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Le prix Nobel Wole Soyinka quitte les Etats-Unis pour l’Afrique du Sud

mars 31, 2017

L’écrivain d’origine nigériane avait annoncé qu’il ne resterait pas aux Etats-Unis si Donald Trump était élu.

L’écrivain Wole Soyinka en août 2015. Crédits : Geraldo Magela/Agencia Senado
Il l’avait annoncé, il le fait. Le prix Nobel de littérature nigérian, Wole Soyinka, avait annoncé qu’il quitterait les Etats-Unis si Donald Trump était élu. Après avoir jeté sa green card, cette figure intellectuelle du continent africain s’installe finalement en Afrique du Sud pour rejoindre l’Université de Johannesburg.

Agé de 83 ans, Wole Soyinka vivait depuis plus de vingt ans aux Etats-Unis. Il était attaché à l’institut des affaires africaines-américaines de New York University quand M. Trump a été élu.

Le premier Africain nobélisé, en 1986, est toujours aujourd’hui l’unique lauréat noir du prix Nobel de littérature de toute l’Afrique. Il prendra un poste de professeur invité et va participer au débat sur la « décolonisation et l’africanisation du savoir » dans le système éducatif sud-africain. Fin 2016, il avait donné une conférence dans cette même université de Johannesburg, dans laquelle il avait évoqué sa vision de l’éducation en Afrique.

Lemonde.fr

Le Nigérian Wole Soyinka, Nobel de littérature, déchire sa carte verte après l’élection de Trump

décembre 2, 2016

Wole Soyinka, prix Nobel de littérature, le 2 octobre 2013 à l’université d’Harvard. © Steven Senne/AP/SIPA

En réaction à l’élection de Donald Trump à la Maison Blanche, l’écrivain nigérian et prix Nobel de littérature Wole Soyinka a annoncé jeudi 1er décembre avoir déchiré sa « carte verte », c’est-à-dire son permis de résidence aux États-Unis.

« Je l’ai déjà fait. (…) J’ai fait ce que j’ai dit que je ferai », a déclaré l’écrivain à l’AFP à Johannesburg, en marge d’une conférence sur l’éducation.

« Ça me faisait horreur de penser à ce qui allait se passer avec Trump » à la Maison-Blanche, a ajouté Wole Soyinka, 82 ans, qui avait déjà fait part de son hostilité au milliardaire, notamment en raison des positions de ce dernier sur l’immigration.

Réinstallation permanente au Nigeria

Wole Soyinka, qui dans les années 60 avait passé 22 mois en prison pendant la guerre civile au Nigeria, est l’auteur d’une soixantaine de romans, pièces de théâtre et poèmes. En 1986, il était devenu le premier africain à obtenir le prix Nobel de littérature.

Mondialement reconnu et jouissant d’une forte autorité morale, Wole Soyinka enseignait dans des universités américaines. « Quand j’ai fini (mes cours), j’ai jeté la carte et je me suis réinstallé » de façon permanente au Nigeria, a-t-il poursuivi, sans pour autant vouloir « décourager les Nigérians ou quiconque » de postuler pour une carte verte.

Jeuneafrique.com avec AFP

« L’idée du Biafra ne peut pas être étouffée » selon Soyinka

décembre 11, 2015

sonyinka

Le Prix Nobel de la paix nigérian Wole Soyinka a mis en garde le gouvernement fédéral contre toute répression sévère à l’encontre des militants pro-Biafra dans un contexte de recrudescence des manifestations séparatistes.

Soyinka a déclaré dans une interview avec une chaine de télévision privée que «l’idée du Biafra ne peut être étouffée »

Il a dit que le gouvernement doit trouver de nouvelles stratégies pour faire face à la question et non réprimer les auteurs des appels pour l’indépendance de la région sud-est du pays.

« Je me souviens avoir déclaré dans un article écrit pendant la guerre (civile) que le Biafra ne peut pas être vaincu, » a-t-il rappelé.

«Les gens avaient mal interprété ce que je disais. Je disais qu’une fois une idée prend racine, vous ne pouvez pas étouffer cette idée, » explique –t-il

« Vous pouvez détruire les gens qui portent l’idée sur le champ de bataille, mais en fin de compte, ce n’est pas la fin de l’histoire», a-t-il ajouté.

On assiste depuis quelque temps au Nigeria à une vague de protestations appelant à la libération du Directeur de Radio Biafra, Nnamdi Kanu, qui est par ailleurs le leader du groupe de pression des populations autochtones du Biafra (SDMPI) basé à Londres.

Il a plaidé non coupable aux accusations de complot et d’intimidation et d’appartenance à une organisation non autorisée.

Selon Soyinka, le gouvernement doit prendre langue avec les militants pro-Biafra pour la plupart des Igbos qui se disent être marginalisés depuis la fin du conflit.

« Ecoutez les Biafrais et demandez-leur pourquoi ils veulent se séparer de l’Etat fédéral. Il ne faut pas se limiter à déclarer à tout bout de champ que la souveraineté de ce pays n’est pas négociable. Ce type de langage ne ferait qu’empirer les choses » prévient-il.

Pendant la guerre civile nigériane, Soyinka avait été arrêté et détenu pendant près de deux ans par le régime militaire de l’époque, pour son interaction présumée avec la direction Biafra sous l’autorité du Général Emeka Odumegwu-Ojukwu.

Apanews.net 2015-12-11 10:39:36

 

Nigeria : Soyinka opposé au dialogue avec les « tueurs » de Boko Haram

novembre 10, 2012

L'écrivain nigérian Wole Soyinka, le 1er mars 2012 à Enugu dans le sud est du Nigeria. L’écrivain nigérian Wole Soyinka, le 1er mars 2012 à Enugu dans le sud est du Nigeria. © Pius Utomi Ekpei/AFP

Etablir un dialogue avec le groupe islamiste Boko Haram serait faire preuve d’une « conciliation consternante », a estimé jeudi l’écrivain nigérian Wole Soyinka, prix Nobel de littérature, à l’occasion d’une conférence internationale à Lagos.

« Ne parlez pas aux auteurs de tueries, ne parlez pas à ceux qui ont fait du meurtre d’innocents leur philosophie », a déclaré M. Soyinka, devant les représentants de médias étrangers, en marge de la conférence Kuramo sur le développement.

Le président nigérian Goodluck Jonathan a déjà encouragé Boko Haram, accusé d’avoir tué des centaines de personnes depuis 2009, à formuler publiquement ses revendications, et le gouvernement a confirmé avoir des discussions « informelles » avec le groupe islamiste.

Pour Wole Soyinka, les violences perpétrées par la secte Boko Haram – qui a revendiqué des dizaines d’attentats et pris pour cible des chrétiens dans des églises, les forces de l’ordre et des responsables du gouvernement – sont « complètement incontrôlables ».

Sanglante répression

« Et vous, les victimes, vous dites +s’il vous plaît, venez nous parler, nous ne savons pas ce que vous voulez+ (…) Quelle est cette façon de parler? Il s’agit d’une conciliation consternante! », a insisté l’écrivain nigérian.

Les forces de l’ordre nigérianes, qui n’ont pas réussi à mettre un terme à ces violences, sont accusées elles aussi de violations des droits de l’Homme dans leur sanglante répression contre les islamistes.

Un récent rapport d’Amnesty International les accuse d’exécutions sommaires notamment dans le Nord-Est, fief de Boko Haram, et selon Human Rights Watch, l’armée nigériane pourrait être coupable de crimes contre l’Humanité.

« Terre brûlée »

Wole Soyinka, qui pense que de telles exactions ont vraiment eu lieu, a qualifié l’action de l’armée dans le Nord-Est de « politique de la terre brûlée ».

Les attaques de Boko Haram sont un « problème de sécurité » qui pose un défi d’un genre nouveau à l’armée nigériane, a estimé le premier prix Nobel africain de littérature (en 1986).

Les violences liées au groupe islamiste et leur répression sanglante par les forces de sécurité ont fait environ 3000 morts depuis 2009.

Wole Soyinka, 78 ans, ne dissocie pas son engagement politique de son œuvre et pourfend depuis des années la corruption et de la mauvaise gouvernance dans son pays richissime en pétrole.

Jeuneafrique.com avec AFP

Nigeria: obsèques nationales du chef de la rébellion du Biafra, Emeka Ojukwu

mars 1, 2012

Le Nigeria a rendu hommage jeudi au chef de la rébellion du  Biafra, Emeka Odumegwu-Ojukwu, décédé en novembre à l’âge de 78 ans, avec une  cérémonie d’obsèques nationales dans sa région d’origine du sud.

Environ 2. 500 personnes étaient présentes à Enugu, sur une place entourée  d’un important dispositif de sécurité en raison des nombreux attentats  d’islamistes qui secouent le pays depuis des mois, a constaté un journaliste de  l’AFP sur place.

Le cercueil d’Ojukwu, décédé dans un hôpital londonien, était recouvert du  drapeau nigérian blanc et vert.  21 coups de canon ont salué son arrivée.   Beaucoup dans le public portaient des robes et des tenues confectionnées avec  des tissus frappés de son portrait, avec les inscriptions « Tu vis dans nos  coeurs » ou « Héros national ».

Figure historique et héraut de l’ethnie Igbo (ou Ibo) majoritaire dans le  sud-est, le lieutenant-colonel Ojukwu avait lancé en mai 1967 une tentative de  sécession alors qu’il était gouverneur militaire de la région Est, l’une des  trois que comptait le pays, aujourd’hui une fédération de 36 Etats.

Il accusait le pouvoir fédéral dominé par les musulmans du nord de  marginaliser sa communauté, notamment après l’assassinat en juillet 1966 du seul  président d’origine Igbo, le général Thomas Aguiyi-Ironsi.  Sa déclaration  d’indépendance était venue après des pogroms contre les Igbos dans le nord qui  avaient fait des milliers de victimes.

En janvier 1970, au bout de deux ans et demi, la guerre du Biafra s’est  achevée après avoir fait plus d’un million de morts, victimes en majorité de la  faim et de maladies.

Le vice-président nigérian Namadi Sambo – qui a salué un « patriote et  humaniste rare » – l’ex-dirigeant ghanéen Jerry Rawlings, des gouverneurs, des  ministres, la veuve d’Ojukwu et le lauréat nigérian du Nobel de littérature Wole  Soyinka étaient présentse.

Wole Soyinka, ardent dénonciateur des abus du pouvoir, avait été emprisonné  durant la guerre civile, accusé de soutenir la cause du Biafra.

Dans une oraison funèbre, il a rendu hommage à son « camarade » et cité Ojukwu  quand il avait déclaré la « République du Biafra » et enclenché ainsi la guerre  civile.

L’émir de Kano, la plus haute autorité musulmane de l’Etat septentrional de  Kano, avait aussi fait le déplacement.  Le nord est majoritairement musulman et  Kano est la deuxième ville du pays.

Le chef de l’Etat Goodluck Jonathan, un chrétien du sud, devait se rendre  vendredi à l’inhumation d’Ojukwu dans sa ville d’origine Nnewi (70 km d’Enugu),  selon la présidence.

Le porte-parole d’un mouvement qui veut préserver « l’esprit du Biafra »,  Uchenna Madu, a déclaré à l’AFP : « Ojukwu a vécu et est mort pour l’émancipation  des Igbos.  Nous allons continuer la lutte ».

La dépouille n’avait été rapatriée de Londres que lundi lundi et avait reçu  les honneurs militaires à l’aéroport de la capitale Abuja.

« Il a défendu la justice, refusé le compromis.  Il a défié l’absence  d’humanisme de l’homme envers l’homme (. . . ) il s’est battu et a quitté le  Biafra avec le dernier avion », avait alors déclaré le vice-président Sambo.

Ojukwu s’était exilé en Côte d’Ivoire après la capitulation des  indépendantistes.  Il n’était revenu au Nigeria que 13 ans plus tard, après une  grâce présidentielle.

Des centaines de membres des forces de l’ordre avaient été déployés jeudi,  alors que les islamistes du groupe Boko Haram multiplient les attaques et  attentats meurtriers, surtout dans le nord.

Jeuneafrique.com avec AFP