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Le parquet ordonne une enquête sur la manifestation anti-américaine à Paris

septembre 16, 2012
Le parquet de Paris a ordonné une enquête sur la manifestation la veille devant l’ambassade des Etats-Unis, qui visait à protester contre une vidéo islamophobe et qui a abouti à 152 interpellations. Cette enquête sur « une manifestation non autorisée sur la voie publique » aura notamment pour objet d’en identifier les organisateurs. Parmi les 200 à 250 manifestants, beaucoup avaient expliqué être venus après avoir reçu des SMS ou des messages sur les réseaux sociaux. Les manifestants s’étaient rassemblés place de la Concorde à Paris pour protester contre la vidéo « Innocence of muslims » (« L’innocence des musulmans ») qui a embrasé le monde musulman, provoquant 17 décès.

Le ministre de l’Intérieur Manuel Valls, qui s’exprimait un peu plus tôt sur France 2, a jugé que ce rassemblement non-déclaré était « inaccepeptable ». Ses participants « caricaturent l’islam tel qu’il est pratiqué dans notre pays », a-t-il déclaré, prévenant qu’il n’accepterait pas plus les « prières de rue » ou la présence de « femmes entièrement voilées » dans la rue. « Je ne permettrai pas que des slogans hostiles à des pays alliés, à nos valeurs, puissent se faire entendre dans nos rues. Je serai extrêmement ferme », a-t-il encore averti.

« Notre société a besoin d’apaisement »

Selon lui, parmi les manifestants de la Concorde, « il n’y avait pas que des jeunes », mais aussi « des petits groupes agissant que nous connaissons dans nos quartiers, qui prônent un islamisme radical ». « N’oublions pas au mois de mars ce qui s’est passé à Toulouse », avec les tueries de Mohamed Merah commises au nom d’al-Qaida. « A travers internet, à travers des déplacements dans des pays comme l’Afghanistan ou le Pakistan, il y a des jeunes dans nos propres quartiers qui peuvent être touchés par cette idéologie de la haine ». « La menace est là », a-t-il mis en garde.

« Notre société a besoin d’apaisement. Regardons ce qui se passe dans le monde. A partir de ce film insignifiant, insupportable, caricatural, vulgaire, on en vient à tuer des gens, assassiner l’ambassadeur des Etats-Unis en Libye qui avait fait beaucoup pour la libération de ce pays », a-t-il dit. « Nous ne pouvons tolérer (…) que dans notre société même il y en ait qui profitent de ce type d’événements pour s’en prendre à la concorde nationale, au vivre-ensemble de nos sociétés », a dit le ministre, déterminé à « utiliser toutes les armes que la loi nous donne pour combattre ce discours de haine ».

Lefigaro.fr avec FP

Lieux d’aisance

juin 28, 2012

Lieux d'aisance Lieux d’aisance

C’était en 1988. Je venais d’arriver en France. Un soir, je me retrouve dans le quartier des Halles, rue Pierre-Lescot. Soudain, j’ai une envie pressante. Je me dis que je ne peux pas me soulager n’importe où, question de dignité et de savoir-vivre. Je cherche et trouve une bouche d’égout, dans un coin sombre. Ma préoccupation : ne pas polluer gratuitement l’air ambiant. À l’époque, si mes souvenirs sont bons, on n’insistait pas encore sur la protection de l’environnement. J’étais donc déjà écologiste sans le savoir.

Alors que je remplis ce devoir tout à fait naturel dans la nuit parisienne, deux policiers surgissent. « Qu’est-ce que vous faites, monsieur ? » me demande l’un d’eux. Sans hésiter, je réponds : « Je pissais. » L’autre policier passe à l’offensive : « Vous croyez que c’est l’endroit approprié ? » En toute bonne foi, je rétorque : « J’ai choisi une bouche d’égout. Je n’ai donc pas souillé le sol. » Pas convaincu, l’agent de l’ordre me demande mes papiers. Je lui tends mon passeport. Il l’examine et me pose cette question inattendue : « Donc, au Zaïre, les journalistes pissent dans la rue ? » Silence gêné de ma part. Il enchaîne : « Veuillez nous suivre. » Je m’exécute et me retrouve dans un fourgon de police. Sur le procès-verbal qui est dressé, je lis cette phrase mémorable qui qualifie mon infraction : « Épanchement d’urine sur la voie publique » !

Pas de papier hygiénique, pas de savon

Vous vous demandez sans doute pourquoi je reviens sur cette anecdote très ancienne. La raison est claire : je n’ai pas encore vu de vespasiennes dans toutes les villes du continent dont mes pieds ont foulé le sol. Ce que j’ai vu, ce sont des femmes et des hommes, toute pudeur bue, qui retroussent leurs pagnes ou descendent leurs pantalons pour se soulager en pleine rue. Pourtant, quand on parle d’infrastructures, la construction de latrines doit figurer parmi les priorités. On ne doit pas badiner avec l’hygiène publique.

Qu’en est-il de la propreté des toilettes dans les bâtiments officiels ? Comme moi, vous avez lu et relu cent fois un bout de papier affiché sur le mur où on vous demande de bien vouloir laisser les lieux dans l’état où vous les avez trouvés, c’est-à-dire propres. En réalité, cette propreté n’est que virtuelle. Je me souviens, comme si c’était hier, d’un séjour dans une capitale du continent. J’avais rendez-vous dans un ministère important. L’entretien terminé, un besoin pressant me tenaille dans le couloir. Je cherche vite une porte avec l’inscription WC. En vain. À l’instinct, j’ouvre une porte. Un cabinet est bien là, mais l’intérieur est noir charbon. Pas de papier hygiénique. Pas de savon. Je me sauve. Deuxième porte, même constat. Dans le couloir, un monsieur apparaît. Je lui pose mon problème. Il me conduit vers une jolie porte fermée à clé, ouvre une deuxième porte et me montre des toilettes acceptables. Mais la chasse d’eau ne fonctionne plus. Le robinet du lavabo est sec. Dire que c’est réservé aux cadres !

Un doute ? Vous n’avez qu’à inspecter les toilettes des bars, de certains hôtels, des stades, des sièges des parlements, des écoles, des universités – j’en passe – dans vos pays respectifs. Bien entendu, mes amis d’Afrique centrale me diront, dans leur sagesse infinie : « Les microbes ne tuent pas les nègres ! » De quoi meurent-ils donc ? « Ce sont les sorciers qui les mangent. » À vérifier ! 

Jeuneafrique.com par Tshitenge Lubabu M.K.