plus populeuses, qu’on retrouve la part la plus élevée de personnes âgées de 65 ans et plus, soit 20,6 %;
  • Le part des 65 ans et plus passera à près de 26 % en 2043 par rapport à 23,7 % pour la moyenne canadienne;
  • Le poids démographique du Québec dans le Canada passera de 22,6 % en 2018 à une fourchette allant de 20,1 % à 20,6 % en 2043 selon plusieurs scénarios explorés. Pendant ce temps, en Ontario, cette part passera de 38,6 % à environ 39,3 %;
  • Et les personnes en voie de prendre leur retraite, les 55-64 ans, représentent 23,2 % de la population en âge de travailler au Québec, contre 21,8 % dans l’ensemble du pays.

Selon Statistique Canada, la migration internationale est le principal moteur de la croissance au Québec dans tous les scénarios et compense un accroissement naturel négatif ou en baisse au cours de la projection (du fait du vieillissement de la population) ainsi que des pertes au chapitre de la migration interprovinciale dans tous les scénarios.

Autrement dit, sans l’immigration, la croissance démographique du Québec va rester plus lente qu’ailleurs. Et cet état de fait représente un poids sur notre économie et nos finances publiques.

Dans un texte publié en octobre dernier, j’expliquais combien le Québec était en désavantage numérique par rapport aux provinces les plus populeuses au Canada. J’expliquais que :

  • Depuis 2011, la population de l’Alberta avait progressé de 21,9 %, celle de la Colombie-Britannique de 18,5 %, et celle de l’Ontario avait augmenté de 15,4 %. Pendant ce temps, au Québec, la hausse de la population n’avait été que de 8,9 %;
  • Et puis, depuis 2011 toujours, le nombre des 25-54 ans, le cœur battant de la main-d’œuvre, avait chuté de 2,2 % au Québec, alors qu’il avait crû de 4,9 % en Ontario et de 9,9 % en Alberta et en Colombie-Britannique.

Pour atténuer la pénurie de main-d’œuvre, il faut miser sur la formation. Le ministre de l’Emploi Jean Boulet travaille d’arrache-pied à mettre en place différents programmes pour tenter d’aider les entreprises et les travailleurs à se transformer.

Pour atténuer les effets du vieillissement de la population, il faut miser sur une amélioration de la productivité. Et ça, ça passe par l’automatisation, des investissements importants de la part des entreprises, et… plus de bras!

Dans une étude publiée en novembre dernier, l’Institut du Québec écrivait que le Québec devait s’assurer d’atteindre les seuils fixés en matière d’accueil d’immigrants. Le Québec doit aussi rattraper les réductions des années pandémiques.

Rattraper ces retards par rapport à la cible, écrivait l’Institut du Québec, est important pour l’économie québécoise pour deux raisons principales. D’une part, cette immigration a pour but de combler des besoins immédiats sur le marché du travail et, d’autre part, plusieurs personnes actuellement en sol québécois et en attente de l’octroi d’un statut de résidence permanente risquent de se décourager en quittant le Québec ou de perdre leur emploi si les délais ne se résorbent pas.

L’Institut appelait à une réduction des délais d’admission des immigrants et une meilleure reconnaissance des compétences et de l’expérience étrangère. Québec a annoncé une entente avec le gouvernement fédéral, le 1er avril dernier, pour accélérer la venue de travailleurs étrangers. Le gouvernement Legault a aussi annoncé, il y a quelques jours, la tenue de 17 missions à l’étranger pour tenter d’attirer 3000 travailleurs au Québec.

Il faut mettre fin aux débats partisans sur l’immigration et s’intéresser davantage à l’économie, la société, la démographie, le financement de nos services publics. L’immigration fait partie de la solution québécoise pour maintenir notre niveau de vie et notre modèle de société.

Avec Radio-Canada par Gérald Fillion

La lecture, nouvel élixir de jouvence ?

août 10, 2016

Man and woman reading books, stack of books pilled up between them

Getty Images

Stimulation du cerveau, plus grande empathie, stress réduit… la lecture possède de nombreux bienfaits. Mais une nouvelle étude, menée par des chercheurs de l’université de Yale (USA), lui en attribue un nouveau. Lire plus de 3h30 par semaine aiderait à prolonger l’espérance de vie de deux ans.

Pour en arriver à cette conclusion, les scientifiques ont étudié 3635 personnes de 50 ans et plus. Ces dernières ont été divisées en trois groupes : celles qui ne lisent pas, celles qui lisent jusqu’à 3 heures par semaine et celles qui y passent plus de 3h30. Au passage, les chercheurs ont constaté que les plus gros lecteurs sont les femmes qui ont suivi des études supérieures et qui un train de vie aisé.

Plus étonnant, les scientifiques ont réussi à établir un lien entre lecture et santé. Les individus qui lisent jusqu’à 3 heures par semaine, auraient 17% de risques en moins de mourir dans les douze années suivantes que les non-lecteurs. Les bibliophiles dans l’âme gagnent ainsi en moyenne deux ans de vie par rapport aux personnes qui ne lisent pas. Mais comment la lecture agit-elle sur notre santé ? Selon les chercheurs, elle booste le cerveau, fait travailler notre mémoire et permet de réduire la détérioration cognitive. Elle permet aussi d’oublier les soucis du quotidien et stabilise le rythme cardiaque. Une bonne raison de traîner un peu plus au lit avec un bon bouquin!

Serengo.net