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Ouganda : Yoweri Museveni réélu pour un sixième mandat

janvier 16, 2021
Museveni a fait sauter le verrou constitutionnel des deux mandats en 2005, puis supprimé en 2017 la limite d’âge, alors fixée à 75 ans, pour briguer la magistrature suprême.

Au pouvoir en Ouganda depuis 35 ans, Yoweri Museveni a été réélu pour un sixième mandat. Une réélection contestée par son principal rival, Bobi Wine, qui dénonce « une mascarade ».

Yoweri Museveni, à la tête du pays depuis 1986, a été réélu samedi pour un sixième mandat avec 58,64% des voix, a annoncé la commission électorale, sur fond d’accusations de fraude de son principal adversaire, Bobi Wine. Principal rival de l’ex-guérillero, ce dernier a obtenu 34,83% des voix, selon la commission.

La participation a été de 57,22% pour ce scrutin sous haute surveillance, durant lequel les autorités ont suspendu l’accès à internet et aux réseaux sociaux.

Bobi Wine – Robert Kyagulanyi de son vrai nom – a contesté les résultats du scrutin dès vendredi, en dénonçant « une mascarade complète » et en estimant avoir « largement remporté » l’élection.

Le domicile de Bobi Wine encerclé

Le député de 38 ans et ex-chanteur, populaire auprès de la jeunesse ougandaise, a dénoncé des fraudes massives – des bourrages d’urnes, des bulletins préremplis, des électeurs n’ayant reçu des bulletins que pour les législatives ou des agressions contre les observateurs de son parti, parfois chassés des bureaux de vote. Depuis vendredi soir, des soldats encerclent son domicile, en périphérie de la capitale, Kampala.

Les élections se sont déroulées à l’issue d’une campagne particulièrement violente, marquée par le harcèlement et les arrestations de membres de l’opposition, des agressions contre les médias et la mort d’au moins 54 personnes dans des émeutes après une énième arrestation de Bobi Wine, dont la campagne a été largement entravée au nom des restrictions anti-Covid.

Le scrutin s’est déroulé dans un calme apparent jeudi, mais sous la forte et oppressante présence de policiers anti-émeutes et de militaires, et sur fond de coupure d’internet, entrée samedi dans son 4e jour.

Par Jeune Afrique avec AFP

Ouganda: Bras de fer entre Bobi Wine et Yoweri Museveni, le rappeur militant et l’ancien « freedom fighter »

novembre 21, 2020
À gauche : le musicien ougandais devenu opposant Robert Kyagulanyi, alias Bobi Wine. À droite : son adversaire à la présidentielle, le chef de l'État sortant Yoweri Museveni.

L’arrestation de Bobi Wine, candidat à la présidentielle, a déclenché une vague de violences au cours de laquelle au moins 37 personnes ont été tuées. S’il a été relâché, il se sait cependant toujours dans le collimateur de Yoweri Museveni.

Il venait tout juste de déclarer sa candidature à la présidentielle du 14 janvier prochain. Ce 18 novembre, Robert Kyagulanyi, alias Bobi Wine, est arrêté alors qu’il fait campagne à Jinja, dans l’est du pays. Cette énième arrestation du chanteur devenu leader de l’opposition a provoqué une vague de troubles dans le pays, dont le bilan officiel s’élevait à 37 morts et des dizaines de blessés.

Relâché ce vendredi 20 novembre, Bobi Wine a cependant été inculpé pour « actes susceptibles de propager une maladie infectieuse » et infractions aux « règles sur le Covid-19 ». C’est loin d’être une première pour celui qui, depuis qu’il a été élu député en 2017, a tour à tour été accusé de « trahison », de « possession illégale d’armes à feu » et même d’avoir tenté « d’irriter, d’inquiéter ou de ridiculiser » Yoweri Museveni, aujourd’hui bien décidé à rempiler pour un sixième mandat.

Homme du bush

Arrivé à la tête du pays par la force le 26 janvier 1986, ce dernier est devenu en 1996 le premier président élu de l’histoire de l’Ouganda. Homme du bush converti à l’économie de marché, il se targue d’avoir ramené la paix et la croissance dans un pays déchiré par des années de dictature. « Museveni a bâti sa légitimité sur cette stabilité, souligne Kristof Titeca, chercheur à l’université d’Anvers. Mais il a 76 ans, et la majorité de la population n’a pas connu ces années de violence. »

Dans un pays où la moitié des habitants est née après 2005, le temps de la guerre de libération semble bien loin. Et la jeunesse trouve en la personne de Bobi Wine, qui a construit sa notoriété sur la scène rap, le porte-voix de ses rêves de changement. Âgé de 38 ans, l’encore jeune opposant a été élevé à Kamwokya, un bidonville de la capitale. « Ce n’est pas uniquement moi que les gens soutiennent, reconnaît-il d’ailleurs. Ils soutiennent une idée. »

CONCOURIR CONTRE MUSEVENI N’EST PAS UN COMBAT ÉQUITABLE

Suffisant pour remporter une présidentielle ? Bobi Wine lui-même semble en douter. Sur le site African Arguments, le candidat concède : « Concourir contre Museveni n’est pas un combat équitable. » Il se dit néanmoins prêt à lutter.

À ses côtés, l’ancien médecin du président, le docteur Kizza Besigye. Le rival historique de Museveni, qui a tenté plusieurs fois de lui ravir sa place, a annoncé en août qu’il renonçait à se lancer dans la course.

Compétition inégale

Leur alliance ébranlera-t-elle « M7 » (le surnom du président ougandais) ? « La compétition est très inégale : Museveni n’hésite pas à utiliser l’appareil d’État et les mesures anti-Covid pour bloquer la campagne de l’opposition », explique Kristof Titeca. C’est d’ailleurs parce qu’il est accusé d’avoir violé ces mesures lors de ses rassemblements que le député a été arrêté.

Sa force de frappe est de plus circonscrite aux centres urbains. Difficile en effet pour Bobi Wine de se démarquer dans les campagnes face à l’enfant banyankole bahima, originaire du Sud-Ouest, qui compare son pays à la vache qui lui fut léguée à sa naissance et aime à se présenter comme un simple éleveur.

JE NE SUIS LE SERVITEUR DE PERSONNE

Au béret rouge du chanteur, Museveni oppose un large chapeau beige tenu par une cordelette. À ses slogans, un art certain des punchlines : « Je ne suis le serviteur de personne, je suis un combattant de la liberté. Je lutte pour moi-même et ce en quoi je crois », déclarait-il ainsi en 2019.

De Bobi Wine, qu’il a un temps appelé son petit-fils, il aura vite appris à se méfier. Il sait bien que, parmi la quarantaine de candidats qui le défieront, c’est lui qui lui donnera le plus de fil à retordre. Mais l’ex-guérillero est bien décidé à prouver qu’il n’a pas (tout) perdu de ses années de « freedom fighter ». Le 15 novembre, en pleine campagne dans le Nord-Ouest, il a enchaîné une série de pompes devant ses partisans – et l’objectif des caméras. Manière de prouver que le « Mzee » a encore de l’endurance.

Avec Jeune Afrique par Marième Soumaré

Conflit dans le Tigré, en Éthiopie : Yoweri Museveni et Olusegun Obasanjo s’impliquent

novembre 16, 2020
Des Éthiopiens ayant fui les combats dans le Tigré pour se réfugier au Soudan, le 15 novembre 2020.

Le conflit entre le pouvoir central et la région dissidente du Tigré, qui s’étend désormais à l’Érythrée, est au centre d’un intense balai diplomatique. Tandis que le président ougandais Yoweri Museveni affirme s’impliquer directement, l’ancien président nigérian Olusegun Obasanjo est annoncé à Addis-Abeba pour une mission de médiation.

Olusegun Obasanjo « est en route pour Addis-Abeba pour des pourparlers », a assuré ce lundi Kehinde Akiyemi, porte-parole de l’ex-président nigérian, précisant qu’il allait mener une mission de « médiation ». Le gouvernement éthiopien et l’Union africaine (UA) ont cependant indiqué ne pas avoir d’informations concernant cette mission.

Cette annonce intervient alors que Yoweri Museveni, le président ougandais, a reçu le vice-Premier ministre éthiopien, Demeke Mekonnen Hassen, également ministre des Affaires étrangères. « Il faut qu’il y ait des négociations et que le conflit s’arrête », a déclaré Museveni à l’issue de cet entretien qui s’est tenu à Gulu, dans le nord de l’Ouganda. « Je suis totalement en désaccord avec la politique axée sur le fédéralisme ethnique, a encore précisé le chef de l’État ougandais. Nous devons mettre l’accent sur la question de l’unité et des intérêts communs, car c’est le seul moyen de prospérer. »

Le président ougandais Yoweri Museveni et vice-Premier ministre éthiopien, Demeke Mekonnen Hassen, le 16 novembre 2020 à Gulu (Nord de l'Ouganda).

Selon deux responsables gouvernementaux cités par l’AFP, Yoweri Museveni devait également recevoir ce lundi une délégation du Front de libération des peuples du Tigré (TPLF), parti qui dirige la région dissidente. Mais aucun détail n’a filtré sur cette rencontre.

Escalade

Le conflit qui fait rage dans la région du Tigré, où le Premier ministre éthiopien Abiy Ahmed a envoyé l’armée fédérale le 4 novembre, après des mois de tensions croissantes avec les autorités régionales du TPLF, a franchi un seuil supplémentaire ces derniers jours. Le TPLF a tiré samedi des roquettes sur la capitale de l’Érythrée frontalière, qu’il accuse de prêter main-forte à l’armée fédérale éthiopienne dans son offensive.

Dimanche, Abiy Ahmed a assuré que les opérations militaires « progressaient bien » et que « l’Éthiopie était plus que capable d'[en] atteindre les objectifs […] par elle-même ». Les médias d’État éthiopiens ont par ailleurs annoncé la prise d’Alamata, localité du sud-est du Tigré, à 180 km de route au sud de la capitale régionale, Mekele.

Une escalade qui renforce les craintes des observateurs que le conflit au Tigré ne dégénère et n’entraîne l’Éthiopie dans un conflit communautaire incontrôlable en même temps qu’il déstabilise la Corne de l’Afrique.

Le Haut-Commissariat de l’ONU aux réfugiés (HCR) a alerté sur les conséquences de la crise, disant notamment s’attendre à une vague massive de réfugiés au Soudan voisin. Près de 25 000 Éthiopiens, hommes, femmes et enfants, ont déjà fui au Soudan les combats au Tigré, selon l’agence officielle soudanaise Suna.

 Par Jeune Afrique avec AFP

Yoweri Museveni estime que les Occidentaux ont placé une « marionnette » à la tête de la RDC

mai 5, 2018
Le président ougandais Yoweri Museveni. © Eugene Hoshiko/AP/SIPA

En déplacement au Soudan du Sud pour rencontrer son homologue Salvir Kiir, le président ougandais Yoweri Museveni a déclaré qu’après la mort de Patrice Lumumba, les pays occidentaux avait placé « une marionnette » à la tête de la RDC, critiquant au passage la mission de l’ONU au Congo.

Invité d’honneur d’une réunion du Mouvement populaire de libération du Soudan (SPLM) du président sud-soudanais Salva Kiir, le président ougandais Yoweri Museveni, médiateur du conflit en cours au Soudan du Sud a profité de son discours pour aborder le sujet de son voisin congolais et s’en prendre à l’ONU.

Le chef de l’État ougandais, au pouvoir depuis 1986, a déclaré que « les pays occidentaux venus et ont tué Lumumba, l’accusant d’être communiste. Ils se sont débarrassés de lui car il n’était pas une marionnette. Ils ont ensuite mis un chef marionnette. Depuis, l’ONU est au Congo ».

Ce n’est pas la première fois que l’ancien chef de guerre de 73 ans critique la mission onusienne en RDC. Trois jours après l’attaque meurtrière de la base de la Monusco de Semuliki, dans le Nord-Kivu, Yoweri Museveni s’était fendu d’une déclaration dans laquelle il accusait la mission de stabilisation de l’ONU de soutenir les rebelles ougandais ADF, soupçonnés d’être derrière l’assaut.

Les Forces démocratiques alliées sont un groupe armé ougandais, actif sur le sol congolais depuis 1995, qui lutte contre le régime du président Yoweri Museveni, au pouvoir depuis 32 ans en Ouganda. Créées pour défendre les droits de musulmans s’estimant bafoués par l’homme fort de Kampala, les ADF avaient été progressivement repoussées vers l’Ouest par l’armée ougandaise, jusqu’à s’installer en RDC.

Burundi : les présidents ougandais et tanzanien s’opposent à l’enquête de la CPI

novembre 12, 2017

 

John Magufuli, alors candidat à la présidentielle, s’exprime à un meeting à Dar es-Salaam le 23 octobre 2015 © Khalfan Said/AP/SIPA

Les présidents tanzanien John Magufuli et ougandais Yoweri Museveni ont vivement critiqué la décision des juges de la Cour pénale internationale (CPI) qui autorise l’ouverture d’une enquête sur des crimes contre l’humanité présumés au Burundi.

« Le président Magufuli a déclaré que cette décision compromet les efforts déployés par la Communauté d’Afrique de l’Est (EAC), qui a mis en place un comité chargé d’aider à la résolution du conflit burundais, sous la direction du président Yoweri Museveni et de l’ancien président tanzanien Benjamin Mkapa », indique samedi un communiqué de la présidence tanzanienne, au terme d’une rencontre dans l’ouest de l’Ouganda entre les deux chefs d’Etat.

Yoweri Museveni, désigné par ses pairs comme facilitateur des difficiles négociations entre les parties burundaises, est actuellement président en exercice de l’EAC, qui regroupe la Tanzanie, l’Ouganda, le Kenya, le Rwanda, le Burundi et le Soudan du Sud.

Selon le président tanzanien, « la situation au Burundi n’est pas aussi mauvaise qu’elle a été décrite par la CPI car des nombreux réfugiés burundais en Tanzanie sont déjà rentrés chez eux tandis que d’autres continuent de rentrer ».

Toujours selon ce texte, le président Museveni a également condamné « la décision de la CPI qui se mêle des affaires de la Communauté d’Afrique de l’Est sans associer ses dirigeants, ce qui compromet les efforts visant à restaurer la paix au Burundi ».

Compétence de la CPI

Dans une décision rendue le 25 octobre, la CPI « a autorisé le procureur à ouvrir une enquête sur des crimes relevant de la compétence de la Cour qui auraient été commis au Burundi ou par des ressortissants burundais à l’extérieur de leur pays depuis le 26 avril 2015 et jusqu’au 26 octobre 2017 ».

L’autorisation concerne « notamment : le meurtre et la tentative de meurtre, l’emprisonnement ou la privation grave de liberté, la torture, le viol, la disparition forcée et la persécution ».

Ce pays de la région des Grands Lacs est plongé dans une grave crise depuis que le président Pierre Nkurunziza a annoncé en 2015 sa candidature à un troisième mandat, obtenu après une élection boycottée par l’opposition.

Les violences qui ont accompagné cette crise auraient engendré au moins 1 200 morts, la détention illégale de milliers de personnes et la torture de milliers d’autres, des centaines de disparitions ainsi que le déplacement de plus de 400 000 personnes entre avril 2015 et mai 2017, d’après les estimations de la Cour basée à La Haye.

Jeuneafrique.com avec AFP

En Ouganda, des députés rendent l’argent de la corruption

octobre 26, 2017

 

Des étudiants ougandais protestent contre le projet de réforme de la Constitution visant à supprimer l’âge limite pour les candidats à l’élection présidentielle, le 26 septembre 2017, à Kampala. Crédits : ISAAC KASAMANI/AFP

En Ouganda, le débat sur la réforme de la Constitution destinée à supprimer l’âge limite (75 ans) des candidats à la présidentielle bat son plein. Et le dernier coup d’éclat des opposants au projet de révision a eu lieu au Parlement, à Kampala, mercredi 25 octobre. Six députés de l’opposition se sont présentés avec des sacs pleins de billets pour critiquer l’octroi à chaque parlementaire d’une somme importante destinée officiellement à mener des « consultations » dans leurs circonscriptions… mais considérée par certains comme une forme de corruption.

Assis devant d’impressionnantes liasses de billets, tout de rouge vêtu et portant une toque de même couleur – devenue le symbole de l’opposition au projet de réforme –, Ibrahim Ssemuju, le meneur des députés hostiles au projet, a dénoncé lors d’une conférence de presse le fait que chaque député ait reçu quelque 7 000 euros pour « frais de fonctionnement ». « Il n’y a absolument aucun doute que cet argent a été envoyé par [le président] Museveni pour influencer notre position sur l’abrogation [de l’âge limite] dans la Constitution », a-t-il indiqué.

Sur mesure

Cette réforme, taillée sur mesure pour Yoweri Museveni – officiellement âgé de 73 ans, il serait disqualifié pour l’élection de 2021 si la Constitution restait en l’état –, pourrait ne pas être simple à faire passer. Car les députés du Mouvement national de résistance (NRM, au pouvoir) ne se bousculent pas pour la défendre, et certains d’entre eux ont même clairement pris position contre et ont rejoint les rangs de l’opposition.

Le gouvernement a besoin de 290 députés physiquement présents (les deux tiers du Parlement) pour adopter le projet de loi. La porte-parole du groupe NRM, Margaret Muhanga, a affirmé au quotidien The Observer avoir reçu l’assurance de 320 députés, mais elle dénonce les parlementaires de l’opposition qui auraient « reçu de l’argent des ONG pour désorganiser [son] camp ». Une accusation de partialité qui a déjà valu à plusieurs organisations, comme ActionAid et l’Institut d’études stratégiques des Grands Lacs (Gliss), de voir leurs bureaux perquisitionnés et leurs comptes récemment gelés.

Mais l’explication d’une telle fronde est plus sûrement à trouver dans un sondage mené en septembre par l’institut Hatchile Consult pour l’institut Afrobaromètre. On y apprend que plus de 75 % des Ougandais sont contre la révision de la Constitution, une conviction partagée par près de 67 % des adhérents du parti présidentiel. De quoi faire réfléchir fortement les députés, qui devront rendre des comptes devant leurs électeurs.

Bagarre générale

D’ores et déjà, le gouvernement a réussi le tour de force de remettre en selle le Forum pour le changement démocratique (FDC, opposition), jusque-là divisé par une interminable querelle de leadership. C’est justement alors qu’il revenait d’un meeting de soutien à un député de ce parti en pleine ascension, Patrick Amuriat, que Kizza Besigye, l’opposant historique, a été arrêté, la semaine dernière, pour « incitation à la violence ». Le meeting, qui a donné lieu à une manifestation et à des affrontements avec les forces de l’ordre, a causé la mort d’au moins un manifestant, tué par balle. Libéré sous caution mercredi, Kizza Besigye a été de nouveau arrêté seulement cinq heures après.

Le vieil ennemi de Museveni n’est plus seul à porter la voix de l’opposition. Le très populaire Robert Kyagulanyi, député indépendant mieux connu sous son nom de chanteur de ragga, « Bobi Wine », a également eu l’occasion de faire parler de lui lors d’une bagarre générale au Parlement, fin septembre. Les images le montrant en position de boxeur ou évacué par la force ont depuis fait le tour du monde. Le « président du ghetto », comme il se surnomme, et d’autres députés ont depuis été victimes de menaces de mort et leurs habitations ont fait l’objet d’attaques à la grenade.

Lemonde.fr

 

 

 

 

Deux présidents est-africains pour la levée des sanctions de l’UE contre le Burundi

mai 21, 2017

Yoweri Museveni le 20 septembre 2016 lors de l’Assemblée générale des Nations unies. © AP/Sipa/Frank Franklin

Les présidents de Tanzanie et d’Ouganda ont lancé un appel samedi à Dar es Salaam en faveur de la levée des sanctions de l’Union européenne contre le Burundi, au cours d’un sommet régional.

L’appel, qui a été lancé par Yoweri Museveni (Ouganda) et John Magufuli (Tanzanie) devant la Communauté est-africaine (EAC), qui comprend aussi le Burundi, le Kenya et le Soudan du Sud, a aussitôt été rejeté par un diplomate de l’UE.

 

« C’est notre problème. Nous ne voulons pas que l’Union européenne prenne des mesures contre un Etat membre sans discussions avec nous », a déclaré le président Museveni, qui est le président de l’EAC et le principal médiateur dans la crise politique burundaise.

Le président tanzanien a pour sa part jugé que l’Europe devrait se concentrer sur ses propres problèmes. « Ils (les Européens) prennent des sanctions contre le Burundi quand ils sont également confrontés à des difficultés chez eux comme le Brexit », a-t-il dit.

L’ambassadeur de l’UE en Tanzanie et auprès de l’EAC, Roeland van de Geer, a insisté sur le fait que « les sanctions resteront en place tant que la situation ne changera pas ».

Le Burundi traverse une grave crise politique émaillée de violences depuis la candidature en avril 2015 du président Pierre Nkurunziza à un troisième mandat controversé et sa réélection en juillet de la même année.

Ces violences ont déjà fait de 500 à 2.000 morts, selon les sources (ONU et ONG). Des centaines de cas de disparitions forcées et de tortures ont poussé à l’exil plus de 400.000 Burundais.

Jeuneafrique.com avec AFP

Ouganda : Yoweri Museveni, ce « dictateur merveilleux »

mai 2, 2017

L’œil de Glez. © Glez / J.A.

Dans une interview à l’étranger, le président ougandais s’est lui-même qualifié de « dictateur ». Humour ? Les propos font plus ou moins rire les internautes…

Les déclarations de l’énigmatique Yoweri Museveni devraient toujours être livrées avec un décodeur. Après visionnage, le 29 avril, de son interview accordée à la chaîne al-Jazeera, les téléspectateurs ont été interloqués par certains propos. À la question « que retiendra l’histoire de Museveni : un dictateur ou un président démocratique ? », l’intéressé répond : « un dictateur qui est élu cinq fois. Cela doit être un dictateur merveilleux. Il doit être spécial ». Les déclarations tournent immédiatement en boucle sur les réseaux sociaux, sans qu’on puisse affirmer avec certitude si c’est du lard ou du cochon.

Faut-il saluer le second degré d’un chef d’État réputé avoir le goût de la plaisanterie, à défaut d’en avoir le talent ? Faut-il dénoncer la morgue cynique d’un indéboulonnable méprisant ? Faut-il se gausser d’un chef d’État naïf qui donne le fouet pour se faire battre ? Les déclarations passées de Museveni ne permettent pas de déterminer s’il s’agit, cette fois, d’un trait d’esprit ou d’une gaffe.

En juillet dernier, le président ougandais recevait le Premier ministre israélien, à l’occasion du quarantième anniversaire du raid d’Entebbe, intervention militaire durant laquelle fut tué le frère aîné de Benyamin Netanyahou. Coiffé de son fameux chapeau, l’hôte avait tenu un discours incongru, tissant histoire biblique à chronologie approximative avec des références à la Palestine et à l’anti-sioniste iranien Mahmoud Ahmadinejad.

Longévité au pouvoir : dans le top 5 africain

Alors que penser de cette adresse à la chaîne qatari ? Sans trancher, la toile commente et moque. Certains internautes s’adressent directement au président « grincheux », en lui concédant qu’il est un dictateur, même « spécial » et « merveilleux ». D’autres louent le journaliste-héros, mettant chapeau bas devant l’impertinence de ses questions. D’autres encore s’arrêtent sur cette autre déclaration de Museveni qui affirme que « l’Ouganda est l’un des pays les plus démocratiques du monde », ce que semblent contredire les classements des ONG internationales.

Sans doute le chef de l’État ougandais soutiendrait-il que l’alternance n’est pas une condition sine qua non de la légitimité démocratique. Avec 31 ans aux commandes de cette « grande démocratie », le président est entré dans le top 5 des dirigeants africains qui ont le plus d’années de pouvoir au compteur. Il y côtoie ainsi Teodoro Obiang Nguema, Robert Mugabe, Paul Biya et José Eduardo dos Santos qui, pour avoir annoncé sa retraite, devrait permettre à Museveni d’atteindre la quatrième place des indéracinables…

Jeuneafrique.com par Damien Glez, , dessinateur-éditorialiste franco-burkinabè

Ouganda: Fermeture de la célèbre Université de Makerere

novembre 4, 2016

La plus ancienne et plus prestigieuse université de l’Ouganda, l’une des plus performantes de l’Afrique australe, en dehors des universités sud-africaines, l’Université Makerere, a été fermée, mardi, 1er novembre, en raison d’une manifestation d’étudiants suite à la décision du personnel enseignant de poursuivre son sit-in.

Pour se donner du temps de résoudre ce problème, le président ougandais, Yoweri Museveni, n’a trouvé mieux que d’ordonner la fermeture immédiate de l’université, pour répondre à la colère des enseignants, créant, encore plus, la colère des étudiants.

« J’ai ordonné ce soir la fermeture immédiate de l’Université de Makerere jusqu’à nouvel ordre, pour garantir la sécurité des personnes et des biens », a déclaré le président, Yoweri Museveni, dans une lettre adressée aux médias.

A l’origine de cette décision, des escarmouches mobiles avaient opposé la police et les étudiants, dans la matinée, forçant, peut-être, la décision du président de la République. La police a utilisé des gaz lacrymogènes pour disperser les étudiants en colère.

Fait légitime : les étudiants réclament la reprise des cours, mais, leurs professeurs ont décidé de ne pas reprendre leur enseignement jusqu’à ce que leurs arriérés de rémunération ( de plusieurs mois) leur soient versés. Il ne s’agit pas de salaires qui n’ont connu aucune augmentation depuis plusieurs années. Ce sont, plutôt, des primes qui accusent neuf mois de retard.

L’Université est marquée, depuis quelque temps, par une série de manifestations d’étudiants qui protestent contre l’absence des professeurs. Ces derniers sèchent les cours pour réclamer le paiement de plusieurs mois d’arriérés de salaire par l’administration.

Ce qui est pathétique, c’est le « guérillero » (Yoweri Museveni), qui au lieu de trouver des solutions pour ce problème d’impayés, préfère, tout simplement, fermer l’université, et mettre 38.000 étudiants au chômage. Le campus fermé (notre photo), il est, particulièrement, pénible pour les étudiants qui ne connaissent personne dans Kampala de pouvoir faire face à cette situation. Il y en a des milliers dans ce cas, qui viennent des campagnes. C’est à se demander si le « guérillero » peut avoir une telle réaction à l’égard des militaires et des policiers qui l’aident à tenir son régime en réprimant les mouvements de révolte et de contestation ?

Afriqueeducation.com

Ouganda: au moins 30 personnes arrêtées pour complot contre le gouvernement

juin 10, 2016

Kampala – Au moins 30 personnes, dont un député de l’opposition et des militaires, ont été arrêtées en Ouganda pour avoir comploté en vue de renverser le gouvernement du président Yoweri Museveni, réélu en février à l’issue d’élections controversées, a affirmé vendredi l’armée ougandaise.

La police et nous-mêmes sommes en train d’enquêter sur la question, a déclaré à l’AFP Paddy Ankunda, porte-parole de l’armée ougandaise, accusant le groupe d’être lié à un groupe rebelle qu’il n’a pas nommé et de vouloir mener une rébellion armée contre M. Museveni, au pouvoir depuis trente ans.

Selon M. Ankunda, la plupart des personnes interpellées sont des soldats, ainsi que deux hommes politiques de l’opposition, dont le député Michael Kabaziguruka, seul détenu identifié nommément.

M. Kabaziguruka appartient au Forum pour le changement démocratique (FDC), parti de l’opposant historique ougandais Kizza Besigye, placé en détention depuis le 11 mai.

M. Besigye est inculpé de trahison après avoir organisé avec son parti après le scrutin une prestation de serment alternative où il a été intronisé président.

Arrivé en deuxième position, M. Besigye a rejeté les résultats, accusant le camp présidentiel de fraudes massives lors de ce scrutin remporté par le président sortant dès le premier tour (avec 60,62% des voix) et conduit dans une atmosphère d’intimidation, selon des observateurs internationaux.

M. Besigye avait déjà été poursuivi pour trahison en 2005, mais les charges avaient finalement été abandonnées. A l’époque, le ministère public l’accusait d’être le chef d’un groupe rebelle nommé l’Armée de rédemption du peuple, ce que l’opposant a toujours nié.

Le porte-parole du FDC, Ssemejju Nganda, a confirmé vendredi l’arrestation de M. Kabaziguraka.

J’ai rendu visite à Kabaziguruka en détention et il m’a dit qu’il avait été interrogé au sujet de liens avec des rebelles, ce dont il n’avait jamais entendu parler, a-t-il affirmé.

Certains de nos partisans sont détenus pour les mêmes raisons, a-t-il ajouté.

Selon le site internet du quotidien ougandais Daily Monitor, un des soldats arrêtés est un capitaine en charge de l’armurerie du camp militaire de Bombo, au nord de la capitale Kampala.

Romandie.com avec(©AFP / 10 juin 2016 14h27)