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Roumanie: premier jour de vote pour un référendum anti-mariage gay controversé

octobre 6, 2018

Une affiche appelant à « défendre les enfants de Roumanie » et à voter « oui » au référendum sur l’interdiction du mariage gay, le 2 octobre 2018 dans une rue de Bucarest / © AFP / Daniel MIHAILESCU

L’affluence était modérée samedi dans les bureaux de vote de Roumanie au premier jour d’un référendum controversé visant à graver dans la Constitution l’interdiction du mariage gay, avec l’espoir, pour la gauche au pouvoir, de remobiliser son électorat.

Les 19 millions d’électeurs du pays ont jusqu’à dimanche soir pour approuver un changement de la définition du mariage afin que seuls « un homme et une femme » puissent s’unir et non plus des « époux », comme le stipule actuellement la loi fondamentale.

Seuls 2,54% d’entre eux s’étaient déplacés à la mi-journée, selon les premiers chiffres officiels, alors que la principale inconnue du scrutin est la participation: le seuil de 30% des inscrits doit être atteint pour valider le résultat.

D’un point de vue légal rien ne changera à l’issue du référendum, puisque la législation roumaine n’autorise actuellement ni le mariage entre personnes de même sexe ni l’union civile. Les adversaires du scrutin fustigent un vote dont le seul effet a été de laisser libre cours aux discours homophobes et dont l’enjeu serait de faire oublier les déboires de la gauche au pouvoir.

– Le vote comme « bénédiction » –

Les responsables politiques au pouvoir ont d’ailleurs été parmi les premiers à se rendre aux urnes, comme la cheffe du gouvernement social-démocrate Viorica Dancila ou le puissant patron des sociaux-démocrates Liviu Dragnea.

« Le moment est venu de décider nous-mêmes comment nous voulons vivre dans notre pays », a-t-il déclaré, assurant qu’il ne s’agissait « absolument pas d’un vote contre une minorité ».

Les sociaux-démocrates du PSD au pouvoir comptent sur ce scrutin pour mobiliser la Roumanie rurale et conservatrice, le coeur de leur électorat alors que le parti est en perte de vitesse, accusé de vouloir affaiblir la lutte contre la corruption et de contrôler la justice qui a épinglé nombre de ses élus.

Les résultats définitifs du référendum sont attendus lundi et le même jour, Liviu Dragnea doit comparaître pour son procès en appel dans une affaire d’emplois fictifs qui lui a valu trois ans et demi de prison ferme en première instance.

« Participer au vote est un droit, un honneur et une bénédiction », a exhorté samedi Daniel, le patriarche de la puissante Eglise orthodoxe.

« Nous n’avons rien contre les minorités ou contre les homosexuels, car nous ne sommes pas racistes, au contraire nous sommes un peuple chaleureux et pacifique », assure à l’AFP Viorel Zburau, un agent immobilier favorable au changement de la constitution.

Un militant distribue des tracts appelant à voter « oui » au référendum sur l’interdiction du mariage gay, le 3 octobre 2018 à Bucarest, en Roumanie / © AFP / Daniel MIHAILESCU

Les opposants au vote faisant le pari du boycott, la victoire du « oui » à une modification constitutionnelle est assurée, avec un score qui pourrait atteindre 90% des suffrages et une participation de 34%, selon un sondage de l’Institut CURS publié vendredi.

« On ne vote pas sur l’amour. Le gouvernement ferait mieux d’utiliser cet argent pour construire des hôpitaux », tranchait samedi Mihai, 28 ans, vendeur dans un supermarché, à l’instar de nombreux Roumains sceptiques à l’égard du scrutin.

Le référendum émane d’une « initiative citoyenne », proche de l’Eglise, qui a présenté les signatures de trois millions de personnes ayant conduit à l’organisation de la consultation pour défendre « la famille traditionnelle ».

– « Nourrir la haine » –

Une interdiction gravée dans la Constitution rendrait plus difficile, voire impossible, tout changement futur de la loi en faveur des couples homosexuels, s’inquiètent les adversaires de la consultation. Ils craignent que d’autres initiatives soient lancées remettant en cause le cadre de l’avortement ou de l’éducation sexuelle.

Le référendum a suscité de vives critiques au sein des institutions européennes qui ont rappelé Bucarest à ses engagements en matière de droits de l’Homme.

« Je ne veux pas que les valeurs de la famille soient transformées en arguments pour (…) nourrir les démons les plus noirs, la haine contre les minorités sexuelles », a lancé le vice-président de la Commission européenne, Frans Timmermans.

Selon le sociologue Marius Pieleanu de l’Institut Avangarde, de telles mises en garde de l’étranger risquent toutefois d’avoir l’effet inverse, alors que les discours souverainistes et méfiants envers l’Europe gagnent du terrain en Roumanie.

« Une partie des indécis pourraient justement se mobiliser en raison de cette attitude qu’ils perçoivent comme hostile envers la Roumanie », a-t-il déclaré à l’AFP.

Romandie.com avec(©AFP / (06 octobre 2018 16h11)

Nom de la Macédoine: large victoire du « oui », forte abstention

septembre 30, 2018

Un bureau de vote vide pendant le le référendum du 30 septembre 2018, dans le village macédonien de Dabilje. / © AFP / DIMITAR DILKOFF

Le « oui » l’a très largement emporté dimanche au référendum marqué par une forte abstention organisé pour que les Macédoniens se prononcent sur le changement de nom de leur pays afin de se réconcilier avec la Grèce et de s’arrimer à l’Europe.

90,72% des électeurs qui ont pris part à ce scrutin consultatif ont approuvé la nouvelle appellation de « République de Macédoine du Nord » pour leur petit Etat des Balkans, selon les résultats de la commission électorale portant sur près de la moitié (43,57%) des suffrages. 6,26% ont voté contre.

« Je pense que l’immense majorité des citoyens qui ont voté ont choisi la voie européenne », avait auparavant déclaré le Premier ministre social-démocrate Zoran Zaev au cours d’une conférence de presse.

Il n’a toutefois pas évoqué la forte abstention, les deux tiers des électeurs n’étant pas allés voter, une demi-heure avant la fermeture des bureaux, selon le dernier chiffre fourni par la commission électorale.

Des partisans du boycottage du référendum, qui a été marqué par une forte abstention des Macédoniens, le 30 septembre 2018 devant le parlement à Skopje. / © AFP / Armend NIMANI

Mais Zoran Zaev a semblé vouloir couper l’herbe sous le pied à son opposition qui pourrait attaquer la légitimité du scrutin en insistant sur ce point.

Il a dit espérer que les députés de l’opposition de droite (VMRO-DPMNE) « respecteront la volonté démocratique des citoyens » en ratifiant au parlement l’accord. Faute de quoi, il a annoncé qu’il organiserait des « élections parlementaires anticipées ».

Pour cette ratification à la majorité des deux tiers, Zoran Zaev et ses alliés des partis de la minorité albanaise (20 à 25% des 2,1 millions d’habitants de ce pays majoritairement slave) ont besoin de la défection d’une dizaine de députés de droite.

Une affiche électorale avec le slogan « Pour une Macédoine européenne! » à Skopje le 29 septembre 2018. / © AFP / Robert ATANASOVSKI

– Nom imposé –

Les promoteurs d’une campagne d’appel au boycottage orchestrée sur les réseaux sociaux, ont organisé un rassemblement dans la soirée devant le parlement. Ils étaient environ 300, une heure et demie après la fermeture des bureaux de vote.

La forte abstention ne peut uniquement s’expliquer par le beau temps et les électeurs de la seule diaspora, qui seraient 3 à 400.000 (sur 1,8 million), selon les estimations.

Macédoine / © AFP / Kun TIAN

« Nous n’avons pas de problèmes de nom ou d’identité ici… Nous avons un problème sur le fait que quelqu’un d’autre nous l’impose », dit Ana Bobinkova Mijakovska, une professeure de philosophie de 47 ans, favorable au boycottage. Cet appel a été relayé par le président Gjorge Ivanov, proche de la droite nationaliste, dont le rôle est honorifique.

La décision des électeurs qui ont glissé un bulletin « oui » a souvent été emportée par le pragmatisme plus que par l’enthousiasme.

Le référendum « changera les choses si cela nous ouvre la porte de l’Europe et de l’Otan », a ainsi expliqué Olivera Argirovska, une ancienne infirmière de 74 ans de Skopje, la capitale.

Le Premier ministre macédonien Zoran Zaev à Prilep (centre) le 26 septembre 2018. / © AFP / Robert ATANASOVSKI

Pays pauvre qui a payé son isolement d’un marasme économique persistant, la Macédoine entend intégrer ces organisations, promesse de stabilité et de prospérité pour beaucoup.

Cette quête est entravée par le veto de la Grèce, pour laquelle le nom de Macédoine est exclusivement celui de sa province septentrionale, autour de Thessalonique.

Depuis l’indépendance de cette ex-république yougoslave en 1991, les Grecs crient à l’usurpation d’identité, à la spoliation d’héritage, notamment de celui d’Alexandre Le Grand. Ils soupçonnent leurs voisins de dissimuler des ambitions territoriales.

Référendum sur le nom de la Macédoine / © AFP / Sally Mairs, Farid Addala

Achevées en 2017, les années au pouvoir du VMRO-DPMNE ont encore tendu les relations. Le pays s’est alors couvert de statues et de références à Alexandre Le Grand et à son père Philippe de Macédoine.

Mais en juin, Zoran Zaev a signé un accord avec son homologue grec Alexis Tsipras : si le nom de « République de Macédoine du Nord » devait être adopté, Athènes cesserait de faire barrage à l’adhésion à l’Otan et à l’UE.

– « C’est du chantage » –

Pendant la campagne, c’est sur cet enjeu qu’a insisté le pouvoir, recevant le soutien de responsables occidentaux. Sur les murs de Skopje, les « oui à une Macédoine européenne » ont été affichés en lettres rouges.

Mais les mots de « Macédoine du Nord » n’apparaissaient pas plus que dans la question du référendum : « Êtes-vous pour l’adhésion à l’UE et à l’Otan, en acceptant l’accord » avec la Grèce ? ».

« Je comprends ce que ressentent les Macédoniens (…), c’est du chantage », réagit Abedin Memeti, un membre de la minorité albanaise. « Mais l’UE et l’Otan sont plus importantes pour nous tous », déclare le jeune homme qui a voté « oui ».

Pour Borjan Jovanovski, un journaliste spécialiste des questions européennes, l’UE « est la seule force cohérente pouvant préserver la paix entre religions et communautés ethniques dans un pays aussi mélangé que la Macédoine ».

Epargné par les guerres des années 1990 dans l’ex-Yougoslavie, elle a failli basculer en 2001 quand des affrontements ont éclaté entre une guérilla albanaise et les forces macédoniennes. Un accord de paix a octroyé des droits plus importants aux Albanais.

Romandie.com avec(©AFP / (30 septembre 2018 21h45)

États-Unis/Cour suprême: le candidat de Trump remporte un premier vote au Sénat

septembre 28, 2018

Jeff Flake, le sénateur républicain qui a demandé à ce que le vote final du Sénat pour confirmer la nomination du juge Kavanaugh à la Cour suprême soit retardé d’une semaine pour laisser le FBI enquêter, le 28 septembre 2018 / © AFP / Brendan Smialowski

Le candidat de Donald Trump à la Cour suprême, Brett Kavanaugh, a remporté vendredi un vote en commission au Sénat, ouvrant la voie à un vote final de confirmation en séance plénière malgré les accusations d’abus sexuel qui le visent.

Au lendemain des auditions poignantes du juge, qui nie en bloc, et de son accusatrice, les 11 membres républicains de la commission judiciaire du Sénat ont voté pour recommander sa confirmation et les dix démocrates s’y sont opposés.

Jeff Flake, un des trois sénateurs républicains dont le vote n’est pas forcément acquis à M. Kavanaugh, a demandé à ce que le vote final soit retardé d’une semaine au maximum pour que la police puisse enquêter sur les accusations de Christine Blasey Ford.

« Le pays est en train de se déchirer et nous devons nous assurer d’une procédure en bonne et due forme », a déclaré ce modéré qui ne se représente pas aux élections de novembre. Sa demande a été soutenue par la sénatrice républicaine Lisa Murkowski.

« Je ne serai à l’aise pour voter en séance plénière que lorsque le FBI aura enquêté un peu plus qu’aujourd’hui », a ajouté M. Flake, laissant entendre qu’au moment du vote final, il pourrait se désolidariser de la majorité.

Selon la Constitution des Etats-Unis, il revient au Sénat de donner son feu vert pour les postes à vie à la Cour suprême, plus haute juridiction du pays et arbitre des questions de société les plus épineuses (droit à l’avortement, régulation sur les armes à feu, mariage homosexuel…).

Les républicains détiennent actuellement une courte majorité au Sénat, avec 51 sièges sur 100. Mais, outre Jeff Flake, deux sénatrices, Susan Collins et Lisa Murkowski, n’ont pas fait savoir ce qu’elles allaient voter.

Les deux femmes soutiennent le droit à l’avortement, alors que le juge Kavanaugh, un magistrat catholique et conservateur, est accusé par les associations féministes et les démocrates de vouloir limiter ce droit.

Le président Donald Trump, qui n’envisage « pas du tout » de nommer un autre candidat à la Cour, a fait savoir vendredi qu’il laissait aux sénateurs le choix de décider s’il était nécessaire d’enquêter plus avant. Jusqu’ici, il avit refusé d’ordonner une enquête du FBI, ne la jugeant pas nécessaire.

Romandie.com avec(©AFP / (28 septembre 2018 20h46)

Au Pakistan, des femmes votent pour la première fois, d’autres en sont empêchées

juillet 25, 2018

Dans le village pakistanais de Mohri Pur, 3.200 femmes étaient inscrites sur les listes électorales, contre 8.000 hommes, pour les législatives du 25 juillet 2018. Aucune ne s’est rendue aux urnes. / © AFP/Archives / AAMIR QURESHI

Voter ou ne pas voter ? Au Pakistan, société patriarcale, certaines femmes ont pu glisser mercredi pour la première fois de leur vie un bulletin dans l’urne. D’autres en ont été empêchées par leurs maris.

A Mohri Pur, petit bourg à 60 kilomètres de Multan, dans le centre rural du pays, le droit de vote est refusé aux femmes depuis environ 1947, époque de la fin du joug colonial britannique et de la naissance du Pakistan. Une décision prise par des anciens du village et restée inchangée depuis.

Cette année, nombre d’entre elles espéraient pourtant inverser la vapeur à l’occasion des élections législatives de mercredi et jouer enfin leur rôle dans le jeu démocratique. Environ 3.200 d’entre elles étaient inscrites sur les listes électorales, contre 8.000 hommes. Pourtant, aucune ne s’est rendue aux urnes.

« Pas une seule femme n’a voté », regrette Asia Bibi, l’adjointe du superviseur des élections à Mohri Pur, qui s’avoue « surprise et en colère ».

« Nos maris nous ont menacées de divorce si nous allions voter », explique Tanya Bibi, 25 ans, en passant devant le bureau de vote, une école de la ville, sans s’y arrêter.

La longue file d’attente qui s’étend devant le bâtiment est composée exclusivement d’hommes, leur carte d’identité à la main.

« Nous sommes ici pour voter. Mais nos femmes n’ont pas voté car il s’agit de notre vieille tradition, que nous avons préservée », affirme l’un d’eux, Muhammad Shamsher, à l’AFP.

Même Qasir Abbas, un avocat qui avait fait campagne pour le vote des femmes, est venu sans son épouse. « J’avais peur que les villageois mettent ensuite au ban ma famille », s’attriste-t-il.

Des villageois de Mohri Pur, que des hommes, font la queue pour aller voter le 25 juillet 2018. / © AFP / SS MIRZA

Selon Bismillah Iram, employée d’une ONG locale, des annonces ont été faites à la mosquée pour avertir les femmes de ne pas s’aventurer dans le bureau de vote.

Les anciens de Mohri Pur avaient à l’époque justifié leur décision d’interdire aux femmes de voter en affirmant qu’il en allait de l' »honneur » des hommes.

Ce concept, fréquent dans le code moral patriarcal en vigueur en Asie du sud, permet souvent de justifier l’oppression, voire le meurtre, de femmes. Qu’elles cherchent à étudier, travailler hors du domicile familial, ou simplement à choisir leur époux.

– « Complètement pakistanaise » –

Des femmes du bourg ont récemment expliqué à l’AFP qu’elles avaient déjà tenté, en vain, de voter lors de précédents scrutins. En 2015, seule l’une d’elles avait bravé l’interdiction. Elle s’était retrouvée ostracisée.

Mais une récente décision de la Commission électorale pakistanaise rendant obligatoire la participation d’au moins 10% de femmes dans chaque circonscription sous peine d’invalidation du résultat avait fait souffler un nouveau vent d’espoir.

Sur les près de 20 millions de nouveaux électeurs enregistrés pour ces législatives dans un pays de 207 millions d’habitants à forte croissance démographique, plus de 9 millions sont des femmes, selon la Commission.

A l’époque de l’indépendance, les anciens de Mohri Pur avaient justifié leur décision d’interdire aux femmes de voter en affirmant qu’il en allait de l' »honneur » des hommes.  / © AFP/Archives / AAMIR QURESHI

On ignorait dans l’immédiat combien d’entre elles ont effectivement voté mercredi. Mais de longues files de femmes attendant patiemment leur tour devant les bureaux de vote ont été vues à Karachi et Lahore, les deux mégapoles du pays.

Dans le district conservateur de Lower Dir (Nord-Ouest), elles ont même pour la première fois été incitées à voter. A Samarbagh, où les barbes blanches avaient jusqu’alors mis leur véto, les mosquées ont cette fois-ci enjoint aux femmes à se rendre aux urnes.

« J’ai voté aujourd’hui et me sens pleine de joie d’avoir exercé mon droit fondamental », se réjouit Bakht Sania Bibi, 46 ans, mère de trois enfants.

A 27 ans, Sajida Haleem, interdite de voter en 2013 et en 2015, crie victoire. « J’ai toujours pensé : +Pourquoi les hommes décident-ils pour nous ? Pouvons-nous en tant que femmes décider pour nous-mêmes+ », lance cette titulaire d’un Master en affaires sociales.

« Aujourd’hui, je me sens complètement pakistanaise, sourit-elle. On m’a rendu le droit dont on m’avait privée depuis mes 18 ans. »

Romandie.com avec(©AFP / 25 juillet 2018 18h51)

Brexit à Londres, des dizaines de milliers de manifestent réclament un second vote

juin 23, 2018

Des Britanniques manifestent le 23 juin 2018 à Londres pour demander un vote sur les conditions finales du retrait du Royaume-Uni de l’UE / © AFP /

Des dizaines de milliers de personnes ont manifesté samedi à Londres pour demander un vote sur les conditions finales du retrait du Royaume-Uni de l’UE, actuellement négociées à Bruxelles entre les deux parties.

Deux ans jour pour jour après le référendum sur le Brexit, cette marche organisée par l’association The People’s Vote (Le vote du peuple) marque le début d’une campagne d’actions qui doit durer tout l’été pour exiger une nouvelle consultation populaire.

« J’étais en larmes lors des résultats du référendum, ça laissait présager d’un avenir très sombre », a expliqué à l’AFP Chiara Liduori, une italienne installée à Londres, venue participer à la manifestation avec sa fille de 2 ans, et sa nièce de 14 ans. « C’est pour elles que je suis venue, elles vont grandir dans Europe différente, qui n’est pas celle que je connais, ni celle que je veux ».

Sous un ciel bleu, une foule compacte a traversé le quartier des ministères, ne manquant pas de huer en passant devant Downing Street, résidence de la Première ministre conservatrice Theresa May.

Sur les pancartes s’affichaient de nombreux slogans contre la sortie de l’UE ou le gouvernement, notamment « Le Brexit détruit le Royaume-Uni », « Theresa, dis nous la vérité », ou encore « Le Brexit n’est pas une affaire conclue ».

« Je suis vraiment favorable à ce qu’on laisse les gens s’exprimer une nouvelle fois, beaucoup ont changé d’avis, on comprend mieux les enjeux aujourd’hui », a confié Emily Hill, une infirmière de 55 ans, qui a fait deux heures de route depuis le comté de Gloucestershire (sud-ouest de l’Angleterre) pour participer à l’évènement.

« De nombreux électeurs ont exprimé un vote de contestation » lors du premier référendum, en 2016, estime-t-elle, brandissant un drapeau européen. « Certains ne soutiennent pas l’Europe, mais je ne pense pas que cela représente la majorité de l’opinion dans le pays ».

Des Britanniques manifestent le 23 juin 2018 à Londres pour demander un vote sur les conditions finales du retrait du Royaume-Uni de l’UE / © AFP / Niklas HALLE’N

– « Longue bataille » –

Dans un sondage de l’institut Survation pour la chaine ITV publié vendredi, 48% des personnes interrogées étaient favorable à un second référendum, 25% s’y opposaient, et 27% n’avaient pas d’opinion.

« Le débat sur le Brexit crée des tensions, et polarise encore davantage la société », regrette William Diaz, un journaliste de 52 ans, qui défile avec une pancarte « Je suis un citoyen européen ». « C’est une question très compliquée, ce n’est pas une décision que l’on devrait prendre en votant par oui ou par non ».

Il évoque également ses craintes des « conséquences économiques » que pourrait avoir la sortie du pays de l’UE, mentionnant les menaces formulées cette semaine par les dirigeants d’Airbus ou BMW de mettre fin à leurs activités au Royaume-Uni en cas de Brexit sans accord.

A l’avant du cortège, le chef du Parti libéral-démocrate, Vince Cable, ou la députée conservatrice europhile Anna Soubry défilaient derrière une bannière demandant « un vote sur l’accord final du Brexit ».

Vince Cable a défendu la légitimité d’une seconde consultation. « C’est courant dans certains pays, comme en Suisse, vous votez d’abord sur le principe, puis vous votez sur le résultat final », a-t-il exposé à l’AFP.

Calendrier du Brexit / © AFP / Gillian HANDYSIDE

« C’est le début d’une longue bataille », a-t-il reconnu, « aujourd’hui nous envoyons un puissant message au gouvernement sur les inquiétudes générées par sa gestion du Brexit ».

– « Brexit complet » –

Divisé sur le dossier, l’exécutif britannique n’a pas encore dévoilé sa vision de la relation qu’il souhaite mettre en place avec l’UE après le retrait, prévu le 29 mars 2019.

Favorable à une franche rupture, le ministre des affaires étrangères Boris Johnson a exigé un « Brexit complet » dans une tribune publiée samedi par le tabloïd The Sun. Il a mis en garde Theresa May sur la nécessité de refuser un accord qui laisserait le pays « a moitié dans et à moitié hors » de l’UE, « contraint d’obéir aux règles européennes ».

Le ministre du Commerce international, Liam Fox, s’est lui montré encore plus explicite sur la possibilité de conclure un Brexit sans accord.

« Je pense qu’il ne serait pas prudent pour nos partenaires dans ces négociations de penser que notre Première ministre bluffe », a-t-il déclaré à la BBC. « Elle a toujours affirmé qu’aucun accord valait mieux qu’un mauvais accord ».

A quelques jours d’un sommet européen à Bruxelles, l’inquiétude augmente quant à la progression des discussions, alors que d’importantes interrogations restent sans réponse, notamment la question de la frontière irlandaise. L’UE a même conseillé de se préparer à l’absence d’accord.

Romandie.com avec(©AFP / 23 juin 2018 19h04)

Le gouvernement britannique remporte un vote majeur sur le Brexit

juin 12, 2018

Des manifestants pro-européens rassemblés devant le parlement britannique à Londres le 11 juin 2018 / © AFP / Daniel LEAL-OLIVAS

La Première ministre britannique Theresa May a évité de justesse mardi une défaite lors de l’examen de son projet de loi sur le Brexit, après le rejet d’un amendement qui aurait donné au Parlement un droit de veto sur les négociations avec Bruxelles.

Les députés ont rejeté par 324 voix contre 298 cet amendement qui aurait octroyé au Parlement le pouvoir de renvoyer le gouvernement à la table de négociations si l’accord obtenu avec Bruxelles ne lui convenait pas.

Ce rejet a été obtenu à l’issue d’ultimes discussions entre le gouvernement conservateur et les députés tories pro-UE, qui ont donné lieu à des scènes spectaculaires au Parlement, les ministres négociant d’arrache-pied avec les parlementaires au beau milieu de la chambre des Communes.

Etant donné sa courte majorité à la chambre des Communes, et face à des récalcitrants à la ligne qu’elle a tracée, Theresa May craignait une défaite sur cet amendement, qui aurait eu de lourdes conséquences sur sa marge de manoeuvre.

Le projet de loi, intitulé « Loi (de retrait) de l’Union européenne », doit mettre fin à la suprématie du droit européen sur le droit britannique, et organiser la transposition de certaines règlementations européennes.

Les députés, qui avaient adopté une première version en janvier, se prononcent jusqu’à mercredi sur une série d’amendements introduits lors de l’examen du texte à la Chambre des Lords, la chambre haute du Parlement britannique, allant à l’encontre du projet gouvernemental.

Sur un autre sujet qui pose problème, la possibilité de maintenir le Royaume-Uni dans l’union douanière, l’exécutif semble avoir trouvé un arrangement avec sa majorité, avec un amendement de compromis porté par quatre députés tories, Oliver Letwin et Nicky Morgan -pro-UE-, et Jacob Rees-Mogg et Bill Cash -anti-UE. Il sera mis au vote mercredi.

Soucieuse d’éviter un camouflet, Theresa May avait convoqué l’ensemble des députés de son parti lundi soir pour les rappeler à l’ordre.

« Le message que nous envoyons au pays cette semaine avec nos votes est important », avait-elle prévenu. « Nous devons montrer clairement que nous sommes unis, en tant que parti, dans notre détermination à mettre en place la décision prise par le peuple britannique » qui avait voté à 52% pour sortir de l’Union européenne en juin 2016.

« J’essaie de négocier le meilleur accord possible pour le Royaume-Uni » avec Bruxelles, avait-elle fait valoir. « Mais si les amendements des Lords sont maintenus, cela ébranlera notre position dans les négociations ».

Une mise en demeure qui a conduit le secrétaire d’Etat à la Justice et député conservateur pro-UE Phillip Lee à annoncer sa démission mardi matin afin de voter librement, a-t-il expliqué.

– Ambiance délétère –

Signe des tensions provoquées par ces votes, le tabloïd pro-Brexit The Sun a mis en garde les députés : « Vous avez le choix: Grande-Bretagne, ou grande trahison ? », a-t-il titré en une mardi. « Ignorez la volonté du peuple à vos risques et périls », a pour sa part admonesté le Daily Express.

« À ma connaissance, au moins un député sur ces bancs ne votera pas (…) selon sa conscience en raison de menaces », a dénoncé la députée conservatrice pro-EU, Anna Soubry.

A l’ouverture des débats en début d’après-midi, le ministre du Brexit David Davis avait invité la chambre des Communes à prendre conscience des enjeux.

« Nous avons écouté, dans la mesure du possible, les suggestions sensées qui ont été faites pour améliorer le projet de loi mais lorsque des amendements ont été faits, volontairement ou non, pour saper (…) le résultat du référendum, nous devons les rejeter », a-t-il dit.

Malgré les divisions, le député Jacob Rees-Mogg, eurosceptique influent, avait estimé sur la radio LBC que la discipline serait observée au sein des tories: « Il y aura de l’unité. Ce ne sera pas parfait mais cela devrait suffire pour faire passer le texte et renforcer la position de Theresa May ».

Le rapport de force actuel au sein du gouvernement a peut être conduit les députés conservateurs pro-européens à modérer leurs velléités de rébellion: en cas de nouvelles défaites à Mme May, ce sont les ministres partisans d’une ligne dure sur le Brexit qui pourraient en sortir renforcés.

Romandie.com avec(©AFP / 12 juin 2018 19h27)

Des femmes britanniques défilent pour le centenaire de leur droit de vote

juin 10, 2018

/ © AFP / Daniel LEAL-OLIVAS

Des milliers de femmes habillées aux couleurs des suffragettes ont défilé dimanche aux quatre coins du Royaume-Uni pour marquer le 100e anniversaire du droit de vote des femmes britanniques.

A Londres, Belfast, Edimbourg ou Cardiff, les participantes se sont parées de vert, blanc ou violet, les couleurs des suffragettes, pour défiler dans la bonne humeur, portant parfois des vêtements inspirés de la mode du début du XXe siècle.

Les suffragettes ont joué un rôle déterminant dans l’obtention, il y a cent ans, du droit de vote des femmes britanniques, à une époque où leurs semblables avaient peu de droits et ne jouaient aucun rôle sur la scène politique.

Le 6 février 1918, le Parlement britannique votait la « loi de 1918 sur la représentation populaire », permettant à certaines femmes de plus de 30 ans de voter. Il fallut toutefois attendre 1928 pour qu’elles puissent le faire aux mêmes conditions que les hommes, dès 21 ans.

Romandie.com avec(©AFP / 10 juin 2018 17h39)                

Les Libanais de Côte d’Ivoire votent avec l’espoir d’un changement pour leur pays

avril 29, 2018

Une responsable du bureau de vote explique la procédure à une électrice libanaise, à Abidjan le 29 avril 2018 / © AFP / ISSOUF SANOGO

La cour de l’école libanaise d’Abidjan est pleine d’une animation inhabituelle pour un dimanche : pour la première fois, l’importante diaspora libanaise en Côte d’Ivoire vote, en avance pour les législatives qui se tiendront le 6 mai au pays du Cèdre.

« On espère un changement au Liban, on veut du travail, la liberté », confie Ghassan Ghossein, émigré depuis sept ans en Côte d’Ivoire, et qui fait la queue pour entrer dans la salle de classe de l’école primaire qui abrite l’unique bureau de vote des Libanais dans la capitale ivoirienne.

Un autre bureau est ouvert à San Pedro, le deuxième port du pays.

« C’est la première fois qu’on vote ici, c’est vraiment important ! Ils nous donnent cette chance, alors bien sûr on vote », car « le Liban c’est notre pays », renchérit une femme qui préfère ne pas donner son nom. Elle vit en Côte d’Ivoire depuis 24 ans, et sa fille, qui y est née, l’aide à traduire de l’arabe au français.

Plus de 80.000 Libanais de l’étranger, inscrits dans 39 pays, ont commencé à voter depuis vendredi, autorisés pour la première fois depuis l’indépendance du pays à faire entendre leur voix. Un chiffre faible, comparé au nombre total de Libanais dans le monde, estimé au minimum à un million, selon des experts.

La diaspora dans son ensemble, incluant les descendants d’émigrants qui n’ont pas la nationalité, est elle évaluée entre 8 et 12 millions.

En Côte d’Ivoire, seulement 2.300 électeurs libanais se sont inscrits, sur une communauté qui compte entre 80 et 100.000 personnes – la plus importante d’Afrique- , précise l’ambassadeur du Liban Mohamed Khalil. « C’est la première fois, beaucoup de gens ne savaient pas comment faire », justifie-t-il. « Mais la prochaine fois, le nombre (de votants) va beaucoup augmenter ».

– On veut construire notre pays –

De fait, une femme dit ne pas avoir pu voter, bien qu’elle soit inscrite en ligne, son nom ne figurant pas sur les registres, minutieusement compulsés par une demi-douzaine d’assesseurs.

Fendant la foule, l’ambassadeur va et vient dans l’école pour régler les problèmes, assisté d’un important service de sécurité qui filtre les entrées.

Dans le bureau de vote, une caméra filme le scrutin, reliée en direct au ministère de l’Intérieur à Beyrouth, afin de garantir la transparence des opérations.

Les bulletins seront envoyés à Beyrouth, conservés à la Banque centrale avant d’être transmis le 6 mai aux circonscriptions d’origine des électeurs pour dépouillement.

« Moi je suis de Saïda » (centre-sud du Liban), « c’est très important que notre voix arrive » là-bas, affirme une électrice, Mirvat Kadoura-Al Mallah.

« On veut construire notre pays, mais les grandes personnalités politiques ne laissent pas faire », dit une autre électrice, anonyme, une désillusion sur la situation politique libanaise largement partagée par la diaspora, qui explique sa faible mobilisation pour cette élection, en même temps que le sentiment de peser très peu par rapport aux 3,7 millions d’électeurs inscrits au Liban.

« Nous espérons que le Liban arrive à faire la démocratie totale. Aujourd’hui c’est la démocratie confessionnelle », déclare avec un mince sourire le président du Comité libanais en Côte d’Ivoire, Najib Zahr, faisant référence au fragile équilibre politique qui prévaut entre les différentes communautés religieuses.

Selon la loi électorale, six sièges seront alloués à la diaspora aux prochaines législatives de 2022.

Romamandie.com avec (©AFP / 29 avril 2018 14h36)                  

Pour la première fois en Tunisie, des policiers et militaires votent

avril 29, 2018

Un policier tunisien vote, en civil, dans le cadre des élections municipales du 6 mai, le 29 avril 2018 à Tunis / © AFP / FETHI BELAID

Pour la première fois dans l’histoire de la Tunisie, des policiers et militaires peuvent se rendre dimanche dans un bureau de vote pour mettre leur bulletin dans l’urne, à l’occasion du premier scrutin municipal depuis la révolution de 2011.

Au centre de Tunis, un policier vient de voter pour la première fois dans sa carrière et ne cache pas sa joie en sortant de l’isoloir.

« C’est une journée historique! Finalement nous sommes considérés comme les autres citoyens », confie à l’AFP cet homme qui a préféré garder l’anonymat.

Sous la dictature en Tunisie, les autorités interdisaient aux policiers et militaires de voter en estimant qu’ils devaient maintenir un devoir de réserve strict et rester complètement à l’écart de la vie politique.

Mais après la révolution de 2011 qui vu l’émergence de syndicats chez les policiers –interdits jusqu’alors–, ces derniers ont réclamé le droit de vote.

La nouvelle loi électorale autorise désormais le vote des forces de sécurité et de l’armée uniquement aux municipales, un scrutin qui doit permettre de consolider la transition démocratique dans l’unique pays rescapé du Printemps arabe.

« C’est un acquis historique pour la Tunisie », se réjouit Seifallah Hichri, président de l’association « Afek pour les agents de sécurité de l’Intérieur et de la douane » qui contrôle le déroulement de ce vote grâce au soutien de l’ONG pour la transparence I Watch.

Les policiers et militaires votent dimanche alors que le reste de Tunisiens se rendront aux urnes le 6 mai.

– « Droit tronqué » –

Policiers et militaires ne peuvent pas participer aux campagnes électorales ni assister aux meetings publics, regrette toutefois M. Hichri.

« Ce droit est tronqué, vu le nombre des restrictions imposées », a jugé de son côté Moez Dabbabi, vice-président de l’association Afek.

Plus de trois heures après le début de vote, la participation des agents sécuritaires et militaires « est très faible », a affirmé à l’AFP Chokri Talbi, membre du réseau « Mourakiboun » (Observateurs, en arabe), une coalition citoyenne chargée de contrôler les élections en Tunisie.

Quelque 36.055 militaires et agents sécuritaires sont inscrits, a indiqué à l’AFP Mehdi Jalouali, responsable à l’Instance chargée des élections (Isie). Le nombre total des forces armées et sécuritaires ne peut pas être dévoilé en Tunisie, a-t-il ajouté.

Par mesure de sécurité, l’Isie a décidé de ne pas afficher le registre de ces électeurs, de ne pas leur faire utiliser l’encre et de ne pas leur permettre de participer au dépouillement.

Des syndicats de police ont appelé à participer en masse à ce vote, mais une organisation a appelé au boycott.

« L’institution sécuritaire est à la disposition du peuple et il faut qu’elle soit neutre, avec ce vote elle ne le sera pas », a déclaré à un média tunisien Chokri Hamada, porte-parole du Syndicat national des forces sécuritaires de l’Intérieur.

Depuis la chute de la dictature de Zine el Abidine Ben Ali en 2011, les municipalités sont gérées par de simples délégations chargées des affaires courantes, ce qui a affecté sensiblement le quotidien des Tunisiens.

Romandie.com avec(©AFP / 29 avril 2018 14h30)                

XI Jinping, président à vie ? Vote sans suspense dimanche au parlement chinois

mars 10, 2018

Le président chinois Xi Jinping (g) et le Premier ministre chinois Li Keqiang, le 9 mar 2018 lors de l’Assemblée nationale populaire, au Palais du Peuple à Pékin / © AFP / GREG BAKER

Le suspense n’est guère intense: les députés chinois vont modifier dimanche la constitution afin de permettre au président Xi Jinping de se maintenir au pouvoir sans limite de temps.

Aucun débat houleux, aucune invective ou suspension de séance ne viendra perturber le vote de l’amendement à la constitution: l’Assemblée nationale populaire (ANP), soumise au Parti communiste chinois (PCC) au pouvoir, n’a jamais rejeté un projet de loi en plus d’un demi-siècle d’existence.

– Sur quoi porte le projet de loi ? –

Les près de 3.000 députés ont un rôle essentiellement cérémonial. C’est le PCC qui tire les ficelles: il dirige les décisions législatives, validées des semaines, voire des mois à l’avance.

La proposition d’abolir la limite des deux mandats présidentiels de cinq ans dans la constitution a été tenue secrète jusqu’au 25 février, soit seulement une semaine avant le début de la session législative plénière annuelle, entamée le 5 mars.

Le PCC assure pourtant avoir recueilli les propositions et les opinions de ses membres et « des masses populaires » sur cette réforme, avant de la proposer au Parlement.

Outre l’annulation de la limite des mandats, l’amendement doit graver dans la constitution d’autres articles: la création d’une agence nationale anti-corruption, un rôle encore plus dominant pour le PCC, et l’inscription dans le texte de la « Pensée Xi Jinping ».

– Comment se déroulera le vote ? –

Les députés se réuniront dimanche après-midi en session plénière. Des bulletins leur seront distribués, et chaque parlementaire choisira une des trois options proposées: pour, contre, ou abstention.

Ils placeront ensuite leur bulletin dans des urnes et le dépouillement débutera. Les amendements à la constitution seront validés si au moins les deux tiers des députés s’expriment en ce sens.

« Le vote unique portera sur l’ensemble des changements constitutionnels. Il n’y aura pas de vote spécifique sur la limite des mandats », explique Wei Changhao, fondateur et rédacteur en chef d’un site internet spécialisé sur le parlement chinois.

– Y aura-t-il des votes contre ? –

Lorsque Xi Jinping a été élu président en 2013, le vote était le suivant: 2.952 voix pour, une contre et 3 abstensions, soit un taux d’approbation de 99,86%.

Depuis son arrivée au pouvoir, le contrôle s’est encore renforcé sur la société chinoises et les voix dissidentes et le semblant de débat qui pouvait encore animer le parlement a été réduit à néant.

L’Assemblée nationale populaire (ANP), créée en 1954, n’a jamais rejeté une proposition de loi. Mais les députés peuvent marquer leur opposition en s’abstenant, le vote étant (théoriquement) anonyme.

« S’il y a un nombre significatif de ‘non’ ou encore d’abstentions, ce sera une surprise. Et si la majorité des deux-tiers n’est pas atteinte, il y aura de quoi s’évanouir », estime Margaret Lewis, spécialiste du droit chinois à l’Université Seton Hall aux Etats-Unis.

Les votes d’opposition existent cependant.

En 2013, quelque 500 députés avaient voté contre le budget. Et durant la présidence de Jiang Zemin (1993-2003), environ un tiers des parlementaires avaient voté contre un rapport du Parquet populaire suprême, indique Jean-Pierre Cabestan, politologue à l’Université baptiste de Hong Kong.

L’ANP est composée de députés soigneusement sélectionnés par le pouvoir grâce à un système de scrutin indirect à plusieurs étages.

Romandie.com avec(©AFP / 10 mars 2018 11h08)