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Au Yémen, le cap du million de cas de choléra atteint

décembre 21, 2017

Des femmes et des enfants manifestent à Sanaa pour protester contre l’intervention de la coalition sous commandement saoudien au Yémen, le 21 décembre 2017 / © AFP / Mohammed HUWAIS

Les cas de choléra suspectés au Yémen se chiffrent désormais à un million, a annoncé jeudi le Comité international de la Croix-Rouge (CICR) tandis que la coalition menée par l’Arabie saoudite continuait à frapper les rebelles Houthis dans ce pays en guerre.

« Les cas de choléra suspectés ont atteint la barre du million, ce qui amplifie les souffrances du pays pris dans une guerre brutale », a indiqué le CICR dans un tweet.

Ce chiffre avait déjà été avancé par des ONG travaillant au Yémen qui ont regretté mardi, dans des entretiens avec l’AFP à Paris, le fait que le conflit reste largement oublié.

Entre le 27 avril et le 8 novembre 2017, l’Organisation mondiale de la santé (OMS) a enregistré 913.741 cas suspects de choléra et 2.196 décès liés à cette maladie.

L’Arabie saoudite dirige depuis mars 2015 une coalition militaire qui intervient, notamment par les airs, contre les rebelles Houthis. Ceux-ci occupent de larges pans du pays –dont la capitale Sanaa– depuis qu’ils en ont chassé les forces progouvernementales.

Elle impose un blocus au pays et n’autorise que les cargaisons humanitaires et commerciales après inspection, ce suscitant des critiques d’ONG et d’organisations internationales.

L’OMS a averti le 10 novembre à Genève que la lutte contre le choléra au Yémen risque de subir « un revers sérieux » si le blocus du pays se poursuit.

« Nous avons fait des progrès (dans le traitement de l’épidémie) mais nous allons subir un sérieux revers si nous n’avons pas un accès total à toutes les zones touchées », avait alors expliqué une porte-parole de l’OMS, Fadela Chaïb.

Le coordinateur des urgences de Médecins sans frontières (MSF) pour le Yémen, Marc Poncin, a déclaré à l’AFP que les taux de mortalité due au choléra étaient en baisse ces derniers mois mais que l’épidémie était loin d’être vaincue, notamment à l’approche de la saison des pluies.

– Un chef d’Al-Qaïda tué –

La coalition sous commandement saoudien a annoncé mercredi que le port de Hodeida, sur la mer Rouge, resterait ouvert « pour une période de 30 jours » pour l’aide humanitaire et les bateaux commerciaux transportant notamment nourriture et carburant.

Elle a en même temps accentué la pression sur les rebelles au sud de Hodeida, multipliant les raids aériens contre leurs positions.

Au moins 43 Houthis ont été tués dans ces raids en 24 heures, ont affirmé jeudi des sources médicales et militaires.

Des civils ont également péri mercredi dans des frappes aériennes de la coalition sur plusieurs secteurs du pays, dont 11 à Saada (nord), non loin de la frontière saoudienne, selon un chef tribal local et la télévision Al-Massira, contrôlée par les Houthis.

De manière générale, la coalition a intensifié ses raids au Yémen depuis l’interception mardi, au dessus de Ryad, d’un missile balistique tiré par les rebelles Houthis.

L’Arabie saoudite accuse son grand rival régional, l’Iran chiite, de soutenir militairement les Houthis, ce que Téhéran a de nouveau « fermement » démenti.

Le conflit au Yémen a fait plus de 8.750 morts, dont de nombreux civils, depuis l’intervention de la coalition, selon l’ONU. Cette coalition affirme quant à elle avoir depuis tué quelque 11.000 Houthis.

Parallèlement, le chef de la propagande d’Al-Qaïda dans la péninsule arabique (Aqpa), le Saoudien Abou Hajer al-Mekki, et cinq autres membres du réseau jihadiste, ont péri mercredi soir dans des attaques de drone américaines contre leurs véhicules à Wadi Obeida, dans la province de Marib, ont affirmé jeudi des sources tribales.

Aqpa, née de la fusion en 2009 des branches saoudienne et yéménite d’Al-Qaïda, est considérée par les Etats-Unis comme la branche la plus dangereuse du réseau extrémiste.

Romandie.com avec(©AFP / 21 décembre 2017 13h25)

Yémen: l’ex-président Saleh tué par ses anciens alliés Houthis , confirme une dirigeante de son parti

décembre 4, 2017

L’ex-président yéménite Ali Abdallah Saleh, prononçant un discours à Sanaa, le 10 mars 2011 / © AFP/Archives / MOHAMMED HUWAIS

 

L’ancien président yéménite Ali Abdallah Saleh a été tué lundi par balles par des rebelles Houthis, quelques jours après la rupture de l’alliance entre les deux camps, à l’origine d’affrontements meurtriers dans la capitale Sanaa.

La mort de l’ex-dirigeant, 75 ans dont 33 au pouvoir, pourrait constituer un tournant dans le conflit qui ensanglante le Yémen, sans pour autant améliorer le sort des civils.

Au centre de la « pire crise humanitaire au monde » selon l’ONU, cette guerre avive les tensions autour de la rivalité entre l’Arabie saoudite sunnite et l’Iran chiite, accusé par Ryad de soutenir militairement les Houthis, ce que Téhéran réfute.

« Le ministère de l’Intérieur (contrôlé par les Houthis) annonce la fin de la milice de la trahison et la mort de son chef (Ali Abdallah Saleh) et d’un certain nombre de ses éléments criminels », a affirmé la télévision des Houthis, Al-Massirah, en citant un communiqué.

Lundi, le président yéménite Abd Rabbo Mansour Hadi, à la tête du gouvernement reconnu par la communauté internationale, a annoncé une opération pour reprendre la capitale Sanaa et appelé les Yéménites à « ouvrir une nouvelle page » de l’histoire du pays.

« Joignons nos efforts pour en finir avec ces bandes criminelles et entamer la construction d’un nouveau Yémen fédéral où règnera la justice, la dignité, (…) la stabilité et le développement », a-t-il lancé dans un discours télévisé prononcé depuis Ryad, où il vit en exil.

– Violente rupture –

Une vidéo remise lundi à un journaliste de l’AFP par les Houthis montrait le cadavre de ce qui semble être l’ancien président Saleh, évincé du pouvoir en 2012 dans le sillage du Printemps arabe.

Ce décès a ensuite été confirmé par une dirigeante de son parti, le Congrès populaire général (CPG).

Selon elle, l’ancien président et d’autres hauts responsables du CPG ont été la cible de tirs nourris de Houthis alors qu’ils quittaient Sanaa vers des zones tenues par des forces pro-Saleh.

Une source militaire a précisé à l’AFP, sous couvert de l’anonymat, qu’un convoi de quatre véhicules avait été bloqué à environ 40 km au sud de la capitale. Selon elle, Saleh a été tué par balle avec deux hauts dirigeants du CPG.

Dans un discours retransmis sur Al-Massira, le chef rebelle Abdelmalek Al-Houthi, 38 ans, s’est félicité en soirée de « l’échec du complot », sans mentionner le sort de l’ex-président Saleh.

Il faisait référence à la violente rupture d’alliance, la semaine dernière, entre M. Saleh et les rebelles Houthis, issus de la minorité zaïdite, une branche du chiisme.

Cette alliance avait été scellée il y a trois ans et, depuis, les deux camps contrôlaient conjointement la capitale au détriment du gouvernement de Abd Rabbo Mansour Hadi, réfugié dans le sud du Yémen.

Les affrontements entre alliés, qui ont éclaté mercredi, ont fait au moins 100 morts et blessés, selon des sources de sécurité et hospitalières.

Après ce revirement d’alliance, Ali Abdallah Saleh avait tendu la main samedi à l’Arabie saoudite, qui intervient militairement au Yémen en soutien du gouvernement Hadi, en échange de la levée du blocus que Ryad impose au Yémen.

Les Houthis avaient dénoncé une « grande trahison ».

– ‘Amnistie générale’ –

Lundi, le président Hadi a « donné pour ordre à son vice-président Ali Mohsen al-Ahmar, qui se trouve à Marib (100 km de Sanaa), d’activer la marche (…) vers la capitale », selon un membre de son entourage.

Baptisée « Sanaa l’Arabe », l’opération consisterait, selon cette source, à prendre la capitale en tenailles. D’après des sources militaires loyalistes à Marib, sept bataillons ont reçu l’ordre de marcher sur Sanaa.

Pour tenter d’affaiblir les rebelles, le gouvernement yéménite a également annoncé sa volonté d’offrir une amnistie à tous ceux qui cesseraient de collaborer avec eux, une main tendue aux pro-Saleh.

M. Hadi « proposera prochainement une amnistie générale à tous ceux qui ont collaboré avec les Houthis et ont décidé de se rétracter », a affirmé le Premier ministre Ahmed ben Dagher à Aden, la grande ville du sud.

Mais à Sanaa, les Houthis donnaient l’impression lundi de prendre le dessus sur les forces de M. Saleh, selon des journalistes sur place.

La guerre au Yémen a fait plus de 8.750 morts depuis mars 2015 et l’intervention d’une coalition militaire menée par Ryad contre les Houthis.

Les derniers développements font craindre des risques encore accrus, en particulier à Sanaa, où des affrontements entre rebelles se poursuivaient lundi soir.

La coalition sous commandement saoudien a exhorté lundi les civils à se tenir à « plus de 500 mètres » des zones contrôlées par les rebelles, laissant supposer une intensification de ses raids aériens.

Romandie.com avec(©AFP / 04 décembre 2017 20h40)                

Yémen: 11 millions d’enfants ont désespérément besoin d’aide, alerte l’ONU

novembre 26, 2017

Un enfant yéménite souffrant de malnutrition, dans un hôpital de Sanaa, le 22 novembre 2017 / © AFP /

Plus de 11 millions d’enfants ont désespérément besoin d’aide humanitaire au Yémen, pays en guerre et en proie à la famine, a alerté dimanche le Fonds des Nations unies pour l’enfance (Unicef).

« Aujourd’hui, il est juste de dire que le Yémen est l’un des pires endroits sur terre pour être un enfant », a affirmé Geert Cappelaere, directeur régional de l’Unicef pour le Moyen-Orient et l’Afrique du Nord.

« Deux millions d’enfants au Yémen souffrent de malnutrition aiguë (et) presque tous les petits garçons et filles yéménites » ont désespérément d’assistance humanitaire, a-t-il indiqué lors d’une conférence de presse dans la capitale jordanienne Amman.

« Nous estimons que toutes les 10 minutes un enfant meurt au Yémen de maladies pouvant être évitées », a ajouté le représentant onusien.

Depuis l’intervention au Yémen en mars 2015 d’une coalition arabe sous commandement saoudien pour stopper la progression des rebelles Houthis face aux forces gouvernementales, le conflit a fait plus de 8.750 morts et 50.600 blessés, selon les Nations unies.

L’ONU, qui dit craindre « la plus grande famine » de ces dernières décennies au Yémen, a appelé cette coalition à lever rapidement le blocus qu’elle impose à ce pays, faute de quoi « des milliers de victimes innocentes » vont « mourir ».

Samedi, un avion chargé d’aide humanitaire affrété par l’Unicef a atterri à Sanaa, pour la première fois depuis le renforcement début novembre du blocus en réponse à un tir de missile des Houthis intercepté au-dessus de Ryad.

Mais le port de Hodeida (ouest), par où transitent les cargaisons de nourriture et de médicaments, reste fermé, déplorent des responsables de l’ONU.

« La guerre au Yémen est malheureusement une guerre contre les enfants », a indiqué M. Cappelaere, soulignant que près de 5.000 enfants avaient été tués ou gravement blessés depuis mars 2015.

« Des milliers d’écoles et de centres de santé ont été endommagés ou entièrement détruits », a-t-il ajouté.

Romandie.com avec(©AFP / 26 novembre 2017 16h16)                

Arrivée des premières aides à l’aéroport de Saana depuis 3 semaines

novembre 25, 2017

Déchargement de cartons de vaccins à l’aéroport de Sanaa, le 25 novembre 2017 / © AFP / MOHAMMED HUWAIS

Un avion chargé d’aide humanitaire affrété par l’Unicef a atterri samedi à Sanaa, pour la première fois depuis le renforcement début novembre d’un blocus imposé par la coalition sous commandement saoudien au Yémen.

Cette coalition militaire est intervenue au Yémen en mars 2015 pour stopper la progression des rebelles yéménites Houthis face aux forces gouvernementales.

Elle avait imposé un blocus total au Yémen après le tir le 4 novembre d’un missile balistique par les rebelles en direction de l’Arabie saoudite. L’engin avait été intercepté au dessus de l’aéroport international de Ryad.

Après des appels pressants de l’ONU, la coalition avait annoncé mercredi la réouverture du port de Hodeida (ouest) et de l’aéroport de Sanaa, tous les deux contrôlés par les rebelles, pour l’aide humanitaire.

Samedi matin, 1,9 million de vaccins sont parvenus dans la capitale yéménite, a indiqué sur Twitter la représentante de l’Unicef au Yémen, Meritxell Relano.

Selon l’Unicef, ces vaccins doivent servir a protéger 600.000 enfants contre la diphtérie, une maladie en progression au Yémen.

La diphtérie est venue s’ajouter à une épidémie de choléra. Entre le 27 avril et le 8 novembre, l’OMS a enregistré 913.741 cas suspects de choléra et 2.196 décès liés à cette maladie, même si le nombre de cas est en diminution depuis plusieurs semaines.

Le photographe de l’AFP a constaté sur le tarmac de l’aéroport des piles de cartons remplis de vaccins.

Trois autres avions affrétés par le Programme alimentaire mondial (PAM) et le Comité international de la Croix-Rouge (CICR) ont également atterri samedi à Sanaa avec à bord des travailleurs humanitaires.

« Je confirme que notre avion a atterri ce matin à Sanaa », transportant du personnel, a indiqué à l’AFP la porte-parole du CICR pour le Moyen-Orient Iolanda Jaquemet.

Un porte-parole du PAM a indiqué qu’un bateau transportant de l’aide attendait encore l’autorisation d’entrer dans le port de Hodeida.

Selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS), le conflit au Yémen a fait, depuis l’intervention de la coalition militaire arabe, plus de 8.750 morts et 50.600 blessés, dont de nombreux civils.

Le pays connaît « la pire crise humanitaire de la planète », selon l’ONU qui a averti que sept millions de Yéménites se trouvent au bord de la famine en raison de la poursuite du conflit.

Réagissant à l’arrivée des premières aides, un responsable de l’Autorité de l’aviation civile dépendante des rebelles houthis a réclamé la réouverture de l’aéroport de Sanaa à tous les vols civils et humanitaires, estimant que les quantités délivrées ce samedi étaient insuffisantes.

Dans une déclaration sur la chaîne al-Massira proche des rebelles, leur chef Abdel-Malek al-Houthi a appelé ses partisans à rester mobilisés face à toute « nouvelle escalade saoudienne ».

La guerre au Yémen oppose les forces gouvernementales du président Abd Rabbo Mansour Hadi, qui ont été chassées en septembre 2014 de Sanaa, aux rebelles Houthis, issus de la minorité zaïdite (branche du chiisme).

Romandie.com avec(©AFP / 25 novembre 2017 16h20)                

Oman obtient la libération d’un prêtre indien enlevé au Yémen en 2016

septembre 12, 2017

 

Capture d’écran diffusée le 12 septembre 2017 montrant Thomas Uzhunnalil, prêtre indien enlevé en 2016 au Yémen / © OMAN TV/AFP / HO

Un prêtre indien enlevé en 2016 au Yémen lors d’une attaque contre un hospice attribuée à des jihadistes, a été libéré à la faveur d’une intervention du sultanat d’Oman, a annoncé mardi l’agence officielle ONA.

Le père catholique Thomas Uzhunnalil avait été enlevé lors de cette attaque à Aden (sud) qui avait fait 16 morts, dont quatre religieuses catholiques, et avait été condamnée à l’époque comme « insensée et diabolique » par le pape François.

Les autorités de Mascate ont réussi à « ramener mardi matin à Oman un employé du Vatican » après l’avoir localisé en « coordination avec des parties yéménites », a rapporté l’agence omanaise ONA.

A New Delhi, la ministre des Affaires étrangères Shma Swaraj s’est dite « heureuse d’annoncer que le père Uzhunnalil a été secouru », dans un tweet.

L’agence omanaise a indiqué que les opérations de recherche du prêtre indien avaient été lancées sur « instruction du sultan Qabous » d’Oman et à la demande du Vatican.

L’ONA a publié deux photos de l’ex-otage qui y apparaît en bonne forme. L’une le montre descendant d’un petit avion et l’autre posant habillé d’une tunique traditionnelle omanaise et portant une longue barbe blanche.

L’attaque en mars 20165 contre l’hospice d’Aden n’avait pas été revendiquée.

Un conflit armé oppose depuis 2014 au Yémen rebelles et pouvoir. Les groupes jihadistes rivaux Al-Qaïda et Etat islamique (EI) ont profité du chaos pour élargir leur influence dans ce pays et mener de nombreux attentats meurtriers.

Al-Qaïda a nié son implication dans l’attaque contre l’hospice, mais les autorités l’ont attribuée aux jihadistes.

Durant sa détention, le prêtre indien est apparu à deux reprises dans des vidéos appelant à l’aide pour être remis en liberté par ses ravisseurs.

Il s’est ainsi adressé en décembre 2016 au pape François, lui demandant d’intervenir pour obtenir sa libération et indiquant qu’il avait des problèmes de santé.

Le gouvernement indien avait assuré après la diffusion de cette vidéo qu’il « ne ménagerait aucun effort » pour obtenir sa libération.

Le père Uzhunnalil est apparu une deuxième fois en mai dernier pour lancer un appel similaire.

Oman, qui entretient des relations équilibrées avec toutes les parties en conflit au Yémen, a réussi ces dernières années à obtenir la libération de plusieurs ressortissants de différentes nationalités enlevés ou disparus au Yémen.

Le dernier otage détenu au Yémen et libéré en mai 2017 avait été l’Australien Craig McAllister qui avait été kidnappé en septembre 2016 à Sanaa, la capitale contrôlée depuis 2014 par les rebelles.

Le Yémen a connu de nombreux enlèvements d’étrangers ces dernières décennies. Véritable industrie dans ce pays à forte tradition tribale, les tribus se servaient souvent de l’enlèvement d’étrangers pour demander des faveurs au gouvernement ou de l’argent.

Mais certains enlèvements ont été le fait de groupes extrémistes comme Al-Qaïda.

Romandie.com avec(©AFP / 12 septembre 2017 17h03)

300 migrants jetés à la mer en 24h près du Yémen, des dizaines de morts

août 10, 2017

Quelque 300 Africains ont été intentionnellement jetés à la mer en 24 heures par des passeurs au large du Yémen, dont des dizaines sont morts ou portés disparus / © AFP/Archives / ANDREAS SOLARO

Quelque 300 Africains ont été intentionnellement jetés à la mer en 24 heures par des passeurs au large du Yémen, dont des dizaines sont morts ou portés disparus, illustrant le traitement inhumain dont sont victimes des migrants à la recherche d’une vie meilleure.

Jeudi, au moins six migrants sont morts et 13 portés disparus au large de la province de Chabwa dans le sud du Yémen, le deuxième drame du genre depuis mercredi, a indiqué à l’AFP une porte-parole de l’Organisation internationale pour les migrations (OIM) au Yémen.

Selon l’OIM, au total 180 personnes en provenance d’Ethiopie ont été jetées à la mer jeudi par des passeurs. Les migrants étaient en majorité des adolescents et de jeunes adultes.

« Nous avons envoyé nos équipes dans la zone. Vingt-cinq passagers (blessés) du bateau sont actuellement soignés sur la côte du Yémen », a déclaré la porte-parole de l’OIM.

La veille, 120 migrants en provenance d’Ethiopie et de Somalie ont été jetés à la mer délibérément à l’approche également de la côte de Chabwa, a rappelé l’OIM, en estimant à environ 50 le nombre de victimes dont 29 corps ont été découverts dans des tombes creusées à la hâte sur la plage.

L’organisation a dit travailler étroitement avec le Comité international de la Croix-Rouge (CICR) pour donner une sépulture aux morts et soigner les survivants.

Les migrants en provenance de la Corne de l’Afrique continuent d’affluer au Yémen, qui est pourtant un pays pauvre déchiré par la guerre, avec l’espoir d’atteindre les pays du Golfe plus riches, selon l’OIM.

– ‘Choquant et inhumain’ –

« Les survivants ont dit à nos collègues sur la plage que les passeurs leur avaient demandé de se jeter à la mer après avoir vu ce qui semblait être des représentants des autorités », a indiqué Laurent de Boeck, chef de mission de l’OIM, en parlant de l’incident de jeudi.

« Ils nous ont également raconté que les passeurs avaient repris la route de la Somalie pour continuer le même trafic et emmener plus de migrants au Yémen », a-t-il ajouté.

« C’est choquant et inhumain. La souffrance des migrants sur cette route est immense. Beaucoup de jeunes gens paient les passeurs avec l’espoir d’avoir une vie meilleure », a encore dit le responsable, en estimant à 16 ans la moyenne d’âge des migrants.

Le trafic d’être humains entre la Somalie, où l’autorité de l’Etat est quasi-nulle, et le Yémen, qui connaît le même phénomène, n’a jamais cessé.

L’OIM estime à 55.000 le nombre de migrants -dont un tiers de femmes- arrivés au Yémen en provenance de la Corne de l’Afrique depuis le début de l’année.

Plus de 30.000 de ces nouveaux migrants ont moins de 18 ans.

– Victimes directes du conflit –

L’OIM s’est étonnée du fait que le trafic d’être humains se poursuivait alors que la saison connaît des vents violents dans l’océan Indien.

Déchiré depuis trois ans par une guerre opposant des rebelles accusés de liens avec l’Iran à des forces gouvernementales soutenues par l’Arabie saoudite, le Yémen, pays sans ressources, compte de nombreux camps où s’entassent des milliers de migrants africains.

La guerre a fait près de 8.400 morts et quelque 48.000 blessés depuis l’intervention en mars 2015 d’une coalition arabe menée par l’Arabie saoudite, en soutien aux forces gouvernementales, selon les derniers chiffres de l’Organisation mondiale de la santé.

L’ONU estime que le Yémen –où une épidémie de choléra a déjà fait plus de 1.900 morts– est le théâtre de « la plus grave crise humanitaire dans le monde ».

Certains des migrants africains ont été même des victimes directes du conflit.

En mars dernier, un hélicoptère a tiré sur un bateau de Somaliens au large du Yémen, faisant 42 morts et selon un rapport confidentiel des Nations unies, l’appareil appartenait à la coalition sous commandement saoudien.

L’embarcation transportait 140 personnes, avait précisé l’ONU en dénonçant une violation du droit humanitaire international.

Romandie.com avec(©AFP / 10 août 2017 20h08)                

Yémen: l’ONU s’attend à 300.000 cas de choléra fin août

juin 23, 2017

A Sanaa, au Yémen, le 9 juin 2017, une mère tient son fils qui pourrait être atteint du choléra / © AFP/Archives /

L’épidémie de choléra au Yémen, qui a déjà fait près de 1.300 morts, pourrait atteindre le seuil des 300.000 cas à la fin août, a averti vendredi le Fonds des Nations unies pour l’enfance.

« Nous atteindrons probablement 300.000 cas à la fin août », contre près de 193.000 actuellement, a déclaré aux médias à Genève la représentante de l’Unicef, Meritxell Relano, jointe par téléphone.

Elle a rappelé que l’épidémie avait déjà fait 1.265 morts, dont un quart étaient des enfants, et que la moitié des cas suspects enregistrés jusqu’à aujourd’hui (192.983) sont des enfants.

Le choléra est réapparu en avril après une première épidémie l’an dernier.

Le Yémen est un pays qui s’effondre, a averti l’ONU fin mai.

Depuis le début du conflit, 17 millions de personnes sont confrontées à des pénuries alimentaires, dont près de 7 millions sont proches de la famine, dans un pays très dépendant de l’importation de nourriture.

Plus de 8.000 personnes sont mortes depuis le lancement en mars 2015 d’une campagne militaire par plusieurs pays conduits par l’Arabie saoudite contre les rebelles houthis soutenus par l’Iran, qui contrôlent la capitale Sanaa.

Romandie.com avec(©AFP / 23 juin 2017 13h49)                

Yémen: 27 morts dans des combats entre rebelles et forces gouvernementales

juin 3, 2017

Des forces de sécurité yéménites à Sanaa, le 22 mai 2017 / © AFP/Archives / MOHAMMED HUWAIS

Les forces gouvernementales yéménites cherchaient samedi à prendre le contrôle d’un palais présidentiel tenu par les rebelles à Taëz, dans le sud du pays, où des combats ont fait au moins 27 morts, ont indiqué des sources médicale et militaire.

La grande partie de la province de Taëz est contrôlée par les rebelles chiites Houthis qui se battent depuis plus de deux ans contre les forces gouvernementales, appuyées par une coalition arabe dirigée par l’Arabie saoudite.

Des médecins de l’hôpital Thamar, qui se trouve sous le contrôle des rebelles, ont fait état de 19 rebelles tués dans les combats survenus ces dernières 24 heures dans le secteur du palais présidentiel.

Des sources militaires, parlant sous le couvert de l’anonymat, ont fait état de leur côté de la mort de huit soldats lors de ces affrontements.

Selon l’agence de presse officielle saoudienne, les forces progouvernementales se sont emparées samedi du palais à Taëz.

Des sources militaires sur le terrain ont cependant indiqué à l’AFP que les forces gouvernementales étaient entrées dans le palais mais qu’elles n’en avaient pas encore pris le contrôle.

La guerre au Yémen a éclaté après la conquête en 2014 par les rebelles d’une grande partie du pays et l’intervention militaire de la coalition arabe en mars 2015 pour aider le pouvoir à les stopper. Les Houthis, originaires du Nord, sont alliés à des militaires restés fidèles à l’ex-président Ali Abdallah Saleh.

Le conflit a fait plus de 8.000 morts et près de 45.000 blessés, selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS).

Environ deux tiers de la population –soit 17 millions de personnes– sont confrontées à des pénuries de nourriture, dans un pays très dépendant de l’importation de vivres.

En outre, depuis la fin avril, une épidémie de choléra a tué quelque 500 personnes et en a contaminé plus de 55.000 autres, dont un tiers d’enfants, selon l’ONU.

Romandie.com avec(©AFP / 03 juin 2017 16h52)                

Yémen: arrivée mouvementée de l’émissaire de l’ONU

mai 22, 2017

Le médiateur de l’ONU chargé de trouver une solution au conflit au Yémen, Ismaïl Ould Cheikh Ahmed, à l’aéroport de Sanaa le 22 mai 2017 / © AFP / MOHAMMED HUWAIS

Le médiateur de l’ONU chargé de trouver une solution au conflit au Yémen, est arrivé lundi à Sanaa où la garde chargée de son convoi a dû tirer en l’air pour disperser des protestataires, selon des témoins.

Les manifestants, certains en armes, ont momentanément bloqué le cortège d’Ismaïl Ould Cheikh Ahmed à la sortie de l’aéroport de la capitale yéménite Sanaa, contrôlée par les rebelles.

Des bouteilles d’eau ont été lancées sur son convoi et les gardes de sécurité ont tiré en l’air pour lui ouvrir la voie, ont rapporté les témoins.

Cet incident est survenu sur fond de critiques adressées à l’ONU par les rebelles Houthis pro-iraniens qui, depuis leur coup de force en 2014 contre le président Abd Rabbo Mansour Hadi, contrôlent Sanaa et de larges parties du territoire yéménite dans le nord et l’ouest.

Les forces progouvernementales, soutenues militairement par l’Arabie saoudite voisine, sont présentes essentiellement dans le sud du pays.

« L’ONU ne bouge que selon la volonté des agresseurs pour donner l’impression qu’il y a un processus de pourparlers politiques », a accusé le porte-parole des rebelles, Mohammed Abdessalam, sur sa page Facebook. « Les rencontres avec l’ONU ont un côté absurde ».

La guerre au Yémen a éclaté après la conquête en 2014 par les rebelles d’une grande partie du territoire et l’intervention militaire d’une coalition arabe sous commandement saoudien en mars 2015 pour aider le pouvoir à les stopper. Les Houthis, originaires du Nord, sont alliés avec les militaires restés fidèles à l’ex-président Ali Abdallah Saleh.

Sept accords de trêve négociés par l’ONU n’ont pas tenu et les efforts de paix sont au point mort.

Selon l’ONU, les civils constituent la majorité des quelque 8.000 morts et 45.000 blessés du conflit depuis mars 2015.

Trois objectifs

Dans une déclaration à la presse à l’aéroport, le médiateur onusien a indiqué qu’il voulait discuter avec les Houthis et leurs alliés des moyens d' »empêcher par tous les moyens une attaque contre le port de Hodeida » (ouest), sur la mer Rouge.

« Une telle attaque aurait de graves conséquences humanitaires que nous voulons éviter », a-t-il dit à propos d’une éventuelle opération militaire de la coalition arabe conduite contre ce port par lequel transite l’essentiel des importations du Yémen.

Le deuxième objectif de la visite concerne, selon le médiateur, les moyens de faire face à la grave crise humanitaire marquée par une épidémie de choléra, « une famine qui se profile » et la difficulté d’acheminer l’aide internationale.

Le bilan de l’épidémie de choléra s’est encore alourdi à 315 morts et 29.300 cas suspects recensés depuis fin avril, a annoncé l’Organisation mondiale de la santé.

Le troisième objectif est d’assurer « l’indépendance de la Banque centrale afin que les salaires soient versés à tous », a indiqué l’émissaire de l’ONU.

La Banque centrale fait l’objet d’une dispute entre les rebelles et le gouvernement Hadi qui a annoncé avoir transféré à Aden, dans le sud, le siège de cette institution, après avoir accusé les insurgés d’avoir pillé ses réserves.

Dans les faits, les fonctionnaires et employés de l’Etat, notamment dans le nord, n’ont pas reçu de salaires depuis des mois.

L’émissaire de l’ONU a dit espérer une trêve dans les combats durant le mois de jeûne musulman du ramadan qui commence fin mai.

Romandie.com avec(©AFP / 22 mai 2017 16h46)                

Le choléra se répand au Yémen, fait 115 morts

mai 14, 2017

Un enfant suspecté d’être infecté par le choléra reçoit un traitement à l’hôpital de Sanaa le 12 mai 2017 / © AFP / Mohammed HUWAIS

Le choléra se répand rapidement au Yémen, faisant 115 morts en deux semaines dans ce pays pauvre, dont les infrastructures hospitalières ont été fortement endommagées par deux ans de guerre et où la qualité de l’hygiène s’est fortement dégradée.

L’afflux des malades, souffrant de diarrhée et de vomissement, dépasse de loin les capacités d’accueil des centres hospitaliers, toujours opérationnels malgré la guerre.

« Nous sommes maintenant confrontés à une grave crise de choléra », a déclaré Dominik Stillhart, directeur des opérations du Comité international de la Croix-Rouge (CICR), lors d’une conférence de presse dans la capitale Sanaa, au terme d’une mission au Yémen.

Citant un bilan du ministère yéménite de la Santé, il a indiqué qu’entre le 27 avril et le 13 mai 115 personnes étaient mortes du choléra et plus de 8.500 cas suspects avaient été recensés dans 14 provinces du Yémen.

La maladie s’est répandue et le bilan s’est rapidement alourdi. Jeudi, le Bureau de coordination des affaires humanitaires de l’ONU avait confirmé 58 cas de choléra et fait état de 47 décès et de 2.301 cas suspects dans dix provinces.

Le manque d’hygiène à Sanaa, où la situation à empiré la semaine dernière avec une grève des éboueurs qui réclamaient leurs salaires impayés, « est un phénomène qui menace notre communauté », s’est inquiété un habitant, Ashraf Al-Hadi, qui en veut au gouvernement rebelle qui administre la ville.

Des tas d’ordures nauséabondes ont jonché pendant plusieurs jours les rues et les places de la capitale, contribuant à la dégradation de l’hygiène dans la ville.

Après un débrayage d’une dizaine de jours, les éboueurs ont repris le travail le weekend, au grand soulagement de la population.

Mais les centres hospitaliers sont débordés par un afflux massif de malades présentant des symptômes du choléra. « Il y a jusqu’à quatre patients atteints du choléra dans un seul lit », a déploré le responsable du CICR.

« Certains patients restent dans le jardin ou même dans des voitures avec leurs équipements de perfusion intraveineuse pendant à la fenêtre » du véhicule, a-t-il ajouté devant les journalistes à Sanaa.

Mohammed Mahdi, alité dans un hôpital de Sanaa, explique avoir eu la diarrhée et des vomissements après avoir « mangé avec sept amis dans un restaurant » de la ville.

Améliorer l’hygiène

Un responsable local de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS), Jameel Nashir, a appelé les habitants à soigner leur « hygiène personnelle » et à prendre « conscience de la dangerosité de la maladie ».

En outre, a-t-il ajouté, « ils devraient utiliser de l’eau provenant de sources sûres et éloignées des zones polluées », en allusion à la pénurie d’eau à Sanaa.

Dans une ville où le robinet ne coule dans certains quartiers qu’un jour par mois, les quelque 2 millions d’habitants dépendent des forages privés qui puisent l’eau dans des nappes phréatiques en voie d’épuisement et la revendent dans des camions-citernes.

Ali Al-Washali, hospitalisé pour diarrhée sévère, explique « boire depuis longtemps l’eau d’un puits artésien », servie par camion-citerne sans avoir de problème « mais de nos jours on en tombe malade ».

L’OMS classe désormais le Yémen comme l’une des plus grandes urgences humanitaires de la planète avec la Syrie, le Soudan du Sud, le Nigeria et l’Irak.

La guerre au Yémen oppose les forces loyales au président Abd Rabbo Mansour Hadi, soutenues par une coalition militaire arabe, à des rebelles Houthis alliés aux partisans de l’ex-président Ali Abdallah Saleh.

Selon l’OMS, les combats ont fait plus de 8.000 morts et plus de 44.500 blessés depuis mars 2015. Quelque 19 millions de personnes, soit 60% de la population, vivent en situation d’insécurité alimentaire, selon l’ONU.

Romandie.com avec(©AFP / 14 mai 2017 15h38)