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Au Guatemala, l’attente sans fin de l’identification des victimes du volcan

juin 10, 2018

/ © AFP / ORLANDO ESTRADA

Dans une morgue improvisée à Escuintla, des dizaines de personnes errent, photos en mains, dans une quête angoissée pour retrouver et enterrer les corps de leurs proches, foudroyés par l’éruption du « Volcan de feu » il y a une semaine au Guatemala.

« Ce sont pas des animaux, mais des personnes », lance à l’AFP Boris Rodríguez, 24 ans, qui est parvenu à arracher les corps de dix membres de sa famille à l’avalanche de cendres et de roches incandescentes qui a dévasté San Miguel Los Lotes.

Cette petite bourgade, située à 35 kilomètres au sud-ouest de la capitale Guatemala, a été quasiment rasée dimanche dernier par l’éruption d’une violence inédite du volcan, qui a fait 110 morts, 57 blessés et 197 disparus, selon le dernier bilan officiel.

Depuis, les familles éplorées se pressent dans la petite morgue aménagée dans une école de la ville voisine d’Escuintla, où sont rassemblés les restes des victimes.

« C’est trop dur d’avoir pu récupérer les corps mais de ne pas pouvoir les veiller », se désole Boris Rodríguez, debout à côté d’une pile de cercueils mis à la disposition des familles trop modestes pour pouvoir se les payer.

Le jeune homme n’a pas bougé depuis lundi, jour où il a amené à la morgue les dix corps de ses proches. Depuis, il attend. Six jours ont passé, mais aucun n’a pu être identifié.

Comme lui, nombreuses sont les familles qui attendent désespérément ici de pouvoir veiller et inhumer leurs morts. Et elles commencent à perdre patience, devant l’interminable travail d’identification mené par les autorités.

Le processus est lent et difficile, entre la recherche minutieuse de traces d’ADN et les entretiens à mener avec les familles. Sur les 110 corps recueillis à la morgue, seuls 41 ont pu être identifiés, selon l’Institut national de médecine légale (Inacif).

– A bout de patience –

Autre reproche aux autorités, beaucoup pensent ici que la tragédie aurait pu être évitée si la protection civile avait lancé l’alerte et évacué à temps la population, ajoute Enma Pamal, qui a appris la catastrophe alors qu’elle se trouvait à des milliers de kilomètres du Guatemala.

Cette femme de 46 ans, émigrée aux Etats-Unis depuis plus de vingt ans, a sauté dans le premier avion possible lorsqu’elle a su que son village natal avait été rasé par l’éruption. Elle y a perdu 18 membres de sa famille.

« Qu’ils arrêtent de nous dire de prendre patience », martèle Enma, visiblement éprouvée par le parcours du combattant nécessaire à la restitution des corps, alors qu’elle a fourni dès lundi des échantillons d’ADN et des détails physiques pour permettre d’identifier les victimes.

« Nous voulons que cela aille plus vite (la remise des corps aux familles), mais nous gardons espoir », ajoute Enma Pamal aux côtés de son frère Gerson, 27 ans, qui a survécu au désastre.

Gerson a récupéré les corps de ses parents, de ses frères et d’autres proches dans une église évangélique et dans une petite impasse du village.

Rencontrée elle aussi à la morgue de Escuintla, Milvia Rosales, une institutrice de 50 ans, promène d’un bout à l’autre du bâtiment un panneau où elle a collé les photos des élèves disparus de l’école de San Miguel Los Lotes. L’enseignante assure que pratiquement la moitié de la centaine d’élèves de son école sont morts ou portés disparus. « Cela me serre le cœur, mes enfants me manquent », confie-t-elle d’une voix étranglée.

Romandie.com avec(©AFP / 10 juin 2018 17h56)                

Volcan au Guatemala: 73 morts, recherches suspendues après une forte explosion

juin 5, 2018

/ © AFP / Johan ORDONEZ

Une forte explosion a obligé mardi les secouristes à interrompre leurs recherches autour du Volcan de Feu au Guatemala, 48 heures après son éruption qui a fait au moins 73 morts.

Sept villages situés sur le flanc du volcan ont été évacués mardi, en raison de l’augmentation de l’activité volcanique, et les opérations de sauvetage ont été suspendues, a déclaré à la presse le porte-parole de la Coordination nationale pour la gestion des catastrophes (Conred), David de Leon.

M. de Leon a expliqué que, selon des experts, de nouvelles coulées pyroclastiques – composées de cendres, de boue, d’eau, et de roches à haute températures – pourraient à nouveau se produire.

L’augmentation de l’activité volcanique a provoqué la panique dans la ville d’Escuintla, située près du colosse haut de 3.763 mètres et situé à 35 km au sud-ouest de la capitale.

Ses habitants ont pris leurs voitures pour quitter les lieux au plus vite, provoquant un immense chaos.

Un photographe de l’AFP sur place a déclaré avoir entendu un fort grondement et vu une grande colonne de cendres s’élever vers le ciel, forçant les autorités à évacuer tous les habitants de la région.

Secouristes, policiers et militaires ont également été contraints de quitter la zone.

Deux jours après l’éruption, qui a déversé d’importantes quantités de boue, de lave et de cendre ardente, les possibilités de retrouver des survivants étaient très faibles, a reconnu, quelques heures avant cette interruption des recherches, Sergio Cabañas, le directeur de la Conred.

– « Difficile de rester en vie » –

« Si on est piégé dans le flux pyroclastique, il est difficile de rester en vie », a-t-il souligné, ajoutant que certains corps totalement calcinés pourraient ne jamais être retrouvés. Quelque 46 personnes ont également été blessées dans la tragédie, dont la moitié grièvement.

Les projections spectaculaires de lave et de cendre de ce cratère avaient semé la panique dimanche dans les habitations rurales situées sur le flanc du volcan, et entraîné une première évacuation d’urgence de plus de 4.500 personnes.

Suspendues dans la nuit, les recherches ont repris à l’aube mardi dans les environs du volcan, encore recouverts d’une abondante couche de cendre grise. Les secouristes effectuaient leur dur labeur, seulement interrompus par les épais nuages soulevés au passage des véhicules d’urgence sillonnant la zone, tandis que des volontaires leur apportaient spontanément eau et nourriture.

Eddy Sanchez, directeur de l’Institut de vulcanologie, a indiqué à l’AFP que l’éruption de dimanche avait libéré « beaucoup d’énergie » et que le volcan, entré en « repos actif », pourrait encore libérer des éruptions explosives qui toutefois ne devraient « pas être catastrophiques ».

Dimanche, des images diffusées à la télévision et sur les réseaux sociaux ont montré une immense nuée de cendres descendant du volcan avant d’engloutir une route tandis que des habitants et des membres des équipes de secours fuyaient en courant.

D’autres montraient des personnes couvertes de cendres que des secouristes essayaient de mettre à l’abri. Au total l’éruption a duré plus de 16 heures.

– « Tragédie » –

Lundi soir, le président Jimmy Morales a qualifié l’évènement de « tragédie » et annoncé que les recherches et l’assistance aux sinistrés dureraient le temps nécessaire dans la zone.

La présidence a déjà précisé qu’un plan de reconstruction commencerait à être élaboré mardi, alors que les familles des victimes commençaient à enterrer leurs morts dans de longues processions.

L’état de catastrophe naturelle a été décrété dans les départements d’Escuintla (sud), Chimaltenango (ouest) et Sacatepequez (sud-ouest), les plus affectés par l’éruption. Les députés ont également commandé un rapport sur les dégâts dans les nombreuses exploitations de café et maïs affectées.

L’éruption a touché notamment des communes rurales proches du volcan et la cité coloniale d’Antigua, le plus important site touristique du Guatemala.

Un total de 1,7 million de personnes sont affectées à divers degrés par la catastrophe, selon la protection civile.

Le Volcan « de Fuego » était déjà entré en éruption en janvier 2018. En septembre 2012, son précédent réveil avait entraîné l’évacuation de quelque 10.000 personnes résidant dans des villages situés sur le flanc sud.

Deux autres volcans sont également actifs au Guatemala: le Santiaguito (ouest) et le Pacaya (20 km au sud de la capitale). Ce petit pays d’Amérique centrale est situé sur la « Ceinture de feu du Pacifique », une zone qui concentre environ 85% de l’activité sismique terrestre.

Romandie.com avec(©AFP / 06 juin 2018 02h49)                

Hawaï: des milliers d’habitants fuient une éruption volcanique

mai 4, 2018

Un panache de fumée s’échappe du volcan Kilauea à Hawaï le 3 mai 2018, sur une photo prise par une habitante Janice Wei / © Handout/AFP / Janice Wei

L’éruption spectaculaire du volcan Kilauea, l’un des plus actifs au monde, a provoqué des coulées de lave rougeoyante jusque dans les zones d’habitation jeudi, poussant des milliers d’habitants de Hawaï à fuir.

Le gouverneur de l’île du Pacifique David Ige a déclaré l’état d’urgence afin de pouvoir mobiliser tous les services et les fonds d’urgence de l’Etat liés aux catastrophes naturelles.

Les médias locaux montraient des rues bloquées par la police et une coulée de lave rougeoyanteen train de progresser, ou encore une coulée de lave brûlant dans la forêt dense entourant le volcan Kilauea, comme une barrière de magma.

Des « vapeurs et de la lave se sont échappées par une fissure dans la zone de Mohala Street », a écrit la Défense civile locale sur son compte Facebook, un responsable local précisant qu’environ 10.000 personnes habitent la zone concernée par les évacuations.

770 bâtiments et 1.700 personnes sont sous le coup d’évacuations obligatoires, a indiqué à l’AFP Cindy McMillan, porte-parole du gouverneur David Ige.

L’agence américaine de géologie et sismologie (USGS) avertissait, dans un site dédié aux volcans (volcanoes.usgs.gov), « de nouvelles coulées de lave pourraient survenir sans qu’il soit possible de prédire » où elles se produiraient.

Deux centres d’accueil ont pour l’instant été ouverts pour accueillir les évacués. Le gouverneur a appelé l’armée de réserve (National Guard) pour aider aux opérations de secours, a-t-il indiqué sur Twitter.

« Préparez vous maintenant pour que votre famille soit en sécurité », a enjoint le gouverneur aux résidents appelés à évacuer la zone.

Des responsables de l’Observatoire volcanologique d’Hawaï, dépendant de l’Institut américain d’Etudes géologiques (USGS), surveillent et évaluent avec des moyens terrestres et aériens l’importance de l’éruption qui s’est déclarée à 16H45 locales (00H45 GMT vendredi).

Plus tôt, à 10H30, un tremblement de terre d’une magnitude 5, suivi de nombreuses répliques, au sud de la bouche éruptive de Puu Oo, a déclenché des chutes de pierres et une potentielle rupture dans le cratère du volcan, selon USGS.

Il est le plus important d’une centaine de séismes parfois mineurs, autour d’une magnitude 2.0, depuis lundi, usant les nerfs des résidents.

« Ca met à bout », « c’est comme si toute la maison tremblait. Comme si quelqu’un qui fait 160 kilos venait dans mon salon et n’arrêtait pas de sauter », a décrit à la chaîne locale KHON une habitante Carol Shepard.

Les autorités d’Hawaï ont diffusé une photo montrant un immense jet de cendres rosâtres jaillir du volcan et se dissiper en se déplaçant vers le sud-ouest du cône volcanique Puu Oo.

Elles ont prévenu que l’éruption pouvait contenir des « concentrations potentiellement létales de dioxyde de soufre ».

De nouvelles fissures dans le sol ont été signalées tard dans l’après-midi. « Les zones en bas de la pente du (volcan) en éruption risquent d’être inondées de lave », particulièrement la zone générale de la sous-division de Leilani Estates.

Utilisant un drone, Jeremiah Osuna, un résident, a pris des images vidéo de la coulée de lave rouge qui ressemble selon lui à « un rideau de feu ».

« Ca a grondé comme si on avait mis des pierres dans un séchoir à linge et qu’on l’avait fait tourner en vitesse maximale. On pouvait sentir le soufre et les arbres brûlant », a décrit M. Osuna cité par la chaîne KHON2.

« J’ai été un peu secoué et j’ai réalisé à quel point (…) c’est dangereux de vivre » près du volcan, a-t-il ajouté.

Les scientifiques observaient cette « intrusion de magma » dans cette zone depuis lundi, anticipant une possible éruption, a expliqué Janet Babb, géologue de l’Observatoire volcanologique d’Hawaï. D’autres éruptions pourraient survenir, selon elle.

« Les Hawaïens vivent là depuis toujours. On sait ce qui se passe. Tout le monde doit être prêt », estime une habitante Janice Wei, qui ayant habité autrefois en Californie, est familière des zones sismiques.

L’île de Hawaï, souvent appelée Grande Ile, est la plus grande des huit principales îles qui forment cet Etat américain du Pacifique, un archipel de 137 îles au total.

Romandie.com avec (©AFP / 04 mai 2018 14h51)                

Philippines: l’éruption d’un volcan fait fuir les habitants mais attire les touristes

janvier 24, 2018

Le volcan Mayon en éruption aux Philippines, ici photographié depuis un drone le 24 janvier 2018 / © AFP / CHARISM SAYAT

Les habitants proches d’un volcan philippin en éruption, le Mayon, continuaient mercredi à fuir la zone par dizaines de milliers, selon les services de sécurité civile, mais des touristes étrangers arrivaient de leur côté pour voir la lave et les nuages géants sortir du cratère.

Plus de 70.000 habitants de la région, un chiffre qui a quasiment doublé depuis trois jours, se retrouvent dorénavant entassés dans des écoles ou d’autres bâtiments publics, selon les autorités locales.

Le volcan Mayon est entré en activité depuis deux semaines et l’agence vulcanologique philippine a averti lundi d’une « éruption dangereuse imminente ».

La zone d’évacuation a été depuis progressivement élargie et s’établit actuellement à neuf kilomètres autour du cratère.

Mais même au delà de cette zone, des habitants ont quitté leurs maisons submergées par des pluies de cendres.

« Ils n’étaient pas dans la zone de danger mais ils sont effrayés », a expliqué à l’AFP Cedric Daep, chef des services de la sécurité civile dans la province d’Albay où se situe le volcan.

Selon lui, quelque 360.000 personnes, soit un tiers du million d’habitants de la province, ont respiré des cendres volcaniques.

Dans certains abris, les personnes évacuées dorment à même le sol et doivent partager les toilettes à raison d’un WC pour cinquante. D’autres abris sont même dépourvus de toilettes, selon les secouristes.

« On nous a dit que le gouvernement local nous fournirait (des toilettes mobiles) mais jusqu’à présent, il n’y en a pas », assure Maria Evelyn Grollo, qui dirige une école transformée en abri pour plus de 4.000 personnes aux abords de la ville de Legazpi.

Selon Rose Rivero, administratrice régionale de la Croix-Rouge, les évacués, essentiellement des familles de paysans, survivent grâce à des distributions de nourriture effectuées par le gouvernement et des oeuvres caritatives. Sa propre organisation fournit de l’eau potable ainsi que des produits d’hygiène et du conseil.

« Nous ne voulions pas partir parce que nous savions que la vie est dure dans les centres d’évacuation », a déclaré à la télévision GMA Susan Nolaso, tout juste arrivée dans un abri. « Mais hier, les chutes de cendres étaient vraiment trop fortes ».

– Rizières sous les cendres –

Des images filmées par un drone diffusées par la chaîne de télévision ont montré Guinobatan, une ville agricole de 65.000 habitants située sous le versant ouest du Mayon, tapissée de cendres qui ressemblaient vues du ciel à de la neige sale où perçait seulement le vert des rizières.

« Si on se réfère à l’histoire des éruptions du Mayon, il faudra trois ou quatre mois avant qu’ils ne puissent rentrer chez eux », ajoute Mme Rivero.

Selon l’agence vulcanologique nationale, les chances sont effectivement minces pour que cela arrive de sitôt.

L’agence a fait état mercredi de cinq épisodes d’émissions « intenses mais sporadiques de fontaines de lave depuis le cratère du sommet » durant la nuit de mardi à mercredi, avec également des nuages de cendres jusqu’à cinq kilomètres de hauteur.

De la lave ainsi que des rochers incandescents ont également dévalé les flancs du volcan, selon l’agence.

L’éruption excite la curiosité de touristes américains, européens ou sud-coréens, selon les hôteliers du coin.

« Ils sont attirés par l’activité du Mayon. Ils veulent voir ça de plus près », raconte à l’AFP Nics Ortonio, réceptionniste à l’Oriental Hotel de Legazpi, un quatre étoiles qui affiche complet.

Les clients sortent de leurs chambres à 110 dollars la nuitée pour observer les explosions périodiques sur le Mayon, en toute sécurité depuis la terrasse du restaurant de l’hôtel, aux côtés de dîneurs locaux, ajoute-t-elle.

« C’est bon pour les affaires, mais en tant qu’habitante je suis également affectée », poursuit la jeune femme âgée de 22 ans, expliquant qu’elle reste pour le moment à la maison avec ses parents.

Les Philippines se situent sur la « ceinture de feu » du Pacifique, zone où se rencontrent des plaques tectoniques, ce qui produit une fréquente activité sismique et volcanique.

Célèbre aux Philippines pour la quasi-perfection de son cône, le volcan Mayon, situé à quelque 330 km au sud-est de Manille, culmine à 2.460 mètres. Il est considéré comme le plus instable des 22 volcans philippins en activité.

Il a connu 51 éruptions au cours des 400 dernières années, dont la dernière remonte à 2014. En 1814, plus de 1.200 personnes avaient péri sous des flots de lave qui avaient notamment rasé la ville de Cagsawa, à l’exception du clocher d’une église devenu une attraction touristique majeure.

Des aéroports de la région ont été fermés et certaines routes sont impraticables en raison de la cendre. Le port de masques et de lunettes de protection est conseillé aux habitants.

Romandie.com avec(©AFP / 24 janvier 2018 14h01)

Indonésie: un volcan de Bali perturbe le trafic aérien

novembre 26, 2017

Un jeune garçon prend en photo le mont Agung, le 26 novembre 2017 sur l’île indonésienne de Bali / © AFP / SONNY TUMBELAKA

Un volcan de Bali, haut lieu du tourisme en Indonésie, crachait dimanche de la fumée et des cendres à des milliers de mètres d’altitude, provoquant des perturbations du trafic aérien qui ont affecté des milliers de visiteurs, selon les autorités.

Le mont Agung, dont l’éruption en 1963 avait fait près de 1.600 morts, s’est réveillé en septembre.

De la fumée et de la vapeur s’élevaient jusqu’à 4.000 mètres au-dessus du sommet du volcan, ce qui a provoqué l’annulation de 15 vols dans l’après-midi au départ et à l’arrivée de l’aéroport international de Denpasar, selon un porte-parole Arie Ahsanurrohim.

Le centre de volcanologie indonésien a décrété une alerte rouge pour prévenir les compagnies aériennes qu’une éruption était possible, avec émission importante de cendres dans l’atmosphère.

L’aéroport était toutefois toujours ouvert dans l’après-midi. Il appartient aux compagnies elles-mêmes de décider d’annuler ou de détourner leurs vols, a expliqué le porte-parole.

« On essaye de rendre l’aéroport aussi confortable que possible pour les passagers concernés. Pour l’instant, nous leur avons fourni des salles pour déballer leurs affaires et des vidéos pour qu’ils puissent se relaxer un peu », a-t-il ajouté.

Au moins 2.000 passagers sont touchés par les perturbations, pour la plupart des touristes Australiens.

– Des vols intérieurs annulés –

Plusieurs vols intérieurs, à destination par exemple de l’île voisine de Lombok, également très touristique, ont aussi été annulés. Le vent pousse les cendres dans la direction de Lombok, à l’est de l’île de Bali.

« Ma compagnie aérienne m’a remboursé. Maintenant, j’essaye d’aller à Lombok par bateau, j’espère que le port est ouvert », expliquait Ismono, qui, comme de nombreux Indonésiens, n’a qu’un seul nom.

Lorsque le volcan s’est réveillé en septembre, les autorités avaient décrété l’alerte maximum et 140.000 personnes avaient été évacuées.

Un mois plus tard, la situation s’était calmée et de nombreux habitants étaient rentrés chez eux.

Puis, le mont Agung a de nouveau grondé mardi, contraignant 25.000 personnes à se mettre à l’abri. Les autorités ont appelé les gens vivant dans un rayon de 7,5 kilomètres autour du volcan à partir.

Samedi, le volcan avait également émis de la fumée et des cendres. Les autorités ont conseillé aux gens vivant près de la montagne de porter des masques, mais n’ont pas pour l’instant décrété le niveau d’alerte maximum.

« Les secousses causées par l’activité du volcan sont considérablement moindres que celles de septembre », a expliqué Kasbani, chef du centre de volcanologie.

Selon les autorités, il s’agit d’une éruption phréatique, avec expulsion brusque et violente de vapeur d’eau.

Plus de 120 volcans sont en activité en Indonésie, qui est située sur la « ceinture de feu » du Pacifique.

Romandie.com avec(©AFP / 26 novembre 2017 18h00)                

Conte : Le Python de la Fournaise

mars 4, 2017

 

 

Il était une fois, dans l’île de la Réunion, vivait un Python primaire et solitaire en manque de nourriture.

Un jour pendant qu’il se promenait, au bord de l’Océan Indien, Constant le Python, aux couleurs beige, jaune, noir et beige, surprit une Tortue géante sortie de l’eau. Il se cacha, entre les feuilles mortes et les herbes folles, fit semblant de dormir en guettant et surveillant silencieusement tous ses mouvements. L’animal marin, au regard prudent de félin, marchait lourdement à quatre pattes sur le sable fin de la mer, à la recherche d’un endroit sûr pour pondre ses œufs, qu’elle enfouissait avec les rackets de ses pattes. Cocotue la Tortue posa son ventre sur le sable fraîchement remué de sa ponte, colla son oreille orientale et occidentale, située à l’intérieur derrière ses yeux, puis répartit dans les profondeurs abyssales des eaux chaudes de l’océan.

Le vieux Python, après sa disette et son jeûne involontaire, de trois jours, se réveilla, redressa son long corps, regardant, à gauche et à droite, puis se faufila doucement, doucement, suivant les pas de la Tortue qui le conduisirent jusqu’au lieu de sa cachette. Là, il enfonça sa tête sous le sable et découvrit le trésor frais de tous les œufs de la Tortue ancestrale qu’il commençait à manger goulûment. Il éprouva une grande satisfaction.

Repu, au moment où il termina sa soustraction frauduleuse, il fût surpris par un Tec-tec, au plumage beige dessus et clair dessous, au bec fin et pointu, à la poitrine rousse qui volait à basse altitude pour se poser allégrement sur un palmier rouge, non loin des lagons.

Un mois après la saison sèche, Cocotue la Tortue, qui fouinait son bec entre les coraux pour chercher sa nourriture, rencontra au cours de cette randonnée, une belle et élégante Murène, au corps allongé,  s’apprêtant d’entrer dans sa cachette rocheuse. Hélène la Murène, vêtue d’une longue robe blanche, plissée et dentelée, avec des cauris gris, par endroits, l’interpella en lui envoyant des bulles d’eau pour lui parler : fro, fro, fro.

  • Chère Tortue je te cherche depuis longtemps en sortant parfois ma tête à ma porte, pour voir si daventure tu pouvais passer par-ci, car j’ai une bonne nouvelle à t’annoncer : « J’ai rêvé que tes œufs pondus sur le rivage ont été la proie d’un Serpent vivant sur la terre ferme. Je tenais à t’aviser pour aller sur le lieu de ta ponte, vérifier la vision de mon rêve. Car ma perception onirique est souvent exacte ».

Ayant entendu ses propos, la Tortue fondit en larmes. Ses lamentations  produisirent un écho retentissant dans les oreilles de la Baleine à bosse qui la croisa au moment où elle partait vérifier l’information. Irène la Baleine à bosse, la mastodonte des mers avec sa robe bleue marine confectionnée par le plus grand couturier de la Polynésie française, à Tahiti, lui conseilla de faire des fétiches avec des œufs des rayons du soleil. Par solidarité, tous les poissons se réunirent, pendant trois jours, à la pleine lune, pour des invocations aux dieux de la Nature et des Océans. Lorsque leurs prières parvinrent aux oreilles du dieu Sol, celui-ci appela en concertation le dieu Faunus et le dieu Neptune pour statuer sur la sanction à infliger contre le Serpent.

Le Soleil proposa à ses deux compères Neptune et Faunus, dieu des Océans et de la Nature, qu’il sacrifierait un diadème de sa couronne royale pour fabriquer des œufs brûlants de fer. Mais il était nécessaire d’inviter et d’associer le dieu du Fer, Vulcain, pour lui confier ce travail relevant de sa compétence.

Quand arriva le dieu du Fer, le Soleil descendit la couronne de sa tête, la tendit au dieu Vulcain pour qu’il puisse en couper le diadème situé à l’arrière afin de le fondre et de fabriquer autant d’œufs qui serviraient au piège contre le Serpent. Avec son chalumeau brûlant, il coupa le diadème indiqué qu’il plaça dans sa fonte. Il obtint un produit malléable qu’il disséqua en de menus points ronds sous formes d’œufs contenant un liquide lavé.

Après son laborieux façonnage de l’ouvrage demandé, il partit remettre les œufs auprès du Soleil qui appela Cocotue la Tortue ainsi que les deux autres dieux Faunus et Neptune. Il prit la parole et lui dit :

  • Prends ces faux œufs métalliques soufrés et lavés que tu iras placer au lieu habituel de ta ponte. Connaissant les habitudes de Constant le Serpent, nous allons envoyer Tec-tec pour le conduire à ta cachette.

Des jours et des nuits passèrent, le Serpent eût encore faim puis il commençait à perdre les écailles de sa peau. De sa superbe. Arriva Tec-tec qui lui dit avoir vu Cocotue la Tortue ensevelir sa nourriture préférée des œufs. Il n’eût pas terminé sa conversation que Constant le Serpent courut, survolant les herbes et passant entre les branches pour se ravitailler de ses friandises.

Avant de commencer le rituel de son repas, il dansa, chanta et secoua sa queue pour manifester sa joie. Vint ensuite avec la lenteur de son vol, Tec-tec pour l’assister audit festin. Le Serpent creusa de sa bouche, pointa sa queue pour retourner le sable avant d’arriver sur les premiers œufs qui brillaient d’un éclat surprenant comme s’ils étaient induits d’huile. C’étaient des œufs frais. Des œufs d’une rare beauté qu’il avalait jusqu’à se remplir l’estomac. Lorsqu’il termina sa fête, il s’étira, frottant son dos et son ventre contre un palmier rouge.

Au-dessus de sa tête, le Soleil le regardait au zénith sur l’orbite de son observation. Il esquissait un sourire narquois faisant bouger ses cheveux et sa barbe.

  • Tu verras ce qui va t’arriver, voleur indésirable et indélicat des amis de la Nature, monologuait-il ?

Après le coucher et le lever du Soleil, le dieu Sol invita Faunus, Neptune, Vulcain et la Tortue pour leur signifier d’avoir vu et été le témoin lors de son passage du régal des œufs de la part du Serpent. Il leur dit de ne pas en parler à personne que désormais il frappera le Serpent depuis le magma de sa cachette sous terre.

Un jour de la semaine, pendant que le Soleil illuminait le ciel, il tint le diadème remplacé ayant servi à la fabrication des faux œufs de Cocotue la Tortue. Des rayons se dégagèrent, chauffèrent le sol de la cachette de Constant le Serpent. Il se tordait le ventre suite à la chaleur perçante qui lui parvenait du Soleil. La terre formait à cet endroit une bosse sous forme de volcan qui fumait au-dessus du piton des gaz au moment où il vint exposer la bouche circulaire de son cratère d’où soudain, il vomissait de la fournaise, coulant sous forme de laves brûlantes et rutilantes. Ces laves descendaient vers l’Océan Indien détruisant tout sur leurs passages et dégageaient un panache de fumée.

Depuis lors, chaque fois que le Soleil veut punir le Python de la Fournaise, il lui envoie ses rayons, et les œufs piégés, avalés qui sont dans son ventre, se transforment en vomissures de feu et en coulées de laves chaudes et puissantes.

 

© Bernard NKOUNKOU

 

Japon: petite île évacuée après le réveil spectaculaire d’un volcan

mai 29, 2015

Une petite île japonaise du Pacifique a dû être évacuée de tous ses habitants vendredi après l’éruption spectaculaire d’un volcan Shindake. Un épais nuage de fumée noire et de cendres, qui est monté jusqu’à 9000 mètres, continuait à s’échapper en fin de journée.

Les 130 habitants de Kuchinoerabu ont pu quitter sains et saufs cette île de l’extrême-sud du Japon, à bord de navires des gardes-côtes et d’un ferry affrété par les autorités locales, selon l’agence de gestion des catastrophes naturelles.

L’éruption du mont Shindake n’a fait ni blessé grave ni dégâts matériels majeurs, a précisé la police. Seul un septuagénaire a été légèrement touché au visage. « Nous mobilisons tous les services du gouvernement » pour assurer la sécurité des habitants, a assuré le Premier ministre Shinzo Abe devant la presse.

Réveil brutal
Le volcan s’est brutalement réveillé à 09h59 locales (02h59 suisses), a précisé l’agence météorologique nippone qui a élevé son niveau d’alerte au maximum (le niveau 5), rendant nécessaire l’évacuation de Kuchinoerabu.

L’éruption du mont Shindake s’est accompagnée d’un séisme volcanique qui a duré cinq minutes. Une coulée pyroclastique, constituée de cendres brûlantes, a dévalé la pente du volcan pour se précipiter dans la mer.

« Il est possible que des épisodes de même intensité se produisent à nouveau (sur l’île de Kuchinoerabu). Nous avons mis en garde les habitants de l’île contre les écoulements pyroclastiques, et nous leur avons demandé d’obéir aux ordres d’évacuation », a déclaré le directeur du département de vulcanologie de l’agence météorologique, Sadayuki Kitagawa, lors d’un point presse.

Selon un vulcanologue de l’université de Kyoto, Kazuhiro Ishihara, « l’éruption pourrait continuer encore pendant un certain temps compte tenu de l’histoire » du mont Shindake.

Recrudescence de l’activité volcanique
Le volcan Shindake était en observation depuis une petite éruption l’an dernier. Le Japon est situé dans la « ceinture de feu du Pacifique », une zone de séismes et de volcans. En septembre, le mont Ontake (centre) était entré violemment en éruption et avait pris par surprise des promeneurs, faisant 57 morts et 6 disparus.

L’activité volcanique au Japon a augmenté ces derniers temps, une conséquence du très violent séisme qui a dévasté la région du Tohoku (nord) en mars 2011, selon des experts.

Romandie.com

Volcan en colère

septembre 25, 2010

La bouche affamée du volcan
Crache une salive de feu au vent
Et sa coulée de larves chaudes
Serpente la terre aux fesses chaudes

Sa fumée noire obstrue le ciel
Comme une odeur pestilentielle
Qui empêche les vols d’avion
Et les pilotes de l’observation

Bernard NKOUNKOU