Posts Tagged ‘Violences’

Nuit de violences en Haïti, le gouvernement appelle au calme

juillet 7, 2018

Des barricades installées par des manifestants à Port-au-Prince le 6 juillet 2018 / © AFP / HECTOR RETAMAL

Le gouvernement haïtien a appelé samedi au calme et à la « patience » après les violences qui ont paralysé la capitale et fait au moins un mort, suite à une importante hausse des prix des produits pétroliers dans ce pays où la majorité de la population vit dans une pauvreté extrême.

Beaucoup de rues à Port-au-Prince étaient encore obstruées samedi matin par les barricades dressées la veille. A plusieurs endroits dans la région de Port-au-Prince, des manifestants ont de nouveau mis le feu à des pneus, certains en appelant à la révolution.

Des tirs sporadiques se faisaient encore entendre dans certains quartiers alors que la présence des forces de police restait très limitée, a pu observer une journaliste de l’AFP.

Des mouvements similaires de colère ont été enregistrés au Cap-Haïtien, la deuxième ville du pays, ainsi que dans les communes des Cayes et de Jacmel et de Petit-Goave.

Vendredi soir, un policier assigné à la sécurité d’un dirigeant d’un parti politique d’opposition a été tué dans une altercation avec un groupe de manifestants au cœur de la capitale haïtienne. Il a été lynché alors qu’il cherchait à forcer le passage, et son corps a ensuite été brûlé sur la chaussée.

Plusieurs compagnies aériennes comme American Airlines et Air France ont annulé leurs vols jusqu’à la mi-journée pour l’instant, et au moins un avion a été redirigé vers Pointe-à-Pitre, en Guadeloupe.

Face aux contestations, le Premier ministre Jack Guy Lafontant a appelé samedi la population à la « patience ».

« Je vous demande de la patience parce que notre administration a une vision, un programme clair », a déclaré le chef du gouvernement dans une allocution diffusée sur la télévision d’État.

« Ne détruisez pas car, à chaque fois, c’est Haïti qui devient plus pauvre (…). Le pays est en chantier mais si à chaque fois on détruit, on restera toujours à la traîne », a-t-il ajouté, alors que la majorité des vitrines des bâtiments et vitres de véhicules ont été brisées dans les quartiers aisés de l’aire métropolitaine.

Le directeur de la police nationale a de son côté lancé un appel au calme.

« On comprend votre droit (à) protester, (à) revendiquer mais on ne comprend pas la violence » a déclaré Michel-Ange Gédéon, en regrettant la mort du policier et en faisant état de l’incendie d’au moins deux commissariats et de plusieurs voitures de police.

– Hausse insupportable –

En début d’après-midi vendredi, les ministères de l’Économie, des Finances, du Commerce et de l’Industrie ont annoncé l’augmentation des prix de l’essence de 38%, celui du diesel de 47% et celui du kérosène de 51%, à compter du samedi 7 juillet à minuit.

Le nouveau cadre de référence entre le Fonds monétaire international (FMI) et Haïti, signé en février, impliquait la cessation de la subvention publique des produits pétroliers, source conséquente du déficit budgétaire de l’État.

Cette importante hausse est perçue comme insupportable par la majorité de la population qui fait face à une pauvreté extrême, un chômage de masse et une inflation supérieure à 13% pour la troisième année consécutive.

Le gouvernement tente de persuader les citoyens qu’il est obligé de réviser les prix des produits pétroliers, en prenant ses précautions dans le choix du vocabulaire.

« On ne parle pas d’augmentation mais plutôt de mettre les carburants aux prix auxquels ils doivent être », a souligné le Premier ministre dans son message télévisé samedi.

« De 2010 à 2018, Haïti a subventionné les carburants à hauteur de 50 milliards de gourdes, soit environ un milliard de dollars. Ce montant aurait pu nous permettre de construire beaucoup de kilomètres de route (…), beaucoup de salles de classe (…), beaucoup de centres de santé », a détaillé le chef du gouvernement pour justifier la mesure impopulaire.

Le gouvernement défend également la diminution de ces subventions publiques du fait qu’elles privilégiaient injustement selon lui l’économie de la République dominicaine voisine, où les tarifs à la pompe sont plus élevés.

Depuis l’annonce des nouveaux tarifs, les stations-service des principales villes du pays ont suspendu la distribution de carburants.

Romandie.com avec(©AFP / 07 juillet 2018 16h54)

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Au moins 8 morts dans des violences au Nicaragua

juin 16, 2018

A l’intérieur de la maison incendiée d’une famille dont six membres ont péri à Managua, le 16 juin 2018 / © AFP / INTI OCON

Au moins huit personnes ont été tuées samedi à Managua, selon la police, portant à plus de 178 le nombre de morts depuis le début des protestations antigouvernementales il y a deux mois au Nicaragua.

Six des nouvelles victimes sont des membres de la même famille dont le domicile a été incendié par un groupe d’hommes cagoulés qui ont lancé un cocktail molotov, et deux autres ont été attaquées alors qu’elles dégageaient une barricade dressée sur une route, a indiqué la police dans un communiqué.

L’opposition exige depuis deux mois le départ du président Ortega, 72 ans, « héros » de la révolution sandiniste qui a dirigé le pays de 1979 à 1990 après avoir évincé le dictateur Anastasio Somoza et qui est revenu au pouvoir depuis 2007.

Vendredi, le gouvernement et l’opposition ont trouvé un accord autorisant des observateurs des droits de l’homme à venir enquêter sur les violences.

Les représentants de l’opposition ont de leur côté accepté une demande clef du pouvoir du président Daniel Ortega : un plan visant à lever les blocages qui entravent les routes pour empêcher les forces anti-émeutes de passer, selon la conférence épiscopale, médiateur dans le conflit.

Son président, le cardinal Leopoldo Brenes, a indiqué que l’Eglise catholique avait demandé à Daniel Ortega d’avancer les prochaines élections générales à 2019, deux ans avant l’échéance prévue.

Le président n’a pas accédé à la demande, se contentant de répondre: « Nous réitérons notre volonté totale d’écouter toutes les propositions entrant dans un cadre institutionnel et constitutionnel ».

Un cycliste passe devant un graffiti réalisé au cours des manifestations contre le président Daniel Ortega, à Diriamba, à 40 km de Managua, le 124 juin 2018. / © AFP / MARVIN RECINOS

Le Nicaragua a basculé dans le chaos après la répression le 18 avril des manifestations contre l’insécurité sociale.

Des opposants ont dressé des barricades sur plus des deux tiers des routes du pays afin d’empêcher les forces anti-émeutes de passer.

Ces barrages routiers perturbent la livraison de marchandises et minent la commerce régional.

Si la crise se prolonge, l’ardoise pour le pays pourrait dépasser les 900 millions de dollars, selon la Fondation nicaraguayenne pour le développement social et économique (Funides), qui calcule que le Nicaragua pourrait perdre jusqu’à 150.000 emplois d’ici la fin de l’année.

Romandie.com avec(©AFP / 16 juin 2018 23h14)

Croatie: défilé contre un traité sur les violences contre les femmes

mars 24, 2018

Des manifestants opposés à la ratification par la Croatie de la Convention d’Istanbul sur les violences contre les femmes défilent à Zagreb, le 24 mars 2018 / © AFP / STR

Des milliers de Croates ont manifesté samedi à Zagreb contre la Convention d’Istanbul sur les violences à l’égard des femmes, estimant qu’elle promeut une « théorie du genre » et que sa ratification menacerait les valeurs traditionnelles de leur pays.

« Je suis un père, pas un parent! », « Stop à la violence contre la Croatie! », pouvait-on lire sur des banderoles, lors de ce défilé soutenu par la puissante église catholique croate.

Dans les églises du pays, les prêtres avaient appelé les fidèles à s’élever contre cette Convention du Conseil de l’Europe qui, à leurs yeux, saperait les valeurs traditionnelles croates.

Cette manifestation s’est tenue deux jours après que le Premier ministre de centre droit, Andrej Plenkovic, a annoncé que la Convention d’Istanbul serait présentée au Parlement en vue de sa ratification.

Au son de chants patriotiques ou religieux, sous une forêt de drapeaux croates, les manifestants ont voulu expliquer qu’ils se sentaient « menacées dans (leur) propre pays », leur a lancé une des organisatrices, Gordana Turic. « La Convention d’Istanbul est contre le christianisme », a-t-elle poursuivi.

Quand le nom de Plenkovic était évoqué, la foule répondait « Trahison! Trahison! ». Le Premier ministre est en butte à l’opposition de la frange conservatrice de son parti, le HDZ.

Aux yeux de cette mouvance de la formation au pouvoir, la Convention d’Istanbul ferait la promotion d’une « théorie du genre ».

« Je veux que la famille et les valeurs de la famille soient protégées, alors que la Convention les attaque », a dit à l’AFP Ivana Horvat, une employée de bureau de 38 ans.

Pour tenter d’apaiser la situation, Andrej Plenkovic a fait savoir que la loi de ratification comprendrait un passage pour assurer que les programmes scolaires « n’introduiraient pas de théorie du genre » et qu’il n’y aurait pas d’amendement de la Constitution, laquelle définit le mariage comme l’union d’une femme et d’un homme.

Plusieurs organisations de défense des droits des femmes ont accusé les groupes conservateurs et l’Eglise « d’inventer une +théorie du genre+ pour protéger un système patriarcal ».

Presque 90% des 4,2 millions de Croates sont catholiques.

La Convention d’Istanbul a été ratifiée par 28 pays, dont 17 membres de l’Union européenne, rejointe en 2013 par la Croatie.

La Bulgarie a récemment renoncé à la ratifier, également en raison d’une référence supposée à une « théorie du genre ». En février, le Premier ministre slovaque avait pris une décision similaire.

Romandie.com avec(©AFP / 24 mars 2018 14h53)                

RDC: au moins 49 morts en Ituri, des milliers de déplacés

mars 2, 2018

RD Congo / © AFP / Vincent LEFAI

Les violences communautaires se poursuivent en Ituri, dans le nord-est de la République démocratique du Congo, où au moins 49 personnes ont été tuées dans la nuit de jeudi à vendredi.

Avant ce dernier massacre, l’Unicef avait documenté 76 cas de personnes tuées à l’arme blanche depuis décembre en Ituri.

« On a compté 49 corps et l’on en recherche encore d’autres », a déclaré vendredi à l’AFP l’abbé Alfred Ndrabu Buju, directeur de l’ONG catholique Caritas à Bunia, chef-lieu de la province de l’Ituri.

Un peu plus tôt, le ministre de l’Intérieur Henri Mova avait fait état à l’AFP d’un bilan de 33 morts.

Les dernières attaques se sont déroulées à Maze un village du territoire de Djugu, situé à environ 80 km au nord de Bunia, capitale de la province de l’Ituri.

Le gouverneur de la province, ainsi que le chef de bureau à Bunia de la Mission de l’ONU en RDC (Monusco) s’est rendu à Djugu, a indiqué à l’AFP la porte-parole de la mission, Florence Marchal.

Selon des sources concordantes, l’attaque s’est déroulée en deux temps. La première a eu lieu jeudi en début d’après-midi et elle a été repoussée par les forces régulières. Selon l’abbé Alfred Ndrabu, un des gourous spirituels de la communauté Lendu a été tué à cette occasion.

Un grand nombre d’assaillants sont arrivés deux heures et demi plus tard, lançant des attaques simultanées dans les villages de Maze et Mbunja.

Un coordinateur de la société civile, Banza Charité, s’est étonné qu’un tel massacre ait pu avoir lieu alors qu’un important déploiement de l’armée congolaise est observée dans la zone depuis quelques jours.

Véritable carnage

Selon plusieurs témoignages recueillis par l’AFP, les assaillants, présentés comme des éleveurs Lendu, se sont attaqués à des agriculteurs Hema.

« Les assaillants ont investi le village et se sont livrés à un véritable carnage », a déclaré à l’AFP Banza Charité, un responsable de la société civile locale. Plusieurs maisons auraient été incendiées.

Selon l’abbé Alfred Ndrabu, « un enfant victime de l’attaque a été reçu ce matin à l’hôpital général de Drodro avec une flèche dans la tête ».

Le différend foncier qui oppose Hema et Lendu en Ituri est l’un des nombreux conflits qui ensanglante l’est de la RDC.

En 1999, il avait dégénéré en massacres entre les deux communautés, qui disposaient alors chacune d’une branche armée. Les combats avaient fait plus de 60.000 morts et 600.000 déplacés, selon Human Rights Watch, entraînant en 2003, l’intervention de la force européenne Artemis, qui avait mis fin aux attaques.

Les violences ont repris fin 2017. D’après l’Unicef, 76 personnes ont été tuées à l’arme blanche depuis décembre, plus de 70 villages ont été incendiés.

Quelques 200.000 personnes ont fui les affrontements, selon des sources humanitaires, dans un pays qui compte déjà plus de quatre millions de déplacés.

Plus de 28.000 Congolais, en majorité des femmes et des enfants, ont ainsi traversé le lac Albert pour se réfugier en Ouganda où leur situation est précaire: 26 d’entre eux sont morts de diarrhée aiguë courant février.

« Certaines milices empêchent les réfugiés de traverser le lac et il y a encore beaucoup de gens déplacés dans les villages » situés du côté congolais, selon Joyce Munyonyo-Mbithi, du Haut commissariat de l’ONU pour les réfugiés (HCR) en Ouganda.

Les violences en Ituri s’inscrivent dans une série de sanglants conflits locaux en RDC, sur fond de crise politique en raison du maintien au pouvoir du président Joseph Kabila, dont le second mandat a pris fin le 20 décembre 2016.

La République démocratique du Congo est l’une des principales priorités humanitaires des Nations unies, avec le Yémen et la Syrie. Une conférence des pays donateurs se tiendra le 13 avril à Genève avec l’objectif de lever 1,37 milliard d’euros, afin de faire face aux multiples crises humanitaires en RDC.

Romandie.com avec(©AFP / 02 mars 2018 19h50)                

Brésil: 10 morts lors de violences dans une prison du nord-est

janvier 29, 2018

Sao Paulo – Dix détenus ont trouvé la mort lundi lors d’affrontements entre membres de factions rivales de narcotrafiquants dans la prison brésilienne d’Itapajé, à 125 km de Fortaleza (nord-est), ont annoncé les autorités locales.

« Un affrontement entre groupes rivaux de détenus a provoqué ces morts », a expliqué le Secrétariat à la Justice de l’État du Ceara, dont Fortaleza est la capitale, deux jours après une fusillade qui avait fait 14 morts dans cette ville.

Le président du syndicat des agents pénitentiaires du Ceara, Valdemiro Barbosa, a affirmé au site d’informations R7 que les deux épisodes étaient liés.

« Il s’agit de la même dispute qui a lieu ces derniers jours et a provoqué le pire massacre de l’histoire de notre État », a-t-il expliqué.

Les autorités ont indiqué que les agents pénitentiaires avaient repris le contrôle de la prison, mais n’étaient pas en mesure de confirmer s’il y avait des blessés ou si des prisonniers s’étaient évadés.

Selon le site G1, les barreaux de certaines cellules ont été sciés.

Dans la nuit de vendredi à samedi, un groupe d’hommes armés ont fait irruption dans un bal populaire et ont ouvert le feu.

Parmi les 14 personnes tuées, huit étaient des femmes et le massacre a été qualifié de « barbarie » par le gouverneur de Ceara, Camilo Santanta.

L’enquête est toujours en cours, les autorités ayant affirmé samedi ne « pas être en mesure de confirmer s’il s’agissait d’un affrontement entre factions ». Six personnes soupçonnées d’avoir pris part à la fusillade ont déjà été arrêtées.

Plusieurs médias locaux ont évoqué un règlement de comptes entre deux factions rivales de trafiquants de drogue: un gang local, les Guardioes do Estado (Gardiens de l’État), et le Comando Vermelho (Commando rouge) originaire de Rio, avec des ramifications dans tout le Brésil.

En 2017, l’État du Ceara a recensé un record de 5.114 homicides, 50% de plus qu’en 2016.

Le 1er janvier, une mutinerie dans une prison de Goias (centre-ouest) avait fait neuf morts, certains ayant été décapités ou brûlés vifs.

Ce massacre avait été perpétré un an jour pour jour après des émeutes sanglantes durant lesquelles 56 détenus avaient été sauvagement assassinés à Manaus (nord-ouest). Plus de 100 prisonniers avaient trouvé la mort lors d’affrontements de ce type en début d’année dernière.

Le Brésil compte la troisième population carcérale au monde, avec 726.712 détenus enregistrés en juin 2016, soit deux fois plus que la capacité officielle des prisons, selon les derniers chiffres du ministère de la Justice.

En plus d’être surpeuplées, les installations sont souvent vétustes et les autorités y ont retrouvé de grandes quantités d’armes, de drogues et de téléphones mobiles lors de fouilles effectuées tout au long de l’année dernière.

Romandie.com avec(©AFP / 29 janvier 2018 20h40)                                            

Liban: manifestation devant le Parlement contre les violences faites aux femmes

janvier 27, 2018

Manifestation contre les violences faites aux femmes dans le centre de Beyrouth, le 27 janvier 2018 / © AFP / ANWAR AMRO

Des dizaines de personnes ont manifesté samedi à Beyrouth devant le Parlement libanais contre les violences faites aux femmes, dénonçant l’inaction des autorités alors que huit femmes ont été tuées depuis début décembre.

La manifestation était organisée par plusieurs organisations de la société civile, notamment l’association féministe Kafa, qui réclame l’adoption de réformes législatives pour protéger les femmes contre les violences conjugales.

Des mannequins en bois rouge, représentant des silhouettes de femmes et sur lesquels était inscrit le nom d’une femme et les circonstances de son meurtre, ont été dressés au milieu de la place de l’Etoile, devant le Parlement, a constaté un correspondant de l’AFP.

« La colère n’est pas une excuse », « Pas de funérailles avant la justice », pouvait-on lire sur certaines des pancartes brandies par des manifestantes.

Depuis début décembre, huit femmes sont mortes au Liban, notamment une épouse tuée par balle par son mari lundi à Beyrouth.

Parmi les huit cas figurent notamment une adolescente de 15 ans qui s’est suicidée après un mariage précoce, ou encore la Britannique Rebecca Dykes, travaillant pour l’ambassade de son pays au Liban, étranglée par un chauffeur de taxi qui a tenté de la violer.

Pour l’année 2017, 17 cas au total ont été rapportés.

« L’une après l’autre, les femmes tombent, à cause de l’inaction des pouvoirs législatifs, exécutifs et judiciaires qui ne considèrent pas cette question comme une priorité », selon un communiqué signé par plusieurs ONG participant à la manifestation.

En 2014, le Liban a adopté une loi qui, pour la première fois, punissait les violences domestiques grâce à une campagne sans précédent de la société civile après le meurtre de plusieurs femmes sous les coups de leurs maris.

Mais l’association Kafa réclame l’adoption d’une réforme de cette loi pour imposer des peines plus lourdes contre les violences conjugales et accélérer les procédures judiciaires dans ces affaires.

« On veut la justice. La justice pour Zahraa et toutes les filles. On veut que les criminels soient punis », lâche Ali al-Qabbout, 50 ans, dont la fille a été tuée il y a plus d’un an par son ex-mari.

Romandie.com avec(©AFP / 27 janvier 2018 15h09)                

Violences en RDC: Guterres demande à Kinshasa des « enquêtes »

janvier 22, 2018

Kinshasa – Le secrétaire général des Nations unies, Antonio Guterres, a demandé lundi aux autorités congolaises des « enquêtes crédibles » après la mort dimanche d’au moins six personnes, selon l’ONU, dans la dispersion de marches contre le pouvoir en République démocratique du Congo.

Le secrétaire général appelle à « traduire les responsables en justice », dans une déclaration de son porte-parole à New York diffusée par la Mission des Nations unies au Congo (Monusco) à Kinshasa.

M. Guterres « exhorte les forces de sécurité congolaises à faire preuve de retenue » et en « appelle également au plein respect des lieux de culte ».

Au moins six personnes ont été tuées dimanche à Kinshasa lors de la dispersion par les forces de sécurité de marches à l’appel d’un collectif catholique, selon un bilan provisoire de la Monusco.

Les autorités congolaises, qui avaient interdit ces marches, parlent de deux morts par « balles perdues ».

Présents dimanche sur le terrain, les observateurs de l’ONU ont enquêté lundi à Kinshasa sur les victimes.

Les marches étaient organisées à la sortie des églises après la messe contre le maintien au pouvoir du président Joseph Kabila et l’application d’un accord politique du 31 décembre 2016.

Les organisateurs, un « comité laïc de coordination » proche de l’église, parlent d’un bilan « très lourd, une dizaine de morts ».

Ils demandent « au peuple de Dieu de rester mobilisé pour répondre à son prochain appel », dans un communiqué, sans avancer encore de date.

Tout comme les Nations unies, la nonciature apostolique à Kinshasa et la conférence épiscopale donnent un « bilan provisoire » de six morts.

Dans une « note technique », la nonciature affirme avoir répertorié des « tirs à balles réelles » dans six villes: Kinshasa, Kisangani (nord-est), Goma et Bukavu (région du Kivu, est), Lubumbashi (sud-est) et Mbuji-Mayi (centre).

La nonciature fait état de 60 blessés, les Nations unies de 63, et l’épiscopat de 127, « dont certains par balles ».

Il y a eu 210 personnes interpellées « dont la plupart ont été libérées quelques heures après », selon la conférence épiscopale.

Dans toute la RDC, 61 paroisses ont été visées, selon la nonciature, dont 40 à Mbuji-Mayi et 13 dans la capitale, Kinshasa, qui en compte environ 160.

L’épiscopat affirme qu' »il y a eu 12 marches encadrées de manière professionnelle par la police », ce qu’un porte-parole du gouvernement joint par l’AFP a démenti.

Romandie.com avec(©AFP / 22 janvier 2018 20h16)                                            

Kenya: HRW dénonce des viols, notamment par la police, pendant les violences électorales

décembre 14, 2017

Nairobi – L’ONG Human Rights Watch a dénoncé jeudi de « nombreux » viols commis au Kenya, notamment par les forces de sécurité, durant un feuilleton électoral de près de quatre mois émaillé de violences et marqué par l’invalidation en justice d’un scrutin présidentiel.

« Environ la moitié des femmes interrogées ont dit avoir été violées par des policiers ou des hommes en uniforme », a indiqué HRW dans un rapport, précisant avoir mené des entretiens avec 65 femmes, trois mineures et trois hommes ayant subi des agressions sexuelles de diverses natures.

« D’autres survivants disent avoir été violés par des civils », a assuré HRW, soulignant que le but de son rapport n’est pas d’établir une liste exhaustive des cas de violences sexuelles mais d’illustrer cette triste tendance par quelques exemples documentés en détail.

La moitié des viols recensés dans ce rapport sont des viols collectifs, a ajouté l’ONG, selon laquelle « de nombreuses attaques ont été accompagnées d’actes de torture et de violences physiques, alors que certains assaillants ont soumis leurs victimes par des menaces verbales ou en pointant vers elles leurs fusils ou leurs couteaux ».

« Les assaillants ont également violenté les enfants ou les époux des femmes durant certaines attaques », a précisé la même source, soulignant que « les récentes élections kényanes ont été marquées par des violences et de graves violations des droits de l’homme, surtout dans des bastions de l’opposition », dans l’ouest du pays, dans les bidonvilles de Nairobi et sur la côte kényane.

Dans son rapport, l’ONG dénonce de manière plus générale le comportement de la police durant la longue période électorale kényane, notamment « l’usage excessif de la force contre des manifestants, les meurtres, passages à tabac et membres coupés d’individus, ainsi que le pillage et la destruction de biens ».

Le chef de la police kényane Joseph Boinnet a réagi en qualifiant les accusations de viols de « tissu de mensonges ».

Au moins 58 personnes ont été tuées entre le 8 août et fin novembre dans les violences ayant accompagné le processus électoral, en grande majorité dans la répression de manifestations de l’opposition par la police, selon un comptage de l’AFP.

HRW a regretté jeudi l’impunité dont bénéficient les forces de police et le refus de nombreux agents d’enregistrer les plaintes contre leurs collègues.

Regrettant que de très nombreuses violations des droits de l’Homme par la police lors des violences ayant suivi la présidentielle de 2007 (1.100 morts) soient restées impunies, HRW a appelé le gouvernement à enquêter sérieusement, cette fois-ci, sur les crimes commis par ses forces de l’ordre.

Le Kenya est sorti extrêmement polarisé du dernier processus électoral présidentiel, qui lui a rappelé ses profondes divisions ethniques, géographiques et sociales et a notamment été marqué par l’invalidation en justice de la réélection du président Uhuru Kenyatta à l’élection du 8 août.

L’opposant Raila Odinga a ensuite boycotté le nouveau scrutin, organisé le 26 octobre et dont M. Kenyatta est sorti vainqueur avec 98% des voix. Une victoire toutefois ternie par la faible participation (39%), principalement en raison du boycottage de l’opposition.

Romandie.com avec(©AFP / 14 décembre 2017 15h26)                                            

Birmanie: 6.700 Rohingyas tués en Birmanie le premier mois des violences

décembre 14, 2017

Des réfugiés rohingyas au camp de Naybara, le 3 décembre 2017 à Cox’s Bazar, au Bangladesh / © AFP/Archives / Ed JONES

Au moins 6.700 Rohingyas ont été tués entre fin août et fin septembre au cours d’une opération de l’armée birmane, selon une estimation publiée jeudi par Médecins sans frontières (MSF), qui estime que le bilan réel pourrait être encore plus lourd.

Les chiffres de MSF ne couvrent que le premier mois des violences, mais l’exode se poursuit encore aujourd’hui. Et les personnes qui fuient « disent avoir subi des violences ces dernières semaines », a souligné MSF.

Les Nations unies n’ont jusqu’ici jamais publié de chiffres sur le nombre de tués.

« Les études montrent qu’au moins 71,7% des décès sont dus à la violence, y compris parmi les enfants de moins de cinq ans. Cela représente au moins 6.700 personnes, dont 730 enfants », a écrit MSF, qui a interrogé plus de 11.000 réfugiés au Bangladesh pour parvenir à cette estimation.

Et pour le Dr Sidney Wong de MSF, « le nombre de décès est vraisemblablement sous-estimé », car « l’ampleur et la nature des violences mises au jour sont effroyables ».

« Nous avons entendu des personnes raconter que des familles entières avaient péri après que les forces armées les ont enfermées dans leurs maisons avant d’y mettre le feu », a-t-il affirmé.

Selon les milliers d’entretiens menés par MSF pour tenter d’évaluer l’ampleur du drame, 69% des victimes ont été tuées par balles, 9% ont péri de brûlures et 5% de passages à tabac.

« Presque chaque famille rohingya a eu un ou plusieurs de ses membres tués dans les violences », a indiqué à l’AFP Mohammad Zubir, enseignant rohingya réfugié depuis 25 ans au Bangladesh, qui joue un rôle de dirigeant dans la communauté locale.

Les violences ont poussé environ 647.000 Rohingyas à fuir au Bangladesh voisin soit plus de la moitié de cette communauté musulmane vivant principalement dans l’Etat Rakhine, dans l’ouest de la Birmanie, pays très majoritairement bouddhiste.

« Je ne vois pas 600.000 personnes fuir leurs maisons et leurs rizières sans bonnes raisons », a argumenté Karline Kleijen, de MSF.

L’ONG, comme la plupart des acteurs humanitaires et des journalistes, n’a pas accès à la zone de conflit, tenue par l’armée. Ses programmes y sont au point mort.

Comme le Haut-Commissariat de l’ONU aux droits de l’homme, MSF réclame l’ouverture d’une enquête internationale et la réouverture de la zone.

Le même jour que la publication du rapport de MSF, hasard du calendrier, le Parlement européen a approuvé une résolution sur la Birmanie appelant les pays de l’Union européenne à imposer « de toute urgence des sanctions punitives ciblées à l’encontre d’individus dans l’armée ».

– ‘Apartheid’ –

Jusqu’ici, l’armée birmane, qui nie toute représailles contre les civils, avait évoqué un bilan de moins de 400 morts, tous des « terroristes » rohingyas.

Des attaques rebelles contre des postes de police en août avaient déclenché la répression de l’armée, accusée d’incendier des villages et de s’en prendre aux civils.

Les chiffres de MSF contredisent en tout point l’armée birmane, qui a rendu mi-novembre les conclusions de son enquête interne.

« Les soldats n’ont pas commis de violences sexuelles ni tué des civils. Ils n’ont pas arrêté, battu ou tué de villageois », affirmait le rapport sur la base de plus de 2.800 témoignages de villageois musulmans.

L’armée a seulement confirmé avoir tiré sur une foule de Rohingyas qui les attaquaient, affirmant avoir agi en état de légitime défense.

Pour Richard Horsey, analyste indépendant basé en Birmanie, le bilan de MSF est « choquant » et devrait « inévitablement pousser la communauté internationale à s’intéresser de nouveau à la question des responsabilités ».

Les violences dans l’Etat Rakhine ont débuté par des attaques de postes de police par la rébellion rohingya de l’ARSA, qui dénonce les mauvais traitements subis par cette minorité.

Ils représentent la plus grande population apatride du monde depuis que la nationalité birmane leur a été retirée en 1982, sous le régime militaire.

Victimes de discriminations, ils n’ont pas de papiers d’identité, ne peuvent pas voyager ou se marier sans autorisation. Et ils n’ont accès ni au marché du travail ni aux services publics comme les écoles et hôpitaux. Amnesty international a récemment évoqué une situation d' »apartheid ».

Dans ces circonstances, MSF estime que le récent accord entre les gouvernements du Bangladesh et de la Birmanie sur le rapatriement des Rohingyas « apparaît prématuré ».

Côté Bangladesh, dans les immenses camps insalubres de réfugiés, les autorités et les ONG parviennent difficilement à nourrir et soigner tout le monde. Mardi, le Bangladesh a lancé une campagne de vaccination contre la diphtérie, maladie qui aurait causé la mort de neuf réfugiés et en aurait infecté 700 autres.

Romandie.com avec(©AFP / 14 décembre 2017 14h31)                

Violences lors de la présidentielle au Kenya: le bilan monte à trois morts

octobre 26, 2017

Affrontements entre la police et des manifestants de l’opposition kényane à Kibera, à Nairobi, le 26 octobre 2017 / © AFP / Patrick Meinhardt

Le bilan des violences en marge de l’élection présidentielle jeudi au Kenya s’élève désormais à trois morts, après le décès de deux hommes dans un bidonville de Nairobi et à Homa Bay (ouest), a-t-on appris de sources hospitalière et policière.

Un jeune homme a succombé à une blessure par balle à la tête dans le bidonville de Mathare dans la capitale Nairobi, a déclaré à l’AFP le directeur d’un hôpital, Dickens Osimba. Par ailleurs, un communiqué de la police a annoncé la mort par balle d’un homme à Homa Bay dans des affrontements avec la police. Un précédent bilan faisait état de la mort d’un partisan de l’opposition, également tué dans des heurts avec la police à Kisumu, bastion de l’opposition qui a appelé à boycotter le scrutin.

Romandie.com avec(©AFP / 26 octobre 2017 15h13)