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Guinée : le testament de M’mah Sylla, victime de violences sexuelles 

décembre 1, 2021
M’mah Sylla, 25 ans, est décédée le 20 novembre à Tunis, où elle avait été évacuée après avoir subi plusieurs viols commis par deux hommes qui se disaient médecins en Guinée. © DR

Impunité et mauvaise gouvernance : telles sont les causes de la tragédie qui a frappé la jeune Guinéenne de 25 ans, décédée après plusieurs viols le 20 novembre dernier. Oser se dresser collectivement contre ces fléaux est le seul moyen d’honorer sa mémoire.

Nous refusons toujours de nous rendre à l’évidence. Nous continuons à faire semblant. Nous persistons à croire que les problèmes vont se régler d’eux-mêmes, comme par miracle. Pis, nous paraissons avoir abandonné notre sort entre les mains d’un messie – que je plains grandement –, pensant naïvement, et peut-être cyniquement, qu’il surgira bien de quelque part pour régler tous nos problèmes.  N’est-ce pas là, précisément, la recette la plus aboutie de l’échec ?

Tous coupables

Pourquoi nous entêtons-nous à croire qu’une personne seule trouvera la solution pour les 12 à 13 millions de Guinéens que nous sommes sans que nous ayons à jouer notre partition ? Sommes-nous à ce point anesthésiés et rendus aveugles par des décennies de laisser-faire, de pagaille, d’injustice, d’impunité et de mauvaise gouvernance ? Car, oui, pour moi, la tragédie qu’a vécue M’mah Sylla résulte de cette mauvaise gouvernance qui sévit depuis trop longtemps et qui reste largement impunie. Je la considère comme le plus grand de nos maux, le cancer de notre société. Une société si aliénée que tout ce qui est anormal ailleurs est érigé en règle chez nous et célébré comme étant l’excellence même !

L’impunité face aux violences économiques, politiques, sociales et celles basées sur le genre, dont nos populations sont victimes, a élevé le malfrat au rang de héros de tous les temps.

L’IMPUNITÉ ET LA CULTURE DES PETITS ARRANGEMENTS NOUS ONT ABÊTIS, RENDUS MESQUINS ET MÉDIOCRES

L’impunité a perverti notre système de valeurs et couvert de honte ceux d’entre nous qui ont embrassé le service public afin de servir, produire des résultats et rendre des comptes à leurs concitoyens. L’impunité et la culture des petits arrangements nous ont abêtis, rendus mesquins et médiocres. L’impunité nous a presque vidés de notre humanité ! Humanité pourtant célébrée par nos anciens dans notre belle charte du Manden. Mais à quoi sert de bomber le torse en clamant avec fierté que cette charte est l’ancêtre de la déclaration des droits de l’Homme si chaque jour, à travers nos actes et nos attitudes, nous la foulons aux pieds et la vidons de sa substance?

M’MAH EST MORTE PARCE QUE NOUS AVONS ÉTÉ SI PEU NOMBREUX À NOUS DRESSER CONTRE CETTE MAUVAISE GOUVERNANCE

M’mah est morte à cause de nous tous, parce que nous avons préféré nous adonner à d’autres passe-temps, plutôt que de régler les vrais problèmes qui, en réalité, ne sont pas si difficiles à résoudre. M’mah est morte parce que nous avons été si peu nombreux à nous dresser contre cette mauvaise gouvernance. Pourtant, pas besoin de kalachnikov pour mettre fin à l’impunité ! Il suffit de faire preuve de fermeté et d’équité.

Intérêts égoïstes

Pourquoi rechignons-nous tant à sévir ? Quand un cadre commet une faute, nous déployons moult efforts pour convaincre sa hiérarchie d’abandonner toutes formes de condamnation. Nous envoyons des délégations pour tenter de l’amadouer au-delà du bon sens et de l’objectivité, cela souvent sans même nous demander ou nous enquérir des actes commis, encore moins de leurs conséquences, parfois incommensurables, pour notre pays et nos populations. Tout cela parce que le « qu’en-dira-t-on », devenu l’aune ultime de la popularité et du succès, est depuis trop longtemps préférable au respect et à la dignité qu’imposent les décisions difficiles mais nécessaires, dont celle de punir. Tout cela parce que l’on préfère sacrifier le bien-être du plus grand nombre sur l’autel d’intérêts égoïstes d’une minorité d’hommes et de femmes, dont le seul but est d’entretenir la pérennité d’un système, savamment élaboré, de captation de ressources.

Mais tout cela à un prix. Un prix dont certains pensent pouvoir s’affranchir en se cloîtrant dans leurs îlots dorés au milieu d’océans de pauvreté qu’ils ont grandement contribué à créer ou aggraver. Ce prix a été payé par M’mah Sylla et par tant d’autres. Des victimes sont mortes plusieurs fois, lorsqu’on a refusé d’appliquer simplement les lois et les règles.

EN BRISANT LE SILENCE À VISAGE DÉCOUVERT, M’MAH SYLLA A DÉFIÉ SES BOURREAUX AINSI QU’UN OPPRESSANT SYSTÈME QUI AURAIT VITE FAIT DE L’ANÉANTIR.

Des victimes ont été bafouées, lorsqu’on a refusé de sanctionner les actes de corruption. Des victimes ont été lésées, lorsqu’on a laissé des hommes et des femmes phagocyter l’économie d’un pays au profit de leurs intérêts personnels et ceux de leurs familles. Voilà le lourd tribut à payer pour un pays comme le nôtre, si riche et pourtant si pauvre ! Mais M’mah nous a peut-être aussi lancé un défi extraordinaire. En acceptant courageusement de briser le silence, elle a défié ses ignobles bourreaux ainsi qu’un oppressant système qui aurait aussitôt fait de l’anéantir. M’mah nous laisse un testament et nous ordonne d’agir pour elle et pour toutes les victimes de violences. Il est désormais temps d’en finir avec cette impunité, pour que la honte change de camp.

Malado Kaba

Avec Jeune Afrique par Malado Kaba

Ancienne ministre guinéenne de l’Économie et des Finances (2016-2018), PCA d’Orabank Guinée. Membre de la cohorte inaugurale de l’Initiative Amujae, programme phare du Centre présidentiel Ellen Johnson Sirleaf pour les femmes et le développement.

Violences sexuelles en RDC : Tedros Ghebreyesus, patron de l’OMS, s’excuse

septembre 29, 2021
Le directeur général de l’OMS, Tedros Adhanom Ghebreyesus, à Genève, le 10 février 2020. © Salvatore Di Nolfi/AP/SIPA

Une commission indépendante chargée d’enquêter sur les violences sexuelles auxquelles se sont livrés des employés de l’OMS en RDC a conclu le 28 septembre à des « défaillances structurelles » et des « négligences individuelles » de l’organisation.

L’affaire avait fait scandale. En septembre 2020, une enquête réalisée par The New Humanitarian et la Fondation Thomson Reuters avait dévoilé les témoignages de dizaines de femmes racontant comment elles avaient été victimes de viols commis par des travailleurs humanitaires, alors engagés dans l’est du Congo dans le cadre de la riposte à l’épidémie d’Ebola entre 2018 et 2020.

Dans ses propos liminaires, la commission d’enquête lancée en octobre 2020 par le directeur général de l’Organisation mondiale de la santé (OMS), Tedros Adhanom Ghebreyesus, dresse un tableau très sombre de la situation sur place. La commission a identifié 83 auteurs présumés, dont 21 étaient des employés de l’OMS. L’organisation a mis fin, dès la publication du rapport, au contrat de quatre d’entre eux qu’elle employait encore. Les autres avaient des contrats de courte durée. Ils seront bannis de tout emploi futur.

« Je suis désolé »

La commission constate « l’ampleur des incidents d’exploitation et d’abus sexuels lors de la riposte à la 10ème flambée d’Ebola, toute chose ayant contribué à accroître la vulnérabilité des victimes présumées, lesquelles n’ont pas bénéficié de l’aide et de l’assistance nécessaires qu’exigeaient de telles expériences dégradantes ».

« C’est un jour sombre pour l’OMS, a reconnu lors d’une conférence de presse Tedros Adhanom Ghebreyesus, qui brigue un second mandat à la tête de l’organisation, une candidature pour laquelle il a reçu la semaine dernière le soutien de la majorité des pays de l’Union européenne, mais aussi du Kenya. « La première chose que je tiens à dire aux victimes et aux survivants, c’est que je suis désolé. Je suis désolé, désolé de ce qui vous a été imposé par des personnes qui étaient employées par l’OMS pour vous servir et vous protéger », a déclaré Tedros Ghebreyesus, promettant des conséquences sévères aux responsables.

Quand une journaliste lui a demandé s’il avait l’intention de démissionner, il a esquivé. « Je suis allé sur place 14 fois et ce problème n’a pas été soulevé. Peut-être que j’aurais dû poser des questions », a-t-il toutefois reconnu.

Perception d’impunité

La commission a révélé « la perception d’impunité du personnel de l’institution de la part des victimes présumées », tout comme le fait que face à des dizaines de victimes qui se sont présentées, il y a « une absence totale de signalement de cas » au niveau institutionnel.

Tedros Ghebreyesus a assuré que l’OMS transmettrait les allégations de viol aux autorités nationales en RDC pour qu’elles enquêtent, ainsi que dans les pays d’origine des auteurs présumés. « Deux hauts responsables ont été placés en congés administratifs et nous prenons des mesures pour nous assurer que d’autres personnes susceptibles d’être impliquées soient temporairement déchargées de tout rôle décisionnel dans cette affaire », a-t-il détaillé. Le patron de l’OMS a aussi indiqué qu’un organisme externe serait chargé d’identifier les manquements individuels au sein de son organisation.

Par Jeune Afrique avec AFP

Au Bénin, l’exploitation des « enfants placés », entre maltraitance et violences sexuelles

août 16, 2021

Si les « vidomègon » ont toujours existé, le principe s’est dévoyé pour devenir une activité commerciale parfois placée sous la coupe de réseaux de trafiquants.

L’une après l’autre, elles sortent du dédale de ruelles de Dantokpa, le plus grand marché d’Afrique de l’Ouest. Avec leur large plateau sur la tête, les filles traversent ensuite la gare routière, d’où partent des bus pour le nord du Bénin, puis elles rejoignent la Baraque SOS Vidomègon. C’est là, dans ce local coincé entre un coiffeur et un vendeur de pneus, qu’elles viennent souffler un peu.

Il est 13 heures et le soleil de Cotonou est brûlant quand Sandra, 15 ans, pose délicatement à terre le lourd plateau de tomates, qu’elle porte depuis l’aube en équilibre sur sa tête. « Je me suis levée ce matin à 4 heures, comme tous les jours, raconte la jeune fille en s’essuyant le front. Normalement, je terminerai vers 20 heures. J’ai beaucoup vendu ce matin. » Si Sandra ne parvient pas à écouler toute sa marchandise, elle aura la possibilité de continuer demain.

Amandine, 19 ans, n’a pas cette chance : « Si ce soir il me reste des oignons, je vais me faire insulter par ma tante, la sœur de mon père. Avant elle me battait mais elle a arrêté, car maintenant je lui rends les coups. Je travaille pour elle depuis que j’ai quitté mon village de Sô-Ava à l’âge de 10 ans. Chaque jour, sauf le dimanche car je vais à la messe, je dois tout vendre avant d’aller me coucher. »

Près de 200 000 en Afrique de l’Ouest

Jusqu’au cœur de la nuit, on peut voir à Cotonou des enfants livrés à tous les dangers près du stade de l’Amitié ou aux abords de Dantokpa. Au Bénin, on les appelle « vidomègon » (les « enfants placés » en fon, la langue la plus parlée de ce pays de 13 millions d’habitants). Le phénomène est également répandu au Togo et au Nigeria voisins. Selon l’Unicef, ils seraient près de 200 000 en Afrique de l’Ouest. A Dantokpa, on en compterait 5 000, d’après l’ONG Espoirs d’enfants.

Si dans les marchés de la plupart des villes béninoises, on les croise portant ce qu’ils doivent vendre dans la journée, on peut aussi en voir travailler dans les champs ou dans des restaurants, où ils servent ou nettoient les tables des clients. Certains ont à peine 5 ans. Souvent pieds nus et vêtus de haillons, de nombreux vidomègon (80 % d’entre eux sont des filles) sont victimes de maltraitance et de violences sexuelles.

Le fait de placer un enfant chez un proche ou dans une famille d’accueil a toujours existé. Il permet à des familles pauvres d’espérer offrir la possibilité d’aller à l’école. En échange, les enfants accomplissent quelques tâches agricoles ou ménagères. « Je connais des jeunes filles qui sont tombées chez des gens très corrects », assure Julienne, 16 ans. En Afrique de l’Ouest, c’est à partir des années 1990, au fil des sécheresses et des crises économiques, que le principe s’est dévoyé pour devenir une activité commerciale parfois placée sous la coupe de réseaux de trafiquants.

Loin des grandes villes, un business s’est mis en place dans le nord du Bénin, mais aussi dans les départements du Couffo et du Mono (sud-ouest). « Le système est organisé à partir de rabatteurs et d’entremetteuses qui sillonnent les villages en quête d’une main-d’œuvre bon marché », explique Florentin Kinhoueyito, secrétaire général de l’ONG Amour et Bien-être, qui mène différentes actions en faveur de la jeunesse béninoise : « Ils donnent aux parents une somme d’environ 30 000 francs CFA [46 euros] pour les appâter. Ils leur font miroiter un revenu mensuel qu’ils ne verseront quasiment jamais. Ensuite, les enfants disparaissent et tout est fait pour qu’ils n’aient aucun contact avec leur famille. Lorsque les enfants reviennent chez eux, ils n’osent généralement pas raconter l’enfer qu’ils ont subi. »

« Des enfants repliés sur eux-mêmes »

Julienne a été vendue à l’âge de 13 ans à un intermédiaire « qui sillonnait les rues » de son village de Bopa, dans le département du Mono. « Il a dit à mes parents que j’allais trouver un boulot chez une dame riche qui allait me donner 20 000 francs CFA par mois, se souvient-elle. J’avais peur, mais je ne pouvais pas contredire mon père, qui avait pris la décision de m’envoyer et de signer un contrat de trois années. Le jour du départ, il y avait une quarantaine de filles, les plus jeunes avaient 8 ans. »

Après un mois de travaux champêtres, Julienne a été emmenée chez une femme qui l’a forcée à se lever à 4 heures du matin « pour faire la cuisine, le ménage, la vaisselle », et qui la frappait à coups de bâton. Elle s’est enfuie au bout de trois ans puis est revenue dans son village, où ses parents lui ont dit qu’ils n’avaient jamais reçu d’argent depuis son départ.

« Les enfants que nous accueillons sont dans un état nutritionnel souvent insuffisant, assure Hérodote Tokpanoude, médecin au sein de l’ONG Amour et Bien-être. Sur le plan psychologique, ils sont anxieux et repliés sur eux-mêmes. »

Une cinquantaine de jeunes filles, âgées de 7 à 19 ans, viennent quotidiennement se reposer, jouer ou suivre des cours d’alphabétisation, la plupart étant déscolarisées, à la Baraque SOS du marché Dantokpa, financée par les partenaires des Sœurs salésiennes de Don Bosco avec l’appui des structures d’Etat. « Notre but est d’humaniser les conditions de vie de ces filles, explique Claudine Bohissou, responsable du centre. On les écoute, on les respecte et, si elles le souhaitent, nous pouvons les orienter vers un métier ou vers l’école. Elles bénéficient aussi des services d’une assistante sociale et d’un psychologue. »

« Je ne souhaite pas changer de métier »

Malgré la dureté de la rue et les violences qu’elles subissent, les vidomègon sont nombreuses à ne pas vouloir changer de vie. Pour certaines, comme Albertine, c’est par esprit de sacrifice : « J’ai accepté d’être vendue à un monsieur à l’âge de 13 ans afin d’améliorer les conditions de vie de ma famille », dit-elle. D’autres, comme Sandra, « parce que vendre des tomates est [son] métier depuis l’âge de 7 ans et [qu’elle] ne souhaite pas en changer ». Sonia, vendeuse de crevettes de 13 ans, se dit « heureuse de travailler pour [sa] grand-mère, qui [lui] donne des sous pour [ses] dépenses ».

« Dans un pays qui a tellement souffert de l’esclavage, je n’aime pas qu’on compare le phénomène des vidomègon à de l’esclavage d’enfants », explique sœur Tiziana Borsani, directrice exécutive des œuvres sociales de l’Institut des Filles de Marie-Auxiliatrice au Bénin, fondé par les Sœurs salésiennes de Don Bosco : « Mais il s’agit incontestablement d’une exploitation économique, domestique et parfois sexuelle des enfants. Depuis quelques années, la situation s’améliore car il y a eu une prise de conscience, après un travail efficace de synergie entre les structures de l’Etat et les organisations de la société civile. Des procès ont été menés et de lourdes peines ont été prononcées contre des trafiquants et des familles d’accueil qui infligeaient des sévices aux enfants. »

Après deux heures de repos et un cours d’orthographe, les jeunes filles de la Baraque SOS montent le son du poste de télévision. Dans un joyeux tumulte, elles dansent, chahutent entre les bancs… Puis, d’un geste mille fois répété, elles replient leur « kanzoun », ce morceau de tissu qui cale le plateau sur leur tête, esquissent encore quelques pas de danse et disparaissent dans le labyrinthe de Dantokpa.

Par Le Monde avec Pierre Lepidi (Cotonou, envoyé spécial)

Maroc: le patron de presse jugé pour violences sexuelles nie en bloc

mai 12, 2018

 

Taoufik Bouachrine, directeur de la publication du quotidien Akhbar al-Youm. © ABDELHAK SENNA/AFP

Le patron de presse marocain Taoufiq Bouachrine nie toutes les accusations de violences sexuelles et conteste les vidéos présentées comme des preuves, lors de son procès à huis clos devant un tribunal à Casablanca.

Arrêté le 23 février et incarcéré depuis à Casablanca, le directeur du quotidien indépendant Akhbar Al-Yaoum est jugé depuis le 8 mars notamment pour « traite d’êtres humains », « abus de pouvoir à des fins sexuelles », « viol et tentative de viol ».

Dès que la parole lui a été donnée, jeudi après plusieurs journées d’audience consacrées à des questions de forme, le journaliste de 49 ans a dénoncé un « procès politique » en rejetant toutes les accusations, selon ces sources.

Un procès à huis clos

La chambre criminelle de la cour d’appel de Casablanca a décidé la semaine dernière que le procès se tiendrait à huis clos à la demande des victimes.

Public, journalistes et observateurs dépêchés par les organisations de défense des droits de l’Homme n’ont désormais plus accès aux débats et il faut s’adresser aux différents avocats pour obtenir des éléments sur le contenu des audiences.

À la barre, M. Bouachrine a nié avoir eu des « relations consenties » avec les femmes enregistrées comme parties civiles, selon ces sources. Il a aussi affirmé « ne pas connaître l’origine des vidéos » saisies dans son bureau le jour de son arrestation, qui, selon l’accusation comprennent des images explicites.

« Aucun signe politique dans son procès »

Selon le journal Akhbar al-Yaoum, qui consacre régulièrement sa Une au procès de son patron, le journaliste a aussi revendiqué que l’audience soit ouverte pour « démontrer le complot dont il est victime ».

« Bouachrine est poursuivi pour ce qu’il a commis, je ne vois aucun signe politique dans son procès, ses écrit était ordinaires », a pour sa part commenté Habib Hajji, avocat de quatre parties civiles, joint par l’AFP.

L’audition des victimes présumées pourrait commencer la semaine prochaine.

La justice a répertorié 15 parties civiles mais au moins trois des femmes considérées comme des victimes présumées assurent n’avoir rien à reprocher à M. Bouachrine. L’une des trois, salariée du journal, a été condamnée à six mois de prison ferme pour avoir accusé la police d’avoir falsifié sa déposition.

L’affaire focalise l’intérêt des médias marocains, avec des réactions et des avis partagés, du fait de la notoriété de l’accusé et de la gravité des charges.