Posts Tagged ‘Vital Kamerhe’

RDC : vers une évacuation sanitaire de Vital Kamerhe ?

novembre 25, 2020
Vital Kamerhe, le 11 novembre 2018 à Genève.

Le gouvernement évalue la possibilité d’évacuer à l’étranger l’ancien directeur de cabinet du président Félix Tshisekedi. Condamné à 20 ans de prison pour détournement de fonds publics et corruption aggravée, Vital Kamerhe est actuellement soigné au centre hospitalier Nganda.

La santé de Vital Kamerhe, emprisonné depuis bientôt huit mois, s’est détériorée ces deux derniers jours. Au point que, pour la première fois, un membre de l’exécutif a évoqué son état. « Nous venons de voir M. Kamerhe, il n’est pas dans une situation très confortable », a alerté Bernard Takaïshe, vice-ministre de la Justice et membre de l’Union pour la démocratie et le progrès social (UDPS, le parti de Félix Tshisekedi), après avoir rendu visite à l’ancien président de l’Assemblée nationale au centre hospitalier Nganda, à Kinshasa.

Évacuation « si nécessaire »

« Il est sérieusement malade, et ça nécessite qu’il puisse bénéficier de soins appropriés pour que sa situation s’améliore. Sinon, ça risque d’être une catastrophe, a-t-il mis en garde. Nous allons devoir étudier les choix possibles. S’il est nécessaire de le faire évacuer, on n’hésitera pas, compte tenu de son état de santé ».

Le parti de Vital Kamerhe, l’Union pour la nation congolaise (UNC), n’a pas souhaité commenté ces déclarations. Le secrétaire général du parti, Aimé Boji, a cependant insisté pour que les autorités agissent « vite ».

Victime de plusieurs malaises alors qu’il était en cellule à la prison centrale de Makala, Vital Kamerhe a été admis le 23 août au centre hospitalier Nganda. Dans un rapport du 20 avril auquel Jeune Afrique a eu accès, les soignants de la clinique Médecins de nuit, qui ont examiné Kamerhe après sa mise en détention, le 8 avril, ont noté que leur patient, « tabagique » depuis une trentaine d’années, devait être classé dans la catégorie des personnes à risque très élevé face au Covid-19.

Ils y précisent notamment que Vital Kamerhe souffre d’une forme grave d’hypertension artérielle : la cardiopathie hypertensive. Celle-ci vient s’ajouter à une maladie respiratoire chronique, un « esyndrome post-phlébitique unilatéral du membre inférieur gauche », des « palpitations non tolérées » et un « syndrome vertigineux » que les soignants conseillent d’« investiguer ».

En attente du procès en appel

Vital Kamerhe, qui est toujours formellement le directeur de cabinet du chef de l’État congolais – Désiré-Cashmir Kolongele Eberande est directeur de cabinet intérimaire – a été condamné à 20 ans de travaux forcés et 10 ans d’inégibilité pour détournement de fonds publics et corruption aggravée par le tribunal de grande instance de Kinshasa-Gombe, en juin dernier.

Avec son coaccusé, l’entrepreneur libanais Samih Jammal, Vital Kamerhe a été reconnu coupable du détournement de près de 50 millions de dollars destinés au financement de maisons préfabriquées prévu dans le programme d’urgence des 100 jours lancé par le chef de l’État après son investiture début 2019. Son procès en appel devait s’ouvrir le 2 octobre, mais le dossier a été renvoyé sine die, le temps que soit tranché un recours devant la Cour de cassation.

Avec Jeune Afrique par Stanis Bujakera Tshiamal

Consultations en RDC : quel rôle jouera l’UNC de Vital Kamerhe ?

novembre 5, 2020
Vital Kamerhe au Palais de la Nation, à Kinshasa, le 18 février 2020.

Alors que débutent cette semaine les consultations voulues par Félix Tshisekedi, qui tente de former une nouvelle majorité, le parti de Vital Kamerhe, discret ces derniers mois, semble dans l’impasse.

À l’intérieur de la petite cour jouxtant le siège de l’Union pour la nation Congolaise (UNC), situé dans la commune de Barumbu, on pourrait croire que le temps s’est arrêté. Derrière un SUV, quelques chaises en plastique empilées contre un mur et une grande affiche sur laquelle Vital Kamerhe apparaît au pupitre, l’air convaincu. « Tous pour un procès juste, équitable, transparent et retransmis en direct qui débute ce lundi 11 mai », peut-on y lire.PUBLICITÉ

L’endroit semble figé depuis le 20 juin, jour de la condamnation de Vital Kamerhe à vingt ans de prison pour « corruption » et « détournement de deniers publiques ». Le procès en appel de celui qui était considéré comme le principal partenaire politique de Félix Tshisekedi n’a toujours pas eu lieu. Kamerhe, pourtant très actif au début de sa détention, et l’UNC semblent désormais bien en retrait de la bouillonnante arène politique kinoise.

Incertitude politique

Vital Kamerhe, devant les juges à la prison de Makala, le 20 juin 2020

En ce mardi d’octobre, l’un des deux jours dédiés chaque semaine aux échanges avec les militants et les membres de l’UNC, la tension au sein de la coalition au pouvoir n’a pas encore atteint son paroxysme et les consultations nationales voulues par le chef de l’État ne sont pas encore d’actualité.

Lorsqu’il nous reçoit dans son bureau, stores baissés, Aime Boji, secrétaire général par intérim du parti, a pourtant la mine des mauvais jours. Depuis l’incarcération de Vital Kamerhe, ils sont nombreux à regretter que l’UNC soit cantonné à un simple rôle d’observateur.

Ces derniers mois, de la commission électorale à la Cour constitutionnelle, les sujet de controverse ont été nombreux, mais l’UNC s’est montrée étonnamment discrète, laissant ses alliés de l’Union pour la démocratie et le progrès social (UDPS de Félix Tshisekedi) occuper le devant de la scène. « Le malaise plane et continuera de planer tant que Vital Kamerhe sera dans cette situation », reconnaît un cadre de l’UDPS, pour qui l’UNC reste néanmoins « un partenaire fiable ».

En cette période d’incertitude politique, alors que le chef de l’État est à la recherche d’une nouvelle majorité pour tenter d’inverser le rapport de force avec le Front commun pour le Congo (FCC) et qu’il a entrepris de consulter Jean-Pierre Bemba et Moïse Katumbi, quel rôle pourront donc jouer l’UNC et Kamerhe ?

L’UDPS NOUS NÉGLIGE ET NOUS PREND POUR ACQUIS

Dans l’entourage de Félix Tshisekedi, le discours se veut plutôt rassurant. « On ne peut pas dire que l’on souhaite ratisser large et en même temps se priver des 16 députés de l’UNC. Il n’y a aucune ambiguïté dans notre positionnement : ce parti est et restera notre allié », explique un conseiller du président. « Ils ont autant besoin de nous que nous avons besoin d’eux », confirme Aimé Boji.

Amertume et défiance

Il n’empêche, l’amertume est palpable. « L’UDPS nous néglige, fustige un député de l’UNC. Nos alliés nous prennent pour acquis.” Et si, sur le papier, l’UNC et ses seize députés restent des « partenaires fidèles », ils assument une attitude de retrait. Alors que le FCC de Joseph Kabila et l’UDPS se livrent, depuis plusieurs mois, à une inquiétante surenchère, le parti de Kamerhe a appelé ses membres à « s’abstenir de communiquer des positions unilatérales » sur la situation politique après l’annonce des consultations politiques.

Prudence ou défiance ? « On est un peu déconnectés de ce qui se passe, regrette un haut cadre de l’UNC. L’idée même de lancer des consultations n’a pas été évoquée en amont avec nous. » Le projet de restructuration de Cap pour le changement (Cach), qui regroupe l’UDPS et l’UNC mais qui est toujours une simple plateforme électorale, semble également au point mort.

« L’UNC a formulé une proposition de structure, mais il n’y a pas eu de suite pour l’instant », affirme Aimé Boji. « Nous n’avons pas renoncé, mais pour le moment, l’attention doit se porter sur les consultations menées par le chef de l’État », rétorque un cadre de l’UDPS.

Avant de trancher sur la position qui devra être celle de son parti, Vital Kamerhe attend surtout d’être fixé sur son propre avenir judiciaire. Selon certains proches, l’ancien directeur de cabinet de Tshisekedi résiderait actuellement dans un appartement VIP du Centre hospitalier Nganda, à Kinshasa. C’est là qu’il a été admis, le 23 août dernier, après une évacuation sanitaire de la prison de Makala. Ont pour le moment accès à lui sa femme, Hamida Shatur, ses enfants et une poignée de collaborateurs.

Report sine die

Après trois reports successifs, le procès en appel de l’« affaire des 100 jours » devait s’ouvrir le 2 octobre. Mais l’audience n’a finalement duré que quelques minutes, et le dossier a de nouveau été renvoyé sine die, le temps que soit tranché un recours devant la Cour de cassation.

Le dossier n’en continue pas moins d’avancer. Le 27 octobre, le vice-Premier ministre en charge du Budget, Jean-Baudouin Mayo, a ainsi confirmé l’existence de maisons préfabriquées prévues dans le programme des 100 jours – les conteneurs sont actuellement bloqués dans plusieurs ports. Une commission d’experts doit être mise en place pour faire un rapport sur cette question.

Ce point n’est pas anodin pour Kamerhe et son co-accusé, l’homme d’affaires libanais Samih Jammal, patron des sociétés Samibo et Husmal, chargées de la livraison des préfabriquées. Tous deux ont en effet été reconnus coupables d’avoir détourné l’argent destiné à l’achat des maisons, ce que leurs avocats contestaient, assurant que les cargaisons étaient simplement bloquées. Lui aussi condamné à vingt ans de prison, Jammal a été transféré, le 19 octobre, dans une clinique de Kinshasa pour raisons médicales – ses avocats affirment qu’une tuberculose lui a été diagnostiquée.

Selon des documents que Jeune Afrique a pu consulter, la nouvelle équipe de défense de Samih Jammal a obtenu plusieurs constats d’huissiers, entre le 30 juillet et le 24 septembre, qui attestent de la présence de ces conteneurs dans différents ports en RDC, en Angola et en Tanzanie. Pour l’avocate française Jacqueline Laffont, la reconnaissance de l’existence de ces préfabriqués est un pas dans la bonne direction pour son client – et par extension pour Vital Kamerhe. « C’est une forme de reconnaissance sur un point sur lequel nous alertons depuis le début. Nous sommes en train de nous signaler auprès de cette commission d’experts. On a l’impression que l’enquête ne se fait que maintenant. »

Tant que les choses ne bougeront pas sur le front judiciaire, le parti de Kamerhe semble condamner à l’attentisme. « Tant que ça ne sera pas tranché, nous aurons du mal à anticiper la suite », résume un cadre de l’UNC.

Avec Jeune Afrique par Romain Gras

RDC : Hamida Chatur Kamerhe « invitée » à se présenter devant le parquet général

juin 26, 2020

Hamida Chatur, l'épouse de Vital Kamerhe, lors de l'annonce des résultats de la présidentielle congolaise, le 10 janvier 2019.

Hamida Chatur, l’épouse de Vital Kamerhe, lors de l’annonce des résultats de la présidentielle congolaise, le 10 janvier 2019. © Trésor Kibangula/JA

 

L’épouse de Vital Kamerhe, l’ancien directeur de cabinet du président Tshisekedi, est à son tour « invitée » à se présenter devant le parquet général près la cour d’appel de Kinshasa-Matete, ce vendredi 26 juin en début d’après-midi.

Hamida Chatur, l’épouse de Vital Kamerhe, l’ancien directeur de cabinet de Félix Tshisekedi condamné le 20 juin à vingt ans de travaux forcés pour détournement de fonds, est « invitée » à se présenter, ce vendredi 26 juin à 14 heures, devant le parquet général près la cour d’appel de Kinshasa-Matete.

Instruction judiciaire

Elle en a été officiellement informée en des termes polis mais sans équivoque par un courrier daté du 24 juin et signé de la main de l’avocat général, Jean Placide M’Bombola. Il ne précise pas les motifs de cette « invitation », mais mentionne « une instruction judiciaire ».

Selon nos informations, elle ne compte pas s’y rendre en personne mais se fera représenter par son avocat.

Achats immobiliers

Pourquoi la justice congolaise s’intéresse-t-elle à Hamida Chatur Kamerhe ? Aucune réponse officielle n’a pour l’instant été apportée à cette question mais, selon nos sources, elle va notamment devoir s’expliquer sur des achats immobiliers effectués avec son époux depuis leur mariage, en février 2019 – un sujet à propos duquel elle avait été interrogée lors du procès de son mari.

Le Parquet soupçonne le couple de s’être enrichi de manière illicite, grâce à des fonds initialement alloués au programme d’urgence dit des Cent jours, lancé par le président Tshisekedi quelques semaines après son arrivée au pouvoir, début 2019. 

Procédure historique

Le 20 juin dernier, au terme d’un mois d’une procédure historique retransmise en direct à la RTNC, Vital Kamerhe a lui-même été reconnu coupable du détournement de près de 50 millions de dollars et de corruption. Il a été condamné à une peine de vingt ans de travaux forcés, assortie de dix ans d’inéligibilité.

Ce jour-là, la justice a aussi ordonné la confiscation des fonds placés sur les comptes de sa femme, ainsi que sur ceux de la fille de cette dernière, Soraya Mpiana, née d’une précédente union, et enfin sur ceux de Daniel Shangalume Nkingi, l’un de ses cousins.

Le signe d’un acharnement contre la famille Kamerhe

Ses avocats et les cadres de l’Union pour la nation congolaise (UNC, le parti de Vital Kamerhe) voient dans cette « invitation » adressée à Hamida Chatur le signe d’un acharnement contre la famille Kamerhe. Selon plusieurs de ses proches, l’ancien directeur de cabinet, incarcéré à la prison de Makala, a été « furieux » d’apprendre que la justice s’intéressait à son épouse.

Pour Vital Kamerhe, tout s’était accéléré le 8 avril dernier, quand le Parquet lui avait demandé de se présenter devant lui – dans des circonstances similaires à celles de son épouse aujourd’hui.

Avec Jeune Afrique par Stanis Bujakera Tsiamala – à Kinshasa

 

RDC: Autre vidéo sur les violences à Bukavu après la condamnation de Vital Kamerhe

juin 21, 2020

 

LEO NJO LEO SUD-KIVU: INCENDIE A BUKAVU

Publiée le 20 juin 2020

RDC: Le Kivu en feu à cause de la condamnation de Vital Kamerhe à 20 ans de prison ferme

juin 20, 2020

 

À dix jours du 30 juin, de la fête de l’indépendance nationale, de la République démocratique du Congo, après l’électricité dans l’air durant le procès de Vital Kamerhe, c’est maintenant le tour du feu dans l’atmosphère au KIVU.

Les images du Kivu des partisans en colère de Vital Kamerhe condamné à 20 ans de prison dans le procès des 100 jours.

 

Photo de BrazzaNews.
Photo de BrazzaNews.

Avec FKM Vision TV publiée le 20 juin 2020

RDC : Vital Kamerhe condamné à 20 ans de prison

juin 20, 2020

Vital Kamerhe, devant les juges à la prison de Makala, le 20 juin 2020

Vital Kamerhe, devant les juges à la prison de Makala, le 20 juin 2020 © Capture d’écran/RTNC

 

Vital Kamerhe a été condamné à 20 ans de prison et 10 ans d’inéligibilité pour « détournement de fonds » et « corruption ». Un verdict qui marque la fin d’une procédure hors norme et acte la mise à l’écart d’un rouage clé du pouvoir.

Après un mois d’une procédure historique, retransmise en direct à la RTNC entre le 11 mai et le 11 juin, le « procès des 100 jours » a livré son verdict. Accusé du détournement de plus de 50 millions de dollars destinés dans le cadre de la gestion du programme d’urgence des 100 jours, de blanchiment de capitaux et de corruption, Vital Kamerhe a été condamné à 20 ans de travaux forcés par le tribunal de grande instance de Kinshasa la Gombe. La peine de travaux forcés n’étant pas appliquée en RDC, elle équivaut à une peine de 20 ans de prison ferme.

Les juges l’ont aussi condamné à 10 ans d’inéligibilité, qui démarreront après exécution de la peine.

Ses co-accusés, l’homme d’affaires libanais Jammal Samih, patron d’Husmal et de Samibo, deux sociétés impliquées dans la construction de logements sociaux pour le programme des 100 jours, et Jeannot Muhima Ndoole, chargé du service import-export à la présidence de la République – qui était absent lors du prononcé du verdict – ont également été reconnus coupables des faits qui leur étaient reprochés. Jammal Samih a, comme Vital Kamerhe, écopé de 20 ans de prison et Jeannot Muhima Ndoole à 2 ans.

La justice a également ordonné la confiscation des fonds placés sur les comptes d’Hamida Shatur, Daniel Massaro et Soraya Mpiana ainsi que des propriétés immobilières acquises avec les fonds détournés.

Vers un appel de la défense

Après avoir rappelé le contexte qui a mené au procès, les juges ont d’abord rejeté les différentes exceptions de forme soulevées par la défense, avant de détailler leur jugement.

Concernant l’infraction de détournement, le tribunal a notamment reconnu dans son jugement que Jammal Samih « n’avait pas été en mesure de justifier la destination prise par la somme de 48,8 millions de dollars », montant issu des 57 millions de dollars décaissés par le trésor public en faveur de Samibo pour la construction de 1 500 logements sociaux prévus dans le programme des 100 jours.

Sur ce dossier, les juges ont estimé que l’homme d’affaires libanais n’aurait pas pu arriver à ses fins « s’il n’avait pas reçu une aide indispensable » de Vital Kamerhe, identifié par le tribunal comme « l’unique superviseur » de ce programme d’urgence.

À l’issue de son exposé, la justice a donc estimé que « la participation de Vital Kamerhe, en tant que co-auteur, à la commission de l’infraction du détournement de deniers publics ne fait l’ombre d’un moindre doute ». Vital Kamerhe, Jammal Samih et Jeannot Muhima Ndoole ont désormais la possibilité de faire appel.

« C’est une violation grave des droits de l’homme »

Vital Kamerhe, devant les juges à la prison de Makala, le 20 juin 2020
Vital Kamerhe, devant les juges à la prison de Makala, le 20 juin 2020 © RTNC

« Il s’agit d’une violation grave des droits de l’homme, de la procédure, et l’application malveillante des textes sélectionnés à dessein », a réagi Me Jean-Marie Kabengela Ilunga, l’un des avocats de Vital Kamerhe.

« Le jugement met dans le lien de condamnation l’épouse, les enfants des personnes qui ne sont pas parties au procès. Daniel Massaro attend son jugement, mais le juge est allé au-delà de sa saisine, pour pouvoir atteindre les personnes non concernées par le procès. C’est une violation grave des droits de l’homme », a-t-il ajouté, annonçant l’intention de la défense de faire appel.

Me Pierre-Olivier Sur, ancien bâtonnier de Paris qui défend aussi Vital Kamerhe, a annoncé qu’il exercera « toutes les voies de recours possibles : en République démocratique du Congo, devant les cours régionales africaines et devant les Nations Unies ». Pour rappel, Me Sur a saisi le 9 juin le groupe de travail de l’ONU sur la détention arbitraire.

« Nous sommes consternés et choqués, parce qu’on s’attendait à ce que les juges puissent tenir compte des éléments pertinents soulevés par les avocats. Nous constatons que le tribunal est même allé au-delà de la réquisition du ministère public », déplore auprès de Jeune Afrique Aimé Boji, secrétaire général de l’Union pour la nation congolaise (UNC) présidé par Kamerhe.

Dysfonctionnements

Au cours d’une série d’audiences marquées par la mort suspecte, dans la nuit du 26 au 27 mai, du juge Raphaël Yanyi, chargé de mener les premiers débats, les magistrats avaient tenté d’établir les responsabilités politiques dans l’élaboration du programme des 100 jours et dans la chaîne de décaissement des fonds qui lui étaient alloués.

Les auditions de nombreux membres de la commission des 100 jours ont permis de lever le voile sur les dysfonctionnements qui ont émaillé la mise en place de ce programme, dans sa conception comme dans son exécution. La majorité des participants ont ainsi souligné la responsabilité du directeur de cabinet de Félix Tshisekedi dans le choix des contrats et le processus de décaissement des fonds qui leur était destiné. Certains d’entre eux ont même assuré ne pas avoir été informés qu’il faisait parti de la commission de supervision.

Tout au long du procès, l’accusé, lui, n’a eu de cesse de clamer son innocence, rejetant la faute sur d’anciens ministres et affirmant à plusieurs reprises qu’il avait agi avec l’aval du chef de l’État.

« Ces auditions ont permis de confirmer qu’il y a eu de multiples violations de la loi. C’est un projet qui a été monté en dehors de la loi de finances de l’année en cours, qui a violé le cadre de la loi de la passation de marché, et qui n’a pas respecté la chaîne normale de décaissement des fonds », résume Florimond Muteba, président du conseil d’administration de l’ODEP (Observatoire de la dépense publique).

Précipitation

Le président Félix Tshisekedi aux côtés de Vital Kamerhe, le 23 novembre 2018.
Le président Félix Tshisekedi aux côtés de Vital Kamerhe, le 23 novembre 2018. © Ben Curtis/AP/SIPA

Le procès a notamment démontré le contexte particulier dans lequel a été lancé le programme en question, entre une population impatiente de voir des changements dans la gouvernance et un pouvoir tout juste élu, déterminé à marquer une rupture avec son prédécesseur, au risque de pécher par précipitation.

En effet, lorsque le contenu du « programme d’urgence des 100 jours » est annoncé le 2 mars 2019 par le président Tshisekedi, la RDC n’a ni Parlement ni gouvernement. Les équipes en place sont celles de Bruno Tshibala, dernier Premier ministre de Joseph Kabila, et elles se contentent d’expédier les affaires courantes.

La méfiance de Félix Tshisekedi et de son directeur de cabinet est grande, et justifie alors de passer par d’autres canaux pour mettre en place et financer son programme, comme le Fonds national d’entretien routier (Foner) et le Fonds de promotion de l’Industrie (FPI).

Une commission de suivi, composée notamment de conseillers de la présidence, sera mise sur pied mais n’entrera officiellement en fonction qu’en juin. Qu’il s’agisse du choix des projets concernés ou de celui des exécutants retenus, le contexte semble déjà propice à l’opacité.

Celle-ci sera très vite dénoncée par plusieurs organisations de la société civile, dont l’Odep, qui assurera dans l’un de ses rapports que 84,61 % des marchés compris dans le cadre du « programme des 100 jours » ont été passés sans appel d’offres. En dépit de nombreuses alertes, il faudra attendre début février 2020 pour qu’un audit soit lancé et une enquête ouverte. La mécanique judiciaire est alors enclenchée.

Rivalité
Vital Kamerhe, le controversé directeur de cabinet du président congolais Felix Tshisekedi, au Palais de la Nation, à Kinshasa, le 18 février 2020.
Vital Kamerhe, le controversé directeur de cabinet du président congolais Felix Tshisekedi, au Palais de la Nation, à Kinshasa, le 18 février 2020. © Caroline Thirion pour JA

Mais le procès a aussi mis en lumière des querelles internes dans les arcanes mêmes de la présidence entre les proches du chef de l’État et ceux de Vital Kamerhe.

Elle trouve son origine au lendemain des élections. La majorité parlementaire étant allée au camp Kabila, Kamerhe s’est rabattu sur le poste – en apparence bien plus modeste et sans ancrage constitutionnel – de directeur de cabinet.

Mais il a rapidement su en faire l’un des postes les plus stratégiques de ce début de mandat, éclipsant plusieurs conseillers et proches du président, et suscitant parfois des réticences. « Kamerhe est un allié, pas un ami, glissait ainsi un très proche du chef de l’État six mois après le début de son mandat. Nous avançons une main devant, une main derrière. »

Pourquoi une telle méfiance ? Peut-être parce qu’en trente ans de vie politique, Vital Kamerhe a toujours assumé une certaine liberté de mouvement au gré de ses ambitions.

Passé par une douzaine de cabinets ministériels sous Mobutu, avant de connaître une réelle ascension sous Kabila père puis fils, Kamerhe fut un rouage-clé du pouvoir du prédécesseur de Tshisekedi, avant de rompre avec lui en 2009. C’est le début alors d’une longue traversée du désert au côté d’une opposition qui le soupçonne de ne pas avoir rompu avec ses anciens amis de la majorité. Habitué des coups de poker, Kamerhe gagne son ticket pour un retour au cœur du pouvoir en s’associant à Tshisekedi en novembre 2018. La suite est connue.

A-t-il voulu brûler les étapes ? En 2009, un câble diplomatique de l’ambassadeur des États-Unis à Kinshasa attribuait à Kamerhe « une ambition aveugle de devenir un jour président [qui] altère son jugement. »

Dans les jours qui suivent son arrestation, le 8 avril dernier, une folle rumeur fait son chemin. Les semaines précédentes, Vital Kamerhe aurait sollicité le soutien des présidences angolaise, tanzanienne et brazzavilloise dans l’optique de la présidentielle de 2023.

Une information qui sera réfutée par nos sources au sein de deux de ces présidences. Kamerhe et ses proches n’ont, en tout cas, pas cessé de dénoncer une procédure « politique ». Reste à savoir désormais si pour cet homme passé maître dans l’art du rebond, cette condamnation signe son départ de l’arène politique congolaise.

Avec Jeune Afrique par Romain Gras et Stanis Bujakera Tshiamala

RDC : 20 ans de prison requis contre Vital Kamerhe

juin 12, 2020

Vital Kamerhe, directeur de cabinet du président Félix Tshisekedi.

Vital Kamerhe, directeur de cabinet du président Félix Tshisekedi. © Vincent Fournier/J.A.

Une peine de 20 ans de prison a été requise jeudi par la justice congolaise contre l’ancien président de l’Assemblée nationale Vital Kamerhe, allié politique et directeur de cabinet du président Félix Tshisekedi.

Vital Kamerhe, 61 ans, est le principal des trois accusés d’un procès sans précédent pour détournement et blanchiment présumés de quelque 50 millions de dollars d’argent public.

Le jugement sera rendu le 20 juin, a indiqué en soirée le président du tribunal de grande instance, au terme d’une cinquième audience retransmise en direct, très suivie par les Congolais.

Le procès se tient dans l’enceinte de la prison centrale de Kinshasa, où Vital Kamerhe est en détention préventive depuis le 8 avril. Comme ses deux co-accusés, il a clamé son innocence, dénonçant un « procès politique » et la « brutalité et l’acharnement » du tribunal contre lui. Le procureur avait demandé 20 ans de « travaux forcés » à son encontre, ainsi que dix ans de privation du droit de vote et d’éligibilité.

La même peine de 20 ans a été requise contre le premier de ses deux coaccusés, l’entrepreneur libanais Jammal Samih, 78 ans, dont plus de 50 au Congo.

Le Parquet a également demandé la « confiscation des fonds » bancaires de l’épouse de Vital Kamerhe, de la fille de celle-ci et d’un cousin de l’accusé, ainsi que « la confiscation des propriétés immobilières acquises avec les fonds détournés pendant la période allant de janvier 2019 à ce jour ».

Dans la plaidoirie de la partie civile, un avocat de la République démocratique du Congo (RDC) a affirmé que le couple, qui s’est marié en février 2019, avait acquis et rénové un hôtel particulier en France pour plus d’un million d’euros.

« La vraie justice viendra de Dieu »

« C’est comme si vraiment on voulait abattre toute la famille », s’est défendu Vital Kamerhe, en parlant d’une maison « à 45 minutes de Paris ». « La vraie justice viendra de Dieu, quand les juges humains s’écartent de la vraie justice », a-t-il ajouté, affirmant avoir prévenu sa femme avant l’audience que « la messe est dite » concernant son sort judiciaire.

Originaire de la province du Sud-Kivu (Est), Vital Kamerhe est une figure centrale de la vie politique congolaise depuis les années 2000.

Candidat déclaré à la présidentielle du 30 décembre 2018, il s’était désisté au profit de Félix Tshisekedi un mois avant le scrutin.  Les deux hommes avaient alors conclu un accord prévoyant que Vital Kamerhe devienne Premier ministre puis candidat à la présidentielle suivante, en 2023.

Une fois au pouvoir, Félix Tshisekedi l’avait finalement nommé directeur de cabinet, devant réserver le poste de Premier ministre à un proche de son prédécesseur Joseph Kabila, en vertu d’un autre accord politique.

L’argent public que Vital Kamerhe est accusé d’avoir détourné devait financer un volet des travaux d’urgence du programme des « 100 jours » lancé par le chef de l’État début mars 2019.

Ce volet portait sur la construction de logements sociaux pour militaires, sous la forme de 1 500 maisons préfabriquées et importées de Turquie. Le marché avait été passé avec Jammal Samih, qui a également demandé son acquittement: « Je suis innocent », a-t-il dit.

Vital Kamerhe et Jammal Samih sont jugés avec un troisième accusé, Jeannot Muhima, en charge du service import-export à la présidence de la République, et du dédouanement des marchandises importées.

Décès soudain de Raphaël Yanyi

Depuis Paris, un collectif d’avocats de Vital Kamerhe a affirmé avoir saisi un « groupe de travail des Nations unies sur la détention arbitraire » en « sollicitant une intervention urgente pour garantir le respect des droits fondamentaux de Vital Kamerhe ».

« Il n’y a aucune preuve de flux financiers coupables », écrivent dans un communiqué Me Jean-Marie Kabengela et Me Pierre-Olivier Sur. Les deux avocats reviennent également sur la mort soudaine du magistrat Raphaël Yanyi dans la nuit du 26 au 27 mai, soit deux jours à peine après avoir présidé la deuxième audience du procès.

Dans l’attente d’un compte-rendu d’autopsie, « plusieurs sources » avancent que le magistrat a été « empoisonné et désignent monsieur Vital Kamerhe comme responsable ». « Dans ce contexte tendu, les autorités pénitentiaires congolaises ne sont pas en mesure de garantir la sécurité » de Vital Kamerhe, estiment les avocats.

Vital Kamerhe n’a pas officiellement démissionné de son poste de directeur de cabinet, mais un intérimaire – son adjoint – a été nommé.

Vital Kamerhe est le président de l’Union pour la Nation congolaise (UNC), parti qui compte plusieurs ministres au sein du gouvernement de coalition de Félix Tshisekedi. Aucun n’a démissionné à ce jour.

Par Jeune Afrique avec AFP

RDC/Procès anticorruption en RDC : rien n’a été fait « à l’insu » du président, selon Vital Kamerhe

juin 6, 2020

Kame

Le président Félix Tshisekedi aux côtés de Vital Kamerhe, le 23 novembre 2018.

Lors d’une audience de dix heures, le directeur de cabinet de Félix Tshisekedi a affirmé jeudi que le marché lié à la construction des maisons préfabriquées avait « été accordé sur instruction expresse du chef de l’État ».

Commencée à 9h30 (8h30 GMT), la quatrième audience-marathon se poursuivait à 20 heures, jeudi, après une brève suspension. Accusé de détournement de fonds et incarcéré depuis début avril, Vital Kamerhe a vu défiler à la barre sa femme, Hamida Shatur, et la fille de celle-ci, Soraya Mpiana, née d’un précédent mariage avec le célèbre chanteur congolais JB Mpiana.

Nommé en janvier 2019, Vital Kamerhe, 61 ans, est poursuivi avec deux co-accusés pour le détournement présumé de 50 millions de dollars alloués à la construction de 1 500 maisons préfabriquées. Ce marché faisait partie du Programme des cent jours du nouveau président de la République Félix Tshisekedi, investi le 24 janvier 2019, a-t-il rappelé à plusieurs reprises. « Je ne peux pas prendre des responsabilités à l’insu du président de la République », s’est ainsi défendu le principal accusé. « Le marché a été accordé sur instruction expresse du chef de l’État », a-t-il affirmé.

Cadeaux de mariage

Le directeur de cabinet du président congolais comparaît avec le bénéficiaire de ce marché, l’entrepreneur libanais Jammal Samih, âgé de 78 ans. Outre le dossier principal de détournement, ce dernier est aussi interrogé sur un cadeau qu’il aurait fait à la belle-fille de Vital Kamerhe, Soraya, sous la forme d’un terrain immobilier au bord du fleuve Congo à Kinshasa. Tous deux affirment ne pas se connaître.

Pour sa part, Hamida Shatur a énuméré la liste des cadeaux de mariage lors de ses noces avec Vital Kamerhe, en février 2019 : plus de 800 000 dollars, 33 000 euros, 10 millions de francs CFA (15 000 euros) et quatre voitures neuves. « Je suis dans l’immobilier, j’ai un mari qui travaille, je gère un foyer, il gagne un salaire et des primes. Comment ne pas alimenter mon compte ? », a-t-elle lancé, mettant le tribunal au défi de trouver sur son compte « un transfert venant de je ne sais quelle planète ».

Lors de cette audience de plus de dix heures, le tribunal a aussi fait défiler les anciens ministres du Budget, des Finances et des Travaux publics, ainsi que le gouverneur de la Banque centrale du Congo. Tous ont indiqué avoir agi sur instruction du directeur de cabinet Kamerhe.

Nommés sous l’ancien président Joseph Kabila, les ministres sont restés en poste jusqu’en septembre 2019, après le changement de président. Investi en janvier 2019, Félix Tshisekedi n’a en effet constitué son propre gouvernement qu’en septembre 2019, en coalition avec son prédécesseur Joseph Kabila, qui contrôle toujours le Parlement.

Par Jeune Afrique avec AFP

Procès Kamerhe en RDC : décès du président du tribunal, Raphael Yanyi

mai 27, 2020

Le juge Raphael Yanyi, ici lors de l'une des audiences du procès Kamerhe.

Le juge Raphael Yanyi, ici lors de l’une des audiences du procès Kamerhe. © Capture d’écran RTNC

 

Le magistrat qui présidait le tribunal de grande instance en charge du procès de Vital Kamerhe, poursuivi pour détournement de fonds, est décédé subitement dans la nuit de mardi à mercredi à Kinshasa.

« Vers 02H00 (01H00 GMT), il a eu des malaises et on l’a conduit au centre hospitalier Nganda. Il a succombé des suites d’une crise cardiaque », a indiqué à l’AFP le colonel Miguel Bagaya, chargé des opérations de la Police nationale congolaise (PNC). « Il y a quelques échauffourées près de sa résidence. Des jeunes gens du quartier ont tenté de provoquer des désordres dans la rue. Les forces de l’ordre sont en train d’intervenir », a-t-il ajouté.

Le magistrat, âgé d’une cinquantaine d’années, avait présidé lundi la deuxième audience du retentissant procès Kamerhe, directeur de cabinet du président Félix Tshisekedi. Avec deux co-accusés, Vital Kamerhe est poursuivi pour le détournement présumé de quelque 50 millions de dollars de fonds publics destinés à la construction de logements sociaux sous forme de 4 500 maisons pré-fabriquées à partir de matériaux importés de Turquie.

Le magistrat avait renvoyé le procès au 3 juin, à l’issue de cette audience retransmise en direct sur la chaîne d’État RTNC. La défense, qui clame son innocence, avait demandé au tribunal d’inviter plusieurs témoins à la barre, dont le gouverneur de la Banque centrale et plusieurs ministres.

Les deux premières audiences ont eu lieu dans l’enceinte de la prison centrale de Makala où Vital Kamerhe et un de ses co-accusés, l’entrepreneur libanais Jammal Samih, sont en détention préventive depuis début avril.

Par Jeune Afrique avec AFP

 

RDC/Procès 100 jours : la prochaine audience fixée au 3 juin 2020

mai 26, 2020

 

Le deuxième jour d’audience à la prison centrale de Makala s’est déroulé sans incident majeur, permettant à toutes les parties de se prononcer pour soutenir les accusations ou pour les réfuter.

 

Vital Kamerhe et ses avocats

La deuxième audience dans le cadre du procès sur le programme des 100 jours du chef de l’Etat, Félix-Antoine Tshisekedi, a eu lieu le 25 mai à la prison centrale de Makala. Le directeur de cabinet « empêché » Vital Kamerhe et l’homme d’affaires libanais, Sammih Jamal, ont été confronté à la partie civile.

Pendant tout le déroulement de l’audience, les deux hommes, principaux accusés, jusque-là, dans cette affaire, ont continué à clamer leur innocence. Vital Kamerhe, dont les avocats ont, une fois de plus, sollicité sa liberté provisoire, dit ne pas comprendre pourquoi il se trouve à la prison centrale de Makala. « Comment, père de famille que je suis, directeur de cabinet du chef de l’État, je me retrouve à Makala ? Comment suis-je co-détourneur avec Jammal ? À quel moment ai-je dévalisé la banque ? » Telles sont les principales questions pour lesquelles Vital Kamerhe veut avoir des réponses de l’accusation. Le leader de l’Union pour la nation congolaise (UNC), qui se dit déjà victime expiatoire dans cette affaire, déclare attendre des « réponses fermes et précises et non de supputations ».

De son côté, le Libanais Sammih Jamal, qui insiste sur son innocence, se voit opposé un avenant, le document modifiant le contrat initial, de 57 millions de dollars non signé alors que la somme a été décaissée. Ici, la partie civile relève que la direction générale de contrôle de marchés publics n’avait jamais autorisé sa signature, le document n’étant qu’un projet. Jamal, qui reconnaît tout de même avoir perçu 57 millions de dollars américains dans le cadre de ce contrat, la somme globale du projet, et dont la défense de conteste le document brandi, accuse, lui, le ministère public de « jalousie », quand cette dernière veut savoir le coût unitaire de ces deux différents types de maisons préfabriquées livrées à la RDC.

Les avocats de la République, eux, insistent sur la nécessité d’entendre toutes les personnes citées ou sollicitées dans cette affaire, étant donné que « le détournement est une infraction d’intellectuels qui nécessite un assemblage des actes isolés à examiner pour démontrer le processus criminel ». Ici, ils visent la comparution de l’épouse de Vital Kamerhe, Hamida Shatur, et de sa fille, Soraya Mpiana, qu’elle a eue avec l’artiste musicien Jean-Bedel Mpiana. En attendant, c’est au tribunal de décider si les personnes sollicitées pourront comparaître lors des prochaines audiences dont la plus proche est fixée au mercredi 3 juin.

 

Avec Adiac-Congo par Lucien Dianzenza