Posts Tagged ‘WhatsApp’

WhatsApp : ce qu’il faut savoir sur les nouvelles conditions d’utilisation

mai 15, 2021

À partir de ce samedi, la messagerie sera progressivement inutilisable pour ceux qui refuseront la nouvelle politique de confidentialité, rapporte « Le Monde ».

Les utilisateurs qui n'accepteront pas cette mise a jour subiront une utilisation degradee de l'application.
Les utilisateurs qui n’accepteront pas cette mise à jour subiront une utilisation dégradée de l’application.© Jakub Porzycki / NurPhoto via AFP

L’application de messagerie WhatsApp modifie ce samedi sa politique de confidentialité, rapporte Le Monde. Les utilisateurs qui n’accepteront pas cette mise à jour subiront une utilisation dégradée de l’application. Annoncé en janvier, ce changement avait fait polémique auprès des utilisateurs, peu rassurés.

En cause, le partage des données entre WhatsApp, racheté en 2014, et Facebook, sa maison mère. Depuis une mise à jour datant de 2016, Facebook reçoit des données de l’application de messagerie, notamment le numéro de téléphone, les adresses IP utilisées ainsi que certaines informations de connexion.

De nouvelles fonctionnalités commerciales

À l’époque, les utilisateurs avaient la possibilité de refuser ce partage de données en cochant une case sur l’application. Désormais, cette dernière n’existe plus. Les nouveaux utilisateurs et les personnes qui ne l’avaient pas fait ne peuvent donc plus refuser ce transfert de données. Les messages envoyés sur WhatsApp restent toutefois chiffrés, contrairement à ceux envoyés sur Facebook et Instagram.

La nouvelle mise à jour de WhatsApp ne permettra cependant pas de transférer de nouvelles données. De nouvelles fonctionnalités commerciales seront toutefois mises en place sur l’application. À terme, les utilisateurs pourront communiquer avec des entreprises via leur application de messagerie. Les entreprises, elles, pourront utiliser des outils d’hébergement de Facebook pour faire transiter et stocker les conversations de leur service client. Les échanges entre les entreprises et les utilisateurs sur WhatsApp pourront ainsi être traités en interne à des fins de marketing ou d’amélioration de leur service.

Après quelques semaines, l’application sera totalement inutilisable

À partir du 15 mai, les utilisateurs qui refuseront la mise à jour verront l’application devenir inutilisable. Au départ, WhatsApp fera apparaître une pop-up proposant d’accepter la mise à jour. Puis, si les utilisateurs continuent de refuser, ils n’auront plus accès à la liste des discussions et ne pourront répondre aux messages reçus que via les notifications. Enfin, après quelques semaines, l’application sera totalement inutilisable, à moins d’accepter la mise à jour proposée.

Ces nouvelles règles d’utilisation ne sont pas bien reçues par les autorités européennes, qui estiment que leur présentation est floue. En Allemagne, l’autorité de protection des données de Hambourg a demandé à Facebook de ne pas appliquer la mise à jour dans le pays.

« Les informations sur les transferts de données sont éparpillées à différents passages de la déclaration de confidentialité, manquent de clarté, et il est difficile de distinguer le texte concernant les citoyens européens de celui pour le reste du monde », estime-t-elle, citée par le quotidien français. Facebook a alors indiqué faire appel de la décision allemande et publiera tout de même la mise à jour le 15 mai dans le pays.

Avec Le Point

[Chronique] WhatsApp : une grande émigration africaine ?

janvier 15, 2021
Glez

Alors que l’application mobile est la cible d’un appel au boycott, à la suite de la mise à jour de sa politique de confidentialité, le réseau mobile tente de rassurer les Africains en réaffirmant la sécurisation de ses services.

En Afrique, WhatsApp n’est pas qu’une application mobile multiplateforme qui fournit un système de messagerie instantanée via les réseaux de téléphonie et d’Internet. Depuis le milieu des années 2010, WhatsApp, propriété de Facebook, est une « religion ». Véritable révolution numérique sur un continent au taux d’équipement en smartphones de l’ordre de 50 % de la population – selon le cabinet Deloitte -, cette « appli » est la plus utilisée.

Avec la « gratuité » des télécommunications qu’elle permet, plus besoin de chronométrer son appel, lorsqu’on contacte un cousin de la diaspora, ni de squatter clandestinement la ligne téléphonique de son employeur, caché derrière le bureau à l’heure du déjeuner. Avec, en prime, la vidéo et l’impression d’être une connaissance du célébrissime Juan Gomez de Radio France internationale (RFI), que l’on peut contacter sans coup férir.

Telegram et Signal

En Afrique francophone, les écrans de mobiles sont désormais comme ceux de la télévision : quasiment allumés en permanence. Une récente polémique n’a donc pas manqué d’effaroucher les « WhatsAppeurs », dont la plupart n’en ont pourtant compris ni les tenants ni les aboutissants…

À l’occasion d’une des mises à jour de l’application, qu’on valide en général sans en lire les termes, des journalistes ont dénoncé des atteintes à la sécurité des données personnelles dans la nouvelle politique de confidentialité de WhatsApp.

Et certains animateurs de chaînes de télévision d’inciter à un réflexe pavlovien, en supprimant en direct l’appli de leur téléphone, pourtant censé être éteint à l’antenne. Deux concurrents de l’application ont pu bénéficier d’une campagne de publicité gratuite : Telegram, créée par deux frères russes, et l’américaine Signal, conçue pour être la plus sécurisée possible.

Les dirigeants de WhatsApp ont tenté de rassurer leur public via un communiqué de presse. Le nouveau partage, avec Facebook, des données des utilisateurs du service de messagerie ne concernerait que les messages à une entreprise. Protégés par un chiffrement de bout en bout, les messages et appels personnels, individuels ou en groupe, de même que les géolocalisations partagées, ne pourraient être consultés ni par WhatsApp ni par Facebook.

Sursaut paranoïaque ?

Une différence notable avec les communications téléphoniques traditionnelles dont les opérateurs conservent des historiques, en témoignent les séries télé policières et leurs fameuses « fadettes » (« factures détaillées ») de nature à confondre les brigands menteurs.

Les contacts utilisés sur WhatsApp ne seraient pas non plus partagés avec les applications sœurs proposées par Facebook Inc. Depuis novembre dernier, l’appli propose même de faire disparaître les messages que l’on qualifie de « temporaires ».

Sursaut paranoïaque ? Si son épouse bafouée n’a pas accès à toutes ses communications frivoles, le « téléphoneur » lambda n’a pas non plus à s’inquiéter des services secrets d’un régime qu’il ne menace guère, aussi autocratique celui-ci soit-il.

En revanche, il ne faudrait pas qu’une application chantre de la lutte contre les spams ne devienne pourvoyeuse de données exploitables par des publicitaires intrusifs. Et la vigilance – qui n’est pas synonyme de complotisme – est une question de principe, pour qui sait qu’il est difficile de retirer son doigt de l’engrenage de la culture « Big brother ».

Avec Jeune Afrique par  Damien Glez

Dessinateur et éditorialiste franco-burkinabè.

Hongkong: Facebook et WhatsApp ne répondront plus aux demandes d’information sur les utilisateurs

juillet 6, 2020

Le réseau social et son service de messagerie souhaitent entreprendre une évaluation plus approfondie de la loi sur la sécurité nationale.

Facebook et son service de messagerie WhatsApp ont annoncé lundi qu’ils ne répondraient plus aux demandes d’informations relatives à leurs utilisateurs émanant du gouvernement et des autorités de Hong Kong, dans un souci de faire respecter la liberté d’expression.

«Nous suspendons l’examen des demandes du gouvernement concernant les données des utilisateurs de Hong Kong en attendant une évaluation plus approfondie de la loi sur la sécurité nationale», a dit un porte-parole de Facebook. Cette évaluation permettra un «examen rigoureux et des consultations avec des experts internationaux des droits de l’Homme» sur la situation de l’île en la matière. «Nous pensons que la liberté d’expression est un droit humain fondamental et soutenons le droit des personnes à s’exprimer sans craindre pour leur sécurité et sans redouter d’autres répercussions», a expliqué cette source.

Le réseau social explique qu’il a une procédure mondiale pour répondre aux demandes des gouvernements. L’examen de chaque demande tient compte à la fois de la politique interne de Facebook, des lois locales ainsi que des normes internationales concernant les droits humains.

Le droit à une conversation privée en ligne

Le régime communiste de Pékin a imposé à Hong Kong un texte visant à réprimer la subversion, la sécession, le terrorisme et la collusion avec les forces étrangères, en réponse au mouvement de contestation lancé l’an dernier contre le pouvoir central dans l’ancienne colonie britannique. Le texte est très controversé car il viole, selon ses détracteurs, le principe «Un pays – deux systèmes» censé garantir à l’ancienne colonie britannique des libertés inconnues ailleurs en Chine.

De son côté, WhatsApp souligne que «les gens ont le droit d’avoir une conversation privée en ligne». Il rappelle que son cryptage de bout en bout protège quotidiennement les messages de 2 milliards de personnes dans le monde. «La confidentialité n’a jamais été aussi importante que maintenant, et nous restons déterminés à fournir des services de messagerie privés et sécurisés à nos utilisateurs à Hong Kong», a ajouté un porte-parole.

Par Le Figaro avec AFP

Le Pérou arrête dix membres présumés d’un groupe WhatsApp de pédopornographie

décembre 10, 2019

 

La police péruvienne a arrêté mardi dix personnes soupçonnées d’appartenir à un réseau international de pédopornographie actif sur l’application WhatsApp, et dirigé depuis les Etats-Unis. «Dix ressortissants péruviens qui faisaient partie d’un réseau international de pornographie infantile ont été arrêtés à Lima», mardi matin dans quatre quartiers de la capitale, a annoncé à la presse le colonel Orlando Mendieta, du groupe d’enquête contre la cybercriminalité.

Les personnes interpellées étaient membres d’un groupe du service de messagerie instantanée Whatsapp baptisé «PERUCHITOS XXX CP», utilisé par 170 personnes de plusieurs pays du continent américain. «L’administrateur du compte est aux Etats-Unis. Nous travaillons en coordination avec Interpol pour l’arrêter», a précisé Orlando Mendieta.

Selon la police, les utilisateurs souhaitant être membres de ce groupe Whatsapp devaient envoyer chaque semaine des images et des vidéos pornographiques à l’administrateur. Quelque 34 Péruviens sont impliqués dans ce réseau. En 2018, le Pérou avait déjà démantelé une organisation internationale de pornographie infantile qui opérait depuis la Colombie.

Par Le Figaro.fr avec AFP

WhatsApp poursuit en justice une entreprise israélienne d’espionnage numérique

octobre 30, 2019

 

L’application de messagerie accuse NSO d’avoir ciblé «100 défenseurs des droits humains, journalistes et autres membres de la société civile dans le monde

Wha

L’application de messagerie Whatsapp accuse NSO d’avoir ciblé «100 défenseurs des droits humains, journalistes et autres membres de la société civile dans le mondeSTAN HONDA / AFP

WhatsApp a annoncé mardi 29 octobre avoir déposé plainte contre NSO group, une société israélienne à la réputation sulfureuse, spécialisée dans les logiciels d’espionnage et accusée d’aider des plusieurs gouvernements à épier des militants et des journalistes.

L’application de messagerie cryptée, rachetée en 2014 par Facebook, avait admis en mai avoir été infectée par un logiciel espion donnant accès au contenu des smartphones. En tout, 1.400 appareils ont été concernés dans différents pays dont le royaume de Bahreïn, les Emirats arabes unis et le Mexique.

Les pirates avaient exploité une faille de sécurité en insérant un logiciel malveillant dans des téléphones, simplement en appelant les usagers de l’application, utilisée par 1,5 milliard de personnes dans le monde. Ils avaient ainsi pu activer le micro et la caméra des appareils Apple ou Android ciblés pour écouter ou visualiser l’environnement des propriétaires à leur insu.

«Après des mois d’enquête, nous pouvons dire qui a mené cette attaque», a déclaré Will Cathcart, le patron de WhatsApp, dans un éditorial publié dans un quotidien américain. Il accuse alors NSO d’avoir ciblé une centaine personne dans le monde, dont des journalistes et des défenseurs des droits humains.

«Nous avons découvert que les attaquants avaient utilisé des serveurs et des hébergeurs internet dont les liens avec NSO ont déjà été établis dans le passé», explique-t-il. «Et nous avons pu relier certains comptes WhatsApp utilisés pendant cette opération malveillante à NSO. Leur attaque était ultra sophistiquée, mais ils n’ont pas entièrement réussi à effacer leurs traces.»

NSO, société basée à Herzliya, dans la «Silicon Valley» israélienne située au nord de Tel-Aviv, avait pourtant affirmé en mai que sa technologie était «commercialisée par l’intermédiaire de licences à des gouvernements dans le seul objectif de combattre la criminalité et le terrorisme».

Une «alerte» pour les Etats, les utilisateurs et les entreprises

Pour Will Cathcart, loin d’être une simple plainte, il s’agit aussi pour Whatsapp d’alerter les entreprises technologiques, mais aussi les gouvernements et les utilisateurs. «Les outils qui permettent d’espionner nos vies privées sont exploités à mauvais escient. Quand cette technologie se retrouve dans les mains d’entreprises et gouvernements irresponsables, elle nous met tous en danger», ajoute-t-il ainsi dans son éditorial.

Dans le viseur, Facebook, qui est sous le coup de plusieurs enquêtes aux Etats-Unis, notamment sur sa gestion des données personnelles et la protection de la vie privée. Le réseau social, qui possède aussi Instagram, est notamment très critiqué depuis un scandale de fuites de données et de tentative de manipulation d’électeurs à grande échelle en 2016, pendant les campagnes politiques aux Etats-Unis et au Royaume-Uni.

«Les démocraties sont fondées sur une presse et une société civile fortes et indépendantes. Fragiliser la sécurité des outils qu’elles utilisent les met en danger. Or nous voulons protéger nos informations personnelles et nos conversations privées», a poursuivi Will Cathcart dans son éditorial.

Facebook tente depuis de restaurer la confiance avec ses utilisateurs et les autorités, en luttant notamment contre la désinformation, les faux comptes, les opérations étrangères de propagande, et en protégeant mieux ses infrastructures numériques.

Par Le Figaro.fr avec AFP

Télécommunications: WhatsApp, Skype et Twitter bientôt taxés en Zambie

août 22, 2018

 

Le président zambien Edgar Lungu à Paris, le 8 février 2016. © Philippe Wojazer/AP/SIPA

Après l’annonce d’une nouvelle taxe sur les communications passées depuis des plateformes internet – WhatsApp, Skype ou Viber -, le gouvernement zambien met en avant sa volonté de préserver les opérateurs et les emplois locaux. Des organisations de la société civile dénoncent quant à elles une entrave à la liberté d’expression.

Un mois après les premières déclarations du ministre zambien de la Communication, Brian Mushimba, sur la nécessité de réguler internet et les réseaux sociaux, accusés de favoriser la « déliquescence des normes culturelles de la société », les autorités zambiennes viennent de rendre publique leur intention d’introduire une taxe quotidienne de 30 ngwee (3 centimes d’euro) sur les appels téléphoniques passés via des plateformes internet, dont les plus connues sont Skype, WhatsApp et Viber.

Une décision qui suit de près celle du président ougandais  Yoweri Museveni : depuis le 1er juillet, les Ougandais doivent en effet payer une taxe quotidienne de 200 schillings (4 cts d’euro) pour utiliser les réseaux sociaux. Mais si Kampala évoque clairement une nécessité d’ »éviter les bavardages et les commérages », le gouvernement zambien, lui, met en avant des arguments économiques

Les services de téléphonie en ligne « menacent l’industrie des télécommunications et l’emploi dans des compagnies telles que Zamtel, Airtel et MTN », a ainsi expliqué lundi 20 août la porte-parole du gouvernement, Dora Siliya. Cette contribution sera collectée par les opérateurs téléphoniques et les fournisseurs d’accès à internet, ont précisé les autorités zambiennes.

Dérive autoritaire

« Nous ne croyons pas à la répression des médias, nous croyons à la liberté d »expression. Cette décision n’est qu’économique car nous perdons de l’argent. Si Skype et WhatsApp gagnent de l’argent, pourquoi pas nous ? », a déclaré Brian Mushimba, interrogé par l’AFP.

« C’est une attaque délibérée contre la liberté d’expression et d’association », déplore le responsable de l’ONG Bloggers de Zambie, Richard Mulonga. « Ces gens continuent à restreindre nos libertés »,  abonde le militant des droits de l’homme Brebner Changala.

Depuis sa réélection en 2016, le président Edgar Lungu est régulièrement accusé par ses adversaires politiques de dérive autoritaire. Il a essuyé de vives critiques l’an dernier en faisant emprisonner son principal rival, Hakainde Hichilema.

En Tanzanie aussi, le gouvernement a durci sa politique à l’égard du net en imposant mi-mars un enregistrement obligatoire à tous les blogs sites d’information et sites de streaming, moyennant une somme de 2 100 000 shillings, soit 750 euros.

Jeuneafrique.com avec AFP

Des rumeurs sur WathsApp sur des rapts d’enfants déclenchent une vague d’agression en Inde

juin 27, 2018

Mohinidevi Nath montre la photo de sa cousine Shantadevi Nath, tuée par la foule qui l’avait prise pour une ravisseuse d’enfants, dans les environs d’Ahmedabad dans l’Etat indien du Gujarat, le 27 juin 2018n / © AFP / SAM PANTHAKY

La police indienne a appelé mercredi la population à ne pas croire les fausses rumeurs circulant sur WhatsApp au lendemain d’une vague d’agressions et de lynchages qui ont coûté la vie à une femme prise pour une ravisseuse d’enfants, dans ce pays où les « fake news » connaissent de plus en plus d’issues tragiques.

De fausses informations faisant état de centaines de trafiquants d’enfants au Gujarat ont déclenché cinq attaques mardi dans plusieurs villes de cet État de l’ouest de l’Inde. La fréquence de telles affaires s’accélère ces derniers temps dans cette nation d’Asie du Sud, qui dans sa modernisation adopte en masse les moyens de communication numériques.

La vague d’agressions a même poussé les forces de l’ordre du Gujarat à lancer un appel par communiqué: « Ne vous laissez pas emporter par les faux messages ou rumeurs sur les réseaux sociaux et n’attaquez personne en raison de suspicions ».

La messagerie américaine WhatsApp est un canal de communication extrêmement populaire en Inde et les rumeurs y prolifèrent hors de tout contrôle, aboutissant parfois à des lynchages. L’hystérie provoquée par des textos autour de prétendus « ravisseurs d’enfants » a d’ores et déjà coûté la vie à au moins 22 personnes en un an, d’après la presse indienne.

Mardi soir dans la grande ville gujaratie d’Ahmedabad, persuadé d’avoir affaire à l’un de ces « gangs », un attroupement d’une centaine de personnes s’en est ainsi pris à une mendiante de quarante-cinq ans, Shantadevi Nath, ainsi qu’à trois femmes qui se trouvaient avec elle.

« Les gens dans la foule ont matraqué à coups de poings et de pieds les quatre femmes. Certains les ont même frappées avec des bâtons et les ont tirées par les cheveux, causant de graves blessures à Shantadevi », a expliqué à l’AFP le responsable policier JA Rathwa.

Secourues par un agent en charge de la circulation, les victimes ont été transportées à l’hôpital où Shantadevi Nath a été déclarée morte.

Le même message viral, selon lequel des trafiquants étaient arrivés en nombre au Gujarat pour enlever des enfants dans le but de les vendre, a causé quatre autres épisodes de violences le même jour dans cette région industrialisée.

Dans la ville de Surate, une foule en majorité masculine a notamment amené de force une femme de 45 ans et le bébé qui l’accompagnait au poste de police. Ses accusateurs disaient que l’enfant avait été enlevé.

« Toutes deux ont été amenées au commissariat où il a été mis en évidence que c’était bien la fille et la mère », a cependant indiqué un responsable policier local aux médias indiens.

– Rumeur amplifiée –

Des applications pour des réseaux sociaux, dont WhatsApp, sur un smartphone à Chennai en Inde le 22 mars 2018 / © AFP/Archives / ARUN SANKAR

Les rumeurs meurtrières ne sont pas un phénomène nouveau en Inde, comme dans de nombreux autres pays du monde, mais leur émergence est facilitée par l’accélération et la démocratisation des moyens de communication numériques.

Surfant sur la guerre des prix des opérateurs de téléphonie mobile, les réseaux sociaux pénètrent désormais jusque dans les villages les plus reculés d’Inde. Propriété de Facebook, la messagerie Whatsapp compte plus de 200 millions d’utilisateurs actifs mensuels dans ce géant de 1,25 milliard d’habitants.

« Tout le monde utilise WhatsApp et c’est la meilleure plateforme pour diffuser des +fake news+ de nos jours car l’internet mobile ne coûte presque rien et tout le monde en Inde a accès à des smartphones », a expliqué à l’AFP Pankaj Jain, du site SMHoaxSlayer.

Face à ce fléau, les experts appellent à une éducation à l’information et au bon usage des plateformes en ligne. En effet, les rumeurs sont souvent prises pour argent comptant par des internautes indiens, voire par des médias locaux peu regardants sur l’exactitude.

Le chiffrement des messages sur WhatsApp, voulu par les fondateurs du réseau pour protéger la vie privée de leurs utilisateurs, fait qu’il est presque impossible de remonter à la source d’une rumeur.

La police indienne « devrait répondre à ces messages avec des clarifications rapides. Ils devraient utiliser toutes les plateformes pour contrer les informations » de ce type, a estimé Nikhil Pahwa, rédacteur en chef du site MediaNama.

S’il n’existe aucun programme centralisé en Inde de lutte contre les « fake news », quelques initiatives officielles localisées ont eu lieu de façon ponctuelle.

Au Tamil Nadu (sud) en mai, les autorités ont ainsi recouru à des hauts-parleurs pour mettre en garde la population contre les rumeurs. En Uttar Pradesh (nord), la police utilise elle-même WhatsApp pour propager de courts messages vidéos.

Romandie.com avec(©AFP / 27 juin 2018 15h43)

WhatsApp relève à 16 ans son âge minimum d’utilisation dans l’Union européenne

avril 25, 2018

WhatsApp a relevé à 16 ans son âge minimum d’utilisation / © AFP/Archives / Lionel BONAVENTURE

L’application de messagerie instantanée WhatsApp a relevé à 16 ans son âge minimum d’utilisation dans l’Union européenne, contre 13 jusqu’à maintenant, en prévision du nouveau règlement européen sur la protection des données personnelles (RGPD), a-t-elle annoncé sur son site.

L’âge minimum reste à 13 ans en dehors des pays de l’Union européenne, précise-t-elle.

Dans un billet de blog, WhatsApp relie cette décision à l’entrée en vigueur prochaine, le 25 mai, du règlement européen sur la protection des données personnelles (RGPD), qui s’applique pour tous les ressortissants européens.

Le RGPD fixe à 16 ans l’âge auquel un mineur peut consentir seul au traitement de ses données à caractère personnel, et donc accéder à des services demandant des données personnelles comme WhatsApp.

« Le mois prochain, l’Union européenne met à jour ses lois concernant le respect de la vie privée pour exiger plus de transparence quant à la façon dont les données des internautes sont utilisées en ligne », indique WhatsApp.

« WhatsApp met à jour ses conditions d’utilisation et sa politique de confidentialité là où le RGPD prend effet », précise l’application.

Parmi les autres mises à jour, WhatsApp précise qu’elle a « établi une entité au sein de l’Union européenne afin d’y offrir ses services et de respecter les nouvelles normes strictes de transparence quant à la façon dont elle protège la confidentialité de ses utilisateurs ».

En décembre, la Cnil, l’autorité française de protection des données personnelles, avait ordonné à WhatsApp de mieux encadrer le transfert des données personnelles qu’elle recueille vers sa maison mère Facebook.

Romandie.com avec(©AFP / 25 avril 2018 14h44)

Contre les violences, le Cachemire indien bloque les réseaux sociaux

avril 26, 2017

Srinagar (Inde) – Le gouvernement local du Cachemire indien a ordonné mercredi le blocage de réseaux sociaux comme Facebook ou Whatsapp pour un mois, une mesure inédite pour contrer le regain de violences dans cette région poudrière.

Depuis début avril, le Cachemire indien est en proie à une vague de violences qui fait écho à la sanglante année 2016, lorsque plus de 90 civils avaient trouvé la mort dans la vallée de Srinagar.

Face à cette situation, les autorités de l’Etat du Jammu-et-Cachemire ont enjoint aux fournisseurs d’accès à internet de bloquer « pour une période d’un mois ou jusqu’à nouvel ordre » les très populaires Facebook, Whatsapp ou Twitter, ainsi que plusieurs autres sites ou applications.

Ces services de messagerie sont « utilisés à mauvais escient par des éléments antinationaux et antisociaux » qui s’en servent pour transmettre des contenus « séditieux », d’après les autorités dans un communiqué. Si cette décision est une première, les coupures ponctuelles d’internet mobile sont pratique courante au Cachemire en périodes de troubles.

Les réseaux sociaux se sont de plus en plus imposés dans les rangs de la jeunesse cachemirie comme un espace de contestation contre l’administration indienne.

Une vidéo circulant sur internet mi-avril a ainsi poussé la police à ouvrir une enquête sur la possible utilisation par l’armée d’un bouclier humain. Le film d’onze secondes, apparu sur Twitter, montrait un homme ligoté sur une jeep militaire pour vraisemblablement dissuader les jets de pierres sur les soldats.

Le Cachemire indien est sous haute tension depuis que huit personnes ont été tuées par la police et les paramilitaires dans des heurts lors d’élections locales le 9 avril.

Des dizaines de personnes ont été blessées dans des affrontements entre lanceurs de pierres et forces de sécurité. Face à la colère étudiante, écoles et universités ont même dû être temporairement fermées.

Mercredi, plusieurs manifestations d’étudiants se sont encore tenues en différents endroits de la vallée. Plus d’une dizaine de protestataires ont été blessés par les gaz lacrymogène et tirs de billes de plomb des troupes indiennes.

Le plateau himalayen du Cachemire est divisé entre l’Inde et le Pakistan, qui en revendiquent chacun la totalité. Depuis la Partition de 1947, New Delhi et Islamabad se déchirent pour le contrôle de la région, un conflit dont découle une insurrection séparatiste dans la partie indienne.

Romandie.com avec(©AFP / 26 avril 2017 15h05)

Facebook risque une amende pour avoir dupé l’UE sur le rachat de WhatsApp

décembre 20, 2016

Bruxelles (awp/afp) – Facebook pourrait se voir infliger une amende de plusieurs millions d’euros par la Commission européenne, qui l’a accusé mardi de lui avoir fourni « des informations trompeuses » lors de son enquête en 2014 sur le rachat du service de messagerie WhatsApp.

Cette procédure n’aura « pas d’incidence » sur le feu vert accordé à l’opération, finalement conclue pour 22 milliards de dollars, a cependant précisé la Commission, qui a adressé une « communication des griefs » –sorte d’acte d’accusation dans le jargon européen– à l’entreprise américaine.

Facebook a jusqu’au 31 janvier 2017 pour répondre aux « craintes » de Bruxelles.

Si celles-ci étaient confirmées, la Commission pourrait lui infliger une amende allant jusqu’à 1% de son chiffre d’affaires, qui s’élevait à 17,9 milliards de dollars en 2015.

« A ce stade, la Commission craint (…) que Facebook ait fourni, délibérément ou par négligence, des informations inexactes ou trompeuses », affirme l’exécutif européen, gardien de la concurrence dans l’UE, dans son communiqué.

Facebook avait assuré lors de l’enquête menée par Bruxelles en 2014 sur le rachat de WhatsApp « qu’elle ne serait pas en mesure d’associer automatiquement et de manière fiable les comptes d’utilisateur des deux sociétés », une information dont la Commission explique avoir « tenu compte » pour autoriser l’opération.

Mais en août 2016, l’entreprise californienne avait modifié la politique de confidentialité de WhatsApp, permettant aux données récoltées sur cette application d’être utilisées pour proposer une publicité ciblée sur les autres applications du groupe comme Facebook ou Instagram.

La Commission avait entamé dès le mois de septembre des discussions avec Facebook, qui avait cessé temporairement, en novembre, le partage d’informations avec WhatsApp en Europe.

Dans son communiqué, la Commission conclut mardi que « la possibilité technique d’associer automatiquement les identifiants d’utilisateur de Facebook aux identifiants d’utilisateurs de WhatsApp existait déjà en 2014 ».

Bruxelles estime « particulièrement important » de pouvoir « se fier à l’exactitude et à l’exhaustivité des renseignements fournis, indépendamment de la question de savoir s’ils ont une incidence sur le résultat de l’appréciation de l’affaire ».

Un porte-parole du groupe américain a dit avoir « bon espoir qu’un examen complet des faits confirmera que Facebook a agi de bonne foi ».

« Nous avons constamment fourni une information précise sur nos plans et nos capacités techniques », a-t-il ajouté.

Le partage de données avec WhatsApp avait valu à Facebook de nombreuses critiques en Europe, notamment du groupe G29, qui réunit les autorités nationales de protection de données des différents Etats membres de l’UE (dont la Cnil française).

Le rachat de WhatsApp avait aussi été contesté à l’époque par des groupes de défense de la vie privée, qui craignaient un mauvais usage des données personnelles des utilisateurs.

« La présente enquête n’a rien à voir (…) avec les questions connexes de protection de la vie privée, des données ou des consommateurs », a cependant insisté la Commission.

Facebook rejoint Apple, Google, Amazon et Microsoft parmi les géants américains de la technologie à être concernés par une enquête de Bruxelles.

Une communication des griefs est une étape formelle dans une enquête de concurrence, qui permet aux parties d’exercer leur droit à la défense.

Romandie.com avec(AWP / 20.12.2016 13h55)