Posts Tagged ‘yahya jammeh’

Gambie : des victimes du régime de Yahya Jammeh réclament justice dans les rues de Banjul

janvier 26, 2020

Le dernier meeting du président Yahya Jammeh, en novembre 2016 à Banjul (Gambie).

Le dernier meeting du président Yahya Jammeh, en novembre 2016 à Banjul (Gambie). © Jerome Delay / AP / SIPA

 

Des centaines de Gambiens victimes du régime de l’ex-président Yahya Jammeh ont marché samedi dans les rues de Banjul pour « réclamer justice », alors que se multiplient les manifestations des opposants et des partisans de l’ancien homme fort du pays.

Vêtus de t-shirts blancs frappés du slogan #justicemustprevail (la justice doit prévaloir), les manifestants arboraient de grandes photos de victimes assassinées ou portées disparues, dont celle du correspondant de l’AFP Deyda Hydara, tué par balle le 16 décembre 2004 par des séides de l’ex-dirigeant.

Ils ont marché dans la banlieue de Banjul, scandant des slogans tels que « Nous voulons la justice et nous la voulons maintenant ».

Tortures, viols, exécutions extra-judiciaires

Officier arrivé à la tête de la Gambie par un coup d’État en 1994, Yahya Jammeh a dirigé pendant 22 ans un régime de féroce répression, marqué par des cas de tortures, de viols et d’exécutions extra-judiciaires. Il a été poussé à s’exiler en Guinée-Equatoriale en janvier 2017, cédant à une intervention militaire africaine après avoir rejeté sa défaite à la présidentielle face à l’opposant Adama Barrow.

Des milliers de ses partisans ont manifesté à Banjul à la mi-janvier pour réclamer son retour d’exil, estimant que la situation n’avait fait qu’empirer depuis l’arrivée au pouvoir d’Adama Barrow. Le nouveau président est lui-même contesté par une partie de l’opinion, qui réclame son départ, tandis que ses supporters manifestent pour qu’il aille au bout de son mandat de cinq ans.

« Crimes contre l’humanité »

Le ministre de la Justice, Abubacarr Tambadou, a assuré la semaine dernière que l’ex-président Jammeh serait « immédiatement arrêté » s’il revenait au pays et « poursuivi pour les plus graves affaires », dont des « crimes contre l’humanité » mis en lumière par les auditions de victimes et d’ex-tortionnaires devant une Commission Vérité et Réconciliation mise en place depuis un an.

Les victimes craignent toutefois que justice ne leur soit jamais rendue, malgré les appels pressants d’ONG internationales. « Nous demandons au gouvernement d’agir rapidement, parce qu’une justice tardive n’est pas une justice. Yahya Jammeh doit être arrêté et jugé », a expliqué lors de la manifestation Maron Baldeh, veuve du lieutenant Basiru Barrow, assassiné par la junte en 1994.

Je n’ai pas dormi cette nuit-là

Les association de victimes entendaient également protester contre l’autorisation de manifester accordée au parti de l’ancien président, l’Alliance patriotique pour la réorientation et la construction (APRC). Elles ont remis au gouvernement une pétition réclamant que ce parti soit « suspendu » jusqu’à la fin des travaux de la Commission Vérité, prévue dans un an.

« J’ai été choquée en voyant à la télévision les images de l’APRC réclamant que Jammeh puisse rentrer. Je n’ai pas dormi cette nuit-là », a expliqué Nyima Sonko, veuve du leader de l’opposition Solo Sandeng, arrêté en avril 2016 lors d’un rassemblement pour réclamer des réformes politiques et dont la mort en détention avait galvanisé les opposants, qui s’étaient unis autour de la candidature d’Adama Barrow.

 Par Jeune Afrique avec AFP

Gambie : l’ex-numéro 2 de Yahya Jammeh admet des « responsabilités » dans les exactions commises par l’ancien régime

octobre 24, 2019

 

Le dernier meeting du président Yahya Jammeh, en novembre 2016 à Banjul (Gambie). © Jerome Delay / AP / SIPA

 

Un ancien militaire ayant joué un rôle clé dans le coup d’État qui a porté Yahya Jammeh au pouvoir en Gambie en 1994, et qui l’a fidèlement servi pendant 13 ans, a reconnu lundi 21 octobre des « responsabilités » pour l’arrestation, la torture et l’exécution d’opposants supposés.

Pour la troisième fois en une semaine, Edward Singhateh était entendu par la Commission vérité et réconciliation (TRRC) chargée d’enquêter sur les crimes commis pendant les 22 ans du régime de Yahya Jammeh. Ce dernier, en exil en Guinée équatoriale depuis janvier 2017, échappe pour le moment à la justice de son pays.

Edward Singhateh, né au Royaume-Uni, est l’un des instigateurs du renversement par un groupe de jeunes officiers du régime de Dawda Jawara, en juillet 1994. Ces officiers ont placé Yahya Jammeh à la tête d’un Conseil provisoire des forces armées, avant qu’il devienne chef de l’État et soit élu et réélu jusqu’à sa défaite en décembre 2016 face à l’opposant Adama Barrow.

« Je me sens partiellement responsable »

À l’origine du projet de coup d’État, Edward Singhateha a occupé la fonction de ministre de la Défense, puis de numéro 2 de la junte, avant d’être nommé à plusieurs postes ministériels, servant jusqu’à 2007 sous les ordres de Jammeh.

« Je suis peut-être responsable dès le départ d’avoir placé (Yahya) Jammeh (dans cette position). Donc je me sens partiellement responsable pour tout ce qui s’est passé et j’en éprouve un profond remord », a-t-il déclaré devant la TRRC, face à laquelle il a souligné se présenter « volontairement ».

Tissu de mensonges

Il a reconnu avoir personnellement arrêté en novembre 1994 dans le palais présidentiel deux des leaders de la junte, le vice-président, Sana Sabally, et le ministre de l’Intérieur, Sadibou Heydara, convoqué par Yahya Jammeh qui les soupçonnait de vouloir le renverser. Le premier a été torturé et fait neuf ans de prison. Le second est mort en détention.

Edward Singhateh a affirmé qu’il n’avait pas imaginé que Sana Sabally, dont il allait prendre la place comme numéro 2 du régime après son arrestation, subirait de telles tortures. Mais il a reconnu que l’enquête ayant conduit à sa condamnation était un tissu de mensonges. « Et vous n’avez rien fait ? Vous auriez pu démissionner, partir en exil, comme beaucoup de gens en Gambie », lui a lancé l’un des membres de la commission, Essa Faal. « C’est plus facile à dire qu’à faire », a répondu l’ancien militaire, en concédant que son ex-collègue avait subi une « terrible injustice ».

Par Jeune Afrique avec AFP

Gambie: l’ex-président Yahya Jammeh mis en cause dans la disparition et le meurtre de 50 migrants

mai 17, 2018

 

Le président gambien Yahya Jammeh, le 30 juin 2011, devant le Centre de conférences de Sipopo à Malabo, en Guinée équatoriale, avant la session d’ouverture du 17ème Sommet de l’Union africaine. © Rebecca Blackwell/AP/SIPA

D’après les résultats d’une enquête menée par les ONG Trial International et Human Rights Watch, publiés le 16 mai, l’ex-homme fort de Banjul serait responsable de l’exécution d’une cinquantaine de migrants échoués en Gambie en 2005. Un rapport d’enquête conjoint de la Cedeao et de l’ONU datant de 2008 avait pourtant innocenté le régime de Yahya Jammeh.

L’ex-président Yahya Jammeh sera-t-il traduit devant la justice ? Alors que la mobilisation s’organise pour que son cas suive la jurisprudence Habré, 50 nouveaux crimes lui sont imputés, selon des éléments d’enquête rendus publics ce mercredi 16 mai par les ONG Trial International et Human Rights Watch .

Selon ces deux organisations, le 22 juillet 2005, date anniversaire de la prise de pouvoir en Gambie de Yahya Jammeh, une cinquantaine de migrants en route vers l’Europe – dont une majorité de Ghanéens mais également des Nigérians, des Sénégalais, des Ivoiriens et des Togolais – échouent à Barra, en Gambie. Ils sont aussitôt arrêtés par la police. Les forces de sécurité gambiennes sont alors en état d’alerte, car elles ont reçu des informations selon lesquelles un coup d’État serait en préparation. Les corps de huit d’entre eux seront finalement retrouvés. La trace des autres se perd en Gambie.

Selon Trial International et Human Rights Watch, les migrants en perdition auraient été assassinés par les « Junglers », une unité paramilitaire issue de la garde présidentielle gambienne. Les témoignages de l’unique survivant du naufrage (un Ghanéen) et des anciens responsables de la sécurité gambienne ont permis aux ONG de pointer les responsabilités de la « brigade de tueurs de Jammeh », dont les chefs recevaient directement leurs instructions de l’ancien chef de l’État.

Des preuves compromettantes détruites ?

Ces accusations viennent directement contredire les conclusions d’un rapport d’enquête conjoint de la Cedeao et de l’ONU. Datant de 2008, celui-ci n’a jamais été rendu public. Les organisations régionale et internationale avaient estimé que le gouvernement gambien n’était pas « impliqué directement ou indirectement » dans les assassinats et les disparitions, qui étaient le fait d’« éléments incontrôlés » au sein des services de sécurité gambiens, « agissant pour leur propre compte ».

Les responsables de la sécurité gambiens auraient reçu des pressions en haut lieu afin de ne pas parler aux enquêteurs

Pour Bénédict de Moerloose, responsable du département « droit pénal et enquêtes » au sein de Trial International, l’enquête de l’époque n’avait pas pu se faire dans des conditions adéquates, les responsables de la sécurité gambiens ayant reçu des pressions en haut lieu afin de ne pas parler aux enquêteurs. Ils avaient de plus détruits des preuves compromettantes tels que les registres de police et des livres de bord des forces navales gambiennes.

Vers un extradition de Yahya Jammeh ?

Les regards se tournent désormais vers les autorités ghanéennes pour rouvrir l’enquête. Selon Bénédict de Moerloose, la Gambie n’est pas dans les conditions pour demander l’extradition de Yahya Jammeh, exilé en Guinée équatoriale après la chute de son régime. « C’est au Ghana d’agir. Il a désormais les bases juridiques pour le faire. Le pays est stable, c’est une démocratie durable et sa justice a les moyens de lancer ce genre d’enquête », affirme l’avocat.

La société civile ghanéenne soutient très fortement la demande d’extradition de l’ancien homme fort de Gambie. Les autorités du pays sont également mobilisées. Le chef de la police ghanéenne, qui s’exprimait ce mercredi lors d’une conférence de presse, l’a affirmé : « Nous ferons tout ce qui est en notre pouvoir afin que cette démarche aboutisse ».

Mais le président de la Guinée équatoriale représente un obstacle de poids. Teodoro Obiang Nguema s’est positionné en protecteur de l’ancien chef de l’État et a affirmé en janvier dernier qu’il n’accepterait aucune demande d’extradition. Les ONG comptent donc désormais sur un isolement du président Obiang sur la scène diplomatique. Elles espèrent notamment que les pays de la Cedeao dont les migrants sont ressortissants – le Ghana, le Nigeria, le Sénégal, la Côte d’Ivoire et le Togo – soutiennent l’initiative. « C’est désormais une question politique », estime Bénédict de Moerloose.

Jeuneafrique.com par

Guinée équatoriale: Malabo « protégera » l’ancien président gambien en exil

janvier 28, 2018

 

Le président équato-guinéen Teodoro Obiang Nguema Mbasogo à New Delhi, le 29 octobre 2015. © Manish Swarup / AP / SIPA

La Guinée équatoriale « protégera » l’ancien président gambien Yahya Jammeh, qui a trouvé exil il y a un an dans ce pays après avoir dû quitter le pouvoir en Gambie, a déclaré le président équato-guinéen Teodoro Obiang Nguema, assurant « être en accord » sur ce point avec l’Union africaine (UA).

Obiang Nguema s’exprimait vendredi soir à la télévision nationale, à l’issue d’une visite de quelques heures à Malabo du président en exercice de l’UA, le président guinéen Alpha Condé.

« Je crois que la position de protéger les anciens chefs d’Etat est une position correcte. Et précisément je félicite Alpha Condé qui m’a suggéré qu’il n’accepterait aucune demande d’extradition de Yahya Jammeh. Moi non plus je ne l’accepterai pas », a expliqué le président Obiang Nguema.

« Nous sommes complétement d’accord qu’il faut protéger Yahya Jammeh, il faut le respecter comme ancien chef d’Etat d’Afrique. Car c’est une garantie pour que les autres chefs d’Etat qui doivent quitter le pouvoir n’aient pas peur des harcèlements qu’ils pourraient subir par après », a-t-il affirmé.

Yahya Jammeh, réfugié depuis janvier 2017 en Guinée équatoriale

Le chef de l’Etat équato-guinéen, au pouvoir depuis 38 ans, a par ailleurs félicité son homologue guinéen pour son travail à la tête de l’UA, où il a démontré qu’il était « un grand panafricaniste ».

En janvier 2017, le président gambien Yahya Jammeh avait été contraint de partir en exil après plus de 22 ans à la tête de ce pays anglophone d’Afrique de l’Ouest et après avoir contesté pendant six semaines sa défaite à l’élection présidentielle de décembre 2016 face à Adama Barrow.

Sous la menace d’une intervention militaire des pays d’Afrique de l’Ouest, et après plusieurs médiations régionales, notamment une ultime initiative guinéo-mauritanienne, il avait consenti à quitter le pouvoir et avait trouvé refuge en Guinée Equatoriale. Un an après son départ, la stabilité politique reste néanmoins fragile en Gambie, du fait notamment de l’influence persistante des ex-chefs militaires du régime Jammeh.

Jeuneafrique.com

Nana-Jo N’Dow: « Il faut un maximum de témoignages de victimes de Yahya Jammeh »

octobre 30, 2017

Yahya Jammeh saluant ses derniers supporteurs avant de prendre l’avion pour Malabo en Guinée, le 21 janvier 2017. © Jerome Delay/AP/SIPA

Nana-Jo N’Dow, fille d’un opposant gambien disparu sous le régime de Yahya Jammeh, est une des figures de la campagne récemment lancée en Gambie pour juger l’ancien président, exilé en Guinée équatoriale depuis son départ du pouvoir, en janvier dernier. Interview.

Du 19 au 21 octobre, plusieurs ONG gambiennes et internationales de défense des droits humains se sont réunies à Banjul avec un objectif : parvenir à juger Yahya Jammeh pour les nombreux crimes présumés commis par son régime, de 1994 à 2017.

Nana-Jo N’Dow est la fille d’un ex-opposant à Jammeh, disparu en 2013. Avec d’autres victimes, elle se bat pour obtenir justice et pour que l’ex-président finisse devant un tribunal, comme le Tchadien Hissène Habré.

Jeune Afrique : Qu’est-il arrivé à votre père, Saul Ndow, en 2013 ?

Nana-Jo N’Dow : Mon père était un homme d’affaires, notamment actif dans le domaine de l’import-export. Il était aussi un opposant à Yahya Jammeh. En avril 2013, il est allé à un rendez-vous d’affaires à Dakar avec Mahawa Cham, un ancien député. Nous avons ensuite perdu leur trace. Dans leurs auditions par les enquêteurs, Bubacarr Jarju et Suwandi Camara, deux anciens mercenaires à la solde de Jammeh, ont déclaré qu’ils avaient retrouvé Cham et mon père à Ziguinchor et qu’ils les avaient ensuite livré à des Jungulers [des « escadrons de la mort » à la solde de l’ex-président gambien] quelque part en Casamance. Pour le reste, nous ne savons pas ce qu’il s’est passé.

Pensez-vous qu’il puisse être toujours en vie ?

Non, je suis sûre qu’il a été tué. Mon père était voulu mort ou vif par Jammeh, qui le recherchait depuis des années. Parmi les Jungulers auxquels il a été livré, deux se trouvent aujourd’hui en Guinée équatoriale avec Jammeh. Et un troisième, le colonel Bojang, est recherché pour meurtres et tortures. Cela m’étonnerait que ces hommes aient gardé mon père en vie.

Quels ont été les principaux crimes commis par le régime de Yahya Jammeh ?

Il y a eu de nombreux cas de disparitions forcées, de meurtres, de tortures… Environ 400 victimes se sont inscrites auprès du Centre gambien pour les victimes de violation des droits humains. Mais de nombreuses autres victimes ne se sont pas encore fait connaitre, en particulier dans les villages gambiens. Convaincre ces personnes de se mettre en relation avec l’association était un des objectifs de la conférence de presse que nous avons organisée le 21 octobre à Banjul. Nous avons aussi l’intention d’organiser des tournées dans les différentes régions de Gambie pour inciter les gens à nous rejoindre. Cela n’est pas facile, car nous partons de loin : certaines personnes ont toujours peur – ou honte – de dire qu’elles ont été victimes de Jammeh. La parole va mettre du temps à se libérer.

Les autorités gambiennes semblent se concentrer d’abord sur les questions de réconciliation nationale

Comment comptez-vous procéder pour juger Yahya Jammeh ?

Il faut d’abord rassembler toutes les preuves contre lui. Il nous faut donc un maximum de témoignages de victimes. Nous allons mettre en place une base de données qui permettra aux victimes de s’inscrire facilement et de recenser les différents crimes qu’elles ont subis. Nous voulons aussi préserver leur anonymat quand elles le souhaitent, car certaines ne veulent pas que leur identité soit rendue publique.

La justice gambienne a-t-elle ouvert une enquête sur ces crimes commis par le régime Jammeh ?

Non. Les autorités gambiennes semblent se concentrer d’abord sur les questions de réconciliation nationale. Pour l’instant, poursuivre Jammeh en justice ne fait pas partie de leurs priorités.

Teodoro Obiang Nguema n’a rien à gagner à protéger Yahya Jammeh

N’est-il pas utopiste d’envisager un procès contre Yahya Jammeh tant qu’il bénéficie de la protection des autorités de Guinée équatoriale ?

Non, je ne pense pas. Je suis parfaitement consciente que cela va prendre des années, mais je pense que Teodoro Obiang Nguema n’a rien à gagner à protéger Yahya Jammeh. Sans oublier qu’il a aussi ses propres problèmes à gérer, comme la récente condamnation de son fils dans l’affaire des biens mal acquis en France.

Comment faire plier les autorités équato-guinéennes ?

Nous comptons solliciter l’Union africaine (UA) et tous les pays qui ont de l’influence sur Obiang. Nous allons essayer de lui imposer une pression judiciaire et financière de l’extérieur. Il finira par plier, car Jammeh ne lui apporte rien.

Espérez-vous organiser ce procès de Yahya Jammeh en Gambie ?

La majorité des victimes veulent que justice soit rendue dans leur pays. Elles souhaitent que ce procès se tienne en Gambie, autant pour y assister que pour le symbole que cela représente. Actuellement, la Gambie n’est pas encore prête à organiser un tel procès, mais elle le sera peut-être dans quelques années.

Jeuneafrique.com par

Gambie: des victimes veulent un « procès Jammeh », sur le modèle du procès Habré

octobre 6, 2017
Le président gambien Yahya Jammeh © Sunday Alamba/AP/SIPA

Les 19 et 20 octobre, des ONG gambiennes et internationales de défense des droits humains se réuniront à Banjul pour se pencher sur les crimes commis sous le régime de Yahya Jammeh entre 1994 et 2017.

C’était en avril dernier. Après la condamnation en appel de Hissène Habré à la prison à perpétuité par les Chambres africaines extraordinaire (CAE) à Dakar, une délégation de victimes de l’ex-dictateur tchadien s’envolait pour Banjul. Parmi elles, les Tchadiens Souleymane Guengueng et Clément Abaïfouta, ou encore le Sénégalais Abdourahmane Gueye.

Accompagnés par leurs avocats Reed Brody et Jacqueline Moudeïna, ils ont rencontré plusieurs victimes gambiennes de crimes commis sous le régime de Yahya Jammeh, dont Fatima Sandeng, la fille de l’opposant Solo Sandeng mort en détention en avril 2016.

Espoir de justice

De cette rencontre est née l’espoir, pour ces victimes gambiennes, d’obtenir à leur tour justice contre leur bourreau présumé, contraint à l’exil en Guinée équatoriale le 21 janvier dernier. Ces derniers mois, environ 250 d’entre elles se sont regroupées au sein du Centre gambien pour les victimes de violations des droits humains.

Réfléchir à la meilleure stratégie pour juger Yahya Jammeh et ses complices

Les 19 et 20 octobre, cette ONG organise une rencontre à Banjul avec Equatorial Guinea Justice (la principale organisation équato-guinéenne – en exil – de défense des droits humains) et différentes ONG internationales (Human rights watch, Trial international, Sherpa…).

Objectif ? « Aider les victimes à se regrouper et réfléchir ensemble à la meilleure stratégie pour juger Yahya Jammeh et ses complices », répond Reed Brody, avocat américain de Human rights watch (HRW), qui a joué un rôle central dans la condamnation de Habré.

Les organisateurs de cette rencontre le reconnaissent eux-même : la bataille judiciaire qui s’annonce contre Yahya Jammeh sera longue et difficile. Selon eux, une des premières étapes sera notamment de trouver les moyens d’augmenter la pression sur le président équato-guinéen Teodoro Obiang Nguema pour le contraindre à « lâcher » son protégé gambien.

Jeuneafrique.com par

Gambie : La crainte de Yahya Jammeh toujours vivace

février 15, 2017

La peur instillée à toutes les couches de la société par le caractère arbitraire du régime de Yahya Jammeh (notre photo), a brouillé les frontières entre réalité et fiction, alimentant les rumeurs les plus folles, dans un pays où les superstitions sont, déjà, vivaces.

Début février, les soldats de la force ouest-africaine chargés d’assurer la protection du nouveau président, Adama Barrow, et dont le mandat vient d’être prolongé de trois mois, ont arrêté un ancien militaire armé d’un pistolet dans la mosquée où le président accomplissait la grande prière du vendredi.

L’arme a été découverte pendant la fouille des fidèles par les gendarmes sénégalais, a précisé la force de la Communauté économique des Etats d’Afrique de l’Ouest (CEDEAO), ajoutant que le suspect avait déclaré avoir appartenu à la garde rapprochée de l’ex-président, Yahya Jammeh.

Pour des raisons, encore, inexpliquées, Adama Barrow, rentré en Gambie le 26 janvier, cinq jours après le départ de son prédécesseur vers la Guinée équatoriale, ne s’est, toujours, pas installé à la présidence, pourtant, passée au peigne fin par les troupes ouest-africaines.

Le chef de la force de la CEDEAO, le général, François Ndiaye, a indiqué le 30 janvier que des armements avaient été saisis dans une maison de M. Jammeh, à Kanilai, son village natal, à une centaine de km, à l’Est de la capitale Banjul, mais, affirmé que « la sécurité du pays était totalement sous contrôle ».

Le général Ndiaye a balayé les bruits sur la présence de produits toxiques dans les climatiseurs de la présidence, précisant que les seules substances chimiques retrouvées étaient des insecticides contre les termites.

Ce n’était pas la première fois que Yahya Jammeh était soupçonné de tentative d’empoisonnement.

En 2009, d’après des témoignages recueillis, des centaines de villageois avaient été contraints de boire des concoctions qui avaient tué plusieurs d’entre eux, lors d’une opération « anti-sorcellerie », Yahya Jammeh imputant le récent décès de sa tante à des pratiques occultes, selon Amnesty International.

La croyance au surnaturel, notamment, aux gris-gris, est très répandue en Gambie. Le chef d’état-major, Ousman Badjie, qui a prêté allégeance au président Barrow après avoir servi son prédécesseur, a, ainsi, été vu, ces derniers mois, arborant une dizaine de ces talismans, au cou et aux poignets.

« Nous cousons ce gri-gri, et il protège des armes à feu et des couteaux », a expliqué Mohammed Ba, un « faraba », ou fabricant d’amulettes, dans son échoppe de Serrekunda, près de Banjul.
La mort le 15 janvier, à Banjul, dans des circonstances étranges d’un jeune fils de M. Barrow – qui lui-même avait quitté le pays quelques jours auparavant, la CEDEAO craignant pour sa sécurité tant que M. Jammeh était en place – a, également, enflammé l’imagination des Gambiens.

Un chien dont les morsures avaient provoqué le décès de l’enfant a subi une injection mortelle cinq jours après le retour du nouveau président, mais, cet épilogue n’a pas, totalement, fait taire les rumeurs de sorcellerie.

Au-delà de la dimension, parfois, fantasmagorique des crimes qui lui sont attribués, si Yahya Jammeh reste redouté par de nombreux Gambiens, il le doit, surtout, aux violations des droits de l’homme de son régime, assumées, publiquement, dans son rejet systématique des protestations internationales.

Le président Barrow a exclu toute « chasse aux sorcières », privilégiant la création d’une Commission Vérité et Réconciliation et accepté que Yahya Jammeh emporte tous les biens qu’il souhaitait, y compris, sa collection de voitures de luxe.

Afriqueeducation avec AFP.

Gambie : un ex-garde du corps de Jammeh arrêté avec une arme dans la mosquée où Barrow priait

février 13, 2017

Une pancarte annonce l’inauguration d’Adama Barrow le 18 février. © Jerome Delay/AP/SIPA

Selon la force ouest-africaine en Gambie (Ecomig), un soldat et ancien membre de la garde rapprochée de l’ex-président Yahya Jammeh, a été trouvé en possession d’une arme à feu dans une mosquée de Banjul. Un lieu de prière où se trouvait le nouveau chef de l’Etat, Adama Barrow.

« Lors de la prière du vendredi 10 février 2017 à la mosquée King Fahd de Banjul, à laquelle participait Son Excellence Monsieur Adama Barrow, président de la République de Gambie, la force Ecomig avait déployé un dispositif de sécurité conformément à son mandat », précise dimanche un communiqué de la force en Gambie de la Communauté économique des États d’Afrique de l’Ouest (Cedeao).

« Au cours de la fouille des fidèles, effectuée par les personnels du détachement de la Gendarmerie nationale sénégalaise, il a été découvert sur le nommé Babucarr Njie un pistolet automatique de marque ‘Helwan’ de calibre 9mm avec un chargeur garni de huit cartouches à balle réelle », ajoute le texte.

Enquête en cours

Selon l’Ecomig, « l’individu interpellé, né le 1er janvier 1985 à Madina Daru, en Gambie, déclare être un militaire des forces armées gambiennes, anciennement détaché à la garde rapprochée de l’ex-président Yahya Jammeh ».

L’Ecomig a remis le suspect aux autorités policières gambiennes avec le matériel saisi et ses autres effets personnels, pour la suite de l’enquête. La mission militaire de l’Ecomig déployée en Gambie pour renforcer la sécurité du régime du nouveau président Adama Barrow, vient d’être prolongée de trois mois, avait annoncé mercredi dernier la présidence gambienne.

Jeuneafrique.com avec AFP

Gambie : déchu, Yahya Jammeh récupère ses Rolls-Royce

février 6, 2017

Yahya Jammeh salue ses derniers supporteurs avant de prendre l’avion pour Malabo en Guinée, le 21 janvier 2017. © Jerome Delay/AP/SIPA

L’ex-président gambien a tenu à rapatrier en Guinée ses voitures restées à Banjul, mais toutes ne sont pas arrivées à bon port…

Dans la nuit du 21 au 22 janvier, quelques heures après le départ de Yahya Jammeh pour la Guinée équatoriale, un avion-cargo de l’armée de l’air tchadienne se posait à 00h26 à Banjul pour embarquer deux Rolls-Royce et une Mercedes-Benz appartenant à l’ex-autocrate gambien.

Destination de cette luxueuse cargaison : Malabo, où Jammeh vit désormais en exil.

Cet avion était censé transporter dix autres de ses voitures – dont des Range Rover et d’autres Mercedes –, mais il n’est jamais revenu à Banjul. Selon des sources diplomatiques, les nouvelles autorités gambiennes se seraient opposées à l’exfiltration des véhicules restants, désormais garés à la présidence.

Jeuneafrique.com

Adama Barrow de retour en Gambie cinq jours après le départ de Yahya Jammeh

janvier 27, 2017

 
Le président de la Gambie Adama Barrow à son arrivée à l’aéroport de Banjul le 26 janvier 2017. © Jerome Delay/AP/SIPA

Le nouveau président gambien Adama Barrow est rentré ce jeudi après-midi à Banjul, cinq jours après le départ en exil de son prédécesseur Yahya Jammeh. De nombreux Gambiens se sont massés autour de l’aéroport pour l’accueillir.

Parmi l’assistance venue attendre son arrivée, sous la surveillance de militaires sénégalais et nigérians cagoulés et lourdement armés, ainsi que d’un détachement de soldats gambiens, figurait la vice-présidente Fatoumata Jallow Tambajang.

Adama Barrow, en chéchia et tunique blanches, est descendu d’un avion militaire sénégalais portant l’emblème de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (Cedeao), accompagné de ses deux épouses et de plusieurs de ses enfants.

Jammeh en Guinée équatoriale

À l’aéroport de Banjul, une foule était massée depuis le début de l’après-midi pour lui réserver un accueil triomphal, avec des groupes de danseurs et de joueurs de tambour. Accueilli au Sénégal depuis le 15 janvier à la demande de la Cedeao, Adama Barrow différait son retour, invoquant des inquiétudes pour sa sécurité.

Vainqueur de l’élection du 1er décembre face à Yahya Jammeh, qui avait initialement reconnu sa défaite avant de se raviser le 9 décembre, Adama Barrow avait prêté serment le 19 janvier à l’ambassade de Gambie à Dakar. Il n’était plus apparu en public depuis. Quant à Yahya Jammeh, il a finalement quitté le pays le soir du 21 janvier pour être accueilli par la Guinée équatoriale.

Jeuneafrique.com avec AFP