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Canada-Québec: Huit femmes ont été tuées en 2020 dans des meurtres conjugaux

février 23, 2021

Huit femmes ont perdu la vie aux mains d’un conjoint ou d’un ex-conjoint violent en 2020, selon une recension effectuée par Le Devoir dans le cadre de sa vigie des meurtres conjugaux. Certains drames ont été largement médiatisés, tandis que d’autres ont rapidement sombré dans l’oubli. Ils ont en commun de s’être enracinés dans un cycle de violence, commis derrière des portes closes, dont l’issue aurait parfois pu être évitée grâce à une meilleure évaluation des risques.

En moyenne, au Québec, le quart des crimes contre la personne sont commis dans un contexte de violence conjugale

© iStock En moyenne, au Québec, le quart des crimes contre la personne sont commis dans un contexte de violence conjugale

Malgré une hausse et une intensification des violences pendant le confinement, l’effet redouté de la pandémie sur la hausse des meurtres conjugaux ne s’est pas concrétisé. Environ une dizaine de féminicides commis par un conjoint, un ex-conjoint, un ami intime ou un ex-ami intime sont déplorés chaque année au Québec.

« De très nombreuses femmes nous ont dit que les violences étaient plus graves et plus sévères, même pour leurs enfants, durant la première vague, soutient Louise Riendeau, responsable des dossiers politiques au Regroupement des maisons pour femmes victimes de violence conjugale. Mais les homicides conjugaux surviennent souvent au moment de la rupture. »

Or, comment quitter un conjoint violent alors que les visites de logements à louer étaient quasi impossibles, que les pertes d’emplois s’accumulaient, que les écoles et les garderies étaient fermées et que les proches étaient désormais si loin ? Sans oublier la difficulté d’organiser un départ ou encore de demander de l’aide lorsque le conjoint était à tout moment à la maison.

« La COVID-19 est venue ajouter encore plus d’incertitudes et d’insécurité à la difficile décision de quitter un conjoint », analyse Claudine Thibaudeau, responsable du soutien clinique pour l’organisme SOS Violence conjugale.

Une réalité qui s’est aussi traduite pendant le premier confinement par une baisse des demandes d’hébergement en maisons pour femmes victimes de violence conjugale, avant qu’elles ne repartent en hausse dans les derniers mois.

À l’inverse, les demandes d’aide ou d’information effectuées par voie électronique — que ce soit par textos ou par clavardage, des moyens plus discrets — ont connu une hausse importante. « On se dirige vers une année record », mentionne Claudine Thibaudeau.

Annuellement, environ 30 000 demandes d’information, d’aide ou de soutien sont reçues par SOS Violence conjugale ; près de 80 % de celles-ci provenant de victimes et 20 % de proches, de policiers ou de travailleurs de la santé.

Selon un sondage effectué auprès de 87 femmes entre juillet et novembre par le Regroupement des maisons pour femmes victimes de violence conjugale, 42 % des femmes interrogées ont dit avoir vécu des violences (peu importe leurs formes) plus graves pendant le confinement et 43,5 % d’entre elles ont affirmé avoir vécu des violences plus fréquentes. Et 51 % des femmes ont déploré des violences plus graves et plus fréquentes envers leurs enfants.

Des drames évitables ?

Une constante qui se dégage de la majorité des meurtres conjugaux est que ceux-ci étaient précédés de signaux d’alarme. « Souvent, dans les décès, les facteurs de risque ont été sous-estimés », expliquait début décembre Me Stéphanie Gamache, présidente par intérim du nouveau Comité d’examen des décès liés à la violence conjugale créé par le bureau du coroner.

Des voyants rouges, des « signes bien identifiables » — comme une séparation récente, une perte d’emprise sur la victime, du harcèlement ou encore des antécédents de violence — qui doivent impérativement être mieux décelés pour faire diminuer le triste bilan des meurtres conjugaux, soulignait le comité lors du dépôt de son premier rapport.

Il concluait également à la nécessité d’un meilleur partage des informations confidentielles lorsque la sécurité de personnes est en jeu. Une recommandation qui touche particulièrement Marie*, dont l’ex-conjoint violent a été condamné pour voies de fait à son endroit et à l’endroit de son enfant il y a quelques années. Depuis, l’homme a quitté le pays. Mais impossible pour Marie ou pour la DPJ d’être informées d’un éventuel retour au Canada du père.

« Je vis dans la crainte qu’il revienne. Je trouve ça horrible de nous laisser vivre dans cette anxiété et cette appréhension, qu’on ne puisse pas être avisé quand une personne violente qui a porté atteinte à notre sécurité revient au pays », dénonce-t-elle. « Mes enfants vont à pied à l’école, il suffirait d’une fois qu’il soit dans le coin… et qu’il les prenne. »

Oreille plus attentive

Depuis plusieurs mois maintenant, la problématique de la violence conjugale bénéficie d’une oreille plus attentive à Québec. En moyenne dans la province, le quart des crimes contre la personne sont commis dans un contexte de violence conjugale. « Et on sait que tout ce qui concerne la violence conjugale est sous-estimé », rappelle Claudine Thibaudeau.

En 2019-2020, soit avant le début de la pandémie, les 43 maisons d’hébergement faisant partie du Regroupement des maisons pour femmes victimes de violence conjugale avaient réussi à héberger 2500 femmes, mais avaient dû refuser 3500 demandes. Pour déverrouiller ces portes closes, Québec s’était engagé en mars à débloquer 14 millions de dollars récurrents pour les maisons d’hébergement. Des sommes non récurrentes de 8,7 millions avaient également été ajoutées, détaille Louise Riendeau.

Une bouffée d’air, qui est toutefois loin de répondre aux besoins, notamment pour plus de lits, pour davantage de services externes ou encore pour contrer la pénurie de main-d’œuvre qui frappe durement les maisons d’hébergement, où les CISSS et les CIUSSS sont venus activement recruter du personnel depuis le début de la pandémie. « On aurait besoin de 38 millions pour les 110 maisons financées [qui comprennent également les ressources pour les femmes vivant en situation d’itinérance et pour celles souffrant d’enjeux de santé mentale]. »

Parallèlement à cet effort financier, un vent encourageant semble également souffler sur la recommandation phare du rapport du Comité d’experts sur l’accompagnement des victimes d’agressions sexuelles et de violence conjugale, déposé lui aussi en décembre. Il y a deux semaines, le ministre de la Justice, Simon Jolin-Barrette, annonçait la création d’un groupe de travail chargé d’examiner la possibilité de créer un tribunal spécialisé pour traiter les cas d’agressions sexuelles et de violence conjugale. Une demande, répétée au fil des années, qui permettrait d’améliorer le traitement des plaintes et l’accompagnement des victimes.

Mais aucun groupe de femmes ne siège à ce comité, formé de représentants des ministères de la Justice et de la Sécurité publique, du Directeur des poursuites criminelles et pénales (DPCP), de la Commission des services juridiques et de la Cour du Québec. « [Le ministre] veut vérifier pour l’instant si c’est possible administrativement d’aller de l’avant, soutient Louise Riendeau. Mais si c’est le cas, il faut à coup sûr que les groupes de femmes soient ensuite présents pour s’assurer que ce qui va être mis en place réponde réellement aux besoins de victimes. » Une possibilité que le ministre Jolin-Barrette « n’exclut pas », indique son attachée de presse.

* Un nom d’emprunt est utilisé pour protéger l’identité de la victime.

Si vous êtes victime de violence conjugale, vous pouvez contacter SOS Violence conjugale au 1 800 363-9010.

Avec Le Devoir par  Améli Pineda

Journée contre les violences conjugales : Macron exhorte les femmes à «ne pas rester seules»

novembre 25, 2020

Emmanuel Macron a exhorté les femmes victimes de violences à «ne pas rester seules» et à utiliser les dispositifs d’alerte ou d’hébergement existants, mercredi 25 novembre à l’occasion de la Journée internationale pour l’élimination de la violence à l’égard des femmes. «L’essentiel, c’est que vous ne restiez pas seules», a assuré le chef de l’État dans une vidéo diffusée sur les réseaux sociaux, assurant qu’endiguer les violences faites aux femmes était «la grande cause de (son) quinquennat».

«Nous ne lâcherons rien, je vous le promets», a-t-il ajouté, avant un Conseil des ministres consacré à ces violences mercredi. Assurant que «oui, les violences domestiques augmentent pendant les périodes de confinement», il a estimé que cela ne devait «jamais être une fatalité».

«La première chose à faire c’est alerter, dénoncer», a-t-il dit, que ce soit sur le numéro de téléphone 39 19, par SMS au 114 ou encore sur la plateforme arretonslesviolences.gouv.fr. «N’hésitez jamais» à contacter les policiers ou les gendarmes, a-t-il ajouté, soulignant la mise en place de points d’alerte dans les pharmacies ou les grandes surfaces.

«À toutes celles qui ont encore peur de quitter leur foyer, je veux qu’elles sachent qu’elles ne se retrouveront pas seules», a promis le chef de l’État, en rappelant qu’en 2021 «mille nouvelles places» d’hébergement seraient créées, comme en

De son côté le député LR Aurélien Pradié, à l’origine d’une loi sur le bracelet anti-rapprochement pour les conjoints violents, a affirmé sur twitter qu’«il faudra tellement plus que des symboles, des pin’s et des slogans pour être à la hauteur de ce combat», tandis que l’eurodéputé EELV Yannick Jadot appelait : «Donnons-nous les moyens de stopper l’inacceptable».

Chaque année, quelque 220.000 femmes subissent des violences conjugales et 93.000 sont victimes de viol ou tentative de viol. Paroxysme de ces violences, 146 femmes ont été tuées par leur conjoint ou ex en 2019, soit 25 de plus que l’année précédente.

Par Le Figaro avec AFP

Rokhaya Diallo : « La liberté d’expression est à géométrie variable en France »

février 24, 2015

Rokhaya Diallo : 'La déclaration du président du CRIF est ouvertement raciste et islamophobe.'
Rokhaya Diallo : « La déclaration du président du CRIF est ouvertement raciste et islamophobe. » © AFP

La militante et essayiste Rokhaya Diallo, fondatrice du collectif Les Indivisibles, se voit interdite de participer à un débat sur les violences faites aux femmes organisé dans la mairie du XXe arrondissement de Paris, le 3 mars prochain. Une décision qui émane de Frédérique Calandra, la mairie PS de l’arrondissement, qui se justifie en invoquant notamment la signature de l’intéressée au bas d’une pétition contre Charlie Hebdo… en 2011.

 

Jeune Afrique : La maire du XXe arrondissement de Paris, Frédérique Calandra, a refusé de vous voir participer à un débat qu’elle organise le 3 mars sur les violences faites aux femmes. Comment réagissez-vous ?

Rokhaya Diallo : Je suis affligée par le niveau de vulgarité de cette femme. C’est le premier sentiment qui me traverse. C’est de surcroît une décision totalement personnelle : des féministes sont conviées aux débats alors qu’elles ont eu des positions similaires aux miennes. Cela veut donc dire que c’est une vendetta personnelle. Je comprends parfaitement que Mme Calandra ne partage pas mes idées, mais priver les habitants du 20e arrondissement de Paris d’un débat contradictoire sur le droit des femmes relève d’une décision arbitraire. Il faut savoir par ailleurs que Frédérique Calandra a exposé pendant un mois les photos de Michel Houellebecq dans sa mairie et qu’une polémique a été soulevée suite à une interdiction de parler arabe dans la même mairie. Il y a là peut-être les soubassements idéologiques qui ont présidé à une telle décision….

Pour justifier sa décision, la maire invoque notamment votre signature en bas d’une pétition contre le soutien à Charlie Hebdo en 2011. Que pensez-vous de cet argument ?

Ce n’est pas un argument recevable. La chercheuse féministe Christine Delphy fera l’objet d’une soirée au cours de laquelle sera projeté un documentaire sur son travail dans la mairie, alors qu’elle a aussi signé la pétition contre le soutien à Charlie Hebdo en 2011. Le débat auquel on m’a interdit de participer n’a rien à avoir les raisons qui ont justifié cette décision. Frédérique Calandra peut porter les accusations qu’elle veut, je n’ai rien commis d’illégal. Ses allégations sont ridicules. De plus, c’est une insulte aux 4 millions de français qui sont sortis défendre la liberté d’expression le 11 janvier dernier après la tuerie de Charlie Hebdo.

Est-ce que l’attitude de Frédérique Calandra est révélatrice de quelque chose de plus profond, au sein du PS ou de la société française ?

Non, je ne le crois pas. C’est une décision unilatérale mue par une hostilité personnelle. Madame Calandra est connu pour gérer sa mairie de manière très autoritaire… Cela est regrettable que des élus prennent la République en otage pour imposer leurs idéologies. Le principe de neutralité en est altéré.

Par ailleurs, le président Hollande a employé lundi soir au Conseil représentatif des institutions juives de France (CRIF) le terme « Français de souche, comme on dit », en parlant des auteurs des profanations des tombes juives à Sarre-Union. Qu’est-ce que cette expression vous inspire, dans son contexte ?

J’aurais préféré que le président de la République rappelle au président du CRIF les valeurs de la République après ses déclarations qui amalgament antisémitisme et islam. Mais nous avons encore une fois assisté à la manifestation d’une liberté d’expression à géométrie variable : certains peuvent tenir des discours ouvertement racistes, sans être aucunement inquiétés, tandis que d’autres sont ostracisés. Cela est très préoccupant.

Justement, que vous inspire les propos de Roger Cukierman, le président du CRIF qui a déclaré lundi – avant de revenir sur ses propos – que Marine Le Pen était « irréprochable personnellement » sur la question de l’antisémitisme, et que les violences antisémites en France sont toutes « commises par des jeunes musulmans » ?

C’est une déclaration ouvertement raciste et islamophobe. Il n’y a pas de débat à avoir la dessus. Et le silence de la classe politique en dit long sur l’état de la liberté d’expression dans notre pays…

Jeuneafrique.com par Samir Hamma

Canada: une ex-ministre raconte avoir été violée lorsqu’elle était jeune

novembre 10, 2014

Montréal – Une ancienne vice-première ministre du Canada a affirmé lundi avoir été violée il y a plus de 30 ans par une connaissance, et avoir été agressée sexuellement par un député, ajoutant sa voix à un concert de dénonciations semblables qui s’amplifie.

Sheila Copps a affirmé dans un article publié dans l’hebdomadaire politique The Hill Times avoir été violée il y a plus de 30 ans par quelqu’un qu’elle connaissait. Elle avait fait une dénonciation à la police, explique-t-elle, mais celle-ci s’était contentée d’avertir son agresseur de se tenir à distance, jugeant qu’il serait impossible d’obtenir un verdict de culpabilité contre lui.

Cette sortie survient après deux affaires ces derniers jours qui ont remis sur le devant de la scène au Canada le sujet des violences faites aux femmes.

Un animateur vedette de la radio publique CBC, Jian Ghomeshi, a été congédié après qu’au moins neuf femmes ont allégué avoir été victimes de violences de sa part. Il avait publié un très long texte sur Facebook où il soutenait que ces femmes avaient consenti à ces relations sexuelles, tout en admettant être adepte des pratiques sado-masochistes.

La semaine passée, deux députés canadiens ont aussi été suspendus par leur formation politique libérale au Parlement d’Ottawa à la suite d’allégations de harcèlement sexuel de la part de deux élues d’un autre parti.

Sheila Copps, qui a longtemps été députée, a également déclaré avoir été agressée sexuellement par l’un de ses confrères, au début de sa carrière. Elle a raconté qu’elle effectuait une tournée de consultations sur la violence faite aux femmes au début des années 1980 lorsqu’elle a été agressée par un collègue député. Elle était alors âgée de 28 ans et siégeait depuis moins d’un an au parlement de la province de l’Ontario, où elle avait été élue en 1981.

Il a essayé de me pousser contre un mur et de m’embrasser, écrit-elle. Après avoir repoussé son assaillant, en lui donnant un coup de pied là où ça fait mal, celui-ci n’a pas recommencé. A l’époque, elle n’avait pas porté plainte à la police, y voyant simplement un geste déplacé.

L’affaire impliquant Jian Ghomeshi, musicien et animateur, a pris de l’ampleur avec les témoignages directs de certaines femmes agressées, comme la journaliste du Guardian Ruth Spencer, victime des violences de l’animateur quand elle entretenait avec lui une liaison platonique. La police de Toronto enquête sur ces allégations.

Inspirées par ces témoignages, deux journalistes connues, Sue Montgomery du quotidien montréalais The Gazette et Antonia Zerbisias du Toronto Star, ont elles aussi brisé le silence en racontant leurs histoires d’agressions sexuelles sur le réseau Twitter et en invitant tous ceux et celles dans la société qui en ont été victimes à en faire autant.

Des milliers d’autres voix, connues ou non, y sont allées depuis de leurs confidences personnelles devenues virales au Canada sous les mots-clés BeenRapedNeverReported et AgressionNonDénoncée.

Romandie.com avec(©AFP / 10 novembre 2014 21h01)

Elles défilent nues à Paris contre « l’oppression » arabo-musulmane

mars 8, 2014

La Journée de la femme a été célébrée samedi à travers le monde. A Alger, Beyrouth et Madrid notamment, des manifestations ont réuni des milliers de personnes exigeant l’égalité des droits et la protection contre les violences domestiques. A Paris, sept femmes ont manifesté dans le plus simple appareil.

En Espagne, des milliers de manifestants ont sillonné les villes pour réclamer l’égalité dans le travail et s’opposer à la volonté du gouvernement de droite de restreindre le droit à l’avortement.

Ils se sont focalisés sur la défense des droits des femmes au travail dans un pays où le chômage frappe 26% de la population active malgré la sortie de l’Espagne de la récession en 2013.

Les manifestants ont aussi exprimé leur colère vis-à-vis des projets du gouvernement conservateur de mettre un terme au droit des femmes d’avorter jusqu’à 14 semaines de grossesse. Un projet de loi en ce sens doit être soumis prochainement au Parlement.
Parisiens mobilisés

Paris aussi a vu des milliers de personnes se mobiliser derrière une banderole proclamant: « Halte aux violences faites aux femmes ».

Sept manifestantes, qui se sont présentées comme des militantes du monde arabe et musulman, ont protesté nues devant la pyramide du Louvre. Munies de drapeaux tunisien, iranien, arc-en-ciel et français, elles se sont dévêtues devant l’entrée du musée, avant de marcher sur le rebord des bassins qui jouxtent la pyramide. Elles ont scandé « liberté, laïcité, égalité ».

Une des manifestantes a lancé en anglais « aujourd’hui c’est la journée internationale des femmes » à l’un des policiers présents, qui lui a rétorqué « c’est pas une raison pour se balader à poil ».
A Alger et Beyrouth

En Algérie, plusieurs dizaines de personnes ont manifesté dans la capitale Alger, brandissant des banderoles en hommage aux centaines de femmes assassinées par les islamistes dans les années 1990.

Enfin, à Beyrouth, près de 4000 manifestants se sont rassemblés pour réclamer la ratification d’un projet de loi contre la violence conjugale.

Romandie.com

Salma Hayek à la tribune des Nations Unies

mars 9, 2013

L’actrice dénonce les violences faites aux femmes

 
Salma Hayek à la tribune des Nations Unies

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Elle est l’ambassadrice de la fondation Avon, la marque de cosmétiques, qui organisait, jeudi, ses deuxièmes Avon Communication Awards, à New York, au siège de l’ONU. Salma Hayek y a prononcé un très beau discours pour dénoncer les violences subies au quotidien par les femmes.

La cause lui tient particulièrement à coeur: «J’étais encore au Mexique quand j’ai été confrontée au problème pour la première fois. Au cours d’une promenade en famille, nous sommes tombés sur cet homme qui battait sa femme. Mon père est intervenu. Je me souviens m’être dit ‘Oh mon Dieu, mon père est un héros’. Puis la femme s’est retournée contre mon père et s’est mise à le frapper. Après ça, j’ai été intriguée par ce qui pousse une femme à rester dans une relation abusive».

Elle était l’invitée de marque, toute de noir vêtue de la marque de cosmétique Avon, engagée contre le cancer du sein et la violence domestique. Et c’est un discours poignant qu’a livré, la voix nouée, l’actrice mexicaine de 46 ans à la tribune des Nations Unies. Elle y a rappelé que les hommes sont les premiers concernés.

«C’est important d’être ici aujourd’hui et de se battre pour cette cause car vous avez besoin de soutien, pas seulement aujourd’hui, mais tous les jours. On a particulièrement besoin des hommes». Salma Hayek a également lancé un appel aux leaders du monde entier pour éduquer les femmes à ces thématiques : «Tous les pays du monde n’ont pas de problème à nourrir leur population, mais tous en ont un avec la violence domestique».

Celle qui campait une femme à la tête d’un cartel de drogue dans Savages d’Oliver Stones a profité de l’évènement pour soutenir la nouvelle campagne de promotion de la marque Avon : la commercialisation d’un collier dont les bénéfices seront reversés à des associations de lutte contre les violences faites aux femmes.

L’épouse de François-Henri Pinault s’est engagée en faveur de la cause féminine en 2004, persuadée qu’elle pouvait jouer un rôle important: «Peut-être que c’est à notre génération de faire en sorte que ça change», ou celle de sa fille, Valentina, 5 ans, pour qui l’engagement de sa maman devrait être un modèle. Salma Hayek s’est également associée à la campagne Chime for Change de Gucci aux côtés de Beyoncé Knowles.

 Gala.fr  par Armelle Sémont

Les Kinoises donnent de la voix contre le M23

novembre 23, 2012
Une rue de Kinshasa. Une rue de Kinshasa. © AFP

Plusieurs milliers de femmes sont descendues dans la rue de Kinshasa, ce vendredi 23 novembre, pour exprimer leur colère après la prise de Goma, capitale du Nord-Kivu (Est), par les rebelles du M23, trois jours auparavant. Ces manifestations avaient pour cible principale la Monusco. 

Depuis trois jours, un groupe de femmes campe devant le quartier général de la Mission des Nations pour la stabilisation du Congo (Monusco), avenue des Aviateurs, dans le quartier de La Gombe, à une centaine de mètres de l’ambassade des États-Unis. Trois tentes sont dressées. A côté, un cercueil blanc symbolisant les « 5 millions de morts congolais », victimes de toutes les guerres qui secouent la RDC depuis 1996. Les femmes sont toutes vêtues de noir, un bandeau blanc sur le front, en signe de deuil. « Nous ne voulons plus de conseillers », dit l’une des manifestantes. Entre deux invectives à l’endroit du personnel militaire de la mission onusienne qui leur fait face, le groupe de femmes chante et danse sur une musique exécutée par une chorale. Une grosse marmite ronronne sous un feu de bois.

Initiatives spontanées ?

Les rassemblements de vendredi et le sit-in seraient des initiatives spontanées lancées par quelques femmes qui se sont contactées au téléphone. C’est du moins ce qu’affirme Agathe Mulimbi, membre du Bureau politique du Parti du peuple pour la reconstruction et la démocratie (PPRD, au pouvoir).  « Nous plaçons notre dans le cadre de la lutte contre les violences faites aux femmes à travers le monde. Celles du Kivu paient un lourd tribut depuis de nombreuses années. Nous voulons éveiller les consciences par rapport à la situation qui prévaut actuellement dans le Nord-Kivu. Notre objectif est de pousser l’ONU à revoir le statut de la Monusco afin qu’elle cesse de se comporter en spectatrice », souligne-t-elle.

Spontané ou pas – il est en tous cas tout-à-fait autorisé par le pouvoir congolais -, le mouvement des Kinoises a un déjà un certain nombre de revendications. D’abord, elles demandent à la communauté internationale de « retirer immédiatement le M23, les troupes ougandaises et rwandaises de Goma, et de lever l’embargo sur les armes » qui frappe la RDC. Ensuite, elle exige des autorités congolaises qu’elles décrètent l’état d’urgence sur l’ensemble du territoire et le retrait de la Conférence internationale sur la région des Grands Lacs (CIRGL) parce que « le Rwanda et l’Ouganda ont violé le pacte de non-agression ». Enfin, elles demandent à l’ONU de situer le mandat de la Monusco dans le cadre du chapitre 7 (qui prévoit une intervention armée) ou de « déguerpir ». Quant à la Communauté de développement de l’Afrique australe (SADC), dont la RDC est membre,  elle est sommée d’ « appliquer l’article 6 du pacte de défense mutuelle ».

Message reçu

À force de crier « Nous n’accepterons pas que l’ennemi vienne s’emparer de notre territoire » et « La Monusco doit changer de mandat au lieu de continuer à compter  nos morts », les manifestantes ont fini par se faire entendre. Une délégation composée de leurs représentantes, à laquelle s’étaient jointes quelques députées, dont Jaynet Kabila (la sœur jumelle du chef de l’Etat), a été reçue par le représentant spécial adjoint du secrétaire général de l’ONU à Kinshasa. Les protestataires, qui n’ont pas levé le sit-in après l’audience, se sont rendues à l’ambassade des Etats-Unis. Elles ont exigé d’être reçues par l’ambassadeur lui-même. « Sinon nous irons dormir chez lui », a lancé l’une des femmes. Cette manifestation est la première à avoir été autorisée dans la capitale congolaise.

Jeuneafrique.com Tshitenge Lubabu M.K., envoyé spécial à Kinshasa