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Facebook risque une amende pour avoir dupé l’UE sur le rachat de WhatsApp

décembre 20, 2016

Bruxelles (awp/afp) – Facebook pourrait se voir infliger une amende de plusieurs millions d’euros par la Commission européenne, qui l’a accusé mardi de lui avoir fourni « des informations trompeuses » lors de son enquête en 2014 sur le rachat du service de messagerie WhatsApp.

Cette procédure n’aura « pas d’incidence » sur le feu vert accordé à l’opération, finalement conclue pour 22 milliards de dollars, a cependant précisé la Commission, qui a adressé une « communication des griefs » –sorte d’acte d’accusation dans le jargon européen– à l’entreprise américaine.

Facebook a jusqu’au 31 janvier 2017 pour répondre aux « craintes » de Bruxelles.

Si celles-ci étaient confirmées, la Commission pourrait lui infliger une amende allant jusqu’à 1% de son chiffre d’affaires, qui s’élevait à 17,9 milliards de dollars en 2015.

« A ce stade, la Commission craint (…) que Facebook ait fourni, délibérément ou par négligence, des informations inexactes ou trompeuses », affirme l’exécutif européen, gardien de la concurrence dans l’UE, dans son communiqué.

Facebook avait assuré lors de l’enquête menée par Bruxelles en 2014 sur le rachat de WhatsApp « qu’elle ne serait pas en mesure d’associer automatiquement et de manière fiable les comptes d’utilisateur des deux sociétés », une information dont la Commission explique avoir « tenu compte » pour autoriser l’opération.

Mais en août 2016, l’entreprise californienne avait modifié la politique de confidentialité de WhatsApp, permettant aux données récoltées sur cette application d’être utilisées pour proposer une publicité ciblée sur les autres applications du groupe comme Facebook ou Instagram.

La Commission avait entamé dès le mois de septembre des discussions avec Facebook, qui avait cessé temporairement, en novembre, le partage d’informations avec WhatsApp en Europe.

Dans son communiqué, la Commission conclut mardi que « la possibilité technique d’associer automatiquement les identifiants d’utilisateur de Facebook aux identifiants d’utilisateurs de WhatsApp existait déjà en 2014 ».

Bruxelles estime « particulièrement important » de pouvoir « se fier à l’exactitude et à l’exhaustivité des renseignements fournis, indépendamment de la question de savoir s’ils ont une incidence sur le résultat de l’appréciation de l’affaire ».

Un porte-parole du groupe américain a dit avoir « bon espoir qu’un examen complet des faits confirmera que Facebook a agi de bonne foi ».

« Nous avons constamment fourni une information précise sur nos plans et nos capacités techniques », a-t-il ajouté.

Le partage de données avec WhatsApp avait valu à Facebook de nombreuses critiques en Europe, notamment du groupe G29, qui réunit les autorités nationales de protection de données des différents Etats membres de l’UE (dont la Cnil française).

Le rachat de WhatsApp avait aussi été contesté à l’époque par des groupes de défense de la vie privée, qui craignaient un mauvais usage des données personnelles des utilisateurs.

« La présente enquête n’a rien à voir (…) avec les questions connexes de protection de la vie privée, des données ou des consommateurs », a cependant insisté la Commission.

Facebook rejoint Apple, Google, Amazon et Microsoft parmi les géants américains de la technologie à être concernés par une enquête de Bruxelles.

Une communication des griefs est une étape formelle dans une enquête de concurrence, qui permet aux parties d’exercer leur droit à la défense.

Romandie.com avec(AWP / 20.12.2016 13h55)             

La vie privée pas assez protégée sur les messageries, selon Amnesty

octobre 20, 2016

Aucune application de messagerie n’offre de protection de la vie privée à toute épreuve pour ses utilisateurs, conclut vendredi le dernier rapport d’Amnesty International. Onze entreprises détenant les applications les plus répandues ont été passées au crible.

Facebook, Apple et Telegram arrivent en tête. Dans son classement, l’ONG hiérarchise les entreprises sur une échelle de 1 à 100 en fonction de leurs résultats sur cinq critères relatifs à la protection des données. Le plus important d’entre eux est le chiffrement de bout en bout d’un message, ce qui signifie que seuls l’expéditeur et le destinataire peuvent le lire.

Seules trois entreprises fournissent par défaut le chiffrement de bout en bout sur toutes leurs applications de messagerie. Il s’agit d’Apple, Line et Viber.

Snapchat mal notée
C’est cependant Facebook qui a reçu la meilleure note de 73/100. Ses applications Facebook Messenger et WhatsApp cumulent 2 milliards d’utilisateurs.

Or, même si le chiffrement de bout en bout est une option dans sa nouvelle fonctionnalité « conversation secrète », le mode par défaut de Facebook Messenger utilise un système de cryptage plus faible. Facebook a donc accès à toutes les données. WhatsApp utilise quant à elle le chiffrement de bout en bout par défaut. Apple et Telegram suivent avec une note de 67/100.

A l’autre bout du classement, on trouve Snapchat (26), Blackberry (20) et l’entreprise chinoise Tencent (0). Celle-ci gère notamment l’application populaire WeChat, qui possède 800 millions de membres, selon leurs derniers chiffres.

Protection et transparence
Dans son rapport, Amnesty International demande aux entreprises d’appliquer par défaut le chiffrement de bout en bout dans leurs applications de messagerie. « Cela aidera à mieux protéger les droits des simples citoyens, des militants pacifiques et des minorités opprimées à travers le monde, en leur permettant d’exercer leur liberté d’expression », explique-t-elle.

L’organisation appelle également « les entreprises du secteur des technologies à publier tous les détails des politiques et des pratiques qu’ils ont mis en place pour s’acquitter de leurs responsabilités en termes de respect des droits à la vie privée et à la liberté d’expression. »

Romandie.com avec(ats / 21.10.2016 03h28)