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Prix Nobel: pourquoi Donna Strickland n’était pas sur Wikipédia avant de remporter celui de physique

octobre 4, 2018

Un internaute avait voulu créer en mai une page sur la Canadienne. Son brouillon a été rejeté, en raison des règles strictes de l’encyclopédie en ligne, ce qui a créé une polémique.

Donna Strickland, Prix Nobel de physique 2018.
Donna Strickland, Prix Nobel de physique 2018. PETER POWER / REUTERS

Lorsque Donna Strickland a obtenu le prix Nobel de physique mardi 2 octobre, collectivement avec deux autres scientifiques, pour ses travaux sur les lasers, la chercheuse canadienne n’avait pas de page Wikipédia, contrairement à ses deux confrères. Pourtant, au mois de mai, un brouillon de page à son nom avait été soumis pour création – avant d’être rejeté par un éditeur de l’encyclopédie en ligne.

Ce rejet a, depuis mardi, valu de nombreuses critiques à l’encyclopédie, sur laquelle les scientifiques femmes sont nettement moins bien représentées que leurs homologues masculins. Plus de 80 % des notices biographiques du site sont en effet consacrées à des hommes, et la disproportion est encore plus importante pour les scientifiques.

Jimmy Wales, le fondateur de Wikipédia, a réagi à la polémique, soulignant qu’il s’agissait d’un sujet « important ». « C’est l’une des choses qui doit changer sur Wikipédia », a-t-il déclaré dans un message publié sur Twitter.

« Ce n’est pas le rôle de Wikipédia »

Une page au nom de Donna Strickland a finalement été créée un peu plus d’une heure après l’annonce de son prix Nobel. Dans sa section « discussion », librement modifiable par tous les internautes, comme la quasi-totalité des pages de l’encyclopédie en ligne, les éditeurs débattent d’un sujet directement lié : faut-il inclure dans la page Wikipédia de la chercheuse le fait qu’une « importante partie de la couverture médiatique autour de son prix Nobel évoque le biais antifemmes de Wikipédia » ?

Sur Wikipédia, pour qu’un article soit accepté, il faut qu’il remplisse certains critères. L’éditeur qui avait examiné le brouillon consacré à Donna Strickland a estimé qu’il ne satisfaisait pas aux règles de notoriété de l’encyclopédie en ligne, qui prévoient que le sujet d’un article doit avoir eu une « couverture significative et durable », provenant de « sources fiables et indépendantes de ce sujet » – le plus souvent des articles dans la presse généraliste. Ces règles visent à éviter que n’importe quelle personne puisse avoir sa propre page Wikipédia, notamment à des fins de communication.

Or, malgré une longue carrière derrière elle et après avoir occupé la présidence de l’association de chercheurs Optical Society, Mme Strickland était, avant l’obtention du prix Nobel, inconnue du grand public, et n’avait pas fait l’objet d’articles de presse.

Qui plus est, la Canadienne n’était jamais devenue professeure en titre, et occupe actuellement un poste d’assistant professor à l’université de Waterloo (Ontario), moins prestigieux. « Elle n’avait pas de page Wikipédia parce qu’elle ne courait pas après un poste de professeure », a justifié sur Twitter Women in Red, un collectif qui encourage la création de pages consacrées aux femmes injustement absentes de l’encyclopédie en ligne. « Je suis très contente que le comité du Nobel ait pu identifier son travail comme étant formidable. Ce n’est pas le rôle de Wikipédia, mais cela fait plaisir de célébrer sa réussite », a ajouté la personne qui anime ce compte Twitter.

Médias et universitaires pointés du doigt

L’encyclopédie a-t-elle failli ou non dans ce dossier ? « Journalistes, si vous vous apprêtez à reprocher à Wikipédia sa couverture des femmes, commencez par balayer devant votre porte », s’est agacée Katherine Maher, directrice de la fondation Wikimédia, consacrée à promouvoir l’encyclopédie. « Nous sommes un miroir des discriminations du monde, nous n’en sommes pas la source. Nous ne pouvons pas écrire d’articles sur ce que vous ne couvrez pas. »

Elle a également égratigné le monde de la recherche : « Quand vous ne reconnaissez pas, n’écrivez pas, ne publiez pas ou ne favorisez pas les femmes, les queers, les personnes de couleur et les autres, vous les effacez, eux et leurs contributions. »

La faute est-elle du côté de Wikipédia, des médias, de la recherche ? « Nous vivons dans un monde où une femme a remporté un prix Nobel sans même avoir été promue professeure, et vous vous demandez pourquoi les femmes quittent le monde universitaire », déplore ainsi une jeune chercheuse sur Twitter. « Entre son statut et la débâcle de la page Wikipédia, ce qui est sûr, c’est que son travail n’est (ou du moins, n’était) pas considéré comme il aurait dû. Ce qui semble récurrent chez les femmes dans le monde universitaire. »

Attirer davantage de contributrices

Quelques heures après son premier message, Katherine Maher a toutefois tenu à nuancer ses propos, estimant avoir « minimisé », dans sa critique, les propres biais induits par le fonctionnement de Wikipédia.

« Nous avons besoin d’une définition plus nuancée des sources fiables, une application plus inclusive et flexible [des critères définissant] la notoriété, des contributeurs plus hétérogènes et une culture de l’édition accueillante et inclusive. »

La fondation Wikimédia travaille depuis longtemps à tenter de rétablir l’égalité femmes-hommes sur Wikipédia. Elle essaie d’attirer de nouvelles contributrices, en espérant que cela permette de créer davantage de contenus sur les femmes, et organise pour cela des événements comme des « edit-a-thon », des marathons d’édition consacrés aux femmes.

Lemonde.fr

Wikipédia : le classement des chefs d’État africains les plus populaires

juillet 30, 2014
x Captures d'écran des pages des chefs d'État africains. © DR/Montage JA

x Captures d’écran des pages des chefs d’État africains. © DR/Montage JA

Créé en 2001, Wikipédia s’est imposé depuis comme l’encyclopédie numérique la plus consultée au monde. Participative, elle rassemble des informations collectées par les utilisateurs mais elle permet également de prendre le pouls de la webosphère. Voici les présidents africains qui intéressent le plus les internautes.
En 2013, Wikipédia a totalisé la bagatelle de 13,4 milliards de pages vues. Une manne énorme qui fait de l’encyclopédie numérique participative l’un des poids lourds du web mondial, devenu incontournable pour toute personnalité politique, au premier rang desquels figurent les chefs d’États africains.

Si chacun d’entre eux dispose de sa page personnelle, qu’elle surveille avec plus ou moins de soin, toutes ne suscitent cependant pas le même intérêt de la part des internautes.

Selon l’actualité, la personnalité du dirigeant, sa longévité au pouvoir ou les mystères qui l’entourent, les chiffres de consultation des pages varient de 1 à 1 000 en ce qui concerne le continent africain. Jeune Afrique a établi le classement des chefs d’État africains en exercice, accompagnés de quelques Premiers ministres, pour le premier semestre 2014.

Le nombre de visites sur Wikipedia est calculé sur le premier semestre 2014 en cumulant les chiffres des versions anglaise et française de la page et en y ajoutant celui de la version arabe, portugaise ou espagnole, selon le pays.

1/- Letsie III: 1 182 319
2/- Abdel Fattah al-Sissi: 521 313
3/- Abdelaziz Bouteflika: 411 622
4/- Goodluck Jonathan: 339 777
5/- Robert Mugabe: 292 906
6/- Jacob Zuma: 252 932
7/- Yoweri Museveni: 221 779
8/- Mohammed VI: 200 037
9/- Paul Kagame: 154 500
10/- Ellen Johnson Sirleaf: 149 120
11/- Omar el-Béchir: 141 232
12/- Uhuru Kenyatta: 129 899
13/- Joseph Kabila: 118 054
14/- Catherine Samba-Panza: 112 059
15/- José Eduardo dos Santos: 99 210
16/- Alassane Ouattara: 86 968
17/- Teodoro Obiang Nguema Mbasogo: 78 766
18/- Paul Biya: 74 300
19/- Blaise Compaoré: 69 322
20/- Mswati III: 67 794
21/- Salva Kiir: 62 013
22/- Peter Mutharika: 59 015
23/- Moncef Marzouki: 57 681
24/- John Dramani Mahama: 55 589
25/- Alpha Condé: 51 785
26/- Yahya Jammeh: 49 641
27/- Hery Rajaonarimampianina: 48 541
28/- Jakaya Kikwete: 46 608
29/- Macky Sall: 45 504
30/- Hassan Sheikh Mohamoud: 45 139
31/- Idriss Déby: 40 996
32/- Mohamed Ould Abdel Aziz: 39 926
33/- Ibrahim Boubacar Keïta: 38 158
34/- Hailemariam Desalegn: 36 091
35/- Denis Sassou-Nguesso: 35 639
36/- Ian Khama: 35 550
37/- Nouri Bousahmein: 35 502
38/- Armando Guebuza: 34 833
39/- Michael Sata: 30 755
40/- Ali Bongo Ondimba: 29 304
41/- Pierre Nkurunziza: 26 833
42/- Ernest Bai Koroma: 26 509
43/- Faure Gnassingbé: 26 207
44/- Mulatu Teshome: 24 707
45/- Mahamadou Issoufou: 21 882
46/- Issayas Afeworki: 21 484
47/- Kailash Purryag: 20 012
48/- Thomas Yayi Boni: 15 329
49/- Jorge Carlos Fonseca: 15 266
50/- Hifikepunye Pohamba: 11 596
51/- Manuel Pinto da Costa: 10 936
52/- Ikililou Dhoinine: 10 012
53/- Ismail Omar Guelleh: 7 556
54/- José Mário Vaz: 5 339
55/-Abdallah al-Thani: 1 253

Jeuneafrique.com par Mathieu Olivier