Posts Tagged ‘Vital Kamerhe’

RDC : plusieurs blessés dans la répression d’un rassemblement de Vital Kamerhe à Bukavu

février 20, 2014
Vital Kamerhe a commencé sa "caravane de la paix" dans l'est de la RDC le 18 février, à Goma. © AFP

Vital Kamerhe a commencé sa « caravane de la paix » dans l’est de la RDC le 18 février, à Goma. © AFP

La dispersion par la police d’un rassemblement de Vital Kamerhe jeudi à Bukavu (est de la RDC) a fait 20 blessés, selon les autorités. Le parti de l’opposant affirme, lui, que deux personnes ont été tuées.

La « caravane de la paix » de Vital Kamerhe dans l’est de la RDC a donné lieu, jeudi 20 février, à des scènes de chaos dans le centre-ville de Bukavu. Selon des sources concordantes, plusieurs partisans de l’opposant, qui s’étaient rassemblés pour le porter en triomphe jusqu’au lieu de son meeting, ont été blessés par les forces de l’ordre lorsque celles-ci les ont dispersés, utilisant notamment des tirs de gaz lacrymogène. Des tirs à balles réelles auraient également été entendus.

Marcelin Cishambo, le gouverneur de la province du Sud-Kivu, faisait état en fin de journée d’un bilan de 20 blessés, dont 12 civils et 8 policiers, tandis que l’Union pour la nation congolaise (UNC, le parti de Kamerhe) affirmait avoir dénombré deux morts et une douzaine de blessés dans ses rangs.

Interdiction tardive

Arrivé à Goma, dans l’est du pays, le 18 février, pour sa « caravane de la paix », Vital Kamerhe avait prévu de tenir un meeting ce jeudi sur la place de l’indépendance de Bukavu, la capitale provinciale du Sud-Kivu. La veille du rassemblement, les autorités municipales lui avaient interdit l’accès à cette place.

Selon plusieurs témoins, vers 17 heures, la centaine policiers qui empêchaient l’accès à la place ont effectué des tirs de sommation avant d’employer des gaz lacrymogène et de charger les manifestants. Vital Kamerhe, qui était porté par certains de ses partisans sur un tipoye (chaise à porteur) en direction de la place, aurait lui-même fait une chute.

Plusieurs boutiques et véhicules ont été cassés ou incendiés, dont une jeep de la police.

Plusieurs boutiques et véhicules, dont une jeep de la police, ont été cassés ou incendiés. Des groupes de partisans de Vital Kamerhe étaient toujours rassemblés dans la ville en fin de journée, certains brûlant des pneus en signe de protestation.

L’UNC avait demandé l’autorisation de tenir son meeting sur la place de l’indépendance il y a plusieurs jours. « Le maire avait accepté que le rassemblement se tienne, mais il avait indiqué à l’UNC la veille qu’il devait avoir lieu au stade de Kadutu », affirme le gouverneur Marcelin Cishambo. « Ce sont ses partisans qui ont commencé à jeter des pierres sur les forces de l’ordre. Celles-ci ont répliqué avec des tirs de gaz lacrymogène. Elles n’avaient pas d’armes létales », assure-t-il.

Stade trop petit ?

« Ce sont les forces de l’ordre qui ont ouvert le feu sur nos partisans, d’abord avec des gaz lacrymogène, ensuite à balles réelles », rétorque André Claudel Lubaya, premier secrétaire général adjoint de l’UNC. Le maire a voulu nous cantonner dans un stade de 10 000 places tout en sachant que c’était impossible : il y avait 300 000 personnes dans les rues. » Lubaya affirme ne pas savoir si les deux morts évoqués par l’UNC ont été tués par balles ou lors de la bousculade.

Le déplacement de Vital Kamerhe dans l’est du pays avait déjà été reporté à deux reprises au début du mois, les autorités congolaises empêchant l’ancien président de l’Assemblée nationale de décoller de Kinshasa. Le ministre de l’Intérieur, Richard Muyej, avait alors indiqué à Jeune Afrique qu’une des raisons de ces reports était sa volonté de mieux organiser le déplacement de l’opposant, afin d’éviter que le calme précaire qui prévaut dans la région ne soit perturbé.

________

Jeuneafrique.com par Pierre Boisselet, avec Trésor Kibangula

RDC – Kabila, Tshisekedi, Kamerhe, Mobutu : le match des candidats les plus influents sur le web

novembre 11, 2011

Entre Kabila et Tshisekedi, c’est le Sphinx de Limete qui l’emporte sur les réseaux sociaux. © Vincent Fournier pour J.A. Dans un pays qui accède doucement à Internet, les candidats à l’élection présidentielle de RDC du 28 novembre commencent à utiliser les réseaux sociaux. Avec des succès variés. Le président sortant Joseph Kabila court derrière ses rivaux Étienne Tshisekedi, Vital Kamerhe et Nzanga Mobutu en terme d’influence sur la Toile.

Sur le papier Joseph Kabila s’avance en favori théorique du scrutin présidentiel du 28 novembre. Dans un climat tendu et face à une opposition morcelée, le chef d’État sortant de la RDC fait cependant face à une réelle concurrence. Notamment sur Internet où ses rivaux le dépassent.

Car les apparences sont souvent trompeuses. Si, sur une page Facebook inactive à son nom et créée par un internaute lambda, Joseph Kabila affiche au 8 novembre 16 373 « amis », le président sortant ne bénéficie en réalité pas d’une e-réputation à la hauteur de son statut.

Le compte Facebook officiel du chef de l’État, accessible notamment depuis le site du parti majoritaire, ne compte ainsi que 1 339 fans. Une pacotille sur la Toile pour une personnalité, même dans un pays où la population n’utilise pas encore les réseaux sociaux en masse, contrairement à d’autres pays d’Afrique subsaharienne, tel le Kenya.

Vital Kamerhe le plus « branché »

En comparaison, les principaux concurrents du jeune président font office d’hommes politiques « branchés ». La palme revenant à Vital Kamerhe, le leader de l’Union de la nation congolaise (UNC). Fort de 4 553 « amis » sur Facebook, cet opposant est aussi un « twittos » assidu. Il comptait 531 followers au 8 novembre sur le réseau social de microblogging Twitter ; un score pas exceptionnel mais largement supérieur à celui de ses concurrents.

Surtout, Vital Kamerhe est l’homme politique de RDC le plus influent sur Internet, selon le site Klout – une plateforme qui mesure l’influence des internautes sur les réseaux sociaux à partir d’un algorithme prenant par exemple en compte la taille de leur réseau ou le nombre de leurs citations reprises sur la Toile. Sur une échelle de notation de 1 à 100 (100 étant le meilleur score), Klout lui attribue un score de 31 et le classe dans la catégorie « conversationalist ». Ce qui correspond, selon le site, « à un internaute qui aime être connecté et avoir des scoops ». Si l’indice calculé par Klout est bien sûr à prendre avec des pincettes, – le score obtenu est fortement basé sur l’utilisation de Twitter – il permet néanmoins d’établir une comparaison générale entre les différents candidats.

La surprise Nzanga Mobutu

Disposant d’une moindre notoriété que le trio Tshisekedi-Kabila-Kamerhe, Nzanga Mobutu le candidat de l’Union des démocrates mobutistes (Udemo), lutte au coude à coude avec Étienne Tshisekedi pour la place de dauphin sur le podium des hommes politiques de RDC qui marquent de leur empreinte le web 2.0.

Le fils du maréchal Mobutu Sese Seko obtient un 18 sur l’échelle de Klout contre un 19 pour le Sphinx de Limete. Court avantage également pour Tshisekedi en termes d’abonnés : avec près de 5 000 « amis » sur Facebook et 257 followers sur Twitter, il devance chaque fois son rival de peu. Mais, signe tangible de leur arrivée récente sur les réseaux sociaux, les deux hommes se voient décerner le label de « dabbler » – littéralement « amateur » en anglais – par le site Klout.

Encore à la traîne sur les réseaux sociaux, Joseph Kabila ne possède pas de compte Twitter et n’est même pas référencé par Klout. Il est vrai que dans un pays peu connecté, alors que la diaspora congolaise qui a le meilleur accès à Internet ne peut pas prendre part à l’élection présidentielle, l’influence et la visibilité des hommes politiques sur Internet n’est pas encore primordiale. D’ailleurs, aucun candidat à la présidentielle congolaise n’a lancé une véritable campagne 2.0 sur les réseaux sociaux

Jeuneafrique.com par Camille Belsoeur

La RDC dans la marche démocratique entre succès et échec

novembre 6, 2011

La République démocratique du Congo (RDC) est dans un tournant glissant de son histoire. Celui de bien réussir les élections présidentielles qui pointent à l’horizon du 28 novembre. Sinon ?

Entre devoir et obligation de citoyen, dans ce derby qui va se jouer entre Joseph Kabila (40 ans) du Parti du peuple pour la reconstruction et le développement (PPRD), Vital Kamerhe (51 ans) de l’Union pour la nation congolaise (UNC,) Léon Kengo wa Dondo (76 ans) ex-mobustiste et président du Sénat et Étienne Tsisekedi (78ans) de l’Union pour la démocratie et le progrès social( UDPS), les pouvoirs publics doivent veiller au grain pour le triomphe de la démocratie. Un exercice difficile celui du vote, d’aller aux urnes. Sans contrainte. Sans peur. Mais dans cette culture d’adoption et d’apprentissage, sur les onze candidats retenus, certaines figures qui y participent ont déjà été présentes en 2006 avec leur leur pourcentage de confiance pour se faire valoir comme Joseph-François Nzanga Mobutu, le fils de l’ex-dictateur zaïrois Joseph Mobutu, (4,8% au 1er tour) mais aussi le Dr Oscar Kashala (3,46% en 2006) et l’ex-rebelle et ancien ministre de la Décentralisation Antipas Mbusa (0,57%).

A ce niveau de la compétition électorale, il faut accepter l’alternance des partis par le jeu de leur existence donnant la place au débat, facteur et mesure d’audience pour la population de choisir le candidat de leurs aspirations. Certaines théories peu convaincantes ont la chance d’être véhiculées et n’ont pas la pleine capacité de transformer les idées en actes concrets et souvent très attendues car elles ont échoué sur les promesses jamais réalisées.

Il convient dans cette dynamique de la campagne qui se passe actuellement de respecter les opinions des autres dans la libre tribune des forums et d’espaces publicitaires. Une manière de grandir et de prouver à la face du monde que le Congo est un pays majeur qui sait faire autre chose et non seulement la guerre comme moyen d’expression au-delà des viols, des phénomènes des enfants soldats et autres enfants de la rue dormant au cimetière de la Gombé devenus sorciers, etc.

Le président de la Ceni, le pasteur Goy Mulunda en sa qualité de patron ayant la charge de gérer ce scrutin des titans et de défi, doit pouvoir être à la hauteur de le conduire à bon port, avec des coudées franches, sans risque de dérapage. Influer sur les forces de sécurité afin d’avoir un comportement exemplaire. Avoir l’œil sur toutes les missions de sécurisation et d’encadrement de la police concernant les campagnes afin de pouvoir établir les responsabilités en cas de désordre pour mieux sévir les contrevenants.

L’affichage des panneaux de campagne ne doit pas être l’apanage du pouvoir central moins encore d’un candidat pour son fief, élément non acquit car toute personne peut utiliser l’espace national ou les places publiques pour s’exprimer, au besoin de payer les droits s’il en faut. Il est hors d’usage que la force publique de la police fasse main basse sur le droit d’afficher de la part de l’opposition alors qu’elle doit être neutre et éviter l’ingérence pour se pencher du côté d’un candidat fut-il président sortant. L’arrestation samedi 5 novembre près de l’Institut de l’IPEN à Kinshasa de Martin Fayulu, président de l’Engagement pour la citoyenneté et le développement (Ecide), un parti embryon de l’UDPS, pendant l’opération d’affichage des effigies du candidat Étienne Tsisekedi, est une forme de hold-up de campagne.

Le fâcheux incident du samedi 5 novembre de la police contre le parti de la Démocratie chrétienne à Mariano emportant ses affiches, tout en dispersant violemment la population, est une honte qui tend à sonner l’alerte d’une dérive qui prépare un chemin pour ces présidentielles. La provocation annonce les couleurs de plusieurs manières tant à Kinshasa voire à l’intérieur du pays comme à Lubumbashi, préparant les ingrédients d’une sauce amère. Les animateurs ont le grand intérêt de savoir que la situation géographique de Kinshasa en cas de conflit n’est pas favorable aux déplacements dans la quête d’un point de refuge. La seule proximité évidente, c’est le Congo-Brazzaville par le beach Gobila et autres frontières poreuses limitées par le fleuve. L’axe de Matadi nécessite un parcours de 366 km, dans l’espoir de gagner l’Angola. Le rêve de se tourner vers Bandoudou autre région non moins proche, est une solution d’abandon.

La police est un service public chargé de la protection des citoyens donc du peuple. Elle doit veiller au maintien de l’ordre public et réprimer toute contravention qui relève de son ressort. Elle s’interdit le droit d’outrepasser ses obligations et le champ de son intervention.

Bernard NKOUNKOU

RDC : la Ceni publie la liste définitive des onze candidats à la présidentielle

septembre 27, 2011

Président de la Ceni, le pasteur Daniel Ngoy Mulunda a rendu publique la liste définitive des candidats à l’élection présidentielle du 28 novembre en RDC. Pas de surprise : Étienne Tshisekedi, Vital Kamerhe et Léon Kengo wa Dondo peuvent prétendre occuper le fauteuil de Joseph Kabila.

Ils sont dix. Dix challengers pour Joseph Kabila qui, président de la RDC depuis 2001, se présente en tant qu’indépendant à la présidentielle du 28 novembre prochain pour un deuxième mandat électif. Aucune surprise cependant dans la liste définitive des onze candidats présentée lundi le président de la Ceni, le pasteur Daniel Ngoy Mulunda : elle est identique à celle, provisoire, publiée mi-septembre. Et elle ne compte aucune femme, alors qu’en 2006, 33 candidats dont quatre femmes s’étaient présentés au scrutin, qui comportait alors deux tours.

La Cour suprême de justice a donc rejeté les recours déposés par cinq candidats – au motif d’un dossier incomplet, d’une caution non versée, ou d’un recours hors délai… -, et par un petit parti qui jugeait la loi électorale inconstitutionnelle. Sur la route de Kabila, qui est le seul représentant de la majorité présidentielle, se trouvent trois « poids lourds » de l’opposition : le leader de l’Union pour la démocratie et le progrès social (UDPS), Étienne Tshisekedi (78 ans), qui avait boycotté les élections de 2006 ; l’ex-président de l’Assemblée nationale passé dans l’opposition en 2010, qui a fondé l’Union pour la nation congolaise (UNC), Vital Kamerhe (51 ans) ; et l’actuel président du Sénat, l’ancien mobutiste Léon Kengo wa Dondo (76 ans).

Outsiders

Puis viennent de nombreux outsiders. Déjà présent en 2006 (4,8% au 1er tour), Joseph-François Nzanga Mobutu, le fils de l’ex-dictateur zaïrois Joseph Mobutu, est à nouveau en lice, tout comme le Dr Oscar Kashala (3,46% en 2006) et l’ex-rebelle et ancien ministre de la Décentralisation Antipas Mbusa (0,57%). Quant au Mouvement de Libération du Congo (MLC), dont le leader Jean-Pierre Bemba, battu au second tour de 2006 par Joseph Kabila, est détenu et jugé à la Cour pénale internationale (CPI), il ne présente pas de candidat. En réalité, le MLC a exclu l’un de ses cadres, Adam Bombole, qui se présente en tant qu’indépendant.

Le pasteur Ngoy Mulunda a invité les 11 prétendants à s’associer aux autres acteurs politiques pour procéder dans les meilleurs délais à la signature du code de bonne conduite, un engagement solennel à contribuer à l’organisation des élections libres, transparentes, démocratiques et apaisées. Les principaux partis de la majorité et de l’opposition l’ont signé début septembre, sauf l’UDPS d’Etienne Tshisekedi. Motif : celui-ci réclame plusieurs préalables, dont l’audit du fichier électoral. Une question qui devrait être étudiée mercredi lors d’un forum des partis politiques organisé par la Ceni.

Pour les élections législatives, prévues aussi le 28 novembre, la Céni a enregistré provisoirement plus de 19 000 candidats pour 500 sièges, et doit prochainement publier la liste définitive. Quelque 32 millions d’électeurs sont appelés aux urnes pour ces deux scrutins, les premiers d’une série (provinciales, sénatoriales, locales…) qui doit se terminer à l’été 2013.
_____________

Liste définitive des 11 candidats à la présidentielle du 28 novembre :

1) Jean ANDEKA DJAMBA (Alliance des nationalistes croyants congolais)

2) Adam BOMBOLE INTOLE (indépendant)

3) Joseph KABILA KABANGE (indépendant)

4) François-Nicéphore KAKESE MALELA (Union pour le réveil et le développement du Congo)

5) Vital KAMERHE LWA-KANYIGINYI (Union pour la nation congolaise)

6) Oscar KASHALA LUKUMUENA (Union pour la reconstruction du Congo)

7) Léon KENGO WA DONDO (Union des forces du changement)

8) Antipas MBUSA NYAMWISI (indépendant)

9) François-Joseph MOBUTU NZANGA NGBANGAWE (Union des démocrates mobutistes)

10) Josué-Alex MUKENDI KAMAMA (indépendant)

11) Étienne TSHISEKEDI WA MULUMBA (Union pour la démocratie et le progrès social)

Jeuneafrique.com

RDC : Kabila vs Tshisekedi

septembre 6, 2011

Le chef de l’État sortant s’est officiellement porté candidat, le 21 août. Face à lui : le Sphinx de Limete, l’éternel opposant revenu d’exil. Mais à trois mois de la présidentielle congolaise, Jean-Pierre Bemba et Vital Kamerhe n’ont pas dit leur dernier mot. Enjeux.

Avant la lutte électorale, la bataille des stades. De retour d’une tournée qui l’a conduit en Europe, aux États-Unis et en Afrique du Sud, l’opposant Étienne Tshisekedi, candidat à la présidentielle du 28 novembre, s’est livré à une véritable démonstration de force, le 9 août dernier, à Kinshasa. Dans un stade des Martyrs archicomble, il a redit sa volonté d’aller au bout d’une marche irrésistible vers son destin présidentiel.

Et pour ceux qui en doutaient encore, les troupes de l’Union pour la démocratie et le progrès social (UDPS) ont apporté la preuve qu’elles n’avaient rien perdu de leur capacité de mobilisation. L’exil médical de trois ans du leader revenu au pays en décembre dernier, le boycott hasardeux des élections de 2006 et les dissensions internes au sein du parti n’ont pas entaché le charisme du Sphinx de Limete, aujourd’hui âgé de 79 ans. À Kinshasa, tout du moins.

Moins de deux semaines plus tard, la formation du chef de l’État a tenté de faire aussi bien lors de la clôture de son congrès. Dans le même stade, le 21 août, par la voix de son secrétaire général Évariste Boshab mais en l’absence du « patron », le Parti du peuple pour la reconstruction et la démocratie (PPRD) a investi « le camarade Joseph Kabila ». Mais en termes de partisans massés, le vainqueur est l’opposant.

Avec ou sans triche

« Le face-à-face entre Kabila et Tshisekedi se met en place », assure-t-on dans l’entourage du candidat de l’UDPS. Quant au PPRD, il prépare une campagne qui s’annonce ardue. « Le bilan du président sortant est mince », résume un diplomate. De fait, les Congolais n’ont pas vu grand-chose des cinq chantiers (infrastructures, eau et électricité, santé et éducation, habitat, et emploi) présentés en 2006. L’exaspération des Kinois, confrontés à d’incessantes coupures d’eau et d’électricité, pourrait bien s’exprimer dans les urnes. De même, la promesse d’un retour à la paix dans le Nord-Est est restée lettre morte. Et il n’est pas certain que la majorité sortante, fragilisée par des dissensions internes, puisse séduire les électeurs. Mais Kabila a un gros avantage : le scrutin à un tour.

« Si l’opposition n’est pas capable de s’entendre sur une candidature unique, l’arithmétique sera implacable et la victoire est assurée pour Kabila, avec ou sans triche », assure le même diplomate, qui s’interroge sur l’indépendance et la neutralité de la Commission électorale nationale indépendante (Ceni), présidée par Daniel Ngoy Mulunda, un proche du président. Ainsi, des enfants figureraient parmi les 32 millions d’électeurs inscrits (des photos semblent l’attester), ce qui ouvre la voie à toutes les interprétations sur d’éventuels bourrages d’urnes, la gestion de la télétransmission des résultats le jour du vote et le contrôle du logiciel informatique chargé de compiler l’ensemble des données. Les opposants exigent un audit du fichier central de la Ceni. « Ce fichier est une boîte noire et il y a des anomalies dans le recensement : 7 millions d’électeurs en plus par rapport à 2006, cela paraît beaucoup », remarque un expert international.

« Les bailleurs de fonds doivent se montrer plus insistants et ne peuvent plus se cacher derrière le principe de non-ingérence alors qu’ils financent le processus électoral », lance Vital Kamerhe, l’ancien président de l’Assemblée nationale, bien décidé, lui aussi, à jouer les premiers rôles dans cette conquête de la magistrature suprême, ou tout du moins dans la mise en échec de Kabila.

Cela passe par une entente. Un « ticket », selon le candidat de l’Union pour la nation congolaise (UNC). En clair : un champion pour la présidentielle désigné et soutenu par une alliance de partis, un nom pour le poste de Premier ministre, des garanties sur une juste répartition des portefeuilles ministériels et des assurances pour un équilibre à l’Assemblée nationale et au Sénat. Problème : les appels de Vital Kamerhe n’ont pour l’heure pas été entendus. Du côté de l’UDPS, on est disposé à parler « de tout », sauf de la candidature de Tshisekedi, qui est soutenue par 24 partis supplémentaires depuis le 24 août et qui « n’est pas discutable ». « Les jeux sont clairs et chacun voit bien que notre candidat est le mieux placé », assure-t-on dans son entourage. « Je demande à Tshisekedi un peu plus d’humilité et d’élégance », réplique Kamerhe. Ambiance.

Tenir la baraque

À défaut de parvenir à s’entendre avec Tshisekedi, Kamerhe pourrait se rapprocher de Jean-Pierre Bemba, qui, depuis sa cellule de La Haye, a déclaré qu’il défendrait les couleurs du Mouvement de libération du Congo (MLC), et de Léon Kengo wa Dondo, l’actuel président du Sénat à la tête de l’Union des forces du changement (UFC), créée en juillet dernier. « Les discussions avancent vite et bien. Nous sommes proches d’un accord », assure Kamerhe.

« Le MLC fournit son expérience et son poids dans l’ouest du pays, Kamerhe est populaire dans l’Est et Kengo apporte un appoint non négligeable car chaque voix comptera », explique Fidèle Babala, l’homme de Bemba à Kinshasa, chargé de tenir la « baraque » en l’absence du chairman.

Sauf que le même Babala prend soin de souligner que la candidature de Bemba est « plus que jamais d’actualité ». Sous-entendu : les autres devront se ranger derrière lui. Poursuivi pour les exactions commises par ses hommes en Centrafrique entre 2002 et 2003, le challengeur de 2006 est en attente de son jugement. Celui-ci pourrait intervenir en décembre. Mais dans son entourage, on veut toujours y croire. Malgré un premier refus de la Chambre de première instance de la Cour pénale internationale (CPI) rendu public le 19 août, une liberté provisoire est toujours possible.

Cela permettrait à Bemba de venir à Kinshasa pour s’inscrire à temps sur la liste électorale et ainsi valider son entrée en course – la date limite pour le dépôt des candidatures est le 5 septembre. Mais personne n’est obligé de croire à un tel scénario.

Jeuneafrique.com par Philippe Perdrix

RDC : investi par l’UNC pour la présidentielle, Kamerhe plaide pour une opposition unie

août 1, 2011

L’investiture officielle de Vital Kamerhe par son parti pour la présidentielle de novembre en RDC a été pour lui l’occasion d’expliquer sa stratégie pour une candidature unique de l’opposition. Et d’affirmer son opposition à un découplage des scrutins présidentiel et législatifs par la Ceni.

Sans surprise, Vital Kalmerhe a été investi dimanche soir par l’Union pour la nation congolaise (UNC), le parti qu’il a fondé en juin 2010, comme candidat à l’élection présidentielle du 28 novembre prochain. Mais l’ancien président de l’Assemblée nationale de la République démocratique du Congo (RDC) a profité du congrès de sa formation politique pour réaffirmer son soutien à un regroupement de l’opposition congolaise pour battre le président sortant Joseph Kabila.

« Sans condition, je marque mon accord de principe à la nécessité de cette candidature commune », a déclaré le jeune leader de 51 ans. « Cela est non seulement possible mais il en va aussi de la crédibilité de l’opposition pour représenter une alternative efficace au pouvoir actuel », a-t-il ajouté.

Sachant que son parti n’est pas en mesure d’imposer son leadership aux poids lourds de l’opposition, Kamerhe propose qu’un consensus soit recherché au moyen d’« un grand forum de l’opposition ». Une solution qui pourrait avoir l’avantage de lui être favorable en créant une dynamique dépassant les clivages partisans.

Appel au « compromis politique »

« Le rassemblement de l’opposition ne doit pas être imposé ni par une seule personne, ni par un parti, ni par une association des partis fut-elle déterminante », souligne Kamerhe, qui appelle au « compromis politique » par des négociations qui devraient, selon lui, être axées « prioritairement » sur « les stratégies à mettre en place pour doter le pays des élections libres et transparentes et sur le programme commun de gouvernement ».

Enfin, Kamerhe s’est dit opposé à un possible découplage des scrutins présidentiel et législatif par la Commission électorale nationale indépendante (Ceni), dont le président, Daniel Mulunda Ngoy, avait évoqué vendredi cette éventualité. « Je voudrais rappeler au Président de la Ceni que le pouvoir de découpler les élections revient au seul Parlement », a déclaré le président de l’UNC.

« Si les élus du peuple décident de ne pas me donner l’annexe (à la loi électorale fixant la répartition des sièges pour les législatives) avant le 10 du mois (d’août) prochain, j’annonce un nouveau calendrier, celui du découplage », avait expliqué Mulunda. Selon le calendrier de la Ceni, l’inscription des candidats à la présidentielle et aux législatives doit se dérouler du 4 août au 6 septembre. Jeuneafrique.com avec AFP

RDC : François Muamba, un nouveau candidat d’opposition pour la présidentielle ?

juillet 12, 2011

François Muamba, l’ex-numéro 2 du Mouvement de libération du Congo (MLC) de Jean-Pierre Bemba, a annoncé la création de sa propre plateforme d’opposition. Il n’exclut pas de se présenter à l’élection présidentielle du mois de novembre.

Un prétendant de plus dans la course à l’élection présidentielle congolaise ? François Muamba, l’ancien secrétaire général du Mouvement de libération du Congo (MLC) ne fait en tout cas plus mystère de ses ambitions.

Dimanche, l’ancien numéro 2 du parti de Jean-Pierre Bemba, l’ancien vice-président congolais détenu par la Cour pénale internationale (CPI) à La Haye, a annoncé la création de sa propre plateforme d’opposition : l’Alliance pour le développement et la République (ADR).

« Je suis présidentiable. Je ne voudrais pas donner dans la fausse modestie », a-t-il confié peu de temps après à la radio française RFI.

« Si je suis reconnu comme le meilleur [de l’opposition pour la présidentielle], pourquoi pas être candidat », a-t-il encore déclaré.

François Muamba avait été déchu de son poste de secrétaire général du MLC au mois d’avril, pour avoir voulu prendre la place de Jean-Pierre Bemba en son absence. Ancien ministre de l’Économie (sous Mobutu), il avait rejoint le MLC, milice devenue parti politique après la seconde guerre en RDC en 2002.

Confusion dans l’opposition

« L’ADR entend rassembler ceux qui refusent un Congo qui mendie à genoux la jouissance de ses propres ressources et sont déterminés à transcender les clivages politiciens pour privilégier l’intérêt général, et doter la République Démocratique du Congo d’une réelle capacité de gouvernance », a-t-il déclaré avec l’annonce de la création de sa plateforme.

« Dans l’opposition (…) nous n’arrivons pas à offrir à notre peuple une image cohérente d’une force capable de générer le changement attendu par l’immense majorité des Congolais », a ajouté François Muamba.

À court terme, la création de ce mouvement ne devrait toutefois qu’ajouter à la confusion dans l’opposition congolaise. Celle-ci comportait déjà deux principaux candidat déclarés : l’opposant historique Etienne Tshisekedi, et l’ancien président de l’Assemblée nationale Vital Kamerhe. Jean-Pierre Bemba n’a pour sa part pas renoncé à se présenter, en dépit de sa détention aux Pays-Bas.

Face à une opposition qui ne s’entend toujours pas sur une candidature unique, le président sortant Joseph Kabila reste le mieux placé, en particulier depuis l’adoption d’un mode de scrutin à un tour pour l’élection présidentielle, qui devrait lui permettre de profiter des divisions de l’opposition.

Jeuneafrique.com avec AFP