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Morale laïque : ce que font les autres pays

avril 24, 2013
Le ministre de l'Éducation nationale, Vincent Peillon, mardi à l'Assemblée nationale.

Le ministre de l’Éducation nationale, Vincent Peillon, mardi à l’Assemblée nationale.

La future réforme sur la morale laïque, précisée lundi par Vincent Peillon, se rapproche de ce qui existe au Québec. D’autres pays, comme la Belgique ou la Norvège ont, eux, opté pour un modèle différent.

La future réforme sur la morale laïque se précise. Lundi, à l’occasion de la présentation du rapport intitulé «Pour un enseignement laïque de la morale», commandé en octobre à l’historien Alain Bergounioux, au conseiller d’État Rémy Schwartz et à la philosophe Laurence Loeffel, le ministre de l’Éducation nationale, Vincent Peillon, a précisé les contours de la future réforme. Celle-ci sera destinée aux élèves de primaire et de collège à raison d’au moins une heure par semaine, et de 18 heures par an au lycée. Elle devrait être mise en place à partir de la rentrée 2015. Qu’en est-il dans les autres pays?

Le modèle unique québécois

Au Québec, les cours de morale et de religion ont longtemps été distincts. Puis au début des années 2000, le gouvernement a voulu déconfessionnaliser son système éducatif, ce qui a abouti, en septembre 2008, à la création d’un cours obligatoire d’éthique et de culture religieuse remplaçant à la fois le cours de religion et celui de morale. «Le Québec est le premier pays qui a créé un cours de morale laïque obligatoire, c’est le pays le plus avancé en la matière et celui vers lequel la France regarde», explique Jean-Paul Martin, membre du Groupe de sociologie des religions et de la laïcité (CNRS), qui a été auditionné par le groupe de travail en charge du rapport sur la morale laïque.

Les élèves du primaire ont 36 heures de cours de morale par an – c’est également ce que prévoit Vincent Peillon – tandis que ceux du secondaire en ont en moyenne 50 heures – soit beaucoup plus que ce que projette de faire la France.

Comment cet enseignement se traduit-il concrètement? «Les cours sont surtout des cas pratiques, répond Jean-Paul Martin. Les élèves sont mis face à un dilemme moral. À partir de là, ils doivent faire un choix et surtout argumenter. Ce n’est pas un enseignement ringard où les élèves récitent des maximes à tue-tête.» Les thèmes abordés lors de ces cours, où les élèves sont notés, portent sur le sens de la vie, l’organisation de la société, la justice, le rapport au vrai, à la science. Il est également beaucoup question d’environnement.

Hormis certains Länder d’ex-Allemagne de l’Est, comme le Brandebourg, ce modèle québécois a jusqu’à présent fait peu d’émules.

L’option belge

Les élèves belges peuvent choisir entre plusieurs cours de morale: inspirée par la religion catholique, protestante, anglicane, juive, musulmane, bouddhiste, ou alors non confessionnelle, c’est-à-dire laïque. Ce dernier, qui existe depuis le pacte scolaire de 1958 entre l’Église et les laïques, est une alternative aux cours de religions, mais il ne revêt aucun caractère obligatoire. Durant toute leur scolarité, de 6 à 18 ans, les élèves suivent deux heures de cours par semaine de l’un de ces enseignements appelés «philosophiques» en Belgique francophone et «cours de conception de la vie» dans l’enseignement flamand.

Les questions autour de l’identité, du handicap, du racisme, de l’égalité des sexes, des droits et des devoirs de l’enfant, sont traitées lors de ces cours de morale. Les élèves y sont notés à travers des commentaires de textes, de tableaux ou encore selon certains exercices ludiques, comme le cadavre exquis ou des quiz. «Le but est de permettre aux élèves d’étayer leur choix, de s’engager sur un sujet donné», appuie Jean-Paul Martin.

Plusieurs pays, comme le Luxembourg ou le Portugal, s’inspirent de ce modèle.

La synthèse scandinave

La Norvège propose aux élèves du secondaire un cours de morale: «Philosophie et éthique» qui rassemble la religion et la laïcité dans un même enseignement. «Ce mélange, propre aux pays de tradition protestante, est le fruit d’une déconfessionnalisation, explique Jean-Paul Martin. Il y a moins de références religieuses et plus d’éthique. C’est le cas aussi en Grande-Bretagne.» Les élèves du secondaire doivent suivre une trentaine d’heures de cours de morale par an.

Les Pays-Bas ont également un enseignement éthique proche du modèle norvégien.

La dispense italienne

L’Italie n’a pas de cours de morale. Il existe néanmoins une possibilité pour les élèves du primaire et du secondaire d’être dispensés des enseignements religieux. «L’instauration d’une morale laïque est très difficile à mettre en œuvre dans les pays à forte tradition catholique, affirme Jean-Paul Martin. On l’a d’ailleurs constaté en Espagne.»

Dans ce pays, le gouvernement socialiste de José Luis Zapatero avait supprimé les cours de religion catholique, qui avaient été rendus obligatoires en 2004 sous le conservateur José Maria Aznar. Zapatero instaure un «enseignement pour la citoyenneté», qui fait aussitôt l’objet de très violentes attaques des milieux catholiques, qui y voyaient un «catéchisme socialiste». Cet «enseignement pour la citoyenneté» a, depuis, été remis en cause par le gouvernement de Mariano Rajoy.

Lefigaro.fr par Antoine Izambard

La morale devrait faire son retour à l’école à la rentrée 2015

avril 22, 2013
Dans un entretien publié lundi par Le Monde, le ministre de l'Education nationale Vincent Peillon annonce le retour de l'enseignement de la morale du CP à la terminale, à la rentrée 2015. /Photo d'archives/REUTERS/Charles PlatiauReuters/Reuters Dans un entretien publié lundi par Le Monde, le ministre de l’Education nationale Vincent Peillon annonce le retour de l’enseignement de la morale du CP à la terminale, à la rentrée 2015. …plus  /Photo d’archives/REUTERS/Charles Platiau  moins 

PARIS (Reuters) – L’enseignement de la morale laïque devrait faire son retour à l’école en France, du CP à la terminale, à la rentrée 2015, annonce le ministre de l’Education nationale, Vincent Peillon, dans un entretien publié lundi par Le Monde.

Le ministre précise au quotidien les modalités d’un enseignement qu’il avait annoncé à la veille de la rentrée de septembre 2012, provoquant une polémique.

« La morale laïque est un ensemble de connaissances et de réflexions sur les valeurs, les principes et les règles qui permettent, dans la République, de vivre ensemble selon notre idéal commun de liberté, d’égalité et de fraternité », dit-il.

La nécessaire réflexion sur le contenu de cet enseignement et le besoin d’y former les enseignants font qu’il ne pourra être mis en place dès la rentrée prochaine, dit Vincent Peillon. « Le cap est donc plutôt pour la rentrée 2015 », ajoute-t-il.

Reuters