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CAN 2013 : une victoire symbolique pour les Aigles du Mali

février 3, 2013
 

Les joueurs de l'équipe malienne fêtent leur victoire contre l'Afrique du Sud, le 2 févrrier 2013 Les joueurs de l’équipe malienne fêtent leur victoire contre l’Afrique du Sud, le 2 févrrier 2013 © AFP

Dans la capitale Bamako comme à Gao, grande ville du Nord toute juste libérée des islamistes, les Maliens ont fêté, dans une ambiance de liesse populaire, la qualification du Mali pour les demi-finales de la Coupe d’Afrique des Nations 2013, après la victoire contre l’Afrique du Sud.

« Vive les Aigles, vive les Aigles »: des groupes de jeunes se sont rassemblés dans les rues de Bamako pour célébrer l’événement et entonner des slogans à la gloire du Mali et de son gardien de but, Soumbeyla Diakité, héroïque lors de la séance victorieuse des tirs aux buts.

Quelques heures plus tôt, les « Vive la France » résonnaient dans la capitale à l’occasion de la visite du président français François Hollande, qui avait lancé le 11 janvier l’opération militaire, en appui à l’armée malienne, contre les groupes jihadistes occupant le nord du Mali depuis 2012.

Dans le quartier de Samé (nord-ouest de Bamako), la famille Traoré a mis le son de son magnétophone à fond pour célébrer en musique la qualification, pour la seconde fois d’affilée, aux demi-finales de la CAN, aux dépens du pays organisateur.

« J’ai commandé de la viande grillée pour fêter cette victoire. Tu vois, les enfants sont aux anges. Cette victoire, principalement due au gardien de but, va aider le Mali à retrouver la paix », a confié Mamadou Traoré, un ouvrier.

Parades à motos

Soumbeyla Diakité, qui remplaçait le gardien titulaire, suspendu, a arrêté deux tirs aux buts sud-africains, assurant la victoire de son équipe à Durban (1-1 a.p., 3 t.a.b. à 1).

Des groupes de jeunes manifestaient bruyamment leur joie samedi soir dans les principales artères de la capitale, pendant que d’autres faisaient pétarader leurs motos, en dépit de l’état d’urgence officiellement en vigueur.

Le président Dioncounda Traoré a félicité son équipe, dans un communiqué lu à la télévision publique: « Vous avez joué avec le coeur. En mon nom et en celui du peuple malien, je vous félicite pour cette victoire qui remplit de joie le pays, de Kidal à Sikasso et de Kayes à Gao ».

Gao, la plus grande ville du nord du Mali, a été reprise le 26 janvier par les soldats français et maliens aux jihadistes qui y ont multiplié les exactions. La victoire des Aigles a aussi provoqué sur place une clameur de joie, ainsi qu’un concert de casseroles. Des jeunes de Gao ont même bravé le couvre-feu, valable de 20H00 à 06H00 (locales et GMT), pour parader à motos en ville.

« Fier d’être Malien »

« Vive le Mali! », s’époumonaient des garçons assis devant un petit téléviseur installé près d’une échoppe. Quelques soldats maliens qui montaient la garde devant un hôtel ont même sauté de joie à l’instant de la délivrance.

Kidal, dans l’extrême Nord-Est, est la dernière ville encore sous le contrôle de groupes armés, des dissidents islamistes et des rebelles touareg. Mais les Français y tiennent l’aéroport et des soldats tchadiens ont patrouillé ces derniers jours en ville.

Le sélectionneur des Aigles, le Français Patrice Carteron, avait expliqué vendredi que ses joueurs souhaitaient contribuer à leur manière à la renaissance de leur pays, qui commence à peine à redresser la tête. « Cette victoire signifie beaucoup. Vous voyez le drapeau malien qui ne flotte pas qu’au nord et au sud du Mali, mais aussi à l’extérieur du Mali. Il n’y a que le football qui peut apporter ça. Le Mali a la tête haute aujourd’hui et on est fier d’être malien. Tout le Mali doit être fier et nous, on l’est », a estimé à Durban après la victoire le capitaine de l’équipe, Seydou Keita.

Dans le vaste Nord du pays qu’ils contrôlaient, les islamistes avaient notamment banni le football. Le Mali affrontera mercredi le vainqueur du match entre la Côte d’Ivoire et le Nigeria, disputé dimanche.

Jeuneafrique.com avec AFP

Hollande aux Maliens : « Nous payons notre dette à votre égard »

février 2, 2013

François Hollande a déclaré aujourd’hui à Bamako que l’intervention de la France au Mali représentait une dette à payer. « Nous payons aujourd’hui notre dette à votre égard », a-t-il lancé place de l’Indépendance. « Je n’oublie pas que lorsque la France a été attaquée, lorsqu’elle cherchait des soutiens, qui est venu, c’est l’Afrique, c’est le Mali, merci le Mali », a expliqué le président de la République.

Puis, il a ajouté : « La France est avec vous, la France est fière de vous, et moi je veux vous dire que je viens de vivre la journée la plus importante de ma vie politique. » « La décision que j’ai prise le 10 janvier, a dit le chef de l’État, elle honore la France et à travers votre soutien, c’est à toute la France que vous donnez votre hommage. Vive le Mali, vive la France, vive l’amitié entre le Mali et la France. »

« Le combat n’est pas terminé »

Le chef de l’État a également réaffirmé que la France restera présente le temps qu’il faudra au Mali car « le terrorisme a été repoussé, chassé » mais pas « encore vaincu. » « Le combat n’est pas terminé, les groupes terroristes sont affaiblis, ils ont subi de lourdes pertes mais n’ont pas disparu », a précisé François Hollande.

Le chef de l’État achevait à Bamako une visite éclair d’une journée où il a été à Sévaré et Tombouctou, saluer les forces françaises.

Lefigaro.fr

Mali: un chameau offert à Hollande

février 2, 2013

À son arrivée au Mali aujourd’hui à Sévaré, le chef de l’Etat s’est vu remettre plusieurs cadeaux dont un chameau extrêmement bruyant. « Je m’en servirai autant que possible comme moyen de transport », a-t-il promis avec humour.

Le président François Hollande s’est ensuite rendu à Tombouctou, où il a été accueilli avec ferveur par la population de cette ville emblématique du nord du Mali, récemment reprise aux islamistes qui l’occupaient et y ont commis de nombreuses exactions.

« Vive la France, vive Hollande »: des milliers d’habitants de Tombouctou, rassemblés sur la place principale de la ville ont salué en libérateur le président français, qui est allé à la rencontre de la foule, dans une indescriptible cohue. Beaucoup portaient des T-shirt peints de drapeaux français et malien.

François Hollande et le président malien par intérim Dioncounda Traoré se sont pris la main et l’ont levée au ciel en signe de victoire, sous les acclamations.

La ville était pavoisée de drapeaux de la France et du Mali et les habitants dansaient au son des tam-tams, qui étaient interdits par les groupes islamistes, comme toute autre forme de musique.

Accompagné de Dioncounda Traoré, François Hollande a visité la mosquée Djingareyber, principal lieu de culte de la ville, où il s’est entretenu avec l’imam, puis un centre de conservation de précieux manuscrits anciens, dont certains ont été incendiés par les islamistes.

Lefigaro.fr avec agences