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Canada-Québec/Marina de Trois-Rivières: le voilier échoué depuis deux ans finalement déplacé

septembre 20, 2021

Une longue saga entre la Marina de Trois-Rivières et un propriétaire de voilier vient finalement de se terminer. En effet, deux ans pratiquement jour pour jour après s’être échoué tout près de la Marina de Trois-Rivières, un voilier de 50 pieds abandonné par son propriétaire a finalement été retiré des eaux du fleuve Saint-Laurent, lundi après-midi au coût de 250 000 $.

Un voilier de 50 pieds abandonné par son propriétaire a finalement été retiré des eaux du fleuve Saint-Laurent lundi, après deux ans.

© OLIVIER CROTEAU Un voilier de 50 pieds abandonné par son propriétaire a finalement été retiré des eaux du fleuve Saint-Laurent lundi, après deux ans.

«C’est finalement la fin de cette saga! De voir enlever ça de notre plan d’eau, cette épave-là qui était dans l’eau depuis deux ans, c’est un soulagement pour nous. […] D’ailleurs, ici, ça aura pris 2 ans, mais il peut arriver dans des situations comme celles-là que des dossiers prennent 10 ans à se régler», souligne d’emblée Mario Cloutier, directeur général de la Marina de Trois-Rivières.

À cet effet, même s’il s’agit de la fin de cette saga pour la Marina de Trois-Rivières, c’est plutôt Transports Canada qui a finalement été mandaté pour prendre en charge l’épave du voilier.

«C’est Transports Canada qui a pris le dossier en main, car le propriétaire ne s’est jamais manifesté. Ils ont donc procédé à des appels d’offres pour trouver une compagnie pour sortir le bateau de l’eau et le démanteler. Donc les frais d’opération d’environ 250 000 $ sont absorbés par Transports Canada et non par la marina», précise M. Cloutier.

Loin d’être une simple opération de retrait des eaux, l’intervention en soi en est plutôt une d’envergure, estime Mario Cloutier.

«On n’est pas impliqué dans l’opération, on ne fait que passer le terrain à Transports Canada, qui a mandaté une compagnie de l’Ontario. Mais ça semble assez compliqué comme opération. Premièrement, ils ont commencé il y a deux semaines par amener l’épave sur le bord. Et pour la sortir de l’eau, ils ont une grue de 350 tonnes. Ce n’est pas simple.»

Une grue de 350 tonnes a été nécessaire pour sortir le voilier de 50 pieds de l’eau.

© JORDAN ELLIOTT Une grue de 350 tonnes a été nécessaire pour sortir le voilier de 50 pieds de l’eau.

Rappelons que le voilier est échoué depuis le 15 octobre 2019 à la Marina de Trois-Rivières. À ce moment, les propriétaires du voilier en question avaient lancé un appel de détresse, demandant refuge à la Marina de Trois-Rivières parce que leur bateau était en train de prendre l’eau et menaçait de couler.

Devant cet appel de détresse, la Marina n’a eu d’autre choix que de prêter assistance au bateau.

«Lorsqu’on leur a prêté main-forte, on a essayé de le sortir, mais notre équipement n’était pas assez fort pour sortir un bateau de ce genre-là. On a donc mentionné au propriétaire les équipements que ça prenait, mais lui ne voulait pas collaborer et payer, donc il a décidé d’abandonner son bateau dans la cour de la marina. On l’a facturé, on a essayé de prendre une entente avec lui, mais plus rien, donc on s’est tourné vers Transports Canada pour qu’il parte de là.»

L’intervention en soi en était une d’envergure.

© OLIVIER CROTEAU L’intervention en soi en était une d’envergure.

Par ailleurs, ce propriétaire de voilier ne semblait pas en être à ses premières frasques avec son voilier avant de s’échouer à Trois-Rivières.

En effet, la Marina avait dès 2019 appris, grâce à la Garde côtière, que le voilier en question était en fait resté échoué pendant l’été 2019 dans la région de Lanoraie et qu’il avait fait l’objet de plus d’une trentaine de signalements à ce moment.

Ce faisant, la Marina trifluvienne avait été informée que ce type de bateau, fait de ferro-ciment, n’était pas assurable. Or pour être entreposé dans une marina, un navire doit être assuré.

Ainsi, la Marina a notamment dû débourser près de 6000 $ pour tenter de mettre le navire en cale sèche.

Avec Amélie Houle – Le Nouvelliste 

Pologne: un voilier construit par des sans-abri pourra bientôt prendre le large

juin 14, 2021
Pologne: un voilier construit par des sans-abri pourra bientot prendre le large
Pologne: un voilier construit par des sans-abri pourra bientôt prendre le large© AFP/Wojtek RADWANSKI

Amarré dans le port fluvial de Varsovie, le voilier Ojciec Boguslaw qui vient d’être baptisé du nom d’un prêtre catholique, a permis à des sans-abri qui l’ont construit pendant quatorze ans de redonner un cap à leur vie.

Il a été baptisé samedi du nom du père Boguslaw, de l’ordre des Camilliens, qui en 2006 avait lancé ce projet fou aux yeux de beaucoup. Lui-même était ouvrier naval de Szczecin, une ville portuaire du nord-ouest de la Pologne, avant d’entrer au séminaire. Sa vocation était d’aider les sans-abri à retourner à une vie normale. Le projet devait surtout avoir une fonction thérapeutique.

Le résultat est impressionnant. La goélette fait 17,8 mètres (57 pieds de long) sur 5,2 mètres.

En présence d’anciens sans-abri, de sponsors et de membres du gouvernement, le capitaine Waldemar Rzeznicki qui durant quatorze ans a dirigé sa construction, a hissé le pavillon sur le mât.

Tradition oblige, la marraine -l’épouse du capitaine, Anna Rzeznicka, a brisé une bouteille de prosecco à défaut de vrai champagne, trop cher. Elle s’est brisée seulement au quatrième coup. « On a été puni car au lieu de prendre une boisson sans alcool, on a pris une bouteille d’alcool, alors qu’on lutte contre l’alcoolisme », a déclaré M. Rzeznicki.

« Navigue sur les mers et les océans, vante le nom de ton initiateur et de ceux qui t’ont construit (…). Je te donne pour nom +Ojciec Boguslaw+(le père Boguslaw) », a déclaré la marraine, prononçant la formule traditionnelle.

Sa propre âme

« Enfin on sent vraiment l’eau sous nos pieds. Le bateau vit enfin », se réjouit le capitaine.

« Chaque bateau a sa propre âme, chaque bateau est différent, celui-ci est vraiment unique », ajoute-t-il.

« On n’avait pas les moyens techniques utilisés normalement dans des chantiers navals comme des grues ou des chariots élévateurs », se souvient Slawomir Michalski, 64 ans.

« On avait de simples outils de bricoleur: une torche de soudage pour couper l’acier, des marteaux, des cisailles à tôle ou des meuleuses », se souvient cet homme que l’AFP avait interrogé en 2017 lors des travaux.

Le capitaine Rzeznicki déplore que le constructeur Bogdan Malolepszy, qui a offert le projet du voilier, n’ait pas pu assister à la cérémonie. « Le Covid-19 l’a emporté en automne dernier. »

Une grande partie du matériel, comme le bois pour les mâts, la tôle ou les huit tonnes de plomb pour la quille, ont été offerts par des sponsors. Le moteur diesel provient d’un vieux bateau de pêche. Il faudra encore le réparer.

Après le décès du père Boguslaw Paleczny en 2009, le projet n’avait pas été abandonné. Quelque 300 personnes – des pensionnaires du centre pour sans-abri, mais aussi des scouts et des bénévoles, ont participé à sa construction.

« On a réalisé son testament, c’est comme si c’était son enfant », ajoute M. Michalski.

Rajeuni

« Le projet a changé ma vie de manière radicale, à 180 degrés, j’ai appris que quand je commence quelque chose, je termine ce travail. Avant, c’était tout le contraire », explique Marek Metrak, un des sans-abri qui a participé au projet.

« J’ai gagné une nouvelle vie, comme ce bateau qui a été mis à l’eau et peut naviguer, moi, je suis devenu indépendant. Il y a tout juste deux semaines j’ai reçu de la municipalité les clés de mon logement. J’écris des livres. Je ne bois plus, je ne fume plus. J’ai rajeuni », dit cet homme de 74 ans.

Avant de prendre le large, il reste encore du travail à faire. Trois jours avant la cérémonie du baptême, les voiles ont été livrées, achetées grâce à ses sponsors.

Le bateau doit encore être équipé en système de navigation électrique, gilets et radeaux de sauvetage, avant de mettre le cap sur Gdansk, en mer Baltique.

Par Le Point avec AFP