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États-Unis: La Maison Blanche tente d’éteindre la polémique née des silences de Trump

août 13, 2017

Donald Trump, le 12 août 2017 à Bedminster / © AFP / JIM WATSON

La Maison Blanche tentait dimanche d’apaiser la controverse née des propos – et plus encore des silences – de Donald Trump, accusé de complaisance à l’égard des militants d’extrême droite ayant endeuillé Charlottesville.

Une femme de 32 ans est morte samedi quand une voiture a foncé sur la foule de contre-manifestants venus dénoncer dans cette petite ville de Virginie la présence de groupuscules identitaires et néo-nazis, dont des membres du Ku Klux Klan (KKK).

Le président américain, en vacances dans son golf du New Jersey, a fini par faire savoir dimanche, par la voix d’un porte-parole, qu’il condamnait « bien sûr » toutes les formes de violence, y compris celles des suprémacistes blancs.

Samedi, les Américains qui attendaient de leur président une condamnation claire, forte et rapide de ces mouvements radicaux prônant la suprématie de la race blanche avaient été déçus: M. Trump s’était contenté de renvoyer les deux camps dos à dos, en pointant une « violence venant de diverses parties ».

Environ 19 heures plus tard et la polémique enflant, la Maison Blanche a tenté de rectifier le tir.

« Le président a dit avec force hier qu’il condamnait toutes les formes de violence, de sectarisme et de haine », a dit un porte-parole de l’exécutif américain. « Cela inclut, bien sûr, les suprémacistes blancs, le KKK, les néo-nazis et tous les groupes extrémistes ».

La fille et conseillère du président, Ivanka Trump, avait elle auparavant dénoncé sans ambages « le racisme, la suprématie blanche et les néo-nazis », estimant qu’il n’y avait « pas de place dans la société » américaine pour de telles idées.

– Critiques chez les républicains –

Les critiques du milliardaire républicain avaient dès samedi effectué des rapprochements entre sa tiédeur après les violences de Charlottesville et l’ambiguïté qu’il cultive vis-à-vis de l’extrême droite depuis sa campagne.

Une bonne partie de la droite alternative, ou « Alt Right », avait en effet soutenu Donald Trump dans sa course à la Maison Blanche, et celui-ci a plusieurs fois refusé de prendre clairement ses distances avec certains de ses groupes ou de ses leaders.

M. Trump a été vivement critiqué dans son propre camp républicain, à l’image du sénateur de Floride Marco Rubio, qui a notamment souhaité « entendre le président décrire les événements de Charlottesville pour ce qu’ils sont, une attaque terroriste menée par des suprématistes blancs ».

« Si j’étais président des Etats-Unis et que ces personnes témoignaient leur sympathie vis-à-vis de ma personne et de mon programme, cela me poserait problème », a commenté de son côté Lindsey Graham, un sénateur qui s’inscrit de plus en plus dans l’opposition interne à Donald Trump au sein de la famille républicaine.

A Charlottesville, la journée de samedi a été encore été alourdie par la mort de deux policiers, qui se sont écrasés en hélicoptère.

L’enquête de la police fédérale devrait rapidement établir les motivations de James Fields, interpellé au volant de la voiture qui a percuté les militants antiracistes. Cet homme de 20 ans a été photographié plus tôt samedi porteur d’un bouclier aux côtés de miliciens néo-nazis.

– Climat ‘d’intimidation’ –

Le suspect, originaire de l’Ohio, a été inculpé de meurtre, de violences volontaires ayant causé des blessures et de délit de fuite. Il devrait être présenté à un juge lundi.

Les événements de Charlottesville vont être étudiés à l’aune d’une question centrale: par sa rhétorique, ses mesures ciblant les étrangers et ses appels répétés à donner la priorité à l’Amérique, le président Trump a-t-il enhardi de façon dangereuse les extrémistes de droite ?

Le maire de démocrate de Charlottesville, Michael Signer, a clairement répondu par l’affirmative, jugeant qu’il avait contribué à créer un climat de « vulgarité, de cynisme et d’intimidation ».

« Il a fait le choix durant sa campagne présidentielle (…) de jouer sur nos pires préjugés », a-t-il déclaré sur CBS. « Je pense que ce que ce qui s’est passé ce week-end a un lien direct avec ces choix ».

Cette affaire de Charlottesville évoque le long délai pris pendant la campagne par Donald Trump pour désavouer le soutien que lui avait apporté publiquement David Duke, un ancien leader du Ku Klux Klan.

Romandie.com avec(©AFP / 13 août 2017 20h59

Kenya: violents affrontements entre groupes Kikuyu et luo à Nairobi

août 13, 2017

De violents affrontements ont opposé dans le bidonville de Mathare à Nairobi des membres de l’ethnie kikuyu du président Uhuru Kenyatta et des partisans luo de l’opposant Raila Odinga, le 13 août 2017 / © AFP / MARCO LONGARI

De violents affrontements ont opposé dimanche dans le bidonville de Mathare à Nairobi des membres de l’ethnie kikuyu du président Uhuru Kenyatta et des partisans luo de l’opposant Raila Odinga, a constaté un photographe de l’AFP.

Les violences ont éclaté quand des Luo ont brûlé des échoppes situées dans le quartier kikuyu du bidonville, entraînant une bataille rangée entre les deux groupes, comprenant plusieurs centaines de personnes, à coups de pierres, de bâtons et de flèches.

Un homme, vraisemblablement kikuyu, a été très sévèrement frappé à coups de bâtons et de pierres, et son corps gisait inerte, le visage ensanglanté, sur la chaussée, selon ce photographe qui a observé la scène.

Des personnels de la Croix-Rouge présents à proximité n’ont pas réussi à accéder immédiatement au corps, les deux groupes continuant à se faire face et la situation restant extrêmement tendue.

La décision des Luo d’incendier les commerces kikuyu aurait été déclenchée par des rumeurs sur la mort de deux membres de leur communauté.

Un autre photographe de l’AFP a vu l’un de ces deux hommes, gisant sur le dos, recouvert de sang mais respirant encore. Il n’a cependant pas pu confirmer la présence d’un autre corps.

Cet incident a fait suite à la visite à Mathare de M. Odinga, venu voir la famille d’une fille de neuf ans tuée par balle samedi matin dans le bidonville, alors qu’elle se trouvait sur un balcon au quatrième étage d’un immeuble.

M. Odinga s’était auparavant rendu dans le bidonville de Kibera, où devant des milliers de partisans enthousiastes, il avait affirmé qu’il n’accepterait pas les résultats de l’élection présidentielle, « volée » selon lui par M. Kenyatta, le chef de l’État sortant.

« Nous n’avons pas encore perdu. Nous n’abandonnerons pas. Attendez que j’annonce la marche à suivre après-demain (mardi) », avait-il ajouté, demandant à ses supporteurs de ne pas aller travailler lundi en raison de la présence massive des forces sécurité.

M. Kenyatta a été réélu vendredi soir pour un second mandat de cinq ans avec 54,27% des voix, contre 44,74% à M. Odinga, selon les résultats officiels. Mais l’opposition conteste ces résultats et dénonce une « mascarade » électorale.

Des scènes de violence et de pillage circonscrites à quelques bastions de l’opposition, dans l’ouest du pays et les bidonvilles de Nairobi, ont éclaté dès la proclamation de la victoire de M. Kenyatta.

Ces violences ont fait au moins 16 morts entre vendredi soir et samedi soir – neuf dans les bidonvilles de Nairobi, dont la fillette, et sept dans l’ouest du pays – selon un bilan établi par l’AFP de sources policières et hospitalières.

Romandie.com avec(©AFP / 13 août 2017 18h46)

Kenya: trois morts au lendemain de la réélection de Kenyatta

août 12, 2017

Un homme blessé est transporté dans le bidonville de Kibera à Nairobi, le 12 août 2017 / © AFP / PATRICK MEINHARDT

Au moins trois personnes ont été tuées au Kenya depuis l’annonce vendredi soir de la réélection du président Uhuru Kenyatta, le gouvernement assurant que les violences restaient localisées et que l’essentiel du pays était calme.

Sitôt la proclamation par la Commission électorale (IEBC) de la réélection de M. Kenyatta, 55 ans, pour un second mandat de cinq ans, des violences ont éclaté dans les bastions de l’opposition, qui a dénoncé « une mascarade » électorale.

Persuadés que la victoire leur a une nouvelle fois été volée, ses supporteurs ont laissé éclater leur colère dans l’ouest du pays et dans plusieurs bidonvilles de Nairobi, tels Kibera, Mathare ou Kawangware.

Depuis vendredi soir, au moins trois personnes, dont un enfant de neuf ans, ont été tuées. Deux décès ont été rapportés près de Kisumu (ouest) et dans le comté voisin de Siaya, de sources hospitalières et policières.

L’enfant a été tué par balle samedi matin à Mathare, alors qu’il se trouvait sur un balcon au quatrième étage d’un immeuble, selon un journaliste de l’AFP.

Selon un décompte de l’AFP, les violences liées à l’élection ont fait au moins 9 morts depuis mercredi dans ce pays de quelque 48 millions d’habitants.

La nuit a été agitée, marquée par des émeutes à Kisumu et des scènes de pillage à Kibera de commerces supposés appartenir à des sympathisants du pouvoir.

Les troubles ont continué dans la matinée à Kisumu et ses environs, où les manifestants ont bloqué des axes routiers. A Kibera, des jeunes munis de pierres ont allumé des feux et bloqué des rues, avant d’être pourchassés par la police. La même scène a été observée à Mathare par un journaliste de l’AFP.

– Des violences circonscrites –

Mettant ces incidents sur le dos « d’éléments criminels qui ont tenté de prendre avantage de la situation, en pillant et détruisant des propriétés », le ministre de l’Intérieur, Fred Matiangi, a assuré que « la sécurité prévaut complètement dans le reste du pays ».

La réponse de la police a été implacable, même si le ministre a certifié que « la police n’a pas fait d’usage disproportionné de la force contre un quelconque manifestant où que ce soit dans le pays ».

Un photographe de l’AFP a toutefois vu la police tirer des coups de feu en direction d’émeutiers dans la nuit à Kibera. A Kisumu, un témoin interrogé par l’AFP, Truphena Achieng, dont le frère a été blessé, a accusé la police d’avoir fait feu sur des personnes qui manifestaient « pacifiquement ».

Crédité de 54,27% des voix, M. Kenyatta, au pouvoir depuis 2013, avait tendu vendredi soir la main à son principal rival Raila Odinga (44,74%), dans une adresse à la Nation.

« Nous devons travailler ensemble (…) nous devons ensemble faire grandir ce pays », avait-il lancé, appelant l’opposition à ne pas « recourir à la violence ».

Il y a dix ans, plus de 1.100 personnes avaient été tuées et 600.000 déplacées en deux mois de violences post-électorales, les pires depuis l’indépendance en 1963, après la réélection fin décembre 2007 de Mwai Kibaki, déjà contestée par M. Odinga.

Ce souvenir ne signifie cependant pas forcément que le pays se dirige dans la même direction. Même si elles remettent en lumière de vieilles divisions tribales, les violences sont pour l’instant circonscrites aux bastions de l’opposition.

Le calme régnait dans une bonne partie de Nairobi, dans le centre du pays, ainsi qu’à Mombasa, sur la côte. Et seule l’ethnie Luo, celle de M. Odinga, semblait se mobiliser, les autres composantes de la coalition d’opposition (Nasa), les Luhya et Kamba, restant pour l’heure à l’écart des violences.

– L’opposition s’en remet au peuple –

Le contexte politique est également différent. En 2008, l’essentiel des violences avaient alors opposé les Kikuyu de M. Kenyatta aux Kalenjin. Or ces deux ethnies sont désormais alliées, le vice-président William Ruto étant un Kalenjin.

Reste que l’opposition dénonce des élections entachées de fraudes massives. « Je pense que tout ça relève d’une mascarade totale, c’est un désastre », avait déclaré vendredi James Orengo, l’un de ses principaux leaders.

L’opposition a écarté l’éventualité d’un recours en justice alors qu’en 2013, M. Odinga avait saisi la Cour suprême, en vain, pour contester la victoire de M. Kenyatta.

La Nasa a préféré s’en remettre au « peuple » sans explicitement lui demander de descendre dans la rue. M. Odinga est resté silencieux depuis vendredi et ses premières déclarations pourraient décider de l’avenir de la contestation.

Jeudi soir, M. Odinga, 72 ans, qui jouit d’une influence énorme sur sa communauté Luo, avait appelé au calme, non sans prévenir: « Je ne contrôle personne. Les gens veulent la justice ».

Les pressions internationales seront certainement intenses dans les jours à venir sur celui qui vient d’essuyer une nouvelle défaite dans la lutte dynastique qui oppose sa famille à celle de M. Kenyatta.

Human Rights Watch a par ailleurs appelé les forces de sécurité « à faire baisser et non augmenter la violence ».

Romandie.com avec(©AFP / 12 août 2017 13h54)

RDCongo: douze morts dans les violences à Kinshasa

août 7, 2017

Des policiers à Kinshasa le 28 novembre 2006 / © AFP/Archives / LIONEL HEALING

Douze personnes ont été tuées lundi par des « balles perdues » dans une vague de violences à Kinshasa, a indiqué un porte-parole de la police nationale.

« Au titre de bilan provisoire, il a malheureusement été déploré à ce stade quelques pertes en vies humaines, douze personnes fauchées par balles perdues », a déclaré Pierrot Rombaut Mwanamputu dans un flash interrompant les émissions de la télévision publique.

Des coups de feu et violences dans plusieurs quartiers de Kinshasa

Des coups de feu ont été entendus lundi près de la prison centrale de Kinshasa et dans d’autres quartiers de la capitale de la République démocratique du Congo, selon plusieurs témoignages d’habitants à l’AFP qui font état de victimes.

Des tirs ont été entendus près de la prison de Makala, cible d’une attaque qui avait conduit à l’évasion de plus de 4.000 détenus en mai, ainsi que dans les communes de Matete et Ndjili vers l’aéroport de la mégapole de 10 millions d’habitants, selon ces témoignages.

« Depuis environ une heure, ça tire autour de la prison de Makala, il n’y a plus de circulation, les avenues sont vides ici à Selembao », le quartier de la prison, a déclaré en début de matinée Emmanuel Cole, un militant des droits des prisonniers.

Une source de la société civile a fait état d' »au moins sept policiers » tués et de « deux assaillants tués à bout portant par les PM (police militaire). Leurs corps ont été emportés ». « J’ai vu un autre corps », sur une autre avenue du quartier de Selembao, a indiqué cette source.

« Ça tire à l’arme légère (…), le marché est fermé », a témoigné un habitant de Selembao, Philemon Mboko, selon lequel le commandant de la police aurait été tué.

« Il se passe quelque chose du côté de Selembao. Nous cherchons à comprendre ce qui se passe exactement », a déclaré à l’AFP le colonel Pierrot-Rombaut Mwanamputu, porte-parole de la police vers 09h00 GMT, sans autre précision depuis malgré des relances téléphoniques.

Des coups de feu ont également été entendu dans les quartiers populaires de Matete (centre est) et de Ndjili vers l’aéroport, selon des témoignages qui évoquent au moins cinq morts dans cette dernière commune.

« J’ai vu la Croix-Rouge transporter un corps ensanglanté vers l’hôpital Biamba Marie-Mutombo alors que je me rendais vers l’aéroport de Ndjili », a témoigné à l’AFP le caricaturiste Tembo Cash, qui a souligné qu’une importante présence militaire était visible sur la route de l’aéroport international.

Des violences auraient aussi éclaté du côté de l’Université pédagogique nationale (UPN) dans la commune de Ngaliema.

Personne n’a revendiqué ces attaques qui interviennent à la veille de deux journées « ville morte » à l’appel de l’opposition.

Outre la prison de Makala, les commissariats de police de Limete, Matete et Kalamu ainsi que le marché central de Kinshasa, ont été aussi attaqués ces dernières semaines.

Ces attaques ont lieu au moment où la RDC se trouve dans une impasse politique liée au maintien au pouvoir du président Joseph Kabila, dont le mandat a échu le 20 décembre. L’opposition demande son départ et des élections.

Romandie.com avec(©AFP / 07 août 2017 15h33)                              

Scènes de « guerre » au Venezuela, qui a voté la Constituante

juillet 30, 2017

Des policiers vénézuéliens après l’explosion d’un engin au passage de leurs motos lors des manifestations à Caracas contre le président Nicolas Maduro, le 30 juillet 2017 / © AFP / Juan BARRETO

La violence meurtrière a fait irruption dimanche au Venezuela, jour de l’élection de l’Assemblée constituante rejetée par les adversaires du président Nicolas Maduro : un candidat et un dirigeant de l’opposition ont été tués, alors que des scènes de « guerre » secouaient Caracas.

« Je ne sais pas d’où vient leur haine, des Vénézuéliens contre des Vénézuéliens… Ca, c’est une guerre ! », a déclaré Conchita Ramirez, une habitante d’un quartier de la capitale après l’intervention musclée des forces de l’ordre équipées de véhicules anti-émeute.

Sous une pluie de gaz lacrymogènes et balles en caoutchouc, des manifestant bloquant une autoroute de Caracas ont par ailleurs été délogés sans ménagement.

Un peu plus loin, au passage d’un groupe de motards de la police une forte détonation retentit, montre une vidéo de l’AFP. Au moins, quatre policiers sont blessés dans l’explosion, l’un d’eux a la jambe en flammes, alors que plusieurs de leurs deux-roues brûlent à terre. Des scènes similaires ont eu lieu à Maracaibo (ouest), la deuxième ville du pays.

En tout, sept personnes sont décédées depuis samedi, selon le Parquet.

Un candidat à la constituante a été abattu chez lui dans la nuit de samedi à dimanche à Ciudad Bolivar (sud-est), José Felix Pineda, un avocat de 39 ans. Et un dirigeant de l’opposition, Ricardo Campos, 30 ans, a été tué par balle durant une manifestation dans l’Etat de Sucre (nord-est).

Un militaire, Ronald Ramirez, « a été atteint par une balle au niveau de la pommette gauche pendant une manifestation » dans l’Etat de Tachira (ouest) frontalier avec la Colombie.

En outre, trois manifestants de 28, 39 et 43 ans sont morts dans les Etats de Mérida (ouest) et Barquisimeto (ouest), et un autre était décédé samedi au cours d’une protestation dans l’Etat de Merida (ouest).

– Plus de 110 morts –

Rassemblements, barricades, homicides : ce vote se déroule alors que le pays est au bord de l’effondrement économique. Depuis le mois d’avril des manifestations antigouvernementales ont fait plus de 110 morts ainsi que des milliers de blessés.

Le scrutin pour désigner les 545 membres de l’Assemblée constituante a débuté dimanche à 06H00 locales (10H00 GMT) et le président socialiste Nicolas Maduro a été le premier à voter dans l’ouest de Caracas.

« Je suis le premier à voter dans le pays. Je demande aujourd’hui la bénédiction de Dieu pour que le peuple puisse exercer librement son droit de vote démocratique », a déclaré le chef de l’Etat. Selon lui, « l’empereur Donald Trump a voulu empêcher le peuple d’exercer le droit de vote ».

L’opposition, qui boycotte tout le processus et n’a donc présenté aucun candidat, a appelé à dresser des barricades dans tout le pays bien que le gouvernement ait menacé de cinq à dix ans de prison ceux qui feraient obstacle au scrutin.

Les antichavistes détiennent la majorité au Parlement et voient dans cette Constituante un moyen pour le président Maduro de se cramponner au pouvoir, contourner l’Assemblée nationale élue et éviter la présidentielle prévue fin 2018. Ils dénoncent une dérive vers un « régime à la cubaine ».

Le gouvernement assure de son côté que cette future assemblée, dont la durée du mandat n’est pas définie, sera un « super pouvoir » qui aura la capacité de dissoudre le Parlement, qu’elle apportera la paix et permettra au pays de se redresser économiquement.

– ‘Fraude constitutionnelle’ –

« Cette fraude constitutionnelle et électorale est la plus grave erreur historique qu’ait pu commettre Maduro », a affirmé le député Freddy Guevara, au nom de la coalition de l’opposition Table de l’unité démocratique (MUD).

Nicolas Maduro a le soutien des pouvoirs judiciaire et militaire. Mais plus de 80% des Vénézuéliens désapprouvent sa gestion du pays et 72% son projet de Constituante, selon l’institut de sondages Datanalisis.

La participation à l’élection de dimanche sera une donnée-clef. Selon l’analyste Benigno Alarcon, le gouvernement cherche à éviter une forte abstention, sachant que 7,6 millions de personnes ont voté lors d’un référendum symbolique organisé par l’opposition il y a deux semaines contre le projet, selon la MUD.

Mais grâce au mode de scrutin, combinant vote territorial et par secteurs socio-professionnels, 62% des 19,8 millions d’électeurs pourront se prononcer deux fois, ce qui soulève des interrogations sur la validité du résultat alors qu’aucun observateur étranger ne sera présent, souligne un analyste, Eugenio Martinez.

Avec sa Constituante, Nicolas Maduro s’est mis à dos les Etats-Unis, qui importent 800.000 barils de brut sur les 1,9 million produits chaque jour le Venezuela, ainsi que plusieurs pays d’Amérique latine et d’Europe.

Washington a imposé des sanctions à 13 fonctionnaires et militaires proches du chef de l’Etat accusés d’atteinte à la démocratie, de violations des droits de l’homme ou de corruption.

« La dictature s’auto-isole », a affirmé le député Guevara. La Colombie, le Panama et le Pérou ont annoncé qu’ils ne reconnaîtraient pas la Constituante, les Etats-Unis ont menacé d’autres sanctions.

A Madrid, plusieurs centaines de Vénézuéliens ont manifesté dimanche pour demander à l’Espagne qu’elle ne reconnaisse pas la Constituante. « Pays du monde entier, aidez-nous », pouvait-on lire sur des pancartes brandies par les manifestants, qui agitaient des drapeaux jaune, rouge, bleu du Venezuela.

Romandie.com avec(©AFP / 30 juillet 2017 23h09)                

Sénégal : une série de violences émaille la campagne électorale

juillet 20, 2017

Des manifestants de l’opposition dispersés par la police à Dakar, le 14 octobre 2016. © Benjamin Roger/Jeune Afrique

Ces derniers jours, des violences ont éclaté à Dakar et dans ses environs en marge de la campagne électorale pour les législatives du 30 juillet, suscitant l’indignation des différents responsables politiques sénégalais.

Les témoins évoquent des gourdins, des couteaux, et même des armes à feu. Ce mardi 18 juillet, la situation a dégénéré à Rufisque, en banlieue de Dakar, entre les militants de la majorité et ceux de l’opposition. Ce jour-là, la caravane de la coalition présidentielle Benno Bokk Yakaar (BBY), conduite par le ministre de la Pêche Oumar Gueye, croise celle de la coalition d’opposition Manko Taxawu Senegaal, menée par Oumar Cissé. Selon différents médias locaux, des responsables de la sécurité de BBY auraient alors pris à partie leurs adversaires, provoquant la pagaille dans la ville mais sans faire de blessés.

Récurrence des violences

Des violences similaires avaient déjà éclatées quelques jours plus tôt dans différents quartiers de Dakar. Vendredi 14 juillet, une caravane de BBY vient battre campagne à Grand Yoff, le fief de Khalifa Sall, maire de la capitale et leader de la coalition Manko Taxawu Senegaal. Celle-ci est conduite par le ministre de la Jeunesse Mame Baye Niang et le chanteur Youssou Ndour, soutien du président Macky Sall. À peine arrivée, elle est ciblée par des jets de pierre de jeunes du quartier, forçant les deux responsables de BBY à fuir les lieux.

Quiconque voudrait mettre ce pays sens dessus dessous trouvera, sur son chemin, la loi dans toute sa rigueur

Le lendemain, rebelote, cette fois à la Médina, quartier populaire du centre de la capitale et bastion de Bamba Fall, fidèle lieutenant de Khalifa Sall. Comme à Rufisque, la caravane de BBY a croisé celle de Manko Taxawu Senegaal. Et comme à Rufisque, des violences ont éclaté entre les militants des deux camps, qui se sont affrontés à coups de pierres.

Condamnations en série

Ces incidents à répétition ont été dénoncés par la plupart des responsables politiques du pays, à commencer par le président de la République Macky Sall. « Les périodes électorales ne sont que des étapes dans la marche d’un pays. Il n’est pas question de les transformer en période de non droit où tout est permis. Quiconque voudrait mettre ce pays sens dessus dessous trouvera, sur son chemin, la loi dans toute sa rigueur », a déclaré le chef de l’État le 16 juillet.

De son côté, la coalition Manko Taxawu Senegaal a indiqué dans un communiqué que ces violences constituaient « une sérieuse menace en perspective de la tenue d’élections libres, démocratiques et transparentes, conformément à la volonté du peuple sénégalais ». Quant à Seydou Gueye, porte-parole du gouvernement et de l’Alliance pour la république (APR), le parti de Macky Sall, il a estimé dans une interview au journal Quotidien que ces violences étaient « condamnables, quel que soit le camp qui en est responsable ».

Jeuneafrique.com par

Centrafrique/violences: au moins 15 morts à Kaga-Bandoro (centre)

juillet 2, 2017

Bangui – Une quinzaine de personnes sont mortes dans la ville centrafricaine de Kaga-Bandoro (centre) lors d’échanges de tirs samedi entre des éléments armés de l’ex-Séléka et les Casques bleus de la mission de l’ONU (Minusca), a-t-on appris dimanche de source humanitaire.

« Il y a au moins 15 morts parmi les combattants », a indiqué à l’AFP le responsable d’une ONG internationale présent à Kaga-Bandoro, située à 400 km au nord de la capitale Bangui.

Selon des sources sécuritaires, dont la Minusca, des membres du groupe armé ex-Séléka du Mouvement patriotique pour la Centrafrique (MPC) seraient à l’origine des violences.

« Les hommes du MPC semaient la pagaille dans la ville pour une histoire de vengeance », a relaté une source onusienne proche du dossier. Puis ils « se sont confrontés aux contingents pakistanais et burundais (de la Minusca, ndlr) stationnés dans la ville ».

« Les forces de la Minusca ont fait leur travail en protégeant les populations civiles des éléments du MPC », a assuré le porte-parole de la Minusca Vladimir Monteiro.

Joint par téléphone par l’AFP, le porte-parole du MPC, Aboulkassim Algoni Tidjani, n’a pas souhaité s’exprimer.

Les violences ont repris depuis la fin du mois de mai 2017 à Kaga-Bandoro (centre), chef-lieu de la préfecture de Nana-Grébizi qui accueille depuis l’automne 2016 près de 20.000 déplacés et où les humanitaires ont de grandes difficultés à travailler.

La Centrafrique a basculé dans les tueries de masse en 2013 avec le renversement du président Bozizé par la rébellion majoritairement musulmane Séléka, entraînant des représailles de groupes anti-balaka se disant défenseurs des chrétiens.

Les interventions de la France (2013-2016) et de la Minusca (12.500 hommes) ont ramené le calme dans Bangui mais 50 à 60% du pays reste sous le contrôle de groupes armés.

Romandie.com avec(©AFP / 02 juillet 2017 23h56)                                            

RD Congo: 3.000 morts en huit mois dans les violences au Kasaï

juin 20, 2017

Des personnes déplacées ayant fui les violences au Kasaï, le 6 juin 2017 à Gungu en République démocratique du Congo / © AFP/Archives / JOHN WESSELS

L’ONU a de nouveau accusé mardi les autorités congolaises de fortes responsabilités dans les violences au Kasaï, dénonçant mutilations d’enfants, viols et femmes enceintes éventrées. Des violences qui, selon l’Église catholique, ont fait plus de 3.000 morts en huit mois.

« Je suis consterné par la création et l’armement d’une milice, Bana Mura, qui soutiendrait les autorités dans la lutte » contre la rébellion Kamwina Nsapu a déclaré mardi à Genève le Haut commissaire de l’ONU aux droits de l’Homme, Zeid Ra’ad Al Hussein. Cette milice « a mené des attaques horribles contre des civils des groupes ethniques luba et lulua »

« Mon équipe a vu des enfants aussi jeunes que deux ans dont les membres avaient été amputés. De nombreux bébés avaient des blessures de machette et de graves brûlures (…) Au moins deux femmes enceintes ont été éventrées et leurs fœtus mutilés », a-t-il expliqué.

« De graves violations des droits de l’homme par des membres des forces de sécurité – dont des exécutions sommaires et des viols – ont été rapportées lors de plusieurs opérations contre des villages soi-disant contrôlés par Kamwina Nsapu », a ajouté M. Zeid.

D’après l’ONU, de nombreuses victimes et des témoins ont déclaré que la milice Bana Mura « était organisée et armée par les autorités locales ».

La Nonciature apostolique en RDC évoque dans une note technique le chiffre de 3.383 « décès signalés » depuis octobre dans le Kasaï. L’ONU avançait jusqu’à présent un bilan estimé à « plus de 400 morts ».

Le document de l’Église, daté du 19 juin, présente un « résumé des dommages soufferts par les institutions ecclésiastiques » dont plusieurs dizaines de paroisses, écoles, centres de santé et maisons religieuses endommagés ou fermés.

Selon l’Église, 20 villages ont été « complètements détruits » dont « 10 par les FARDC (armée congolaise), 4 par les miliciens, 6 par des auteurs inconnus ».

Elle mentionne aussi 30 fosses communes. L’ONU parle de 42 fosses communes.

Depuis septembre 2016, la région du Kasaï est secouée par la rébellion de Kamwina Nsapu, chef traditionnel tué en août dernier lors d’une opération militaire après s’être révolté contre le pouvoir de Kinshasa.

– « Un État néant » –

Les violences qui impliquent miliciens, soldats et policiers au Kasaï ont causé le déplacement de 1,3 million de personnes. Deux experts onusiens, missionnés par le secrétaire général de l’ONU pour enquêter sur ces violences, y ont été assassinés en mars.

M. Zeid a redemandé l’ouverture d’une enquête internationale, alors que le Conseil des droits de l’Homme devrait se prononcer jeudi ou vendredi sur un projet de résolution en ce sens, à la demande de l’Union européenne. Kinshasa y est fermement opposée.

La RDC « n’est pas disposée à accepter l’idée du déploiement sur son territoire d’une commission d’enquête internationale qui travaillerait en vase clos et parallèlement aux instances judiciaires nationales comme si elle était devenue un État néant », a déclaré mardi à Kinshasa le porte-parole du gouvernement, Lambert Mende, lors d’une conférence de presse.

La ministre congolaise des Droits humains, Marie-Ange Mushobekwa, a néanmoins indiqué mardi à Genève que le gouvernement « accepte d’accueillir sur son sol une équipe d’enquêteurs des Nations unies, venant en appui à la justice congolaise », accusant les Kamwina Nsapu de commettre des « véritables boucheries humaines ».

Mme Mushobekwa a évoqué un bilan de « 1.333 civils et 289 policiers tués à ce jour, dont 10 civils et 39 policiers tués par décapitation par le groupe terroriste Kamwina Nsapu ».

« Les victimes ont également signalé que des membres des unités locales de l’armée et de la police congolaises, ainsi que des chefs traditionnels, étaient présent lors des attaques des Bana Mura, et ont déclaré que des agents de l’État étaient impliqués dans l’armement et la direction de la milice », a affirmé le Haut commissaire.

Depuis des mois, l’ONU accuse les Kamwina Nsapu d’enrôler des enfants-soldats et d’avoir commis des atrocités, tout en dénonçant l’usage disproportionné de la force par l’armée congolaise.

Romandie.com avec(©AFP / 20 juin 2017 18h04)                

Violences au Kasaï : la justice congolaise enquête sur l’implication présumée d’un ex-ministre

mai 24, 2017

 

Selon le « New York Times », Clément Kanku entretenait des liens avec des miliciens dans le centre de la RDC, où deux experts de l’ONU ont été tués en mars.

 

Le député congolais Clément Kanku est soupçonné d’incitations à la violence dans les affrontements au Kasaï. Crédits : RADIO OKAPI/FLICKR

Le parquet de Kinshasa a annoncé, mardi 23 mai, qu’il enquêtait sur l’implication présumée d’un député congolais d’opposition – et ancien ministre – dans les violences qui secouent depuis août la région du Kasaï, dans le centre de la République démocratique du Congo (RDC). Deux experts de l’ONU, l’Américain Michael Sharp et la Suédo-Chilienne Zaïda Catalan, missionnés au Kasaï par le secrétaire général des Nations unies pour enquêter sur ces violences, y avaient été enlevés et assassinés en mars.

Samedi, le quotidien américain New York Times a révélé que Zaïda Catalan détenait un enregistrement sonore du député en question, Clément Kanku, en conversation téléphonique avec l’un des auteurs présumés des massacres au Kasaï. « La nature et les circonstances de cette conversation ne peuvent aucunement laisser indifférent » le parquet, a déclaré Flory Kabange Numbi, procureur général de la République, lors d’une conférence de presse : « Ce lundi 22 mai, j’ai été amené à ouvrir une enquête pour en savoir un peu plus. »

« Consterné »

Le procureur a affirmé avoir écrit au président de l’Assemblée nationale « pour nous permettre de conduire des enquêtes indispensables dans cette sinistre affaire ». Mais « il n’est nullement question de chercher à obtenir la levée des immunités » parlementaires à ce niveau de la procédure. Si les faits reprochés au député Kanku étaient établis, il pourrait être inculpé de « participation à un mouvement insurrectionnel et assassinat », a-t-il ajouté.

De son côté, Clément Kanku, qui a été ministre de la coopération et du développement de décembre 2016 jusqu’à la démission du gouvernement, début avril, s’est dit « consterné par ces allégations », qu’il « réfute totalement ». « Je suis convaincu que toute la lumière sera faite dans cette affaire et que justice sera rendue aux nombreuses victimes d’exactions abominables dans le Kasaï, y compris aux deux experts des Nations unies », a-t-il déclaré.

Dans un communiqué, le mouvement congolais Lutte pour le changement (Lucha) a demandé une « enquête internationale indépendante » sur les violences au Kasaï, doutant de la volonté des autorités congolaises de « mener une enquête sérieuse et crédible ». « Aucune enquête n’a jamais été menée sur les circonstances [du] meurtre [des deux experts] et sur le rôle joué dans cette affaire par les autorités, notamment par le ministre de l’intérieur de l’époque, Evariste Boshab », ajoute Lucha, alors que, samedi, la justice militaire congolaise a annoncé l’ouverture prochaine du procès des assassins présumés des deux experts, sans en préciser la date.

Fosses communes

Mardi, l’ONU a mis en doute les conclusions de l’enquête congolaise sur le meurtre des deux experts. « Cela semble avoir été mené avec pas mal de rapidité », a commenté le porte-parole de l’ONU, Stéphane Dujarric, soulignant que Kinshasa n’avait pas encore communiqué ses conclusions à l’ONU et précisant qu’une commission d’enquête des Nations unies présentera un rapport fin juillet. Dans son communiqué, Lucha exige par ailleurs du secrétaire général de l’ONU « le remplacement immédiat » de son représentant spécial en RDC, Maman Sidikou, « pour incompétence, complaisance, négligence et manque de leadership ».

Depuis septembre 2016, les violences au Kasaï, qui impliquent miliciens, soldats et policiers, ont fait plusieurs centaines de morts et causé le déplacement de 1,27 million de personnes. L’ONU y accuse les rebelles Kamwina Nsapu d’enrôler des enfants dans ses milices et d’avoir commis des atrocités, tout en dénonçant également l’usage disproportionné de la force par l’armée congolaise. Michael Sharp et Zaïda Catalan faisaient partie d’un panel d’experts de l’ONU recherchant des informations sur plus d’une quarantaine de fosses communes découvertes au Kasaï.

Ces violences surviennent au moment où la RDC traverse une crise politique à laquelle s’ajoute une crise économique, sécuritaire et humanitaire liée à la déstabilisation de plusieurs provinces par des groupes armés.

Le Monde.fr avec AFP

Afrique du Sud : manifestation contre les violences faites aux femmes

mai 20, 2017

Afrique du Sud: manifestation contre les violences faites aux femmes à Pretoria. © AFP / WIKUS DE WET AFP

Plusieurs centaines de personnes ont défilé samedi à Pretoria pour dénoncer le fléau des violences faites aux femmes et aux enfants, dans la foulée d’une récente série de meurtres et d’agressions à caractère sexuel qui ont choqué l’Afrique du Sud.

Rassemblés à l’appel d’un collectif baptisé « #pas en mon nom », les manifestants ont parcouru les rues de la capitale sud-africaine derrière une femme symboliquement vêtue de blanc.

 

« Nous devons maintenant assumer la responsabilité collective de nos actes honteux », « arrêtez ça, s’il vous plaît » ou « je suis un père, un frère et un oncle aimant », proclamaient les pancartes arborées par la foule, largement masculine

« Pendant longtemps, les hommes se sont tus. Vous entendiez une femme crier près de chez vous, vous décidiez de dormir tout en sachant qu’il y avait un problème », a déclaré un des organisateurs de la marche, Kholofelo Masha. « Aucun homme ne doit battre une femme ou la violer pendant que vous tournez la tête ».

Ces derniers jours, plusieurs meurtres de femmes ou de fillettes, souvent assortis de viols, ont fait la une de l’actualité en Afrique du Sud, qui détient un des plus forts taux de criminalité au monde.

Selon de récentes statistiques officielles, une femme y meurt sous les coups d’un proche toutes les huit heures et une femme sur cinq y subit au moins une agression violente dans sa vie.

Le président Jacob Zuma s’est rendu jeudi au domicile des parents d’une fillette de 3 ans tuée et violée, pour dénoncer ce phénomène.

« En tant que citoyens de ce pays, nous devons dire +ça suffit+ », s’est-il exclamé devant la presse. « La façon dont les femmes et les enfants sont tués, c’est une crise dans ce pays ».

Lui-même accusé de viol avant d’être chef de l’Etat, M. Zuma avait été acquitté par la justice de son pays en 2006.

Le Congrès national africain (ANC, au pouvoir) a qualifié la récente vague de faits divers d’actes « insensés et barbares » et l’Alliance démocratique (DA), le principal parti d’opposition, dénoncé une « faillite » et appelé à un « débat national ».

Jeuneafrique.com