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États-Unis: Voyage forcé et semaines d’attente pour les Texanes voulant avorter

avril 26, 2022
Voyage force et semaines d'attente pour les Texanes voulant avorter
Voyage forcé et semaines d’attente pour les Texanes voulant avorter© AFP/François Picard

Dans une heure, Shayla, une Texane enceinte de 13 semaines, va enfin pouvoir avorter. « J’essaie (de le faire) depuis six semaines », confie-t-elle à l’AFP dans une petite clinique de l’autre côté de la frontière de son État, en Louisiane, à cinq heures de route de chez elle.

Le 1er septembre 2021, une des lois anti-avortement les plus restrictives des Etats-Unis est entrée en vigueur dans l’État républicain du Texas, interdisant toute interruption volontaire de grossesse (IVG) à partir du moment où un battement de coeur du foetus est perceptible à l’échographie, soit quatre semaines environ après la fécondation.

Avec 30 millions d’habitants, le Texas est le deuxième État le plus peuplé du pays et cette loi a conduit les patientes vers les cliniques vite submergées d’autres États, les contraignant faute de place à retarder inexorablement leur IVG.

En février, l’association Planned Parenthood, qui défend le droit à l’avortement, a révélé que le nombre de patientes du Texas avait augmenté de presque 800 % dans les cliniques d’avortement de l’Oklahoma, du Nouveau-Mexique, du Kansas, du Colorado et du Missouri. Dans ses propres centres de santé en Oklahoma, la hausse approche les 2.500 % !

« Une fois qu’une femme a décidé qu’elle ne pouvait plus poursuivre sa grossesse, retarder l’acte y mettant fin est cruel », explique Kathaleen Pittman, l’administratrice de la clinique Hope Medical Group for Women de Shreveport où est reçue Shayla.

Attente stressante

« Beaucoup de femmes expriment un désespoir absolu », ajoute-t-elle. Et « nous devons leur expliquer que mettre fin (elles-mêmes) à leur grossesse leur fera encore plus de mal ».

Ce matin d’avril, sa clinique ressemble à une fourmilière. Les patientes arrivent de Louisiane, du Texas, du Mississippi, avec une mère, une soeur, un beau-père ou un mari chargés de les reconduire chez elles après leur avortement et de s’occuper parfois de leurs enfants.

Derrière la vitre de l’accueil, le téléphone sonne sans cesse et la demi-douzaine d’employées en charge de le décrocher répètent la même chose: impossible d’accorder un créneau, il faut s’inscrire sur une liste d’attente.

Environ deux semaines après, les patientes seront recontactées pour fixer, une ou deux semaines plus tard, le premier des deux rendez-vous obligatoires en Louisiane pour bénéficier d’un avortement.

« Cette loi met les gens à rude épreuve », témoigne une enseignante de 31 ans venue de Houston et ne souhaitant pas communiquer son prénom. « Ne pas savoir si on pourrait s’occuper de moi a été la partie la plus stressante du processus ».

Impossible pour l’établissement de Shreveport de proposer mieux. « Nous sommes physiquement une petite clinique », se justifie Kathaleen Pittman, acculée. « On a dû renforcer notre équipe. ( ?) Imaginez ce que c’est ( ?) en pleine pandémie, quand le personnel médical est déjà débordé, stressé, indisponible ! »

Avant la loi texane limitant le droit à l’avortement, 18 % seulement de ses patientes venaient du Texas, contre la moitié aujourd’hui.

Les Louisianaises, elles, sont toujours aussi nombreuses et subissent aussi les conséquences de la loi texane, contraintes de repousser leur IVG.

Jusqu’au Colorado

« Elle a su qu’elle était enceinte il y a un mois et demi » soupire une Afro-Américaine de 34 ans, en parlant de sa fille de 16 ans emmitouflée dans une couverture dans la salle d’attente de la clinique, un peu avant son avortement.

Quelques chaises plus loin, attendent deux autres Afro-Américaines venues de Houston et de Dallas.

En 2008, l’institut de recherche Guttmacher, organisme favorable à l’avortement dont les études font référence, indiquait que le taux d’avortement des femmes noires américaines était presque cinq fois supérieur à celui des blanches.

Tout en gardant parfois leur secret, ces Texanes ont dû surmonter beaucoup de difficultés logistiques pour être présentes à leurs deux rendez-vous à des centaines de kilomètres de chez elles: faire garder les enfants, quitter le travail, parfois louer une voiture, payer un hébergement ?

Il a aussi fallu qu’un proche se mobilise pour les raccompagner chez elles.

Avant qu’une place ne se libère, Shayla, 27 ans, était sur des listes d’attente dans le Colorado et dans l’Oklahoma.

« C’était soit avoir un bébé et galérer, soit voyager », explique la Houstonienne sans emploi et déjà mère célibataire d’un fils de 2 ans.

Deux associations l’ont aidée à réunir les 2.000 dollars nécessaires, dont 695 dollars pour l’IVG.

« Quelqu’un peut s’occuper de ton enfant un jour et pas le jour suivant. Comment garder un job dans ces conditions ? Alors je me suis dit que je n’allais pas avoir deux enfants et galérer encore plus », conclut-elle, tandis que sa mère et son fils attendent à l’extérieur.

Par Le Point avec AFP

Canada: Au revoir les camionneurs, bonjour l’Europe

mars 6, 2022

Justin Trudeau entame dimanche un voyage de six jours au Royaume-Uni, en Lettonie, en Allemagne et en Pologne. Au cœur des discussions, bien sûr, la guerre en Ukraine — un conflit qui, malgré toutes ses horreurs, a permis au premier ministre canadien de tourner la page sur une crise domestique qui lui collait à la peau.

Justin Trudeau.

Le gouvernement Trudeau a multiplié les sanctions depuis l’invasion russe en Ukraine. Photo: La Presse Canadienne/Sean Kilpatrick

À 16 h 40, le mercredi 23 février, Justin Trudeau terminait un dernier point de presse sur la controversée Loi sur les mesures d’urgenceIl venait d’annoncer qu’il mettait fin à cette législation extraordinaire qui avait permis, disait-il, de chasser les camionneurs du centre-ville d’Ottawa.

L’invocation de la loi a encouragé certaines personnes à quitter [les lieux] et a permis aux forces de l’ordre de pouvoir en finir avec ces occupations, expliquait alors le premier ministre.

Cinq heures plus tard, une autre occupation débutait, celle-là beaucoup plus sanglante : Vladimir Poutine lançait ses troupes à l’assaut de l’Ukraine. La guerre était de retour en Europe.

En coulisses, plusieurs libéraux pensent que l’invasion russe et, surtout, la réponse canadienne coordonnée avec celle des alliés ont permis à Justin Trudeau de retrouver sa stature d’homme d’État.

L’enjeu des camionneurs, c’est complètement disparu des écrans radars, confie une source libérale, qui croit que pour beaucoup de gens, la guerre en Ukraine a mis les choses en perspective, entre autres sur ce que ça voulait dire, défendre la liberté.

Un sondage réalisé par la firme Research Co. à la fin de février montre que 52 % des Canadiens interrogés approuvent la réponse du premier ministre dans le dossier ukrainien.Trudeau entouré des ministres Mélanie Joly, Anita Anand  et Chrystia Freeland.

Justin Trudeau, entouré des ministres Mélanie Joly, Anita Anand et Chrystia Freeland, lors d’une annonce sur de nouvelles sanctions imposées à la Russie. Photo: The Canadian Press/Adrian Wyld

Même des personnes généralement critiques quant à la politique étrangère de Justin Trudeau reconnaissent que son gouvernement a bien agi jusqu’à maintenant.

Je pense que le gouvernement canadien a été à la hauteur de ce qui était demandé par les alliés, lance Jocelyn Coulon, au bout du fil. L’ancien conseiller de l’ex-ministre des Affaires étrangères Stéphane Dion avait publié en 2018 Un selfie avec Justin Trudeau, un ouvrage dans lequel il reprochait au premier ministre son manque d’ambition sur le front diplomatique.

M. Coulon complimente aussi la nouvelle ministre des Affaires étrangères, Mélanie Joly, qui a eu le ton juste dans les dernières semaines : On voit qu’elle a pris de l’assurance dans les dossiers de politique étrangère.

Le travail de la vice-première ministre a également été remarqué. Une source gouvernementale confirme d’ailleurs que Chrystia Freeland a joué un rôle clé dans les discussions auprès des alliés occidentaux, qui ont permis d’aboutir à l’imposition de sanctions contre la Banque centrale russe.

Dialoguer avec ses adversaires

Toutefois, si le Canada a commis un sans faute jusqu’à maintenant, sa réponse n’est pas pour autant suffisante, croit Jocelyn Coulon. Comme il le faisait déjà dans son livre, l’ex-conseiller reproche au gouvernement Trudeau de ne pas avoir entamé de dialogue direct avec la Russie.Vladimir Poutine.

Le président russe Vladimir Poutine reste intransigeant dans sa volonté de continuer la guerre en Ukraine. Photo : Getty Images/MikhaiI Klimentyev

Il n’y a eu, par exemple, aucune rencontre bilatérale entre Vladimir Poutine et Justin Trudeau depuis l’élection de celui-ci, en 2015. Or, dans les dernières années, tous les autres leaders du G7 se sont entretenus avec le président russe, souvent à plusieurs reprises, malgré leur désapprobation de l’invasion de la Crimée en 2014.

Il faut toujours parler non seulement à nos amis, mais aussi à nos adversaires, ajoute Jocelyn Coulon. C’est là que la diplomatie prend son sens.

Le professeur Justin Massie, expert en sécurité internationale à l’Université du Québec à Montréal, abonde dans le même sens : C’est important de dialoguer même avec ses ennemis, même quand on est en conflit. Il cite en exemple la démarche de la France dans les derniers jours, qui s’est démarquée par sa diplomatie pour tenter d’organiser un corridor humanitaire afin de sortir les personnes de Kiev.

Bien sûr, reconnaît M. Massie, la diplomatie a ses limites. Vladimir Poutine, malgré toutes les pressions des alliés, n’a montré aucun signe de retrait et poursuit sans vergogne ses bombardements contre les villes ukrainiennes. Il est cependant nécessaire, d’après le politologue, de garder le dialogue ouvert, ne serait-ce que pour tenter d’alléger la situation pour les populations civiles.Le président français Emmanuel Macron s'entretient avec le président russe Vladimir Poutine.

Le président français Emmanuel Macron a eu plusieurs entretiens avec le président russe Vladimir Poutine. Photo : Getty Images/Michel Euler

Or, au Canada, ajoute-t-il, on n’aime pas beaucoup avoir l’air de discuter avec [nos] rivaux parce qu’on se fait accuser de complaisance par nos adversaires politiques, qui utilisent la politique étrangère à des fins partisanes. Et c’est malheureux.

Justin Massie déplore entre autres le fait que les conservateurs aient demandé d’expulser l’ambassadeur russe qui se trouve à Ottawa — une très mauvaise idée, selon lui : Même les États-Unis ont des relations directes et privilégiées avec la Russie pour éviter des interprétations ou des mauvais calculs qui pourraient, peut-être, mener à une escalade militaire.

La présence d’une large communauté ukrainienne au Canada – la troisième au monde – et ce que Jocelyn Coulon appelle l’influence très importante du lobby ukrainien au sein du gouvernement Trudeau ont aussi contribué, d’après l’ex-conseiller, à une absence de communication avec le géant russe.Le contrôle de l’Arctique constitue un enjeu sur lequel la Russie et le Canada devront inévitablement dialoguer dans les années à venir, selon Jocelyn Coulon.

La mainmise sur l’Arctique constitue un enjeu à propos duquel la Russie et le Canada, qui contrôlent environ 75 % du territoire, devront inévitablement dialoguer dans les années à venir. Or, Jocelyn Coulon estime qu’en « ayant une relation très mauvaise avec les Russes », le Canada « se positionne mal pour défendre ses intérêts dans l’Arctique ». Photo: East2West

Peu de succès en affaires étrangères

Même si Justin Trudeau ne va rencontrer que des alliés au cours de ce voyage en Europe, Justin Massie reconnaît que le gouvernement fédéral a bien géré jusqu’à maintenant le dossier ukrainien, surtout par comparaison avec certains ratés commis en matière de politique étrangère.

Le politologue cite en exemple le voyage en Inde, mais aussi les 200 Casques bleus que le Canada n’a jamais déployés comme prévu, le retrait de ses troupes du Mali avant la date demandée par l’Organisation des Nations uniesONU, ou encore l’échec du gouvernement libéral à obtenir un siège au Conseil de sécurité des Nations unies.

La politique étrangère de Justin Trudeau n’a pas eu beaucoup de succès, mis à part la négociation de l’Accord de libre-échange nord-américainALENA 2.0, le nouvel accord commercial avec les États-Unis signé sous Donald Trump, affirme M. Massie.

Les attentes dans ce conflit étaient donc assez basses d’après l’expert en sécurité internationale, encore plus après la crise des camionneurs qui a paralysé le centre-ville d’Ottawa, où on a vu un premier ministre plutôt absent dans les premières semaines du conflit.

Là, conclut-il, on sent que Justin Trudeau est plus présent et que son gouvernement multiplie les annonces. L’image d’inaction qui colle parfois à la peau du premier ministre semble donc plus difficile, jusqu’à maintenant, à apposer à sa réponse au conflit ukrainien.

Avec Radio-Canada par Laurence Martin

Vol annulé : une mineure laissée seule à Toronto par Air Canada

février 7, 2022
Diomerys O'Leary interviewée devant sa maison.

Diomerys O’Leary souhaite qu’Air Canada change sa politique sur les mineurs qui voyagent seuls. Le transporteur a annulé le vol que devait prendre sa fille. Cette dernière s’est retrouvée seule à l’aéroport de Toronto sans nourriture ni hébergement. Photo : CBC/Ted Dillion

Diomerys O’Leary ressentait déjà de la nervosité en laissant sa fille de 14 ans voyager seule pour rendre visite à son père en République dominicaine, mais elle ne se doutait pas que le transporteur Air Canada allait la laisser pour compte à Toronto.

Le transporteur l’a informée par courriel, le 18 janvier, que le vol de sa fille de Toronto à Saint-Jean, à Terre-Neuve, était annulé en raison d’un conflit de travail à l’aéroport de Saint-Jean, et qu’elle pouvait prendre un autre vol deux jours plus tard.

Elle a ensuite reçu de nombreux messages textes de sa fille disant qu’Air Canada l’avait informée qu’elle devait se débrouiller pour trouver un endroit où dormir et se restaurer.

Elle pleurait, elle était désespérée et elle me demandait ce qu’elle devait faire. Je ne pouvais pas y croire, affirme Mme O’Leary.

Diomerys O’Leary se demandait si l’entreprise s’attendait à ce que sa fille passe deux jours sur un banc sans même lui donner de la nourriture.Des messages textes en espagnol sur un téléphone.

Diomerys O’Leary a reçu de nombreux messages de la part de sa fille, qui était seule et désemparée à l’aéroport de Toronto tandis qu’elle cherchait une solution pour elle. Photo : CBC/Ted Dillion

Elle a passé des heures au téléphone et en ligne à chercher des moyens d’aider sa fille tandis que cette dernière attendait à l’aéroport de Toronto. Les hôtels n’acceptent pas de mineur seul et sa fille n’avait pas d’argent pour de la nourriture.

Mme O’Leary a fini par trouver un logement Airbnb où sa fille pouvait passer la nuit et un chauffeur Uber pour la transporter. Elle a fait livrer un repas à sa fille.

« C’était le pire jour de ma vie. »— Une citation de  Diomerys O’Leary

Diomerys O’Leary affirme qu’elle n’a pu dormir cette nuit-là même après avoir trouvé cette solution temporaire pour sa fille.

Le lendemain, après presque deux heures d’attente au téléphone avec Air Canada, Mme O’Leary a trouvé un vol pour sa fille à destination de Gander et un billet d’autobus pour qu’elle puisse rentrer à Saint-Jean.

Selon Air Canada, l’agente du centre d’appel a proposé de l’aider à trouver de l’hébergement, mais la mère de la cliente a refusé.

Mais Diomerys O’Leary présente un enregistrement de cette conversation où l’agente affirme qu’elle ne peut pas aider sa fille à trouver un hébergement. L’agente lui propose d’appeler un autre bureau d’Air Canada. À ce moment, Mme O’Leary avait déjà pris des arrangements pour sa fille tout en attendant au téléphone.Une adolescente devant un autobus.

Après avoir passé la nuit seule à Toronto, la fille de Diomerys O’Leary âgée de 14 ans est rentrée à Saint-Jean, à Terre-Neuve, le 20 janvier. Ci-dessus : le visage de l’adolescente est embrouillé à la demande de sa mère. Photo: Gracieiseté/Diomerys O’Leary

Air Canada affirme qu’il n’est généralement pas conseillé que des mineurs voyagent seuls quand il s’agit d’un vol avec des correspondances ou un vol à l’étranger en raison de possibles interruptions imprévues qui échappent au contrôle de l’entreprise. Cet avertissement ne figure pas sur la page web d’Air Canada au sujet des enfants voyageant seuls(Nouvelle fenêtre).

Des imprévus peuvent toujours survenir lors de voyages en avion, particulièrement durant cette pandémie. La COVID-19 a grandement perturbé l’industrie l’an dernier. Les autorités déconseillent par moments aux Canadiens de faire des voyages non essentiels.

Diomerys O’Leary aimerait qu’Air Canada prenne plus de responsabilité ou cesse tout simplement d’accepter des mineurs qui voyagent seul sur des vols à plusieurs étapes. Ils acceptent mon argent, mais ne prennent pas de responsabilité pour la sécurité de ma fille, dit-elle.

D’autres enfants laissés pour compte

Les propres règles d’Air Canada lui permettent d’éviter de prendre des responsabilités et ce serait une surprise pour beaucoup d’adultes qui permettent à leurs jeunes de voyager, selon un défenseur des droits des voyageurs, Ian Jack, vice-président aux affaires publiques de l’Association canadienne des automobilistes. Il dit que des jeunes peuvent être laissés pour compte en vertu de ces règles.

Comme d’autres transporteurs, dont WestJet et Air Transat, Air Canada offre un service pour enfants non accompagnés. Des employés aident ces enfants à faire leur voyage. Mais ce service n’est pas offert lors de voyages en plusieurs étapes comme celui effectué par la fille de Mme O’Leary.

Air Canada indique que dans un tel cas, elle aide de façon prioritaire ses passagers handicapés, âgés ou jeunes. Mais ce jour-là, ajoute l’entreprise, des vols ont été annulés de façon imprévue et des centaines de voyageurs avaient besoin d’aide.

Le document d’Air Canada intitulé Tarif international – Règles générales applicables au transport de passagers et de bagages(Nouvelle fenêtre), indique en page 49 que sauf pour le service fourni expressément à un enfant non accompagné et visé par la présente règle, le transporteur n’assume aucune responsabilité financière ou de tutelle pour les enfants non accompagnés, si ce n’est celles applicables aux passagers adultes.

WestJet et Air Transat ont aussi une règle semblable.

Même le Règlement sur la protection des passagers aériens(Nouvelle fenêtre) adopté par le gouvernement du Canada en 2019 est vague, indique Ian Jack, quand il est question de protéger les jeunes voyageurs. Le Règlement stipule que les compagnies aériennes doivent établir une politique pour les mineurs non accompagnés, mais il laisse aux transporteurs le soin de décider en quoi consiste cette politique.

Transports Canada établit les règles et l’Office des transports du Canada les met en application. Canadian Broadcasting CorporationCBC leur a demandé s’ils comptent améliorer la protection des mineurs qui voyagent seuls.

Transports Canada a indiqué que l’Office des transports du Canada est dans une meilleure position pour répondre à cette question, mais l’Office a expliqué qu’il ne peut agir que dans le cadre des règles de Transports Canada et que ces dernières ne comprennent rien au sujet des responsabilités précises des transporteurs envers les mineurs qui voyagent seuls.

Dans ce contexte, les transporteurs devraient au moins indiquer plus clairement que des mineurs peuvent être laissés pour compte lorsque leur vol est annulé, estime Ian Jack.Ian Jack interviewé.

Ian Jack, vice-président aux affaires publiques de l’Association canadienne des automobilistes, estime que ce cas illustre certains aspects mal définis de la réglementation des transporteurs aériens. Photo : CBC/Stephan Richer

Cela s’était produit auparavant. Une famille a réclamé des changements de la part d’Air Canada en 2016 lorsqu’un garçon écarté de son vol a dû dormir sur le plancher à l’aéroport Pearson de Toronto. La même mésaventure est survenue à un Terre-Neuvien de 13 ans, en 2013, à qui le transporteur avait simplement donné un coupon alimentaire de 10 $.

Ian Jack dit qu’il faut reconnaître que c’est un problème des transporteurs et possiblement aussi des règles gouvernementales en la matière.

Air Canada a offert à Diomerys O’Leary un bon de voyage d’une valeur de 500 $ en signe de bonne volonté, mais elle l’a refusé en disant que ce n’était pas une question d’argent. Mme O’Leary réclame des explications précises de la part du transporteur. Elle dit qu’elle ne peut tout simplement pas accepter ce qui est arrivé à sa fille.

Avec Radio-Canada d’après un reportage de Rosa Marchitelli, de Canadian Broadcasting Corporation CBC

Canada: Ottawa s’apprête à déconseiller les voyages non essentiels

décembre 15, 2021

Le fédéral souhaite réduire le nombre de voyageurs à la frontière devant la progression du variant Omicron.

Un voyageur pousse son porte-bagages à l'aéroport Montréal-Trudeau.

Les voyages à l’extérieur du Canada seront découragés dans les prochaines semaines. Photo: La Presse Canadienne/Paul Chiasson

Lors de la rencontre d’urgence convoquée avec ses homologues provinciaux, mardi soir, le premier ministre Justin Trudeau leur a fait savoir que son gouvernement allait réinstaurer l’avis appelant les Canadiens à éviter les voyages non essentiels à l’étranger.

L’annonce devrait être faite bientôt, possiblement dès mercredi.

Selon nos informations, la grande majorité des voyageurs qui franchissent les postes douaniers sont des Canadiens et, à l’approche des Fêtes, Ottawa aimerait les voir rester à la maison pour freiner la propagation du variant préoccupant.

Le Cabinet de Justin Trudeau a aussi considéré un autre scénario beaucoup plus musclé : celui de fermer la frontière à tous les ressortissants étrangers qui effectuent des voyages non essentiels. Il est trop tôt pour dire si cette option sera retenue.

Un tel scénario constituerait un retour aux restrictions les plus sévères depuis le début de la pandémie. Il aurait été accueilli froidement par les premiers ministres de certaines provinces qui sont davantage préoccupés par la transmission communautaire du variant Omicron.

Carte montrant les cas de coronavirus par pays

Au début de la pandémie, le gouvernement Trudeau s’était fait reprocher d’avoir tardé à agir en ce qui concerne la fermeture des frontières.

Le gouvernement fédéral veut par ailleurs insister auprès des provinces sur l’importance d’accélérer l’administration de la troisième dose de vaccin.

En coulisse, on craint que même si le variant ne se révèle pas plus virulent, sa forte transmissibilité ait un impact sur le nombre de cas, ce qui se répercuterait sur les hospitalisations.

Avec Radio-Canada.com par Madeleine Blais-Morin et Louis Blouinhier

Il y a 100 ans, Marie Curie embarquait pour un voyage hors du commun aux Etats-Unis

novembre 9, 2021
Il y a 100 ans, Marie Curie embarquait pour un voyage hors du commun aux Etats-Unis
Il y a 100 ans, Marie Curie embarquait pour un voyage hors du commun aux Etats-Unis© AFP/Brendan Smialowski

En 1921, l’illustre scientifique Marie Curie embarquait pour un voyage de six semaines aux Etats-Unis. Un événement hors du commun qui devait la mener jusqu’à la Maison Blanche, où elle a reçu des mains du président américain un cadeau crucial pour la suite de ses recherches: un gramme de radium.

Cet élément radioactif, très difficile à extraire à partir de minerais, pouvait coûter à l’époque plus de dix fois le prix d’un diamant du même poids. Or son étude a été décisive dans le développement de traitements contre le cancer.

Grâce à une levée de fonds organisée par la journaliste américaine Marie Meloney, à qui Marie Curie s’était confiée lors d’une interview, le fameux gramme lui est offert sans contrepartie, et la chercheuse est invitée outre-Atlantique pour le recevoir.

L’anniversaire de cette tournée américaine a été célébré lundi à l’ambassade de France aux Etats-Unis, en présence des descendants de Mmes Curie et Meloney.

« Je suis très content que cette histoire se soit transmise à travers les générations », a confié à l’AFP Marc Joliot, arrière-petit-fils de Marie Curie et chercheur lui-même. « Au-delà de Marie Curie la grande scientifique, deux prix Nobel, dont on voit toujours la figure un peu sombre, triste, ça la rend humaine. »

La journaliste et la scientifique se sont en effet liées d’amitié. Toutes deux oeuvrent à l’époque à leur manière pour la cause des femmes, qui viennent d’obtenir le droit de vote aux Etats-Unis, mais l’attendent toujours en France.

« Je me rappelle, quand j’étais enfant, mon père nous racontait comment (Marie Meloney) connaissait Marie Curie, était amie avec elle, et l’avait accompagnée dans son tour des Etats-Unis », a dit à l’AFP Sean Meloney, arrière-arrière-petite-fille de Marie Meloney.

Probablement en partie grâce à ce voyage, la scientifique « est toujours un nom familier aux Etats-Unis », selon elle.

Bain de jouvence

En mai 1921, Marie Curie, déjà récompensée des prix Nobel de chimie et de physique, embarque donc à bord de l’Olympic, un paquebot jumeau du Titanic, en compagnie de ses deux filles, Irène et Eve.

Lors de son périple, elle se rend notamment dans de grandes universités, donne des conférences, et visite une usine de radium à Pittsburgh.

Elle rencontre aussi le président Warren Harding, qui lui remet la clé ouvrant le coffre qui contient le gramme de radium. Il a coûté 100.000 dollars, récoltés quasi entièrement grâce à des dons de femmes américaines.

« Les appareils de radiothérapie d’aujourd’hui sont directement issus des travaux de Marie Curie, qui a découvert la radioactivité », a rappelé lundi Thierry Philip, président du conseil d’administration de l’Institut Curie, qui fête également ses 100 ans cette année.

Mais c’est sa fille, Irène Joliot-Curie, qui a surtout bénéficié de l’étude de ce gramme de radium, avec la découverte de la radioactivité artificielle, qui lui vaudra également un prix Nobel.

« C’est cette radioactivité artificielle (et non plus naturelle, ndlr), que l’on peut mieux contrôler et manipuler, que l’on utilise aujourd’hui principalement » pour traiter le cancer, a expliqué à l’AFP Gilles Créhange, chef du département d’oncologie-radiothérapie à l’Institut Curie.

Car si protéger les cellules saines de l’irradiation est devenu un enjeu majeur, à l’époque, les effets à long terme de la radioactivité ne sont pas connus, et le radium était quasiment vu comme un élixir de jouvence, utilisé jusque dans des crèmes pour lisser la peau.

« Des personnes très riches aux Etats-Unis s’achetaient des cartouches pour des fontaines, qui étaient installées sur des baignoires, et ils faisaient couler de l’eau radioactive pour prendre leur bain », a raconté Gilles Créhange.

Marie Curie elle-même avait des doutes sur l’effet de la manipulation du radium sur sa santé. Elle est décédée en 1934, à l’âge de 66 ans.

Par Le Point avec AFP

ABBA : un nouvel album après quarante ans d’attente

novembre 5, 2021

Le mythique groupe suédois fait son grand retour vendredi avec l’album « Voyage ». Les légendes suédoises préparent aussi un concert numérique à Londres en 2022.

Un evenement autour du groupe ABBA a Berlin, Allemagne, le 2 septembre 2021.
Un événement autour du groupe ABBA à Berlin, Allemagne, le 2 septembre 2021.© JENS KALAENE / dpa-Zentralbild / dpa Picture-Alliance via AFP

Qui n’a pas fredonné une chanson du groupe ABBA ? Qui a eu la chance de voir le quatuor suédois en chair et en os sur scène ? Que vous ayez les tempes grises ou que vous soyez membres de la génération TikTok, le succès est intergénérationnel pour le groupe phare de la disco-pop des années 1970.

Avec sa flopée de tubes ayant traversé toutes les modes, le quatuor va-t-il retrouver les sommets de sa jeunesse ? Depuis leur séparation de fait fin 1982, Agnetha, Björn, Benny et Anni-Frid (l’acronyme ABBA) n’avaient plus sorti de nouveaux morceaux et avaient rangé aux vestiaires leurs célèbres costumes kitsch. L’annonce, début septembre, de leur reformation, lors d’une cérémonie XXL tournée dans plusieurs capitales, avait fait le tour du monde, après des années de spéculations.

Un concert d’avatars numériques pour 2022

Composé de dix titres, Voyage est le fruit imprévu d’un projet sur lequel ABBA travaille depuis des années : un concert d’avatars numériques « révolutionnaires », censés reléguer au rayon de vieilleries les hologrammes qui ont fleuri ces dernières années dans le monde de la musique. Certains points restent mystérieux, mais une chose est claire : on entendra chanter les ABBA d’aujourd’hui et ce sont eux qui auront commandé les mouvements des « ABBAtars », mais ces derniers les représenteront avec leur physique de… 1979.

C’est en préparant ce projet en partenariat avec une société d’effets spéciaux du père de Star Wars George Lucas – maintes fois retardé par des difficultés techniques, puis par le Covid – que naît l’idée de refaire de la musique ensemble. Dès 2018, ABBA avait confirmé les rumeurs d’un retour en studio et on savait que l’enregistrement d’au moins deux nouvelles chansons était conservé à l’abri des oreilles indiscrètes.

« Au début, c’était seulement deux chansons, et puis on s’est dit. “Peut-être qu’on pourrait en faire quelques autres […]” et puis j’ai demandé : et si on faisait un album complet ? » a expliqué Benny Andersson, 74 ans, lors de l’annonce de l’album. Lui et Björn Ulvaeus, 76 ans, en assurent la promotion ces dernières semaines, Agnetha Fältskog et Anni-Frid Lyngstad ayant choisi de s’épargner cette épreuve à respectivement 71 et 75 printemps.

ABBA, un son unique

Trois des dix chansons de l’album, disponible partout dans le monde, avaient déjà été dévoilées : d’abord « I Still Have Faith In You » et « Don’t Shut Me Down ». Puis une version modernisée de « Just A Notion », enregistré en 1978 mais jamais publié jusqu’ici. « Waterloo », « Dancing Queen », « Mamma Mia », « The Winner Takes It All », « Money Money Money » : la nouvelle livraison ne souffrira-t-elle pas de la comparaison avec l’âge d’or ? « Nous n’avons rien à prouver – qu’est-ce que ça peut faire si les gens pensent que nous étions meilleurs avant ? » a botté en touche Benny Andersson dans une interview au quotidien suédois Dagens Nyheter. « Si cela n’avait pas été assez bien, nous n’en aurions rien fait. »

Pour Jean-Marie Potiez, un des meilleurs experts internationaux du groupe, « les voix d’Agnetha et d’Anni-Frid, ont perdu dans les aigus, ce qui est normal vu leur âge, mais ont gagné en profondeur, en sensibilité ». Malgré les années et deux divorces – Björn avec Agnetha et Benny avec Anni-Frid ont été mariés plusieurs années –, les quatre étaient restés bons amis. Mais Voyage, neuvième album studio du groupe, sera bel et bien le dernier, ont confirmé les deux « B » dans une interview au Guardian fin octobre.

Par Le Point avec AFP

Sénégal : Ousmane Sonko interdit de se rendre à Lomé pour débattre de l’avenir du franc CFA

mai 22, 2021
Ousmane Sonko, lors d’une conférence de presse à Dakar, le 8 mars 2021.

Invité par l’économiste Kako Nubukpo à participer aux « États généraux de l’Eco », qui se tiendront les 26, 27 et 28 mai dans la capitale togolaise, l’opposant sénégalais Ousmane Sonko ne pourra finalement pas se rendre à Lomé. La justice lui a refusé l’autorisation de sortie du territoire qu’il sollicitait.

« Au final, Lomé ne verra donc pas l’enfant prodige si attendu, pour le moment du moins. Pas de début de débat sur l’Eco pour Sonko. » Dans le communiqué annonçant la décision de la justice sénégalaise, Me Khoureyssi Ba, son avocat, juge que « rien ne justifie » le refus prononcé vendredi 21 mai par le juge Abdoulaye Assane Thioune.

L’opposant sénégalais, sous contrôle judiciaire depuis sa remise en liberté le 8 mars dernier, avait en effet été invité à participer aux « états généraux de l’Eco » à Lomé. Le leader du Pastef avait fait de la critique du franc CFA l’un de ses principaux axes de campagne lors de la présidentielle de 2019, à l’issue de laquelle il était arrivé en troisième position.

Des « États généraux de l’Eco » sans Sonko

L’évènement, organisé à l’initiative de l’économiste togolais Kako Nubukpo, commissaire de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (Uemoa) chargé du département Agriculture, ressources en eau et environnement, doit réunir de nombreux économistes de renom.

Outre la Cap-Verdienne Cristina Duarte, conseillère spéciale pour l’Afrique du secrétaire général des Nations unies, le Bissau-Guinéen Carlos Lopesle Béninois Lionel Zinsou, ou encore le chef des économistes pays de la Banque africaine de développement (BAD), Emmanuel Pinto Moreira, Ousmane Sonko devait y retrouver également le Franco-Béninois Wilfrid Lauriano Do Rego, président du Conseil présidentiel pour l’Afrique (CPA, d’Emmanuel Macron), ou encore l’historien camerounais Achille Mbembe.

Les raisons du refus

Ousmane Sonko, toujours poursuivis dans le cadre de l’enquête ouverte suite à une plainte pour viol le visant, avait déposé une demande de sortie de territoire le 17 mai dernier. Le procureur de la République avait, jeudi 20 mai, fait savoir son opposition à ce que la demande soit acceptée. La balle était alors dans le camps du juge d’instruction Abdoulaye Assane Thione, qui a donc tranché en suivant l’avis du procureur.

Selon une communiqué de la défense d’Ousmane Sonko, le juge a motivé son refus par « l’absence de mainlevée du contrôle judiciaire » et par le fait qu’« Ousmane Sonko n’a pas encore été entendu au fond pour s’expliquer sur les accusations formellement portées à son encontre par la partie civile ».

« L’audition au fond de M. Sonko n’a aucun rapport avec la mesure de contrôle judiciaire », a regretté Me Bamba Cissé, un autre avocat de Sonko, cité par l’Agence France-Presse.

Avec Jeune Afrique par Mathieu Millecamps

Afrique : 15 000 de dollars de caution pour voyager vers les USA

novembre 27, 2020

Se rendre aux USA sera désormais conditionné au paiement d’une caution allant de 5000 à 15 000 de dollars. Il est imposé par le gouvernement Trump aux ressortissants de 15 pays africains, dont le taux de violation des délais de visa dépasse les 10%.

L’administration américaine, toujours dirigée par Donald Trump jusqu’au 20 janvier 2021, vient de prendre une décision qui rendra difficiles les voyages vers les Etats-Unis pour les ressortissants de 15 pays africains. Ceux-ci seront désormais contraints de déposer une caution qui peut aller de 5000 à 15 000 de dollars en plus des frais de visa.

Cette décision est déjà critiquée par plusieurs observateurs qui dénoncent une violation des règles de l’immigration. Mais le département d’Etat américain qui est compétent en matière de services des visas explique que cette décision s’impose à des pays, dont le taux de dépassement des délais de visa sur le sol américain dépasse les 10% des voyageurs.

Rappelons que l’administration américaine a, au cours des quatre dernières années, pris de nombreuses décisions limitant l’immigration de nombreux Africains. En septembre dernier, le département de la Sécurité intérieure a fait une proposition visant à limiter à deux ans la possibilité de séjour pour certains étudiants de 59 pays dans le monde, dont 36 en Afrique.

Au tout début de son mandat, Donald Trump avait décidé de limiter les voyages pour les ressortissants de certains pays africains ; décision qui avait été étendue plus tard aux ressortissants du Nigeria, la première économie du continent en termes de PIB.

Les pays africains concernés par la présente mesure sont : l’Angola, la République démocratique du Congo, le Liberia, le Burkina Faso, Djibouti, la Libye, le Burundi, l’Erythrée, la Mauritanie, le Cap-Vert, la Gambie, Sao Tomé-et-Principe, le Tchad, la Guinée-Bissau et le Soudan.

Compte tenu du motif invoqué, il n’est pas certain que le président élu, Joe Biden, va révoquer cette décision, une fois qu’il aura effectivement pris ses fonctions. Notons qu’elle fait figure de test de six mois éventuellement renouvelable.

Avec Adiac-Congo par Josiane Mambou Loukoula

Coronavirus: un quart des premiers cas hors de Chine lié à un voyage en Italie

juillet 31, 2020

Un quart des premiers cas de Covid-19 repérés hors de Chine continentale étaient des gens qui avaient voyagé en Italie, selon une étude publiée dans la revue médicale The Lancet Infectious Diseases, selon laquelle le début de la pandémie pourrait être lié à trois pays. Ces travaux publiés cette semaine prennent en compte le premier cas enregistré dans 99 pays hors de Chine continentale durant les 11 premières semaines de l’épidémie (entre le 31 décembre 2019 et le 10 mars 2020): ils montrent que près de deux tiers (60%) de ces personnes avaient voyagé en Italie (27%), en Chine (22%) ou en Iran (11%).

«Nos résultats suggèrent que les voyages dans un petit nombre de pays où la transmission du virus SARS-CoV-2 était importante pourraient être à l’origine d’épidémies un peu partout dans le monde, avant que la pandémie soit déclarée le 11 mars», a indiqué l’une des auteurs, la Dr Fatimah Dawood, des Centres américains de prévention et de lutte contre les maladies (CDC), citée dans un communiqué de The Lancet Infectious Diseases.

Des limites importantes

Il existe toutefois des limites importantes à l’étude, soulignent les chercheurs: les premiers cas déclarés dans chaque pays n’étaient peut-être pas réellement les premiers à exister, puisque certains sont sans doute d’abord passés inaperçus. L’étude porte sur 99 pays hors de Chine continentale, où 32.000 cas ont été déclarés durant la période entre le 31 décembre 2019 et le 10 mars 2020.

Pour identifier les nouveaux cas enregistrés dans chaque pays durant la période étudiée, les auteurs se sont basés sur les données en ligne des autorités de chaque pays, les communiqués de presse quotidiens alors diffusés ou encore des éléments recueillis sur les réseaux sociaux.

L’influence des voyages dans tel ou tel pays sur les premiers cas diffère selon les régions du monde. Les voyages en Italie étaient liés à la moitié des premiers cas repérés en Afrique, et plus d’un tiers de ceux repérés en Europe (36%) et sur le continent américain (38%). Mais dans la zone Pacifique, 83% des premiers cas étaient liés à un voyage en Chine. Au total, trois quarts des premiers cas repérés dans chacun des 99 pays étaient des personnes qui avaient voyagé ailleurs auparavant.

Par Le Figaro avec AFP

Coronavirus : Paris déconseille les voyages en Chine «sauf raison impérative»

février 8, 2020

Cinq nouveaux cas ont été détectés en France. En Chine, plus de 700 personnes ont été tuées.

À Pékin, courant janvier.

À Pékin, courant janvier. AFP

La France déconseille à ses ressortissants les voyages en Chine «sauf raison impérative» compte tenu de l’évolution de l’épidémie de coronavirus qui y sévit depuis décembre, a annoncé samedi 8 février le ministère des Affaires étrangères à l’issue d’une réunion interministérielle à Matignon.

«Compte tenu du contexte évolutif de l’épidémie de nCoV, des restrictions décidées par les autorités chinoises, des fermetures d’établissements scolaires et universitaires et de la réduction des liaisons aériennes, il a été décidé de modifier les conseils aux voyageurs et de passer en orange la carte de Chine (déconseillé sauf raison impérative)», peut-on lire dans un communiqué.

Le ministère précise aussi que «tout déplacement à Wuhan et dans toute la province de Hubei», épicentre de l’épidémie, «est formellement déconseillé (en rouge sur la carte sécuritaire)».

En Chine, plus de 700 personnes ont été tuées et 34.000 cas recensés.

Cinq nouveaux cas en France ont été détectés en France. Des enquêtes sont en cours pour déterminer les personnes ayant été en contact avec ces nouveaux cas confirmés en Haute-Savoie. Leur état de santé ne présente pas d’inquiétude, selon les autorités.

Par Le Figaro avec Reuters