Posts Tagged ‘Vital Kamerhe’

Bruxelles: Réunion Jean-Pierre Bemba, Félix Tshisekedi, Katumbi, Kamerhe et Muzito

septembre 13, 2018

 

RDC: Rencontre Jean-Pierre Bemba, Félix Tshisekedi et Vital Kamerhe (Unité de l’opposition)

août 4, 2018

 

RDC-Vital Kamerhe: « Même à l’époque de Mobutu, jamais l’armée ni la police n’avaient tiré ainsi à bout portant dans une église »

décembre 31, 2017

Vital Kamerhe à Paris le 20 aout 2013. © Vincent Fournier/Jeune Afrique

Comme plusieurs leaders de l’opposition congolaise, Vital Kamerhe a pris part ce dimanche à une messe qui devait être suivie d’une marche de chrétiens pour réclamer l’application de l’accord de la Saint Sylvestre. C’était sans compter sur l’intervention musclée et inédite des forces de l’ordre dans des églises. Entretien.

C’est en empruntant sentiers et petits chemins que Vital Kamerhe a pu se rendre ce dimanche 31 décembre à la paroisse Saint Michel de Bandalungwa, dans le centre de Kinshasa. Mais la messe a été brutalement interrompue après l’intervention des forces de l’ordre qui ont lancé des gaz lacrymogènes en plein culte, selon plusieurs témoignages concordants. Même incident signalé dans plusieurs autres paroisses de la capitale de la RDC.

À l’appel du Comité laïc de coordination de l’Église catholique, des marches des chrétiens étaient prévues à la sortie des églises pour réclamer la mise en oeuvre intégrale de l’accord politique de la Saint-Sylvestre, conclut il y a une année jour pour jour entre l’opposition et le camp du président Joseph Kabila. Pour empêcher ces manifestations, un dispositif sécuritaire renforcé a été déployé devant plusieurs paroisses de Kinshasa et des coins chauds de la capitale. Internet et SMS ont été suspendus sur toute l’étendue du territoire national.

Jeune Afrique : Qu’est-ce qui s’est passé pendant la messe à la paroisse Saint Michel de Bandalungwa ?

Vital Kamerhe : À la paroisse Saint Michel où j’assistais à la messe, cela est arrivé juste au moment où venait de se terminer la lecture du texte qui parlait d’Abraham et de son fils. Personne n’avait provoqué personne. Les forces de l’ordre sont intervenues tout simplement parce que nous étions là, au regard de l’engouement à l’extérieur. Il y avait des gens de part et d’autre jusqu’à quelque 300 mètres de la paroisse. Une foule nombreuse. La Monusco est venue mais les militaires l’ont empêchée de venir sécuriser l’église.

C’est une barbarie d’un autre genre !

Ce qui nous fait dire que c’était un plan bien calculé : il fallait tirer sur tout ce qui bouge dans l’église. Ce que les policiers et militaires ont fait. Tout est devenu noir dans l’église, des fidèles couchés par terre. On a dû soigner le prêtre qui officiait la messe en pleine messe dans le noir. C’est une barbarie d’un autre genre ! Nous n’avons jamais vu ça depuis 1960. Même à l’époque de Mobutu, jamais l’armée ni la police n’avaient tiré à bout portant ou lancé des gaz lacrymogènes dans l’église. C’est inacceptable !

La messe a été ainsi interrompue pendant une heure de temps. J’ai demandé ensuite au curé de reprendre la messe. Un major est entré pour me dire qu’il avait reçu l’ordre de me prendre et de me faire sortir. J’ai refusé. Finalement, je suis sorti avec la foule et nous avons marché quelque 200 mètres avant d’être dispersés par des gaz lacrymogènes et des tirs à balles réelles.

Êtes-vous sorti sain et sauf après cette intervention des forces de l’ordre ? 

Ce n’est pas facile de me bousculer. J’avais une ceinture d’une marée humaine incroyable. Pour m’atteindre, il fallait tuer au moins 500 personnes. Et ces forces de l’ordre et de sécurité savent très bien que devant les gaz lacrymogènes ou les balles réelles, Kamerhe ne recule pas. Je suis habitué à tout ça. Un militant est même venu me frotter de la margarine sur mon visage pour me protéger des gaz lacrymogène, je lui ai dit que je n’avais pas besoin.

La fin pour Joseph Kabila est arrivée. Ce qui s’est passé aujourd’hui, c’est le début de quelque chose d’important

Quelle a été la situation des autres paroisses de Kinshasa ?

À Ngaba, on aurait tué des gens, d’après les premières informations qui nous parviennent du Comité laïc de coordination de l’église catholique. Il en serait de même à Kabinda, Kabambare, Matete… Une chose est sûre : aujourd’hui la population congolaise se réveille et libère son avenir. Si les images satellites pouvaient parvenir à toutes les chaînes de télé du monde – parce que les autorités ont coupé internet dans le pays -, vous verriez comment les gens sont descendus dans plusieurs rues de la capitale. Accompagnés par endroits de certains prêtres, malgré les balles. Le curé de Matete qui marchait avec des fidèles, a été brièvement enlevé par la Garde républicaine. À N’Djili, dans la paroisse Saint-Pierre, des gens sont enfermés dans l’enclos.

En fait, c’est la panique dans le camp de Joseph Kabila. Notre message est donc passé : avec son armée et sa police, il ne peut pas être plus fort que le peuple. Chaque chose a un début et une fin. Et la fin pour Joseph Kabila est arrivée. Ce qui s’est passé aujourd’hui, c’est le début de quelque chose d’important.

Qu’est-ce qui va se passer à partir de maintenant ?

La seule voie qui s’impose à nous est celle de nous mettre ensemble pour chasser cette dictature abjecte de Kabila. C’est pourquoi je voudrais interpeller de la manière la plus claire l’UDPS (Union pour la démocratie et le progrès social). Ses tergiversations de ne pas vouloir être avec les autres en les accusant de « collabo » font le jeu de Kabila. Car ce n’est pas un « collabo de Kabila » qui allait donner du fil à retordre à la Garde républicaine à Bandalungwa. Moïse Katumbi, Jean-Pierre Bemba, Mbusa Nyamwisi et même Félix Tshisekedi l’ont déjà compris. Il faut donc que les camarades du parti de ce dernier lui facilitent la tâche.

Je n’ai jamais quitté l’opposition

Ces réticences de certains cadres de l’UDPS s’expliqueraient sans doute par vos récents choix politiques. Vous vous êtes rapproché en effet du camp de Kabila à l’issue des pourparlers de la Cité de l’OUA avant de vous repositionner de nouveau aujourd’hui du côté de l’opposition. Avez-vous finalement l’impression d’avoir été floué par Kabila ?

Je n’ai jamais quitté l’opposition. De même qu’Étienne Tshisekedi n’avait pas quitté l’opposition pour avoir reçu le facilitateur Edem Kodjo à Bruxelles. Nous, nous avions voulu limiter les dégâts. Nous n’avons pas été floués, c’est Kabila qui est en train de se flouer lui-même.

Nous avons eu ce tort d’avoir été les premiers à comprendre qu’il fallait prendre Kabila dans son propre piège. Il fallait montrer au monde entier qu’il chante le dialogue mais qu’en réalité il ne veut pas du dialogue. Les autres nous ont suivis plus tard et tous nous avons signé un accord le 31 décembre 2016 avec Kabila. Si nous, qui avons signé avec Kabila le premier compromis de la Cité de l’OUA, sommes des traitres, alors nous tous qui avons conclu avec lui l’accord de la Saint-Sylvestre par la suite le sommes aussi. Étant pacifistes, nous avons voulu simplement épuiser toutes les voies. D’où cet appel pathétique que je lance à nous tous, grands leaders : adoptons un plan commun de combat contre Kabila.

Mais en même temps que nous combattons la dictature, nous ne devons pas être distraits. Nous devons maintenir la pression sur la Commission électorale nationale indépendante (Ceni) et mettre son président Corneille Nangaa et son équipe en garde : nous n’accepterons pas la machine à voter. Pour nous, c’est une question de vie ou de mort. Car même si Kabila doit partir, les élections ne se feront pas avec des machines à voter dont Nangaa a annoncé le début de la livraison. Ce sont des machines à tricher pour que Kabila place à la tête du pays n’importe qui, sa femme, sa sœur, son cousin…

Une année plus tard, que reste-t-il encore de l’accord de la Saint-Sylvestre ?

Il en reste l’impossibilité pour Kabila de recourir à un référendum constitutionnel. Nous devons obtenir l’application de toutes mesures de décrispation prévues : le retour de Moïse Katumbi et de Mbusa Nyamwisi, la libération de Jean-Claude Muyambo, de Diomi Ndongala et tous les autres prisonniers politiques. Nous devons également recouvrer notre liberté de nous exprimer et de manifester, avoir un accès libre aux médias et imposer ainsi la démocratie. La prolongation d’une année que nous avions donné à Kabila se termine ce 31 décembre à minuit. Sur base de quelle légitimité prendrait-il encore une quelconque décision ?

Le Conseil national de suivi de l’accord (CNSA), par Joseph Olenghankoy, a donné son aval pour le report du scrutin au-delà du délai d’une année initialement prévu…

(Rires). Est-ce celui qui a mis en garde quiconque se rendrait à l’église aujourd’hui ? C’est une caisse de résonance du pouvoir. Tout le monde le sait : le gouvernement n’existe pas, le CNSA n’existe pas. Leurs animateurs se sont distribué des poulets et du riz hier pour qu’ils mangent et que leurs ventres éclatent. Nous, nous sommes du côté du peuple qui est affamé.

Jeuneafrique.com par

RDC: le divorce entre Vital Kamerhe et Pierre Kangudia est consommé

octobre 24, 2017
Vital Kamerhe, ancien président de l’Assemblée nationale en RDC et leader de l’Union pour la nation congolaise (UNC), le 20 août 2013 à Paris. © Vincent Fournier/J.A.

Au lendemain de l’annonce de son retrait du gouvernement par son parti, l’Union pour la nation congolaise (UNC) de Vital Kamerhe, Pierre Kangudia a indiqué ce mardi qu’il ne démissionnera pas de son poste de ministre d’État en charge du Budget.

« C’est un coup très dur pour Vital Kamerhe », admet un conseiller du président de l’Union pour la nation congolaise (UNC). Vingt heures après la décision du parti de retirer son délégué du gouvernement, l’intéressé refuse d’obtempérer. Dans une conférence de presse organisée à Kinshasa, Pierre Kangudia, ministre d’État en charge du Budget, a indiqué qu’il ne démissionnera pas de son poste.

Pierre Kangudia a ainsi décidé de passer outre la décision de son vieil ami et leader politique. « Je refuse, pour satisfaire les intérêts égoïstes et personnels de certaines personnes, de créer inutilement une crise au sein du gouvernement qui va à coup sûr fragiliser les membres du gouvernement issus de l’opposition », a déclaré cet ancien directeur de cabinet de Kamerhe, lorsque celui-ci était président de l’Assemblée nationale (2006-2009).

A-t-il créé son propre parti politique, comme certains l’affirment au sein de l’UNC ? Kangudia répond par le négatif. Une certitude : dans l’état-major de la formation politique, quelques lieutenants sont prêts à suivre le ministre dans sa nouvelle aventure, en témoigne ce cliché partagé ce mardi par un journal kinois d’actualite.cd.

 Entre le parti et le gouvernement

Alors que dans l’entourage de Vital Kamerhe, on maintient qu’une concertation avait eu lieu avec le ministre d’État avant la décision du parti, ce dernier dit n’avoir « pas été consulté » et dénonce même un « acharnement sur [sa] personne ».

D’après nos informations, cela fait pourtant plusieurs semaines que Vital Kamerhe a fait part de ses intentions à celui qui était jusqu’ici secrétaire national de l’UNC en charge des relations avec les partis et du suivi des alliances.

« [Pierre Kankudia] était d’accord » pour quitter le gouvernement, croit savoir un proche de Vital Kamerhe qui dit avoir assisté à la dernière rencontre entre les deux hommes. Toujours est-il que le ministre prétend de son côté avoir été mis, ce jour-là, devant le fin accompli.

« Ce lundi 23 octobre 2017, vers 12 heures 30 minutes, accompagné de quatre membres de mon cabinet, j’ai été reçu en audience par le président de mon parti [Vital Kamerhe] en sa résidence (…) pour m’informer de sa décision de me retirer à tout prix du gouvernement », explique le ministre.

« Comme il [Kamerhe] tenait à rendre public ce retrait à 18 heures 30 minutes, il m’a accordé ce délai pour rédiger et déposer ma démission », ajoute Kangudia qui dit n’avoir pas apprécié que, par la suite, cette décision ait été livrée très rapidement à la presse après une validation « de façon cavalière par la direction politique nationale du parti, convoquée de manière sélective à cet effet ».

Finalement, entre le parti et le gouvernement, Pierre Kangudia a choisi de conserver son poste de ministre d’État. Un épilogue qui rappelle les départs fracassants de quelques autres cadres politiques de l’opposition qui n’ont jamais pu résister aux sirènes du pouvoir.

Jeuneafrique.com par

Dialogue en RDC : signature d’un « arrangement particulier » sans le Rassemblement de l’opposition

avril 28, 2017

Entrée de Joseph Kabila, président de la RDC, dans le palais du Peuple, le 13 octobre 2012 à Kinshasa. © Baudouin Mouanda pour JA.

Près de quatre mois après la signature de l’accord de la Saint-Sylvestre, les parties prenantes ont paraphé ce jeudi à Kinshasa l’ « arrangement particulier », document additif de mise en oeuvre du compromis politique trouvé en décembre. Une « forfaiture », selon le Rassemblement de l’opposition, qui a boycotté la séance.

Cela ressemble bien à un passage en force. Faisant abstraction du Rassemblement, la principale plateforme de l’opposition congolaise, le camp du président Joseph Kabila a décidé, ce jeudi 27 avril, de conclure les tractations politiques en cours par la signature de l’ « arrangement particulier » avec les dissidents de ce regroupement politique et d’autres opposants.

Après quatre mois d’atermoiements, la Majorité présidentielle (MP) s’est en effet approprié le processus. Mercredi, son secrétaire général et président de l’Assemblée nationale, Aubin Minaku, avec Léon Kengo wa Dondo, président du Sénat, ont invité les parties prenantes à signer, le lendemain, le document censé définir les modalités pratiques de mise en oeuvre de l’accord de la Saint-Sylvestre.

Un « grand événement », selon le camp Kabila

Un « grand événement […] qui vient ainsi couronner les efforts déployés par toute la classe politique, le chef de l’État en tête », a commenté Aubin Minaku avant la lecture en plénière du fameux « arrangement particulier » par Jean-Lucien Bussa, actuel ministre du Plan.

Le texte prévoit entre autres la formation d’un « gouvernement d’union nationale » de 54 membres, le Premier ministre Bruno Tshibala compris. La procédure de désignation de ce dernier est pourtant considérée comme une « entorse » à l’accord par les évêques catholiques, médiateurs du compromis politique du 31 décembre.

Contacté par Jeune Afrique, l’abbé Donatien Nshole, secrétaire général de la Conférence épiscopale nationale du Congo (Cenco), a estimé par ailleurs qu’il ne voyait « pas d’inconvénient si toutes les parties prenantes se mettent d’accord pour signer l’arrangement particulier ». Problème : le Rassemblement a boycotté la séance.

Une « forfaiture », selon le Rassemblement

Dans un communiqué publié mercredi, le président de ce regroupement politique, Félix Tshisekedi, a dénoncé une « forfaiture » qui démontre « au vu et au su du monde que Joseph Kabila s’exclut du seul cadre qui lui conférait encore une certaine légitimité et rétablit les conditions d’affrontements dans le pays ».

Le Rassemblement invite le peuple à se prendre en charge

« En conséquence, et pour faire échec à ce nouveau coup de force, le Rassemblement invite le peuple à se prendre en charge conformément à l’article 64 de la Constitution [qui autorise tout Congolais à « faire échec à tout individu ou groupe d’individus qui prend le pouvoir par la force ou qui l’exerce en violation des dispositions » constitutionnelles », NDRL] ».

Cela n’a toutefois pas empêché quelques dissidents du Rassemblement − Joseph Olenghankoy et Lisanga Bonganga − de signer le document pour le compte de la plateforme, sous les applaudissements nourris de l’assistance.

« Pour le Congo et face à l’urgence, nous ne cherchons pas l’unanimité absolue mais plutôt une majorité de Congolais, qui acceptent d’adhérer à l’accord », a expliqué à Jeune Afrique Tryphon Kin-Kiey Mulumba, membre du bureau politique de la MP.

Kamerhe et Kengo parmi les signataires

L’ancien ministre a condamné par ailleurs « le système d’exclusion qui règne au sein des partis politiques congolais, et qui ne vise qu’à ériger des pères fondateurs incontournables ». Allusion aux radiations successives, ces dernières semaines, de plusieurs membres du Rassemblement qui ont contesté le tandem Félix Tshisekedi-Pierre Lumbi, désignés respectivement président et président du Conseil des sages de la plateforme après la mort d’Étienne Tshisekedi.

Quant au poste de président du Conseil national de suivi de l’accord (CNSA) qui était destiné à l’opposant historique avant son décès, il ne reviendra pas nécessairement à un membre du Rassemblement, comme prévu dans l’accord. L’arrangement particulier prévoit en effet sa « désignation par consensus » par les membres du CNSA réunis autour du chef de l’État.

Présents dans la salle, Vital Kamerhe, chef de l’opposition dite « signataire de l’accord de l’OUA » et Léon Kengo wa Dondo, autorité morale de l’ « opposition républicaine », ont eux aussi apposé leur signature au bas du document.

Quant au Front pour le respect de la Constitution, plateforme regroupant le Mouvement de libération du Congo de l’opposant Jean-Pierre Bemba et ses alliés, son représentant à la plénière, Fidèle Babala, a sollicité un « court délai » avant la signature.

Jeuneafrique.com par

Présidentielle en RDC : l’opposition invite à accentuer la pression sur le pouvoir

avril 24, 2016

Kinshasa – La Dynamique de l’opposition, l’une des principales plateformes politiques opposée à un troisième mandat du président congolais Joseph Kabila, a appelé dimanche à Kinshasa la population à accentuer la pression sur le régime afin d’exiger la tenue de la présidentielle avant la fin de l’année.

Faisons accentuer la pression pour pousser le pouvoir au respect de la Constitution en République démocratique du Congo (RDC), a déclaré Vital Kamerhe, président de l’Union pour la nation congolaise (UNC), lors d’un meeting qui a réuni un peu plus de 2.000 personnes à Kinshasa.

Cette rencontre populaire s’est tenue en marge de la commémoration de l’ouverture démocratique lancée le 24 avril 1990 par le dictateur Mobutu Sese Seko, qui a régné sur la RDC pendant 32 ans.

Le pouvoir est aux mains du peuple, ont répété plusieurs dirigeants de la Dynamique qui réunit notamment le Mouvement de libération du Congo (MLC) et l’UNC, 2e et 3e forces politiques de l’opposition à l’Assemblée ainsi que plusieurs dizaines d’autres petits partis.

Du haut du balcon du siège des Forces novatrices pour l’union et la solidarité (Fonus), les dirigeants d’opposition ont tour à tour réitéré leur refus de participer au dialogue national voulu par le président Kabila qu’ils considèrent comme un piège. Ils ont également redit leur rejet de tout report de la présidentielle.

Fin novembre, M. Kabila a annoncé son intention de convoquer un dialogue national inclusif destiné à permettre un consensus sur le calendrier électoral et le financement des élections, mais cinq mois plus tard, le projet est au point mort.

Mi-avril, le facilitateur de l’Union africaine pour ce forum, Edem Kodjo, a estimé que le respect du délai constitutionnel était un problème pesant sur l’organisation de la présidentielle en RDC.

Par ailleurs dans le sud-est du pays, à Lubumbashi, deuxième ville de la RDC, la police a empêché la tenue d’un meeting pacifique que projetait de tenir Moïse Katumbi, ex-gouverneur de l’ancienne province du Katanga, passé à l’opposition en septembre.

Selon le correspondant de l’AFP, quelques centaines de personnes qui accompagnaient M. Katumbi vers le lieu de la manifestation ont été dispersées violemment par la police anti-émeute qui a également utilisé des gaz lacrymogènes.

Le général Jean Bosco Galenga, chef provincial de la police, a affirmé à l’AFP que Moïse Katumbi venait avec une foule de gens drogués qui troublaient l’ordre public. Nous avons lancé des bombes lacrymogènes pour rétablir l’ordre public.

Nous avons arrêté quelques-uns de ses lieutenants que nous mettrons lundi à la disposition de la justice, a ajouté l’officier.

M. Katumbi, 51 ans et grande figure de la politique du Katanga, est un probable candidat à la prochaine présidentielle.

Populaire et charismatique, le richissime homme d’affaires est le président du prestigieux club de football Tout-Puissant Mazembe de Lubumbashi, triple vainqueur de la Ligue des champions d’Afrique.

Le climat politique est tendu depuis des mois dans le pays en raison de l’incertitude liée au très probable report de ce scrutin censé avoir lieu fin novembre.

L’opposition accuse M. Kabila, au pouvoir depuis 2001 et à qui la Constitution interdit de se représenter, de manoeuvrer pour se maintenir au pouvoir au-delà du terme de son mandat en décembre.

Depuis deux ans, la Dynamique de l’opposition demande à M. Kabila de déclarer publiquement qu’il ne se représentera pas pour un 3e mandat à la tête de la RDC, conformément à la Constitution qui limite à deux le nombre de mandats présidentiels.

Romandie.com (©AFP / 24 avril 2016 20h50)

RDC: le feuilleton judiciaire de l’opposant Kamerhe rebondit

avril 14, 2015

RDC: le feuilleton judiciaire de l'opposant Kamerhe rebondit
RDC: le feuilleton judiciaire de l’opposant Kamerhe rebondit © AFP

Le feuilleton judiciaire de Vital Kamerhe, l’un des opposants les plus en vue en République démocratique du Congo, a rebondi lundi à Kinshasa avec son renvoi devant la Cour constitutionnelle.

Ancien président de l’Assemblée nationale et ex-meilleur allié du président congolais Joseph Kabila, M. Kamerhe est poursuivi par la justice pour une affaire de diffamation.

Lundi, la Cour suprême de justice a estimé qu’elle était compétente pour juger M. Kamerhe. Face à cette décision, les avocats de l’opposant ont déposé une requête en inconstitutionnalité, qui a été accepté par la Cour.

Ce pourvoi doit donc désormais être examiné, à une date non encore déterminée, par la Cour constitutionnelle, nouvellement entrée en fonction.

Président de l’Union pour la nation congolaise (UNC), M. Kamerhe est poursuivi par le ministère public et Wivine Moleka, élue du Parti du peuple pour la reconstruction et la démocratie (PPRD, le parti de M. Kabila), pour avoir accusé publiquement celle-ci d’avoir fraudé pour emporter son siège de député en 2011.

A la suite d’une requête du ministère public, la plus haute juridiction de la RDC avait décidé fin janvier de juger M. Kamerhe « en premier et dernier ressort ».

L’UNC, troisième parti de l’opposition par le nombre d’élus à l’Assemblée nationale, avait alors affirmé que le litige entre M. Kamerhe et Mme Moleka avait été réglé à l’amiable de longue date et avait dénoncé « un acharnement aux allures politiciennes » destiné à obtenir la condamnation de M. Kamerhe afin de l’empêcher de se présenter à la prochaine présidentielle, prévue pour novembre 2016.

M. Kamerhe a été l’un des principaux organisateurs des manifestations de janvier contre la nouvelle loi électorale, promulguée en février. Plusieurs dizaines de personnes ont été tuées, essentiellement à Kinshasa, au cours de ces manifestations, de leur répression et des émeutes qui ont eu lieu dans plusieurs villes du pays du 19 au 22 janvier.

M. Kamerhe a été le directeur de campagne de M. Kabila pour la présidentielle de 2006. Entré en dissidence en 2010, il est arrivé troisième (avec moins de 8% des voix) à la présidentielle de 2011, marquée par des irrégularités massives.

M. Kabila est au pouvoir depuis 2001. La Constitution lui interdit de briguer un nouveau mandat en 2016.

Jeuneafrique.com avec AFP

RDC: au moins 20 manifestants arrêtés, un opposant met en garde contre un printemps burkinabè

novembre 3, 2014

Kinshasa – Au moins 20 personnes ont été arrêtées lundi à Kinshasa lors d’une manifestation interdite de l’opposition, dont un cadre a mis en garde contre le risque d’une révolte à l’image de celle qui a chassé du pouvoir le président burkinabè, a constaté une journaliste de l’AFP.

L’Union pour la démocratie et le progrès social (UDPS), premier parti d’opposition, et l’Union pour la nation congolaise (UNC), troisième parti d’opposition, avaient annoncé un sit-in lundi matin devant la Mission de l’ONU (Monusco) pour demander l’ouverture du dialogue national. Ce dialogue a été recommandé dans l’Accord d’Addis-Abeba, signé en février 2013 par la RDC, ainsi que dix autres pays africains, pour mettre fin à l’instabilité chronique dans l’est congolais, vieille de deux décennies.

Vital Kamerhe, chef de l’UNC, a indiqué à l’AFP en début d’après-midi qu’il y avait 48 hommes et 10 femmes arrêtés au camp (de police) Lufungula, dont de nombreux militants de l’UDPS et de l’UNC.

Nous ne voulons pas de Burkina Faso immédiatement ici. Il y a moyen d’éviter la casse. Nous voulons le dialogue pour (…) baliser le chemin pour de bonnes élections, adopter un calendrier global et consensuel et une feuille de route globale et consensuelle, a ajouté M. Kamerhe.

Une journaliste de l’AFP a pour sa part vu dans le camp une vingtaine de personnes arrêtées, dont environ le tiers étaient des femmes, et tous ont dû donner leur nom et leur parti d’appartenance.

Vous n’avez pas pris l’exemple de vos collègues au Burkina qui ont été du côté du peuple?, a lancé l’un d’eux à une vingtaine de policiers, faisant référence à la révolution populaire ayant provoqué vendredi la démission du président burkinabè Blaise Compaoré.

Vous allez vous fatiguer de nous car désormais chaque lundi nous allons manifester!, Il n’y a pas de droit de l’homme dans ce Congo?, ont renchérit d’autres manifestants.

Dans la matinée, un important dispositif policier avait été déployé dans la zone pour dissuader les rassemblements.

La police interpelle tout le monde à pied et arrête si besoin. Le dispositif est impressionnant, tout regroupement est impossible! Nous avons demandé à nos militants de se déplacer par petits groupes, avait déclaré à l’AFP Lydie Omanga, précisant être en contact avec des militants sur le terrain.

Le directeur de l’information de la police avait pour sa part nié les arrestations. J’ai eu le commandant sur le terrain: on a renforcé le dispositif pour les empêcher d’aller envahir le siège de la Monusco, mais ils ne sont pas arrêtés, avait précisé à l’AFP le colonel Pierrot Mwanamputu.

Il a ajouté que les organisateurs de la marche n’avaient pas reçu l’autorisation officielle de manifester, et qu’à ce titre le rassemblement devait être dispersé.

Vital Kamerhe, candidat malheureux à la présidentielle de 2011, a été un très proche conseiller du chef de l’Etat Joseph Kabila, avant de rejoindre l’opposition en 2010. Etienne Tshisekedi, chef de l’UDPS, s’est pour sa part proclamé président élu en 2011.

En septembre, le secrétaire général de l’UNC, Jean-Bertrand Ewanga, a été condamné à un an de prison ferme pour offense au chef de l’Etat après un grand rassemblement d’opposition contre toute modification de la Constitution qui permettrait à M. Kabila de se représenter en 2016.

Que M. Kabila mette les deux ans (de mandat) qu’il lui reste pour partir par la grande porte, qu’il n’attende pas pour faire après comme Blaise Compaoré, a plaidé M. Kamerhe.

Romandie.com avec(©AFP / 03 novembre 2014 14h45)

RDC: manifestation contre la modification de la Constitution

septembre 27, 2014

 

RDC: manifestation contre la modification de la Constitution
RDC: manifestation contre la modification de la Constitution © AFP

Plus de deux mille personnes manifestaient samedi matin à Kinshasa contre l’intention prêtée au président Joseph Kabila de modifier la Constitution pour se maintenir au pouvoir, a constaté un journaliste de l’AFP.

Réunis à l’appel de plusieurs partis d’opposition, la manifestation a quitté l’échangeur de Limete vers 11h00 (09h00 GMT).

Les manifestants – en grande majorité des hommes jeunes- défilaient dans une ambiance bon enfant aux cris de « Kabila doit partir », et devaient rallier le stade des Martyrs, dans le nord de la capitale au bout d’une marche de 5 km environ.

Dans le cortège étaient présents Vital Kamerhe, ancien président de l’Assemblée nationale et actuel président de l’Union pour la Nation congolaise (UNC) et Bruno Mavungu, secrétaire général de l’Union pour la démocratie et le progrès social (UDPS), ainsi que des représentants d’une dizaine de petits partis.

L’UNC et l’UDPS sont deux des principaux partis d’opposition, représentés au Parlement.

L’opposition soupçonne M. Kabila, au pouvoir depuis 2001, de vouloir modifier la Constitution congolaise afin de se maintenir au pouvoir au-delà de 2016, date à laquelle il doit légalement quitter la présidence.

Peu de policiers étaient visibles aux abords de la manifestation.

« Touche pas à ma Constitution », « Le peuple défendra sa Constitution jusqu’au sacrifice suprême », pouvait-on lire sur des banderoles agitées au son des sifflets, des fanfares, ou de chants à la louange d’Étienne Tshisekedi, chef de l’UDPS, arrivé en deuxième position à l’élection présidentielle de 2011.

L’opposition n’a jamais accepté les résultats de ce scrutin dont la communauté internationale a dénoncé les nombreuses irrégularités.

RDC : Tshisekedi, Kamerhe et Fayulu appellent au rassemblement le 4 août contre la révision constitutionnelle

juillet 29, 2014
Vital Kamerhe, président de l'Union pour la nation congolaise (UNC). © AFP

Vital Kamerhe, président de l’Union pour la nation congolaise (UNC). © AFP

Dans une lettre commune publiée mardi, l’UDPS d’Étienne Tshisekedi, l’UNC de Vital Kamerhe et Ecide de Martin Fayulu appellent les Congolais à se réunir le 4 août sur une grande place de Kinshasa pour dénoncer tout projet de révision de la Constitution en RDC.

Trois partis, un objectif. Barrer la route à une éventuelle candidature de Joseph Kabila à la présidentielle de 2016. Dans une lettre publiée le 29 juillet, l’Union pour la démocratie et le progrès social (UDPS) d’Étienne Tshisekedi, l’Union pour la nation congolaise (UNC) de Vital Kamerhe et l’Engagement pour la citoyenneté et le développement (Ecide) de Martin Fayulu, appellent au rassemblement des Congolais le 4 août sur une grande place de Kinshasa.

« Nous lançons un appel à la population de Kinshasa à venir nombreux assister à un meeting populaire de sensibilisation que nous organisons le lundi 4 août 2014 à la place Sainte-Thérèse de Ndjili (est de Kinshasa) », indique la déclaration des opposants lue mardi après-midi à la presse.

« Inopportunité de la révision constitutionnelle »

Conformément à la Constitution de la RDC, les organisateurs ont prévenu le gouverneur de Kinshasa, André Kimbuta, de leur rassemblement, en précisant qu’il visait à débattre avec la population (…) plus principalement de « l’inopportunité de la révision constitutionnelle. »

La lettre a également été adressée pour information au ministre de l’Intérieur, Richard Muyej, et au chef de la mission de l’ONU en RDC (Monusco).

Jeuneafrique.com avec AFP