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La CPI met fin aux poursuites contre le vice-président kényan William Ruto

avril 5, 2016

La Haye – La CPI a mis fin mardi aux poursuites pour crimes contre l’humanité contre le vice-président kényan William Ruto, les juges ayant conclu que le procureur n’avait pas présenté des éléments de preuve suffisants pour continuer le procès, a indiqué la Cour.

Au vu des éléments de preuve, les juges, à la majorité, ont convenu d’annuler les charges et de prononcer un non-lieu en faveur des deux accusés, a indiqué la CPI dans un communiqué, soulignant que cette décision est susceptible d’appel.

Selon la majorité, cette décision n’empêche pas que soient engagées de nouvelles poursuites à l’avenir, que ce soit devant la CPI ou une juridiction nationale, a ajouté le procureur.

Le procureur n’a pas produit des moyens de preuve suffisants pouvant raisonnablement permettre à une chambre de première instance de déclarer les accusés coupables, a affirmé l’un des juges : il a donc estimé qu’il n’y avait aucune raison de demander à la défense de présenter son dossier.

William Ruto, 49 ans, et le présentateur de radio Joshua Arap Sang, son co-accusé de 40 ans, sont poursuivis pour des meurtres, persécutions et déportations commises durant les violences qui avaient suivi la réélection contestée du président Mwai Kibaki face à Raila Odinga en décembre 2007, faisant plus de 1.300 morts et 600.000 déplacés, selon l’accusation.

C’est la première fois qu’une demande en vue d’un rejet des charges et d’un acquittement est déposée par la défense en cours de procès, après la présentation par l’accusation des éléments à charge et avant que la défense ne prenne la parole.

L’un des juges a, lui, qualifié les procédures de nulles car l’on ne saurait ignorer que les failles dans le dossier de l’accusation peuvent être expliquées par les interférences dans la procédure au moyen de pressions exercées sur des témoins et d’ingérences politiques qui étaient raisonnablement susceptibles d’intimider les témoins, affirme la CPI.

MM. Ruto et Sang, dont le procès s’était ouvert en septembre 2013, comparaissent libres et nient toute responsabilité dans ces violences, les pires de l’histoire post-coloniale du Kenya.

Les témoins ont été un des talons d’Achille du dossier de l’accusation. Pas moins de 16 des 42 témoins avaient en effet changé leur témoignage ou refusé de témoigner, citant des menaces, des intimidations ou la peur de représailles.

Romandie.com avec(©AFP / 05 avril 2016 17h59)

CPI: un Kényan soupçonné de soudoyer des témoins nie

octobre 2, 2013
kenyan

CPI: un Kényan soupçonné de soudoyer des témoins nie © AFP

Le Kényan soupçonné d’avoir soudoyé ou tenté de soudoyer trois témoins de l’accusation cités au procès du vice-président kényan William Ruto devant la Cour pénale internationale (CPI) a nié mercredi avoir « violé la loi ».

« Je n’ai violé aucune loi », a déclaré à l’AFP Walter Barasa, un ancien journaliste, précisant avoir l’intention de donner prochainement une conférence de presse.

« Je n’ai été impliqué dans aucune violence. Pourquoi devrais-je être arrêté? » a-t-il poursuivi après la publication par la CPI d’un mandat d’arrêt contre lui.

Le vice-président kényan Ruto est jugé pour crimes contre l’humanité depuis le 10 septembre devant la CPI à La Haye pour son rôle présumé dans les violences politico-ethniques qui avaient suivi le résultat contesté de la présidentielle de fin 2007.

Le bureau du procureur de la CPI a, à plusieurs reprises, dénoncé des intimidations présumées de témoins dans ce procès, ainsi que dans celui à venir du président kényan Uhuru Kenyatta.

M. Kenyatta, qui était dans un camp opposé à celui de M. Ruto lors du scrutin de 2007, est lui aussi accusé de crimes contre l’humanité pour son implication présumée dans les violences. Son procès doit s’ouvrir le 12 novembre.

MM. Kenyatta et Ruto ont été élus à la tête de l’Etat sur un « ticket » commun lors de la présidentielle de mars dernier, qui s’est déroulée pacifiquement.

Ancien journaliste, M. Barasa a notamment collaboré dans le passé avec des publications du groupe Mediamax, propriété de la famille Kenyatta.

Mediamax a précisé mercredi ne plus employer M. Barasa.

Jeuneafrique.com

Procès Ruto: un premier témoin raconte un massacre dans une église

septembre 17, 2013
Uruto

Procès Ruto: un premier témoin raconte un massacre dans une église © AFP

Le premier témoin de l’accusation dans le procès du vice-président kényan William Ruto a commencé sa déposition mardi, racontant devant la Cour pénale internationale comment une église où elle s’était réfugiée avec d’autres villageois avait été incendiée.

« J’ai essayé de m’échapper, je portais mon petit enfant Myriam sur le dos », a-t-elle raconté. « L’église a été incendiée » par des Kalenjins, l’ethnie de William Ruto, a ajouté la femme, avant de s’effondrer en larmes.

William Ruto est accusé d’avoir pris la tête d’une organisation criminelle en vue d’évincer de la vallée du Rift les partisans du parti opposé au sien à la présidentielle de 2007. Il est le premier haut dirigeant en fonction à comparaître devant la CPI.

L’identité du témoin n’a pas été dévoilée. Cachée à la vue de la galerie du public par des rideaux, elle a été identifiée en tant que « témoin P0536 ».

Dans la retransmission vidéo de l’audience, son visage était flouté et sa voix modifiée. Le Kenya assure coopérer avec la CPI mais les accusations selon lesquelles Nairobi tente d’influencer les témoins sont nombreuses.

« Des milliers de personnes sont arrivées sur le village, ils chantaient », a raconté le témoin, évoquant le Jour de l’An 2008 : « ils étaient vêtus de kaki et leurs visages étaient peints à l’argile blanc, ils portaient des bâtons, des machettes et des haches ».

Effrayés, femmes et enfants du village de Kambiaa, dans la région d’Eldoret, se sont réfugiés dans l’église, prise d’assaut puis barricadée par les assaillants.

« Je pouvais voir par la fenêtre », a raconté le témoin, assurant avoir reconnu parmi ses agresseurs un candidat local du parti de William Ruto, le Mouvement démocratique orange (ODM).

Prénommé Steven, cet homme transportait un jerrycan bleu, a également assuré la femme, avant de répéter : « l’église a pris feu ».

Selon l’accusation, entre 17 et 35 personnes ont été brulées vives dans l’église où les victimes, de l’ehtnie kikuyu, avaient été enfermées.

Le vice-président Ruto, vêtu d’une chemise bleu clair et d’une cravate jaune, a écouté la déposition attentivement, prenant parfois des notes.

Le procureur de la CPI poursuit des membres des deux camps qui se sont affrontés lors des heurts politico-ethniques qui ont fait au moins 1. 000 morts et plus de 600. 000 déplacés après la réélection contestée du président Mwai Kibaki fin décembre 2007: le Parti pour l’unité nationale (PNU) de M. Kibaki et l’ODM de M. Ruto.

Le vice-président et son co-accusé, le journaliste Joshua arap Sang, doivent répondre de trois crimes contre l’humanité : meurtres, persécutions et déportations. Ils plaident non-coupable.

Le procès du président du Kenya, Uhuru Kenyatta, doit débuter à La Haye le 12 novembre. Il est également accusé de crimes contre l’humanité dans les mêmes violences.

Jeuneafrique.com

UA : pour Fatou Bensouda, les détracteurs de la CPI « protègent les criminels »

mai 29, 2013
La procureur de la Cour pénale internationale (CPI), Fatou Bensouda, le 18 décembre 2012. La procureur de la Cour pénale internationale (CPI), Fatou Bensouda, le 18 décembre 2012. © AFP

La procureure de la Cour pénale internationale (CPI), Fatou Bensouda, a accusé, le 28 mai, ceux qui critiquaient la CPI de vouloir protéger les responsables de crimes contre l’humanité, au lendemain de vives critiques émises par l’Union africaine (UA).

Après les critiques de l’Union africaine (UA) sur la politique des poursuites de la Cour pénale internationale contre des responsables du continent, la procureure de la CPI, Fatou Bensouda, est montée au créneau, le 28 mai, pour dénoncer à son tour ses détracteurs qu’elle accuse de vouloir protéger les responsables de crimes contre l’humanité.

Fatou Bensouda, qui s’exprimait lors d’un débat à l’ONU à New York, n’a pas évoqué précisément les critiques qu’elles visaient. Mais à la question d’un diplomate sur des « voix » qui s’élèveraient contre l’action de la CPI, elle a répondu : « Nous savons tous qui sont ces voix. Ce sont les voix de ceux qui cherchent à protéger les auteurs de ces crimes. Ces voix ne soutiennent pas les victimes des crimes. » Et d’ajouter : « Les vraies victimes sont les victimes de crimes de guerre, de crimes contre l’humanité et de génocide, pas ceux qui commettent ces crime. » 

« Insulte pour les victimes »

Pour la procureure de la CPI, vouloir protéger ceux qui commettent ces crimes graves constitue donc « une insulte aux victimes ». Or au sommet du cinquantenaire de l’UA à Addis-Abeba, le président de l’organisation continentale en personne, le Premier ministre éthiopien Hailemariam Desalegn, avait accusé, le 27 mai, la CPI de mener « une sorte de chasse raciale » contre les Africains. L’UA a réclamé également le transfert à la justice kényane des poursuites engagées par la CPI contre le président kényan Uhuru Kenyatta et son vice-président William Ruto pour crimes contre l’humanité.

Le même jour, la CPI avait rejeté, par la voix de son porte-parole, ces accusations de racisme et avait annoncé qu’elle ignorerait un appel de l’UA au transfert des procès des deux dirigeants kényans dans leur pays. Fatou Bensouda a affirmé que la CPI allait « continuer à être indépendante, à être impartiale, à appliquer la loi strictement sans aucune considération politique ou autre ».

« N’oublions pas que le fait que l’accent soit mis actuellement sur les situations en Afrique signifie que l’accent est mis aussi sur les victimes africaines », a souligné, de son côté, Tina Intelmann, qui préside l’assemblée des 122 États parties à la CPI.

La CPI fait valoir que quatre des huit dossiers en cours d’examen concernant l’Afrique (République démocratique du Congo, Centrafrique, Mali et Ouganda) ont été soumis à la CPI par les pays intéressés eux-mêmes. L’Afrique est la région la plus largement représentée à la CPI, 34 pays africains ayant ratifié le statut de Rome créant la Cour.

Jeuneafrique.com avec AFP