Posts Tagged ‘Vital Kamerhe’

RDC/Procès 100 jours : la prochaine audience fixée au 3 juin 2020

mai 26, 2020

 

Le deuxième jour d’audience à la prison centrale de Makala s’est déroulé sans incident majeur, permettant à toutes les parties de se prononcer pour soutenir les accusations ou pour les réfuter.

 

Vital Kamerhe et ses avocats

La deuxième audience dans le cadre du procès sur le programme des 100 jours du chef de l’Etat, Félix-Antoine Tshisekedi, a eu lieu le 25 mai à la prison centrale de Makala. Le directeur de cabinet « empêché » Vital Kamerhe et l’homme d’affaires libanais, Sammih Jamal, ont été confronté à la partie civile.

Pendant tout le déroulement de l’audience, les deux hommes, principaux accusés, jusque-là, dans cette affaire, ont continué à clamer leur innocence. Vital Kamerhe, dont les avocats ont, une fois de plus, sollicité sa liberté provisoire, dit ne pas comprendre pourquoi il se trouve à la prison centrale de Makala. « Comment, père de famille que je suis, directeur de cabinet du chef de l’État, je me retrouve à Makala ? Comment suis-je co-détourneur avec Jammal ? À quel moment ai-je dévalisé la banque ? » Telles sont les principales questions pour lesquelles Vital Kamerhe veut avoir des réponses de l’accusation. Le leader de l’Union pour la nation congolaise (UNC), qui se dit déjà victime expiatoire dans cette affaire, déclare attendre des « réponses fermes et précises et non de supputations ».

De son côté, le Libanais Sammih Jamal, qui insiste sur son innocence, se voit opposé un avenant, le document modifiant le contrat initial, de 57 millions de dollars non signé alors que la somme a été décaissée. Ici, la partie civile relève que la direction générale de contrôle de marchés publics n’avait jamais autorisé sa signature, le document n’étant qu’un projet. Jamal, qui reconnaît tout de même avoir perçu 57 millions de dollars américains dans le cadre de ce contrat, la somme globale du projet, et dont la défense de conteste le document brandi, accuse, lui, le ministère public de « jalousie », quand cette dernière veut savoir le coût unitaire de ces deux différents types de maisons préfabriquées livrées à la RDC.

Les avocats de la République, eux, insistent sur la nécessité d’entendre toutes les personnes citées ou sollicitées dans cette affaire, étant donné que « le détournement est une infraction d’intellectuels qui nécessite un assemblage des actes isolés à examiner pour démontrer le processus criminel ». Ici, ils visent la comparution de l’épouse de Vital Kamerhe, Hamida Shatur, et de sa fille, Soraya Mpiana, qu’elle a eue avec l’artiste musicien Jean-Bedel Mpiana. En attendant, c’est au tribunal de décider si les personnes sollicitées pourront comparaître lors des prochaines audiences dont la plus proche est fixée au mercredi 3 juin.

 

Avec Adiac-Congo par Lucien Dianzenza

RDC : Vital Kamerhe maintenu en détention, son procès reporté

mai 11, 2020

L'ouverture du procès de Vital Kamerhe, lundi 11 mai, a été retransmise sur la RTNC, la chaîne nationale congolaise.

L’ouverture du procès de Vital Kamerhe, lundi 11 mai, a été retransmise sur la RTNC, la chaîne nationale congolaise. © Stanis Bujakera pour JA

 

Le procès dans lequel Vital Karmehe est soupçonné de détournements de deniers publics de près de 50 millions de dollars a été reporté au 25 mai. Le tribunal a annoncé qu’il se prononcera sous 48 heures sur la demande de remise en liberté du directeur de cabinet du président Félix Tshisekedi.

Le visage en partie mangé par une barbe naissante, le regard sombre mais la mine décidée. C’est sous les objectifs des caméras de la télévision nationale, seules admises à retransmettre l’ouverture du procès dans un dossier qui tient en haleine tout le pays depuis plusieurs semaines, que Vital Kamerhe a fait son entrée, lundi matin, dans la salle de la prison de la Makala qui accueille pour l’occasion le tribunal de grande instance Kinshasa Gombe.

Depuis son placement en détention provisoire, le 8 avril dernier, c’est la première apparition publique de celui qui est, toujours, le directeur de cabinet du président Félix Tshisekedi. Principal allié politique du président congolais, Vital Kamerhe n’a en effet pas démissionné de son poste. Et n’a, pour l’heure, pas été révoqué.

Mais celles et ceux qui attendaient des éclaircissements sur les soupçons qui pèsent à son encontre – le détournement présumé de près de 50 millions de dollars dans le cadre du Programme des cent jours – devront attendre encore.

Au terme de deux heures d’une courte audience, le procès de Vital Kamerhe et de ses deux co-accusés a en effet été reporté au 25 mai, « pour la poursuite de l’instruction », a indiqué le président du tribunal.

Restait ensuite à statuer sur la demande de remise en liberté déposée par les avocats de Vital Kamerhe. Une décision sur laquelle les juges n’ont finalement pas tranché, ce lundi, annonçant que leur décision sur ce point interviendra sous 48 heures.

Jeune Afrique par Stanis Bujakera Tshiamala – à Kinshasa

 

RDC : des libérations de détenus envisagées face aux craintes de propagation du coronavirus en prison

mai 5, 2020

Le Pr Jean-Jacques Muyembe, à la tête de la riposte contre le coronavirus en RDC (ici en août 2019 à Goma, lorsqu'il dirigeait les opérations pour contrer Ebola).

Le Pr Jean-Jacques Muyembe, à la tête de la riposte contre le coronavirus en RDC (ici en août 2019 à Goma, lorsqu’il dirigeait les opérations pour contrer Ebola). © REUTERS/Baz Ratner

 

Les autorités congolaises s’inquiètent du risque de progression du coronavirus dans les prisons, qui pourrait constituer « un facteur de propagation à grande échelle ». Des mesures de remise en liberté de détenus sont envisagées. Dont celle de Vital Kamerhe, le directeur de cabinet du chef de l’État…

« La contamination au niveau des prisons risque d’être un facteur de propagation à grande échelle dans notre société, en particulier si la prison de Makala devrait être concernée, en raison de son surpeuplement ». La mise en garde vient de celui qui, depuis que la pandémie a touché la RDC, est à la tête de la lutte contre le virus, le professeur Jean-Jacques Muyembe.

L’alerte lancée par l’épidémiologiste, cité dans le compte rendu du Conseil des ministres en visioconférence qui s’est tenu lundi 4 mai, et présidé par Félix Tshiskedi, s’appuie sur la situation observée à la prison militaire de Ndolo, à Kinshasa. Dans cet établissement, ce sont pas moins de 104 cas qui ont été identifiés. Et le bilan pourrait s’alourdir, puisque de nouveaux prélèvements sont en cours d’analyse.

Interpellation des ONG

La semaine dernière, déjà, la situation dans les prisons congolaises a été pointée par plusieurs organisations de défense des droits de l’homme.

Pointant les risques inhérents à la promiscuité dans ces établissements et accusant les autorités de « négligence notoire », le gouvernement n’ayant « pris aucune disposition de grande envergure pour limiter la propagation de cette maladie » dans les établissements pénitentiaires, l’organisation Justicia ASBL, a ainsi réclamé des mesures de libération de détenus, pour « décongestionner » les cellules.

Une interpellation qui semble avoir été entendue de la part du gouvernement congolais qui a décidé de procéder à un « désengorgement » qui concernera notamment des détenus de la prison centrale de Makala et de la prison militaire de Ndolo.

Désengorgement « impérieux »

Déjà, fin avril, dans un courrier que Jeune Afrique a pu consulter, le vice-Premier ministre et ministre de la Justice, Célestin Tunda Ya Kasende, avait ordonné « de manière pressante » aux procureurs généraux des cours d’appel de Kinshasa/Gombe et Kinshasa/Matete « de prendre des dispositions qui s’imposent en vue de procéder sans tarder à la poursuite du désengorgement de la prison centrale de Makala, au regard de la situation combien préoccupante du moment. »

Soulignant que « la promiscuité à l’instar du surpeuplement de la prison centrale de Makala, qui compte 9 000 détenus, est de nature à favoriser la propagation » du coronavirus, le ministre a fixé l’objectif :  « Il est dès lors impérieux de prendre des dispositions utiles et salutaires en vue de désengorger la prison centrale de Makala. »

Dans la foulée, il avait appelé les deux procureurs à accorder une attention particulière aux femmes enceintes, aux mineurs et aux personnes âgées de plus de 70 ans dont la santé est fragilisée par l’âge.

Le cas de Kamerhe évoqué

Vital Kamerhe, ancien président de l'Assemblée nationale, directeur de cabinet de Félix Tshisekedi. Ici à Paris, dans les locaux de Jeune Afrique, le 20 août 2013.
Photo de Vincent Fournier/JA

Mais dans le compte rendu du Conseil des ministres, le texte se fait un peu plus précis encore : « Parmi les pistes explorées, il y a la voie de libération conditionnelle, de liberté provisoire à accorder aux personnes privées de liberté mais ne présentant aucun risque à l’instar du directeur de cabinet du chef de l’Etat, ainsi que les personnes condamnées à des peines mineures. »

Une mention de la situation de Vital Kamerhe que n’ont pas manqué de saluer ses partisans. Le directeur de cabinet de Félix Tshisekedi, en détention préventive, a en effet vu ses multiples demandes de remise en liberté provisoire être systématiquement rejetées. Incarcéré depuis le 8 avril, il est accusé de détournements de fonds – pour une somme totale d’environ 50 millions de dollars – dans le cadre du programme des Cent jours initié par le président Félix Tshisekedi. Son procès doit s’ouvrir le 11 mai prochain.

« La croissance exponentielle n’a pas eu lieu »

Officiellement, le pays comptait, au 4 mai, 705 cas confirmés dans les sept provinces touchées – dont 675 à Kinshasa – , pour 34 décès et 80 personnes guéries. S’il a pointé des inquiétudes quant à la situation dans les prison, le professeur Muyembe s’est, en revanche, montré relativement optimiste sur l’état des lieux global de la progression de la maladie. « L’épidémie importée est terminée, les contaminations observées sont locales », a-t-il précisé, soulignant que « la croissance exponentielle n’a pas eu lieu ».

Le coordinateur de la riposte au Covid-19 a également affirmé que « le confinement de La Gombe a donné de bons résultats », notamment en terme de « baisse de nombre de contaminés » et de « dépistages de plusieurs contacts ». Dans l’Est, également touché, « la riposte semble avoir porté ses fruits, puisqu’aucune contamination nouvelle n’a été signalée ».

Avec Jeune Afrique par Stanis Bujakera TshIamala – à Kinshasa

 

RDC: Arrestation de Ne Muanda Nsemi à Kinshasa par la police après une brève résistance

avril 25, 2020

Après une courte résistance, Ne Mouanda Nsemi a été arrêté avec ses milices, le vendredi 24 avril 2020, par la police, puis conduit à la prison de Makala pour rejoindre Vital Kamerhe. Les deux hommes – l’un critiquant l’autre, il y a peu – tandis que Vital était en posture silencieuse muet comme carpe – auront du bon temps pour discuter politique et se partager un peu de Mpadi (foufou ya ma sangu) dit farine de maïs avec un peu de Matembele, feuilles de patates douces, afin de tenir le coup dans cette détention.

 

Avec Congofrance

RDC : il y aura bien un procès contre Vital Kamerhe

avril 25, 2020

Vitk

VitalKamerhe

 

Le procureur général près de la cour d’appel de Kinshasa-Matete a clos son instruction sur le volet des maisons préfabriquées et a transmis le dossier au tribunal de grande instance de la Gombe. Une date pour la première audience pourrait être fixée dans les tous prochains jours, selon une source judiciaire. Dans le cadre de l’enquête sur le programme des 100 jours, le procureur a estimé qu’il existait des indices sérieux de culpabilité contre Vital Kamerhe, le directeur de cabinet du président Tshisekedi, et Jammal Samih, patron des sociétés Samibo et Husmal, chargé de livrer 4500 maisons préfabriquées, suspectés d’avoir surfacturé et détourné une partie des fonds. Les avocats de Vital Kamerhe avaient pourtant transmis le 13 avril au procureur 26 documents relatifs à cette affaire, ainsi qu’une note d’explication signée par Vital Kamerhe lui-même. Des documents que RFI a pu en partie consulter.

Premier argument de Vital Kamerhe : ce n’est pas lui qui a passé le premier contrat d’achat de maisons préfabriquées signé avec Samibo. C’est l’ancien ministre du Développement rural et depuis 2018 et il l’affirme contrat à l’appui. En l’inscrivant dans le programme des 100 jours, il n’a « qu’agi suivant le principe de continuité de l’État ». Le gouvernement a effectué huit paiements entre mars et mai 2019 soit 57 millions de dollars, le montant total du contrat, détaille le directeur de cabinet. Samibo a déjà livré, assure-t-il, 80% de la commande… Mais pour les provinces du Kasaï central et du Sud-Kivu, le gouvernement n’aurait pas payé l’acheminement. Résultat : 600 maisons seraient bloquées aux ports de Lobito et de Dar es-Salaam.

Pour ce qui est des 3000 maisons commandées à la société Husmal, qui a le même propriétaire, Vital Kamerhe reconnait avoir été à la manœuvre : c’est lui-même qui a demandé l’autorisation de passer ce marché de gré à gré. Le directeur de cabinet ne parle plus cette fois de continuité de l’État, d’un « gouvernement démissionnaire » et d’une « délégation de pouvoir ». Pas de contrat présenté mais un peu plus de deux millions dollars ont été décaissés en août 2019 et 37 containeurs auraient été livrés, selon lui à Matadi.

Par Brazzanews avec RFI

 

RDC/Affaire de 100 jours : Filimbi invite Vital Kamerhe à démissionner de ses fonctions

avril 14, 2020

En renonçant de ses fonctions de directeur de cabinet du chef de l’Etat, le leader de l’UNC, à en croire le mouvement citoyen Filimbi, facilitera la poursuite de l’instruction  pour connaître la vérité.

 

Conduit à l’ex-prison centrale de Makala, le 8 avril,  dans le cadre des enquêtes sur les fonds alloués au programme d’urgence de 100 jours du président de la République, Vital Kamerhe est toujours sur la sellette. Alors qu’il a intimé l’ordre à ses affidés membres du parti de ne pas engager l’Union pour la nation congolaise (UNC) sans son aval, d’aucuns continuent à prendre la liberté de s’exprimer à son sujet. Si, pour les membres de son parti, l’ex-directeur de cabinet de Félix Tshisekedi fait l’objet d’une chasse à l‘homme dissimulant des motivations politiques; pour ses pourfendeurs, il fait les frais de ses propres turpitudes.

Dans un communiqué du dimanche 12 avril, le mouvement Citoyen Filimbi considère la détention préventive de l’incriminé comme « un message fort destiné à toutes celles et ceux qui abusent des biens publics au détriment de la majorité, tout en se considérant comme des intouchables ». Pour ce mouvement associatif, il était plus que temps que la justice se mêle du dossier relatif à l’exécution du programme intérimaire de 100 jours au regard des faits de mégestion qui l’a caractérisé avec, en première ligne, le directeur de cabinet du chef de l’Etat, à l’époque point focal de toutes les transactions en l’absence du gouvernement. « Nous encourageons M.Vital Kamerhe, qui jouit encore de la présomption d’innocence, à collaborer avec la justice et lui recommandons de démissionner de sa fonction de directeur de cabinet du chef de l’Etat, afin de faciliter la poursuite de l’instruction », suggère le mouvement citoyen Filimbi.

Bien plus, cette association d’éveil patriotique exhorte, par ailleurs, la justice à ne pas se limiter uniquement au dossier Vital Kamerhe, et à fouiner dans les multiples autres dossiers suffisamment documentés qui touchent la période d’avant la prestation de serment de l’actuel président de la République. Au nombre des dossiers restés pendants et en attente de l’ouverture d’une enquête, il est cité, entre autres, l’émission des passeports biométriques en cours de validité jusqu’au mois de juin prochain, le parc agro-industriel Bukanga Lonzo, les « Panama Papers », les détournements à la Gécamines, les surfacturations de la Céni et tant d’autres encore, les uns aussi rocambolesques que les autres.

 

Avec Adiac-Congo par Alain Diasso

RDC: première nuit de Vital Kamerhe dans la prison de Makala à Kinshasa

avril 8, 2020

RDC 🇨🇩 : Première nuit de Vital Kamerhe à la maison d’arrêt de Makala dans un dortoir de 20 prisonniers.

Photo de BrazzaNews.
Photo de BrazzaNews.
Photo de BrazzaNews.

Vital Kamerhe en prison à Makala

 

Avec Brazzanews

RDC: Vital Kamerhe en détention provisoire après plus de 6 heures d’audition

avril 8, 2020

« Vital Kamerhe (ici le 11 novembre 2018 à Genève) a été placé en détention provisoire à la prison de Makala. ». Fabrice COFFRINI/AFP

Vital Kamerhe, le directeur de cabinet de Félix Tshisekedi a été placé sous mandat d’arrêt provisoire ce mercredi 8 avril dans la soirée, et transféré à la prison de Makala. Il était entendu sur la gestion des fonds alloués au programme d’urgence du président congolais.

Costume bleu, cravate de même couleur, cache-nez, Vital Kamerhe a répondu à l’invitation avec le statut de « renseignant ». À 13h, il franchit la grille du parquet avec deux de ses avocats après être sorti d’une foule compacte de ses partisans. Pendant six heures, le chef du cabinet présidentiel a été entendu sur son rôle dans la gestion et l’exécution du programme dit « des 100 jours » lancé par le président Félix Tshisekedi en mars 2019, à peine deux mois après son investiture.

Des ONG, mais aussi la société civile dénoncent des attributions de marchés publics de gré à gré par la présidence. Certaines organisations comme l’ODEP ou le Collectif AMKA, soupçonnent même des détournements de fonds. Si Vital Kamerhe a été auditionné, c’est parce qu’il est « non seulement l’ordonnateur des dépenses de la présidence, mais aussi, parce que jusqu’en septembre 2019, c’est lui qui contrôlait d’une main de fer les finances de ce programme », explique-t- on du côté du parquet, tout comme dans les rangs du camp de son allié, Félix Tshisekedi.

« Tout au long de l’audition, il n’a pas fourni des preuves suffisantes et n’a pas convaincu les auditeurs », a déclaré à RFI une source judiciaire. Elle reconnait toutefois que le chef de fil de l’Union pour la nation congolaise (UNC) s’est présenté avec un « dossier épais ». Quelques minutes avant 19h, heure locale, Il a été conduit par la police en prison, certains de ses proches tout comme les cadres de son parti, escortant le cortège.

Inquiétudes au sein de l’UNC

En attendant la conclusion des enquêtes, l’inquiétude a gagné les rangs de son parti l’UNC qui dénonce depuis plusieurs jours une campagne de diabolisation et d’« acharnement » contre son leader, censé être le dauphin de Félix Tshisekedi pour la présidentielle de 2023, selon un accord entre le camp de Tshisekedi et celui de Kamerhe, en novembre 2018 à Nairobi avant la présidentielle du 30 décembre 2018.

La présence de Kamerhe au parquet, ce mercredi, a donné lieu à des rassemblements de plusieurs centaines de partisans, cadres du parti, députés, mais aussi nombre de membres des cabinets ministériels, sous l’œil de la police. Celle-ci n’est intervenue qu’environ quatre heures après le début des auditions, pour disperser les attroupements à coup de gaz lacrymogènes. Les autorités avaient interdit tout attroupement de plus de 20 personnes en cette période de pandémie de coronavirus. Le pays a deja enregistré 20 morts sur 183 cas confirmés.

Les ONG saluent un « tournant »

Pour Me George Kapiamba, le président de l’Association d’accès à la justice, la procédure judiciaire en cours marque un tournant dans la lutte contre l’impunité. « L’ACAJ salue la qualité appréciable du travail abattu ces jours par le parquet général près la cour d’appel de Kinshasa. Nous allons continuer à apporter notre soutien à notre justice qui est en train d’écrire une nouvelle page aujourd’hui dans le cadre de la lutte contre l’impunité, principalement des crimes économiques. »

Quant au fait que Vital Kamerhe ait été placé en détention et non remis en liberté, l’analyse de Me George Kapiamba est que « le procureur craint peut-être qu’en le laissant en liberté, il puisse utiliser sa position officielle pour influencer certains témoins à charge ou compromettre la suite de l’instruction. »

RFI avec notre correspondant à Kinshasa, Pascal Mulegwa

RDC : convoqué par le procureur, Vital Kamerhe ne répondra pas à « l’invitation »

avril 6, 2020

Le président Félix Tshisekedi aux côtés de Vital Kamerhe, le 23 novembre 2018.

Le président Félix Tshisekedi aux côtés de Vital Kamerhe, le 23 novembre 2018. © Ben Curtis/AP/SIPA

 

Le directeur de cabinet de Félix Tshisekedi, est convoqué ce lundi devant le parquet général près la cour d’appel de Matete dans le cadre des enquêtes sur l’utilisation des fonds alloués au programme présidentiel des 100 jours. D’après nos sources, il sera représenté par ses avocats.

« L’UNC réaffirme son attachement à l’État de droit dans notre pays, mais note que la dite invitation du parquet est le point culminant de l’acharnement contre la personne de son président national ». L’annonce de « l’invitation » du chef de cabinet du chef de l’État par le parquet général près la cour d’appel de Matete a été accueillie par une levée de boucliers de la part des cadres de l’Union pour la nation congolaise, son parti.

Le procureur veut en effet entendre Vital Kamerhe, ce lundi, dans le cadre de l’enquête sur l’utilisation des fonds alloués au programme présidentiel des 100 jours.

Kamerhe se fera représenter

Mais pour les ministres, députés et nombreux conseillers présidentiel et ministériels qui forment la direction politique du parti, cette convocation est le fruit d’une « campagne de diabolisation par certaines officines en mal de positionnement » visant Kamerhe, « aussi bien sur les médias que les réseaux sociaux, et ce, depuis plusieurs mois ».

Dans un communiqué au vitriol, la direction politique nationale de l’UNC dénoncé « la grave légèreté avec laquelle cette invitation a été adressée » au directeur de cabinet du chef de l’État, y relevant notamment erreurs de dates et confusion sur l’adresse du destinataire.

D’après nos sources, le principal intéressé a décidé de ne pas répondre à cette « invitation » du parquet, et se fera représenter par ses avocats.

Selon un proche du directeur de cabinet du président congolais, il existe un « noyau autour du président de la république » qui veut « obtenir la tête de Vital Kamerhe » qui, selon les accords politiques signés entre lui et Tshisekedi à Nairobi fin 2018, fait du président de l’UNC le candidat de la coalition Cap pour le Changement à la présidentielle de 2023.

La justice congolaise enquête depuis plusieurs semaines sur des soupçons de détournement des fonds alloués à l’exécution du « Programme des 100 jours », lancé en mars 2019 par le président Félix Tshisekedi, prévoyant notamment la construction d’infrastructures routières et à la gratuité de l’enseignement de base.

Plusieurs personnes ont déjà été entendues dans le cadre de ces enquêtes, dont le directeur général de la Rawbank, Thierry Taeymans, ou encore celui de Safricas, David Blattner. La justice congolaise a également entendu l’un des frères du directeur de cabinet de Félix Tshisekedi, membre de la commission présidentielle sur les 100 jours, ainsi que le comptable de la présidence.

Avec Jeuneafrique par Stanis Bujakera Tshiamala

Élections en RDC: la liste des candidats officialise l’exclusion de Bemba et Katumbi

septembre 19, 2018

Kinshasa – Le processus électoral en République démocratique du Congo aborde sa dernière ligne droite avec la publication mercredi de la liste définitive des candidats qui doit officialiser l’exclusion de deux poids lourds de l’opposition, Moïse Katumbi et Jean-Pierre Bemba.

Deux autres opposants, Félix Tshisekedi et Vital Kamerhe, et le « dauphin » du président Joseph Kabila, Emmanuel Ramazani Shadary, sont les principales figures de la liste d’une vingtaine de noms que la Commission électorale nationale indépendante (Céni) doit publier dans la journée, à 94 jours du scrutin.

Cette liste ouvre la voie à la campagne électorale (à partir du 22 novembre) puis aux élections présidentielle, législatives et provinciales prévues le 23 décembre pour désigner le successeur du président Kabila, qui ne pouvait pas constitutionnellement se représenter.

Enjeu: une première transition pacifique dans le plus grand pays d’Afrique sub-saharienne, où les défis politiques et logistiques pour des élections « crédibles, transparentes, apaisées » sont encore immenses.

Le calendrier électoral se déroule toujours au jour près, malgré les tensions suscitées par la mise à l’écart de MM. Katumbi et Bemba.

Allié du président Kabila passé à l’opposition fin 2015 et qui vit en exil à l’étranger depuis 2016, M. Katumbi affirme avoir été empêché de rentrer en RDC où il est poursuivi par la justice début août quand il s’est présenté au poste-frontière avec la Zambie.

Ex-chef rebelle et vice-président, la candidature de M. Bemba a été invalidée en raison de sa condamnation pour subornation de témoins par la Cour pénale internationale (CPI) qui l’avait acquitté de sa peine pour crimes de guerre et contre l’humanité.

« Kabila a eu peur de moi », a lancé M. Bemba.

Privée de deux de ses leaders, l’opposition cherche un candidat commun pour défier le « dauphin » du président Kabila, mais n’exclue pas le boycott des élections sur fond du refus de « machines à voter » controversées.

Jean-Pierre Bemba a résumé la situation en affirmant que « si l’opposition s’unit derrière un candidat, alors oui, je pourrai faire abstraction de ma personne. Je soutiendrai quelqu’un et je le ferai gagner ».

Un boycott des élections « ne serait pas ma décision personnelle, mais celle de l’opposition. Nous n’en sommes pas là », a ajouté le chef du Mouvement de Libération du Congo (MLC), l’un des principaux partis d’opposition.

– « Des actes qui rassurent » –

L’opposition en dira plus sur sa stratégie d’ici une réunion publique qu’elle annonce pour le 29 septembre à Kinshasa, après de récents conciliabules à Bruxelles, et une rencontre à Johannesburg avec le parti au pouvoir en Afrique du Sud, l’ANC.

Ce rassemblement sera un test sur le climat politique en RDC où la plupart des manifestations sont interdites sous prétexte que la campagne n’a pas encore commencé.

Les élections ont déjà été reportées deux fois, fin 2016 et fin 2017.

« Après avoir été roulé en décembre 2016 et 2017, le peuple craint de revivre les mêmes travers et les mêmes mésaventures qui éloignent l’alternance au sommet de l’État », écrivait mercredi le quotidien Le Potentiel, à l’unisson de ceux qui craignent un nouveau report.

« Chaque jour qui passe, la commission électorale pose des actes qui rassurent sur la tenue effective des scrutins tant attendus par l’ensemble du peuple congolais », a assuré au contraire mardi la Céni en annonçant l’arrivée d' »un premier lot de 17.944 isoloirs » et « la fin de la production en Corée du Sud des 105.257 machines à voter ».

Acheminées vers la RDC via Matadi ou Dar es Salaam, les machines « seront déployées sans attendre la configuration définitive des bulletins de vote », selon la Céni.

Pour cette tâche titanesque, la commission électorale refuse toute aide extérieure, même celle de la Mission des Nations unies (Monusco) présente depuis 20 ans en RDC, au nom de la souveraineté nationale.

L’opposition et la société civile demandent l’abandon de ces machines qu’elles surnomment « machines à tricher, à voler ou à frauder ».

Des experts britanniques ont énuméré « quinze risques à atténuer » dans son utilisation.

L’opposition critique également les millions d’électeurs sans empreintes digitales sur le fichiers électoral qui comprend 40 millions de noms et qui a déjà été nettoyé de ses doublons.

A l’instar de l’ANC mardi, les « partenaires » de la RDC redoutent « le chaos, l’instabilité et la violence » en cas d’échec du processus électoral dans cet immense pays au coeur du continent.

Romandie.com avec(©AFP / 19 septembre 2018 10h41)