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Kenya : entre Ruto et Odinga, la campagne présidentielle tourne au vinaigre

avril 17, 2022

Depuis que le chef de l’État l’a trahi, le vice-président, William Ruto, ne retient plus ses coups contre son adversaire dans la course à la magistrature suprême, Raila Odinga. Retour sur un duel sans merci.

Raila Odinga (à g.) et William Ruto à Nairobi, le 24 février 2013. © REUTERS/Thomas Mukoya

« Concours de beauté » à Londres : c’est ainsi que les observateurs étrangers ont raillé le chassé-croisé des deux principaux candidats à l’élection présidentielle kényane dans la capitale britannique, à quelques jours d’intervalle en mars dernier.

Le vice-président, William Ruto (le « roi de l’arnaque »), et l’ancien Premier ministre Raila Odinga (« l’héritier ») font dans l’antagonisme personnel plutôt que dans la bataille d’idées. Un travers de campagne qui n’échappe pas aux réseaux sociaux qui relaient tant les insultes personnelles et ethniques que les accusations entièrement fabriquées.

On en oublierait presque que les 22 millions de juges ultimes de ce duel fratricide sont appelés à déposer leur verdict dans les urnes le 9 août prochain.

Tragédie shakespearienne

À Londres, le vice-président a voulu s’ériger en homme de paix dans cet affrontement électoral. Mais il n’a pas pu s’empêcher de s’engager sur le terrain glissant des violences qui ont éclaté au Kenya après le scrutin de 2017. Alors que Raila Odinga avait contesté les résultats donnant Kenyatta vainqueur, William Ruto a promis de respecter le verdict des urnes.

BEAUCOUP ONT DIT QU’ILS ALLAIENT TRUQUER L’ÉLECTION ET QUE, MÊME SI JE L’EMPORTAIS, KENYATTA NE ME CÈDERAIT PAS LE POUVOIR

« J’aimerais que tous les autres candidats s’engagent à reconnaître le résultat des élections. Ils ne le font pas parce que ce ne sont pas des gens sérieux. Beaucoup ont dit qu’ils allaient truquer l’élection et que, même si je l’emportais, Kenyatta ne me cèderait pas le pouvoir », a déclaré le vice-président.

Point de non-retour

Cette phrase en dit long sur une bataille électorale qui tourne à l’affaire personnelle. Le parcours de William Ruto recèle l’origine des rancœurs. Au lendemain des violences postélectorales qui, en 2007-2008, firent plus de 1 500 morts, Uhuru Kenyatta, issu de l’ethnie kikuyue, et William Ruto, le Kalenjin, tous deux sous le coup de poursuites de la Cour pénale internationale (CPI) pour leur rôle dans cette crise, se rapprochèrent afin de mieux se protéger.

Puis William Ruto a travaillé sans relâche pour le gouvernement d’Uhuru Kenyatta, qui a utilisé ses compétences en matière de mobilisation politique –­avant de l’abandonner. Aujourd’hui, un point de non-retour a été atteint : après avoir publiquement désigné Ruto comme son successeur, Uhuru Kenyatta a retourné sa veste, et finalement apporté son soutien à Raila Odinga, le leader de l’opposition.

Comme dans les tragédies shakespeariennes, le combat entre les rois fait rage, assorti de son lot d’accusations. Mais la société civile ne semble guère apprécier le spectacle : le journaliste et militant John Githongo parle d’ »une élection qui porte essentiellement sur rien ». Pour lui, la joute entre Ruto et Raila est dépourvue de grandes idées. De nombreux Kényans, en particulier les plus jeunes, semblent d’accord. L’inscription des électeurs dans certaines zones urbaines a été plus faible que lors des précédents scrutins.

Le candidat préféré ?

Pour l’heure, William Ruto est persuadé d’avoir été reçu à Londres et à Washington grâce à un statut de « candidat favori de l’Occident », une petite musique reprise allègrement par ses partisans. Mais les responsables des deux capitales ont rejeté cette affirmation, en soulignant que son rival, Raila Odinga, bénéficiera exactement du même niveau d’accès en Grande-Bretagne et aux États-Unis.

Pour les diplomates des deux États occidentaux, le Kenya est un point d’ancrage dans la région, alors que son voisinage est dangereux : les conflits en Éthiopie, en Somalie et au Sud-Soudan se poursuivent, tandis que la junte militaire soudanaise massacre depuis six mois des manifestants civils favorables à la démocratie. Le Kenya accueille notamment le complexe de camps de réfugiés de Dadaab, qui abrite plus de 400 000 Somaliens.

Avec Jeune Afrique par Julian Pecquet et Patrick Smith

Kenya : entre Uhuru Kenyatta et William Ruto, le divorce est consommé

décembre 28, 2021
Le président kényan Uhuru Kenyatta et son vice-président William Ruto, à Nairobi, le 21 septembre 2017. © Khalil Senosi/AP/SIPA

Alors qu’il s’était d’abord engagé à soutenir son colistier à la présidentielle de 2022, le chef de l’État a finalement choisi de se ranger du côté de son ancien opposant, Raila Odinga. Au risque de réveiller le spectre des violences post-électorales de 2007-2008.

Les mots qui sortent de la bouche d’Uhuru Kenyatta tournent en boucle comme un disque rayé. Ce 1er septembre 2017, devant les journalistes venus recueillir sa réaction après l’invalidation par la Cour suprême de sa victoire face à Raila Odinga lors de la présidentielle du 8 août, le chef de l’État a les yeux cernés. Il paraît sonné. « Je suis personnellement en désaccord avec cette décision. Je la respecte, autant que je suis en désaccord avec elle, mais je la respecte. Mais je suis en désaccord avec elle », répète-t-il.

Derrière lui, William Ruto affiche une certaine détermination. Polo rayé et bras croisés, le colistier du chef de l’État a la mine grave. Si Kenyatta semble vaciller, lui paraît plus confiant que jamais, convaincu qu’il ne s’agit là que d’une ultime épreuve et que son heure va bientôt arriver. Kenyatta sera finalement réélu à l’issu d’un remake controversé et boycotté par Odinga. Une séquence durant laquelle Ruto est apparu comme l’un des seuls en mesure de tenir la maison présidentielle. Au sortir du scrutin, le « colistier » fait plus que jamais figure d’héritier.

L’histoire s’écrira finalement autrement. Car entre Kenyatta et Ruto, c’est avant tout une union de raison. En 2012, la Cour pénale internationale (CPI) a confirmé les poursuites engagées à l’encontre des deux hommes pour les violences postélectorales de 2007-2008, qui ont principalement opposés Kalenjin et Kikuyu et qui ont fait 1200 morts. Candidat à la présidentielle suivante, en 2013, Ruto s’allie alors à Kenyatta. Les deux ennemis scellent ainsi une paix fragile entre leurs ethnies respectives et font bloc face à la CPI. Le ticket « UhuRuto » rafle la magistrature suprême, les charges contre Kenyatta sont abandonnées en décembre 2014, celles contre Ruto en avril 2016, non sans que plusieurs témoins aient subi une campagne d’intimidation.

Odinga, nouveau champion

Selon les termes du « deal », Kenyatta devait ensuite soutenir Ruto en 2022. Mais cela va vite être remis en question. Le 9 mars 2018, après des mois de tensions, Kenyatta fait, au détour d’une poignée de main devenue symbolique, la paix avec l’opposant Raila Odinga. Le président sait qu’il vient de porter un coup à Ruto. Avec Odinga au sommet de l’État, dans un rôle volontairement laissé en suspens, il vient d’isoler son ancien allié, qu’une partie de son entourage ne souhaite pas voir arriver au pouvoir. Les deux hommes se livrent, depuis, une guerre feutrée.

LE 24 AOÛT DERNIER, KENYATTA A MIS RUTO AU DÉFI DE QUITTER SON POSTE

Il y a d’abord eu un projet de référendum constitutionnel, dont l’une des principales mesures était la création d’un poste de Premier ministre. Perçu par les pro-Ruto comme un moyen pour Kenyatta et Odinga de se partager le pouvoir, il a fait l’objet d’intenses débats et a été retoqué à deux reprises par la justice. Mais l’offensive n’a pas été portée que sur un front : de nombreux proches de Ruto ont aussi été écartés du pouvoir ou mis en cause dans des affaires de corruption.

Surtout, Kenyatta a fait d’Odinga son nouveau champion pour 2022. Longtemps adversaires dans les urnes, les « fils de » – Jomo Kenyatta fut le premier président du Kenya et Oginga Odinga son premier vice-président – se retrouvent désormais dans le même camp. Depuis des mois, chacun négocie donc l’allégeance des grandes fortunes, celle des patrons de médias et des relais politiques. Ruto cherche à gagner de l’influence dans le fief de son adversaire, autour du Mont Kenya. Kenyatta, lui, mobilise en terre kalenjin et s’appuie notamment sur Gideon Moi, fils de l’ancien président Daniel Arap Moi.

Ruto, le « débrouillard »

Le 24 août dernier, Kenyatta a mis Ruto au défi de quitter son poste. « J’ai un programme sur lequel j’ai été élu. La chose honorable à faire si vous n’en êtes pas satisfait, c’est de vous retirer et de permettre à ceux qui veulent aller de l’avant de le faire », lui a-t-il lancé. Le chef de l’État marche néanmoins sur des œufs. Démettre Ruto de la vice-présidence serait prendre le risque de déclencher de nouvelles violences. Le maintenir en fonction, en assumant que leur tandem ne fonctionne plus, n’est pas beaucoup plus confortable. Après le traumatisme de 2007-2008, l’équation n’est pas simple à résoudre.

RUTO TRAÎNE UNE RÉPUTATION SULFUREUSE, TEINTÉE DE VIOLENCE ET DE CORRUPTION

Ce n’est sans doute pas pour déplaire à Ruto, qui a été façonné par le régime Moi. Son ascension commence dans les années 1990, lorsqu’il rejoint la Youth for Kanu ’92. Cette organisation de jeunesse soutenant Moi prend vite des allures de milice privée lorsque débute une campagne de harcèlement des Kikuyu du Rift. Des milliers de morts et de déplacés… Cette triste séquence permet à Ruto d’être repéré par Moi, qui le propulse ministre, à 36 ans.

Originaire de la vallée du Rift, Ruto a su faire de son origine modeste et de son enfance passée à vendre des poulets en bord de route un argument politique. Depuis le retour en grâce d’Odinga, il se plaît à opposer les descendants des grandes dynasties politiques et les « hustlers », les débrouillards. « Ces gens vivent dans une tour d’ivoire et n’ont pas les problèmes que connaissent certaines personnes », déclarait-il en octobre 2020. Mais lui aussi traîne ses casseroles et une réputation sulfureuse. Celle d’un homme au passé teinté de violence et d’accusations de corruption.

Le pari Odinga

Lors de la prochaine présidentielle, à laquelle Kenyatta n’a pas le droit de se présenter, Ruto affrontera un monument de la politique locale. Odinga est un Luo, l’une des tribus les plus importantes du pays, et c’est un habitué des joutes électorales. Du vote à la contestation, il en maîtrise chaque rouage. Le scrutin de 2017 devait être son baroud d’honneur. Mais « Tinga », le Tracteur, en a encore sous la pédale.

ODINGA PEUT-IL RÉUSSIR LÀ OÙ IL A TOUJOURS ÉCHOUÉ ?

Le 10 décembre, Odinga a officialisé sa candidature dans le plus grand stade de Nairobi. Kenyatta n’était pas là, mais la présence de Raphaël Tuju, secrétaire général du Jubilee, le parti présidentiel, a été perçue comme le signe d’un adoubement. Fort des moyens politiques et financiers mis à sa disposition, Odinga peut-il réussir là où il a toujours échoué ? Kenyatta s’y emploie. Avec prudence toutefois. Car son ancien rival est aussi un orgueilleux, qui n’a jamais accepté la défaite. Et parce que le spectre de 2007-2008 est encore dans tous les esprits.

Avec Jeune Afrique par Romain Gras

La CPI met fin aux poursuites contre le vice-président kényan William Ruto

avril 5, 2016

La Haye – La CPI a mis fin mardi aux poursuites pour crimes contre l’humanité contre le vice-président kényan William Ruto, les juges ayant conclu que le procureur n’avait pas présenté des éléments de preuve suffisants pour continuer le procès, a indiqué la Cour.

Au vu des éléments de preuve, les juges, à la majorité, ont convenu d’annuler les charges et de prononcer un non-lieu en faveur des deux accusés, a indiqué la CPI dans un communiqué, soulignant que cette décision est susceptible d’appel.

Selon la majorité, cette décision n’empêche pas que soient engagées de nouvelles poursuites à l’avenir, que ce soit devant la CPI ou une juridiction nationale, a ajouté le procureur.

Le procureur n’a pas produit des moyens de preuve suffisants pouvant raisonnablement permettre à une chambre de première instance de déclarer les accusés coupables, a affirmé l’un des juges : il a donc estimé qu’il n’y avait aucune raison de demander à la défense de présenter son dossier.

William Ruto, 49 ans, et le présentateur de radio Joshua Arap Sang, son co-accusé de 40 ans, sont poursuivis pour des meurtres, persécutions et déportations commises durant les violences qui avaient suivi la réélection contestée du président Mwai Kibaki face à Raila Odinga en décembre 2007, faisant plus de 1.300 morts et 600.000 déplacés, selon l’accusation.

C’est la première fois qu’une demande en vue d’un rejet des charges et d’un acquittement est déposée par la défense en cours de procès, après la présentation par l’accusation des éléments à charge et avant que la défense ne prenne la parole.

L’un des juges a, lui, qualifié les procédures de nulles car l’on ne saurait ignorer que les failles dans le dossier de l’accusation peuvent être expliquées par les interférences dans la procédure au moyen de pressions exercées sur des témoins et d’ingérences politiques qui étaient raisonnablement susceptibles d’intimider les témoins, affirme la CPI.

MM. Ruto et Sang, dont le procès s’était ouvert en septembre 2013, comparaissent libres et nient toute responsabilité dans ces violences, les pires de l’histoire post-coloniale du Kenya.

Les témoins ont été un des talons d’Achille du dossier de l’accusation. Pas moins de 16 des 42 témoins avaient en effet changé leur témoignage ou refusé de témoigner, citant des menaces, des intimidations ou la peur de représailles.

Romandie.com avec(©AFP / 05 avril 2016 17h59)

CPI: un Kényan soupçonné de soudoyer des témoins nie

octobre 2, 2013

kenyan

CPI: un Kényan soupçonné de soudoyer des témoins nie © AFP

Le Kényan soupçonné d’avoir soudoyé ou tenté de soudoyer trois témoins de l’accusation cités au procès du vice-président kényan William Ruto devant la Cour pénale internationale (CPI) a nié mercredi avoir « violé la loi ».

« Je n’ai violé aucune loi », a déclaré à l’AFP Walter Barasa, un ancien journaliste, précisant avoir l’intention de donner prochainement une conférence de presse.

« Je n’ai été impliqué dans aucune violence. Pourquoi devrais-je être arrêté? » a-t-il poursuivi après la publication par la CPI d’un mandat d’arrêt contre lui.

Le vice-président kényan Ruto est jugé pour crimes contre l’humanité depuis le 10 septembre devant la CPI à La Haye pour son rôle présumé dans les violences politico-ethniques qui avaient suivi le résultat contesté de la présidentielle de fin 2007.

Le bureau du procureur de la CPI a, à plusieurs reprises, dénoncé des intimidations présumées de témoins dans ce procès, ainsi que dans celui à venir du président kényan Uhuru Kenyatta.

M. Kenyatta, qui était dans un camp opposé à celui de M. Ruto lors du scrutin de 2007, est lui aussi accusé de crimes contre l’humanité pour son implication présumée dans les violences. Son procès doit s’ouvrir le 12 novembre.

MM. Kenyatta et Ruto ont été élus à la tête de l’Etat sur un « ticket » commun lors de la présidentielle de mars dernier, qui s’est déroulée pacifiquement.

Ancien journaliste, M. Barasa a notamment collaboré dans le passé avec des publications du groupe Mediamax, propriété de la famille Kenyatta.

Mediamax a précisé mercredi ne plus employer M. Barasa.

Jeuneafrique.com

Procès Ruto: un premier témoin raconte un massacre dans une église

septembre 17, 2013

Uruto

Procès Ruto: un premier témoin raconte un massacre dans une église © AFP

Le premier témoin de l’accusation dans le procès du vice-président kényan William Ruto a commencé sa déposition mardi, racontant devant la Cour pénale internationale comment une église où elle s’était réfugiée avec d’autres villageois avait été incendiée.

« J’ai essayé de m’échapper, je portais mon petit enfant Myriam sur le dos », a-t-elle raconté. « L’église a été incendiée » par des Kalenjins, l’ethnie de William Ruto, a ajouté la femme, avant de s’effondrer en larmes.

William Ruto est accusé d’avoir pris la tête d’une organisation criminelle en vue d’évincer de la vallée du Rift les partisans du parti opposé au sien à la présidentielle de 2007. Il est le premier haut dirigeant en fonction à comparaître devant la CPI.

L’identité du témoin n’a pas été dévoilée. Cachée à la vue de la galerie du public par des rideaux, elle a été identifiée en tant que « témoin P0536 ».

Dans la retransmission vidéo de l’audience, son visage était flouté et sa voix modifiée. Le Kenya assure coopérer avec la CPI mais les accusations selon lesquelles Nairobi tente d’influencer les témoins sont nombreuses.

« Des milliers de personnes sont arrivées sur le village, ils chantaient », a raconté le témoin, évoquant le Jour de l’An 2008 : « ils étaient vêtus de kaki et leurs visages étaient peints à l’argile blanc, ils portaient des bâtons, des machettes et des haches ».

Effrayés, femmes et enfants du village de Kambiaa, dans la région d’Eldoret, se sont réfugiés dans l’église, prise d’assaut puis barricadée par les assaillants.

« Je pouvais voir par la fenêtre », a raconté le témoin, assurant avoir reconnu parmi ses agresseurs un candidat local du parti de William Ruto, le Mouvement démocratique orange (ODM).

Prénommé Steven, cet homme transportait un jerrycan bleu, a également assuré la femme, avant de répéter : « l’église a pris feu ».

Selon l’accusation, entre 17 et 35 personnes ont été brulées vives dans l’église où les victimes, de l’ehtnie kikuyu, avaient été enfermées.

Le vice-président Ruto, vêtu d’une chemise bleu clair et d’une cravate jaune, a écouté la déposition attentivement, prenant parfois des notes.

Le procureur de la CPI poursuit des membres des deux camps qui se sont affrontés lors des heurts politico-ethniques qui ont fait au moins 1. 000 morts et plus de 600. 000 déplacés après la réélection contestée du président Mwai Kibaki fin décembre 2007: le Parti pour l’unité nationale (PNU) de M. Kibaki et l’ODM de M. Ruto.

Le vice-président et son co-accusé, le journaliste Joshua arap Sang, doivent répondre de trois crimes contre l’humanité : meurtres, persécutions et déportations. Ils plaident non-coupable.

Le procès du président du Kenya, Uhuru Kenyatta, doit débuter à La Haye le 12 novembre. Il est également accusé de crimes contre l’humanité dans les mêmes violences.

Jeuneafrique.com

UA : pour Fatou Bensouda, les détracteurs de la CPI « protègent les criminels »

mai 29, 2013
La procureur de la Cour pénale internationale (CPI), Fatou Bensouda, le 18 décembre 2012. La procureur de la Cour pénale internationale (CPI), Fatou Bensouda, le 18 décembre 2012. © AFP

La procureure de la Cour pénale internationale (CPI), Fatou Bensouda, a accusé, le 28 mai, ceux qui critiquaient la CPI de vouloir protéger les responsables de crimes contre l’humanité, au lendemain de vives critiques émises par l’Union africaine (UA).

Après les critiques de l’Union africaine (UA) sur la politique des poursuites de la Cour pénale internationale contre des responsables du continent, la procureure de la CPI, Fatou Bensouda, est montée au créneau, le 28 mai, pour dénoncer à son tour ses détracteurs qu’elle accuse de vouloir protéger les responsables de crimes contre l’humanité.

Fatou Bensouda, qui s’exprimait lors d’un débat à l’ONU à New York, n’a pas évoqué précisément les critiques qu’elles visaient. Mais à la question d’un diplomate sur des « voix » qui s’élèveraient contre l’action de la CPI, elle a répondu : « Nous savons tous qui sont ces voix. Ce sont les voix de ceux qui cherchent à protéger les auteurs de ces crimes. Ces voix ne soutiennent pas les victimes des crimes. » Et d’ajouter : « Les vraies victimes sont les victimes de crimes de guerre, de crimes contre l’humanité et de génocide, pas ceux qui commettent ces crime. » 

« Insulte pour les victimes »

Pour la procureure de la CPI, vouloir protéger ceux qui commettent ces crimes graves constitue donc « une insulte aux victimes ». Or au sommet du cinquantenaire de l’UA à Addis-Abeba, le président de l’organisation continentale en personne, le Premier ministre éthiopien Hailemariam Desalegn, avait accusé, le 27 mai, la CPI de mener « une sorte de chasse raciale » contre les Africains. L’UA a réclamé également le transfert à la justice kényane des poursuites engagées par la CPI contre le président kényan Uhuru Kenyatta et son vice-président William Ruto pour crimes contre l’humanité.

Le même jour, la CPI avait rejeté, par la voix de son porte-parole, ces accusations de racisme et avait annoncé qu’elle ignorerait un appel de l’UA au transfert des procès des deux dirigeants kényans dans leur pays. Fatou Bensouda a affirmé que la CPI allait « continuer à être indépendante, à être impartiale, à appliquer la loi strictement sans aucune considération politique ou autre ».

« N’oublions pas que le fait que l’accent soit mis actuellement sur les situations en Afrique signifie que l’accent est mis aussi sur les victimes africaines », a souligné, de son côté, Tina Intelmann, qui préside l’assemblée des 122 États parties à la CPI.

La CPI fait valoir que quatre des huit dossiers en cours d’examen concernant l’Afrique (République démocratique du Congo, Centrafrique, Mali et Ouganda) ont été soumis à la CPI par les pays intéressés eux-mêmes. L’Afrique est la région la plus largement représentée à la CPI, 34 pays africains ayant ratifié le statut de Rome créant la Cour.

Jeuneafrique.com avec AFP