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Tanzanie: Célébration du 100e anniversaire de la naissance de Laurean Rugambwa, Premier Cardinal Africain

octobre 6, 2012

Après le transfert, hier, 6 octobre,  du corps de Laurean Rugambwa, premier Cardinal Africain, de l’église de Kashozi, première mission dans la région de Kagera, à la nouvelle Cathédrale de Dar-es-Salam, où s’est  développée une dévotion pour lui rendre hommage, de pionnier de cette voie royale des Cardinaux Africains. Ce dimanche 7 octobre 2012, une grande messe œcuménique sera célébrée pour le 100e anniversaire de sa naissance.

Laurean Rugambwa, Premier Cardinal Africain

12 juillet 1912-12 juillet 2012, voilà maintenant 100 ans que naissait Laurean Rugambwa, Premier Cardinal Africain de Domitiani Rushubirwa, son père et de Asteria Mukaboshezi, sa mère, deux parents issus du rameau aristocratique au parfum royal. Obéissant à la tradition africaine à cette époque, où le nom de l’enfant était source d’inspiration, le tien avait une signification prophétique et sémantique Rugambwa, qui veut dire «le renommé».

Soucieux de s’abreuver des rudiments et nutriments de la parole de Dieu pour enrichir son âme au regard de l’interdit affiché par le chef de la localité qui brillait par un athéisme notoire, et, attiré par le désir ardent d’apprendre et d’ajouter une nouvelle forme d’éducation à côté de celle des parents, il se démarquait dans l’ardeur de la jeunesse, après l’éclosion de l’enfance, à parcourir 20 km chaque jour pour suivre son catéchisme à la Paroisse Kagondo.

Assidu et dévoué, il fut baptisé par le Fr. Emil Verfurth, un Missionnaire de l’Afrique (Père Blanc) le 21 mars 1921. Il rentrait dans la grande famille des chrétiens, complétant la longue liste des enfants de Dieu. Son sacrement était une impulsion donnant la permission à l’ouverture, au cours de la même année, d’une paroisse dirigée par des prêtres diocésains indigènes à Rutabo. Une manière pour lui de poursuivre son enseignement primaire dans le village.

le jeune Rugambwa

le jeune Rugambwa au séminaire

Grandissant dans le milieu religieux, admiré et apprécié, docile et sage comme une image, il prenait racine au milieu des Pères blancs, qui le distinguait et le remarquait pour être choisi parmi tant de jeunes de la paroisse afin d’entrer en 1926 au petit séminaire de Rubya où il était resté jusqu’en 1933 avant d’aller au grand séminaire de Katigondo en Ouganda. Il eût pour professeur dans cet établissement religieux Joseph Kiwanuka qui deviendra plus tard l’évêque de Masaka.

Ordonné prêtre le 12 décembre 1943, à Rutabo par l’évêque Burchard Huwiler – une année après les abbés Auguste Roch Nkounkou et Eugène Kakou, au Moyen-Congo, actuel Congo-Brazzaville – il fût nommé à la paroisse Kagondo avant d’aller à la paroisse Rubya.

Fier de parler de sa foi, il exposait avec une belle étoffe mais aussi une réelle assurance et une belle prestance, l’intérêt que procurait le travail pastoral dans une Afrique qui cherchait la voie de son émancipation par l’indépendance. Avec un humour propre à sa nature et à sa stature, il avait une bicyclette qui lui permettait de parcourir plus de 50 kilomètres, uniquement pour servir le Christ, à travers les hommes.

Transféré à la paroisse Kashozi en 1948, la paroisse la plus vieille du diocèse, il l’animait avec une vivacité d’esprit malgré sa longue distance de la ville de Bukoba.

L’administration de la cité romaine voyant grandir le diocèse de Bukoba, tenta de le diviser pour expérimenter sa gestion qui serait entre les mains d’un vicaire noir donnant à Laurean Rugambwa la chance de partir à Rome s’inscrivant dans la lignée de Masaka en Ouganda. Il devrait, à cet effet, approfondir son instruction. Logé au Collège (à l’Université) du Saint Père, il étudia le Droit canon au Pontifical Urban College les deux établissements réputés pour la propagation de la Foi.

De retour au bercail – féru de culture biblique d’une grande disctinction et d’une forte propension de la foi – avec son diplôme de doctorat en droit canon, il était nommé à Rubya et plus tard à Kashozi parce que d’une part en 1948, l’Évêque Burchard Huwiler de Bukoba ayant atteint l’âge de 80 ans – celui de la plénitude – et comme sa santé périclitait, il s’était retiré (en retraite); d’autre part, l’évêque Tetrault qui était nommé pour le remplacer, deux ans, après ses fonctions, sa santé s’était aussi finalement détériorée, il mourrait en 1951. Il bénéficiait de l’idée de séparer le Vicaire.

Le 16 décembre 1951, Laurean Rugambwa était nommé proposé de l’évêque du nouveau Vicaire du Plus bas Kagera, coupé de Bukoba Vicaire avec 5 paroisses et 17 prêtres indigènes. Il était sacré évêque le 10 février 1952.

Devant l’augmentation de la taille des chrétiens, en 1953, il était fort utile d’élever le vicariat au rang de diocèse de Rutabo pour confier sa gestion à un clergé uniquement africain afin de tester sa capacité de gestion, une manière dans cette évidence de se prendre en charges et de chercher des finances sans soutien extérieur. Il fallait se tourner sur le soutien local dont il réussit la mission pour le bon fonctionnement du diocèse.

Rugambwa, « le renommé » comme l’indique son nom – dans les arcanes de sa tradition parentale – rentrait dans la renommée, le 20 mars 1960 en qualité de Premier Cardinal Africain dans l’histoire de l’Église africaine où le Pape Jean XXIII, le créait et l’élevait à cette haute dignité et magnanimité pour l’accomplissement, l’affermissement de sa foi et l’amour de son travail le mieux accompli. Il imposait à l’évêque de Bukoba, au Tanganyika, premier Africain de peau noire, la barrette de Cardinal, le décorant à la fois de la pourpre romaine. Évévènement qui suscitait l’admiration et l’émotion. 

Transféré au diocèse de Bukoba qui avait été coupé en deux avec une partie devenant le diocèse de Rulenge sous l’êvêque Alfred Lanctot celui-ci comprenait les quartiers de Karagwe, Bihamulo et Ngara.

Énergique ,  lumière de la nation et fer de lance du peuple, à la fibre sensible, il organisait sa communauté dans la formation des guides sociaux, spécialisés pour orienter des hommes et des femmes à l’étranger comme ferment et sarment du développement national. Cette stratégie avait permis de préparer une bonne crème d’intellectuels qui a obtenu des bourses et des trousses grâce à ses nombreuses relations pour devenir des leaders dans toutes les sphères de la société.

Laurean Rugambwa avait joué un rôle prépondérant dans la création des infrastructures scolaires et sanitaires, gages indispensables d’une population en quête d’éducation , d’instruction et de soins de santé primaire pour la sortir de la pauvreté. On garde de lui les meilleurs souvenirs d’un grand et noble pasteur qui a laissé à ses brebis le Centre de Jeunesse de Don Bosco dirigé par les Pères Salésiens pour l’encadrement des jeunes mais aussi une librairie de la Cathédrale avec Pauline Sisters qui est professionnel dans des publications de livre et la distribution, sans oublier des écoles notamment le petit séminaire de Visiga, le grand séminaire de Ntungamo, le collège d’enseignement général des filles, en 1964, appelé après lui «le collège d’enseignement général Rugambwa» ainsi que les hôpitaux de Rubya et de Mugana qui continuent à perpétuer sa mémoire inscrivant dans l’histoire son nom pour l’éternité. Avant la fin de son apostolat et de sa vie, il avait fondé la congrégation des religieuses des Petites sœurs de Saint François d’Assise pour Dar-es-salaam pesant de tout son poids pour fonder l’Université Sainte Augustine de la Tanzanie, le plus grand institut catholique du pays.

Archevêque émérite de Dar-es-Salaam, en 1969, cinq ans après la création de la Tanzanie, homme de dialogue et de consensus entre les différentes communautés religieuses catholiques, protestantes et musulmanes dont il était demeuré, sans conteste, le patriarche aimé et sollicité; tête de pont et de proue de négociation avec le gouvernement jusqu’en 1992, année de ses 80 ans où il annonçait sa retraite pastorale.

Son Éminence, le Cardinal Laurean Rugambwa, est mort, à l’âge de 85 ans, dans la nuit du 8 décembre 1997. Un heureux et joyeux anniversaire du 100e de sa naissance est conjointement célébré ce dimanche 7 octobre dans la liesse et la kermesse des Tanzaniens, avec bénédiction et consécration de la Cathédrale renovée de Dar-es-Salam où désormais repose  le Premier Cardinal Africain Laurean Rugambwa.

Bernard NKOUNKOU

 

Côte d’Ivoire : après la démission de Soro, son avenir politique en question

mars 10, 2012

La démission de Guillaume Soro du poste de Premier ministre  ivoirien,  lui ouvre une voie royale vers la présidence de l’Assemblée nationale  et  pourrait faire de lui le dauphin constitutionnel estiment vendredi ses   partisans et dénoncent ses opposants.

L’élection du président de l’Assemblée nationale ivoirienne, deuxième personnage de l’Etat et dauphin  constitutionnel est prévue pour lundi prochain à Yamoussoukro, la capitale  politique (centre).

Guillaume Soro, élu député de la circonscription électorale de Ferkéssédougou  (nord), pourrait se présenter à ce scrutin, selon une source politique.

Jeudi, M. Soro et son gouvernement ont démissionné près de trois  mois après les élections législatives de fin 2011. Une démission acceptée par le  président ivoirien Alassane Ouattara qui a rendu un vibrant hommage à son « jeune  frère ».

« Il a brillamment occupé ce poste de Premier ministre », s’est félicitée Me  Affousy Bamba, membre de l’ex-rébellion des Forces nouvelles (FN, en voie de  dissolution), dont Soro est le chef.

« Il a démontré sa capacité à diriger. Je n’ai aucun doute qu’il ferait son  travail, si demain il était élu président de l’Assemblée nationale », a affirmé à  l’AFP Me Bamba, se présentant comme son « compagnon de lutte ».

« Qu’il rende sa démission ou qu’il soit pressenti comme président du  parlement, le plus important pour les Ivoiriens, est de retrouver la vraie  démocratie, la sécurité et la réconciliation », souligne Alphonse Douati, un  responsable du Front populaire ivoirien (FPI), le parti de l’ex-président  ivoirien Laurent Gbagbo.

« Tout le reste n’est qu’un jeu de passe-passe entre copains ou on remplace  Pierre par Paul », a-t-il poursuivi, déplorant un « calcul politicien ». De  Guillaume Soro, il retient surtout l’image de « père de la rébellion en  2002 ».

Le poste de Premier ministre avait été promis fin 2010 au Parti démocratique  de Côte d’Ivoire (PDCI) de l’ancien président Henri Konan Bédié dans une  alliance politique avec le Rassemblement des républicains (RDR) du président  Alassane Ouattara, lors du scrutin présidentiel de novembre 2010.

« Laissons le destin s’accomplir »

Le PDCI a donc salué cette démission, soulignant une « promesse  tenue ».

« Il est de notoriété publique que le président du PDCI (M. Bédié, NDLR) était  préoccupé par la question et attendait que cette promesse se réalise », écrit le  Nouveau Réveil, le quotidien du PDCI.

Les Ivoiriens ont élu le 28 novembre 2010 Alassane Ouattara mais ce sont les  hommes de Guillaume Soro, plusieurs milliers de combattants de l’ex-rébellion  des Forces nouvelles (FN) rebaptisés Forces républicaines (FRCI), qui ont chassé  Laurent Gbagbo du pouvoir, avec l’appui décisif de l’ONU et de la France.

M. Soro avait alors été alors maintenu à son poste de Premier Ministre à la  fin 2010 gardant le portefeuille de ministre de la Défense, en raison du  contexte sécuritaire très trouble, avec pour mission première de ramener le  calme.

Elu député sous la bannière du RDR qui a obtenu la majorité, M. Soro a  justifié sa démission par le non cumul des mandats. « Ma qualité de député ne  me permet plus d’occuper des fonctions dans le pouvoir exécutif. C’est pourquoi  je décide de rendre ma démission ainsi que celle du gouvernement que j’ai  dirigé », a-t-il déclaré.

« Laissons le destin s’accomplir », a-t-il dit en quittant le palais  présidentiel d’Abidjan au volant de sa voiture, sans garde de corps.

Jeuneafrique.com avec AFP