Posts Tagged ‘Vote’

États-Unis: L’équipe de Donald Trump retire sa plainte dans le Michigan

novembre 19, 2020

L'ÉQUIPE DE DONALD TRUMP RETIRE SA PLAINTE DANS LE MICHIGAN© Reuters/EMILY ELCONIN L’ÉQUIPE DE DONALD TRUMP RETIRE SA PLAINTE DANS LE MICHIGAN

WASHINGTON (Reuters) – L’équipe de campagne du président sortant américain, Donald Trump, a annoncé jeudi avoir mis fin au recours engagé devant la justice de l’Etat de Michigan pour contester la certification des résultats de l’élection présidentielle du 3 novembre, remportée par Joe Biden.

Dans une plainte déposée le 11 novembre, l’équipe de Donald Trump souhaitait que les résultats ne soient pas certifiés tant que la légalité des votes ne serait pas vérifiée.

« Ce matin, nous retirons notre action en justice dans le Michigan, résultat direct de la réparation que nous souhaitions: empêcher que les élections dans le comté de Wayne ne soient prématurément certifiées avant que les habitants puissent être assurés que tout vote légal a été pris en compte et que tout vote illégal n’a pas été comptabilisé », a déclaré l’avocat de Donald Trump, Rudy Giuliani, cité dans un communiqué.

Une conférence de presse des avocats de l’actuel locataire de la Maison blanche est prévue à 17h00 GMT.

Le refus de Donald Trump d’admettre la victoire de Joe Biden empêche la mise en oeuvre d’une transition en douceur vers une nouvelle administration.

Avec Reuters par (Doina Chiacu; version française Claude Chendjou, édité par Jean-Michel Bélot)

Congo-Parlement : la nouvelle loi électorale votée sans les députés de l’opposition

août 13, 2020

 

L’Assemblée nationale a adopté, le 12 août, en séance plénière, avec amendements, le projet de loi modifiant et complétant certaines dispositions de la loi électorale n°9-2001 du 10 décembre 2001. Ce vote, assorti d’une recommandation, s’est tenu en absence des trois députés de l’Union panafricaine pour la démocratie sociale (Upads).

 

Présentée par la commission des lois et affaires administratives de l’Assemblée nationale, cette loi initiée par le gouvernement est conforme et inclut, entre autres, le vote par anticipation des agents de la force publique ainsi que l’établissement d’une liste spéciale. Selon le gouvernement, les militaires, policiers et gendarmes constituent une partie non négligeable du corps électoral et ont droit d’exercer leur droit de vote, dans les mêmes conditions que tous les autres électeurs. Le but étant de leur permettre de se consacrer uniquement, le jour du vote général, aux opérations visant à assurer la sécurité des personnes et biens. « Pour assurer en mieux la sécurité des électeurs, des populations ainsi que de tout le processus électoral, la solution la plus idoine est de faire voter les agents de la force publique, dûment inscrits sur les listes électorales, quelques jours avant les autres électeurs inscrits », a justifié le gouvernement.

Ainsi, quelques alinéas ont été ajoutés à certains articles avec des amendements. Pour permettre une exploitation plus aisée de la loi électorale, la commission a recommandé au ministère de l’Intérieur et de la Décentralisation de soumettre à la représentation nationale, dès la prochaine session, une transcription de cette loi ainsi que ses modifications dans un texte unique pour adoption. Une suggestion prise en compte par le ministre Raymond Zéphirin Mboulou.

Pascal Tsaty-Mabiala dénonce un affrontement politique

Après avoir pris part aux débats où ils ont été les principaux animateurs, les trois députés de l’opposition politique congolaise, représentée à cette plénière par Pascal Tsaty-Mabiala, Honoré Sayi et Alain Pascal Leyinda, ont boycotté le vote. Ils sont sortis malgré les assurances du ministre Mboulou qui a annoncé la tenue prochaine d’une concertation politique devant permettre d’évaluer le niveau d’exécution des recommandations de Ouesso de 2016.

Selon le chef de file de l’opposition congolaise, le peuple congolais attend la transparence et la fiabilité de la prochaine élection présidentielle et non le vote par anticipation des agents de la force publique. «S’il y a une concertation en vue, pourquoi ne pas attendre ce rendez-vous pour élaborer un seul texte accepté de tous ? Pour cette réforme, nous ne voyons pas l’opportunité. Le groupe de l’opposition ne participe pas à ce vote, nous attendons la concertation annoncée », a déclaré Pascal Tsaty-Mabiala avant de quitter la salle. Défendant le rapport de sa commission, le président de la commission des lois et affaires administratives, Fernand Sabaye, a, quant à lui, qualifié de simple ajustement technique qui vise l’efficacité de la loi en termes d’application.

Notons que l’article 110 alinéa 3 a été modifié dans le sens de restreindre le droit de contester les résultats électoraux qui ne peut être l’œuvre que du candidat lui-même à l’exclusion de la formation politique qui l’a présenté et ses représentants. Outre la nouvelle loi électorale, les députés ont accepté, au cours de cette plénière présidée par Isidore Mvouba, la prorogation de l’état d’urgence sanitaire pour la septième  fois consécutive et bien d’autres textes.

 

Avec Adiac-Congo par Parfait Wilfried Douniama

RDC/Succession de Kabund au bureau de l’Assemblée : l’UDPS s’en remet à l’arbitrage du président Tshisekedi

juin 6, 2020

 

Pour le groupe parlementaire de cette formation politique, l’autorité de référence de leur parti doit s’imposer afin de ne pas perdre ce poste « stratégique ».

 

Jean-Marc Kabund, lors du vote qui l’avait porté au bureau de l’Assemblée nationale/DR

 

Les députés devront élire le remplaçant de Jean-Marc Kabund à la première vice-présidence de l’Assemblée nationale, le 12 juin 2020. « L’élection du premier vice-président aura lieu au cours de la séance plénière du 12 juin 2020 à partir de 12 heures », a annoncé la présidente de la Chambre basse du Parlement, Jeannine Mabunda, aux députés.

Au sein de l’Union pour la démocratie et le progrès social (UDPS), le remplacement de son président par intérim au bureau de l’Assemblée nationale n’a pas fait l’unanimité. Le choix de son successeur continue à diviser. Le secrétaire général du parti au pouvoir en RDC, Augustin Kabuya, a officiellement instruit les députés membres de leur formation politique à ne pas postuler à ce poste laissé vacant par l’éviction de l’un de leurs et qui reviendrait de droit à l’UDPS.

Pour décanter la situation, le groupe parlementaire UDPS en appelle à l’intervention personnelle du chef de l’Etat, Félix-Antoine Tshisekedi. Les députés membres de cette formation politique, par le président de leur groupe, Léon Mubikayi intervenu sur les antennes de Top Congo, disent, en effet, s’en référer à leur autorité de référence pour décanter la situation afin que leur parti ne perde pas ce poste stratégique. « On est arrivé à un niveau où on ne peut compter que sur le chef de l’Etat. C’est lui qui doit déterminer qui est son candidat pour ce poste, qui est très important pour l’UDPS. Le parti a décidé qu’on ne pouvait pas chercher à briguer ce poste mais, moi, je pense qu’il était temps que le président s’impose pour ne pas perdre ce poste », a-t-il déclaré. A en croire ce député de l’UDPS, des conseils ont été donnés mais, comme il est toujours difficile de trouver un compromis au sein, la référence est faite au président Tshisekedi pour mettre fin à cette polémique.

Le programme déjà établi

Dans ce communiqué émis pour l’annonce de la date du scrutin pour combler le vide laissé par la déchéance, le 25 mai dernier, du Jean-Marc Kabund du poste du premier vice-président de la Chambre basse du Parlement congolais, la présidente Jeannine Mabunda a également étalé tout le programme conçu pour le remplacement de ce membre du bureau de cette institution. Selon ce canevas, le dépôt des candidatures ira du samedi 6 au lundi 8 juin à 17 heures ; alors que leur examen et affichage des listes des candidats sont prévus pour le 9 juin. La compagne électorale est programmée du 9 au 10 juin à minuit. Puis, l’audition des messages des candidats, le vote et l’installation du premier vice-président de l’Assemblée nationale interviennent le jeudi 12 juin à parti de 12 heures dans la salle de plénières.

Jean-Marc Kabund, rappelle-t-on, a été évincé de ce poste de premier vice-président de la Chambre basse du Parlement à la suite d’une pétition initiée par le député Jean-Jacques Mamba, qui l’avait accusé d’affirmer sans preuve que le congrès allait coûter sept millions de dollars américains. Une vive tension avait été observée dans la salle de plénières, le 25 mai, avant le vote qui avait conduit à l’éviction de Kabund de son poste. Les députés UDPS, mécotents avaient, par la suite, quitté la salle, laissant le vote se tenir sans eux.

Dans ses premières déclarations, le premier-vice président déchu avait accepté cette décision de ses collègues députés, avant de se retracter. De son côté, son parti, l’UDPS n’a jamais accepté cette déchéance. Ce qui l’avait conduit à instruire les députés membres de son groupe parlementaire à ne pas postuler à ce poste pour succéder à Jean-Marc Kabund. Devant ce risque de voir ce poste leur échapper, les députés UDPS ont eu recours à Félix-Antoine Tshisekedi de qui ils disent attendre de trancher en « s’imposant« .

 

Avec Adiac-congo par Lucien Dianzenza

Royaume-Uni : le président du Parlement refuse un nouveau vote sur l’accord de Brexit

octobre 21, 2019

 

Le «speaker» de la Chambre des communes, John Bercow, a refusé de soumettre au vote des députés, ce lundi, l’accord de Brexit conclu entre Londres et l’Union européenne, expliquant que la motion avait déjà été examinée samedi.

FILES-BRITAIN-EU-POLITICS-BREXIT

Un accord a finalement été trouvé entre Londres et Bruxelles ce jeudi 17 octobre. HENRY NICHOLLS/REUTERS

L’histoire se répète. Comme Theresa May avant lui, le premier ministre Boris Johnson a trouvé un «deal» avec Bruxelles, mais la Chambre des communes, où il a de facto perdu sa majorité depuis septembre, ne l’a pas approuvé, samedi, préférant le repousser tant que la législation nécessaire à son application n’aura pas été votée au Parlement.

Malgré ce vote qui a permis à l’opposition de gagner du temps, le gouvernement britannique a demandé, ce lundi 21 octobre, à ce que le texte du «deal» soit de nouveau examiné par les «MP» (members of parliamant). Mais le «speaker» de la Chambre, John Bercow, s’y est opposé, estimant que les députés se sont déjà prononcé sur le texte, il y a «moins de 49 heures». Ce serait «répétitif» et «désordonné», a jugé l’europhile John Bercow, qui a en revanche invité le gouvernement de Boris Johnson à soumettre les projets de loi d’application du Brexit à l’examen du Parlement dès ce lundi s’il le souhaite.

Sans l’aval des députés britanniques, le Brexit avec accord ne peut pas avoir lieu tandis que l’heure tourne, la date-butoir étant toujours fixée au 31 octobre. En sait-on plus sur ce qui va se passer ?

Le bref espoir d’une sortie de crise

Jeudi 17 octobre 2019, quelques heures avant l’ouverture d’un sommet européen très attendu, le premier ministre Boris Johnson et le président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker, ont affirmé qu’ils étaient parvenus à un «accord de Brexit» qualifié de «juste et équilibré à la fois pour l’UE et la Royaume-Uni» par le Luxembourgeois et d’«excellent» par le Britannique. Le plus difficile restait à obtenir : l’aval des députés britanniques.

Le samedi 19 octobre 2019, Boris Johnson a convoqué la Chambre des communes pour obtenir ce précieux sésame. Un événement : la chambre n’avait pas siégé un samedi – «Big saturday» – depuis la guerre des Malouines en 1982. Las, les députés d’opposition ont voté en faveur d’un report du vote sur l’accord.

Nouveau vote ?

Aussitôt le même jour, le ministre chargé des Relations avec le Parlement, Jacob Rees-Mogg a déclaré que le gouvernement soumettrait derechef l’accord de Brexit à un débat et à un vote dès ce lundi 21 octobre. Mais c’est au «speaker» (président, NDLR) de la Chambre des communes, John Bercow, de décider de l’ordre du jour. Ce personnage haut en couleur, notoirement défavorable au Brexit et régulièrement critiqué pour le choix des amendements qu’il met en avant, a annoncé, ce lundi après-midi, qu’il refusait un nouveau débat.

Plusieurs parlementaires lui avaient auparavant rappelé qu’il avait lui-même exhumé sous le gouvernement de Theresa May, en mars dernier, une disposition remontant à 1604 et interdisant qu’une même question soit soumise deux fois à un vote lors d’une même session parlementaire. «J’ai été surpris par cette affaire, comme d’autres l’ont été, a commenté Bercow après l’annonce de Rees-Mogg. Le gouvernement n’est pas l’arbitre de ce qui est régulier.»

Nouveau délai ?

Une majorité de députés d’opposition sont opposés tant à l’accord négocié par Boris Johnson qu’à la solution d’un «Brexit sans accord» qui, faute de «deal», se déclencherait automatiquement le 31 octobre, à moins que Londres ne demande à Bruxelles un nouveau report et que l’ensemble des 27 Etats membres l’accepte.

C’est dans cette optique que l’opposition à la Chambre des communes, qui contrôle depuis le début du mois de septembre l’agenda parlementaire, a fait voter la loi Benn dite «anti-no deal», qui force Boris Johnson à demander un report à Bruxelles s’il n’a pas obtenu de nouvel accord ou s’il n’a pas de majorité à la Chambre en faveur d’un Brexit sans accord. Tentant de la contourner, le premier ministre a en réalité envoyé trois lettres au président du Conseil européen, Donald Tusk : une première, non signée, dans laquelle il demande un report ; une deuxième dans laquelle il indique que ce report serait une erreur ; une troisième dans laquelle l’ambassadeur du Royaume-Uni auprès de l’Union européenne précise que cette demande de report est une obligation légale.

Ce lundi, saisie d’une plainte sur le sujet, la plus haute juridiction d’Ecosse, la Court of Session, doit justement se pencher sur la question de savoir si, par ce stratagème des trois lettres, Boris Johnson enfreint la loi Benn, ce que les juristes du gouvernement contestent.

Une majorité pour Boris Johnson ?

Dans la foulée de la décision des députés, samedi, de repousser le vote sur l’accord de Brexit tant que la législation nécessaire à son application n’aura pas été votée, Boris Johnson a déclaré aux parlementaires que son gouvernement soumettrait cette semaine les actes législatifs nécessaires. On s’attend à ce que ce processus parlementaire débute ce mardi 22 octobre. Le ministre des Affaires étrangères, Dominic Raab, a estimé que le gouvernement pensait disposer du nombre de voix nécessaire pour faire passer ces législations. Les 21 conservateurs frondeurs, exclus le mois dernier pour s’être opposés à Boris Johsnon, pourraient cette fois-ci soutenir le gouvernement. «Il dispose d’une coalition fragile mais sincère», a résumé l’ancienne ministre Amber Rudd, démissionnaire il y a quelques semaines, mais qui devrait aussi s’associer au vote.

Reste que la situation est difficile pour Boris Johnson : vu les équilibres politiques mouvants au sein de la Chambre des communes, l’opposition travailliste pourrait profiter du vote de ces actes législatifs pour tenter de faire passer des amendements, visant, par exemple, à maintenir le Royaume-Uni au sein de l’union douanière européenne voire à introduire un référendum de confirmation de l’accord, ce qui ferait resurgir dans le débat outre-Manche l’hypothèse d’une annulation du Brexit.

Des élections anticipées ?

Si, finalement, l’accord de Brexit n’était pas approuvé avant le 31 octobre, les Européens pourraient décider de se résigner à accorder un nouveau délai au Royaume-Uni, qu’il s’agisse d’un «report technique» de quelques jours (pour achever le travail législatif en cours au sein de la Chambre des communes) ou d’un report plus politique qui pourrait courir jusqu’au 31 janvier 2020 (délai évoqué par Boris Johnson dans sa lettre numéro une). Le président du Conseil européen, Donald Tusk, a annoncé samedi en fin de soirée qu’il allait entamer des consultations avec les dirigeants des Vingt-Sept.

Les Européens pourraient somme toute se satisfaire d’un report de durée raisonnable pour laisser le temps aux Britanniques d’organiser des élections anticipées. Si Boris Johnson les remporte, l’actuel premier ministre disposera d’une nouvelle Chambre des communes, où il disposera d’une majorité pour mettre en oeuvre, finalement, l’accord de Brexit. Un scénario qui pourrait apparaître comme la meilleure solution du point de vue de Londres et Bruxelles, vu le blocage à Westminster qui a déjà causé la chute du gouvernement de Theresa May.

Tant les conservateurs de Boris Johnson que l’opposition travailliste disent vouloir de nouvelles élections. Mais le chef de file du Labour, Jeremy Corbyn, refuse de bouger sur ce front tant que le risque d’un Brexit sans accord ne sera pas écarté. Il sait aussi que les sondages ne lui sont pas favorables. Au contraire, Johnson, dont le parti est en tête dans les études d’opinion, pourrait profiter de l’exaspération des Britanniques envers l’actuelle chambre, une majorité d’entre eux souhaitant en finir avec l’incertitude.

Par Le Figaro.fr par Alexis Feertchak

Roumanie: premier jour de vote pour un référendum anti-mariage gay controversé

octobre 6, 2018

Une affiche appelant à « défendre les enfants de Roumanie » et à voter « oui » au référendum sur l’interdiction du mariage gay, le 2 octobre 2018 dans une rue de Bucarest / © AFP / Daniel MIHAILESCU

L’affluence était modérée samedi dans les bureaux de vote de Roumanie au premier jour d’un référendum controversé visant à graver dans la Constitution l’interdiction du mariage gay, avec l’espoir, pour la gauche au pouvoir, de remobiliser son électorat.

Les 19 millions d’électeurs du pays ont jusqu’à dimanche soir pour approuver un changement de la définition du mariage afin que seuls « un homme et une femme » puissent s’unir et non plus des « époux », comme le stipule actuellement la loi fondamentale.

Seuls 2,54% d’entre eux s’étaient déplacés à la mi-journée, selon les premiers chiffres officiels, alors que la principale inconnue du scrutin est la participation: le seuil de 30% des inscrits doit être atteint pour valider le résultat.

D’un point de vue légal rien ne changera à l’issue du référendum, puisque la législation roumaine n’autorise actuellement ni le mariage entre personnes de même sexe ni l’union civile. Les adversaires du scrutin fustigent un vote dont le seul effet a été de laisser libre cours aux discours homophobes et dont l’enjeu serait de faire oublier les déboires de la gauche au pouvoir.

– Le vote comme « bénédiction » –

Les responsables politiques au pouvoir ont d’ailleurs été parmi les premiers à se rendre aux urnes, comme la cheffe du gouvernement social-démocrate Viorica Dancila ou le puissant patron des sociaux-démocrates Liviu Dragnea.

« Le moment est venu de décider nous-mêmes comment nous voulons vivre dans notre pays », a-t-il déclaré, assurant qu’il ne s’agissait « absolument pas d’un vote contre une minorité ».

Les sociaux-démocrates du PSD au pouvoir comptent sur ce scrutin pour mobiliser la Roumanie rurale et conservatrice, le coeur de leur électorat alors que le parti est en perte de vitesse, accusé de vouloir affaiblir la lutte contre la corruption et de contrôler la justice qui a épinglé nombre de ses élus.

Les résultats définitifs du référendum sont attendus lundi et le même jour, Liviu Dragnea doit comparaître pour son procès en appel dans une affaire d’emplois fictifs qui lui a valu trois ans et demi de prison ferme en première instance.

« Participer au vote est un droit, un honneur et une bénédiction », a exhorté samedi Daniel, le patriarche de la puissante Eglise orthodoxe.

« Nous n’avons rien contre les minorités ou contre les homosexuels, car nous ne sommes pas racistes, au contraire nous sommes un peuple chaleureux et pacifique », assure à l’AFP Viorel Zburau, un agent immobilier favorable au changement de la constitution.

Un militant distribue des tracts appelant à voter « oui » au référendum sur l’interdiction du mariage gay, le 3 octobre 2018 à Bucarest, en Roumanie / © AFP / Daniel MIHAILESCU

Les opposants au vote faisant le pari du boycott, la victoire du « oui » à une modification constitutionnelle est assurée, avec un score qui pourrait atteindre 90% des suffrages et une participation de 34%, selon un sondage de l’Institut CURS publié vendredi.

« On ne vote pas sur l’amour. Le gouvernement ferait mieux d’utiliser cet argent pour construire des hôpitaux », tranchait samedi Mihai, 28 ans, vendeur dans un supermarché, à l’instar de nombreux Roumains sceptiques à l’égard du scrutin.

Le référendum émane d’une « initiative citoyenne », proche de l’Eglise, qui a présenté les signatures de trois millions de personnes ayant conduit à l’organisation de la consultation pour défendre « la famille traditionnelle ».

– « Nourrir la haine » –

Une interdiction gravée dans la Constitution rendrait plus difficile, voire impossible, tout changement futur de la loi en faveur des couples homosexuels, s’inquiètent les adversaires de la consultation. Ils craignent que d’autres initiatives soient lancées remettant en cause le cadre de l’avortement ou de l’éducation sexuelle.

Le référendum a suscité de vives critiques au sein des institutions européennes qui ont rappelé Bucarest à ses engagements en matière de droits de l’Homme.

« Je ne veux pas que les valeurs de la famille soient transformées en arguments pour (…) nourrir les démons les plus noirs, la haine contre les minorités sexuelles », a lancé le vice-président de la Commission européenne, Frans Timmermans.

Selon le sociologue Marius Pieleanu de l’Institut Avangarde, de telles mises en garde de l’étranger risquent toutefois d’avoir l’effet inverse, alors que les discours souverainistes et méfiants envers l’Europe gagnent du terrain en Roumanie.

« Une partie des indécis pourraient justement se mobiliser en raison de cette attitude qu’ils perçoivent comme hostile envers la Roumanie », a-t-il déclaré à l’AFP.

Romandie.com avec(©AFP / (06 octobre 2018 16h11)

Nom de la Macédoine: large victoire du « oui », forte abstention

septembre 30, 2018

Un bureau de vote vide pendant le le référendum du 30 septembre 2018, dans le village macédonien de Dabilje. / © AFP / DIMITAR DILKOFF

Le « oui » l’a très largement emporté dimanche au référendum marqué par une forte abstention organisé pour que les Macédoniens se prononcent sur le changement de nom de leur pays afin de se réconcilier avec la Grèce et de s’arrimer à l’Europe.

90,72% des électeurs qui ont pris part à ce scrutin consultatif ont approuvé la nouvelle appellation de « République de Macédoine du Nord » pour leur petit Etat des Balkans, selon les résultats de la commission électorale portant sur près de la moitié (43,57%) des suffrages. 6,26% ont voté contre.

« Je pense que l’immense majorité des citoyens qui ont voté ont choisi la voie européenne », avait auparavant déclaré le Premier ministre social-démocrate Zoran Zaev au cours d’une conférence de presse.

Il n’a toutefois pas évoqué la forte abstention, les deux tiers des électeurs n’étant pas allés voter, une demi-heure avant la fermeture des bureaux, selon le dernier chiffre fourni par la commission électorale.

Des partisans du boycottage du référendum, qui a été marqué par une forte abstention des Macédoniens, le 30 septembre 2018 devant le parlement à Skopje. / © AFP / Armend NIMANI

Mais Zoran Zaev a semblé vouloir couper l’herbe sous le pied à son opposition qui pourrait attaquer la légitimité du scrutin en insistant sur ce point.

Il a dit espérer que les députés de l’opposition de droite (VMRO-DPMNE) « respecteront la volonté démocratique des citoyens » en ratifiant au parlement l’accord. Faute de quoi, il a annoncé qu’il organiserait des « élections parlementaires anticipées ».

Pour cette ratification à la majorité des deux tiers, Zoran Zaev et ses alliés des partis de la minorité albanaise (20 à 25% des 2,1 millions d’habitants de ce pays majoritairement slave) ont besoin de la défection d’une dizaine de députés de droite.

Une affiche électorale avec le slogan « Pour une Macédoine européenne! » à Skopje le 29 septembre 2018. / © AFP / Robert ATANASOVSKI

– Nom imposé –

Les promoteurs d’une campagne d’appel au boycottage orchestrée sur les réseaux sociaux, ont organisé un rassemblement dans la soirée devant le parlement. Ils étaient environ 300, une heure et demie après la fermeture des bureaux de vote.

La forte abstention ne peut uniquement s’expliquer par le beau temps et les électeurs de la seule diaspora, qui seraient 3 à 400.000 (sur 1,8 million), selon les estimations.

Macédoine / © AFP / Kun TIAN

« Nous n’avons pas de problèmes de nom ou d’identité ici… Nous avons un problème sur le fait que quelqu’un d’autre nous l’impose », dit Ana Bobinkova Mijakovska, une professeure de philosophie de 47 ans, favorable au boycottage. Cet appel a été relayé par le président Gjorge Ivanov, proche de la droite nationaliste, dont le rôle est honorifique.

La décision des électeurs qui ont glissé un bulletin « oui » a souvent été emportée par le pragmatisme plus que par l’enthousiasme.

Le référendum « changera les choses si cela nous ouvre la porte de l’Europe et de l’Otan », a ainsi expliqué Olivera Argirovska, une ancienne infirmière de 74 ans de Skopje, la capitale.

Le Premier ministre macédonien Zoran Zaev à Prilep (centre) le 26 septembre 2018. / © AFP / Robert ATANASOVSKI

Pays pauvre qui a payé son isolement d’un marasme économique persistant, la Macédoine entend intégrer ces organisations, promesse de stabilité et de prospérité pour beaucoup.

Cette quête est entravée par le veto de la Grèce, pour laquelle le nom de Macédoine est exclusivement celui de sa province septentrionale, autour de Thessalonique.

Depuis l’indépendance de cette ex-république yougoslave en 1991, les Grecs crient à l’usurpation d’identité, à la spoliation d’héritage, notamment de celui d’Alexandre Le Grand. Ils soupçonnent leurs voisins de dissimuler des ambitions territoriales.

Référendum sur le nom de la Macédoine / © AFP / Sally Mairs, Farid Addala

Achevées en 2017, les années au pouvoir du VMRO-DPMNE ont encore tendu les relations. Le pays s’est alors couvert de statues et de références à Alexandre Le Grand et à son père Philippe de Macédoine.

Mais en juin, Zoran Zaev a signé un accord avec son homologue grec Alexis Tsipras : si le nom de « République de Macédoine du Nord » devait être adopté, Athènes cesserait de faire barrage à l’adhésion à l’Otan et à l’UE.

– « C’est du chantage » –

Pendant la campagne, c’est sur cet enjeu qu’a insisté le pouvoir, recevant le soutien de responsables occidentaux. Sur les murs de Skopje, les « oui à une Macédoine européenne » ont été affichés en lettres rouges.

Mais les mots de « Macédoine du Nord » n’apparaissaient pas plus que dans la question du référendum : « Êtes-vous pour l’adhésion à l’UE et à l’Otan, en acceptant l’accord » avec la Grèce ? ».

« Je comprends ce que ressentent les Macédoniens (…), c’est du chantage », réagit Abedin Memeti, un membre de la minorité albanaise. « Mais l’UE et l’Otan sont plus importantes pour nous tous », déclare le jeune homme qui a voté « oui ».

Pour Borjan Jovanovski, un journaliste spécialiste des questions européennes, l’UE « est la seule force cohérente pouvant préserver la paix entre religions et communautés ethniques dans un pays aussi mélangé que la Macédoine ».

Epargné par les guerres des années 1990 dans l’ex-Yougoslavie, elle a failli basculer en 2001 quand des affrontements ont éclaté entre une guérilla albanaise et les forces macédoniennes. Un accord de paix a octroyé des droits plus importants aux Albanais.

Romandie.com avec(©AFP / (30 septembre 2018 21h45)

États-Unis/Cour suprême: le candidat de Trump remporte un premier vote au Sénat

septembre 28, 2018

Jeff Flake, le sénateur républicain qui a demandé à ce que le vote final du Sénat pour confirmer la nomination du juge Kavanaugh à la Cour suprême soit retardé d’une semaine pour laisser le FBI enquêter, le 28 septembre 2018 / © AFP / Brendan Smialowski

Le candidat de Donald Trump à la Cour suprême, Brett Kavanaugh, a remporté vendredi un vote en commission au Sénat, ouvrant la voie à un vote final de confirmation en séance plénière malgré les accusations d’abus sexuel qui le visent.

Au lendemain des auditions poignantes du juge, qui nie en bloc, et de son accusatrice, les 11 membres républicains de la commission judiciaire du Sénat ont voté pour recommander sa confirmation et les dix démocrates s’y sont opposés.

Jeff Flake, un des trois sénateurs républicains dont le vote n’est pas forcément acquis à M. Kavanaugh, a demandé à ce que le vote final soit retardé d’une semaine au maximum pour que la police puisse enquêter sur les accusations de Christine Blasey Ford.

« Le pays est en train de se déchirer et nous devons nous assurer d’une procédure en bonne et due forme », a déclaré ce modéré qui ne se représente pas aux élections de novembre. Sa demande a été soutenue par la sénatrice républicaine Lisa Murkowski.

« Je ne serai à l’aise pour voter en séance plénière que lorsque le FBI aura enquêté un peu plus qu’aujourd’hui », a ajouté M. Flake, laissant entendre qu’au moment du vote final, il pourrait se désolidariser de la majorité.

Selon la Constitution des Etats-Unis, il revient au Sénat de donner son feu vert pour les postes à vie à la Cour suprême, plus haute juridiction du pays et arbitre des questions de société les plus épineuses (droit à l’avortement, régulation sur les armes à feu, mariage homosexuel…).

Les républicains détiennent actuellement une courte majorité au Sénat, avec 51 sièges sur 100. Mais, outre Jeff Flake, deux sénatrices, Susan Collins et Lisa Murkowski, n’ont pas fait savoir ce qu’elles allaient voter.

Les deux femmes soutiennent le droit à l’avortement, alors que le juge Kavanaugh, un magistrat catholique et conservateur, est accusé par les associations féministes et les démocrates de vouloir limiter ce droit.

Le président Donald Trump, qui n’envisage « pas du tout » de nommer un autre candidat à la Cour, a fait savoir vendredi qu’il laissait aux sénateurs le choix de décider s’il était nécessaire d’enquêter plus avant. Jusqu’ici, il avit refusé d’ordonner une enquête du FBI, ne la jugeant pas nécessaire.

Romandie.com avec(©AFP / (28 septembre 2018 20h46)

Au Pakistan, des femmes votent pour la première fois, d’autres en sont empêchées

juillet 25, 2018

Dans le village pakistanais de Mohri Pur, 3.200 femmes étaient inscrites sur les listes électorales, contre 8.000 hommes, pour les législatives du 25 juillet 2018. Aucune ne s’est rendue aux urnes. / © AFP/Archives / AAMIR QURESHI

Voter ou ne pas voter ? Au Pakistan, société patriarcale, certaines femmes ont pu glisser mercredi pour la première fois de leur vie un bulletin dans l’urne. D’autres en ont été empêchées par leurs maris.

A Mohri Pur, petit bourg à 60 kilomètres de Multan, dans le centre rural du pays, le droit de vote est refusé aux femmes depuis environ 1947, époque de la fin du joug colonial britannique et de la naissance du Pakistan. Une décision prise par des anciens du village et restée inchangée depuis.

Cette année, nombre d’entre elles espéraient pourtant inverser la vapeur à l’occasion des élections législatives de mercredi et jouer enfin leur rôle dans le jeu démocratique. Environ 3.200 d’entre elles étaient inscrites sur les listes électorales, contre 8.000 hommes. Pourtant, aucune ne s’est rendue aux urnes.

« Pas une seule femme n’a voté », regrette Asia Bibi, l’adjointe du superviseur des élections à Mohri Pur, qui s’avoue « surprise et en colère ».

« Nos maris nous ont menacées de divorce si nous allions voter », explique Tanya Bibi, 25 ans, en passant devant le bureau de vote, une école de la ville, sans s’y arrêter.

La longue file d’attente qui s’étend devant le bâtiment est composée exclusivement d’hommes, leur carte d’identité à la main.

« Nous sommes ici pour voter. Mais nos femmes n’ont pas voté car il s’agit de notre vieille tradition, que nous avons préservée », affirme l’un d’eux, Muhammad Shamsher, à l’AFP.

Même Qasir Abbas, un avocat qui avait fait campagne pour le vote des femmes, est venu sans son épouse. « J’avais peur que les villageois mettent ensuite au ban ma famille », s’attriste-t-il.

Des villageois de Mohri Pur, que des hommes, font la queue pour aller voter le 25 juillet 2018. / © AFP / SS MIRZA

Selon Bismillah Iram, employée d’une ONG locale, des annonces ont été faites à la mosquée pour avertir les femmes de ne pas s’aventurer dans le bureau de vote.

Les anciens de Mohri Pur avaient à l’époque justifié leur décision d’interdire aux femmes de voter en affirmant qu’il en allait de l' »honneur » des hommes.

Ce concept, fréquent dans le code moral patriarcal en vigueur en Asie du sud, permet souvent de justifier l’oppression, voire le meurtre, de femmes. Qu’elles cherchent à étudier, travailler hors du domicile familial, ou simplement à choisir leur époux.

– « Complètement pakistanaise » –

Des femmes du bourg ont récemment expliqué à l’AFP qu’elles avaient déjà tenté, en vain, de voter lors de précédents scrutins. En 2015, seule l’une d’elles avait bravé l’interdiction. Elle s’était retrouvée ostracisée.

Mais une récente décision de la Commission électorale pakistanaise rendant obligatoire la participation d’au moins 10% de femmes dans chaque circonscription sous peine d’invalidation du résultat avait fait souffler un nouveau vent d’espoir.

Sur les près de 20 millions de nouveaux électeurs enregistrés pour ces législatives dans un pays de 207 millions d’habitants à forte croissance démographique, plus de 9 millions sont des femmes, selon la Commission.

A l’époque de l’indépendance, les anciens de Mohri Pur avaient justifié leur décision d’interdire aux femmes de voter en affirmant qu’il en allait de l' »honneur » des hommes.  / © AFP/Archives / AAMIR QURESHI

On ignorait dans l’immédiat combien d’entre elles ont effectivement voté mercredi. Mais de longues files de femmes attendant patiemment leur tour devant les bureaux de vote ont été vues à Karachi et Lahore, les deux mégapoles du pays.

Dans le district conservateur de Lower Dir (Nord-Ouest), elles ont même pour la première fois été incitées à voter. A Samarbagh, où les barbes blanches avaient jusqu’alors mis leur véto, les mosquées ont cette fois-ci enjoint aux femmes à se rendre aux urnes.

« J’ai voté aujourd’hui et me sens pleine de joie d’avoir exercé mon droit fondamental », se réjouit Bakht Sania Bibi, 46 ans, mère de trois enfants.

A 27 ans, Sajida Haleem, interdite de voter en 2013 et en 2015, crie victoire. « J’ai toujours pensé : +Pourquoi les hommes décident-ils pour nous ? Pouvons-nous en tant que femmes décider pour nous-mêmes+ », lance cette titulaire d’un Master en affaires sociales.

« Aujourd’hui, je me sens complètement pakistanaise, sourit-elle. On m’a rendu le droit dont on m’avait privée depuis mes 18 ans. »

Romandie.com avec(©AFP / 25 juillet 2018 18h51)

Brexit à Londres, des dizaines de milliers de manifestent réclament un second vote

juin 23, 2018

Des Britanniques manifestent le 23 juin 2018 à Londres pour demander un vote sur les conditions finales du retrait du Royaume-Uni de l’UE / © AFP /

Des dizaines de milliers de personnes ont manifesté samedi à Londres pour demander un vote sur les conditions finales du retrait du Royaume-Uni de l’UE, actuellement négociées à Bruxelles entre les deux parties.

Deux ans jour pour jour après le référendum sur le Brexit, cette marche organisée par l’association The People’s Vote (Le vote du peuple) marque le début d’une campagne d’actions qui doit durer tout l’été pour exiger une nouvelle consultation populaire.

« J’étais en larmes lors des résultats du référendum, ça laissait présager d’un avenir très sombre », a expliqué à l’AFP Chiara Liduori, une italienne installée à Londres, venue participer à la manifestation avec sa fille de 2 ans, et sa nièce de 14 ans. « C’est pour elles que je suis venue, elles vont grandir dans Europe différente, qui n’est pas celle que je connais, ni celle que je veux ».

Sous un ciel bleu, une foule compacte a traversé le quartier des ministères, ne manquant pas de huer en passant devant Downing Street, résidence de la Première ministre conservatrice Theresa May.

Sur les pancartes s’affichaient de nombreux slogans contre la sortie de l’UE ou le gouvernement, notamment « Le Brexit détruit le Royaume-Uni », « Theresa, dis nous la vérité », ou encore « Le Brexit n’est pas une affaire conclue ».

« Je suis vraiment favorable à ce qu’on laisse les gens s’exprimer une nouvelle fois, beaucoup ont changé d’avis, on comprend mieux les enjeux aujourd’hui », a confié Emily Hill, une infirmière de 55 ans, qui a fait deux heures de route depuis le comté de Gloucestershire (sud-ouest de l’Angleterre) pour participer à l’évènement.

« De nombreux électeurs ont exprimé un vote de contestation » lors du premier référendum, en 2016, estime-t-elle, brandissant un drapeau européen. « Certains ne soutiennent pas l’Europe, mais je ne pense pas que cela représente la majorité de l’opinion dans le pays ».

Des Britanniques manifestent le 23 juin 2018 à Londres pour demander un vote sur les conditions finales du retrait du Royaume-Uni de l’UE / © AFP / Niklas HALLE’N

– « Longue bataille » –

Dans un sondage de l’institut Survation pour la chaine ITV publié vendredi, 48% des personnes interrogées étaient favorable à un second référendum, 25% s’y opposaient, et 27% n’avaient pas d’opinion.

« Le débat sur le Brexit crée des tensions, et polarise encore davantage la société », regrette William Diaz, un journaliste de 52 ans, qui défile avec une pancarte « Je suis un citoyen européen ». « C’est une question très compliquée, ce n’est pas une décision que l’on devrait prendre en votant par oui ou par non ».

Il évoque également ses craintes des « conséquences économiques » que pourrait avoir la sortie du pays de l’UE, mentionnant les menaces formulées cette semaine par les dirigeants d’Airbus ou BMW de mettre fin à leurs activités au Royaume-Uni en cas de Brexit sans accord.

A l’avant du cortège, le chef du Parti libéral-démocrate, Vince Cable, ou la députée conservatrice europhile Anna Soubry défilaient derrière une bannière demandant « un vote sur l’accord final du Brexit ».

Vince Cable a défendu la légitimité d’une seconde consultation. « C’est courant dans certains pays, comme en Suisse, vous votez d’abord sur le principe, puis vous votez sur le résultat final », a-t-il exposé à l’AFP.

Calendrier du Brexit / © AFP / Gillian HANDYSIDE

« C’est le début d’une longue bataille », a-t-il reconnu, « aujourd’hui nous envoyons un puissant message au gouvernement sur les inquiétudes générées par sa gestion du Brexit ».

– « Brexit complet » –

Divisé sur le dossier, l’exécutif britannique n’a pas encore dévoilé sa vision de la relation qu’il souhaite mettre en place avec l’UE après le retrait, prévu le 29 mars 2019.

Favorable à une franche rupture, le ministre des affaires étrangères Boris Johnson a exigé un « Brexit complet » dans une tribune publiée samedi par le tabloïd The Sun. Il a mis en garde Theresa May sur la nécessité de refuser un accord qui laisserait le pays « a moitié dans et à moitié hors » de l’UE, « contraint d’obéir aux règles européennes ».

Le ministre du Commerce international, Liam Fox, s’est lui montré encore plus explicite sur la possibilité de conclure un Brexit sans accord.

« Je pense qu’il ne serait pas prudent pour nos partenaires dans ces négociations de penser que notre Première ministre bluffe », a-t-il déclaré à la BBC. « Elle a toujours affirmé qu’aucun accord valait mieux qu’un mauvais accord ».

A quelques jours d’un sommet européen à Bruxelles, l’inquiétude augmente quant à la progression des discussions, alors que d’importantes interrogations restent sans réponse, notamment la question de la frontière irlandaise. L’UE a même conseillé de se préparer à l’absence d’accord.

Romandie.com avec(©AFP / 23 juin 2018 19h04)

Le gouvernement britannique remporte un vote majeur sur le Brexit

juin 12, 2018

Des manifestants pro-européens rassemblés devant le parlement britannique à Londres le 11 juin 2018 / © AFP / Daniel LEAL-OLIVAS

La Première ministre britannique Theresa May a évité de justesse mardi une défaite lors de l’examen de son projet de loi sur le Brexit, après le rejet d’un amendement qui aurait donné au Parlement un droit de veto sur les négociations avec Bruxelles.

Les députés ont rejeté par 324 voix contre 298 cet amendement qui aurait octroyé au Parlement le pouvoir de renvoyer le gouvernement à la table de négociations si l’accord obtenu avec Bruxelles ne lui convenait pas.

Ce rejet a été obtenu à l’issue d’ultimes discussions entre le gouvernement conservateur et les députés tories pro-UE, qui ont donné lieu à des scènes spectaculaires au Parlement, les ministres négociant d’arrache-pied avec les parlementaires au beau milieu de la chambre des Communes.

Etant donné sa courte majorité à la chambre des Communes, et face à des récalcitrants à la ligne qu’elle a tracée, Theresa May craignait une défaite sur cet amendement, qui aurait eu de lourdes conséquences sur sa marge de manoeuvre.

Le projet de loi, intitulé « Loi (de retrait) de l’Union européenne », doit mettre fin à la suprématie du droit européen sur le droit britannique, et organiser la transposition de certaines règlementations européennes.

Les députés, qui avaient adopté une première version en janvier, se prononcent jusqu’à mercredi sur une série d’amendements introduits lors de l’examen du texte à la Chambre des Lords, la chambre haute du Parlement britannique, allant à l’encontre du projet gouvernemental.

Sur un autre sujet qui pose problème, la possibilité de maintenir le Royaume-Uni dans l’union douanière, l’exécutif semble avoir trouvé un arrangement avec sa majorité, avec un amendement de compromis porté par quatre députés tories, Oliver Letwin et Nicky Morgan -pro-UE-, et Jacob Rees-Mogg et Bill Cash -anti-UE. Il sera mis au vote mercredi.

Soucieuse d’éviter un camouflet, Theresa May avait convoqué l’ensemble des députés de son parti lundi soir pour les rappeler à l’ordre.

« Le message que nous envoyons au pays cette semaine avec nos votes est important », avait-elle prévenu. « Nous devons montrer clairement que nous sommes unis, en tant que parti, dans notre détermination à mettre en place la décision prise par le peuple britannique » qui avait voté à 52% pour sortir de l’Union européenne en juin 2016.

« J’essaie de négocier le meilleur accord possible pour le Royaume-Uni » avec Bruxelles, avait-elle fait valoir. « Mais si les amendements des Lords sont maintenus, cela ébranlera notre position dans les négociations ».

Une mise en demeure qui a conduit le secrétaire d’Etat à la Justice et député conservateur pro-UE Phillip Lee à annoncer sa démission mardi matin afin de voter librement, a-t-il expliqué.

– Ambiance délétère –

Signe des tensions provoquées par ces votes, le tabloïd pro-Brexit The Sun a mis en garde les députés : « Vous avez le choix: Grande-Bretagne, ou grande trahison ? », a-t-il titré en une mardi. « Ignorez la volonté du peuple à vos risques et périls », a pour sa part admonesté le Daily Express.

« À ma connaissance, au moins un député sur ces bancs ne votera pas (…) selon sa conscience en raison de menaces », a dénoncé la députée conservatrice pro-EU, Anna Soubry.

A l’ouverture des débats en début d’après-midi, le ministre du Brexit David Davis avait invité la chambre des Communes à prendre conscience des enjeux.

« Nous avons écouté, dans la mesure du possible, les suggestions sensées qui ont été faites pour améliorer le projet de loi mais lorsque des amendements ont été faits, volontairement ou non, pour saper (…) le résultat du référendum, nous devons les rejeter », a-t-il dit.

Malgré les divisions, le député Jacob Rees-Mogg, eurosceptique influent, avait estimé sur la radio LBC que la discipline serait observée au sein des tories: « Il y aura de l’unité. Ce ne sera pas parfait mais cela devrait suffire pour faire passer le texte et renforcer la position de Theresa May ».

Le rapport de force actuel au sein du gouvernement a peut être conduit les députés conservateurs pro-européens à modérer leurs velléités de rébellion: en cas de nouvelles défaites à Mme May, ce sont les ministres partisans d’une ligne dure sur le Brexit qui pourraient en sortir renforcés.

Romandie.com avec(©AFP / 12 juin 2018 19h27)