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L’ONU alerte sur la situation au Xinjiang, Pékin s’énerve

septembre 1, 2022

Le rapport de l’ONU sur des violations présumées des droits humains dans le Xinjiang a fait réagir Pékin, qui dénonce un « outil politique ».

Une manifestation a Istanbul en soutien a la population musulmane dans le Xinjiang, en Chine.
Une manifestation à Istanbul en soutien à la population musulmane dans le Xinjiang, en Chine.© MUHAMMED ENES YILDIRIM / ANADOLU AGENCY / Anadolu Agency via AFP

L’ONU a publié mercredi 31 août un rapport très attendu sur les violations présumées des droits humains dans la région chinoise du Xinjiang (Nord-Ouest), notamment contre des minorités musulmanes. Ce qui n’a pas plu à la Chine, qui avait déjà émis des réserves avant même la publication dudit document. Pékin a dénoncé jeudi les conclusions de l’ONU, considérant ce rapport comme un « outil politique » utilisé, donc, contre la Chine.

« Ce rapport est un ramassis de désinformation et un outil politique au service de la stratégie des États-Unis et de l’Occident, qui vise à utiliser le Xinjiang pour entraver (le développement) de la Chine », a déclaré lors d’un point presse régulier Wang Wenbin, un porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères.

Malgré les pressions de Pékin, le Haut-Commissariat des Nations unies pour les droits de l’homme (HCDH) a publié mercredi soir son rapport, très attendu, sur le Xinjiang.

Des positions anti-chinoises ?

Mélange d’entretiens réalisés par ses soins et d’informations directes ou de seconde main, il évoque la possibilité de « crimes contre l’humanité » dans la région, mais ne reprend pas le terme de « génocide » utilisé, notamment, par les États-Unis.

Le secrétaire général de l’ONU Antonio Guterres a appelé jeudi la Chine à « suivre les recommandations » du rapport de sa haute commissaire aux droits de l’homme, qui évoque des crimes contre l’humanité dans la région chinoise du Xinjiang, a indiqué son porte-parole.

Le rapport publié mercredi « confirme ce que le secrétaire général dit depuis un moment sur le Xinjiang : que les droits de l’homme doivent être respectés et que la communauté ouïghoure doit être respectée », a déclaré Stéphane Dujarric lors d’un point presse.

« Le HCDH a créé de toutes pièces ce rapport, s’appuyant sur la conspiration politique de certaines forces anti-chinoises à l’étranger, a dénoncé Wang Wenbin. Cela prouve une fois de plus que le HCDH est devenu le sbire et le complice des États-Unis et de l’Occident pour punir un grand nombre de pays en développement. »

Des études occidentales accusent depuis plusieurs années la Chine d’avoir interné plus d’un million de Ouïghours et de membres d’autres groupes ethniques musulmans dans des « camps de rééducation », voire d’imposer du « travail forcé » ou des « stérilisations forcées ».

La Chine dénonce des rapports biaisés et parle de « centres de formation professionnelle » destinés à développer l’emploi et à éradiquer l’extrémisme au Xinjiang, longtemps frappé par des attentats sanglants attribués à des séparatistes et des islamistes ouïghours.

Berlin met Pékin en garde

De son côté, l’Allemagne a également réagi au rapport de l’ONU et a appelé la Chine « à accorder immédiatement à tous les habitants du Xinjiang le plein exercice de leurs droits humains » après le rapport de l’ONU.

Selon Berlin, ce rapport « confirme qu’il y a lieu de s’inquiéter au plus haut point ». « Toutes les personnes détenues arbitrairement doivent être libérées immédiatement », ajoute la diplomatie allemande qui appelle aussi Pékin « à autoriser une nouvelle enquête indépendante sur ces allégations de graves violations des droits humains en Chine ».

Par Le Point avec AFP

Chine: un foyer de coronavirus découvert au Xinjiang

juillet 17, 2020

 

La Chine a fait état vendredi d’au moins cinq nouveaux cas de Covid-19 au Xinjiang, vaste région du nord-ouest du pays où vit notamment la minorité musulmane ouïghoure, faisant craindre un rebond des contaminations.

La Chine, premier pays touché par le virus fin 2019, est depuis parvenue à freiner considérablement la contagion, tombée ces dernières semaines à une poignée de nouveaux cas chaque jour. Le Xinjiang, longtemps frappé par des attentats, est un immense territoire semi-désertique limitrophe de l’Asie centrale, où vivent 25 millions de personnes. Un peu moins de la moitié sont issus de la minorité des Ouïghours, principalement musulmans et parlant une langue apparentée au turc.

Un million de musulmans seraient internés dans la région

Au moins cinq nouveaux cas de coronavirus ont été découverts à Urumqi, la capitale régionale, ont indiqué les autorités locales. La première infection a été détectée mercredi. Résultat, la métropole de 3,5 millions d’habitants a fait fermer son métro, tandis que les liaisons aériennes ont été drastiquement réduites vendredi. Certains habitants ont affirmé sur le réseau social Weibo que plusieurs quartiers résidentiels avaient été placés à l’isolement. Les médias officiels assuraient que les supermarchés disposaient de stocks suffisants de nourriture – comme pour décourager des achats de panique.

Washington, ainsi que des experts et des organisations de défense des droits de l’Homme, accusent Pékin d’avoir fait interner au Xinjiang dans des camps jusqu’à un million de musulmans, principalement d’ethnie ouïghoure, au nom de la lutte antiterroriste. La Chine dément ce chiffre et affirme que ces personnes sont emmenées dans des centres de formation professionnelle, destinés à les aider à trouver un emploi afin de les éloigner de la tentation de l’extrémisme. Au début de l’épidémie, qui a largement épargné le Xinjiang d’après les chiffres officiels, des organisations pro-ouïghoures s’étaient inquiétées des conséquences possibles d’une contagion dans ces centres.

Par Le Figaro avec AFP

Chine: un séisme de magnitude 6,4 frappe le Xinjiang, trois morts

juillet 3, 2015

Pékin – Un tremblement de terre d’une magnitude de 6,4 a frappé vendredi la région du Xinjiang dans l’ouest de la Chine, a rapporté l’Institut américain de géophysique (USGS), faisant trois morts selon un bilan officiel.

Le séisme s’est produit à 09H07 (01H07 GMT) à 164 kilomètres au nord-ouest de la ville de Hotan et à 131 km au sud-est de Shache – localité connue dans la langue ouïghoure sous le nom de Yarkand -, et à une profondeur de 20 km, a précisé l’USGS.

L’institut américain avait dans un premier temps annoncé une secousse de magnitude 6,1 avant de réviser en hausse son estimation. Les autorités chinoises ont quant à elles fait état d’un séisme de magnitude 6,5.

La secousse est survenue dans une zone relativement peu peuplée, à la lisière du désert du Taklamakan.

Pour autant, trois personnes ont été tuées dans le district de Pishan, dans lequel se situe l’épicentre, a annoncé vendredi soir le ministère des Affaires civiles, révisant à la baisse un bilan précédent de six morts.

Par ailleurs, 43 personnes ont été blessées, a précisé l’agence officielle Chine nouvelle citant des responsables chinois. L’aéroport voisin de Hotan a été fermé à la suite du séisme.

L’armée chinoise a déployé sur place un drone télécommandé pour inspecter la zone du sinistre, une première dans ce type de circonstances, a également rapporté Chine nouvelle.

Les autorités régionales acheminaient un millier de tentes et des matériaux de secours vers les lieux, selon le ministère des Affaires civiles.

Le district de Pishan, peu densément peuplé, compte 258.000 habitants, dont une grande majorité de Ouïghours, des musulmans turcophones.

Li Hua, un ouvrier travaillant dans une ferme d’Etat à Pishan, a déclaré à Chine nouvelle avoir fortement ressenti le tremblement de terre depuis son domicile, au 3e étage d’un bâtiment.

La secousse a duré une longue minute et lui a fait durablement tourner la tête. Les autorités ont fait état d’une série de répliques de magnitude supérieure à 4.

La Chine est régulièrement frappée par des tremblements de terre, en particulier dans les provinces du Yunnan et du Sichuan, régions montagneuses du sud-ouest du pays.

En octobre dernier, un séisme de magnitude 6 (selon l’USGS) survenu au Yunnan, dans une zone frontalière avec le Laos et la Birmanie, avait fait des centaines de blessés.

Le Yunnan avait par ailleurs été endeuillé en août 2014 par un séisme de magnitude 6,1 dans lequel environ 600 personnes avaient trouvé la mort.

De son côté, le Sichuan, l’une des provinces les plus peuplées de Chine, a connu en mai 2008 un tremblement de terre dévastateur de magnitude 7,9, qui avait fait plus de 80.000 morts et disparus.

Romandie.com avec(©AFP / 03 juillet 2015 16h29)

L’imam de la plus grande mosquée de Chine a été assassiné

juillet 31, 2014

L’imam à la tête de la plus grande mosquée de Chine a été tué, ont indiqué des médias d’Etat. Deux de ses assassins présumés ont ensuite été abattus par la police. Les faits se sont produits au Xinjiang, région musulmane du Nord-ouest en proie à de nouvelles violences.

Jume Tahir, imam de la mosquée Id Kah dans la ville de Kachgar, a été « sauvagement tué » mercredi à l’aube après la cérémonie du matin, a annoncé Tianshan, portail d’informations lié aux autorités provinciales du Xinjiang. Retrouvé mort « dans une mare de sang », selon Radio Free Asia (RFA), l’imam régulièrement interviewé par les médias d’Etat chinois se distinguait par son discours très critique à l’encontre des violences commises par les Ouïghours au Xinjiang.

Selon les éléments de l’enquête, trois hommes portant des noms aux consonances ouïghoures sont soupçonnés du crime et auraient agi « sous l’effet d’une influence religieuse extrême », a ajouté Tianshan. Deux de ces suspects ont été abattus le même jour par les forces de l’ordre, et un troisième a été capturé, a précisé de son côté l’agence officielle Chine nouvelle.

Politique de répression

Le Xinjiang compte plus de neuf millions de ces musulmans turcophones en partie hostiles à la tutelle de Pékin. Une frange radicalisée est, selon les autorités, à l’origine de sanglants attentats commis ces derniers mois dans la région et en dehors.

Des groupes de défense des droits de l’homme estiment que la politique répressive menée par Pékin à l’encontre de la culture et de la religion des Ouïghours alimente les tensions et les violences dans la région.

Violents affrontements

Le meurtre de l’imam intervient quelques jours après de violents affrontements survenus dans le district de Yarkand (ou Shache en mandarin), à 200 km au sud-est de Kachgar, peu avant la fin du ramadan, et qualifiés d' »attaque terroriste » par les autorités.

Romandie.com

Chine: procès collectif dans un stade du Xinjiang pour des terroristes et meurtriers

mai 28, 2014

Pékin – Les autorités chinoises ont exhibé 55 personnes, accusées notamment de terrorisme, dans un stade du Xinjiang où des juges ont prononcé trois condamnations à mort, selon la presse officielle, alors que débute une campagne de répression contre les violences dans cette région à dominante musulmane.

Devant 7.000 personnes, dont les responsables locaux du Parti communiste, cette réunion de masse dans la préfecture d’Ili était destinée à annoncer des verdicts, des arrestations et des peines de réclusion criminelle, et à châtier selon la loi un groupe de criminels terroristes violents, a rapporté l’agence Chine nouvelle.

Les peines prononcées par les juges devant la foule concernaient des affaires de meurtre, de séparatisme, de participation à une entreprise terroriste, ainsi que des affaires de viol et d’hébergement de criminels, selon l’agence d’État.

Trois personnes ont été condamnées à mort pour avoir tué à la hache une famille de quatre personnes l’an dernier, usant de méthodes extrêmement cruelles, a-t-elle ajouté, sans préciser si l’affaire était liée à des faits de nature terroriste.

La police a annoncé de son côté à la foule l’inculpation de 38 suspects et la détention de 27 autres.

Des photos montraient les accusés présentés à la foule à l’arrière d’un camion, portant des vestes orange fluo et la tête penchée, maintenue vers le sol par des membres casqués des forces de sécurité.

L’événement était organisé pour montrer la détermination résolue des autorités à réprimer les +trois forces+ du terrorisme violent, a indiqué le chef adjoint du Parti communiste local, cité par l’agence, faisant allusion au séparatisme –la volonté d’indépendance d’une frange de la population ouïghoure, des musulmans turcophones représentant la principale ethnie du Xinjiang–, à l’extrémisme religieux et au terrorisme.

Les coupables ne s’échapperont pas, a ajouté ce responsable local, appelant les fauteurs de troubles à se rendre aux autorités et confesser (leurs) crimes.

Destinés à faire impression sur la population, les procès collectifs dans les stades ont commencé dans les années 1950 et se sont poursuivis jusque dans les années 1990, avant que cette justice-spectacle ne disparaisse.

Pékin a annoncé le week-end dernier le lancement d’une campagne de répression d’un an contre le terrorisme après une série d’attentats sanglants attribués à des radicaux du Xinjiang.

Le dernier en date, perpétré jeudi sur un marché de la capitale régionale Urumqi, a fait 39 morts et 90 blessés, ce qui en fait l’attaque la plus meurtrière depuis des années.

La campagne sécuritaire en cours s’est traduite par l’arrestation de 200 personnes le mois dernier au Xinjiang et le déploiement sans précédent de patrouilles de police dans les grandes villes du pays.

Chine nouvelle a par ailleurs rapporté qu’un haut responsable d’Ili, la même préfecture où se sont tenus les procès en plein stade, avait été récemment placé sous enquête pour son attitude équivoque à l’égard des incidents terroristes violents.

Cet officiel ouïghour, Batur Duwamet, directeur-adjoint du Bureau des affaires générales du gouvernement local, a exprimé en public des vues non conformes avec les politiques locales relatives aux affaires ethniques, a précisé de son côté le quotidien officiel Global Times.

Romandie.com avec(©AFP / 28 mai 2014 12h35)