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RDC-Eruption volcanique de Nyiragongo : le Kenya assiste les populations victimes

juin 10, 2021

Trois semaines après l’éruption du volcan Nyiragongo  et ses effets néfastes sur la ville de Goma, l’aide humanitaire afflue en faveur des déplacés.

En plus de la première assistance  humanitaire  ordonnée par le chef de l’Etat, Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo, à  travers le gouvernement, la contribution de la Fondation Denise-Nyakeru  et d’autres organisations humanitaires, la République  du Kenya vient d’ouvrir un pont aérien entre Nairobi  et Goma pour l’acheminement  de l’aide humanitaire.

Deux gros porteurs cargos ont atterri le 8 juin à l’aéroport international de Goma et deux autres se sont posés le lendemain. Au total,  onze tonnes de vivres et non-vivres, don du Kenya à la RDC, ont été offerts à  la population  de Goma  dont les maisons ont été calcinées  par les laves du volcan. Constituée essentiellement des produits alimentaires, des médicaments et des kits d’assistance, l’aide humanitaire du gouvernement Kenyan vient répondre tant soit peu aux besoins de la population de la ville de Goma et du territoire de Nyiragongo démunis de tout ou presque  après  la destruction  de leurs  maisons d’habitations.

Présent à  l’aéroport de Goma pour  la réception  de ces vivres, le conseiller spécial  du chef de l’Etat chargé de la couverture maladie universelle, Dr Roger Kamba, a indiqué que ce don est le signe de l’excellence des relations entre les présidents Felix Antoine Tshisekedi Tshilombo  et leurs pays respectifs. Dr Roger Kamba  a recommandé au gouverneur militaire de la province du Nord-Kivu et aux partenaires à se mettre autour d’une même table pour décider de la manière dont les personnes les plus vulnérables seront servies en priorité. Dans le même  temps, un hôpital mobile  offert en don a été  réceptionné par les autorités provinciales du Nord-Kivu ainsi que des tentes civiles et militaires. Rappelons que l’érudition volcanique  du 22 mai dernier a créé le déplacement de près  de 400 000 habitants éparpillés  dans plusieurs sites. Beaucoup sont rentrés  à Goma  mais ils se retrouvent sans logis.

Avec Adiac-Congo par Alain Diasso

RDC: à la recherche des enfants perdus du volcan Nyiragongo

juin 4, 2021
RDC: a la recherche des enfants perdus du volcan Nyiragongo
RDC: à la recherche des enfants perdus du volcan Nyiragongo© AFP/GUERCHOM NDEBO

Le volcan ne gronde plus, Goma panse ses plaies et se repeuple doucement, dix jours après l’éruption du volcan Nyiragongo et l’évacuation forcée de la ville. Dans le quartier Ndosho, c’est la liesse ce jour-là.

Des chants et des cris de joie résonnent sur l’avenue Kako, au milieu des maisonnettes de bois au toit de tôle. Une nuée d’enfants court pour venir accueillir trois des leurs, qui avaient disparu du voisinage lors du chaos de l’évacuation ordonnée à l’aube le 27 mai par les autorités.

Pierrette Mihindano, pagne jaune et vert accordé à son écharpe canari, se précipite en direction du véhicule du Comité international de la Croix-rouge (CICR).

Trois fillettes en sortent pour se jeter dans ses bras. L’une est si petite, dans sa tenue rose à pois blancs, qu’elle tient à peine sur ses jambes. Ce ne sont qu’embrassades et larmes de joie.

« Retrouver leur trace ! »

« J’étais hospitalisée quand on a ordonné l’évacuation de la ville » le 27 mai à l’aube, raconte Pierrette, la trentaine. « Depuis ce jour, je n’avais pas revu mes trois filles. Quand je suis sortie de l’hôpital, j’étais comme folle à la maison. Je me suis mise à courir dans tous les sens, à Sake, à Mungunga. J’ai lancé des appels à la radio pour essayer de retrouver leur trace », raconte-t-elle entre deux sanglots.

Dans la débandade de l’évacuation, les trois petites s’étaient retrouvées à Minova, bourgade lovée dans une des baies du lac Kivu, à 50 kilomètres de chez elles, au sud-ouest de Goma.

« C’était effrayant de vivre seule ! Je n’arrivais plus à manger quand je me mettais à penser à mes parents », se souvient Paruis, l’aînée des trois filles, âgée de 12 ans.

Le cauchemar est terminé. Sourire jusqu’aux oreilles, la maman est enfin réunie avec ses cinq enfants, ses trois fillettes et ses deux garçons, une fin heureuse et si rare au milieu des cataclysmes de violences qui s’abattent depuis trois décennies sur cette région meurtrie.

Environ 1.300 enfants ont été séparés de leurs familles depuis la séquence qui s’est ouverte le 22 mai, selon les acteurs de la protection de l’enfance: du premier soir de l’éruption soudaine du volcan Nyiragongo, dont les laves sont venues lécher les faubourgs nord de la ville; la première fuite dans la panique des habitants, leur retour progressif et méfiant, puis la nouvelle évacuation dans la panique du 27 mai.

Près de 400.000 personnes ont été déplacées dans ce dernier exode, selon le gouvernement. Beaucoup sont revenues depuis dans la ville, où l’activité a fortement repris.

« Nous avons été surpris par l’éruption du volcan. Depuis lors nous ramassons chaque jour des enfants », constate, navré, Félicien Katenda, un responsable de la Croix-rouge locale.

Sa collègue Aline Bisimwa serre contre sa poitrine un petit garçon joufflu, au regard perdu et inquiet. Il dit s’appeler Baraka Bahati, et être âgé de 3 ans. « Cet enfant a été perdu le soir de l’éruption. Comme vous le voyez, je le porte dans mes mains et il ne pleure pas. Même si je suis au travail ».

Les acteurs de la protection de l’enfance -le CICR, l’Unicef et la Croix-Rouge congolaise notamment- précisent que 978 enfants ont, à ce jour, déjà retrouvé leurs proches.

Les systèmes d’entraide communautaire, dans cette région tristement habituée aux crises, ont facilité le travail des humanitaires et de la division des affaires sociales du Nord-Kivu.

« Jusqu’au dernier enfant »

« Avec cet événement tragique qui a touché Goma, il s’est manifesté une solidarité extraordinaire des Congolais. Beaucoup de familles ont accueilli des enfants perdus », explique Margot Champeix, responsable de la protection pour le CICR.

Pour aider ces enfants à entrer en contact avec leur familles, et vice-versa, six points d’écoute ont été installés par le CICR à Goma et dans les localités voisines où ont trouvé temporairement refuge des dizaines de milliers de personnes déplacées.

« Dans nos centres, les familles d’accueil viennent avec les enfants qu’ils hébergent pour les faire enregistrer. Ensuite nous faisons des recherches et par la grâce de Dieu, nous retrouvons certains d’entre eux, » se félicite Exode Banzo, volontaire de la Croix-rouge congolaise pour le « rétablissement des liens familiaux ».

« Il reste aujourd’hui plus de 300 enfants en attente de réunification avec leurs familles. Il est vraiment important de s’assurer que dans les prochains jours, avec le retour des déplacés à Goma, toutes les réunifications soient assurées jusqu’au dernier enfant », insiste le représentant de l’Unicef en RDC, Édouard Beigbeder.

L’arrachement aux parents et les intenses tremblements de terre qui ont secoué la région de Goma pendant plus d’une semaine ont par ailleurs provoqué des traumatismes chez certains de ces enfants isolés. Les équipes du CICR tentent de les apaiser.

« Notre mission ici est de ramener ces enfants à un état normal. Nous les assistons psychologiquement. Mais parfois il m’arrive aussi d’être emporté par leur vécu », confesse Nelson Tumusifu, un agent psycho-social du CICR, l’un de ceux qui tentent d’apporter un peu de réconfort à ces enfants en détresse.

Par Le Point avec AFP

RDC/Nyiragongo: le gouvernement critiqué, situation « sous contrôle » assure Tshisekedi

mai 29, 2021
Nyiragongo: le gouvernement critique, situation "sous controle" assure Tshisekedi
Nyiragongo: le gouvernement critiqué, situation « sous contrôle » assure Tshisekedi© AFP/ALEXIS HUGUET

La situation est « grave » mais « sous contrôle » après l’éruption du volcan Nyiragongo et l’évacuation de plusieurs centaines de milliers d’habitants de la ville de Goma, a assuré samedi le président congolais Félix Tshisekedi, en réponse aux critiques croissantes sur la gestion de la crise par le gouvernement.

« La situation est certes grave, mais elle est contrôlée », a déclaré au cours d’une conférence de presse le président, qui a jugé qu’il « fallait absolument évacuer la ville », en référence à l’évacuation soudaine et chaotique de jeudi dernier, alors « qu’on ne sait toujours pas ce qu’il peut se passer ».

« Il y a une coulée souterraine de lave qui peut surgir à tout moment n’importe où dans la ville », a-t-il rappelé, « déconseillant vivement de rentrer à Goma ».

« Nous avons un problème de déplacés, mais au moins sont-ils en vie, les faire revenir (dans les circonstances actuelles) serait très dangereux », a souligné le chef de l’Etat.

Ces déplacés, estimés à environ 400.000 par le gouvernement, « ont fui dans plusieurs directions », et « il est difficile d’avoir leur nombre exact pour organiser une prise en charge efficace, voilà pourquoi il y a eu un temps qui s’est passé », a-t-il expliqué, alors que les critiques enflent dans le pays sur la gestion de l’éruption soudaine du 22 mai, et surtout l’évacuation de jeudi ordonnée sans aucune organisation apparente ou soutien logistique, malgré les promesses des autorités.

« Pifomètre »

Beaucoup avaient déjà vu dans l’éruption du 22 mai une illustration des « faillites de l’Etat », « aucun dispositif d’alerte n’ayant fonctionné « , faute de budget notamment, et « d’une gestion au pifomètre », avait ainsi estimé le journal EcoNews, jugeant que « la population a eu l’impression d’avoir été abandonnée à son triste sort ».

Après l’éruption, le gouvernement a dépêché, à grands renforts de déclarations rassurantes, une grosse délégation ministérielle à Goma, lançant travaux, enchaînant promesses d’aide et visites de « réconfort » aux sinistrés.

Mais les conditions de l’évacuation de jeudi ont ravivé les critique. « L’Etat a décidé l’évacuation de la population de #Goma et #Nyiragongo sans AUCUNE aide apportée », a ainsi fustigé sur twitter le collectif d’activistes Lucha.

« Mettre des véhicules à disposition lors de l’évacuation, c’est très difficile », a reconnu à ce propos le président Tshisekedi.

« Aujourd’hui nous sommes en voie de pouvoir commencer à déployer de l’eau potable ainsi que des vivres » sur les sites où ils ont trouvé refuge, a-t-il néanmoins affirmé.

« Ces déplacés ne le sont que pour quelques temps, le plus grand travail sera à Goma, où il y a 5.000 maisons détruites » par les coulées de lave, a-t-il anticipé, tout en promettant d’organiser des convois de retour.

Il a par ailleurs lancé un « appel aux dons, même si « un budget sera dégagé », dont la gestion sera « transparente ». Et de promettre également « de se rendre sur place, dès la réouverture des aéroports, « pour apporter réconfort et soutien » à ses compatriotes.

Ces déclarations interviennent quelques heures après une grosse bourde du gouvernement, qui a annoncé par erreur l’éruption d’un petit volcan voisin du Nyiragongo, faisant croire à une nouvelle catastrophe.

Du magma sous Goma

Le Nyiragongo était entré en éruption sans aucun signe précurseur le 22 mai. Deux immenses coulées de lave s’étaient échappées des flancs du volcan. Au moins 34 personnes ont trouvé la mort, et entre 900 et 2.500 habitations ont été détruites.

Selon un dernier rapport samedi de l’OVG, 61 tremblements de terre se sont produits au cours des dernières 24H, des séismes « cohérents avec la poursuite du mouvement du magma dans le système des fissures du Nyiragongo vers le lac Kivu ».

Ces séismes ont nettement ralenti depuis 48H.

L’OVG liste désormais trois scénarios principaux pour les jours à venir: « le magma reste sous terre sans éruption », avec ou sans la poursuite des secousses; ou les tremblements de terre se poursuivent et la lave réapparaît sur la terre ferme, possiblement dans les fissures qui fracturent le sol de la cité.

Une quatrième hypothèse catastrophe, celle d’un « glissement de terrain ou un grand tremblement de terre destabilisant les eaux profondes du lac et provoquant l’émergence de gaz dissous », est désormais jugée « beaucoup moins probable », mais « ne peut être exclue ».

Samedi, la capitale du Nord-Kivu, en grande partie vidée, a retrouvé néanmoins un semblant de calme et de normalité.

Le gouvernement fait désormais face à une crise humanitaire d’ampleur, une de plus dans une région déjà meurtrie depuis trois décennies par les violences des groupes armés. Parmi les multiples urgences, la question de l’accès à l’eau consommable, avec les risques d’épidémie liés, s’avère particulièrement aigüe, selon l’ONU, le CICR et les ONG.

Par Le Point avec AFP

RDC: La population fuit la ville Goma à cause du volcan Nyiragongo

mai 26, 2021

Avec TV5Monde

RDC: Eruption du volcan de Nyiragongo : David McLachlan-Karr assure le gouvernement de son soutien

mai 26, 2021

Un numéro vert a été mis en place pour la réunification des personnes séparées lors de leur fuite.

Des laves encore chaudes de la dernière éruption de Nyirangongo/DR

« Depuis le début de l’éruption volcanique de Nyiragongo, le 22 mai à Goma, la communauté humanitaire est à pied d’œuvre pour soutenir le gouvernement congolais à apporter une réponse à cette catastrophe dont l’étendue des conséquences reste encore à déterminer », a affirmé le coordonnateur humanitaire en République démocratique du Congo (RDC), David McLachlan-Karr, dans un communiqué du 25 mai. Et de noter que les acteurs humanitaires présents sur place évaluent l’étendue des besoins causés par l’éruption volcanique et portent assistance aux personnes sinistrées.

Le communiqué du coordonnateur humanitaire en RDC indique également que les besoins répertoriés sont essentiellement en abris, eau-hygiène et assainissement, santé, protection et vivres. Aussi, fait savoir ce document, un numéro vert a-t-il  été mis en place pour la réunification des personnes séparées lors de leur fuite. Il s’agit de +243 970 351 202 et +243 974 551 013.

Ce document note également dans le nombre de priorités, la réparation du tronçon de la route Goma-Ruthsuru, coupé par une coulée de lave, un des axes essentiels à l’acheminement de l’aide humanitaire, ainsi que le rétablissement de l’électricité et des services d’eau. « Je suis attristé par les pertes en vies humaines et les dégâts causés par l’éruption. Je présente mes condoléances à toutes les Congolaises et tous les Congolais qui ont perdu des proches dans cette catastrophe. A ceux qui ont également perdu des biens ou qui se sont retrouvés sans abris, je compatis et leur souhaite de rester forts et résilients. Je réaffirme l’engagement et le soutien de la communauté humanitaire pour venir en aide aux personnes touchées par l’éruption du volcan de Nyiragongo », a indiqué le coordinateur humanitaire dans ce communiqué.

David McLachlan-Karr dit, par ailleurs, remercier le Premier ministre congolais, qui a envoyé huit ministres à Goma pour conduire la réponse humanitaire. Et de rappeler que cette éruption volcanique survient dans un contexte de besoins humanitaires aigus dans la province du Nord-Kivu. « En effet, le Plan de réponse humanitaire pour 2021 atteint à peine les douze pour cent de financement requis. Actuellement, 3,2 millions de personnes sont en situation d’urgence alimentaire dans cette province et 44 pour cent des plus de 5 millions de déplacés du pays se trouvent dans cette partie de la RDC », a souligné le coordonnateur humanitaire.

Avec Adiac-Congo par Lucien Dianzenza

Est de la RDC : éruption du volcan Nyiragongo, la lave atteint Goma

mai 22, 2021
Est de la RDC : eruption du volcan Nyiragongo, la lave atteint Goma
Est de la RDC : éruption du volcan Nyiragongo, la lave atteint Goma© AFP/Justin KITUMWA

Une coulée de lave a atteint la lisière de la ville de Goma, dans l’est de la République démocratique du Congo (RDC), après l’éruption soudaine samedi soir du volcan Nyiragongo surplombant la ville, provoquant la fuite en masse et dans la panique des habitants.

« Outre la coulée de lave vers le Nord-Est (Kibumba/Rwanda), une autre coulée descend aussi sur la ville », a constaté dans la nuit un responsable du parc national des Virunga, où est situé le volcan. Cette seconde coulée « a maintenant atteint l’aéroport et, en toute logique, elle va descendre vers le lac » Kivu, selon lui.

L’aéroport est situé en périphérie nord-est de la ville, qui s’étend entre la frontière rwandaise et les rives du lac. L’information n’a pas été confirmée de source officielle, alors que la situation restait confuse en pleine nuit, et que des habitants sur place affirmaient que la coulée s’est arrêtée en lisière de l’aéroport.

La précédente éruption majeure du Nyiragongo remonte au 17 janvier 2002. Elle avait causé la mort de plus de cent personnes, couvrant de lave quasiment toute la partie est de Goma, y compris la moitié de la piste de l’aéroport.

La lave s’était alors lentement écoulée vers la ville, qu’elle avait coupée en deux pour se déverser dans le lac Kivu.

Dans la nuit de samedi à dimanche, d’impressionnantes images diffusées sur les réseaux sociaux, mais non vérifiées de source indépendante, montraient des habitations en feu, lentement avalées puis englouties par la lave rougeoyante en fusion, dans la périphérie nord-est de Goma, notamment dans le quartier de Buhene.

« Cette coulée passe sur le tracé de la coulée de 2002 », a également estimé devant la presse un responsable de l’Observatoire de volcanologie de Goma, Mahinda Kasereka. La poursuite de son avancée dans la ville pourrait dépendre des niveaux de lave et de pression dans le cratère du volcan.

« Le ciel est devenu rouge »

L’éruption a débuté sans prévenir en début de soirée. Des lueurs rougeoyantes ont commencé à s’échapper du cratère et une odeur de soufre s’est répandue dans Goma, située sur le flanc Sud du volcan, sur les rives du lac Kivu.

Cette soudaine activité volcanique a aussitôt provoqué l’inquiétude des populations, familières des colères du volcan, même si aucune coulée de lave n’était immédiatement visible de la ville, ni tremblement de terre ressenti.

« Le ciel est devenu rouge », a raconté à l’AFP une habitante, témoignant « des flammes géantes sortant de la montagne ».

Dans un message aux populations, le gouverneur militaire de la province du Nord-Kivu, le général constant Ndima, a alors « confirmé l’éruption du volcan ». Suivi rapidement par le gouvernement qui, après une réunion de crise à Kinshasa, a ordonné « l’évacuation » de la ville.

Le président congolais Félix Tshisekedi a par ailleurs annoncé avoir « décidé d’interrompre son séjour en Europe pour rentrer dès ce dimanche au pays afin de superviser la coordination des secours aux populations des zones menacées » par l’éruption.

L’électricité a été coupée dans une grande partie de la ville et des milliers d’habitants, souvent en famille, ont pris la direction, dans le désordre et à pied, à moto ou en voiture, de la frontière rwandaise toute proche.

Au fil des heures, et de la confirmation de la gravité de la situation, le flot des gens en fuite n’a cessé de grossir, matelas sur la tête, colis et enfants dans les bras, voitures klaxonnant.

La population prenait la direction du poste-frontière avec le Rwanda, dans la partie sud de la ville, ou la route de l’ouest vers Sake, vers la région congolaise du Masisi. Goma jouxte la frontière et la « grande barrière », le principal poste-frontière entre les deux pays, est situé dans le sud de la ville.

« Il y a beaucoup de monde sur la route, beaucoup de voitures, c’est la fuite », a raconté à l’AFP un habitant ayant embarqué sa famille dans sa voiture pour emprunter cette route du Masisi, vers Sake.

« Ca avance à pas de tortue, sur trois ou quatre voies. Les voitures sont remplies d’effets personnels, des matelas dans les coffres ou sur les toits. », a-t-il témoigné: « Il y a des enfants, des femmes, des vieux qui sont à pied et la pluie s’invite, c’est compliqué ».

Calme côté rwandais

Dans la nuit, des milliers de personnes avaient trouvé refuge au Rwanda, dans la ville frontière de Rubavu (anciennement Gisenyi), a constaté un vidéaste de l’AFP côté rwandais.

Les opérations étaient bien organisées, avec un accueil au stade et dans les écoles. Beaucoup de gens dormaient à même le sol aux abords de la ville. « Les frontières rwandaises sont ouvertes et l’accueil de nos voisins se déroule paisiblement », a commenté sur Twitter l’ambassadeur rwandais en RDC, Vincent Karega.

Capitale régionale du Nord-Kivu, Goma compte près de 600.000 habitants, dans une province troublée où sévissent de nombreux groupes armés.

Lors de l’éruption de 2002, les victimes étaient pour la plupart des malades, des personnes âgées ou impotentes abandonnées à leur sort dans les quartiers nord de la ville. Des pillages avaient également eu lieu.

Goma abrite un important contingent de Casques bleus et de nombreux membres du personnel de la Monusco, la mission onusienne dans le pays. Elle est la base de nombreuses ONG et organisations internationales. Leurs personnels ont pour beaucoup reçu l’ordre de se rassembler dans leurs locaux et les « guest-house », selon une source humanitaire.

Plusieurs avions basés à l’aéroport, appartenant à la Monusco et à des compagnies privées, ont décollé dans la soirée pour évacuer, selon une source aéroportuaire.

Située dans la province du Nord-Kivu, voisine de l’Ouganda, la région de Goma est une zone d’intense activité volcanique, avec six volcans, dont le Nyiragongo et le Nyamuragira qui culminent respectivement à 3.470 et 3.058 mètres.

L’éruption la plus meurtrière du Nyiragongo, en 1977, avait fait plus de 600 morts.

Une des caractéristiques de ces deux volcans sont les « éruptions douces », relativement fréquentes, des flux de lave s’écoulant par les flancs. Ce fut le cas au moment de l’éruption de janvier 2002.

Dans un rapport daté du 10 mai, l’Observatoire volcanologique de Goma appelait à la « vigilance », alors que « l’activité séismo-volcanique au niveau du Nyiragongo » avait « augmenté », méritant « une attention particulière de surveillance ».

Par Le Point avec AFP

Mayotte: naissance d’un volcan sous-marin, à l’origine des séismes

mai 16, 2019

 

Une mission scientifique a mis en évidence la naissance d’un nouveau volcan sous-marin, à 50 km à l’est de Mayotte et à 3.500 m de profondeur, ce qui permet d’expliquer les séismes constatés sur l’île depuis un an, ont annoncé ce jeudi dans un communiqué conjoint plusieurs ministères.

Depuis le 10 mai 2018, Mayotte connaît un phénomène de séismes «en essaim», subissant plus de 1.800 secousses de magnitude supérieure ou égale à 3,5, selon le Bureau de recherches géologiques et minières (BRGM). La plus forte jamais recensée dans l’île a été enregistrée à 5,8.

La taille du nouveau volcan «est évaluée à 800 m de hauteur avec une base de 4 à 5 km de diamètre. Le panache de fluides volcaniques de 2 km de hauteur n’atteint pas la surface de l’eau», précise le communiqué des ministères des Outre-mer, de la Transition écologique, de l’Intérieur et de la Recherche, qui évoque un «phénomène géologique exceptionnel».

L’annonce intervient après une mission scientifique menée par le Comité national de la recherche scientifique (CNRS), avec notamment le BRGM, et une campagne océanographique réalisée par le navire Marion Dufresne, rentré à quai à Mayotte mercredi.

Par Le Figaro.fr avec AFP

Indonésie: des touristes bloqués après un séisme commencent à descendre d’un volcan

juillet 30, 2018

Des randonneurs commencent à descendre du Mont Rinjani vers Sembalum, en Indonésie, après un séisme sur l’île de Lombok, le 30 juillet 2018 / © AFP / PIKONG

Des groupes de randonneurs ont commencé lundi à redescendre d’un volcan actif sur l’île de Lombok en Indonésie, où ils se trouvaient bloqués au lendemain d’un séisme meurtrier qui a provoqué des glissements de terrain et piégé plus de 500 randonneurs, en majorité étrangers.

Le tremblement de terre de magnitude 6,4 survenu dimanche matin et suivi de multiples répliques a provoqué la chute de tonnes de pierres et de boue bloquant des sentiers du mont Rinjani, un volcan prisé par les touristes pour ses sites de randonnées.

En conséquence, 560 personnes ont été bloquées dans la montagne dans la nuit de dimanche à lundi, parmi lesquelles de nombreux étrangers, notamment des Français, des Allemands, des Néerlandais, des Américains ou encore des Thaïlandais, ont indiqué les autorités de l’archipel d’Asie du Sud-Est.

Lundi, des randonneurs ont commencé à descendre du volcan qui culmine à 3.726 mètres d’altitude, mais il est peu probable qu’ils arrivent au pied de la montagne avant la tombée de la nuit, ont précisé des responsables des secours.

« Pour le moment, des touristes nationaux et internationaux sont sur le chemin du retour », a déclaré à l’AFP I Gusti Lanang Wiswananda, porte-parole de l’agence de recherche et de secours de la province des Petites îles de la Sonde occidentales.

Séisme en Indonésie / © AFP / AFP

La descente a été possible après que des guides ont découvert un chemin alternatif qui n’a pas été touché par les glissements de terrain, a précisé M. Wiswananda, ajoutant que l’évacuation durerait probablement jusqu’à mardi.

Le séisme a fait au moins 16 morts et 160 blessés, tandis que des centaines de maisons ont été détruites.

La puissante secousse a aussi été ressentie sur les petites îles de Gili, des destinations touristiques populaires au large de Lombok, ainsi qu’à Bali.

A Lombok, des hélicoptères de l’armée ont largué de la nourriture et des boissons dans plusieurs endroits de la montagne, afin d’approvisionner les randonneurs bloqués.

Des Indonésiens parmi les décombres de maisons à Lombok, en Indonésie, après un séisme de magnitude 6.4, le 29 juillet 2018 (photo transmise par l’agence de gestion des catastrophes indonésienne) / © Nusa Tenggara Barat Disaster Mitigation Agency/AFP / Handout

« Pour les victuailles, ils peuvent encore survivre un ou deux jours », a déclaré à l’AFP Agus Hendra Sanjaya, porte-parole de l’agence de recherche à Mataram.

Les opérations de secours seront suspendues à la tombée de la nuit.

– Comme si la montagne allait s’ffondrer –

Le tremblement de terre a eu lieu à 50 km au nord-est de Mataram, la principale ville de Lombok. Cette île se trouve à une centaine de km à l’est de l’île de Bali, elle aussi très touristique.

Photo diffisée par la présidence indonésienne montre le président Joko Widodo aved les sinistrés après le séisme à Lombok, le 30 juillet 2018 / © INDONESIAN PRESIDENTIAL PALACE/AFP / AGUS SUPARTO

Le mont Rinjani est le deuxième volcan d’Indonésie et il est très prisé pour ses sites de randonnées et magnifiques vues au sommet.

Parmi les randonneurs bloqués se trouvent 239 ressortissants thaïlandais, a indiqué l’ambassade de Thaïlande à Jakarta.

Un randonneur thaïlandais, Thanapon Worawutchainan, qui était au sommet du mont Rinjani au moment du séisme, a publié sur son compte Facebook une vidéo montrant des personnes en train de tomber. La secousse était violente et des gens se sont allongés par terre jusqu’à la fin des répliques.

« On aurait dit que le montagne devant moi allait s’effondrer, des gens ont été blessés par la chute de pierres », a écrit un autre randonneur thaïlandais, Funknathee Prapasawat, sur son compte Facebook.

Indonésie : puissant séisme sur l’île de Lombok / © AFP / Aman Alif

Au lendemain du séisme, 5.141 personnes sont hébergées dans des abris provisoires et ont besoin d’eau potable, a déclaré un porte-parole de l’agence de gestion des catastrophes, Sutopo Purwo Nugroho, à la chaîne de télévision Metro TV.

Le président indonésien, Jokowi Widodo, a visité lundi les zones sinistrées et promis une aide financière aux habitants qui ont perdu leur maisons dans la catastrophe.

« Nous devons avoir à l’esprit que notre pays est sur la ceinture de feu. Les gens doivent donc être prêts pour toute catastrophe », a déclaré M. Jokowi.

L’Indonésie, un archipel de 17.000 îles et îlots, se trouve sur la ceinture de feu du Pacifique, une zone de forte activité sismique. Ce pays est frappé par de nombreux séismes, mais la plupart ne sont pas dangereux.

Romandie.com avec(©AFP / 30 juillet 2018 12h31)

Au Guatemala, l’attente sans fin de l’identification des victimes du volcan

juin 10, 2018

/ © AFP / ORLANDO ESTRADA

Dans une morgue improvisée à Escuintla, des dizaines de personnes errent, photos en mains, dans une quête angoissée pour retrouver et enterrer les corps de leurs proches, foudroyés par l’éruption du « Volcan de feu » il y a une semaine au Guatemala.

« Ce sont pas des animaux, mais des personnes », lance à l’AFP Boris Rodríguez, 24 ans, qui est parvenu à arracher les corps de dix membres de sa famille à l’avalanche de cendres et de roches incandescentes qui a dévasté San Miguel Los Lotes.

Cette petite bourgade, située à 35 kilomètres au sud-ouest de la capitale Guatemala, a été quasiment rasée dimanche dernier par l’éruption d’une violence inédite du volcan, qui a fait 110 morts, 57 blessés et 197 disparus, selon le dernier bilan officiel.

Depuis, les familles éplorées se pressent dans la petite morgue aménagée dans une école de la ville voisine d’Escuintla, où sont rassemblés les restes des victimes.

« C’est trop dur d’avoir pu récupérer les corps mais de ne pas pouvoir les veiller », se désole Boris Rodríguez, debout à côté d’une pile de cercueils mis à la disposition des familles trop modestes pour pouvoir se les payer.

Le jeune homme n’a pas bougé depuis lundi, jour où il a amené à la morgue les dix corps de ses proches. Depuis, il attend. Six jours ont passé, mais aucun n’a pu être identifié.

Comme lui, nombreuses sont les familles qui attendent désespérément ici de pouvoir veiller et inhumer leurs morts. Et elles commencent à perdre patience, devant l’interminable travail d’identification mené par les autorités.

Le processus est lent et difficile, entre la recherche minutieuse de traces d’ADN et les entretiens à mener avec les familles. Sur les 110 corps recueillis à la morgue, seuls 41 ont pu être identifiés, selon l’Institut national de médecine légale (Inacif).

– A bout de patience –

Autre reproche aux autorités, beaucoup pensent ici que la tragédie aurait pu être évitée si la protection civile avait lancé l’alerte et évacué à temps la population, ajoute Enma Pamal, qui a appris la catastrophe alors qu’elle se trouvait à des milliers de kilomètres du Guatemala.

Cette femme de 46 ans, émigrée aux Etats-Unis depuis plus de vingt ans, a sauté dans le premier avion possible lorsqu’elle a su que son village natal avait été rasé par l’éruption. Elle y a perdu 18 membres de sa famille.

« Qu’ils arrêtent de nous dire de prendre patience », martèle Enma, visiblement éprouvée par le parcours du combattant nécessaire à la restitution des corps, alors qu’elle a fourni dès lundi des échantillons d’ADN et des détails physiques pour permettre d’identifier les victimes.

« Nous voulons que cela aille plus vite (la remise des corps aux familles), mais nous gardons espoir », ajoute Enma Pamal aux côtés de son frère Gerson, 27 ans, qui a survécu au désastre.

Gerson a récupéré les corps de ses parents, de ses frères et d’autres proches dans une église évangélique et dans une petite impasse du village.

Rencontrée elle aussi à la morgue de Escuintla, Milvia Rosales, une institutrice de 50 ans, promène d’un bout à l’autre du bâtiment un panneau où elle a collé les photos des élèves disparus de l’école de San Miguel Los Lotes. L’enseignante assure que pratiquement la moitié de la centaine d’élèves de son école sont morts ou portés disparus. « Cela me serre le cœur, mes enfants me manquent », confie-t-elle d’une voix étranglée.

Romandie.com avec(©AFP / 10 juin 2018 17h56)                

Volcan au Guatemala: 73 morts, recherches suspendues après une forte explosion

juin 5, 2018

/ © AFP / Johan ORDONEZ

Une forte explosion a obligé mardi les secouristes à interrompre leurs recherches autour du Volcan de Feu au Guatemala, 48 heures après son éruption qui a fait au moins 73 morts.

Sept villages situés sur le flanc du volcan ont été évacués mardi, en raison de l’augmentation de l’activité volcanique, et les opérations de sauvetage ont été suspendues, a déclaré à la presse le porte-parole de la Coordination nationale pour la gestion des catastrophes (Conred), David de Leon.

M. de Leon a expliqué que, selon des experts, de nouvelles coulées pyroclastiques – composées de cendres, de boue, d’eau, et de roches à haute températures – pourraient à nouveau se produire.

L’augmentation de l’activité volcanique a provoqué la panique dans la ville d’Escuintla, située près du colosse haut de 3.763 mètres et situé à 35 km au sud-ouest de la capitale.

Ses habitants ont pris leurs voitures pour quitter les lieux au plus vite, provoquant un immense chaos.

Un photographe de l’AFP sur place a déclaré avoir entendu un fort grondement et vu une grande colonne de cendres s’élever vers le ciel, forçant les autorités à évacuer tous les habitants de la région.

Secouristes, policiers et militaires ont également été contraints de quitter la zone.

Deux jours après l’éruption, qui a déversé d’importantes quantités de boue, de lave et de cendre ardente, les possibilités de retrouver des survivants étaient très faibles, a reconnu, quelques heures avant cette interruption des recherches, Sergio Cabañas, le directeur de la Conred.

– « Difficile de rester en vie » –

« Si on est piégé dans le flux pyroclastique, il est difficile de rester en vie », a-t-il souligné, ajoutant que certains corps totalement calcinés pourraient ne jamais être retrouvés. Quelque 46 personnes ont également été blessées dans la tragédie, dont la moitié grièvement.

Les projections spectaculaires de lave et de cendre de ce cratère avaient semé la panique dimanche dans les habitations rurales situées sur le flanc du volcan, et entraîné une première évacuation d’urgence de plus de 4.500 personnes.

Suspendues dans la nuit, les recherches ont repris à l’aube mardi dans les environs du volcan, encore recouverts d’une abondante couche de cendre grise. Les secouristes effectuaient leur dur labeur, seulement interrompus par les épais nuages soulevés au passage des véhicules d’urgence sillonnant la zone, tandis que des volontaires leur apportaient spontanément eau et nourriture.

Eddy Sanchez, directeur de l’Institut de vulcanologie, a indiqué à l’AFP que l’éruption de dimanche avait libéré « beaucoup d’énergie » et que le volcan, entré en « repos actif », pourrait encore libérer des éruptions explosives qui toutefois ne devraient « pas être catastrophiques ».

Dimanche, des images diffusées à la télévision et sur les réseaux sociaux ont montré une immense nuée de cendres descendant du volcan avant d’engloutir une route tandis que des habitants et des membres des équipes de secours fuyaient en courant.

D’autres montraient des personnes couvertes de cendres que des secouristes essayaient de mettre à l’abri. Au total l’éruption a duré plus de 16 heures.

– « Tragédie » –

Lundi soir, le président Jimmy Morales a qualifié l’évènement de « tragédie » et annoncé que les recherches et l’assistance aux sinistrés dureraient le temps nécessaire dans la zone.

La présidence a déjà précisé qu’un plan de reconstruction commencerait à être élaboré mardi, alors que les familles des victimes commençaient à enterrer leurs morts dans de longues processions.

L’état de catastrophe naturelle a été décrété dans les départements d’Escuintla (sud), Chimaltenango (ouest) et Sacatepequez (sud-ouest), les plus affectés par l’éruption. Les députés ont également commandé un rapport sur les dégâts dans les nombreuses exploitations de café et maïs affectées.

L’éruption a touché notamment des communes rurales proches du volcan et la cité coloniale d’Antigua, le plus important site touristique du Guatemala.

Un total de 1,7 million de personnes sont affectées à divers degrés par la catastrophe, selon la protection civile.

Le Volcan « de Fuego » était déjà entré en éruption en janvier 2018. En septembre 2012, son précédent réveil avait entraîné l’évacuation de quelque 10.000 personnes résidant dans des villages situés sur le flanc sud.

Deux autres volcans sont également actifs au Guatemala: le Santiaguito (ouest) et le Pacaya (20 km au sud de la capitale). Ce petit pays d’Amérique centrale est situé sur la « Ceinture de feu du Pacifique », une zone qui concentre environ 85% de l’activité sismique terrestre.

Romandie.com avec(©AFP / 06 juin 2018 02h49)