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France-Marseille: Yvan Colonna est mort, trois semaines après son agression par un détenu radicalisé en prison

mars 22, 2022

Yvan Colonna est mort, trois semaines après son agression en prison

Le militant indépendantiste corse, condamné à la perpétuité pour l’assassinat du préfet Erignac en 1998, est décédé ce lundi, après avoir été violemment agressé en prison le 2 mars dernier par un détenu djihadiste.

Après vingt jours de coma, Yvan Colonna est décédé aujourd’hui à l’hôpital de Marseille, selon l’avocat de la famille de l’homme qui purgeait une longue peine à la maison centrale d’Arles pour l’assassinat du préfet Erignac, le 6 février 1998. Yvan Colonna était dans le coma depuis le 2 mars dernier après son agression mortelle par Franck Elong-Abe, un détenu terroriste islamiste connu pour son extrême dangerosité, mais bénéficiant cependant d’un poste d’auxiliaire sportif au sein de la maison centrale. Le parquet national antiterroriste, qui s’est prononcé en faveur de la qualification d’attentat terroriste, s’était dans la foulée saisi de l’affaire.

Outre cette enquête judiciaire, une inspection est en cours, menée par l’inspection générale de la justice, sur les conditions du drame trouvant leur source dans la gestion carcérale des protagonistes, tous deux sous « le statut de détenu particulièrement signalé ». Enfin, la Commission des lois a ouvert un cycle d’audition à la suite de cette tentative d’assassinat.

Une triple déflagration

Le drame a eu l’effet d’une triple déflagration politique. En effet, dans les jours qui ont suivi l’agression, la Corse s’est enflammée durant plus de dix jours, provoquant des heurts violents avec les forces de l’ordre au point d’obliger Jean Castex, le premier ministre, à céder sur la question de l’autonomie de l’Ile de Beauté. Gérald Darmanin s’était rendu sur place dès le 17 mars pour une visite de trois jours, afin d’engager sur ce thème délicat les premières discussions avec les représentants corses, à commencer par Gilles Siméoni, président du Conseil exécutif de Corse, afin de calmer les tensions dans l’île. Au terme de l’accord passé entre l’État et la représentation corse, le gouvernement s’est engagé à entamer à marche forcée des négociations dès la première semaine du mois d’avril afin de définir le cadre de cette future autonomie. Il s’est également engagé à aboutir à un accord avant la fin de l’année 2022.

Lundi soir, peu après l’annonce de la mort d’Yvan Colonna, seuls quelques rassemblements spontanés ont eu lieu en Corse, l’un d’une trentaine de personnes devant la cathédrale à Ajaccio, et l’autre d’une quarantaine de personnes devant le Palais de Justice de Bastia, chaque fois dans le calme.

Mais la mort d’Yvan Colonna a également relancé la question du statut des détenus corses et plus particulièrement des membres du Commando Erignac, dont les principaux acteurs sont Alain Ferrandi et Pierre Alessandri. Ces derniers demandent depuis 2018 la levée de leur statut de «détenus particulièrement signalés» pour bénéficier d’un transfert à la prison de Borgo et d’aménagements de peine. Des demandes dont ils ont été systématiquement déboutés jusqu’au lendemain du drame puisque leur statut a été levé le 10 mars dernier. Yvan Colonna était dans la même logique de procédure depuis juillet 2021, fin de sa peine de sûreté de vingt ans. Cependant, comme l’ont rappelé les députés Bruno Questel et François Pupponi – derniers à avoir vu l’activiste vivant en détention -, lors de la première audition de la Commission des lois mercredi dernier, « Yvan Colonna avait renoncé à se présenter devant la Commission nationale d’évaluation, au vu des demandes rejetées des détenus Ferrandi et Alessandri. S’il s’était rendu à cette audience, il ne serait pas mort sous les coups de ce terroriste islamiste », ont-ils rappelé.

La justice avait cependant accordé jeudi une suspension de peine «pour motif médical», à la demande de ses avocats. La loi prévoit en effet qu’une peine de prison puisse être suspendue en cas de pronostic vital engagé.

Mais la mort d’Yvan Colonna relance un autre débat brûlant, celui de la gestion des détenus terroristes islamistes en prison, de la réalité de leur suivi, de la détection de leur dangerosité et de la rigueur de leur détention. Un thème d’autant plus aigu que l’on compte dans les prisons françaises 500 condamnés pour terrorisme islamiste et presque autant de détenus de droit commun radicalisés. Hier soir, la Corse retenait son souffle, laissant la place au deuil.  

Avec Lefigaro.fr par Paule Gonzalès

L’avocat Olivier Metzner retrouvé mort au large de son île privée

mars 17, 2013

L’avocat français Olivier Metzner a été retrouvé mort dimanche au large de son île privée en Bretagne. Il avait défendu entre autres le chanteur Bertrand Cantat, l’ex-dictateur de Panama Eduardo Noriega ou encore l’ex-Premier ministre français Dominique de Villepin.

Le corps de Me Olivier Metzner, 63 ans, a été retrouvé dans les eaux du golfe du Morbihan, a appris l’AFP de sources concordantes. Une lettre évoquant sa volonté de mettre fin à ses jours a été retrouvée chez lui. La gendarmerie n’a donné aucune précision, en confirmant la découverte du corps.

Agé de 63 ans, Olivier Metzner était un des plus célèbres avocats pénalistes de France – et l’un des plus chers de Paris. Il avait plaidé dans nombre d’affaires très médiatiques.

Parmi ses clients figuraient le trader Jérôme Kerviel, le chanteur Bertrand Cantat, l’ancien patron de Vivendi Jean-Marie Messier, le berger corse Yvan Colonna ou encore Françoise Bettencourt-Meyers, la fille de Liliane Bettencourt, l’héritière de L’Oréal.

Il avait obtenu la relaxe de Dominique de Villepin, poursuivi en 2010 par l’ex-chef de l’Etat Nicolas Sarkozy dans une affaire de dénonciation calomnieuse. Il était aussi l’avocat de la Guinée-Equatoriale dans l’affaire dit des « biens mal acquis ».

Gros fumeur de cigares, Me Metzner, célibataire et né dans une famille d’agriculteurs normands, avait acquis en 2010 l’île de Boëdic, dans le golfe du Morbihan.

Romandie.com