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Canada: Un métro léger, la vision de l’avenir de Québec 21

juin 9, 2021

Le projet de réseau de transport structurant présenté ce matin par Québec 21 sera celui d’un métro léger souterrain.

La représentation d'un des véhicules automatiques légers sous-terrain électrique (VALSE) présenté par le parti Québec 21.

© Québec 21/ courtoisie La représentation d’un des véhicules automatiques légers sous-terrain électrique (VALSE) présenté par le parti Québec 21.

Appelé véhicule automatique léger souterrain électrique (VALSE), ce mode de transport collectif est la vision du futur du parti d’opposition à la ville de Québec.

La version Québec 21 du réseau de transport de la capitale s’articule autour de 13,5 kilomètres de métro en mode souterrain desservi par 17 stations, puis de 4,5 kilomètres de trambus ou voies réservées.La carte du projet VALSE

© /Québec 21 La carte du projet VALSE

Un réseau d’est en ouest

Québec 21 imagine un réseau composé de deux lignes de métro (verte et bleue) et un parcours de trambus vers Beauport (ligne rose). Le tunnel Québec-Lévis (en jaune), viendrait se greffer au projet sous la colline parlementaire et au jardin Jean-Paul-L’Allier.

Jean-François Gosselin précise que son métro léger a l’avantage de desservir l’Aquarium du Québec et les bureaux de Revenu Québec, sur la rue de Marly, dans le secteur de Sainte-Foy.

Le trambus circulerait pour sa part entre le pôle D’Estimauville et le centre-ville de Québec en empruntant l’autoroute Dufferin-Montmorency.

Cette proposition a pour principal bénéfice de raccourcir les temps de déplacements pour les gens de Beauport, mais écarte du réseau les résidents des secteurs des Maizerets et de Limoilou. Québec 21 n’écarte pas l’ajout d’un mode de transport lourd dans ces secteurs.

Selon Jean-François Gosselin, le choix de privilégier le métro et non le tramway dans la capitale représente un choix mieux adapté» au climat québécois. En plus, les rues de Québec ne seront pas éventrées ou éviscérées» pour assurer sa réalisation.

Plus rapide que le tramway

Le métro léger peut atteindre une vitesse commerciale de 50 km/h, ce qui est 2,5 fois plus rapide que le tramway, selon les données fournies par Québec 21.

Un exemple du métro léger et de son fonctionnement.

© /Courtoisie/Québec 21 Un exemple du métro léger et de son fonctionnement.

C’est un véhicule toutefois moins rapide que le métro de Montréal, par exemple.

S’il voit le jour, le métro léger serait également connecté aux quatre métrobus les plus achalandés de la capitale ainsi qu’à quatre parcours d’autobus parmi les plus populaires.

La station Marly serait située à l'une des extrémités du réseau.

© /Courtoisie/Québec 21 La station Marly serait située à l’une des extrémités du réseau.

Le projet respecterait le budget de 3,3 milliards de dollars établi par les deux ordres de gouvernement, d’après les données fournies par l’équipe de Jean-François Gosselin.

 C’est une vision qui tient compte du futur et qui se positionne pour les 100 prochaines années. Le VALSE fera l’envie des autres villes. Nous proposons aujourd’hui un premier jalon pour les générations futures, qui prendront leurs propres décisions le moment venu », soutient Jean-François Gosselin.

Les fonctionnaires pourraient bénéficier de la station de la colline Parlementaire.

© /Courtoisie/Québec 21 Les fonctionnaires pourraient bénéficier de la station de la colline Parlementaire.

Son cheval de bataille

Québec 21 a l’intention de faire de ce projet majeur son cheval de bataille en vue des prochaines élections municipales.

Jean-François Gosselin, chef de Québec 21

© Guillaume Croteau-Langevin/Radio-Canada Jean-François Gosselin, chef de Québec 21

« Ne vous faites pas berner »

Avant d’avoir pris connaissance du projet de l’opposition, le maire de Québec, Régis Labeaume, a déjà invité les électeurs à ne pas se laisser berner».

Le mensonge a ses limites», a tonné Régis Labeaume lors de la séance du conseil municipal de lundi soir.

Radio-Canada par Alain Rochefort avec les informations d’Olivier Lemieux

Avant le G7, Macron donne sa vision du monde

août 21, 2019

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ERIC GAILLARD/AFP

Pour sa rentrée politique et à deux jours de l’ouverture officielle du G7, le chef de l’État s’est longuement exprimé mercredi sur les sujets nationaux et internationaux en cours lors d’une conférence de presse.

Emmanuel Macron soigne sa rentrée. Surpris en 2017 par une baisse brutale de sa popularité, désarçonné en 2018 par les démissions successives de ses ministres Nicolas Hulot et Gérard Colomb, le président de la République prend cette fois les choses en main. À deux jours de l’ouverture officielle du G7 de Biarritz et après avoir présidé un conseil des ministres de rentrée consacré aux réformes à venir, le chef de l’État a répondu pendant plus de deux heures aux questions des journalistes de l’Association de la presse présidentielle. Pas d’enregistrement, pas de photos, pas de vidéos, interdiction de twitter durant l’échange pour faciliter la fluidité des échanges initialement consacrés au G7 et aux questions internationales. Mais Emmanuel Macron s’est aussi longuement exprimé sur les sujets nationaux, de la crise des «Gilets jaunes» à l’état de sa majorité en passant par les accusations de violences adressées aux forces de l’ordre. Revue de détail des déclarations du chef de l’État.

La toile de fond du G7

«Nous vivons une période absolument historique de l’ordre international qui est le nôtre. Nous vivons une crise très profonde des démocraties qui est une crise à la fois de représentativité, d’efficacité face aux grandes peurs contemporaines: peur climatique, peur technologique, peur migratoire. Ce sont ces grands phénomènes contemporains qui dépassent largement le cadre national. Ils supposent de nouveaux modes de coopération mais aussi une réponse efficace que l’on a parfois du mal aujourd’hui à apporter (…) Le moment que nous vivons, sans doute depuis le XVIIIe siècle, est peut-être en train de s’effacer. L’ordre international, c’était l’occident qui le décidait. (…) Cette hégémonie occidentale est profondément remise en cause.»

Concernant l’issue du sommet du G7 à Biarritz, le chef de l’État a précisé qu’il n’y aurait pas de communiqué final «pré-négocié» afin d’éviter des «zooms» sur les désaccords: «Personne ne lit les communiqués, il faut être honnête (…) Les communiqués, aucun des dirigeants ne les discute avant. Ce sont des chicaillas de bureaucrates. Les communiqués reflètent les positions profondes de la bureaucratie française face à la bureaucratie américaine et autres… Le rôle des dirigeants, c’est de prendre des risques par rapport à leurs positions historiques, de prendre des libertés, de décider et de donner des instructions à leurs administrations. Je ne veux pas être l’otage de gens qui négocient des communiqués pour moi.»

La France dans le monde

«La France a un rôle dans ce cadre qui est lié à son histoire, à son statut, qui est celui d’être cette puissance d’équilibre. Nous ne sommes pas un pays aligné. Ça n’est pas notre tempérament. Quand bien même nous avons des alliés, nous devons préserver et redéfinir notre capacité à parler à tout le monde (…)»

«En Europe, on repèse depuis deux ans. On repèse dans les choix qui sont faits. On repèse dans les orientations qui sont données. Parce qu’on a aussi montré qu’on bougeait les choses sur nous-mêmes. Que des choses qui paraissaient impensables dans le secteur des transports, du travail… on savait les bouger. On retrouve du crédit. Et moi je peux demander à l’Europe qu’elle bouge, sur les travailleurs détachés, sur un budget de la zone euro, sur la défense…»

Le Brexit

Emmanuel Macron a indiqué qu’il allait demander jeudi à Boris Johnson, lors de leur entretien à Paris, des «clarifications» concernant la renégociation voulue par le Premier ministre britannique: «S’il n’y a aucun fait nouveau politique, je ne vois pas pourquoi on donnerait des délais. Des délais ne sauraient être accordés que si les Britanniques reviennent en disant: «Nous allons faire de nouvelles élections générales» (…) ou «On fait un référendum sur cet accord négocié». Il y a une deuxième possibilité qui n’a pas ma préférence: un Brexit dur. Il n’y aurait pas d’accord sur un texte qui a été négocié et porté par le gouvernement britannique pendant deux ans (…) Ce serait la responsabilité du gouvernement britannique. Il y a une troisième option qui est proposée par les Britanniques et que nous ne saurions accepter qui est de renégocier l’accord de séparation (…) Cette renégociation dans les termes proposés par les Britanniques n’est pas une option qui existe.»

«J’attends des clarifications de la part du gouvernement britannique et de Monsieur Johnson. Même si on allait vers un Brexit dur, il y a des fondamentaux qui avaient été négociés sur la liberté de circulation des personnes et des garanties apportées qui ne permettent pas de mettre en œuvre ce qu’a annoncé Boris Johnson (…) L’esprit de sérieux doit prédominer et il suppose des clarifications».

La crise politique en Italie

«L’Italie est un pays ami et un grand peuple dont le destin est profondément européen. Il mérite un gouvernement et des dirigeants qui sont à cette hauteur (…) La leçon italienne c’est que quand on s’allie à l’extrême droite, à la fin c’est toujours l’extrême droite qui gagne».

La Russie

«le dialogue stratégique avec la Russie est fondamental (…) Ne pas parler à la Russie c’est une erreur. C’est un membre permanent du conseil de sécurité. C’est un acteur incontournable des grandes crises (Syrie, iran). C’est une puissance géographique avec laquelle nous devons faire (…) La Russie est en Europe. Si on ne sait pas s’entendre avec la Russie, comment bâtir une vraie souveraineté européenne?»

«Il est pertinent qu’à terme la Russie puisse rejoindre le G8» dont elle a été exclue en 2014 après l’invasion de la Crimée, a estimé Emmanuel Macron. «Le divorce a été acté au moment de l’invasion de l’Ukraine. La condition préalable indispensable» à une réadmission de Moscou «est qu’une solution soit trouvée en lien avec l’Ukraine sur la base des accords de Minsk», a-t-il ajouté. Concernant l’Ukraine, «je souhaite que nous puissions avancer sur une réunion des chefs d’État et de gouvernement en format Normandie (Russie, Ukraine, Allemagne, France) dans les prochaines semaines (…) Ma volonté c’est de pouvoir réunir un nouveau sommet à Paris dans les prochaines semaines. Les conditions sont prêtes.»

La crise iranienne

«On doit avoir une discussion au sommet sur comment on gère le dossier iranien, on a des vrais désaccords au sein du G7: trois puissances européennes et le Japon qui ont une position assez claire, un rapport avec l’Iran totalement assumé, et les Américains (…) qui ont décidé de changer totalement de ligne» et ont dénoncé l’accord de 2015 sur le nucléaire. Emmanuel Macron a précisé qu’il aurait «avant le G7, une réunion avec les Iraniens pour essayer de proposer des choses», sans plus détails. Il va s’entretenir vendredi à Paris avec le ministre iranien des Affaires étrangères Mohammad Javad Zarif, selon l’agence officielle iranienne Irna.

Relance budgétaire et politique monétaire

Emmanuel Macron souhaite que les dirigeants du G7 discutent d’une relance budgétaire pour soutenir l’économie fragilisée, notamment en Allemagne, où le sujet est un tabou politique. «On doit se poser la question pour les pays qui en ont la capacité, de la pertinence d’une relance budgétaire, c’est un sujet qui est posé à l’Europe, à la France (…), à l’Allemagne», a déclaré M. Macron, en référence aux réticences de Berlin à utiliser ses excédents budgétaires, alors même que son économie risque la récession.

Il a également estimé que les politiques de baisse des taux des grandes banques centrales avaient atteint leurs limites, en référence à Donald Trump qui souhaite que la Fed baisse ses taux directeurs.

La taxe Gafa

Le président français, qui compte défendre au G7 une taxation mondiale des géants du numérique (GAFA), a dénoncé un système «fou» qui laisse des acteurs mondiaux avoir «un statut de paradis fiscal permanent». «Il y a déjà dix États européens qui l’ont fait. Il se trouve que cela se voit peut-être plus en France et que beaucoup de mes camarades renvoient vers moi. En tout cas c’est ce que m’a dit le président Trump: «Ils me disent tous que c’est toi». J’assume. Quand on a un acteur numérique qui est dans l’hôtellerie et qui ne paye ni la TVA ni quelque impôt que ce soit et qui vient concurrencer un hôtelier qui paye l’impôt sur les sociétés, la TVA et les différentes taxes locales, ce n’est pas juste et ce n’est pas soutenable.»

Le gouvernement

Arrivé au mitan de son quinquennat, Emmanuel Macron a dit mercredi son souhait de changer de méthode pour être mieux compris des Français, sans forcément changer la composition du gouvernement. «Si je pensais qu’il fallait réorganiser le gouvernement pour porter cet agenda (l’Acte II), je l’aurais fait en avril.»

Il a dit sa «confiance» dans le gouvernement et la majorité: «Ils ont une action responsable, efficace. Ils font des erreurs, on en fait comme tout le monde», a-t-il dit. «Mais ce n’est pas parce qu’on fait des erreurs qu’on a tout mal fait et qu’ensuite il faut changer de stratégie au bout de deux ans.»

«Avoir une majorité claire ne nuit pas pour mener les réformes importantes. Et le gouvernement, de par la Constitution, c’est moi qui le choisis. Les conditions institutionnelles pour mener des réformes ambitieuses en France, comme nous avons à faire en matière de retraites, de PMA… sont réunies.»

La sécurité intérieure

Emmanuel Macron a jugé mercredi qu’il faudrait probablement revoir les méthodes des forces de l’ordre afin de tirer les leçons notamment du mouvement des «Gilets jaunes», qui a donné lieu selon lui à des «blessures inacceptables» tant chez les policiers que chez les manifestants.

«Notre pays a vécu des moments de violence inédits ces derniers mois. Nous avons mobilisé les forces de l’ordre de manière inédite, mais de manière assumée. Elles sont intervenues avec un professionnalisme que je veux saluer. Face à ce degré de violence, nous n’avons pas de victimes à déplorer des forces de l’ordre dans le cadre des «Gilets jaunes». Il y a ce sujet de Nantes où une enquête est menée par la justice en toute indépendance (…) Je me dois aussi de regarder les blessures inacceptables qu’il y a eues, les mutilations, du côté des forces de l’ordre comme du côté de nos concitoyens. Là-dessus, j’ai demandé qu’un bilan soit fait. J’ai entendu aussi le compte rendu fait par le défenseur des droits. Je recevrai les spécialistes et médecins qui ont lancé un appel et m’ont contacté sur ce point.»

Le Figaro.fr par François -Xavier Bourmaud

Monica Bellucci en couple avec un homme de 20 ns ? Son étonnante réponse

juillet 7, 2018

L’actrice italienne s’est confiée au magazine Elle

 

Cette semaine, Monica Bellucci fait la couverture du magazine Elle, auquel elle a accordé un long entretien. Elle revient, entre autres, sur sa vision du couple et de l’amour, se confiant notamment sur son incapacité à être en couple avec un homme beaucoup plus jeune qu’elle.

C’est à Lisbonne, où elle a acheté un appartement en 2016 dans le quartier du Bairro do Castelo, que l’actrice italienne a reçu l’équipe du magazine. Une ville pittoresque qui correspond, comme elle aime le dire, à sa “personnalité de gamine venue d’Ombrie qui a fait dix fois le tour du monde”.

Divorcée de Vincent Cassel depuis 2013, Monica Bellucci n’a pas tiré une croix sur l’amour. À 53 ans, l’ancienne James Bond Girl a simplement “envie de douceur et de paix”, confie-t-elle. Même si elle avoue qu’une autre partie d’elle “est encore passionnelle et sulfureuse. Sinon c’est la mort”. Sulfureuse au point de se mettre en couple avec un jeune homme de 20 ans, imitant ainsi son ex-mari qui partage la vie de la mannequin Tina Kunakey âgée de 21 ans ?

Loin de là : “je le regarderai comme fils. Il faut différencier la pulsion et la manière dont on la gère. Sinon nous ne sommes que des animaux”, explique-t-elle. Vincent Cassel appréciera même si Monica Bellucci affirme par la suite “ne porter aucun jugement moral” car “l’amour n’a pas de codes”. D’ailleurs, elle affirme ne jamais envisager “les jolies jeunes femmes” comme “des rivales”. “Au contraire, j’éprouve pour elles une infinie tendresse, je pense à mes filles et au long chemin qu’il leur reste à parcourir”. Pour l’actrice, “l’âge n’est pas une maladie, ni la fin de quoi que soit, c’est simplement la continuité d’une féminité qui s’exprime différemment”. Et le moins que l’on puisse dire, c’est que la sienne fait toujours des ravages.

Mais aujourd’hui, la voluptueuse brune, qui aurait retrouvé l’amour, préfère prendre de “la distance”. “Le feu est encore là mais il peut peut-être brûler ailleurs… Je pourrai m’enflammer pour un film ou pour un homme comme à 20 ans mais encore faut-il tomber sur le bon scénario” confesse-t-elle tout en discrétion.

Gala.fr par Maeva Demougeot

RDC – Mokonda Bonza: « Beaucoup d’opposants, peu de vision politique »

janvier 5, 2018

 

Le sénateur congolais Mokonda Bonza, leader de la Convention des chrétiens démocrates (CDC) et ancien directeur de cabinet de Mobutu, le 15 décembre 2017 à Paris. © Vincent Fournier/J.A.

Au moment où l’Église catholique congolaise semble avoir pris le relais de la contestation anti-Kabila, le sénateur Florentin Mokonda Bonza, ancien directeur de cabinet de Mobutu, pose son diagnostic de la classe politique de la RDC. Sans fard ni artifice.

À Kinshasa, tout le monde connaît son franc-parler. Lors de son récent passage à Paris pour des « contacts d’ordre privé », le sénateur congolais Florentin Mokonda Bonza n’a pas non plus retenu ses coups lorsqu’il est revenu pour Jeune Afrique sur la crise politique qui perdure en RDC : opposants ou membres de la coalition au pouvoir, l’ancien directeur du cabinet du président Mobutu Sese Seko n’a épargné personne.

Des pourparlers successifs n’ont pas permis au pays de se tirer de l’impasse politique due, principalement, à la non organisation des élections dans les délais constitutionnels en 2016. Inversement, beaucoup d’acteurs politiques, dans les deux camps, y ont laissé leur crédibilité.

En conséquence, d’un côté, l’opposition peine de plus en plus à mobiliser la rue, de l’autre, la coalition au pouvoir ne parvient pas à convaincre les citoyens de sa bonne foi. C’est finalement l’Église catholique, à travers un Comité laïc de coordination lancé en novembre et adoubé par le cardinal Laurent Monsengwo, archevêque de Kinshasa, qui se met débout pour exiger l’application du compromis politique signé le 31 décembre 2016.

Oui, il faut que Kabila parte, mais qu’est-ce que vous faites après ?

Jeune Afrique : L’opposition congolaise est-elle encore aujourd’hui à la hauteur des enjeux ?

Mokonda Bonza : En RDC, nous créons des partis, mais nous n’avons pas des programmes. C’ est le grand problème de la classe politique congolaise. Beaucoup d’opposants, peu de vision politique. Trop souvent, des formations politiques naissent avec le seul espoir de participer au partage de pouvoir à l’issue des pourparlers et autres négociations. C’est en effet de cette manière qu’on devient membre du gouvernement ou du conseil d’administration d’une entreprise publique en RDC.

Nous avons des problèmes sérieux au sein de l’opposition. Nous sommes tous des opposants certes, mais rares sont ceux qui détiennent un projet de société, un programme. Beaucoup d’entre nous se contentent de clamer « Kabila doit partir! ». Comme ce fut déjà le cas à l’époque de Mobutu. Oui, il faut que Kabila parte, mais qu’est-ce que vous faites après ? Trop peu poussent la réflexion ou la stratégie jusqu’à ce niveau.

Quelle marge de manœuvre reste-t-elle à l’opposition congolaise ?

Nous qui nous réclamons de l’opposition, nous avons le devoir de nous unir. Nous mettre ensemble pour faire pression sur le pouvoir, pour que la Constitution soit respectée et que des élections soient réellement organisées. Il n’est pas forcément nécessaire de créer un méga regroupement. L’essentiel, c’est de parler d’un même langage et poursuivre les mêmes objectifs.

Il y a quelques efforts dans ce sens, mais nous devons les poursuivre. Moi-même, en septembre déjà, je lançais un appel pour l’unité de l’opposition. Je reste convaincu que la lutte pour une vraie alternance démocratique en RDC requiert la mise en commun des énergies de toutes les forces politiques et sociales, sans exclusive.

Des électeurs congolais attendent de voter, lors de la présidentielle de 2011 à Kinshasa. © JEROME DELAY/AP/SIPA

L’objectif poursuivi par le camp de Kabila est celui de parvenir à créer un parti unique

Pour des élections législatives à venir, il faudra désormais atteindre ou dépasser 1 % du nombre total de suffrages valablement exprimés pour qu’une liste de partis ou de regroupements politiques puisse espérer obtenir une part de la répartition des sièges. Pourquoi ce « seuil de représentativité » continue-t-il à diviser la classe politique ?

Cette innovation divise parce qu’elle vient changer les règles du jeu au moment d’aller aux élections. Et ce n’est pas la première fois. En 2011, le président Joseph Kabila avait déjà utilisé sa majorité au Parlement pour modifier la Constitution, faisant passer le scrutin présidentiel de deux à un tour.

Faut-il aussi rappeler que c’est bien un avant-projet de loi que le gouvernement avait déposé à l’Assemblée nationale alors qu’il devait présenter un projet de loi débattu et adopté en conseil des ministres.

De fait, avec l’introduction de ce seuil de représentativité, l’objectif poursuivi par le camp de Kabila est celui de parvenir à créer un parti unique. Et c’est dans ce même esprit que la majorité au pouvoir tente d’imposer des machines à voter pour les prochaines élections. Dans un pays où beaucoup, dans des villages, ne savent pas utiliser des Smartphones…

Joseph Kabila, président de la RDC, à la tribune des Nations unies le 23 septembre 2017 © Craig Ruttle/AP/SIPA

Je ne crois pas à la tenue des élections en décembre 2018. Joseph Kabila n’inspire pas confiance

Dans le camp du président Kabila, on rétorque que c’est un procès d’intention…

C’est ce qu’il a toujours dit. On finit toujours par se rendre compte que ce n’est pas un procès d’intention mais que l’intention est bien réelle. Tenez, bien avant décembre 2016, nous soupçonnions déjà le pouvoir de ne pas vouloir organiser les élections. Il rétorquait : « Procès d’intention. » Plus d’une année plus tard, les scrutins ne sont toujours pas organisés.

Autrement dit, vous ne croyez pas non plus à la volonté du pouvoir de conduire le pays aux élections d’ici décembre 2018, comme prévu dans le calendrier électoral…

Je ne crois pas à la tenue des élections en décembre 2018. La raison est simple : Joseph Kabila n’inspire pas confiance. Or c’est lui le vrai maître du jeu. J’aurais bien voulu croire à l’organisation des élections cette année, mais compte tenu de ce que nous avons vécu dans le passé, je n’y crois pas. La stratégie de Kabila consiste à faire traîner les choses en longueur et d’empêcher ainsi la tenue des scrutins.

Aujourd’hui, le régime, avec un budget de quelque 4 ou 5 milliards de dollars, prétend pouvoir financer seul les élections dont le coût est estimé à 432 millions de dollars par la Commission électorale nationale indépendante (Ceni).

Va-t-il réellement concentrer 10 % de ce budget à l’organisation des scrutins prévus en décembre ? Je n’y crois pas. Il est certain qu’arrivera un moment où le gouvernement dira qu’il n’a pas pu mobiliser les moyens financiers nécessaires. D’ailleurs le ministre du Budget l’avait déjà laissé entendre il y a quelques mois.

Si la présidentielle se tient en décembre, serez-vous candidat comme lors de la présidentielle de 2006 ?

C’est envisageable. Pour l’instant, rien n’est encore décidé. Une élection se prépare. Il faut d’abord réunir les moyens et mobiliser les compatriotes autour d’un programme. Cette vue d’ensemble est nécessaire avant de se décider de se jeter à l’eau, ou pas.

L’hypothèse de s’aligner derrière un autre candidat serait-elle aussi envisageable ?

« Il ne faut pas dire, fontaine, je ne boirai pas de ton eau. » Au niveau de mon parti, la Convention des démocrates chrétiens (CDC) et de la la plateforme Nouvelle initiative pour le Congo (NIC) que je dirige, nous ne pouvons soutenir un candidat que s’il a une vision politique, un programme.

Nous, à la NIC, nous avons un programme mis sur la place publique depuis avril 2016. Et nous avons une vision pour reconstruire le Congo.

Jeuneafrique.com par Trésor Kibangula