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Croatie: défilé contre un traité sur les violences contre les femmes

mars 24, 2018

Des manifestants opposés à la ratification par la Croatie de la Convention d’Istanbul sur les violences contre les femmes défilent à Zagreb, le 24 mars 2018 / © AFP / STR

Des milliers de Croates ont manifesté samedi à Zagreb contre la Convention d’Istanbul sur les violences à l’égard des femmes, estimant qu’elle promeut une « théorie du genre » et que sa ratification menacerait les valeurs traditionnelles de leur pays.

« Je suis un père, pas un parent! », « Stop à la violence contre la Croatie! », pouvait-on lire sur des banderoles, lors de ce défilé soutenu par la puissante église catholique croate.

Dans les églises du pays, les prêtres avaient appelé les fidèles à s’élever contre cette Convention du Conseil de l’Europe qui, à leurs yeux, saperait les valeurs traditionnelles croates.

Cette manifestation s’est tenue deux jours après que le Premier ministre de centre droit, Andrej Plenkovic, a annoncé que la Convention d’Istanbul serait présentée au Parlement en vue de sa ratification.

Au son de chants patriotiques ou religieux, sous une forêt de drapeaux croates, les manifestants ont voulu expliquer qu’ils se sentaient « menacées dans (leur) propre pays », leur a lancé une des organisatrices, Gordana Turic. « La Convention d’Istanbul est contre le christianisme », a-t-elle poursuivi.

Quand le nom de Plenkovic était évoqué, la foule répondait « Trahison! Trahison! ». Le Premier ministre est en butte à l’opposition de la frange conservatrice de son parti, le HDZ.

Aux yeux de cette mouvance de la formation au pouvoir, la Convention d’Istanbul ferait la promotion d’une « théorie du genre ».

« Je veux que la famille et les valeurs de la famille soient protégées, alors que la Convention les attaque », a dit à l’AFP Ivana Horvat, une employée de bureau de 38 ans.

Pour tenter d’apaiser la situation, Andrej Plenkovic a fait savoir que la loi de ratification comprendrait un passage pour assurer que les programmes scolaires « n’introduiraient pas de théorie du genre » et qu’il n’y aurait pas d’amendement de la Constitution, laquelle définit le mariage comme l’union d’une femme et d’un homme.

Plusieurs organisations de défense des droits des femmes ont accusé les groupes conservateurs et l’Eglise « d’inventer une +théorie du genre+ pour protéger un système patriarcal ».

Presque 90% des 4,2 millions de Croates sont catholiques.

La Convention d’Istanbul a été ratifiée par 28 pays, dont 17 membres de l’Union européenne, rejointe en 2013 par la Croatie.

La Bulgarie a récemment renoncé à la ratifier, également en raison d’une référence supposée à une « théorie du genre ». En février, le Premier ministre slovaque avait pris une décision similaire.

Romandie.com avec(©AFP / 24 mars 2018 14h53)                

Hommage à Zagreb au criminel de guerre qui s’était suicidé à La Haye

décembre 11, 2017

Un portrait du général croate Slobodan Praljak, lors d’une cérémonie en sa mémoire à Zagreb, le 11 décembre 2017 / © AFP / STR

Plus de 2.000 personnes ont assisté lundi à Zagreb à une cérémonie à la mémoire du criminel de guerre croate de Bosnie Slobodan Praljak, qui s’était suicidé fin novembre en pleine audience du Tribunal pénal international pour l’ex-Yougoslavie (TPIY) à La Haye.

Le 29 novembre, alors le TPIY venait de confirmer sa condamnation à 20 ans de prison, Slobodan Praljak avait avalé le contenu d’une fiole de poison devant ses juges stupéfaits, qui venaient de confirmer sa condamnation pour des crimes de guerre et des crimes contre l’humanité commis pendant la guerre en Bosnie (1992-1995).

Il était mort quelques heures plus tard à l’hôpital d’une insuffisance cardiaque, à l’âge de 72 ans. Les premiers résultats de l’enquête ont établi qu’il avait avalé du cyanure de potassium.

Slobodan Praljak a été incinéré la semaine dernière au crématorium de Mirogoj à Zagreb lors d’une cérémonie privée en présence de sa famille et de quelques amis.

Depuis sa mort, les Croates lui ont rendu de nombreux hommages, notamment à travers des dépôts de gerbes de fleurs et de bougies sur les places de plusieurs villes de Croatie et de Bosnie.

La cérémonie de lundi, organisée par l’association des généraux croates dans la prestigieuse salle de concert Vatroslav Lisinski, a duré environ une heure. Les lignes de transports public en direction de la salle étaient gratuites pour ceux qui souhaitaient y assister.

Pendant la cérémonie, qui s’est terminée par l’hymne national croate, des anciens collaborateurs et amis de Slobodan Praljak ont pris la parole.

« Personne ne peut être comparé au grand homme qu’était Slobodan », a déclaré Miroslav Tudjman, fils du défunt Franjo Tudjman, premier président de la Croatie indépendante. Il a qualifié le verdict du TPIY de « dégradation de la justice internationale ». « C’est une parodie, un théâtre de l’absurde ».

Slobodan Praljak était « un héros » qui a « sacrifié sa vie pour la Croatie », a témoigné Vjekoslav Balen, un retraité de 74 ans venu à la cérémonie.

Le ministre croate en charge des vétérans de guerre et de hauts responsable du HDZ, le parti de droite au pouvoir, étaient aussi présents dans la salle pleine à craquer. Avant la cérémonie, les visiteurs avaient été invités à signer un livre de condoléances.

Des centaines de personnes qui n’avaient pu entrer dans la salle suivaient la cérémonie sur des écrans géants installés dans les couloirs et l’entrée.

Plus tard dans la journée, une messe à sa mémoire devait être célébrée dans une église de Zagreb.

Ingénieur de formation, Slobodan Praljak avait également décroché des diplômes en art dramatique et en philosophie avant de devenir un haut responsable militaire des Croates de Bosnie.

Malgré la confirmation de sa peine de 20 ans de prison pour participation à « une entreprise criminelle commune » d’épuration ethnique aux dépens des Bosniaques en 1993 et 1994, Slobodan Praljak a été salué en héros par de nombreux Croates, en Bosnie comme en Croatie.

Romandie.com avec(©AFP / 11 décembre 2017 16h30)