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Côte d’Ivoire : un centre contre le coronavirus détruit par la population à Yopougon

avril 6, 2020

Opération de désinfection contre le coronavirus au marché de Port Bouet, le 30 mars 2020 (illustration).

Opération de désinfection contre le coronavirus au marché de Port Bouet, le 30 mars 2020 (illustration). © Diomande Ble Blonde/AP/SIPA 

Des habitants du quartier populaire de Yopougon, à Abidjan, ont violemment démantelé dimanche un centre de prélèvement qui était en construction dans le cadre de la lutte contre l’épidémie de coronavirus.

Sur des vidéos circulant sur les réseaux sociaux, on voit plusieurs dizaines de personnes au moins en train de démanteler un chapiteau en construction, certaines criant « on veut pas ! ». La scène se passe sur une grande place de Youpougon, importante commune populaire d’Abidjan, la capitale économique ivoirienne qui compte cinq millions d’habitants.

« Les populations ont manifesté contre l’installation d’un centre contre le coronavirus, car ils estiment qu’il est situé trop à l’intérieur d’un quartier d’habitation », a expliqué un responsable de la police sous couvert d’anonymat.

Ce n’était pas un centre de traitement des malades, mais « un centre de prélèvement » qui était en construction, « comme il y en a un peu partout qui sont mis en place », a assuré un responsable du ministère de la Santé sous couvert d’anonymat.

C’est la première fois que des incidents violents sont signalés dans le cadre de l’épidémie de Covid-19 en Côte d’Ivoire, encore relativement peu touché selon le bilan officiel, qui fait état dimanche de 261 cas et trois décès.

Les autorités se préparent à expansion de l’épidémie

Cependant les autorités ivoiriennes craignent une expansion de l’épidémie, et sont en train d’augmenter rapidement les capacités de soin.

Des mesures strictes ont été prises pour lutter contre l’épidémie : mise en quarantaine d’Abidjan d’avec le reste du pays, couvre-feu nocturne sur tout le territoire, fermeture de tous les commerces non essentiels, des écoles et des lieux de culte, interdiction des rassemblements. Mais pas de confinement jusqu’à présent.

Le gouvernement a annoncé mardi un vaste plan de soutien de 1 700 milliards de francs CFA (2,6 milliards d’euros), pour faire face aux conséquences économiques et sociales de l’épidémie, prévoyant que la croissance devrait être divisée par deux, à 3,6% en 2020.

 Par Jeune Afrique avec AFP

Côte d’Ivoire: un membre des forces de l’ordre tué dans les échanges de tirs de mercredi soir à Yopougon

juillet 20, 2017
Soldat ivoirien dans les rues d’Abidjan, le 22 octobre 2015. © Schalk van Zuydam/AP/SIPA

Des tirs ont retenti mercredi 19 juillet dans la soirée aux abords de l’école de police de Cocody, à Abidjan, où des hommes en armes ont confisqué des véhicules. Alors que la situation semblait revenir à la normale aux alentours de minuit à Cocody, des tirs ont également été entendus à Yopougon, où le bilan officiel fait état d’un mort dans les rangs du Centre de coordination des décisions opérationnelles.

Quelques heures après l’annonce d’un important remaniement ministériel et à moins de deux jours de l’ouverture des Jeux de la francophonie, de nombreux tirs ont retenti mercredi soir aux abords de l’école de police de Cocody. Des hommes en armes y ont braqué leurs fusils sur certains conducteurs et confisqué des véhicules.

« J’ai vu quelques hommes sortir de l’école de police, ils ont commencé à tirer. Je manœuvrais pour faire marche arrière, ils ont enfilé des cagoules et se sont mis à tirer de nouveau pour immobiliser mon véhicule, ils ont pris ma voiture. Ça tirait à l’extérieur comme à l’intérieur », raconte Achille, agent de sécurité de 37 ans.

Motivations inconnues

Les motivations de ces hommes en armes restaient inconnues mercredi soir. « Ils étaient habillés en policiers et ils m’ont dit qu’ils revendiquaient leurs droits », affirme à Jeune Afrique et à l’AFP Adama Diarassouba, chauffeur de taxi dont le véhicule a également été arraché devant l’école de police.

La situation semblait être revenue à la normale à Cocody aux alentours de 23h30 GMT. Aucun tir n’avait été entendu dans la soirée au camp militaire d’Akouédo ainsi qu’à l’état-major des armées, selon des riverains des quartiers du Plateau et de la Riviera. En revanche, des tirs ont retenti un peu plus tard, vers 0h30h GMT, dans la commune de Yopougon, selon un habitant contacté par l’AFP.

Le bilan officiel est d’un mort à Yopougon, où des échanges de tirs entre « des assaillants » et forces de l’ordre ont tué un élément du CCDO (Centre de coordination des décisions opérationnelles).

Ces tirs ont éclaté quelques heures après la nomination de Hamed Bakayoko au ministère de la Défense en remplacement de Alain-Richard Donwahi, fragilisé par les mutineries de janvier et mai. Le week-end dernier, des tirs avaient également été entendus dans une caserne d’Abobo, à Abidjan, mais aussi à Korhogo, dans le nord du pays, où au moins trois soldats ont été tués dans la nuit de vendredi à samedi.

Jeuneafrique.com par – à Abidjan

Côte d’Ivoire : bienvenue dans le quartier « bébés-mamans » de la Maca

novembre 23, 2016

Une Ivoirienne et son enfant dans un centre social de Yopougon, à Abidjan, en 2011. © Rebecca Blackwell/AP/SIPA

De très jeunes enfants vivent avec leur mère à la Maison d’arrêt et de correction d’Abidjan (Maca), où certains sont nés. Ni prisonniers, ni libres, ils ne sont référencés sous aucun titre d’incarcération car ils n’ont évidemment commis aucun crime ni délit. Administrativement, ils n’ont aucun statut. Reportage.

Maëlis, 7 mois : née en détention. Samaké, 2 ans : entré en détention à l’âge de 6 mois. Marie-Yvonne, 1 an : née en détention… En épluchant les registres carcéraux, on trouve des prisonniers à la situation pour le moins déconcertante. De fait, en Côte d’Ivoire, seize enfants ne possédant aucun titre de détention vivent dans les trente-quatre prisons que compte le pays.

C’est un paradoxe du Code pénal ivoirien. L’article 48 stipule bien que « la femme enceinte condamnée à une peine privative de liberté ne doit subir sa peine que huit semaines au moins après son accouchement. » Mais au ministère de la Justice, on peine à justifier la présence de ces femmes et nouveau-nés en détention au sein de la prison. « Un article inconnu des magistrats », « une loi peu appliquée », « le juge a le dernier mot »… Officiellement inexistants, ces enfants sont ainsi les grands oubliés des budgets alloués à l’alimentation ou à la santé.

Maëlis, 7 mois, n’a jamais connu d’autre univers que la prison

À l’entrée de la cour de la Maca, une phrase à la peinture bleue effritée annonce l’entrée du bâtiment des femmes. Derrière, se trouve le quartier « bébés-mamans ». Une pièce de 18m2 où s’entassent quatre enfants de 6 mois à 2 ans et demi, accompagnés de leurs mères, ainsi que de trois femmes enceintes. « C’est une chambre prévue pour deux personnes mais on manque un peu de place », avance maladroitement la gardienne en entrant dans la cellule.

La prison, censée accueillir 1 500 personnes, héberge aujourd’hui 4 165 détenus. Au milieu de la cellule, en train de tirer frénétiquement sur une des moustiquaires, Maëlis, 7 mois, n’a jamais connu d’autre univers que la prison. Avec pour tout cadre de vie une cour, une cellule surpeuplée et, de temps à autre, l’infirmerie. Dès qu’elle tente de rejoindre une cellule voisine en rampant, sa mère la rattrape rapidement. « Je ne peux pas la laisser s’éloigner », justifie Juliana. « À l’extérieur ce serait différent. Ici, je n’ai pas confiance. Une des détenues est parfois violente. »

Enfants morts-nés

Pour l’accouchement, Juliana a pu sortir de prison. Sans menottes, mais sous la surveillance constante de deux gardiennes en treillis. Arrivée un mardi à 15h à l’hôpital de Yopougon, elle en est sorti moins de 24h plus tard, direction la Maca. « Parfois la femme enceinte voit les signes trop tard et accouche sur place, mais c’est rare », assure Bouaffou Kouamé, le médecin chef de la prison. Quelques cas d’enfants morts-nés sont évoqués. On n’en parlera pas plus : « c’est marginal », assure-t-il.

Depuis un an, le suivi médical des enfants se fait entièrement en interne. Le personnel de la prison achète les vaccins à l’extérieur et deux sages-femmes s’occupent de les administrer. « Comme ça les enfants n’ont plus à sortir », se félicite l’administration pénitentiaire.

Quand ils sortent, les enfants doivent se détacher de leur maman mais également de la prison

Sortir de la prison. Passé l’âge de deux ans, cette question devient une urgence pour ces « enfants-Maca. » Emmanuel a quitté la prison il y a un an, après plus de quatre années passées au sein du bâtiment des femmes. Au moment de sa sortie, le diagnostic du médecin chef est alarmant. « Comportement agressif, violent. Il renvoie aux autres l’environnement hostile qu’il perçoit et pense être sa norme. »

Pourtant, Emmanuel fait partie des rares enfants à avoir pu sortir pendant le temps de leur incarcération. En 2013, l’association Mireille Hanty a mis en place un projet de scolarisation des enfants en détention. Les débuts ne sont pas faciles. « C’est d’autant plus anxiogène pour ces enfants qu’ils doivent se détacher de leur maman mais également de la prison, le seul environnement qu’ils connaissent », explique Christelle Dezaké, en charge du programme auprès de l’association.

Détention illégale pour les enfants de plus de deux ans

Cris, pleurs… La première fois qu’il a croisé une poule sur le chemin de l’école, Emmanuel s’est enfui en courant. Qu’en est-il de sa scolarisation ? Chaque matin, un bénévole de l’association vient chercher un des enfant à la Maca pour le conduire jusqu’à l’école et le ramener le soir. Une logistique complexe puisque la prison ouvre à 10h quand l’école commence à 8h.

« Ce ne sont techniquement pas des prisonniers, mais ils restent soumis aux horaires carcéraux », se désole Christelle. Aujourd’hui, le programme est à l’arrêt par manque de financements. Interrogé sur la présence de ces enfants en prison, Amonku Monsan, le directeur de la Maca, assume une situation… illégale. « Dans la loi, les enfants de plus de deux ans ne peuvent pas rester en détention. Mais dans la pratique, beaucoup de femmes veulent rester avec leur enfant alors on les laisse. » Quid de l’article 48 qui interdit la présence des femmes enceintes ? Le discours est le même qu’au ministère.

« Un article inconnu des magistrats ». « Une loi peu appliquée ». « Le juge a le dernier mot ».

Jeuneafrique.com par Océane Lerouge

La viande de brousse, de retour dans les assiettes ivoiriennes

octobre 8, 2016

 

Mah Thérèse Boussoutta tient l’un des stands de viande de brousse du marché Akoa de Youpougon, en Côte d’Ivoire.

Mah Thérèse Boussoutta tient l’un des stands de viande de brousse du marché Akoa de Youpougon, en Côte d’Ivoire. Crédits : Rémi Carlier
Au maquis Les Petits Animaux de Yopougon, les coups de hachoir résonnent à nouveau depuis la cuisine. Finis les sempiternels poulets ou poissons, déclinés à l’infini, le gibier est de retour. Dans le restaurant de rue de ce quartier populaire d’Abidjan, dès midi, les clients arrivent en masse à mesure que les agoutis, biches et chauves-souris sont préparés à la sauce kédjénou (tomates et oignons). La scène, qui semble banale, aurait été impensable il y a encore quelques semaines : jusqu’au 8 septembre, la consommation de viande de brousse était passible de cinq ans de prison.

Lire aussi :   L’OMS annonce pour la deuxième fois la fin d’Ebola en Guinée

En vigueur depuis avril 2014, l’interdiction visait à contenir l’épidémie d’Ebola, qui endeuillait alors le Liberia et la Guinée voisins, et dont le gibier est souvent un porteur sain. Si le virus n’a officiellement pas passé la frontière, le coup a été rude pour les gastronomes ivoiriens, très friands des viandes issues de la chasse. « Les animaux comme le poulet ou le bœuf, on n’aime pas trop les consommer. Pour nous, si les gens vivent plus longtemps dans les villages, c’est parce qu’ils mangent de la viande de brousse », confie Monsieur Koné, les yeux pétillants en voyant passer les plats en sauce. Plaisantin, il affirme que les ministres et même le président en raffolent aussi, et ont recommencé à s’en faire livrer.

Le menu du petit restaurant Makenzy, à Kobakro, dans la banlieue d’Adidjan, en avril 2014.

Le menu du petit restaurant Makenzy, à Kobakro, dans la banlieue d’Adidjan, en avril 2014. Crédits : ISSOUF SANOGO / AFP

Cuisines fouillées

La gérante du maquis, avenante au premier abord, est peu causante sur le sujet de « l’embargo » à peine levé. Il n’y a pas si longtemps encore, les policiers venaient fouiller les cuisines, traquant les restaurateurs qui bravaient la loi pour des clients prêts à y mettre le prix. Elle n’a toujours pas remis la pancarte de son restaurant ou affiché les menus, de peur que l’interdiction n’entre à nouveau en vigueur. « Deux ans, ça laisse des séquelles », commente un habitué.

Lire aussi :   En Côte d’Ivoire, l’épidémie de grippe aviaire perturbe l’activité des restaurateurs

Quelques pâtés de maisons plus loin, au restaurant Canari, les affaires peinent aussi à reprendre. « Avec l’interdiction, on a pris un coup, on n’avait plus de clients, se désole Moïse Gneto, serveur, non loin de la seule table occupée. On n’a repris nos commandes que cette semaine, mais on n’a encore rien reçu ». Son restaurant est tenu d’acheter la viande dans un élevage, contrôlé par un vétérinaire, pour éviter tout risque sanitaire, à la différence du maquis, qui s’approvisionne directement au marché. Les restaurants de rue ont aussi vite relancé leurs réseaux dormants, à peine sortis de la contrebande, ce que le Canari ne peut pas se permettre non plus.

Viande devenue trop chère

Même au marché Akoa de Yopougon, où on trouvait la viande en abondance il y a deux ans, le coup de l’interdiction se fait encore amèrement sentir. Sous l’immense hangar en tôles ondulées, plus qu’une dizaine de stands proposent du gibier. « Il y avait jusqu’à 500 femmes qui travaillaient ici, soupire Mah Thérèse Bossoutta, responsable du marché. Mais avec Ebola, on a dû tout jeter et vivre à crédit jusqu’à aujourd’hui. On n’a plus de fonds pour reprendre notre activité pour l’instant, ni de quoi satisfaire les clients. »

Avec la pénurie, les prix ont flambé. A son stand, Mah Thérèse propose de l’agouti de 10 000 à 15 000 francs CFA (15 à 23 euros) suivant la taille, contre 8 000 francs CFA environ (12 euros) avant l’interdiction. Les clients, qui font la queue, repartent donc souvent en colère, sans avoir pu s’en offrir. En attendant un retour à la normale, les poulets et carpes d’Abidjan ont encore du souci à se faire.

Lemonde.fr par Rémi Carlier, contributeur Le Monde Afrique, Abidjan

Côte d’Ivoire: entre 3.000 et 5.000 anti-Ouattara manifestent à Abidjan

juin 20, 2015

Abidjan – Entre 3.000 et 5.000 militants, selon les estimations de la police et des organisateurs, ont participé samedi à Abidjan à un meeting de la coalition contre le chef de l’Etat ivoirien, Alassane Outtara, seul candidat d’envergure déclaré avant la présidentielle d’octobre, a constaté l’AFP.

Les cris de Libérez (Laurent) Gbagbo ont émaillé la manifestation, qui s’est tenue de 11H30 à 14H00 (locales et GMT) à Yopougon, une commune d’Abidjan considérée comme favorable à l’ex-président ivoirien, détenu depuis trois ans par la Cour pénale internationale (CPI), où son procès pour crimes contre l’humanité débutera le 10 novembre.

Ce rassemblement n’est pas encore suffisant pour faire peur à Ouattara, a convenu Mamadou Koulibaly, ancien président de l’Assemblée nationale sous Laurent Gbagbo et instigateur de la Coalition nationale pour le changement (CNC), qui a appelé à entreprendre une démarche de séduction des militants pro-Ouattara avant la présidentielle.

Ouattara, son bilan politique, économique et social est mauvais, a affirmé M. Koulibaly. La CNC offre une alternative.

Officiellement lancée le 15 mai, la coalition réunit désormais une vingtaine de personnalités politiques ivoiriennes issues de la majorité comme de l’opposition, dont la plus illustre est l’ex-Premier ministre Charles Konan Banny (majorité).

Nous sommes la nouvelle Côte d’Ivoire, a lancé ce dernier, vêtu d’un élégant habit traditionnel gris, appelant les militants à aller s’inscrire sur les listes électorales.

Les chances de la CNC de s’imposer au vu de ses difficultés à rassembler ses militants paraissent toutefois très faibles, estime un bon connaisseur de la vie politique ivoirienne, qui voit le président Outtara réélu haut la main.

D’autant que les leaders de la coalition ne sont toujours pas mis d’accord sur une candidature unique. Alors que M. Banny demandait samedi à ses soutiens de se manifester dans le public, des remarques grinçantes se faisaient entendre parmi les militants, très majoritairement issus de l’opposition pro-Gbagbo.

Banny, il se croit à la Bcéao, la Banque centrale des Etats de l’Afrique de l’ouest (la zone franc CFA), doit il fut gouverneur de 1994 à 2005, a ironisé l’un d’entre eux.

Même si c’est un bout de bois qui représente la CNC contre Ouattara, on votera pour lui, a toutefois commenté Luc Gnahoré, 39 ans, un sympathisant de Laurent Gbagbo présent au rassemblement samedi.

La Côte d’Ivoire vivra en octobre une présidentielle qualifiée de cruciale pour la stabilisation du pays, après la crise post-électorale de 2010-2011. Plus de 3.000 Ivoiriens étaient morts en cinq mois de violences causées par le refus de Laurent Gbagbo de reconnaître la victoire d’Alassane Ouattara.

En cinq ans, Alassane Ouattara n’a rien fait, a harangué Bertin Konan Kouadio, député de la majorité et figure de la CNC. Nous sommes nombreux, nous sommes une force. Nous sommes capables de le chasser du pouvoir, a-t-il lancé, sous les vivats de la foule.

La CNC exige la dissolution de la Commission électorale indépendante (CEI), qu’elle considère favorable au président sortant, et demande la libération des prisonniers politiques, notamment de Laurent Gbagbo.

Alassane Ouattara est considéré comme le grand favori du scrutin à venir. Son bilan économique et social est loué par la communauté internationale, qui se montre plus sceptique quant à la réussite de la réconciliation qu’il prône.

Romandie.com avec(©AFP / 20 juin 2015 20h27)

Quatre mois après la chute du régime-FPI: Quel réveil ? Vers la fin d’exil pour les militants LMP

septembre 6, 2011

Vaincre la peur et jouer son rôle d`opposition.

Sous l`ère Ouattara, le Front populaire ivoirien (Fpi), ancien parti au pouvoir, qui traverse le désert depuis la chute de son régime le 11 avril 2011, en fait désormais son léitmotiv. Et cela se voit de plus en plus sur le terrain politique.

Au-delà des déclarations pondues entre quatre murs au siège du Congrès national de la résistance pour la démocratie (Cnrd), le Fpi a en effet décidé d`aller au front, de se secouer et donner de la voix pour faire entendre ses angoisses et inquiétudes du moment, ses aspirations et propositions, et surtout marquer sa détermination à jouer pleinement son rôle de contre-pouvoir. Ce, en dépit des pressions exercées par le nouveau régime. Mais également, l`ancien parti présidentiel veut revendre son projet de société aux populations ivoiriennes dans la perspective d`un éventuel retour au pouvoir d`Etat.

Le week-end dernier, la détermination du Fpi est ainsi montée d`un cran. Des meetings éclatés, notamment à Koumassi et à Yopougon, ont meublé le temps des refondateurs les samedi 03 et dimanche 04 septembre derniers. Déjà à Koumassi, au quartier Sicogi 1, Koua Justin, secrétaire national par intérim de la jeunesse du Fpi, donnait le ton. Après Koumassi, l`intérimaire de Konaté Navigué a mis le cap sur la commune de Yopougon, l`un des fiefs de l`ancien pouvoir, pour un autre meeting de mobilisation et de sensibilisation à la maison des jeunes de cette commune.

Après lui à Koumassi, au stade de la Sogefiha, ses aînés du parti, notamment Jules Yao Yao, Kouakou Kra, Mady Bouabré, Mobio Samuel, tous députés, le ministre Amani N`Guessan, d`autres personnalités du Fpi dont Augustin Guéhoun, Eugène Djué, Kambou Difilé se sont mobilisés, pour, comme l`ont titré hier certains journaux, « briser la chaîne de la peur ». Un premier véritable rassemblement populaire, avec tous les ingrédients Fpi ou Lmp (tee-shirt ou pagne à l`effigie du parti ou du président Gbagbo, musique et chant de campagne de Lmp ndlr) qui sort ainsi le parti à la rose de la torpeur dans laquelle il s`était muré à la suite de la guerre post-électorale.

D`autres actions d`envergure sont annoncées, marquant ainsi le retour du Fpi dans son rôle traditionnel de parti politique d`opposition. Miaka Oureto et ses camarades vont-ils maintenir le cap malgré les pressions et les conditions de sécurité encore précaires ? Jusqu`où le Fpi va-t-il aller dans ce réveil face au régime Ouattara, et avec presque tous ses dirigeants en prison ?

Le parti frontiste, notons-le, part quelque peu handicapé dans cette nouvelle bataille pour la conquête du pouvoir. Son président, Pascal Affi N`Guessan, ses premier et deuxième vices-présidents Aboudrahamane Sangaré et Simone Ehivet, se trouvent en prison. Son troisième vice-président, Mamadou Koulibaly a rompu les amarres avec son ancien parti et fait désormais cavalier seul. La majorité de ses cadres sont soit encore terrés, soit détenus soit en exil, craignant la prison pour certains et réclamant la sécurité, pour d`autres.

Les militants, eux, ont besoin de leaders qui portent leurs aspirations et qui plongent avec eux dans le bouillant marigot politique ivoirien, pour vaincre la peur. Autant de difficultés mais aussi de défis auxquels le Fpi se trouve confronté à quelque trois mois des élections législatives, et pour lesquels ce parti a besoin de tout son monde. Le premier test réussi du député Jules Yao Yao est donc un signal fort lancé à l`endroit des militants et autres sympathisants cachés ou en exil que les rassemblements politiques sont désormais possibles. C`est également un bon point à mettre à l`actif des nouveaux dirigeants. Ce meeting populaire à Koumassi semble en effet ouvrir la voie aux manifestations politiques publiques, sans crainte de représailles des Forces républicaines de Côte d`Ivoire (Frci). Au lendemain de la chute de l`ancien régime, il paraissait quasiment impossible pour les membres de La Majorité Présidentielle (Lmp) de tenir des rassemblements publics. Cela pour éviter d`éventuelles exactions, règlements de comptes, ou autres violences exercés par les vainqueurs.

Avec le premier coup réussi du Fpi le week-end dernier, le pouvoir semble ouvrir une brèche pour le retour au pays des militants du Front populaire ivoirien, et ceux de Lmp en exil au Ghana ou ailleurs, afin de prendre part sans crainte à la vie politique de leur parti. Ces derniers devraient, comme le soulignent les responsables de leur parti, « vaincre la peur pour reprendre la lutte ».

L’Inter par Hamadou ZIAO

Yopougon/Opération DDR: L’Onuci récupère des armes légères, des grenades et des munitions

juillet 18, 2011

Dans le cadre d’une opération pilotée par la Division Désarmement, Démobilisation et Réintégration (DDR) de l’Onuci, une centaine de combattants ont remis des armes légères, grenades et munitions à l’Opération des Nations-Unies en Côte d’Ivoire (ONUCI), le vendredi 15 juillet 2011, au Baron de Yopougon.

L’opération, menée en collaboration avec la Commission nationale des armes légères de petit calibre et le Programme national de réinsertion et de réhabilitation communautaire (PNRCC), bénéficie du soutien des Forces républicaines de Côte d’Ivoire (FRCI). Elle s’est déroulée en présence de plusieurs personnalités, dont des représentants des instances impliquées, des membres du corps diplomatique et le Représentant spécial adjoint du Secrétaire général des Nations unies pour la Côte d’Ivoire, N’Dolamb Ngokwey.

Pour mettre en confiance ces combattants, qui ont décidé de s’inscrire dans le processus de pacification du pays, lancé par le Président de la République Alassane Ouattara, les soldats des Nations-Unies ont déployé la grande artillerie pour sécuriser le Baron de Yopougon, lieu où se déroulait cette cérémonie de dépôt d’armes.

Interrogé, M. N’Dolamb Ngokwé a souligné, qu’au-delà du dépôt d’armes et de munitions, l’opération lance en fait, un message de paix, de sécurisation et de pacification. «C’est cela, l’esprit même du désarmement, de la démobilisation, et de la réintégration», a-t-il ajouté. Pour le numéro deux de l’ONUCI, l’opération constitue «un pas de plus, dans le processus de désarmement et dans le processus de sécurisation en Côte d’Ivoire». Des membres du FRCI, des miliciens et des civils ont participé à la remise des armes et, à ce propos, M Ngokwey a souligné, la particularité de l’opération qui, a-t-il dit, est à la fois militaire et civile, ce qu’il a décrit comme « un bon pas dans la bonne direction».

Auparavant, le représentant spécial avait souligné le partenariat très important entre les autorités nationales civiles et militaires et l’ONUCI, pour faciliter le processus, avant d’indiquer que, cette opération va se répéter dans l’avenir et dans diverses autres communes d’Abidjan.

L’Intelligent d’Abidjan par Dosso Villard avec Onuci

Yopougon: Affrontement hier entre gendarmes et Frci/Des blessés/Le film des événements

juin 22, 2011

Encore une autre page sombre.

Hier mercredi 22 juin, un affrontement sanglant est survenu entre les gendarmes de l`Escadron logé au quartier Toit-rouge de Yopougon, et les éléments des Forces républicaines de Côte d`Ivoire (Frci) basés dans les locaux du commissariat du 19è arrondissement, situé à environ 200 mètres du camp de Gendarmerie dans ce même quartier. Ce clash a fait, selon des sources militaires, un blessé dans chaque camp, et de nombreux dégâts matériels dans la caserne des gendarmes. Pillages et saccages étaient au rendez-vous, rapporte-t-on. Pis, l`épouse d`un gendarme, qui se trouve être un élément de la garde raprochée du ministre de l`intérieur Hamed Bakayoko, a été rudoyée.

Retour sur ce mercredi où les armes ont encore tonné à Yopougon. Le matin, les éléments Frci du commandant Doumbia, qui faisaient du sport, arrivent au niveau de l`Escadron de gendarmerie. Au même moment, un gendarme en tenue civile et à bord d`un véhicule se retrouve nez-à-nez avec les Frci. « Garez! garez! », lui intiment ces militaires sportifs du matin. Surpris, le gendarme conducteur met quelques minutes pour terminer sa manoeuvre. Cela ne met pas fin cependant à la volonté des éléments du commandant Doumbia d`en imposer à cet élément de l`Escadron de gendarmerie. Il s`ensuit une altercation, qui alerte vite d`autres éléments de la gendarmerie qui étaient dans le camp. Ceux-ci, croyant leur compagnon en difficulté avec les Frci, viennent à sa rescousse. La tension monte, mais les gendarmes finissent par obtenir le repli des militaires. Ces Frci, certainement frustrés, retournent sur leur base, non pas pour y rester, mais pour s`armer et venir régler les comptes aux éléments de l`Escadron. Rocket RPG7, Grenade offensive, Kalashnikov constituaient, selon cette source militaire, l`arsenal d`attaque contre les gendarmes. « On a entendu des détonnations d`armes lourdes, et c`était la débandade totale. Les gens ont fui croyant revivre les affrontements de la crise post-électorale », a témoigné un riverain joint par téléphone hier.

D`autres sources indiquent par ailleurs que ces deux corps qui cohabitent se regardent en chiens de faïence depuis quelque temps. « Nous sommes sur nos gardes, car ils ne sont pas prêts pour nous, ceux-là. On était venu pour faire du sport dans le quartier et on a vu une voiture foncer sur nous avec à son bord un gendarme. On n`a rien compris, les éléments ont pris peur et certains ont tiré en l`air en sommation », a déclaré un élément Frci , interrogé par le site koaci.com.

Du côté des gendarmes, l`on pense qu`il existe une volonté cachée de les désarmer par la force. « Ils veulent nous désarmer mais nous on n`est pas prêt pour ça, on les attend de pied ferme », aurait lâché, toujours selon le même site, un élément de l`Escadron.

Tout compte fait, l`affrontement d`hier indique que la tension demeure encore vive entre gendarmes et Frci depuis la crise post-électorale. Cela nécessite que les nouvelles autorités prennent des dispositions rigoureuses pour éviter que l`étincelle du coin n`embrase toute la commune.

L’Inter Hamadou ZIAO

Tueries des pro-Gbagbo à Yopougon/Des corps enterrés dans des mosquées

juin 14, 2011

Le président du Conseil supérieur des imams(Cosim) a découvert, hier, le drame vécu par des communautés musulmanes de Yopougon au plus fort de la crise post-électorale.

N’Guessan Ali, Traoré Ahmed (30 ans), Loua Ismaël (26 ans) et le jeune Azim (20 ans), reposent sous la terre de la mosquée du Camp militaire à Yopougon. Le jour de leur inhumation, le chemin du cimetière pouvait être celui de la mort pour les rescapés de leur communauté. Les tueurs, des miliciens et des agents de police à la solde de Laurent Gbagbo, régnaient encore dans cette partie de la commune. Les quatre victimes ont été ensevelies dans l’enceinte du lieu de culte, avec l’intention de les transférer dans une nécropole, au moment propice. Ali, Ahmed, Ismaël et Azim ont été froidement abattus dans la soirée du 4 avril au sein de leur mosquée. Membres du comité de veille des musulmans du quartier, ils passaient la nuit sur place avec l’espoir de pouvoir dissuader toute attaque contre le lieu de prière. C’était mal connaître les ‘’fau­ves’’ de Laurent Gbagbo arrivés cette nuit-là avec les moyens et la monstrueuse détermination de tout anéantir. Lourdement armés, ils se signalent par des tirs de mitrailleuses qui vont immédiatement effrayer les veilleurs. Ceux-ci, au nombre de cinq, tentent de prendre la fuite. D.A. est le seul qui pourra s’en tirer vivant. « Nous avons couru à la recherche de cachettes. Mes amis ont été retrouvés par les miliciens et les policiers qui étaient en grand nombre. Quant à moi, j’ai eu la vie sauve grâce à des nattes qui étaient entassés devant le magasin de la mosquée. Je me suis caché sous ces nattes. Ils ne m’ont pas vu », relate-t-il. C’est de ce lieu de camouflage qu’il vivra en direct les dernières minutes de ses compagnons. Ils ont été conduits vers la sortie et mitraillés à bout portant. Les hommes en armes venaient de finir leur part du massacre. Le lendemain, poursuit le miraculé, des visiteurs moins armés mais aussi excités que les premiers vont faire irruption. « Ce sont des jeunes patriotes arrivés du quartier Koweït… », précise D.A. Venus avec les moyens nécessaires, ils vont emballer les cadavres pour les enflammer.

Des musulmans tués et enterrés dans leur mosquée

Se servant de nattes comme combustibles, les pyromanes ont aussi mis le feu à la salle de prière et aux autres bâtiments. Cinq véhicules que des fidèles avaient placés à l’abri dans la cour ont été également calcinés. Trois jours durant, il fut impossible à tout membre de la communauté de s’aventurer sur les lieux. C’est le 4e jour que les premiers venus découvrent l’horreur. « Quand nous avons décidé d’inhumer provisoirement les corps dans l’enceinte de la mosquée, des personnes mal intentionnées (d’autres partisans de l’ex-président) s’y sont opposés. Il a fallu une longue négociation pour que nous puissions enterrer nos frères calcinés », a regretté, hier, le président de la communauté islamique du camp militaire, el hadj Yacouba Traoré. C’était devant le président du Conseil supérieur des imams(Cosim) Cheickh Boikary Fofana qui, comme bien d’autres guides, a dû se mettre à l’abri des assassinats d’imams en cette période de feu, était ce dimanche, à Yopougon, pour visiter les mosquées sinistrées et témoigner sa solidarité à leurs communautés. Après le Camp militaire, sa délégation s’est rendue aux Toits rouges où les partisans de Laurent Gbagbo ont mis le feu à une mosquée encore en chantier. C’était le vendredi 29 avril. La veille, deux fidèles qui se réfugiaient là ont été eux aussi froidement abattus par des miliciens. Quelques jours plus tôt, l’une des victimes, M. Sarr, de nationalité sénégalaise, avait perdu l’économie de toute une vie dans le pillage, puis l’incendie de sa boutique. N’ayant plus de toit, il espérait pouvoir survivre dans la maison d’Allah en attendant l’accalmie. Les communautés musulmanes de Sicogi-Lem, vers l’ex-cinéma Saguidiba, et de Selmer, ont eu plus de chance. En ces lieux, les dégâts sont uniquement matériels. Cependant, une situation macabre préoccupe ces derniers jours les fidèles de la mosquée Lem. Les eaux de ruissellement sont en train de faire découvrir des dizaines de corps enterrés à quelques mètres du lieu de culte. Ce sont des personnes, tuées, encore, dit-on, par des miliciens. La présence de ce charnier devient de plus en plus gênante pour le quartier.

Nord-Sud Cissé Sindou