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États-Unis: 12 agents russes inculpés pour le piratage du parti démocrate en 2016

juillet 13, 2018

Le procureur spécial chargé de l’enquête sur une ingérence du Kremlin dans la présidentielle américaine de 2016 a inculpé douze agents du renseignement russe pour avoir piraté les ordinateurs du parti démocrate pendant la campagne / © AFP/Archives / Alex Edelman

Trois jours avant le sommet entre Donald Trump et Vladimir Poutine, le procureur spécial chargé de l’enquête sur une ingérence du Kremlin dans la présidentielle américaine de 2016 a inculpé vendredi douze agents du renseignement russe pour avoir piraté les ordinateurs du parti démocrate.

L’enquête du procureur Robert Mueller, qui s’intéresse aussi aux soupçons de collaboration entre Moscou et l’équipe de Donald Trump pour la victoire, empoisonne depuis plus d’un an le président américain. Ce dernier dément toute collusion et dénonce une « chasse aux sorcières » menée par un FBI à la solde des démocrates, tandis que Moscou nie toute ingérence dans l’élection.

– Opération de grande envergure –

Les inculpés, tous membres des services de renseignement de l’armée russe (GRU), sont accusés d’avoir conduit « des opérations informatiques de grande envergure » entre mars et novembre 2016 pour s’introduire dans les ordinateurs de volontaires et responsables démocrates, voler des documents internes et « organiser » leur publication « pour s’ingérer dans l’élection », selon l’acte d’accusation.

Aucun des inculpés ne semble bénéficier d’une importante notoriété en Russie.

Les agents auraient utilisé un faux site internet, DCLeaks, et un faux pirate informatique dénommé Guccifer 2.0 pour diffuser les documents volés sur internet. Ils auraient également transféré des documents « à une autre organisation » non nommée, vraisemblablement WikiLeaks.

Mais ces opérations n’ont pas eu d’impact sur le scrutin de novembre et le dossier d’inculpation n’a pas démontré de collaboration intentionnelle entre des Américains et des agents russes, a souligné vendredi le numéro 2 du ministère de la Justice, Rod Rosenstein.

Cette annonce met toutefois la pression sur Donald Trump qui rencontre lundi son homologue russe, Vladimir Poutine, à Helsinki, pour tenter de réchauffer des relations tendues.

« Je vais absolument et fermement poser la question » de l’ingérence russe pendant la rencontre, a affirmé vendredi le président américain, qui prenait le thé avec la reine d’Angleterre à Londres quand les inculpations ont été rendues publiques.

Les démocrates, furieux, ont réclamé l’annulation du tête-à-tête, mais la Maison Blanche a confirmé qu’il aurait bien lieu.

M. Trump « devrait annuler sa rencontre avec Vladimir Poutine jusqu’à ce que la Russie prenne des mesures visibles et transparentes pour prouver qu’elle ne fera pas d’ingérence dans les élections à venir », a déclaré le chef des sénateurs démocrates Chuck Schumer, alors que des élections parlementaires auront lieu en novembre.

Le malaise était aussi palpable chez certains républicains. L’influent sénateur John McCain a suggéré au président américain d’annuler la rencontre « s’il n’est pas prêt à demander des comptes à M. Poutine ».

– « Décisions très importantes » –

Rod Rosenstein a démenti tout lien entre l’annonce des inculpations et le sommet d’Helsinki.

La date de cette annonce « est celle des faits, des preuves et de la loi qui détermine ce qui est suffisant pour présenter une inculpation à cet instant », a-t-il expliqué lors d’une conférence de presse, soulignant que M. Trump avait été informé de ces inculpations.

« Il était important que le président sache quelles informations nous avions découvertes car il doit prendre des décisions très importantes pour le pays », a expliqué M. Rosenstein.

Une porte-parole de la Maison Blanche s’est félicitée que le dossier écarte une collusion.

Lindsay Walters a souligné « l’absence d’allégation sur une implication intentionnelle de quiconque au sein de la campagne (Trump) et l’absence d’allégation sur le fait que ce piratage ait affecté le résultat de l’élection, ce qui correspond à ce que nous avons toujours dit ».

Dans cette vaste enquête, 13 ressortissants et trois sociétés russes ont été inculpés en février pour avoir tenté depuis la Russie de déstabiliser la campagne en utilisant les réseaux sociaux.

Quatre conseillers de Donald Trump ont été poursuivis pour leurs liens avec des responsables russes, mais aucune preuve d’une collusion n’a été établie.

En juin 2017, la démocrate Hillary Clinton avait accusé l’équipe de M. Trump et la Russie de s’être coordonnées pour faire dérailler sa campagne et favoriser la victoire de son adversaire républicain.

Elle avait pris l’exemple des messages piratés du président de son équipe de campagne, John Podesta, qui avaient été diffusés par WikiLeaks en octobre, dans l’heure ayant suivi la divulgation dans la presse d’une vidéo de Donald Trump tenant des propos obscènes sur les femmes.

En juillet 2016, peu avant la convention démocrate, WikiLeaks avait aussi publié près de 20.000 messages de responsables du parti démocrate contenant des secrets internes.

Romandie.com avec(©AFP / 13 juillet 2018 23h45)

Auréolé d’un Mondial sans faute, Poutine face à une grogne sociale croissante

juillet 4, 2018

 Organisation, sécurité et même performances sportives: jusqu’à présent, le Mondial-2018 de foot est un sans faute pour Vladimir Poutine, dont l’image s’est pourtant considérablement ternie dans l’opinion russe, choquée par les rudes réformes sociales à venir.

On le disait isolé au début de la compétition, mais le président russe s’apprête à célébrer, dans les tribunes du stade Loujniki le 15 juillet et devant une audience attendue autour d’un milliard de téléspectateurs, une Coupe du Monde unanimement jugée réussie.

Dès le lendemain, il s’envolera pour Helsinki pour son premier sommet bilatéral avec Donald Trump, témoignant pour Moscou du rôle incontournable qu’a pris le maître du Kremlin sur la scène internationale ces dernières années malgré les tensions.

Après les JO d’hiver de Sotchi en 2014, l’organisation à grands frais du Mondial-2018 constituait un outil essentiel du « soft power » russe à l’étranger dans un contexte de relations de plus en plus dégradées avec les Occidentaux.

Alors que les médias craignaient des batailles rangées de hooligans et des incidents racistes, les télévisions du monde entier ont montré des images de fête bon enfant au pied du Kremlin, animée par des supporters, surtout d’Amérique latine, qui repartent chez eux ravis de l’accueil.

Même les Russes se sont pris au jeu, encouragés par le succès de la sélection nationale qui a dépassé toutes les attentes en se qualifiant pour les quarts de finale, ce qui n’était pas arrivé depuis 1970 -avec le maillot de l’URSS-.

« Il n’y a pas d’éléments permettant de dire que l’image de la Russie s’est améliorée à l’étranger », tempère Andreï Kolesnikov, expert du centre Carnegie, soulignant que les supporters occidentaux venus en Russie à l’occasion du Mondial étaient peu nombreux.

« La ferveur patriotique va retomber et au lendemain du championnat, tout va redevenir exactement comme avant », avance l’expert, jugeant « insignifiant » l’effet de la compétition sur le « soft power » russe.

Dans l’opinion russe, l’humeur qui transparaît est très loin de la fête.

Interrogés sur les hommes politiques auxquels ils font confiance, moins de la moitié (48%) cite Vladimir Poutine, une chute de 12 points en un mois et du jamais vu depuis l’annexion de la Crimée en 2014, selon une étude publiée mardi par l’institut indépendant Levada.

Fin juin, l’institut VTsIOM, contrôlé par l’État, faisait lui aussi état d’une chute de près de 14 points en trois semaines de la cote de popularité du président (à 64%), réélu triomphalement en mars pour un quatrième mandat courant jusqu’en 2024, soit 25 ans après son arrivée au pouvoir.

La popularité du gouvernement a baissé de 12 points.

– « D’habitude épargné » –

« Tous ce qui est lié au championnat est perçu de manière positive, mais cela ne touche pas la vie réelle de la population. C’est un effet purement médiatique », explique Lev Goudkov, directeur du centre Levada, qui relève « de plus en plus de mécontents » dans le pays.

Inquiets par la baisse continue de leur niveau de vie depuis plus de quatre ans, nombre de Russes ont été choqués par l’annonce par le gouvernement, le jour de l’ouverture de la Coupe du monde, d’une réforme du régime des retraites.

Pour la première fois en plus de 80 ans, le gouvernement russe veut relever progressivement l’âge de la retraite de huit ans pour les femmes (à 63 ans) et de cinq ans pour les hommes (à 65 ans), dans un pays où les pensions sont maigres et l’espérance de vie peine à progresser.

Si Vladimir Poutine s’est évertué à garder ses distances avec les projets du gouvernement, qui propose également une hausse de la TVA, il n’a pas été épargné par le mécontentement généré.

« Pour la première fois depuis très longtemps, les cotes de popularité et de confiance ont chuté pour l’ensemble du pouvoir. D’habitude, Poutine est épargné, mais là sa popularité tombe aussi », relève Andreï Kolesnikov.

Une pétition demandant l’abandon du relèvement de l’âge de la retraite a rassemblé 2,6 millions de signatures et plusieurs milliers de Russes sont déjà sortis dans la rue à travers le pays pour protester.

Ces actions ont toutefois épargné les villes hôtes du Mondial, où des restrictions s’appliquent le temps de la compétition, et ont été ignorées par la télévision publique russe.

Romandie.com avec (©AFP / 04 juillet 2018 14h16)                                                        

Des sénateurs américains à Moscou avant le sommet Trump-Poutine

juillet 3, 2018

Moscou – Des sénateurs républicains américains ont cherché mardi à Moscou à renouer le dialogue sans éviter les sujets qui fâchent lors d’une rare visite après plusieurs années sans échanges entre parlementaires, avant le premier sommet bilatéral entre Vladimir Poutine et Donald Trump.

« Nous admettons que le monde se porterait mieux si la Russie et les Etats-Unis connaissaient moins de tensions, s’entendaient un peu mieux, mettaient peut-être de côté certaines différences », a déclaré le sénateur Richard Shelby, reçu avec la délégation américaine par le chef de la diplomatie russe Sergueï Lavrov au ministère russe des Affaires étrangères.

« Nous sommes des concurrents, mais nous n’avons pas forcément besoin d’être des adversaires », a ajouté ce sénateur républicain d’Alabama, selon des propos retransmis par la télévision russe.

S’exprimant en anglais, Sergueï Lavrov a déclaré espérer que la visite des sénateurs américains « symbolisera la reprise des relations entre les parlements américain et russe ».

« Je pense que la reprise d’un dialogue sera un événement très opportun à la veille de la prochaine rencontre entre les deux présidents » Donald Trump et Vladimir Poutine, a-t-il affirmé.

Vladimir Poutine et Donald Trump se rencontreront le 16 juillet à Helsinki pour leur premier sommet bilatéral, visant à améliorer des relations très dégradées entre Moscou et Washington, notamment en raison des soupçons d’ingérence russe dans l’élection présidentielle américaine.

Les deux présidents ne se sont jusqu’ici rencontrés qu’en marge de réunions internationales, la dernière fois en novembre au Vietnam.

Les sénateurs américains ont ensuite rencontré des représentants du Parlement russe, dont le président de la commission des Affaires étrangères de la chambre haute du Parlement, Konstantin Kosatchev, qui a appelé à « ouvrir une ligne de communication ».

« Ceci est le début d’un dialogue mais il faut faire attention lorsque les gens ne font pas ce qu’ils disent », a déclaré le sénateur américain John Neely Kennedy, appelant la Russie « à ne pas interférer dans les élections américaines cette année ».

« Je demande (à la Russie) de partir d’Ukraine », a-t-il ajouté, quelque quatre ans après l’annexion par Moscou de la péninsule ukrainienne de Crimée.

Les sénateurs ne devaient pas être reçus par Vladimir Poutine, a précisé aux journalistes le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov.

« Cela n’affectera pas l’intensité des contacts avec nos hôtes », a-t-il assuré, ajoutant que le Kremlin est « convaincu que les relations interparlementaires sont l’un des facteurs les plus importants des liens bilatéraux ».

Romandie.com avec(©AFP / 03 juillet 2018 15h27)                                                        

États-Unis: Washington « ne reconnaît pas » l’annexion de la Crimée par la Russie

juillet 2, 2018

La porte-parole de l’exécutif américain Sarah Sanders à la Maison Blanche à Washington, le 2 juillet 2018 / © AFP / Brendan Smialowski

La Maison Blanche a martelé lundi que les États-Unis ne reconnaissaient pas l’annexion de la Crimée par la Russie, quelques jours après les propos ambigus de Donald Trump sur ce thème.

« Nous ne reconnaissons pas la tentative de la Russie d’annexer la Crimée. Les sanctions contre la Russie resteront en place jusqu’à ce que la Russie rende la péninsule à l’Ukraine », a affirmé Sarah Sanders, porte-parole de l’exécutif.

Interrogé vendredi à ce sujet à bord d’Air Force One, M. Trump, qui doit rencontrer son homologue russe Vladimir Poutine le 16 juillet à Helsinki, était resté volontairement évasif. « Nous verrons », avait-il simplement répondu.

Le Kremlin a réaffirmé de son côté que la Crimée était « une partie inaliénable » de la Russie et affirmé que la question ne serait pas à l’ordre du jour des discussions.

Le rattachement en mars 2014 de la péninsule ukrainienne de Crimée par Moscou, à l’issue d’un référendum jugé illégal par Kiev et les Occidentaux, avait été dénoncé en particulier par les États-Unis qui avaient adopté plusieurs trains de sanctions contre la Russie.

Romandie.com avec(©AFP / 02 juillet 2018 23h32)

Poutine et Trump tiendront leur premier sommet le 16 juillet à Helsinki

juin 28, 2018

Vladimir Poutine et Donald Trump se rencontreront le 16 juillet 2018 à Helsinki en Finlande / © AFP/Archives / NATALIA KOLESNIKOVA, Nicholas Kamm

Donald Trump était arrivé à la Maison Blanche avec la promesse de réconcilier l’Amérique avec la Russie. Dans un contexte encore dégradé un an et demi après, le milliardaire républicain tiendra son premier sommet bilatéral avec Vladimir Poutine le 16 juillet à Helsinki, en terrain neutre.

En préparation depuis des mois, la rencontre entre les deux chefs d’État, qui ne se sont vus qu’en marge de réunions internationales, a enfin une date et un lieu, annoncés simultanément jeudi par le Kremlin et la Maison Blanche.

Près de dix ans après la « relance » voulue par Barack Obama et qui a tourné à l’échec, elle constitue une nouvelle tentative de réchauffer des relations qui n’ont jamais été aussi mauvaises depuis la Guerre Froide entre la Russie et les Etats-Unis.

La liste des points de désaccord n’a fait que s’allonger ces dernières années, avec le soutien de Moscou au régime syrien, l’annexion de la Crimée puis l’insurrection prorusse dans l’est de l’Ukraine, les accusations d’ingérence russe dans la présidentielle américaine ou encore l’empoisonnement de l’ex-espion russe Sergueï Skripal, à l’origine d’une vague historique d’expulsion de diplomates, y compris américains.

La rencontre intervient aussi dans un contexte où Donald Trump fait bouger les lignes diplomatiques en se brouillant avec ses alliés européens au G7 ou en rencontrant le leader nord-coréen Kim Jong Un.

Lors de cette rencontre seront abordés « l’état actuel et les perspectives de développement des relations russo-américaines » ainsi que les principaux sujets internationaux, a indiqué le Kremlin dans un communiqué.

« Les deux leaders vont discuter des relations entre les Etats-Unis et la Russie ainsi que d’un certain nombre de sujets liés à la sécurité nationale », a précisé de son côté la Maison Blanche.

Affirmant mercredi soir son intention d’évoquer notamment les crises en Syrie et en Ukraine avec son homologue, Donald Trump s’est montré prudemment optimiste: « Peut-être que cela aboutira à des choses positives », « beaucoup de bonnes choses peuvent intervenir lorsqu’on rencontre les gens ».

– Après la finale du Mondial –

L’accord pour organiser ce sommet, surveillé de très près aux Etats-Unis où la Russie est accusée d’avoir œuvré en faveur de l’élection de Donald Trump, a été finalisé mercredi lors d’une visite à Moscou du conseiller à la sécurité nationale de la Maison Blanche, John Bolton.

Vladimir Poutine, qui l’a reçu tout sourire sous les ors du Kremlin, a affirmé espérer « ne serait-ce que des premiers pas pour rétablir des relations complètes », assurant n’avoir « jamais aspiré à la confrontation ».

« Il faut malheureusement constater que les relations russo-américaines ne sont pas au meilleur de leur forme », a-t-il ajouté, estimant qu’il s’agissait du « résultat d’une âpre lutte politique interne aux Etats-Unis ».

Le dernier entretien entre les deux chefs d’État remontent à une brève discussion en marge d’un sommet du G20 au Vietnam en novembre dernier. Ils cherchent à se rencontrer depuis la réélection, en mars, de Vladimir Poutine pour un quatrième mandat courant jusqu’en 2024.

Selon le Kremlin, le sommet devrait comporter un tête-à-tête, un repas de travail, une conférence de presse conjointe et la publication d’une déclaration commune.

Avant cette rencontre, Donald Trump doit assister au sommet de l’Otan prévu les 11 et 12 juillet à Bruxelles puis il est attendu à Londres le 13.

Le 15 juillet, Vladimir Poutine devrait assister à la finale du Mondial de football.

Avant de repartir de Moscou, John Bolton a expliqué qu’il était « important que ces deux leaders de deux pays à l’importance critique se rencontrent pour discuter de leurs problèmes mutuels et des domaines de coopération ».

« Je n’exclus pas qu’ils arrivent à des accords concrets mais il y a de nombreux sujets à aborder », avait-il ajouté.

Le sommet devrait également permettre d’aborder les questions du désarmement, alors qu’aussi bien Moscou que Washington ont fait ces derniers mois des déclarations martiales sur le renforcement de leurs capacités militaires.

Romandie.com avec(©AFP / 28 juin 2018 14h38)

USA-Russie: Poutine discute avec le conseiller de Trump des « premiers pas » d’un rapprochement

juin 27, 2018

Le président russe Vladimir Poutine (gauche) reçoit John Bolton (droite), conseiller du président américain Donald Trump, le 27 juin 2018 au Kremlin / © POOL/AFP / Alexander Zemlianichenko

Vladimir Poutine a discuté mercredi avec le conseiller à la sécurité nationale de Donald Trump, John Bolton, des « premiers pas » à effectuer pour améliorer des relations au plus bas depuis la Guerre froide, avant un possible sommet entre les deux présidents.

Empoisonnées par le conflit syrien, la crise ukrainienne et les accusations d’ingérence russe dans la présidentielle américaine de 2016, les relations entre Moscou et Washington n’ont cessé de se dégrader ces dernières années et les deux chefs d’Etat ne se sont plus vus depuis novembre 2017.

Donald Trump, qui a évoqué la semaine dernière une possible rencontre en juillet, a mandaté son conseiller à la réputation de « faucon » à Moscou pour tenter d’en poser le cadre.

La visite du conseiller américain, reçu sous les ors du Kremlin, « donne l’espoir que nous pouvons faire ne serait-ce que des premiers pas pour rétablir des relations complètes entre nos Etats », a déclaré M. Poutine au début de l’entretien, retransmis à la télévision.

« Il faut malheureusement constater que les relations russo-américaines ne sont pas au meilleur de leur forme », a regretté le président russe, estimant qu’il s’agit du « résultat d’une âpre lutte politique interne aux Etats-Unis ».

« La Russie n’a jamais aspiré à la confrontation », a-t-il affirmé, répétant vouloir rétablir des « relations complètes sur la base de l’égalité et du respect mutuel ».

« J’espère que nous pourrons, comme lors des discussions avec vos collègues, discuter de la possibilité d’améliorer la coopération entre la Russie et les Etats-Unis », a répondu M. Bolton, qui donnera une conférence de presse à 16H30 GMT pour faire le bilan de sa visite.

« Même dans le passé, lorsque nos pays connaissaient des divergences, nos dirigeants et leurs conseillers se rencontraient et je pense que c’était bénéfique pour les deux pays, bénéfique pour la stabilité mondiale et le président Trump a cela à coeur », a-t-il ajouté.

Donald Trump, en fonctions depuis début 2017, et Vladimir Poutine ne se sont rencontrés jusqu’à présent qu’en marge de réunions internationales, la dernière fois en novembre dernier au Vietnam.

– Où et quand? –

Le conseiller à la sécurité nationale du président américain Donald Trump, John Bolton (gauche), et le ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov, le 27 juin 2018 au Kremlin. / © Russian Ministry of Foreign Affairs/AFP / Eduard Pesov

Au cœur de toutes les spéculations, cette éventuelle rencontre des deux dirigeants sera scrutée avec une attention particulière, notamment en raison des accusations d’ingérence russe dans la présidentielle américaine de 2016, que la Russie dément.

Le tête-à-tête entre Vladimir Poutine et Donald Trump pourrait avoir lieu dans une capitale européenne juste avant ou après le sommet de l’Otan prévu les 11 et 12 juillet à Bruxelles, selon des médias russes et étrangers.

Début juin, Vladimir Poutine avait indiqué qu’il était prêt à rencontrer Donald Trump, précisant que beaucoup de pays, dont l’Autriche, étaient disposés à accueillir cet événement.

Cette semaine, le quotidien américain en ligne Politico a cependant rapporté que la rencontre pourrait être organisée à Helsinki, la capitale finlandaise, au lieu de Vienne.

Le Kremlin a répété mercredi qu’il était trop tôt pour annoncer une date et un lieu pour ce sommet très attendu.

Avant de rencontrer Vladimir Poutine, M. Bolton s’est entretenu pendant une heure et demi avec le chef de la diplomatie russe Sergueï Lavrov, avec qui il a évoqué, outre les relations bilatérales, les dossiers syrien et ukrainien, d’après un communiqué du ministère russe des Affaires étrangères.

La détérioration des relations entre Moscou et Washington n’a pas pu être enrayée par l’arrivée au pouvoir de Donald Trump, qui avait pendant la campagne électorale assuré vouloir réconcilier l’Amérique avec la Russie de Vladimir Poutine. En avril, Washington a une nouvelle fois durci ses sanctions contre Moscou.

Romandie.com avec(©AFP / 27 juin 2018 15h48)

Russie: Poutine prête serment pour un quatrième mandat et propose Medvedev comme Premier ministre

mai 7, 2018

Vladimir Poutine prête serment lors d’une cérémonie au Grand palais du Kremlin à Moscou, le 7 mai 2018 / © SPUTNIK/AFP / Yekaterina SHTUKINA

Vladimir Poutine a prêté serment lundi pour un quatrième mandat à la présidence de la Russie qui le mènera au pouvoir jusqu’en 2024, après déjà 18 années aux commandes du pays en tant que chef de l’Etat ou du gouvernement.

Peu après la cérémonie, M. Poutine a une nouvelle fois proposé au poste de Premier ministre Dmitri Medvedev, dont la candidature devrait sans surprise être acceptée mardi par la Douma, la chambre basse du Parlement.

Président de 2008 à 2012 mais impopulaire et marginalisé au cours du mandat précédent de Vladimir Poutine, M. Medvedev n’a jamais été désavoué par son mentor auquel il voue une loyauté inflexible.

« Je considère comme mon devoir et le sens de ma vie de faire tout mon possible pour la Russie, pour son présent et pour son avenir », a déclaré Vladimir Poutine après avoir prêté serment, la main sur la Constitution, lors d’une cérémonie solennelle au Grand palais du Kremlin, en présence des présidents des deux chambres du Parlement et celui de la Cour constitutionnelle.

Réélu en mars avec 76,7% des voix, le score le plus élevé depuis son arrivée au pouvoir, M. Poutine s’est imposé plus que jamais comme l’homme fort d’une Russie qu’il a replacée au premier rang sur la scène internationale, au prix de tensions croissantes avec les Occidentaux.

« Je ferai tout pour augmenter la puissance, la prospérité et la gloire de la Russie », a assuré le président devant les députés, les sénateurs et de nombreuses personnalités du monde culturel russe réunis au Kremlin.

Quelques heures après l’investiture, Vladimir Poutine a publié un décret dans lequel il annonce ses objectifs pour son nouveau mandat, notamment réduire le taux de pauvreté et amener l’espérance de vie à 78 ans en 2024, contre un peu plus de 72 ans aujourd’hui.

Le président américain Donald Trump a été l’un des premiers dirigeants occidentaux à féliciter M. Poutine pour son investiture, disant avoir « hâte de parvenir à un moment où (les Etats-Unis) pourront avoir une bonne relation avec la Russie », selon sa porte-parole.

– « Nouvelle qualité de vie » –

Si Vladimir Poutine a fait des déclarations martiales pendant sa campagne électorale et vanté les missiles nucléaires « invincibles » de la Russie, il a assuré après sa réélection vouloir réduire les dépenses militaires en 2018 et 2019 et réfuté toute « course aux armements ».

« Une nouvelle qualité de vie, la prospérité, la sécurité, la santé des gens (…) c’est ce qui est au centre de notre politique », a affirmé lundi M. Poutine.

Son mandat précédent a été marqué par une crise inédite entre la Russie et les Occidentaux, provoquée notamment par le conflit ukrainien, à l’origine de lourdes sanctions visant Moscou, la guerre en Syrie et les accusations d’ingérence russe dans l’élection de Donald Trump en 2016.

La confrontation s’est encore accentuée depuis que Londres a accusé Moscou d’avoir empoisonné un ex-agent double russe au Royaume-Uni, ce qui a provoqué une avalanche d’expulsions croisées de diplomates à travers le monde. Vladimir Poutine a qualifié ces accusations de « grand n’importe quoi ».

Le scrutin que M. Poutine a remporté, arrivant très loin devant ses adversaires, avait été qualifié de « transparent au maximum » par la Commission électorale. L’opposition et des ONG russes avaient de leur côté fait état de milliers d’irrégularités.

– « Pas d’autre candidat » –

La cérémonie d’investiture a été précédée par une série de manifestations anti-Poutine organisées samedi dans toute la Russie à l’appel du principal opposant au Kremlin, Alexeï Navalny, qui ont débouché sur quelque 1.600 arrestations dont celle de M. Navalny.

Déclaré inéligible en raison d’une condamnation pénale qu’il estime orchestrée par le Kremlin, Alexeï Navalny n’avait pas pu se présenter à l’élection présidentielle. Sur Twitter, l’opposant a déclaré après la nomination de M. Medvedev que « presque tout va dépendre de lui: du prix des transports à votre salaire ».

Alexeï Navalny avait publié l’an passé une vidéo vue 25 millions de fois sur YouTube, dans laquelle il accusait Dmitri Medvedev de se trouver à la tête d’un empire immobilier financé par les oligarques du pays.

Vladimir Poutine devrait désormais rester à la tête de la Russie jusqu’en 2024, année où il fêtera ses 72 ans. Interrogé le soir de sa réélection sur l’éventualité d’une nouvelle candidature à l’issue de ce mandat, il avait répondu: « Vous devez plaisanter! Qu’est-ce je dois faire? Rester ici jusqu’à mes 100 ans? Non ».

Sauf réforme constitutionnelle, il ne pourra pas être à nouveau candidat en 2024, la Constitution russe interdisant de briguer plus de deux mandats consécutifs.

Selon des experts, le président russe pourrait mettre à profit les six prochaines années pour préparer un successeur. Mais pour l’instant, il s’est gardé de donner la moindre indication sur la personne qu’il pourrait envisager.

« Je ne vois pas d’autre candidat qui pourrait le remplacer… Chaque année, la Russie devient meilleure, plus forte et plus belle », a déclaré à l’AFP Aliona Kozeleva, assistante commerciale, alors qu’elle se dirigeait lundi vers son travail dans un grand magasin moscovite.

Romandie.com avec (©AFP / 07 mai 2018 21h21)                  

Incendie en Sibérie: au moins 41 enfants tués, Poutine dénonce une « négligence criminelle »

mars 27, 2018

Le président russe Vladimir Poutine à Kemerovo, en Sibérie, le 27 mars 2018 / © SPUTNIK/AFP / Alexei Druzhinin

Vladimir Poutine s’est rendu mardi en Sibérie sur les lieux de l’incendie qui a fait au moins 64 morts, dont 41 enfants, dans un centre commercial, dénonçant une « négligence criminelle » tandis que la colère monte en Russie.

Près de deux jours après cet incendie que les autorités attribuent à de nombreuses violations des règles de sécurité, même si les circonstances du départ de feu n’ont pas encore été établies, le président tout juste réélu a rendu visite à des victimes hospitalisées et déposé une gerbe sur le site de l’incendie dans la ville de Kemerovo.

« Le premier sentiment quand on parle du nombre d’enfants morts, ce n’est pas de pleurer, c’est de hurler. Et quand on écoute ce qui se dit ici, franchement, d’autres sentiments surgissent », a déclaré le président russe.

Alors que le bilan officiel est toujours d’au moins 64 morts, une source au sein des services d’urgence régionaux a déclaré à l’agence Ria Novosti que 41 enfants figuraient parmi eux.

Mais ce bilan pourrait n’être que provisoire, une liste de 85 personnes portées disparues ayant été établie par les habitants de Kemerovo, selon l’agence de presse Interfax. Parmi celles-ci figurent probablement des personnes mortes dans l’incendie. L’identification des corps s’avère très difficile et seulement 21 ont pu jusqu’à présent être remis aux familles.

Mardi, des centaines d’habitants se sont réunis dans le centre-ville de Kemerovo, une cité industrielle de plus de 500.000 habitants, réclamant notamment la démission des autorités locales. De vifs échanges ont opposé des habitants et le vice-gouverneur de la région, Sergueï Tsiviliev, qui s’est agenouillé pour leur demander pardon.

« Mon opinion, c’est que le gouvernement qui mène ce pays est coupable. Le nombre de pompiers n’était pas suffisant. Le pays le plus riche manque d’hélicoptères. Et pourquoi? +Il n’y a pas d’argent, mais tenez bon+! », a déclaré un manifestant, selon des images diffusées sur Twitter, faisant référence à des propos du Premier ministre Dmitri Medvedev qui avaient fait scandale en 2016.

– Système d’alerte en panne –

Vladimir Poutine s’est entretenu avec plusieurs hauts responsables locaux et nationaux, mettant en cause les négligences constatées par les autorités. « Que se passe-t-il ici? Il ne s’agit pas d’actions armées, il ne s’agit pas d’une fuite inattendue de méthane dans une mine. Des personnes, des enfants étaient venus ici pour se détendre », a-t-il déclaré.

« On parle de problèmes démographiques mais trop de gens meurent et à cause de quoi? A cause d’une négligence criminelle, de laisser-aller », a-t-il poursuivi, selon des propos retransmis par le site du Kremlin, promettant une « enquête transparente ».

Lors de cette réunion, le directeur du comité d’enquête, Alexandre Bastrykine, a précisé que le système d’alarme automatique du centre commercial ne fonctionnait plus depuis le 19 mars et qu’aucune mesure n’avait été prise pour le réparer.

Il a ajouté que plusieurs employés du centre commercial avaient fui les lieux au début de l’incendie, laissant les victimes enfermées à l’intérieur des salles de cinéma fermées à clé. « Ces employés qui étaient en charge de la sécurité, d’organiser les évacuations, ils ont été les premiers à fuir », a-t-il dit.

Un blessé de 18 ans ayant échappé à l’incendie en sautant du 4ème étage, Ivan Zavarzine, a expliqué à Vladimir Poutine que « beaucoup de gens n’ont pas cru à la gravité de ce qui se passait durant les premières minutes, ils croyaient que c’était un exercice », selon le site du Kremlin.

– Colère à Kemerovo –

Le comité d’enquête, l’instance chargée des principales investigations criminelles en Russie, a dit avoir découvert des « violations flagrantes » des règles de sécurité, tant dans la construction que dans la mise en exploitation de ce centre commercial qui avait ouvert en 2013.

Cinq personnes ont été arrêtées, parmi lesquelles le locataire du local où s’est déclenché l’incendie, le directeur de la société gérant le centre commercial et un membre d’une société chargée de la sécurité, soupçonné de n’avoir pas activé le système manuel d’alerte quand l’incendie a éclaté.

De nombreuses rumeurs circulent à Kemerovo dans la population évoquant un nombre plus élevé de victimes que le chiffre officiel, ce qui a poussé le maire Ilia Serediouk a ouvrir les morgues de la ville à un groupe de protestataires.

Une journée de deuil national sera observée en Russie mercredi suite à cette tragédie.

Tous les ans, de nombreuses personnes périssent dans des incendies en Russie, souvent en raison d’une application laxiste des règles de sécurité. En décembre 2015, 23 patients d’un hôpital psychiatrique du sud-ouest de la Russie avaient péri dans l’incendie d’un bâtiment en bois.

En 2013, deux autres incendies dans des établissements psychiatriques avaient provoqué la mort de respectivement 37 et 38 personnes. Le pire incendie de l’histoire récente russe s’est produit dans une boîte de nuit de Perm, en 2009, où avaient péri 156 personnes.

Romandie.com avec(©AFP / 27 mars 2018 14h45)                

Depuis le Mexique, les Pussy Riot rejettent la réélection de Poutine

mars 19, 2018

/ © AFP / PEDRO PARDO

Le groupe contestataire russe féminin Pussy Riot, présent au Mexique dans le cadre d’un festival de musique, a rejeté la réélection de Vladimir Poutine en Russie.

« Vladimir Poutine vient de remporter les élections pour la quatrième fois. Nous avons créé ce groupe car nous ne le voulions pas comme président, et cela s’est transformé ensuite en un mouvement international. D’ailleurs, chacune peut devenir une Pussy Riot, vous toutes pouvez être des Pussy Riot », a déclaré dimanche soir sur scène Nadejda Tolokonnikova, leader du groupe punk contestataire.

Peu avant de monter sur la scène du festival Vive Latino à Mexico, le groupe a lancé son dernier single intitulé « Elections ». « Devinez qui va gagner? », ont écrit les Pussy Riot sur Twitter.

Le groupe a également dénoncé la vague de féminicides qui secoue le Mexique, où, selon l’ONU, 7,5 femmes sont tuées chaque jour.

Les Pussy Riot, trois jeunes femmes accompagnées parfois d’un groupe d’activistes plus large, sont connues depuis qu’en 2012, année de la précédente élection présidentielle russe, elles avaient été arrêtées pour avoir « profané » la cathédrale du Christ-Sauveur à Moscou au cours d’une « prière punk » qui critiquait ouvertement le président russe.

Leur condamnation à deux ans de camp de travail pour « hooliganisme » et « incitation à la haine religieuse » avait provoqué une vague de protestation dans les pays occidentaux. Deux d’entre elles ont effectué la quasi-totalité de leur peine avant d’être amnistiées fin 2013 par Vladimir Poutine à la veille des JO de Sotchi.

Romandie.com avec(©AFP / 19 mars 2018 20h02)

Ex-espion empoisonné: le Kremlin juge « impardonnable » de mettre en cause Poutine

mars 16, 2018

Moscou – Le Kremlin a jugé vendredi « impardonnable » de désigner personnellement le président russe Vladimir Poutine comme responsable de l’empoisonnement en Angleterre d’un ex-espion russe, comme l’a fait le chef de la diplomatie britannique Boris Johnson.

« Toute mention ou référence à notre président n’est rien d’autre que choquant et impardonnable en termes d’étiquette diplomatique », a déclaré le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov, cité par les agences de presse russes.

M. Peskov réagissait aux propos du ministre des Affaires étrangères britannique Boris Johnson qui a jugé « probable » vendredi que le président Vladimir Poutine avait « ordonné » l’utilisation de la substance contre Sergueï Skripal.

« Nous pensons qu’il est extrêmement probable qu’il s’agisse de sa décision d’ordonner l’utilisation d’un agent neurotoxique dans les rues du Royaume-Uni, dans les rues de l’Europe, pour la première fois depuis la Seconde Guerre mondiale », a déclaré M. Johnson.

L’empoisonnement en Angleterre le 4 mars de l’ex-agent double russe Sergueï Skripal et de sa fille Ioulia, hospitalisés dans un état critique, a pris ces dernières heures des allures de confrontation Est-Ouest.

Londres, Berlin, Paris et Washington ont publié un communiqué commun déclarant que la responsabilité de Moscou était la seule explication « plausible » à cette attaque commise, selon le Royaume-Uni, au moyen d’un agent innervant appartenant au groupe des agents « Novitchok » mis au point par la Russie.

La Première ministre Theresa May a annoncé mercredi une série de sanctions contre Moscou, dont l’expulsion de 23 diplomates russes et le gel des contacts bilatéraux.

La Russie, qui rejette ces accusations, a promis des mesures de représailles « d’une minute à l’autre ».

Romandie.com avec(©AFP / 16 mars 2018 13h48)